Aspects quantitatifs de la prescription homéopathique
Par David Little.
little@maui.net
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lecteurs
L'auteur,
David Little, étudie l'homéopathie depuis 25 ans. Né aux
Etats Unis, il a dirigé des dispensaires gratuits d'homéopathie
aux Indes pendant 16 ans. Les recherches approfondies qu'il a
menées sur les applications cliniques des méthodes de
Hahnemann qui se trouvent décrites dans la 5ème (1833) et la 6ème
(terminée en 1842) éditions de l'Organon ainsi que dans l'édition
de 1837 des Maladies Chroniques le font unanimement considérer
comme l'un des grands experts des quinquagentamillésimales.
Nous publierons sous peu une série d'articles consacrés aux méthodes
avancées de Hahnemann qui résument ses recherches en la matière.
Je suis convaincu du bien fondé de la
dose en solution. Suite à un fréquent échange de vues avec
David Little, j'ai commencé moi aussi à employer plus fréquemment
cette pharmaconomie que je réservais jusque là aux seuls cas
très sensibles. Rendez vous dans quelques mois pour partager
nos expériences.
La quantité et la qualité sont toutes deux importantes
dans la posologie. Les méthodes de posologie les plus raffinées
de Hahnemann reposent sur ce principe. Pour quelle raison
Hahnemann a-t-il abandonné l'administration des dynamisations
de base en gouttes au profit des petites granules de sucre sur
lesquelles il faisait sécher la dynamisation ? Justement
parce qu'il avait déterminé que l'administration du médicament
sous forme de gouttes représentait une dose trop
importante et provoquait des aggravations superflues ainsi que
des symptômes pathogénétiques.
Il commença alors à utiliser des granules de taille 10
mais au bout d'un moment il réduisit la dose à seulement une
granule dans un minimum de 120 ml d'eau. Et même alors la
dose était soigneusement ajustée en rapport avec la sensibilité
de la constitution. Il ne s'agit en aucun cas d'imitation du
concept allopathique de doses pondérales. La méthode de dosage
des remèdes de Hahnemann est la plus raffinée qui soit dans
l'art de guérir. A mesure qu'il augmentait la dynamisation,
Hahnemann réduisait la quantité administrée. Il faut
soigneusement méditer cela.
Il est une croyance communément répandue dans l'homéopathie
moderne qu'il n'y a pas de différence dans l'action du
remède homéopathique selon que l'on donne une, cent, mille
ou une infinité de granules. Kent est à l'origine de cette
idée que l'on trouve dans ses Cours de Philosophie homéopathique
(trad. Schmidt La Science et l'art de l'homéopathie), dans
le chapitre consacré à la substance élémentaire (simple
substance). Cette conception date du XVIII ème siècle, époque
ou on considérait que toutes les formes d'énergie avaient
pour support une substance subtile. Cette vision était influencée
par le théorie newtonienne selon laquelle il existe des atomes
permanents responsables de toutes les formes d'énergie.
Hahnemann a été l'un des premiers visionnaires à
exprimer qu'il puisse exister des formes d'énergie pure
sans support matériel ni aucune substance subtile. " Dans
l'état de bonne santé, la force vitale anime la partie matérielle
du corps " (Organon, §9). Kent protestait contre
l'emploi par Hahnemann de termes comme force vitale, énergie
vitale, ou principe vital parce sa conception de l'énergie
reposait sur la substance élémentaire. Comme il n'envisageait
pas l'existence d'énergie pure, Kent trouvait douteux ce que
Hahnemann écrivait là. (Cf. Lectures).
" S'il (Hahnemann) avait employé les mots substance
vitale immatérielle, cela aurait été encore plus profond,
parce que vous verrez qu'il s'agit vraiment d'une
substance ".
Kent ne pouvait se représenter des phénomènes purement énergétiques
parce qu'il pensait que toute force devait être basée sur un
état subtil de la matière. Hahnemann assimilait la nature
dynamique de la force vitale à des phénomènes naturels de
nature électromagnétique plutôt qu'une substance élémentaire.
Il était un pur vitaliste qui enseignait que le monde matériel
est soutenu par des sources d'énergie radiante, pas par des
formes subtiles de matière ni des atomes permanents. Pour Kent
toutefois une telle vision était impossible puisqu'il pensait
que tout possédait une base matérielle.
" Pendant de nombreuses années il y a eu
discussion sur la notion de force en tant que force, ou de
pouvoir de construction. La pensée qu'il ne préexiste rien
à la force mène l'esprit humain à la folie. Si on envisage
l'énergie comme quelque chose de matériel on ferait aussi
bien de croire qu'une substance puisse avoir de l'énergie ".
Kent pensait qu'un " quatrième état "
de la matière était le précurseur de toutes les formes d'énergie
ou de force. Il ne pouvait concevoir la matière comme étant
une forme condensée d'énergie puisqu'il ne pouvait
imaginer qu'une force provienne de " rien ".
L'idée d'atomes permanents remonte à Démocrite et s'est
perpétuée jusqu'à ce que Einstein ouvre la voie en
direction de la physique quantique au début du XX eme siècle.
Kent pensait que le processus de dynamisation réduisait le remède
homéopathique en sa substance élémentaire, de sorte que le
remède lui-même entrait dans le quatrième état de la matière.
Swedenborg enseignait que dans le 4eme état de la matière
il n'y a pas de " quantité " de substance
élémentaire mais seulement " qualité en degrés de
finesse ". C'est pourquoi Kent enseignait qu'il
n'y a pas de différence dans l'action d'une haute
dynamisation selon qu'on donne une ou un millier de granules.
Kent pensait que la finesse en degrés de la substance élémentaire
représentait la hauteur de la dynamisation. D'autre part, la
substance élémentaire ne possédant pas de quantité, le
nombre de granules administrés était indifférent. C'est
pourquoi tant d'homéopathes modernes confondent la notion de
dose minimale avec l'idée d'une haute dynamisation.
La physique moderne formule que toutes les formes d'énergie
sont contenues dans des petits paquets d'énergie nommés
quanta (pluriel de quantum. N.D.T.). L'amplitude d'une force
augmente avec le nombre de quanta à une longueur d'onde donnée.
Dans le même ordre d'idées, Hahnemann enseignait que chaque
granule de remède homéopathique possédait une certaine
quantité ou " quantum " d'énergie médicinale.
En un sens, la dynamisation du remède représente l'onde de
forme ou la fréquence de l'énergie et le nombre de granules
représente l'amplitude ou la puissance du signal. C'est
pourquoi la puissance d'une dose homéopathique augmente
chaque fois que le praticien fait absorber plus de granules.
Beaucoup d'homéopathes modernes interprètent la taille de
la dose comme étant synonyme du niveau de dynamisation utilisé,
croyant à tort que l'usage de la dose minimale est en rapport
avec l'infime quantité de substance originale présente dans
la haute dynamisation. Ce n'est pas le cas puisque Hahnemann
parle de la différence entre la quantité de dose et le facteur
dynamisation dans ses ouvrages. Dans l'Organon il écrit
qu'une quantité excessive du remède bien choisi est
dangereuse, surtout s'il est donné dans une haute
dynamisation (§ 275).
" Un remède, même homéopathiquement approprié,
est nuisible quand la prise donnée est trop grande en volume et
davantage encore si celle-ci est trop fréquemment répétée. "
(§ 276)
Hahnemann enseignait que le phénomène d'aggravation est
non seulement en rapport avec la dynamisation mais aussi avec le
nombre de granules administrées. On constate ainsi que les vues
de Hahnemann sur les mécanismes énergétiques se rapprochent
beaucoup de celles de la physique quantique du XX ème siècle
qui transcende à la fois les idées de Newton et de Swedenborg.
En homéopathie, la dose minimale est une règle très
importante qui sert de guide en pratique quotidienne.
Un enfant qui absorbe un grand nombre de granules d'un remède
qui ne lui convient pas ne court aucun danger. D'un autre côté,
on a parfois observé des symptômes pathogénétiques dans les
mêmes conditions. Il y a un vrai danger quand le remède est
parfaitement homéopathique et que le patient est sensible, ou
bien présente une maladie chronique évoluée ou des
changements pathologiques non manifestes. Ceci n'est pas du
tout une question théorique pour ceux qui ont travaillé avec
les solutions médicinales ainsi qu'avec les méthodes
d'ajustement de la dose. Hahnemann décrit sa propre expérience
d'avoir administré une trop grande quantité de granules dans les Maladies Chroniques.
" J'ai moi même connu cet accident, qui gêne énormément
la guérison et que l'on ne saurait trop éviter. Ignorant
encore l'énergie de la puissance médicinale, je donnais
Sepia en trop grande quantité. C'était encore plus manifeste
quand je donnais quatre à six globules de Lycopodium ou de
Silicea dynamisés au millionième degré à peine gros comme
des grains de pavot. "
Après cela Hahnemann réduisit la dose à une ou au plus
deux granules dans la 4ème édition de l'Organon
(1829) puis à la solution médicinale obtenue à partir de la
dissolution d'une seule granule dans la 5ème (1833) et 6ème édition. Bien que Kent pensât que
cela ne faisait aucune différence de donner une ou mille
granules, ou bien une ou cent cuillerées de solution, les méthodes
introduites par Hahnemann dans l'édition de 1837 des Maladies
Chroniques et la 6ème édition de l'Organon
montrent que cette conception est fausse. J'ai soumis ces idées
au feu de l'expérience depuis 12 ans et je possède
maintenant des centaines de cas qui attestent que Hahnemann a
raison et que Kent a tort. Voici simplement quelques exemples.
1.Une jeune femme hypersensible éprouvait une très
forte aggravation chaque fois qu'elle prenait une granule de
6CH après quoi son état s'améliorait un peu pour rechuter
à nouveau. Elle pensait être trop sensible pour suivre un
traitement homéopathique et était prête à abandonner. En
faisant une solution médicinale dont elle ne prenait qu'une
cuillerée, le remède ne produisit plus d'aggravation de
sorte qu'il fut possible de répéter aux moments
convenables jusqu'à guérison. Voici un exemple qui montre
comment le passage de la dose sèche à la dose liquide (avec
les succussion avant chaque prise) évite l'aggravation et
rend le remède renouvelable chez une personne hypersensible
qui aurait eu autrement des vives réactions à chaque prise.
Cet exemple montre qu'il y a une différence selon la façon
dont on administre le remède ainsi que selon sa quantité.
2.Un homéopathe prit Carb-v 200 sous forme d'une
dose sèche sans aucune réaction. Pourtant le remède
semblait parfaitement indiqué. Je lui conseillais alors de
prendre le remède en solution à raison d'une cuillerée.
Quelques doses de cette solution de 200 sucussée 5 fois avant
chaque prise afin de changer à chaque fois la dynamisation le
guérirent rapidement. Voici un autre exemple où la solution
fonctionne là où la dose sèche ne produit aucun résultat.
Si la quantité ne fait pas de différence que ce soit en
solution ou en forme sèche comme le dit Kent, alors comment
expliquer cela ?
3.Une femme qui prenait une dose de Cimic LM1 dans
une solution de 120 ml pour des migraines eut une aggravation
de ses symptômes. Après avoir doublé la quantité d'eau
de sa solution il n'y eut plus jamais d'aggravation, elle
put répéter tous les trois jours pendant un mois et les
migraines ne revinrent pas. Cet exemple montre la façon
d'ajuster la dose en utilisant plus d'eau dans la solution
mère. Cela adoucit l'action du remède sur sa constitution
et le rend renouvelable sans aggravation.
4.Un patient souffrant d'apnée du sommeil prenait
Ars LM1 dans une solution de 200 ml, sucussée 3 fois avant la
prise, la dose étant de 1 cuillerée de la solution mère
diluée et remuée dans un verre de 200 ml. Après la prise,
il y eut une aggravation de quelques uns des symptômes
concomitants pendant 3 jours suivie d'une légère amélioration
puis d'une rechute. Sans changer le nombre de succussions,
on dilua une cuillerée du premier verre dans un second verre
dont le patient prit une cuillerée. Cela entraîna un
changement radical et fit disparaître l'apnée du sommeil.
Avec cette façon de procéder, il n'y eut aucune
aggravation. Cet exemple montre comment la dilution du remède
à travers deux verres successifs permet d'obtenir un résultat
frappant alors que la prise diluée seulement dans un seul
verre d'eau ne provoquait qu'une aggravation suivie
d'une légère amélioration. Cela ne montre-t-il pas
clairement le rôle de la quantité ? Selon Kent, cela
n'aurait pas dû affecter l'action du remède.
5.Lors d'une prescription d'une solution à
sucusser 5 fois avant la prise, un patient répondit bien à
la première dose. Quand je lui prescrivais une seconde dose,
il oublia de secouer sa bouteille et le remède n'eût
aucune action. Après en avoir parlé ensemble je lui
rappelais de secouer sa solution avant d'en prendre, et la
prise agit de nouveau aussi bien que la première fois. Cet
exemple montre comment la répétition du remède sans
succussion ne produit aucun effet. Quand le remède fut
dynamisé de nouveau comme Hahnemann le suggère au paragraphe
248, il agit très profondément. Cela démontre
l'importance de la succussion et du changement de
dynamisation de chaque dose. Il s'agit là d'un sujet
connexe sans rapport avec la quantité de dose.
Hahnemann mentionne dans l'Organon que certain états nécessitent
l'augmentation de la taille de la dose pour obtenir une guérison.
Le premier exemple qu'il donne concerne la manifestation
primaire cutanée d'un miasme chronique. Voici quelques
exemples personnels de cette méthode.
Dans un cas de gale, la quantité normale d'une cuillerée
n'agit pas suffisamment pour faire partir les parasites. Dans
l'aphorisme 248, Hahnemann parle d'augmenter par paliers
d'une cuillerée la dose du remède quand le besoin s'en
fait sentir. En augmentant progressivement la quantité de dose
de 1 cuillerée à 2 puis 3 cuillerées les parasites furent
rapidement éliminés. J'ai procédé ainsi de très
nombreuses fois.
6.Un cas de teigne ne répondait que lentement à
des doses répétées de Bacillinum LM1 donné à raison
d'une cuiller à la fois. L'augmentation du nombre de
succussions ne changea rien. La dose fut alors renouvelée
plus souvent mais là encore sans effet. En augmentant la
quantité de la dose à 3 cuillers, il y eut une réponse immédiate
et la lésion commença à disparaître. Cette dose plus
importante agit là ou de plus petites échouaient. Le nombre
de succussions resta inchangé.
Hahnemann cite encore comme exemple de cas nécessitant
l'augmentation de la quantité de la dose ceux dans lesquels
l'état de santé général du patient s'est amélioré mais
qu'il subsiste une affection locale rebelle. J'ai souvent vu
des cas ou l'on obtient une nette amélioration générale
mais où les troubles pathologiques ou lésionnels
s'accrochent. Dans de tels cas, le mieux est de commencer par
la plus petite dose nécessaire pour obtenir une réaction puis
de l'augmenter lentement jusqu'à obtenir un effet sur les
signes locaux.
7.Je me souviens d'un cas de Calc LM1 que je
donnais à un homme présentant un nombre incroyable de symptômes
dont une impuissance qui le déprimait considérablement. Il répondit
très bien mentalement et physiquement aux premières doses
mais l'impuissance traîna jusqu'à ce que j'augmente
cuillerée par cuillerée la quantité de la dose sur un
certain laps de temps. L'impuissance disparut et il demeure
guéri aux toutes dernières nouvelles.
On a une autre raison d'augmenter la quantité de la dose
quand un cas semble ne plus progresser.
8.Un patient présentait une hypertrophie de la
prostate avec une mélancolie concomitante, une impuissance,
un jet urinaire faible, et une sensation de pression dans le périnée.
Je lui prescrivais d'abord une cuiller de Conium qui
produisit une nette réponse. Il augmenta alors de lui même
la quantité à 2 cuillers et obtint une aggravation similaire
(dose trop importante). Je lui conseillais de stopper les
prises pendant quelques jours pour reprendre ensuite à une
cuillerée. Le traitement fonctionna très bien en LM1 et LM2
avec la disparition des symptômes les plus importants. Puis
il sembla que l'action du remède s'essoufflait, comme si
l'on atteignait un plateau. J'augmentais alors lentement
la quantité de dose de 1 cuiller à 2 puis 3, et le cas
recommença à progresser favorablement, de sorte que le
patient est aujourd'hui très très amélioré. Si la taille
de la dose ne fait aucune différence, comment ceci peut-il se
produire ?
Les cas qui précèdent sont autant d'exemples où les méthodes
d'ajustement de la dose font toute la différence entre la réussite
ou l'échec d'un cas. C'est tout bonnement le diagnostic du
remède aurait été remis en question si je n'avais pas adapté
la dose dans ces cas. Ces méthodes sont en rapport avec les
innovations que Samuel Hahnemann a introduites dans la 5ème (1833) et la 6ème (terminée en 1842) éditions de
l'Organon ainsi que dans l'édition de 1837 des Maladies
Chroniques. Ces méthodes demandent au médecin plus de talent
artistique mais l'accroissement de la connaissance
s'accompagne de celle de la responsabilité.
La contribution de James. T. Kent à l'homéopathie a été
monumentale. Son enseignement sur la philosophie, la matière médicale
et le répertoire demeurent fondamental pour tout praticien homéopathe.
Pour moi qui étudie l'homéopathie, Kent est mon maître
respecté. Néanmoins la perfection ne peut se trouver qu'en
Dieu Tout-Puissant, c'est pour cette raison que le grand
Constantin Hering a dit : "il est de notre devoir à
tous d'aller encore plus loin dans la théorie et la pratique de
l'homéopathie que Hahnemann le fit. Nous devrions rechercher la
vérité qui se trouve devant nous et renoncer à nos erreurs du
passé."
Un étudiant comme moi ne pourra jamais transcender les
connaissances de Hahnemann, Hering ou Kent, aussi le présent
travail n'a-t-il pas d'autre ambition que de faire mieux connaître
les vues de Hahnemann sur la dose minimale.
Delaunay alain adelaun de club-internet.fr
Ed bonjour,
Article passionnant de Little ! Je propose donc que l'on établisse
un protocole commun de départ pour toute l'équipe:
1/La solution : X granules dans Y ml d'eau;on pourrait fixer un
nb défini de cuillères à café dans un verre;tt le monde
ayant des caf, on obtiendrait ainsi un volume facile à définir
pour les malades et constant.
Bonjour Alain ! Ah te voila bien
emballé, dirait-on ! J'en suis ravi, nous discuterons des
modalités lors du prochain Aude Sapere, mais voici déjà
quelques réponses pour toi.
Il faut que cet article nous pousse à
lire et relire l'Organon, 6ème édition, où Hahnemann définit
clairement la marche à suivre. Lis aussi la note au §246 de la
5ème édition, elle marque le tournant dans sa façon de faire,
c'est capital.
En règle générale il faut 1 globule
minuscule dans 30 cc d'eau. Sinon la dose est trop importante et
on a des aggravations difficiles à contrôler.
2/La succussion: 5fois ou 3fois ou plus à discuter avec
Little et entre nous, avant chaque prise
Pour une sensibilité moyenne, il
convient de démarrer à 5 secousses. Des gens peu réactifs
peuvent démarrer à 10. Au contraire les gens très sensibles
ont besoin de seulement 2 ou 3 secousses. Régler le nombre de
secousses est l'un des moyens de contrôler els réactions au
remède.
3/La répétition:à chaque retour des symptômes, je pense
que tout le monde sera d'accord.
Hé bien non, en fait on peut très
bien renouveler tous les jours ou tous les 2 jours en chronique,
sans attednre le retour des symptômes. C'est sûr qu'avec cette
méthode on voit moins bien ce qui se passe.
4/Les indications.
Là est le pb pour moi, cas aigus, chroniques ?
Pour tous les cas d'hypersensibilité: d'accord, mais un sujet
peut être < à 6 CH ou seulement à une XMK...Il faudra
vraiment être sûr de son remède pour ne pas en changer en
cas de non réponse! Mais le pb est le même avec les ch ou
les K.
Avec les 50M on aurait l'avantage de demarrer tous en LM1.
Little a-t-il abandonné les CH et Les K ? Quelles sont ses
indications ?
David Little est le spécialiste
mondial des LM. Je crois qu'il ne prescrit plus qu'ainsi. En
pratique je pense que les cas simples (cas chroniques peu évolués)
conviennent bien à la dose unique. Tu verras que la
prescription aqueuse demande plus de temps pour expliquer, et
demande un minimum de QI de la part du malade.
Depuis la rentrée je suis en pleine
expérimentation. J'utilisais beaucoup la solution médicamenteuse
à mes débuts mais beaucoup de malade ne comprenaient rien et
s'intoxiquaient. Avec des instructions détaillées, et en
faisant attention de mettre juste un ou deux globules en
solution, cela a l'air d'aller mieux.
5/Les labos: Dolisos, Boiron vont-ils se lançer dans les
quinquagentamillesimales (ouf)..? Faut-il acquérir un stock et
delivrer un certain nb de granules dans une pochette plastique ?
Ne rêvons pas. Je sais que Schmidt a
tout un stock de LM fait par Mme Schmidt. Pour l'instant, avant
de passer franchement aux LM, qui je le rappelle, ne sont pas à
la pharmacopée, je mets en solution une 200 Kent, puis si
besoin une M, etc. Cela se passe bien pour l'instant. J'en
saurai plus dans un mois...
A mon avis le but premier de Hahnemann était de diminuer au
maximum en intensité et en durée, la phase d'<.
Et aussi d'accélérer le traitement.
Voir Organon 5eme édition, §247. Comme je sais que j'ai
affaire à un public affamé, je vous prépare une série
d'articles là-dessus... cela ne va pas tarder, mais il me faut
aussi préparer le séminaire, la prochaine édition du répertoire
(imminente).
Donc il faut d'abord en obtenir une. Une fois prevenu par le
malade du debut de l'<, on lui demande d'acheter une LM1 du médicament
et on commence notre protocole.
Proceder de même en cas d'action insuffisante
sur les S. On abandonnerait alors l'échelle de Kent ? pas
evident que l'on obtienne de meilleurs resultats... Le pb
c'est que je parle de qqchose dont je n'ai pas l'expérience...!
Il va falloir demander beaucoup de précisions à Little et son
équipe, mais je suis d'accord pour commencer mes prescriptions
!
amitiés
AD
Donc pour l'instant, je
suggère que tu me potasses à fond l'Organon et on reparle de
tout cela de vive voix. Amitiés.

DuBois Jacques-Henry jhdubois de bluewin.ch
Je suis archi content.
Je n'ai aucune expérience avec les 50 millésimales mais je
n'ai encore jamais compris pourquoi le summum du travail de
Hahnemann n'a jamais été utilisé de façon systématique même
par les Homoeopathes qui ont étudié et médité la 6eme edit.
de L'Organon.
Je suis donc particulièrement content de voir que ce sujet est
maintenant abordé et je suis certain que nous aurons de belles
heures de discussions passionnantes et passionnées.
Hahnemann deviendrait-il du coup le nouveau chef de file de
l'homoeopathie du 21eme siècle?
Pour ma part et en accord avec ce que nous savons de la physique
moderne, je pense que les dynamisations agissent par sauts
quantiques, un peu à la façon dont les électrons passent
d'une couche à une autre.
Bref, il sera passionnant de connaître tout ce qui a déjà été
et sera expérimenté.
A bientôt, JH DuBois
Cher Jacques Henri,
Oui cela faisait très longtemps que je
voulais mettre la question sur le tapis.
Les positions de Kent et de Hahnemann
sont chacune curieuses. Le premier pense que le remède n'a pas
de quantité mais est une certaine forme de matière, l'autre le
voit non matériel mais constate qu'il est doué de quantité.
Ailleurs dans l'Organon, je ne retrouve
plus la référence, Hahnemann dit que la dynamisation exalte la
substance de base et la réduit en substance essentielle. Les
concepts ne sont donc pas clairs, et c'est tant mieux,
finalement ce n'est pas notre problème. On retrouve ici les
querelles du passé quant à la nature de la lumière: onde ou
particule ? Les deux mon général !
En pratique on remarquera que les
malades chroniques qui ont eu une forte < sont souvent ceux
qui ont pris tout le tube. On note aussi que en solution aqueuse
la notion de quantité apparait clairement (dilution successive
des cuillers dans un verre d'eau pour ne pas avoir
d'aggravation).
Plus j'étudie Hahnemann, plus je suis
bouleversé devant l'ampleur de sa pensée. Je me demande si
celle-ci n'est pas au delà de l'entendement. Il est clair que
son génie reste en avance sur notre époque et qu'il est à
jamais le chef de file de l'Homoeopathie.
Plus j'étudie Hahnemann, plus j'éprouve
du dégoût devant ces demi portions qui n'ont pas étudié le
millième de son oeuvre et qui se permettent pourtant de fonder
écoles et systèmes qui sont autant de sous produits de
l'Homoeopathie.
Il nous faut donc travailler à
atteindre ses résultats, c'est pourquoi il faut nous remettre
en cause sans relâche ! Amitiés.

DuBois Jacques-Henry jhdubois de bluewin.ch
Hello David,
It was a real pleasure meeting you on Planète-Homeo with
your study of 50 mil.potencies.
The only book on the subject which I had found is Dr.RP
Patel's "My experiments with 50 mil.potencies".
I am looking forward to learn more on the subject as I have
never understood why these potencies have not been more widely
used after the publication of the 6th edition of the Organon.
Have you written a book on the matter or some articles? If
so,please send me the references.
Looking forward to reading you, many thanks for now.
Sincerely, JH DuBois.
Hello,
For the last 10 years of his life Samuel Hahnemann used both
his centesimal and LM potencies with his renew posology system.
He used potencies from 3c to 1M (possibly higher) centesimals
and LM 0/1 to O/30 in the succussed medicinal solutions. From
around 1837 to 1843 Hahnemann would take 1 pill of the chosen C
or LM remedy and make an aqueous solution of a minimum of 4oz.
He would then succuss the bottle between 1 and 12 times
depending on the sensitivity, and stir 1, 2, or 3, teaspoon into
a 4oz glass of water. From this dilution glass he would give 1,
2, or 3 teaspoons to the patient as a dose. If the first dose
causes a strikingly progressive improvement it should be left to
act without repetition as the vital force is moving rapidily in
the direction of cure. If on the other hand there is only a slow
movement toward cure the remedial solution can be repeated at
suitable intervals, if necessary. He used both the Centesimal
and LM potencies up to his last days. I may experience it is a
double advantage with using both potency systems. Some cases
respond to centesimal potencies while others the LM potency.
This gives us twice as much curative potential. When both
systems are used with Hahnemann more progressive methods they a
complimentary. This is Hahnemann's middle path method which
embraces both the single unit dose and the skilful repetition of
our remedies and the C and LM potency.
I have published a large amount of information on the
internet homeopathic group called the homeolist. They have
archives which are extensive. This is a 1000 person open study
group which you can join through the homeopathic homepage. There
is also a magazine called Homeopathy Online in which I have
published articles. If I can help you in any way I am at your
service. Edouard Broussalian has joined our english
speaking group. We are so happy to have him sharing his vast
knowledge of homeopathy. I hope someday I will visit France and
me you both.
Your sincerely, David Little

Alain Jean-Mairet bruppacher.ajm de bluewin.ch
N., 14 ans, ascendance tuberculeuse, se baigne dans une rivière
glacée ce printemps et se sent très mal dès le lendemain.
Trois jours plus tard, (en résumé) il a une forte fièvre,
une toux brûlante, un visage congestionné, une très mauvaise
humeur, ne veut voir personne, détourne le regard.
Nat-m, LM6, 5 granules (Helios) dans un flacon de 20 ml
rempli au 2/3 d'un mélange à 20% d'alcool, 10 secousses, deux
gouttes dans une cuillère à soupe d'eau, remué, une gorgée,
prise unique le soir, puis toutes les deux heures la journée du
lendemain si rien ne se passe (10 secousses avant chaque prise).
Il ne s'est rien passé. Le surlendemain, l'enfant consulte
son médecin de famille, homéopathe également, qui
diagnostique une pneumonie (lobe inférieur droit) et
prescrit... Nat-m, XM, une prise unique, sèche, quelques
granules sur la langue.
Dès le lendemain, la maladie recule à pas de géant,
l'humeur est détachée, les douleurs diminuent de 50%, et
l'inflammation n'est plus détectable une semaine plus tard.
Aucune autre médication n'a été nécessaire (+12 semaines de
recul).
Ou est l'erreur (mon erreur)?
Je pense qu'il y a des types de patients et de maux auxquels
les LM ne conviennent pas. Trop douces. Si le patient est fort,
résistant, a d'ordinaire des réactions bien marquées à son
environnement, il répondra beaucoup mieux à une 'bombe' (haute
dynamisation centésimale en prise unique) qu'à des 'caresses'
répétées (LM en dilutions).
Moralité: Il faut considérer la constitution du patient également
pour décider du type de prescription.
Amitiés
Alain
Merci Alain. Bien vu. En supposant que
le remède soit indiqué, que le diagnostic soit correct, etc.
etc. Il y a certainement plusieurs explications, bien malin
celui qui pourra nous dire. Par exemple, la constitution du
patient ne convient pas aux LM, d'action trop douce; ou données
danc ce cas trop basses, peut être LM10 eût mieux convenu ? Néanmoins
devant un tableau aussi aigu je suis surpris qu'une XM unique
suffise à emporter la décision, peut être y a-t-il eu une
charge de médicament avec les LM, puis que la K a fait basculer
sur le mieux.
Vois plus haut le courrier de David, il
faut surtout faire attention à ne pas déclencher de mode dans
la prescription, il y a des cas qui sont gérés plus facilement
avec les doses sèches, d'autres avec les solutions médicinales.
Enfin, la non disponibilité des LM
chez nous nous contraint à diluer des doses sèches, avec pour
l'instant, des résultats satisfaisants, en somme nous mangeons
aux deux râteliers....
Nous allons expérimenter, mais pas à
l'aveuglette, il nous faut bien étudier l'Organon auparavant.
En tout cas cette effervescence me réjouit, elle est la preuve
de notre dynamisme. Amitiés.

Jean-Claude.Ravalard Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr
Hello, Edouard et tous ,
Comme je te l'ai déjà dit par téléphone , je suis très
intéressé par la méthode dont parle avec tant de flamme David
Little, même si cela me parait un peu compliqué dans
l'application et peut-être difficile à faire bien utiliser par
nos patients .
Le risque étant en fait une utilisation d'une dilution homéopathique
de façon régulière jusqu'à la fin du flacon ... et donc
d'une pathogénésie du remède ...
Et comment faire pour les cas aigus ? ( C'est obsessionnel
chez moi !! )
Il reste sûrement 2 choses que les séminaires Aude Sapere
devraient permettre de solutionner :
- La constitution d'une remèdothéque (?!)
- La réalisation de Pathogénésies . Cela semble assez
compliqué et difficile à réaliser , il va falloir
probablement se planter un peu au départ , avant d'en réaliser
une expérimentation acceptable ..
Amitiés à tous ..
Reçu 5 sur 5 ! Je pense qu'on se
doit de connaitre les indications des doses liquides. Gros problèmes:
le QI des malades, souvent il faut expliquer, recommencer,
redire. Siun mieux net arrive, il faut suspendre les prises,
cela exige donc un suivi précis de notre part. Bref, c'est plus
dur pour les patients et les médecins, mais je pense que cette
voie est digne d'intérêt. Gare toutefois à pas prescrire en
solution à tort et à travers. Nous allons en rediscuter.
La solution liquide me semble aussi
parfaite pourles cas aigus. On peut partir sur la base d'une
cuiller toutes les heures, puis stopper dès >. J'ai ainsi un
cas de pneumonie du lobe inf droit qui répond merveilleusement
bien à Phos M Kent en solution. Selon les symptômes nous espaçons
maintenant les prises à 2 ou 3 par jour.
Pharmacothèque: c'est en cours !
Pathogénésies: à mon avis elles reflèteront
directement la vitalité de notre groupe et de l'Homoeopathie.
Maintenant que le noyau dur est constitué, on va pouvoir
commencer.
Amitiés.

Denis Fournier fdenis de globetrotter.qc.ca
Bonjour Ed,
Petite correction à l'endroit du très stimulant article de
David Little. Einstein, s'il a bien aidé à mener la physique
vers le quantique le fit malgré lui. C'est d'ailleurs à
l'intention des Niels Bohr et autres qu'il lança son fameux
"Dieu ne joue pas aux dés". Il n'acceptait pas l'aléatoire
et l'incertitude de ces électrons qui sautent d'un niveau à
l'autre et qui sont donc imprévisibles dans leur manière de
livrer de l'énergie. Je crois qu'Einstein ne serait pas très
content qu'on l'associe à la théorie quantique! Il fut de ceux
qui tentèrent de prouver qu'on errait en s'y intéressant. Au
pays du "déterminisme", l'apparence d'imprévisibilité
est hérésie.
Curieusement, on a toujours de plus en plus de certitudes sur
les théories d'Einstein même sur celle (paradoxe EPR) qui
s'acharne contre la théorie des quanta... Quant à elle, la
physique quantique -tout comme l'homéopathie, ce qui les fait
se rapprocher- est toujours en quête de l'OUTIL qui en démontrerait
toute la splendeur.
D'ailleurs, les rapprochements homéopathie et physique des
quanta sont intéressants: on les "pratique" en étant
constamment surpris des résultats de telle ou telle expérience.
C'est comme si, pour bien comprendre le phénomène, il fallait
être de ceux qui font sans cesse des "sauts
quantiques" dans leur pensée et qui, pour paraphraser
Hering, n'acceptait rien qui ne soit né de l'expérience.
Hahnemann était certes un visionnaire, un génie qui ne
s'embarrassait guère des contradictions matière-énergie
(Einstein -encore lui- n'a-t-il pas démontré que c'était la même
chose!). Il ne s'embarrassait pas non plus des contradictions
entre sa pratique et ses écrits: on découvre, à propos de ses
dernières années de pratique à Paris qu'il était, lui-même,
parfois loin de l'orthodoxie prêchée... (cf. Thorsons
encyclopaedic dictionnary of homéopathy - Combinations of homéopathic
drugs).
Il n'y a pas de "recette" à l'homéopathie et nous
ne cherchons qu'à standardiser notre action pour avoir des résultats
comparables pour, finalement, sortir de l'empirisme comme le
souhaitait Hahnemann.
L'expérience est la bonne voie, semble-t-il. C'est ce que je
retiens de David Little.
Merci de tes précisions !
Un mot à mon tour sur le
"travail" de Thorson: figure toi que l'un de mes amis
surpris d'apprendre que Hannemann puisse avoir des prescription
carrément pluralistes, s'est donné la peine d'aller à Paris
voir de lui-même les énormes recueils de cas de Hahnemann.
La surprise fut de taille ! Nombre
de faits étaient purement inventés, et au mieux certains n'étaient
que déformation volontaire de ce que Hahnemann fit.
Il faut donc être vigilant devant
certaines tentatives de révisionnisme et d'intoxication: qu'on
se le dise, Hahnemann n'a jamais été pluraliste !
Amitiés.
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