Les méthodes
avancées de Hahnemann.
Par David Little (Copyright 1996 )
Traduit de l'américain par Camille Genton, Jean
Claude Ravalard, Edouard Broussalian
Chapitre 1 : L'homéopathie classique.
La dose sèche.
L'homéopathie classique est basée sur l'enseignement de
Samuel Hahnemann tel qu'il l'a présenté dans l'Organon de
l'Art de Guérir. Cette ouvre majeure expose les 4 fondements
de l'homéopathie : la loi du simillimum, l'utilisation du
remède unique, la dose minimale et le remède dynamisé. Ces
principes forment un système cohérent qui fait de la Doctrine
du simillimum un modus operandi effectif et sûr. Dès la
première présentation de la méthode, dans La Médecine de
l'Expérience (1805), ces quatre points majeurs étaient déjà
présents. Ils constituent l'essence même de l'homéopathie.
La première édition de l'Organon de l'Art de Guérir parut
en 1810, puis d'autres éditions vinrent étoffer la première
en 1818, 1824, 1829 et 1833. La sixième et dernière édition fût
complétée peu de temps avant la mort d'Hahnemann en 1843, mais
malheureusement, ne sera publiée qu'en 1920 en langue allemande
et en 1921 en langue anglaise . Ces documents retracent l'évolution
de l'homéopathie classique en 7 étapes de développement.
C'est sans doute la raison pour laquelle tant de contradictions
ont été attribuées à l'ouvre de Samuel Hahnemann. C'est
seulement à travers une étude approfondie de la doctrine et la
connaissance de son développement historique que ces apparentes
contradictions se dissipent.
L'homéopathie telle qu'on la pratique couramment a été établie
à partir de la fin des années 1820. Ces années marquent un
tournant décisif pour l'homéopathie, comme étant la période
la plus productive de la carrière d'Hahnemann. L'année1828
apportera la publication de la 1ère édition des
Maladies Chroniques, leur nature particulière et leur cure homéopathique.
Ces travaux contiennent une nouvelle approche dans la pathogénésie
des maladies chroniques, la matière médicale ainsi que la manière
de gérer les cas. Les Maladies Chroniques seront rapidement
suivies de la 4ème édition de l'Organon (1829) dans
laquelle sera explicitée la philosophie homéopathique, la
prise des cas et la méthodologie.
Dans ces travaux fondamentaux, Hahnemann introduit la théorie
de la force vitale, la doctrine des miasmes chroniques, et les
dynamisations immatérielles en 30 CH. Le Hofrath [titre
honorifique de conseiller privé accordé à Hahnemann par le
Duc de Anhalt-Köten] y expose son enseignement sur notre nature
spirituelle et la dynamique de la force vitale, réfutant à la
fois le tolle causum (la cause unique) et le materia
peccans (l'approche matérialiste d'un corps étranger
pathogène, voir Organon § 13. N.D.T.) des écoles
orthodoxes. Son nouveau système, approche originale de la guérison,
se basera alors sur des facteurs tant psychologiques que
constitutionnels, ainsi que sur les causes étiologiques, les
signes et symptômes étant utilisés comme guides pour le choix
du remède curatif.
Dans les 15 années qui suivront, l'homéopathie connaîtra
d'immenses transformations sous l'égide de Hahnemann soucieux
de parachever l'utilisation de sa doctrine. Ces années verront
la rédaction de quatre nouvelles éditions des Maladies
Chroniques (1830, 1835, 1837, 1839) puis la 5ème édition
de l'Organon (1833) et enfin la 6ème (1842). Pendant cette période
le Maître de l'homéopathie introduisit plusieurs nouveaux
concepts qui rendront la doctrine homoeopathique proche de la
perfection.
La 1ère édition des Maladies Chroniques et la 4ème
de l'Organon vont de pair : Hahnemann y enseigne
l'administration d'une dose unique sous forme d'une ou deux
globules de la taille d'une graine de pavot. Voir l'aphorisme
242 de la 4ème édition de l'Organon.
"Toute amélioration, qui se dessine franchement et fait
des progrès continuels est un état qui, aussi longtemps qu'il
dure, interdit formellement la répétition du médicament".
Le même point est à nouveau souligné dans le paragraphe
245.
"Toute nouvelle dose d'un remède quelconque, même
celui qui a été donné en dernier lieu, et qui jusqu'à ce
moment s'est montré salutaire, n'aboutirait alors qu'à
troubler l'ouvre de guérison."
Hahnemann nous rappelle encore à la fin du paragraphe :
"En un mot, en répétant la dose du même remède bien
indiqué avant la fin de son action, nous dérangeons l'amélioration
et de cette façon nous retardons la guérison."
Ces aphorismes introduisent la philosophie "attendre et
voir" [nous devons à Kent la formulation de cette maxime dérivée
du fameux wait and see. N.D.T.] découlant du
principe d'intervention minimale qui constitue un aspect
important de la maxime des doses minimales. Si le patient est amélioré
après l'administration de la première dose d'un remède, toute
répétition de la dose est tout à fait contre indiquée. C'est
seulement lorsqu'une rechute apparaît clairement à travers le
retour des symptômes qu'une seconde dose du remède peut être
administrée. Cette injonction a été introduite afin de prévenir
toute perturbation du processus de guérison par une répétition
prématurée du remède.
Hahnemann remarquait que la répétition prématurée du remède
occasionne une rechute des symptômes autant qu'elle peut
provoquer l'apparition de symptômes pathogénétiques propres
au remède. Ce mélange entre symptômes naturels et symptômes
occasionnés par le remède rend confuse l'image du cas et en
conséquence ralentit la cure. C'est la raison pour laquelle les
homéopathes classiques sont très vigilants de ne pas répéter
avant un net retour des symptômes. Ceci demande une grande
patience parce que même une lente amélioration du patient nécessite
d'attendre la rechute des symptômes pour prendre une autre
dose. Bien que la trentième centésimale ait permis d'abréger
la durée du traitement, le processus complet de guérison
prenait encore un temps beaucoup trop long.
Certains des disciples d'Hahnemann les plus enthousiastes
prirent sur eux d'expérimenter des dynamisations bien au-dessus
du niveau qu'il avait introduit. Les défenseurs de ces
nouvelles hautes dynamisations étaient le Dr. Schreter, le Général
Korsakoff de Russie, et Jenichen de Wismar. Le père de l'homéopathie
était soucieux que ces méthodes de préparation de remède peu
orthodoxes ne risquent de détruire les standards
pharmaceutiques qu'il avait introduits en 1828. Pour cette
raison il écrivit à Schreter et Korsakoff en leur recommandant
que tous les remèdes homéopathiques soient réalisés d'après
sa méthode introduite dans l'Organon et se limitent à la 30ème dynamisation centésimale.
Deux de ses plus proches disciples, les Dr. Stapf et Gross,
adhérant à ce nouveau mode de hautes dynamisations finirent
petit à petit par convaincre le Vieux Docteur d'en faire son
expérience par lui même. L'ère de la 4ème édition
pourrait s'appeler "le poseur de limites" parce que
Hahnemann songeait à contrôler la puissance en expansion
rapide de sa méthode. En même temps qu'il augmentait les
dynamisations, il réduisait aussi la taille de la dose depuis
une goutte de solution mère à 1 ou 2 globules de la taille
d'un grain de pavot. Puis, après avoir réduit la taille de la
dose, il limita la posologie à une dose unique et mit en garde
contre la répétition prématurée du remède. Finalement, il
suggéra une limite à 30 CH des dynamisations faites selon sa méthode
pharmaceutique. Toutes ces règles étaient autant de mesures de
sécurité que Hahnemann avait introduites quand il songea à résoudre
les difficultés qui persistaient encore dans son système.
Hahnemann n'était pas complètement satisfait par la méthode
de dosage ainsi que par la gestion du cas qu'il développa à la
fin des années 1820.Il voulait améliorer la méthode du remède
unique subordonnée à la philosophie "attendre et
voir" et cela spécialement dans les cas de maladies
chroniques résistantes. Le vieux Maître sentait qu'il devait y
avoir une façon plus efficace d'administrer ses remèdes et
commença donc de nouvelles expériences de posologie. Dès la
Première Union des Expérimentateurs, il avait utilisé des
solutions aqueuses pour diluer les remèdes afin de contrôler
leur action durant le proving. [La Première Union était
un groupe de jeunes étudiants en médecine, Stapf, Gross,
Hornburg, Franz, Wislicenus, Teuthorn, Herrmann, Ruckert,
Langhammer, Hartman, de l'université de Leipzig qui étudièrent
en 1814 de nombreux remèdes sous la direction de Hahnemann.
Leurs travaux forment la base de la première édition de la
Materia Medica Pura. N.D.T.]. Fort de cette expérience, il décida
de suivre une nouvelle piste : celle de l'action des remèdes
dilués dans l'eau afin de la comparer avec celle des doses sèches.
La 5ème édition de l'Organon fut publiée par
Samuel Hahnemann dans l'année 1833. Elle fut suivie par la
publication de la 3ème, 4ème, 5ème éditions des Maladies Chroniques respectivement en 1835, 1837
et 1839. Dans ces manuscrits indissociables, il développe le
sixième niveau du système homéopathique. Dans les aphorismes
285, 286, 287 et 288 il établit clairement sa vision : les
remèdes dilués dans les solutions aqueuses apportent des résultats
supérieurs à l'utilisation des granules sèches. C'est la
conclusion finale de plusieurs années d'expérimentations avec
les deux méthodes. Voir le paragraphe 286.
"Par la même raison, l'effet d'une dose homéopathique
s'accroît en proportion de la masse du liquide dans lequel on
la dissout pour la faire prendre au malade, quoique la
quantité de substance médicinale reste la même. Mais alors le
remède se trouve mis en contact avec une surface beaucoup plus
étendue, et le nombre des nerfs qui en ressentent l'effet est
plus considérable. Quoique les théoriciens prétendent qu'on
affaiblit l'action du médicament en étendant sa dose d'une
grande quantité de liquide, l'expérience dit précisément le
contraire, au moins pour ce qui concerne les moyens homéopathiques"
Au même moment, Hahnemann offre un détail critique de plus
dans le paragraphe 287 qui est essentiel pour cette nouvelle méthode. Il s'agit ici de l'importance de sucusser la solution médicinale
avant l'administration de la même façon que l'on secoue la
dynamisation homéopathique lors de la préparation de solutions
mères. Dans la note de ce paragraphe, Hahnemann précise que
quel que soit le nombre de secousses 1, 2, 3, jusqu'à 10 ou
plus, cela augmentera progressivement la dynamisation de la
solution aqueuse de remède.
De cette solution, une ou plusieurs cuillères à café
seront administrées en tant que dose au patient à chaque fois
que nécessaire. Ainsi, l'homéopathe obtient-il une solution
plus puissante qui pénètre plus profondément dans l'organisme
que les doses sèches, tout en ayant un action plus douce du remède
sur la force vitale. C'est l'une des principales façons
d'ajuster la dose en fonction de la sensibilité et de la
constitution de chacun. Hahnemann précise cette méthode à
travers l'aphorisme 287 quand il conseille aux homéopathes
d'utiliser leur propre expérience pour se guider dans
l'ajustement des doses à prescrire. Voir l'Organon,
".....chacun sera capable de juger par lui-même comment
procéder à la régulation des doses de médicaments homéopathiques
lorsqu'ils désirera réduire leur puissance d'action autant que
possible afin de les faire supporter aux plus sensibles de leurs
patients."
La solution de remède devra être secouée un nombre de fois
approprié juste avant l'ingestion de façon à l'harmoniser
avec la sensibilité individuelle du patient. La plus sensible
des constitutions pourra nécessiter une seule secousse, pour
les types moins sensibles il en faudra 10 ou plus avant
d'obtenir une réponse. Le nombre moyen de secousses suggéré
par Hahnemann dans Les Maladies Chroniques est de 5 à 6. De
cette façon il devient possible d'ajuster la dose et la
dynamisation à toutes les sensibilités. Cette méthode est
l'une des meilleures contributions de la 5ème édition.
Les expérimentations de Hahnemann avec les solutions médicinales
le conduisirent à revoir la limite à 30 CH qu'il avait fixée
aux dynamisations dans ses lettres de 1829 et 1832. Il savait à
travers sa propre expérimentation que les remèdes à hautes
dynamisations étaient très puissants mais en même temps il
s'inquiétait au sujet de l'aggravation qu'ils pouvaient causer.
Il était également soucieux que la perte de standards
pharmaceutiques homéopathiques empêche d'uniformiser les résultats.
Certains des proches disciples d'Hahnemann étaient déçus et
parlèrent au Maître de leurs expériences avec les hautes
dynamisations. Ils discutèrent des avantages et des inconvénients
concernant les hautes dynamisations et des répercussions sur
l'avenir de la pratique et de la pharmacie homéopathique.
Après de profondes considérations, le Dr. Hahnemann décida
d'apporter son soutien public (voir 5ème édition de
l'Organon) au mouvement pour les hautes dynamisations, mais avec
certaines mises en garde au sujet de leur usage. Dans la note du
paragraphe 287, il pose sa propre expérience de l'utilisation
de la 60ème, 150ème et 300ème centésimale. Le fait que les solutions médicamenteuses et
l'utilisation des hautes dynamisations soient introduites en même
temps dans l'Organon montre que Hahnemann travaillait dur pour
perfectionner la méthode homéopathique. Avec les solutions médicamenteuses
il pensait avoir à présent le moyen de contrôler la puissance
des très hautes dynamisations.
Un autre apport important de la 5ème édition de
l'Organon : Hahnemann y révise son point de vue sur la répétition
de la dose. Dans la 4ème édition ainsi que dans la
première édition des Maladies Chroniques, il insiste sur la
dose unique et la philosophie du "attendre et voir".
Dans les aphorismes 245, 246 et 247 de la 5ème édition
de l'Organon, Hahnemann introduit ce qu'il appelle le "juste
milieu" concernant la méthode de répétition du remède.
Hahnemann commence son discours sur la posologie en clarifiant
sa propre vue de la dose unique et son application au
traitement. Il commence sa nouvelle approche dans le paragraphe
245 : "Toute amélioration qui se dessine
franchement et fait des progrès croissants, dans une
maladie aiguë ou chronique est un état qui, aussi longtemps
qu'il persiste, interdit formellement la répétition d'un médicament
quelconque, parce que celui dont le malade a fait usage continue
encore à produire le bien qui peut en résulter. "
Remarquez les mots franche et croissante qui
qualifient l'amélioration. Chaque fois qu'il y a une nette réaction
engendrée par la prise de la première dose du remède homéopathique
il n'est pas nécessaire de la répéter tant qu'un l'effet
dynamique progresse. Si la dose est répétée dans ce cas alors
elle interférera avec la réaction de la force vitale et
interrompra la cure. Malheureusement, des résultats aussi
merveilleux ne sont pas si fréquents, spécialement dans les
cas de maladies chroniques complexes. Beaucoup de patients
atteints de ces maladies chroniques ne se ne s'améliorent que
lentement sur des périodes de plusieurs mois ou plusieurs années
sous l'influence du remède constitutionnel. Que faire pour accélérer
la guérison ? Hahnemann éclaircit la situation dans le
paragraphe 246 de l'Organon.
"Il arrive bien quelquefois, quand la dose du médicament
homéopathique est très exiguë, que, si rien ne trouble le remède
dans son action, il continue lentement à améliorer l'état
du malade, et accomplit, en quarante, cinquante, cent jours,
tout le bien qu'on peut attendre de lui. Mais ce cas est rare et il importe beaucoup au médecin comme au malade que cette
longue période soit raccourcie de moitié, des trois quarts, ou
même plus, si faire se peut, afin d'obtenir une guérison
beaucoup plus prompte. Des observations faites depuis peu, et répétées
un grand nombre de fois, nous ont appris qu'on peut arriver à
ce résultat, sous trois conditions".
1. Premièrement le remède bien indiqué devra être
choisi en fonction de la vue de la totalité des symptômes.
2. Deuxièmement, le remède sera utilisé en dose minimale
pour ne pas trop solliciter la force vitale. (Le remède doit
être préparé à partir d'une, rarement de deux globules
dans une solution aqueuse. Voir les aphorismes 285, 286, 287
et 288 de l'Organon).
3. Troisièmement, le remède pourra être répété à
intervalles appropriés pour accélérer la cure s'il est nécessaire,
sans produire d'aggravation.
Hahnemann était déçu par les cas qui montraient seulement
une lente amélioration, puisque les règles édictées dans la
4ème édition de l'Organon ne donnaient aucun moyen pour accélérer
la cure. Il était mécontent d'avoir à attendre l'apparition
des symptômes avant de pouvoir répéter le remède dans les
cas qui progressaient lentement. C'était prendre trop de temps
pour obtenir une guérison et cela poussa le bon Docteur à
faire de nouvelles expérimentations car il devinait l'existence
d'une meilleure alternative.
Le Maître homéopathe commença donc une série de nouvelles
expérimentations avec l'objectif de surmonter les obstacles qui
s'opposaient à une guérison prompte, douce et durable. Dans la
note du paragraphe 246, Hahnemann appelle sa méthode le "juste
milieu" en référence au point d'équilibre entre une
seule et unique dose d'un coté et la routine de la répétition
des remèdes de l'autre. La nouvelle maxime sur la posologie énonce
que tant que la première dose produit une nette amélioration,
il n'est pas nécessaire de répéter. D'autre part, si
la première prise n'entraîne qu'une lente amélioration, le
remède peut être répété à intervalles convenables pour
accélérer la cure.
Cette nouvelle méthode n'est praticable que si le remède
est préparé en solution aqueuse et donné en "doses
fractionnées". Si l'homéopathe utilise encore des
granules sèches alors il devra suivre les règles évoquées
dans la 4ème édition de l'Organon. Cela signifie
que l'homéopathe ne peut répéter le remède que lorsque sont
réapparus les symptômes même si l'amélioration se fait
lentement.
Avec les remèdes en solution aqueuse, par contre, le remède
peut être répété à intervalles réguliers aussi longtemps
que le patient s'améliore sans aggravation. C'est ainsi que
la cure peut être réduite à la moitié ou au quart du temps nécessaire
avec des doses sèches. Nous venons de voir certaines des
directives dans la 5ème édition de l'Organon sur la
méthode avancée d'utilisation des centésimales, cette méthode
ouvre le pas sur les méthodes de la sixième édition et
l'utilisation des dynamisations LM.
Pour savoir comment répéter correctement la dose, Hahnemann
déclare que l'homéopathe doit avoir une connaissance parfaite
de trois points essentiels : la nature du remède, la
nature de la constitution et celle de la maladie.
1. L'homéopathe devra étudier les caractéristiques
propres de l'action du remède, de sa durée et de sa
profondeur d'action. En général, les remèdes préparés à
partir de plantes non toxiques ont une action plus brève et
plus douce. Les remèdes minéraux agissent souvent en
profondeur avec une action de longue durée. Les minéraux
nutritionnels tendent à une action plus douce que les minéraux
toxiques. Les plantes toxiques, minéraux toxiques et nosodes
demandent plus d'attention dans leur utilisation et l'homéopathe
devra être vigilant quant aux dynamisations et aux répétitions
du remède.
2. L'homéopathe devra étudier la constitution physique et
le tempérament psychologique du patient ainsi que les
facteurs auxquels il est susceptible. Les sujets aux
mouvements rapides, nerveux, allergiques ou instables émotionnellement
sont habituellement plus sensibles que ceux qui se meuvent
lentement, calmes, et d'une nature généralement plus tolérante.
L'état de la sensibilité constitutionnelle devra être pris
en compte soigneusement si l'homéopathe veut prévenir les
aggravations et les complications.
3. L'homéopathe devra percevoir la nature des maladies
aiguës et chroniques ainsi que leurs cycles. Généralement,
les troubles au développement rapide, les tendances hyper réactives,
les allergies et l'irritabilité nerveuse sont plus réactifs
que ceux de nature lente, progressive ou insidieuse. Les cas
de pathologies avancées ou de vitalité affaiblie sont
souvent plus sensibles aux remèdes que lorsqu'il s'agit de désordres
fonctionnels sur un fond de bonne santé générale.
Si l'homéopathe comprend ces trois aspects, il lui sera aisé
de répéter les remèdes homéopathiques quand c'est nécessaire.
Hahnemann a introduit trois révélations dans la 5ème édition,
l'introduction des hautes dilutions,
l'utilisation en solution,
et la répétition du remède à intervalles réguliers
quand nécessaire.
Sous cet aspect, la 5ème édition brise les
limites des éditions précédentes : Hahnemann arrête de
restreindre l'utilisation des dynamisation à 30 CH, il
circonvient les obstacles liées aux doses sèches, il en
termine également avec les restrictions au sujet de la répétition
du remède et l'autorise quand cela est nécessaire pour accélérer
la cure.
Fin du Chapitre 1
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