Nausées, vomissements (A la fibroscopie oeso gastrique :
gastrite folliculaire avec érosions aphtoïdes évoquant une gastrite
" varioliforme ")
augmentation isolée des transaminases 2 à 3 N.
Plusieurs épisodes d'occlusion du grêle traités par aspiration.
Il n'est évidemment pas question de se substituer au chirurgien
dans une occlusion vraie (3 grandes causes : Cancer colique 65% des
cas, sigmoïdite 20% et volvulus du colon pelvien 5 %) Mais cette
rubrique est fort utile dans les iléus réflexes. En l'absence
d'examens complémentaires, un excellent signe clinique permet de départager
les occlusions vraies des iléus réflexes, il s'agit de
l'auscultation de l'abdomen qui retrouve des bruits dans
l'occlusion et un silence dans l'iléus. C'est dans ce dernier cas
que cette rubrique trouve tout son sens.
parfois constipé, parfois alternance de diarrhée et de
constipation.
Urine plus souvent la nuit que le jour (signe habituel de
tubulopathie mais absente ici)
VESSIE/ miction/ fréquente la nuit/ rare le jour Bor, Thér. et
Solidago
Péricardites à rechute.
THORAX/ Inflammation/cour, péricardite
THORAX/ Epanchement/ péricarde
GENERALITES/ Epanchements
GENERALITES/ Inflammation/ séreuses
Membres
Démarche ataxique (inexpliquée par le bilan neurologique)
Hippocratisme digital
Hyper transparence osseuse étonnante chez un homme jeune
Douleurs osseuses et arthralgies récidivantes de type inflammatoire
Peau
Pigmentation
Dermatite herpétiforme
PEAU/ éruptions/ vésicules/prurit
PEAU/ éruptions/ vésicules/
inflammatoires
DOS/ éruption/ lombaire - coccyx -
sacrum
PEAU/ éruptions symétriques (+ ajouts
de Dominique Viola sur le site Planète-Homéo)
La dermatite herpétiforme peut être rapprochée de la gastrite
varioliforme vu plus haut.
Rhus-t, Anac, Canth.
Généralités
Asthénie chronique
Amaigrissement ; lipodystrophie partielle avec fonte du tissu
adipeux au dessus de la ceinture, les membres inférieurs gardant un
aspect normal.
GENERALITES/Amaigrissement/ haut en bas,
progresse de : Calc, cench, lyc, nat-m, psor, sanic,sars.
L'inverse : GENERALITES/Amaigrissement/bas
en haut, progresse de : Abrot, Arg-n.
Epilepsie (A la radio du crâne : calcifications cérébrales
comme dans la maladie de Strurge Weber, mais où il existe généralement
un angiome de l'hémiface dans le territoire du trijumeau) 567
rubriques concernant le Convulsions dans le répertoire.
Biologie
Signes d'hyposplénisme : Hyperleucocytose à 20000 mal
expliquée, thrombocytose, corps de Joly intra erythrocytaires. La
scintigraphie splénique objective une absence de rate fonctionnelle.
Anémie microcytaire ferriprive, hypocholestérolémie, hypocalcémie
et hypocalciurie
Baisse du taux de prothrombine (1-2-5-7-10) avec un facteur V normal.
Cas n°2 (début)
femme de 84 ans
hospitalisée avec le diagnostic de misère physiologique, confusion
et probable déshydratation.
HTA et insuffisance cardiaque traitée par Aldactone° et furosémide
20
RGO par HH traitée par IPP (Inipomp°)
PTH droite pour coxarthrose
surdité majeure (intervention chirurgicale sur l(oreille moyenne
dans l'enfance)
édentée
grabatisation indue, en tout cas non expliquée par la famille qui
l'entoure admirablement, repas livrés à domicile, un fils passe ses
nuits auprès d'elle depuis des semaines.
A l'examen, hématomes multiples des membres inférieurs ( qui sera
suivi sous peu d'un volumineux hématome de la cuisse et d'un hématome
spontané en lunettes).
La patiente se plaint en permanence, la mobilisation des membres est
douloureuse en dépit du traitement antalgique entrepris. Odème des
membres inférieurs ne prenant pas le godet, une certaine sécheresse
des téguments.
Examens complémentaires :
anémie modérée (Hb=10 g/l) régénérative, macrocytaire (VGM=101
femtolitres)
Pas de carence martiale, Vit B12 et folates normaux, phosphore et
calcium normaux
Temps de saignement et bilan de l'hémostase normaux.
Albuminémie à 30,5 g/l.
Nous sommes en présence d'un tableau d'hématomes spontanés
et d'un bilan d'hémostase normal.
Plusieurs rubriques répertoriales peuvent venir à l'esprit.
L'interrogatoire sur les désirs et aversions alimentaires est
difficile mais révèle que cette femme présente une véritable
compulsion à l'égard des rillettes dont elle fait une consommation
quasi exclusive depuis plusieurs semaines.
Un seul remède est prescrit et 10 jours plus tard les hématomes
disparaissent, la malade souffre considérablement moins, son état général
s'est incroyablement amélioré, elle est moins anxieuse, moins repliée
sur elle même, elle accepte de regagner son domicile et nous apprenons
15 jours plus tard que l'amélioration s'est poursuivie.
cas Celia (fin)
Il s'agit d'une maladie coliaque de l'adulte. Cette affection
correspond à une intolérance au gluten et à la gliadine. Si le
diagnostic est couramment posé dans les formes infantiles, il l'est
beaucoup plus difficilement chez l'adulte où une fois sur deux, il
n'y a aucun signe d'appel digestif. La présentation sur un mode hématologique
est fréquente (anémie micro ou macrocytaire ou dimorphe), la diarrhée
et la stéatorrhée ne sont présentes que dans 25% des cas si bien que
le diagnostic n'est souvent posé qu'après 60 ans.
Une fois le diagnostic évoqué, il est facile de doser les Ac
anti-gliadine et surtout anti-endomysium (en vérifiant toutefois
qu'il n'existe pas une carence en IgA totales) et l'habitude reste
encore de confirmer le diagnostic par une biopsie jéjunale qui
objective l'atrophie villositaire duodéno-jéjunale.
Le régime sans gluten strict entraîne une régression rapide
des signes cliniques (quelques semaines), plus lente de l'atrophie
villositaire (environ 1 an) et réduit significativement le risque de
lymphome du grêle.
céréales interdites : Seigle, Avoine, Blé, Orge (retenir SABO)
céréales autorisées : riz, maïs millet, soja, sarrasin.
Nous voyons qu'il est intéressant de laisser parler le patient
sans chercher à l'interrompre, car lui demander de modaliser ses
symptômes dès l'anamnèse spontanée indique que le praticien a déjà
mis sa casquette d'homéopathe avant même de s'être assuré du
diagnostic et de l'indication d'une thérapeutique non homéopathique
(ici diététique, ailleurs ostéopathique, psychanalytique,
allopathique ou autres.)
L'homéopathie présente ici un intérêt tout à fait remarquable
dans la mesure où elle permet de cibler la population susceptible d'être
concernée par ce diagnostic. La connaissance ou la simple lecture des
rubriques qui se déroulent tout au long de la biographie symptomatique
d'un tel malade mettent en exergue un petit nombre de remèdes :
Silicea, Natrum Mur, Borax, Sanicula, Ars-A.dont l'indication chez
une personne de 65 ans présentant des symptômes d'appel doivent nous
mettre la puce à l'oreille et nous faire prescrire un test de dépistage
biologique.
cas n°2 (fin)
L'association d'hématomes spontanés et d'un bilan d'hémostase
normal fait évoquer un scorbut, d'autant plus que l'interrogatoire
de l'entourage précise que la patiente ne consommait plus de fruits
depuis plusieurs semaines (elle préférait nettement les tartines aux
rillettes).
Après demande d'un dosage de vitamine C sérique (ascorbémie), un
traitement par vitamine C oral (1000mg/24heures en deux prises) est
entrepris.
Ce dosage (en chromatographie liquide haute performance) est effondré
< 6 µmol/l (N = 45 à 90).
Après quelques jours de traitement, l'état général de Madame F.
s'améliore, elle est moins anxieuse, moins repliée sur elle-même,
souffre moins et les hématomes ont tendance à s'estomper. Elle
accepte de regagner le domicile de ses enfants et nous apprenons que
l'amélioration se poursuit 15 jours après ce retour.
Merci au Dr Christian Gauchotte de m'avoir permis de présenter ici
cette observation qui doit paraître incessamment dans les annales de gériatrie.
La notion de " cause
occasionnelle " dans l'Organon et perspectives d'avenir.
Même si l'homéopathe connaît un excellent remède de douleurs
aiguës piquantes du pied, améliorée par les applications froides,
celui ci ne mettra en route son mécanisme de prescription homéopathique
qu'après avoir vérifié qu'il n'y a pas un clou fiché dans la
plante du pieds. Ce qui apparaît caricatural dans cet exemple, l'est
parfois moins dans d'autres et les deux histoires cliniques relatées
recoupent en partie la notion de cause occasionnelle qu'Hahnemann a
bien développée. Cette notion constitue une des raisons majeures
justifiant l'impérieuse nécessité d'une solide formation médicale
préalable à l'étude de la thérapeutique homéopathique, rappelant
si besoin en est l'impérative obligation de poser un diagnostic
positif, différentiel et étiologique avant de double cliquer des
rubriques répertoriales.
Certes, il est toujours possible de se rattraper à posteriori comme
l'indique Hahnemann :
Organon 6° éd. § 252.- Mais si, en dehors des médicaments
à effets alternants, on constatait, dans une maladie chronique, que
le remède homéopathique le mieux choisi, donné à la dose
convenable (la plus exiguë) ne procure pas d'amélioration, ce
serait un indice certain qu'il existe une cause occasionnelle
entretenant encore la maladie, et qu'il y a, dans le genre de vie du
malade, ou dans ce qui l'entoure quelque circonstance qu'on doit
commencer par écarter, si l'on veut rendre la guérison.
Cependant, il est tout de même plus élégant de procéder dans
l'ordre et de poser un diagnostic avant de traiter. A cet égard, il
est envisageable d'intégrer au PCKent une option permettant
d'afficher une série de diagnostics à évoquer avant d'utiliser
certaines rubriques.
Imaginez un patient atteint d'une maladie de système dont la
corticothérapie est en phase décroissante (ex. Prednisone 7mg) et qui
subit une agression quelconque le mettant en insuffisance surrénalienne.
L'apparition du symptôme :
ESTOMAC/ Désir/ salées, de choses
doit impérativement faire tilt car il y a un danger vital à ne pas
supplémenter en hydro cortisone ce malade qui est visiblement en
insuffisance surrénalienne aiguë.
La rubrique sera indexée d'un message rappelant clairement que ce
signe peut être un indice de maladie d'Addisson ou d'insuffisance
surrénalienne .
De la même façon, la rubrique
YEUX/ tuméfaction/ paupières/ odème
sera indexée d'un message rappelant qu'il est utile d'évoquer :
- un syndrome nephrotique (odème des paupières < le matin et odème
des chevilles < le soir) - une hypothyroïdie - une dysglobulinémie
(amylose primitive, myélome) - une connectivite (lupus ou
polydermatomyosite) - une trichinose en cas de fièvre - un virus EB
(si odème fugace 2 à 3 jours chez un enfant)
Conclusion
La recherche d'une cause occasionnelle et plus généralement
d'un diagnostic est un préalable indispensable à une bonne pratique
de la médecine homéopathique. Elle oblige à se poser la question de
l'indication thérapeutique. L'homéopathie a tout à gagner à être
prescrite à bon escient et le malde sort grand bénéficiaire de cette
approche de bon sens.
*praticien hospitalier, service de gérontologie B, Centre Félix Maréchal,
CHR de Metz-Thionville, Metz (57000).