STRAMONIUM

stramoniumFedericka Emily Gladwin est avec Eugene Alonso Austin l’une des plus illustres élèves de Kent, qui enseignèrent l’homéopathie à Pierre Schmidt. En 1912 est créée la revue The Homeopathician, qui sera publiée jusqu’en 1916, deux numéros paraîtrons encore après la mort de Kent. C’est le premier article de Fredericka Gladwin publié dans The Homeopathician qui est traduit ici.

Par Federicka E. Gladwin, M.D., H.M., Philadelphie, PA.

Traduction par le Dr Jean Pierre OHNET; The Homeopathician, vol 01, n° 01, janvier 1912, pages 9-11.

Dans l’expérimentation de Stramonium, le délire et les spasmes sont si fortement mis en évidence, que Stramonium sans le délire, ni les spasmes est comme « Hamlet » sans Hamlet. Néanmoins Stramonium a une individualité sans que le délire et les spasmes ne soient présents. Au cours de la dernière année il m’est advenu d’avoir un tel cas à observer.  Le temps ne m’ayant pas permis de rédiger un remède pour la réunion de ce bureau, je demande d’avoir le privilège de vous montrer Stramonium, tel qu’il est représenté dans ce cas.

Le 17 février 1910, M. W. amène son fils à ma consultation. Durant les onze dernières années, il a mené son fils d’un spécialiste à l’autre, et découragé il a abandonné, se désespérant de voir son fils guérir. Mais une âme sensible, par pitié pour le garçon, l’a persuadé d’essayer une fois encore.

John a vingt et un ans, des cheveux bruns, des yeux marron, un front bas, des pommettes rentrées et des mâchoires très développées.

Timide, presque effrayé de dire que son âme est la sienne; a le regard d’un chien battu ; n’est venu que parce que son père l’a emmené.

S’imagine que tout un chacun pense qu’il est d’une classe inférieure.

Ne veut pas parler avec son père, pense que son père le méprise.

Tout ce qu’il a toujours tenté, un travail ou des études, alors que les choses avaient bien démarré et qu’elles l’intéressaient, il était obligé de les arrêter à cause de sa nervosité et de son bégaiement.

A dû cesser l’école à cause de cela. Soucis et chagrins à cause de ses échecs.

Peut à peine parler. Commence une phrase, dit un mot ou deux, puis au lieu de prononcer le prochain mot, bouge sa bouche et ses mains rapidement pour quelques instants. Ensuite il abandonne, attend une minute et recommence la phrase à nouveau. Il réussit parfois à prononcer la première syllabe du mot ennuyeux; puis il essaye en vain de poursuivre ; il s’arrête, attend une minute et recommence. Quand il arrive finalement à prononcer le mot, celui-ci sort avec une secousse, suivie de deux ou trois autres. Puis il s’arrête à nouveau sans produire un son, bouge sa bouche à nouveau.

Il s’imagine être en partie responsable de son bégaiement et ne sait que faire pour améliorer la situation. Pense que le bégaiement est une honte. Pense qu’il déshonore sa famille et lui-même avec son bégaiement.

Alors qu’il me parlait son père l’observait avec une expression de dégoût. Son père dit qu’il n’a jamais été aussi mal qu’à présent. C’est douloureux de le regarder.

Il est nerveux, agité, ne pouvant rester une minute en place ; bouge ses doigts, ses mains ; se ronge les ongles des mains jusqu’à ce qu’il saigne ; arrache ses ongles des orteils jusqu’à ce qu’il saigne ; enfonce ses doigts dans ses oreilles jusqu’à ce qu’apparaissent des lésions croûteuses.

Déprimé par moment.

Imagine que quelque chose va arriver.

Amélioré par le grand air.

Fuit les gens. S’il y a du monde à la maison, le fuit. Ne reste pas dans la pièce où il se trouve ; s’en va car « ils se sentent au-dessus de lui. »

Facilement excité.

Parle en dormant, cauchemars. Rêves d’incendies.

Le trouble a commencé quand il avait sept ans. Le maître d’école, voulant attirer l’attention d’un autre garçon, frappa soudainement le bureau de John avec une règle en parlant fort. John en fut très effrayé, pensant que ce vacarme lui était destiné. Depuis ce moment il a commencé à hésiter en parlant.

Lors d’une promenade, alors qu’il avait dix ans, le cheval s’échappa. John sauta de la voiture et s’enfuit dans un champ de mais ; fut perdu de midi jusqu’après la tombée du jour ; fut retrouvé en pleine crise de nerfs. « N’a jamais été bien depuis. »

A eu des frissons il y a dix jours et ce qu’il pense être un malaise. Il était seul à la maison ; était assis depuis une heure, engourdi ; ne pouvait ni se mouvoir, ni parler. Finalement il bougea, alluma le gaz, mais n’a pas de souvenir de ce qui s’est passé après ; était hébété, rampa chez les voisins qui prirent soin de lui jusqu’à ce que la famille revienne ; a un refroidissement depuis.

Toux sèche quinteuse depuis le frisson ; expectoration jaune, épaisse ; aggravation à 18 heures.

Stramonium a tout transformé. Son agitation, ses illusions et ses peurs sont toutes parties. Il peut se tenir debout tranquillement avec un calme parfait pendant une conversation avec un étranger, hésitant rarement sur un mot. Il ambitionne de réussir.

Il ne s’en laisse pas imposer. Récemment il a reproché à son père de ne pas l’avoir bien traité. Il conduit une voiture en ville dans la circulation la plus dense, ce qui ne l’intimide pas du tout.

Il sait maintenant qu’il a la même valeur que n’importe qui, et tient pour acquis que tout le monde le sait.

Il est heureux car maintenant il a une chance de « faire bien ».

La chose qui m’a le plus intéressée dans ce cas, que j’ai observée avec curiosité mais sans attente, est le remplissage des pommettes ; qui est actuellement réalisé.

Que la vie de ce garçon aurait été différente si quelqu’un lui avait donné Stramonium tout de suite après sa frayeur.

Discussion sur Stramonium.

Dr Halloway se souvient du cas d’un patient, un jeune homme de seize ans, le fils unique de parents aisés, qui s’arrachait la peau des doigts et les ongles jusqu’à saigner. Il avait guéri d’un choléra aigu, mais restait très nerveux. Sur la force de l’observation présentée, il décide de consulter ce remède, de lire les symptômes et de découvrir comment il peut couvrir son patient dans sa totalité.

Le Dr Thatcher, il y a quatre ou cinq ans, a été appelé pour soigner l’enfant de parents aisés, qui avait un strabisme convergent marqué. Il avait été prévu de l’hospitaliser pour une exploration neurochirurgicale afin de découvrir l’origine du trouble. L’enfant aimait naturellement les animaux et un jour alla dans une maison de campagne où un grand collie était enfermé. Le chien de façon inattendue lui sauta dessus. Elle hurla et eu un épisode convulsif. Le traitement du médecin du village consista essentiellement en du bromure. Un jour elle revint en hurlant de l’école disant que ses camarades menaçaient de mettre un chat sur elle, si elle ne faisait ce qu’ils voulaient. Bien qu’elle n’est jamais été effrayée par les animaux, quand ses camarades mirent un chat sur elle, elle eu un second spasme et commença à présenter un strabisme. Une perte du contrôle mental suivit, avec peur du noir. Les ophtalmologistes ne donnaient pas d’espoir d’améliorer l’état des yeux. Elle apparaissait sinon en bonne santé.

Ayant juste récemment lu les symptômes de Stramonium, le médecin reconnu que c’était un cas de Stramonium, et indiqua aux parents qu’à mesure que l’état mental s’améliorera, le strabisme disparaîtrait. Elle reçu une dose de Stramonium avec instructions de faire un compte-rendu dans six semaines.

En un mois un changement remarquable était survenu. Elle présenta un spasme après la prise du remède puis s’améliora. Une dose l’améliora pour un an. Puis l’agitation, la peur et le strabisme revinrent dans une certaine mesure et une dose fut répétée. L’ophtalmologiste voulu apprendre des parents ce qui avait été administré à l’enfant pour produire une telle amélioration.

Le Dr Dienst a eu des difficultés à comprendre une jeune femme souffrant de fièvre palustre. Quand il fut appelé pour la voir, elle essaya de faire l’amour et au milieu de son bavardage, elle lui annonça qu’elle avait un rendez-vous avec un médecin de Pennsylvanie pour aller au théâtre, et elle réalisa alors qu’il était ce docteur. Il reconnu bientôt Stramonium dans ses symptômes et une demi heure après avoir reçu une dose de Stramonium, elle présentait un aspect rationnel et sa fièvre palustre avait cessé. Bien que Stramonium n’ait pas de fièvre intermittente dans son expérimentation, alors que la patiente présentait une telle fièvre, en prescrivant pour la patiente, la fièvre fut guérie.

Puis l’orateur souligna le fait que le papier qui vient d’être lu attire à l’esprit des choses que nous avons vues et d’autres que nous n’avons pas vues. L’échange d’idées est bon pour faire comprendre et confirmer les remèdes. Il a perdu une fois un enfant d’une diarrhée avec déshydratation parce qu’il n’a pas été capable d’interpréter un symptôme présent, flexion et extension du membre, réalisée de façon répétée, presque continue. Huit ou neuf ans plus tard il trouva ce symptôme sous Chamomilla en le lisant. Plus nous vérifions ce qui a été donné, mieux c’est pour nous, et plus nos patients vivront longtemps.

Le Dr Gladwin rapporte, en décembre 1911, comment est le patient Stramonium. Il est merveilleux de constater comment un garçon timide, sensible, hésitant c’est transformé en un homme dynamique qui ne s’en laisse pas compter et qui est toujours attentif au confort et au plaisir de sa mère et de ses sœurs. Il est difficile de croire en le voyant aujourd’hui que c’est la même personne que ce garçon intimidé (alors âgé de vingt deux ans), il y a moins de deux ans.

Ajouts répertoire

Jean Pierre propose d’ajouter les signes cliniques suivants dans le répertoire :

Picking; nails; toenails

Picking; nails; toenails; until they bleed

Ears;Digs his fingers into his ears until he makes  scabby sores in them

Cependant nous avons déjà présents dans ma version française du répertoire et du PCKENT des ajouts de Pierre Schmidt, qu’il a certainement pris de l’Homoeopathician.

Stram figure donc dans la rubrique RONGER les ongles.

Il faut l’ajouter à OREILLE/ METTRE les doigts dans l’oreille.

EB.


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