Veratrum album dans l’œuvre de Samuel Hahnemann

VERATRUM ALBUM

dans l’œuvre de Samuel Hahnemann

 

 

Résumé : 

Que pouvait-on percevoir de l’œuvre de Samuel Hahnemann par l’étude de Veratrum album, un des remèdes qu’il expérimenta et utilisa ?

L’étude des publications traitant de la Matière médicale de Veratrum album révéla une érudition exceptionnelle d’Hahnemann, incluant une connaissance profonde des travaux des auteurs anciens et contemporains sur le remède.  Les symptômes expérimentaux utilisables de Veratrum album furent principalement ceux rapportés par Hahnemann lui-même, à partir de 1805. La Matière médicale pure d’Hahnemann resta son œuvre la plus élaborée sur les symptômes expérimentés de  Veratrum album.

Les principales indications de Veratrum album publiées par Hahnemann, furent progressivement précisées et élargies entre 1801 et 1831, où l’indication précise du remède dans le choléra acquit une valeur encore utilisable actuellement.

L’étude d’une partie des journaux de malades d’Hahnemann à Paris mit en évidence de nombreuses notes de répertoire homéopathique incluant Veratrum album, notes riches et précises, comme l’était sûrement la mémoire d’Hahnemann. Les prescriptions de Veratrum album, également très précises mais peu nombreuses, étaient en continuité avec les principes théoriques des publications d’Hahnemann.

 

Introduction :

imagesVeratrum album, l’ellébore blanc, fut un remède étudié et utilisé par   Samuel Hahnemann. Il m’a semblé intéressant de rassembler ses publications traitant de la Matière médicale de Veratrum album, de relever les principales indications du remède retenues par Hahnemann, puis de reprendre les notes de répertoire homéopathique incluant Veratrum album et les prescriptions de Veratrum album dans les journaux de malades d’Hahnemann ; et pour conclure : que pouvait-on percevoir de l’œuvre d’Hahnemann par le biais de l’étude de ce remède?

 

Documents utilisés :

J’ai utilisé les petits écrits mineurs rassemblés de Samuel Hahnemann (1), la Matière médicale pure de Samuel Hahnemann (2), le Repertorium Universale de  R. Van Zanvoort (3), les photocopies et les microfiches de l’Institut pour l’Histoire de la Médecine de Stuttgart respectivement pour la publication latine d’Hahnemann « Fragments sur les propriétés des médicaments… » et pour les journaux  de malades d’Hahnemann.

 

1.            PUBLICATIONS HAHNEMANNIENNES TRAITANT DE LA MATIÈRE MEDICALE DE VERATRUM ALBUM:

 

Voici ces publications par ordre chronologique :

« Essai sur un nouveau principe… » (1796)

« Fragments sur les propriétés des médicaments … » (1805)

« Dissertation historico-médicale sur l’helléborisme des anciens… » (1812)

« Matière médicale pure » (Editions de 1816 et 1825)

 

Dans « Essai sur un nouveau principe… » (1) , Veratrum album fut le remède dont l’étude était la plus élaborée de tous les remèdes présentés.

« Veratrum album produit dans son action directe une sorte de folie, qui, par de fortes doses, atteint au découragement et au désespoir… ».

Les symptômes produits et guéris par le remède étaient numérotés et séparés en deux parties : 16 symptômes produits par l’action directe du remède, puis 16 symptômes produits par l’action secondaire consécutive du remède. Aucune référence à la préparation du remède et à la dose prescrite, aucune référence aux expérimentateurs ou aux cliniciens rapportant les symptômes, n’étaient rapportées. La plupart des symptômes présentés apparaissaient vagues, sans modalité. Exemples : « Symptômes pleuraux ; grande anxiété générale ; vertige ; tremblements ; expectoration. »

 

« Fragments sur les propriétés des médicaments, dont l’observation montre l’action positive même dans un corps humain en bonne santé ».

Hahnemann publia en latin sa première Matière médicale homéopathique.

Hahnemann présenta d’abord les symptômes relevés dans ses expérimentations personnelles (sur lui-même et sa famille), puis les symptômes rapportés par d’autres auteurs. J’ai compté 257 symptômes dont 163 étaient rapportés par Hahnemann. Il utilisait la teinture de racines de Veratrum album. Je n’ai rapporté que les symptômes marquants relevés en italique dans le texte.

Samuel Hahnemann :

« Refroidissement du corps entier (au bout de quelques minutes).

Faiblesse extrême.

Evanouissement.

Etat de la raison semblable à celui causé par l’insomnie.

Refus de parler.

Aphonie.

Sueur froide.

Sueur froide sur le front.

Accès d’étranglement, de suffocation, avec yeux exorbités (au bout d’une demi-heure).

Respiration irrégulière.

Contractions spasmodiques de la gorge ; pupilles assez contractées.

Très grande anxiété, respiration se dérobant.

Très grande sécheresse des paupières (au bout d’une demi-heure).

Bâillements.

Sensation de rasage à vif de la gorge.

Sensation d’âcreté du gosier.

Diminution du goût ; saveur de bouillie dans la bouche (dès le premier quart d’heure).

Saveur de quelque chose qui n’est pas salé, qui est insipide.

Désir de fruits.

Sensation de sécheresse à l’intérieur des narines, et irritation comme celle que produit dans le nez la poussière des routes sèches (au bout de trois heures).

Mal de tête sourd, avec sensation de pression au sommet de la tête (le matin) après le sommeil.

Douleurs intermittentes ici et là dans le cerveau, calmées par la pression et le frottement (au bout d’une heure, et plusieurs heures après).

Mauvaise humeur, non sans provocation (au bout de quatre heures).

Envie de vomir avec goût de bile dans la bouche.

Flux abondant de salive comme dans la pituite.

Forte pression au creux de l’estomac, au sternum, se propageant dans les os de l’hypochondre et de l’ilion (au bout de huit heures).

Douleurs éparses dans l’abdomen, comme s’il était fendu à l’aide d’un couteau (immédiatement après l’ingestion de Veratrum album).

Colique venteuse, affectant ça et là les intestins, et occupant tout l’abdomen, les vents étant évacués d’autant plus tard qu’ils sont plus rares et plus pénibles (au bout de six à 12 heures ; passage des effets primitifs aux effets consécutifs).

Sensation de chatouillement dans la partie la plus basse des bronches, avec  expectorations faciles (au bout d’une heure et de six heures).

Douleurs dans les parties musculeuses du corps, à la fois de pression et de frottement.

Douleur dans tous les membres, comme s’ils étaient accablés de fatigue.

Douleur avec sensation de pression dans la région du sternum après avoir bu ou mangé.

Engourdissement des articulations.

Douleur rhumatismale, sensible pendant le mouvement, entre les épaules et de la nuque au sacrum ; sensible surtout en allant à la selle.

Douleur avec lourdeur des jambes, comme à la suite de la fatigue.

Ce qui suit doit être classé parmi les effets secondaires (appelés aussi effets consécutifs) :

Constipation causée par l’épaisseur et la dureté des excréments (au bout de trois et 14 heures). »

 

Observations d’autres auteurs :

La préparation de Veratrum album, le nombre d’observations et la dose prise étaient parfois notés.

Pour Greding, Hahnemann ajouta en note : observateur confus, usant de doses énormes ; sur l’exemplaire de l’Institut pour l’Histoire de la Médecine de Stuttgart, Hahnemann a fait des rajouts de façon manuscrite, mais les symptômes de Greding et les notes manuscrites ajoutées par Hahnemann furent barrées à la main.

Hahnemann reprit sept symptômes de Vicat, élève du « grand » Abrecht von Haller, selon les termes d’Hahnemann. Celui-ci traduisit l’ouvrage de Vicat, « plantes vénéneuses de la Suisse », en Allemand en 1806 ; les symptômes présentés de Veratrum album sont extraits de cet ouvrage.

Hahnemann ne reproduisit aucun symptôme en italique des autres auteurs que lui-même, et je n’ai donc pas rapporté ces symptômes.

 

« Dissertation historico-médicale sur l’helléborisme des Anciens, que, sous l’autorité, et grâce à l’obligeance de l’Ordre des Médecins, dans le grand amphithéâtre, le 26 juin 1812, soutiendra son auteur, Samuel Hahnemann, docteur en médecine et chirurgie… » (1)

Cet exposé fut présenté en latin par Hahnemann pour obtenir le droit d’enseigner à Leipzig, ville où il avait fait ses études de médecine. Ce droit lui fut accordé grâce à son érudition exceptionnelle, révélant des connaissances approfondies de l’auteur non seulement en médecine et en histoire, mais aussi en  géographie, en linguistique, en sciences, en botanique, en pharmacie, et en thérapeutique. Les citations latines, grecques, arabes, françaises et anglaises, précises et documentées, étaient reproduites dans la langue d’origine et parfois traduites en allemand, mais sans la précision de la date de publication (à la décharge d’Hahnemann, celle-ci était souvent inconnue précisément). Hahnemann montrait dans cette publication qu’il possédait une connaissance approfondie des travaux des auteurs anciens et contemporains sur Veratrum album.

Au paragraphe 43, Hahnemann compara les propriétés de l’hellébore blanc observées par les anciens médecins et celles observées par les médecins plus proches de nous.

Voici ce paragraphe. Pour ne pas alourdir le texte, je n’ai pas rapporté chaque auteur et chaque référence. Greding et Vicat sont cités à plusieurs reprises.

 

Propriétés de l’hellébore blanc, observées par les anciens médecins Propriétés de Veratrum album observées par les médecins plus proches de nous
D’abord sensation de chaleur dans la bouche et l’estomac. Sensation d’échauffement interne avec refus de boire.Brûlures dans la région du diaphragme.Chaleur de la langue et de la gorge.Inflammation du gosier.Inflammation de l’oreille interne.
Beaucoup s’étouffent.Après une forte envie de vomir, non suivie d’effet, étouffement.Œdème facial, yeux exorbités, langue sortant de la bouche. S’ils finissent par vomir, constriction de la gorge.Très vive rougeur de la face.Les organes respiratoires sont contractés, avec une très grande difficulté à respirer. Constriction de la bouche.Resserrement de la gorge.Constriction autour de la bouche.Resserrement, constriction spasmodique de la bouche.Gonflement de l’œsophage avec peur de s’étouffer.Etouffement en respirant.Ils se sentent comme si on les étranglait, et qu’ils se trouvent en danger d’asphyxie.

Inspiration très pénible et difficile.

Ils sont souvent privés de parole.Ils en viennent à perdre parole et connaissance. Balbutiement.Privation de la parole.Disparition de la vision.Sensation qu’on s’évanouit presque.
Les dents s’entrechoquent ; l’esprit s’égare.Délire. Délire.
 Hoquet chez presque tous; chez beaucoup d’entre eux, la bouche s’agite et frémit.Hoquet continu, très fort. Hoquet.Hoquet pendant une demi-heure.Hoquet durable.
Contractions musculaires (crampes) surtout dans les muscles des mollets, des cuisses, des bras, à l’extrémité des pieds, et particulièrement dans les mains*,*ou le deuxième jour après la prise d’Helleborus albumet même dans les muscles masticatoires.Le sujet, comme étranglé, les dents serrées tombe comme une victime immolée. Spasmes.Crampes des mollets.Spasmes des mains et des doigts.Envie de vomir avec trismus.
Perte des forces.Perte de connaissance. Faiblesse très grande, extrême.Pouls presque disparu, imperceptible.Peur de tomber en syncope.Perte de connaissance.
Vomissements excessifs. Terrible envie de vomir, jusqu’à la lipothymie.Vomissements considérables, épouvantables, atroces, et extrêmement violents.

 

« La description de l’aspect de la plante est exactement semblable, chez les Anciens (et chez les contemporains) ; le nom est le même chez les Romains ; les propriétés sont les mêmes aujourd’hui et autrefois ; il y a le même danger à l’utiliser maintenant que jadis ; c’est donc la même plante ! »

 

Matière médicale pure de Samuel Hahnemann (2):

Veratrum album, troisième volume (première édition : 1816 ; deuxième édition : 1825). Hahnemann utilisa pour son expérimentation la teinture alcoolique de la racine de Veratrum album, à une dose non précisée. Les extraits rapportés provenaient de la dernière édition de la Matière médicale pure.

Extraits de l’introduction à l’étude du remède :

« Quoique les symptômes suivants indiquent comme cette substance médicinale intervient puissamment sur l’espèce humaine, comme elle la transforme puissamment, et ensuite comme nous devons attendre beaucoup de son usage exact, il manque pourtant encore malgré tous ses symptômes médicinaux tant à son investigation complète, que ce qui suit ne doit être considéré que comme une partie de sa richesse.

Cependant j’ai voulu pourtant au moins pouvoir en rapporter ce que l’expérience a produit jusqu’à présent, la communiquer au monde, parce que cela peut déjà être utile. »

 

La Matière médicale contenait  400 symptômes dont 315 symptômes d’Hahnemann. Je n’ai rapporté que les symptômes marquants relevés en italique dans le texte.

Samuel Hahnemann :

« Etat de conscience comme en état de rêve.

Le matin, après le réveil, pression sourde au sommet de la tête.

Douleur à la fois de pression et de contusion çà et là  dans le cerveau, par accès.

Sueur froide au front.

Mine éteinte et yeux cernés de bleu.

Diplopie.

Sécheresse extrême des paupières.

Sensation comme si le nez était trop sec à l’intérieur, comme la poussière d’un chemin sec a l’habitude de la produire dans le nez.

Il ne peut parler.

Grattement dans la gorge.

Âpreté dans la gorge.

Appétit pour les fruits.

Le goût est émoussé, goût pâteux dans la bouche (au bout de 15 minutes).

Salive insipide, perte du sens du goût dans la bouche.

Dans la bouche et dans la gorge, goût et fraîcheur comme par les petites boules de menthe poivrée.

Goût piquant de menthe poivrée dans la gorge avec sensation de chaleur montant de la gorge à la bouche, qui persiste et s’associe à une nausée comme pour vomir.

La salive coule continuellement de la bouche comme dans la pituite.

Fortes nausées avant le vomissement.

Envie de vomir avec goût de bile dans la bouche.

Forte pression à l’épigastre qui s’étend au sternum, aux hypochondres et aux os iliaques (au bout de huit heures).

Douleurs coupantes dans le ventre (au bout de 12 heures).

Colique flatulente qui attaque les intestins et tout le bas ventre tantôt à un endroit, tantôt à un autre ; plus les vents sortent tard, plus leur sortie est difficile (au bout de six à 12 heures).

Constipation à cause de la dureté et du volume des matières fécales (au bout de trois, 14 heures).

Chatouillement tout au bas des bronches qui excite à tousser avec une expectoration facile (au bout d’une heure, de six heures).

Etranglement spasmodique du larynx avec rétrécissement des pupilles.

Accès de constriction du larynx et accès de suffocation avec protrusion oculaire (au bout de 30 minutes).

Douleur de pression dans la région sternale après avoir bu ou mangé.

Anxiété extrême qui coupe la respiration.

Douleur rhumatismale sensible au mouvement, qui se distingue souvent pendant la défécation, entre les omoplates, et de la nuque au sacrum.

Douleur dans le milieu de l’avant-bras gauche comme si les os étaient comprimés.

Fourmillement dans la main comme si elle avait été engourdie.

Difficulté extrême de marcher, comme par paralysie d’abord de l’articulation de la hanche droite, puis de la gauche.

En appuyant sur la jambe, douleur dans l’os, juste au dessous du genou comme si celui-ci avait été cassé et qu’il ne fût pas encore assez solide.

Sensation de lourdeur douloureuse des jambes, comme par l’effet de la lassitude.

Douleurs dans les parties musculeuses du corps, douleurs à la fois de pression et de contusion.

Engourdissement des membres.

Douleur dans tous les membres comme s’ils étaient épuisés par une trop grande fatigue.

Evanouissement.

Faiblesse extrême.

Bâillements.

Sueur froide.

Froideur du corps entier.

Le soir, chaleur et rougeur du visage (et frissons au corps), le matin aussi, dans le lit, avec chaleur du visage.

Taciturnité.

Mauvaise humeur pour la moindre cause (au bout de quatre heures). »

 

Autres observateurs :

« Céphalée de pression au vertex qui devient pulsative au mouvement (Becher).

Larmoiement fréquent avec rougeur des yeux, comme dans le coryza (au bout de six heures) (Becher).

Violentes éructations en grande partie formées d’air (au bout de six heures trois quarts) (Stapf).

Battements de cœur avec anxiété et respiration rapide et bruyante (Becher).

Chatouillement sur la poitrine comme pour tousser, au milieu du sternum (au bout d’une demi-heure, une heure) (Becher).

Douleurs lancinantes courtes aux orteils du pied droit, étant debout, pendant deux heures (au bout de 14 heures) (Becher).

Débilité et faiblesse de tout le corps, surtout des bras et des mains, de sorte qu’on ne peut pas tenir devant soi un livre léger (Becher).

Du froid parcourt tout le corps peu de temps après la prise de Veratrum  album (Becher).

Une sensation de froid intérieur parcourt tout le corps depuis la tête jusqu’aux orteils des deux pieds simultanément, avec soif (aussitôt après l’ingestion) (Becher).

Frissons continuels dans le dos et sur les bras (Stapf).

Sensation dans les cheveux du côté droit de la tête comme si une mèche en était électrisée ; fourmillements dedans et sorte de hérissement des cheveux avec léger frisson de la peau sous ces cheveux (au bout de cinq heures et après) (Stapf). »

 

Commentaires :

Les 32 symptômes d’ « essai sur un nouveau principe… » ne méritaient pas à mes yeux d’être retenus.

32 des 35 symptômes importants de « Fragments sur les propriétés des médicaments… » furent retenus comme symptômes importants dans la Matière médicale pure d’Hahnemann.

La plus grande partie des « médecins proches de nous », cités dans  le paragraphe 43 de « Dissertation historico-médicale sur l’helléborisme des Anciens …», a été reprise dans les autres observateurs de la Matière médicale pure.

La Matière médicale pure d’Hahnemann, ayant connu plusieurs éditions successives, fut l’ouvrage de Matière médicale le plus élaboré de l’auteur pour les remèdes  non psoriques, comme Veratrum album ; les remèdes de la psore connurent un développement supplémentaire par rapport à la Matière médicale pure dans les Maladies chroniques (deux éditions successives) d’Hahnemann.

Les symptômes marquants relevés pour les autres observateurs qu’Hahnemann dans la Matière médicale pure, étaient surtout ceux de ses disciples. Hahnemann conserva les observations de Greding, sans les valoriser, malgré les critiques faites à cet auteur dans « Fragments sur les propriétés des médicaments… ».

Je n’ai pas rapporté tous les symptômes toxiques produits par l’administration de Veratrum album, soit à titre accidentel (dans « Antidotes de quelques substances végétales héroïques » 1797 (1)), soit à titre thérapeutique (accidents et incidents des cures de Veratrum album dans « Dissertation historico-médicale sur l’helléborisme des anciens… » (1) ) ; de nombreux symptômes toxiques de ce remède étaient décrits au paragraphe 43 (rapporté ci-dessus) de cette « Dissertation … » ; si ces symptômes toxiques avaient été décisifs pour Hahnemann, ils auraient été intégrés dans la Matière médicale pure.

 

2.             PRINCIPALES INDICATIONS DE VERATRUM ALBUM RETENUES PAR SAMUEL HAHNEMANN :

 

Dans « Essai sur un nouveau principe… » (1), Hahnemann cita un cas clinique de folie maniaque, un cas clinique de délire furieux, et un cas clinique de diarrhée spasmodique, guéris par Veratrum album. Dans ces trois cas, la dose administrée en grains et la durée d’évolution clinique furent rapportés.

Les autres indications citées de Veratrum album étaient vagues et/ou sans intérêt.

 

Avertissement sur les trois méthodes de traitement usitées (1801) (1) :

« Dans la diarrhée aqueuse de Lunenburg et Brunswick, le seul remède spécifique toujours infaillible » était Veratrum album.

 

Matière médicale pure de Samuel Hahnemann (2) :

Introduction à l’étude des symptômes de Veratrum album :

« Les paroxysmes de douleur semblables à ceux que l’hellébore blanc peut lui-même provoquer, et qui chaque fois, pour un temps court, mettent le malade dans une sorte de délire et de folie, cèdent souvent à la plus petite dose (de Veratrum album) en dilution.

Cette racine sera souvent employée avec profit dans les fièvres intermittentes qui ne consistent qu’en froid extérieur ou seulement en chaleur interne avec urine foncée, surtout si est présente de la sueur froide du corps ou du front.

Dans de nombreux maux hypochondriaques, comme dans des formes authentiques de hernie inguinale, Veratrum album est très utile au moins comme remède intercurrent. »

 

Guérison du choléra asiatique et prévention de celui-ci (1831) (1) :

images-1« Dans la deuxième phase de la maladie (de caractère clonico-crampoïde), si, après administration de Camphora, aucun bénéfice tranché n’est perçu…, de bons effets semblables à l’administration de Cuprum metallicum sont produits par l’administration d’une petite dose de Veratrum album 30 CH. »

 

3.             NOTES DE RÉPERTOIRE HOMEOPATHIQUE INCLUANT VERATRUM ALBUM DANS LES JOURNAUX DE MALADES D’HAHNEMANN À PARIS :

 

J’ai utilisé les neuf premiers volumes disponibles des journaux de malades d’Hahnemann à Paris (DF2 à DF9), représentant 3622 pages. De ces journaux, écrits à la fois par Samuel et Mélanie Hahnemann, je n’ai retenu que les notes de répertoire écrites de la main de Samuel Hahnemann. Celles-ci étaient le plus souvent écrites en allemand, parfois en français, et dans ce cas, je les ai restituées entre guillemets dans le texte. Je n’ai pas compris ou mal compris certaines notes allemandes, que je n’ai donc pas rapportées. Dans les rubriques où les remèdes avaient plusieurs degrés de valorisation, ces remèdes se retrouvaient souvent au même degré de valorisation si la rubrique avait été notée à plusieurs reprises. Dans de nombreuses rubriques, les remèdes étaient relevés par ordre alphabétique. J’ai noté entre parenthèses avec un chiffre romain (pour ne pas interférer avec les références) le nombre de fois où j’ai retrouvé la même rubrique.

Je n’ai pas restitué tous les remèdes inclus dans les notes de répertoire ; j’ai seulement noté quand Veratrum album était seul, et quand il était valorisé, c’est-à-dire souligné une ou deux fois (restitué ici en gras et souligné), non souligné, ou entre parenthèses. Le remède a été rapporté avec l’abréviation de Samuel Hahnemann et du répertoire de Kent : « Veratr » pour Veratrum album.

J’ai repris les chapitres successifs du Repertorium universale (3) (abrégé dans le texte par RU) pour présenter ces notes, en ajoutant un chapitre pour les notes correspondant à plusieurs rubriques simultanées de répertoire.

J’ai vérifié dans ce répertoire, si Veratrum album était présent dans la rubrique correspondant à la note de répertoire rapportée dans les journaux de malades. J’ai précisé quand la rubrique était absente de ce répertoire (RU), ou quand Veratrum album n’était pas inclus dans la rubrique de ce répertoire (RU).

Quand Samuel Hahnemann utilisait un répertoire pour ses notes, il notait avant la note elle-même le nom de l’auteur, soit en entier soit par la première lettre du nom de l’auteur : B pour Bönninghausen, J pour Jahr. J’ai restitué ces mêmes lettres quand elles étaient notées, sans préciser si le nom du répertoire était rapporté en entier ou par une lettre.

 

1Mental :

« Tous les matins, elle se réveille triste » : Veratr

« Silencieux » : Veratr seul

Loquacité : Veratr

Irritabilité : Veratr (VI)

« S’irrite de la moindre chose » : Veratr

Agitation : Veratr (VIII)

Furieux : Veratr (II)

Anxiété : Veratr

Inquiétude la nuit : Veratr

Crainte, peureux : Veratr (II)

Désespoir : Veratr (VI)

Humeur pleureuse : Veratr (IV)

Découragement : Veratr (II)

Nature inactive, immobile: Veratr ; n’existe pas dans RU

Mélancolie : Veratr (V)

Timidité : (Veratr)

Attente de la mort : Veratr

Peur de la mort : Veratr (II)

Crier : Veratr (III)

Chanter : Veratr (III)

Rire : Veratr

Se sentir malheureux : Veratr (IV)

« S’éveille très malheureux » : Veratr

« Gémissements dans le sommeil » : Veratr

Hystérie : Veratr

Hypochondrie : Veratr (IV)

Abondance des pensées sexuelles : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Violence des cris : Veratr

Absence de mémoire : Veratr

Faiblesse de mémoire : Veratr (III)

Afflux lent des pensées : Veratr

Indisposé au travail avec besoin de travailler : Veratr seul ; n’existe pas dans RU

 

Vertige :

Vertige avant les règles : Veratr seul (II)

« Etourdissements avant ses règles » : Veratr seul

 

Tête :

Coup de sang derrière la tête : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Grondement dans la tête : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

« Mal à la tête dans la nuit » : (Veratr) (II)

« Migraine avant les règles » : Veratr (II)

Migraine pendant les règles : Veratr

« Serrement à la tête » : Veratr

Céphalées serrantes : Veratr

Céphalées battantes : Veratr

Céphalées améliorées par la compression des mains : Veratr (II)

Douleur de contusion à la tête : Veratr

Elancements dans la tête : Veratr

« Le mouvement augmente le serrement de tête » : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de  RU

« Faiblesse du cerveau, la pensée lui monte le sang à la tête et lui cause de l’étourdissement » : Veratr ; n’existe pas dans RU

Sueurs à la tête : Veratr

Sueurs froides à la tête : Veratr

« Chaleur externe à la tête » : Veratr

Sensation de froid à la tête : Veratr

Sensation de froid dans le cerveau : Veratr

« Démangeaison au front » : Veratr (II)

 

Yeux :

Douleurs d’arrachement dans les yeux : Veratr

Conjonctives jaunes : Veratr (II)

Rougeur des yeux : Veratr

« Taches rouges dans le blanc de l’œil » : Veratr ; n’existe pas dans RU

Paralysie des paupières supérieures : Veratr

« L’œil gauche se ferme paralytiquement » : Veratr

Inflammation des yeux : Veratr

Inflammation des paupières : Veratr

Inflammation du bord des paupières : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Douleur de contusion à l’œil : Veratr

Douleur de déchirement dans les yeux : Veratr

« Rétrécissement des pupilles » : Veratr

« Démangeaisons des yeux » : Veratr

Sécheresse des yeux : Veratr (II)

Sensation de faiblesse des yeux : Veratr

« Larmoiement » : Veratr

Chaleur dans les yeux : Veratr

 

Vision :

« Pour l’œil gauche, elle voit les objets doubles » : Veratr

« Des mouches (choses noires) devant l’œil droit » : Veratr

Cécité le jour : Veratr (II)

 

Oreilles :

Bourdonnement d’oreille : (veratr) ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Tintement d’oreille : Veratr

« Démangeaisons d’oreille » : Veratr

« Elancements aux oreilles » : Veratr

Obstrué des oreilles : Veratr

 

Audition :

Dur d’oreille : Veratr (VI) B

Surdité : Veratr (III)

Mal en entendant parler : Veratr

Nez :

Odorat :

Visage :

Coloration jaune du visage : Veratr

« Jaune autour de la bouche » : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

« Devient violette à force des efforts qu’elle fait en toussant » : Veratr

Lèvres bleutées : Veratr

« Prosopalgie » : Veratr

Douleur d’élancements à la face : Veratr (II)

« Il dit que la douleur du visage est plutôt une pression » : Veratr (II)

Elancements à la joue : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Eruption du visage douloureuse au toucher : Veratr (II) ; n’existe pas dans RU

Eruption des commissures des lèvres : Veratr

Eruption cuivrée du visage : Veratr (IV)

Tache sur le nez : Veratr  (III) ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Eruption du nez : Veratr

« Chaleur au visage » : Veratr

Enflure du visage : Veratr (II)

Ulcère au coin de la bouche : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

 

Bouche :

Brûlure dans la bouche : Veratr (III)

Brûlure de la langue : Veratr (II)

Sensation d’être brûlé au palais : Veratr

Goût amer : Veratr

Paralysie de la bouche : Veratr seul ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Langue fendue : Veratr (III)

Flux de salive : Veratr

« Salivation nuit et jour » : Veratr ; n’existe pas dans RU

Goût :

« Goût de bile » : Veratr

Haleine fétide : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Goût amer : Veratr (II)

« Perte du goût » : Veratr

 

Dents :

Grincement de dents avant les règles : Veratr seul ; n’existe pas dans RU

« Grincements de dents » : Veratr (II)

Douleurs des dents en mâchant : Veratr (II)

 

Gorge :

« Grattement dans la gorge » : Veratr (II)

Avaler facilement : Veratr

Brûlure dans le gosier : Veratr (II)

Cou :

Estomac :

Pituite : Veratr (VII)

Pyrosis : Veratr (II)

Défaillance à l’estomac : Veratr

Rongement à l’estomac : Veratr (V)

« En touchant, estomac douloureux » : Veratr (II) ; n’appartient pas à la rubrique de RU

« Mal à l’estomac surtout en mangeant » : Veratr

Brûlure au creux de l’estomac : Veratr

Renvois amers : Veratr

Renvois acides : (Veratr)

« Renvois avec le goût des aliments » : Veratr

Eructations après manger : Veratr (III)

Eructations à vide après manger : Veratr (II)

« Beaucoup de vents par en haut » : Veratr (III)

Vomissement acide : Veratr

Vomissement bilieux : Veratr (II)

« Trop de faim » : Veratr

Appétit dévorant, faim canine, boulimie: Veratr (XIV)

Soif : Veratr (II)

Faim ; soif : Veratr

Nausées tôt le matin : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Nausée : Veratr

« Nausées fréquentes avant les règles » : Veratr

Nausée en mangeant : Veratr

Sensation de mollesse de l’estomac : Veratr ; n’existe pas dans RU

« Vide dans l’estomac » : Veratr

« A peu d’appétit, obligé de manger fort peu » : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

 

Abdomen :

Douleur de contusion dans le ventre : Veratr

« Douleurs de contusion dans les boyaux »: Veratr (III)

Mouvement intérieur dans le ventre : Veratr

Brûlure dans le ventre : Veratr

Douleurs abdominales la nuit : Veratr

En s’éveillant, douleur au ventre : Veratr

« Compression des boyaux » : Veratr

Ventre gonflé : Veratr

Toux et mal de ventre : Veratr

Tension dans les hypochondres : Veratr (II)

Pression au foie : Veratr

Hernie inguinale : Veratr

 

Rectum :

Constipation : Veratr (III)

Brûlure au rectum : Veratr (II)

Diarrhée après le repas : Veratr (II)

Diarrhée la nuit : Veratr

Douleur du siège pendant la selle : Veratr

Ténesme rectal infructueux : Veratr ; n’existe pas dans RU

Ténesme avant la selle : Veratr

Ténesme rectal à vide : Veratr

Ver solitaire : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

 

Selles :

Selles bilieuses : Veratr (III)

Selles glaireuses : Veratr

Selles noires : Veratr (V)

Selles vertes : Veratr

Selles blanches : Veratr

Selle inattendue : Veratr

« Excréments gros » ; selles moulées trop grosses: Veratr (V)

Diarrhée débilitante : Veratr ; n’existe pas dans RU

« Matières brûlantes » : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

 

Vessie :

Ténesme urinaire infructueux : Veratr ; n’existe pas dans RU

Rétention des urines : Veratr (III)

Miction involontaire : Veratr (II)

Reins :

Urètre :

Urine :

Organes génitaux masculins :

« Tiraillement dans les bourses » : Veratr

Tiraillement dans les testicules : Veratr

« Priapisme » : Veratr

 

Organes génitaux féminins :

Règles supprimées : Veratr

Règles trop précoces : Veratr

« Règles trop peu (abondantes) » : Veratr

 

Larynx : 

Parole et voix :

Bégayer : Veratr (IV)

Perte de la voix : Veratr (II)

Enrouement : Veratr (III)

 

Respiration :

Respiration asthmatique : Veratr (II)

Haleine obstruée : Veratr

Accès de suffocation, d’asphyxie : Veratr

Dyspnée par le mouvement : Veratr

 

Toux :

Toux rauque : Veratr

Toux le matin :Veratr (II)

Toux le soir : Veratr (II)

Toux la nuit : Veratr

Toux avec asthme : Veratr ; B

« Petite toux sèche qui amène une quinte comme une toux de coqueluche » : Veratr ; n’existe pas dans RU

Expectoration :

Poitrine :

Douleur élançante d’une glande du sein : Veratr

Elancements dans la glande mammaire : Veratr (II)

« Serrement à la poitrine » : Veratr

Mal à la poitrine après manger : Veratr

Douleur de la poitrine en toussant : Veratr

Elancement dans la poitrine : Veratr

Douleur contractante dans de la partie externe de la poitrine : Veratr seul ; n’existe pas dans RU

Douleur de plaie à l’extérieur de la poitrine : Veratr ; n’existe pas dans RU

Démangeaison au sternum : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

« Pression à la poitrine » : Veratr

Oppression par le mouvement : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

 

Cœur :

Anxiété au cœur : Veratr

Pouls lent : Veratr

Mal de cœur au réveil : Veratr ; n’existe pas dans RU

Sang :

Dos :

Douleur paralysante des reins : Veratr seul

Tiraillements aux reins : Veratr seul

« Reins faibles » : Veratr

Douleur de courbature dans le dos : Veratr

« Dos brûlant » : Veratr

 

Extrémités :

Podagre : Veratr ; n’existe pas dans RU

Lourdeur des jambes : Veratr

Engourdissement du bras : Veratr (II)

Engourdissement de la main : (Veratr) ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Raideur des membres : Veratr (II)

Engourdissement des membres : Veratr

Courbature des membres : Veratr (III)

Douleur de courbature au bras : Veratr (III)

« Les membres brisés » : Veratr

Elancements dans les cors : Veratr

Douleurs arthritiques : Veratr

Crampe aux mollets : Veratr (II)

Transpiration des mains : Veratr

Paralysie du bras : Veratr

Paralysie des hanches : Veratr seul ; n’existe pas dans RU

Insensibilité des membres : Veratr

Paralysie des membres inférieurs : (Veratr)

Froideur des mains : Veratr

Froideur des pieds : Veratr (II)

Fourmillements au bout des doigts : Veratr

Dépérissement des doigts : Veratr

 

Sommeil :

Endormissement empêché par un afflux d’idées : veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Bras au-dessus de la tête : Veratr

Frissons :

Fièvre :

Froid alterné avec chaleur : Veratr

Froid avec fièvre croissante puis chaleur : Veratr seul ; n’existe pas dans RU

 

Transpiration :

Transpiration au début du sommeil : Veratr (III)

 

Peau :

Urticaire, « éruption ortiée » : Veratr (IV)

Eruption galeuse : Veratr

« Après avoir gratté, il éprouve de la brûlure » : Veratr

Eruption humide : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Froideur de la peau : Veratr ; J ; B

Taches jaunes : Veratr

 

Généralités :

Aggravé en marchant : Veratr (III)

Aggravé étant debout : Veratr (II)

Aggravation par temps humide : Veratr (XIV)

Aggravé par le froid : Veratr

Aggravé en saison froide : Veratr

« Pire étant couchée » : (Veratr)

Aggravé la nuit : Veratr

« Grande fatigue après la marche »: Veratr

Amélioré par la pression extérieure : Veratr (II)

Amélioré après manger : Veratr

Amélioré allongé : Veratr

« Amélioré allongé au lit » : Veratr

« La douleur intérieure ressemble à l’effet que produit le bout d’un morceau de bois appuyé fortement sur la chair » : Veratr ; n’existe pas dans RU

Faiblesse : Veratr seul (II)

Faiblesse soudaine subite: Veratr seul

Faiblesse de longue durée : Veratr ; n’existe pas dans RU

Désir de vinaigre : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

« Désir d’acides » : Veratr (III)

Désir de fruits : Veratr

« Chaleur volante » : Veratr

« Des chaleurs lui montent » : Veratr ; n’appartient pas à la rubrique de RU

Tremblement : Veratr (III)

Aggravation en marchant au grand air : Veratr

Epilepsie haut mal : Veratr (IV) ; une note avec B.

Paralysie : Veratr

« Par la pression externe, douleur apaisée » : Veratr

Evanouissement : Veratr (III)

Perte de connaissance ressemblant à une nausée : Veratr

Toux avec faiblesse : Veratr (II)

Neurasthénie : Veratr (II)

Raideur : Veratr (V)

Douleur de courbature : Veratr

Douleurs des nerfs : Veratr

Gonflement glandulaire : Veratr

Agitation du corps : Veratr

Sensation de chaleur interne: Veratr (IV); n’existe pas dans RU

Douleur de brisure des os : Veratr (II)

Fourmillement : Veratr (II)

Fatigue le matin : Veratr

Fatigue en entendant parler : Veratr ; n’existe pas dans RU

Amaigrissement : Veratr (IV) B ; J

 

Plusieurs rubriques groupées :

Contre le découragement et les changements de temps : Veratr

Vomissements bilieux, selles bilieuses : Veratr

« Douleurs par le mouvement ; prosopalgie » : Veratr

Timidité, découragement : Veratr

Folie en pensée et en action : Veratr ; n’existe pas dans RU

« Tout changement de temps aggrave toujours l’asthme et l’ouïe » : Veratr

Courbatures dans les reins, agitation et brûlure dans le ventre : Veratr seul

Pupilles très rétrécies, héméralopie : Veratr seul

« Le temps humide lui fait le gosier serré en avalant » : Veratr

Tiraillements dans les bourses avec pituite : Veratr

Eruption prurigineuse la nuit au lit : Veratr

Haut mal épileptique et éructations acides : Veratr

Glandes du cou gonflées ; épilepsie : Veratr

Découragement et désespoir : Veratr

Hypoacousie ; boutons au visage : (Veratr)

Raideur des membres ; brisure des membres : Veratr

Inquiétude ; sursaut : (Veratr)

Faim dévorante ; énervement : Veratr

Réveil avec les pieds gelés : (Veratr)

« Fort serrement dans le front et dans les yeux » : Veratr

Douleur de brisure au genou droit et à la cheville gauche : Veratr

Toux la nuit et le matin : Veratr

Maux hystériques, vomissements de bile : Veratr

Diarrhée après manger ; faim vorace : Veratr

Mal au ventre avant la selle ; mal au ventre la nuit : Veratr

 

 

Commentaires :      

Ces nombreuses notes de répertoire m’ont semblé riches et précises. Je n’ai pas pu les   restituer par ordre alphabétique, mais je les ai regroupées autant que possible. Il n’y avait que peu de notes rapportées aux répertoires de Jahr et de Bönninghausen, ce qui supposait une mémoire d’une richesse et d’une précision étonnantes de Samuel Hahnemann.

Ses notes écrites en français montraient qu’il possédait très bien notre langue.

Les notes les plus citées concernaient : l’aggravation par l’humidité, l’appétit dévorant, l’agitation et la pituite. Les symptômes les plus nombreux appartenaient aux généralités, au tube digestif et au psychisme. Les symptômes les plus valorisés se rapportaient aux chapitres des yeux et de l’estomac.

La plupart des symptômes existaient dans le répertoire de van Zanvoort (RU) (3) ; les références aux auteurs responsables de l’intégration du symptôme dans le répertoire, se rapportaient surtout à Bönninghausen, puis à Hahnemann lui-même et enfin à quelques autres auteurs ; les rubriques combinées retrouvaient chaque symptôme dans sa rubrique correspondante ; les sensations complexes n’ont pas été retrouvées dans ce répertoire. Beaucoup de ces notes semblaient rapporter directement les propos du malade.

Le répertoire de van Zanvoort (3) m’a semblé globalement de bonne valeur, mais incomplet et améliorable.

 

 

4.             PRESCRIPTIONS DE VERATRUM ALBUM DANS LES JOURNAUX DE MALADES D’HAHNEMANN À PARIS :    

 

géné42Je n’ai rapporté que les prescriptions de Veratrum album écrites de la main de Samuel Hahnemann.

 

Assez peu nombreuses par rapport aux notes de répertoire incluant Veratrum album, les 83 prescriptions de ce remède relevées dans les journaux de malades, étaient associées aux prescriptions hygiéniques dans les maladies chroniques.

 

Les prescriptions de Veratrum album, le plus souvent documentées par l’observation, étaient souvent précédées d’une ou de plusieurs notes de répertoire.

Voici les pathologies isolées ou associées dans lesquelles était prescrit Veratrum album : agitation ; folie ; hypochondrie ; imbécillité ; pyrosis ; pituite ; reflux gastro-œsophagien ; diarrhée ; toux quinteuse ; courbatures ; épilepsie ; agonie.

 

Veratrum album était prescrit presque toujours seul ; j’ai retrouvé quelques alternances de Veratrum avec placebo ; une alternance de Veratrum avec Colocynthis ; une alternance de Veratrum avec Aconitum napellus ; une alternance de Veratrum avec Sulfur ; une alternance de Veratrum avec Natrum muriaticum. J’ai aussi retrouvé une prescription de Nux vomica par inhalation avant la prise de Veratrum per os ; une prescription de Sabadilla par inhalation avant la prise de Veratrum per os ; une prescription de Veratrum par inhalation avant la prise d’Hepar sulfuris calcareum per os.

 

La prescription était le souvent d’un globule unique mais parfois de plusieurs et une fois  de six globules ; la dilution la plus utilisée de très loin était la 30 CH ; j’ai retrouvé quelques prescriptions en 24 CH, et de rares prescriptions en 18 CH et en 12 CH.

 

Veratrum album était assez souvent prescrit par inhalation, surtout dans les observations après 1840 ; j’ai retrouvé une prescription où Veratrum album en dilution liquide était prescrit en friction sur la peau. Dans la plupart des prescriptions, Veratrum album était prescrit par la bouche ; je n’ai retrouvé qu’une seule prescription où un globule de Veratrum album était prescrit à sec sur la langue, sans répétition. Dans les autres cas, Veratrum était préparé par dilution du ou des globules dans de l’eau ; si la prescription était prolongée, comme c’était le cas dans les maladies chroniques, Hahnemann ajoutait à la solution de l’alcool ou du charbon de bois pour conserver la préparation. Une seule prescription présentait la solution dans 200 gouttes d’eau ajoutée d’alcool avec prise d’une goutte tous les deux jours, après cinq succussions du flacon ; pour les autres prescriptions, le malade diluait lui-même une cuillérée à bouche de la solution dans un, deux ou trois verres d’eau successifs, et après avoir bien remué la solution, il ne prenait qu’une ou plusieurs cuillérées à café. Le plus souvent le nombre de cuillérées à café à prendre était stable ; sinon, le nombre de cuillérées à café augmentait de jour en jour. Cette posologie, notée presque toujours soigneusement et en abrégé par Hahnemann, était très souvent quotidienne, mais dans les maladies aiguës, pluriquotidienne, par exemple toutes les deux heures, ou après chaque selle diarrhéique.

 

Je n’ai retrouvé qu’une seule note de lecture où une réaction du malade avait été rapportée au remède après la prise médicamenteuse : « Après la première cuillérée de Veratr, trois secousses à l’estomac et grande peur ».

 

J’ai retrouvé trois notes de lecture de symptômes guéris par Veratrum album : « N’a pas eu de (nouvelle) crampe à l’estomac » ; « De la disposition à transpirer en marchant » ; « Veratrum a ramené les règles ».

 

Commentaires :

Veratrum semblait prescrit par Hahnemann dans des pathologies aiguës comme remède curatif, et dans les pathologies chroniques comme remède intercurrent.

La prescription unique du remède était la règle, avec rarement quelques alternances médicamenteuses.

Dans ces neuf journaux de malades d’Hahnemann, écrits entre 1835 et 1843, je n’ai retrouvé aucune prescription en haute centésimale et aucune prescription en cinquante millième. Ces deux dernières échelles de dilutions étaient principalement réservées par Hahnemann à certains antipsoriques, dont Veratrum album ne faisait pas partie.

La posologie du remède pouvait sembler parfois complexe. Elle m’a semblé l’être réellement dans certains cas, car l’observance du patient, là aussi soigneusement rapportée, était souvent défectueuse dans ces cas.

Veratrum album ne semblait induire que rarement des symptômes après sa prise, contrairement aux grands antipsoriques qui en provoquaient souvent.

Enfin, le peu de symptômes guéris rapportés s’expliquaient ainsi : dans les maladies aiguës, les patients étaient souvent perdus de vue ;  dans les maladies chroniques, Hahnemann rapportait les symptômes guéris dans l’immédiat, mais se donnait beaucoup de temps et changeait souvent de remède avant de donner un résultat sur l’évolution globale de la maladie.

 

5.             CONCLUSION GÉNÉRALE ET PROVISOIRE :

 

L’étude de Veratrum album dans les publications et les journaux de malades de Samuel Hahnemann donnait une idée de l’ampleur de son travail et de son évolution personnelle.

 

L’étude des publications mit en évidence, en 1796, un travail imprécis et sans  grande valeur. En 1805, après des expérimentations à dose pondérale sur lui-même et sa famille, Hahnemann publia une Matière médicale latine avec des symptômes modalisés et précis dont la plupart furent retenus dans la Matière médicale pure. La thèse d’Hahnemann de 1812 (1) révéla son érudition exceptionnelle et son travail très complet et documenté sur les autres auteurs que lui-même. Enfin les éditions de la Matière médicale pure (2), rassemblant les expérimentations d’Hahnemann et d’autres auteurs, apportèrent  peu de symptômes importants des autres auteurs par rapport à ceux d’Hahnemann. Il restait cependant de nombreuses imprécisions quant aux modalités d’expérimentation (dose expérimentée, nombre d’expérimentateurs …). La connaissance de Veratrum album par Samuel Hahnemann apparaissait approfondie, bien qu’améliorable d’après lui.

 

Les indications de Veratrum album, connues depuis Hippocrate, et rapportées par Hahnemann dans sa thèse de 1812 (1), furent précisées et élargies dans les éditions de la Matière médicale pure (2). Les publications d’Hahnemann sur le choléra (1), révélaient une grande connaissance de cette maladie et une grande connaissance de la Matière médicale homéopathique. Camphora, Cuprum metallicum et Veratrum album restent actuellement les trois principaux remèdes homéopathiques pour traiter le choléra.

 

En ce qui concerne les journaux de malades, je n’ai pas rapporté le travail de Mélanie Hahnemann, beaucoup trop approximatif et souvent sans intérêt.

 

Les notes de répertoire homéopathique incluant Veratrum album, étonnantes par leur richesse et leur précision, rapportaient sans doute souvent les paroles des malades. Samuel Hahnemann garda une mémoire riche et fiable jusqu’à la fin de sa vie.

Les prescriptions de Veratrum album étaient également très précises. Mais les résultats thérapeutiques se révélèrent peu exploitables, par le manque de notes concernant les effets du traitement. Ces prescriptions mettaient en évidence une continuité générale entre les principes théoriques des publications d’Hahnemann, et leur mise en pratique dans les journaux de malades.

 

 

 

Remerciements :

Merci à Monsieur Jean Rigouste pour les traductions latines et grecques.

Merci à l’Institut pour l’Histoire de la Médecine de Stuttgart  pour les photocopies de la Matière médicale latine de Veratrum album et pour l’autorisation de projeter des extraits de journaux de malades de Samuel Hahnemann.

 

 

REFERENCES

1. Hahnemann S. Gesammelte kleine Schriften. Heidelberg : Haug, 2001 : 212-251 ; 552-638 : 800-819.

2.  Hahnemann S. Reine Arzneimittllehre, Band 3. Heidelberg : Haug, 1995 : 325-368.

3.   Van Zanvoort R.. Repertorium Universale, volumes I and II. Milan : Homeopathic team, 2004.

 

 

Summary :

 

Veratrum album in the work of Samuel Hahnemann

 

What could be discerned of Samuel Hahnemann’s work by a study of Veratrum album, one of the remedies with which he experimented and prescribed ?

The study of the publications treating the Matiera medica of Veratrum album revealed the extraordinary learning of Hahnemann, including his profound knowledge of the work of both past and contemporary authors on the subject.

The experimental symptoms available for use were principally those reported by Hahnemann himself from 1805 onwards. Hahnemann’s pure Matiera medica rested his most comprehensive work on the symptoms experienced of Veratrum album.

The principal indications of Veratrum album published by Hahnemann, were progressively elaborated between 1801 and 1831, where the precise indication and the value of the remedy  in the treatement of cholera were established and its use rests appropriate today.

The study of part of the patients’ diaries in Paris placed in evidence numerous homeopathic repertorial notes, including on Veratrum album, rich and precise notes, certainly like the memory of Hahnemann himself. The prescriptions of Veratrum album, though infrequent, were equally precise and in continuity with the principles of Hahnemann’s publications.

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