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Mythes et Liliacées

Par le Dr. Pierre Popowski

Les Liliacées sont une grande famille que Boger divise en trois :

1 - Le groupe catarrhal : Allium cepa, Allium sativum, Squilla maritima.

2 - Le groupe génito - urinaire : Lilium tigrinum, Helonias, Trillium, Asparagus.

3 - Le groupe gastro - intestinal : Aloe, Veratrum, Squilla, Lilium tigrinum.

De plus, cette famille comprend : Allium porum (le poireau), Colchicum autumnale, Convalaria majalis (muguet), Polygonatum vulgare (Sceau de Salomon).

Tous les membres de la famille des Liliacées, en particulier l'oignon et l'ail, concentrent le soufre organique dans leurs bulbes.

Allium sativum (Boericke)

(Garlic)
Ail

Agit directement sur les muqueuses intestinales, en augmentant le péristaltisme. Colites avec flore anormale. Il a des propriétés vasodilatatrices. Une hypotension artérielle se déclare habituellement 30 à 45 minutes après l'administration de 20 à 40 gouttes de la teinture mère. Convient aux sujets corpulents souffrant de dyspepsie et d'affections catarrhales. "Bons vivants". Patients qui mangent beaucoup plus, en particulier de la viande, qu'ils ne boivent. Douleur dans la hanche, dans les psoas et les muscles iliaques. Tuberculose pulmonaire. La toux et les expectorations diminuent, la température redevient normale, le poids augmente et le sommeil devient régulier. Hémoptysie.

Tête

Pesante ; battement dans les tempes ; surdité catarrhale.

Bouche

Salive sucrée abondante, après les repas et pendant la nuit. Impression d'avoir un cheveu sur la langue ou dans la gorge.

Estomac

Appétit féroce. Éructations brûlantes. Le moindre changement de régime alimentaire provoque des troubles. Constipation, avec des douleurs sourdes et constantes dans les intestins. Langue pâle avec papilles rouges.

Appareil respiratoire

Raclements permanents de mucus dans les bronches. Toux le matin après avoir quitté sa chambre, avec expectoration de mucus tenace et difficile à évacuer. Sensibilité à l'air froid. Dilatation des bronches avec expectoration fétide. Point de côté.

Appareil génital féminin

Gonflement douloureux des seins. Éruption dans le vagin, sur les seins et la vulve pendant les règles.

Relations

Allium Sat., selon le Dr. Teste appartient au groupe de Bryonia, comprenant Lycopod., Nux., Coloc., Digital et Ignatia, lequel affecte profondément tous les animaux carnivores et à peine les végétariens d'où leur destination particulière aux carnivores plutôt qu'aux végétariens exclusifs.

Comparer : Capsicum; Arsenic; Senega; Kali nit.

Complémentaire : Arsenic.

Antidote : Lycopod.

Posologie

De la 3e à la 6e dynamisation. Pour la tuberculose prescrire de 4 à 6 grammes par jour en plusieurs prises, le produit étant modérément desséché.

 

Allium sativum (DUPRAT)

(Ail. F. des Liliacées)

I. ACTION GENERALE

Allium sativum porte son action élective sur les muqueuses en général et sur le tube digestif en particulier. Les muqueuses présentent un état d'irritation chronique traduisant la diathèse herpétique (Pétroz). Dans la sphère digestive, en même temps que ce même état d'irritation, on observe des troubles fonctionnels chroniques de caractère asthénique.

Ce remède correspond aussi à des défauts de croissance portant spécialement sur les membres inférieurs.

Allium sativum influence plus spécialement les carnivores chez lesquels il agit davantage que chez les herbivores. Il est ainsi plus souvent indiqué chez les gros mangeurs de viande.

Son action est aiguë, mais surtout chronique.

II. TABLEAU INDIVIDUEL CARACTERISTIQUE

A. - TYPOLOGIE

PSYCHIQUE :

Sujets impatients, anxieux, tristes dans la solitude; manifestant des peurs diverses : peur de ne pas guérir, de ne pouvoir supporter les remèdes, d'être empoisonné.

PHYSIQUE :

Sujets corpulents, à chair ferme, disposés à l'obésité, herpétiques; gros mangeurs, surtout de viande, petits buveurs; déréglés dans leur digestion gastro-intestinale par le moindre écart de régime ; ayant des lèvres sèches.

Femmes :

Réglées en avance et trop; pendant les règles endolorissement et irritation de la vulve et de la peau des cuisses, seins douloureux et gonflés.

 

B. - MODALITES ET REACTIONS CARACTERISTIQUES

AGGRAVATION :

Par le temps froid humide; les changements de temps (douleurs des membres); la chaleur humide; au grand air (troubles thoraciques respiratoires); au réveil le matin.

CAUSALITES:

Absorption d'eau corrompue; gloutonnerie.

SENSATIONS :

Expansives; douleurs élançantes, piquantes, déchirantes; douleurs parfois augmentant et diminuant graduellement; sensation d'un cheveu sur la langue.

DESIRS ET AVERSIONS :

Désir de beurre, de viande.

C. - SYMPTOMES GUIDES

Vertige en fixant longuement un objet. Céphalée lourde avec difficulté pour ouvrir les yeux; vertige et céphalée soulagés à la venue des règles et revenant après; céphalée avec pesanteur à l'occiput, le matin au réveil, étant couché sur le dos. Battements dans les tempes. Conjonctivite catarrhale se manifestant la nuit; en essayant de lire. Langue pâle avec papilles rouges; plus sèche pendant la nuit; ou bien lisse avec papilles effacées. Salivation douceâtre; plus abondante après les repas. Sensation de mucus collant dans la gorge. Digestion troublée par les moindres écarts alimentaires. Pesanteur de pierre dans l'estomac. Eructations brûlantes. Sommeil après les repas. Douleurs de la région abdominale et au colon descendant; coliques flatulentes; douleurs intestinales violentes à chaque pas. Sensation que tout est tiraillé vers le bas de l'abdomen. Démangeaison et sensation de chaleur et de muqueuse à vif dans le larynx. Coryza avec pression à la racine du nez. Toux en fumant; toux avec fétidité de l'air expiré. Expectoration muqueuse abondante; ou gélatineuse et difficile, fétide. Gonflement douloureux des seins après le sevrage. Electivité pour la hanche; douleurs dans le psoas et les muscles iliaques aggravées par les moindres mouvements du membre. Jambes moins développées que le reste du corps. Peau sèche, ridée; tendue sur les articulations. Dartres (herpès) aux chevilles. Desquamation des mains. Chaleur sèche au dos des mains; moiteur dans les paumes. Pleurs pendant le sommeil.

III. CORRESPONDANCES CLINIQUES

Maladies générales

Irritations herpétiques chroniques; diabète sucré.

Système nerveux

Céphalée digestive, arthritique.

Yeux et oreilles

Conjonctivite catarrhale. Otite catarrhale chronique; surdité.

Tube digestif

Gingivite; scorbut; stomatite; salivation. Boulimie; dyspepsie chronique (gens âgés); pyrosis; dyspepsie intestinale; entéralgie; coliques flatulentes ; constipation et diarrhée; vers.

Appareil respiratoire

Coryza sec ou fluent; enrouement; trachéite; catarrhe bronchique chronique; bronchite fétide. Asthme périodique; emphysème; tuberculose pulmonaire.

Organes génito-urinaires

Ménorragie; leucorrhée; vulvite; mammite.

Appareil locomoteur

Rhumatisme; arthrite des hanches ; coxalgie; entorse; panaris.

Peau

Eruptions herpétiques; prurit; chute des cheveux; pellicules.

Doses

Toutes dilutions depuis la troisième.

IV. L'ESSENTIEL POUR LA PRESCRIPTION

1. - GENIE DU REMEDE :

PETROZ attribue une grande importance à Allium sativum dans les manifestations de la diathèse herpétique, arthritique, chez les dyspeptiques chroniques, gros mangeurs, carnivores.

2. - SYNDROMES DOMINANTS :

a) syndrome herpétique : peau, muqueuses oculaire, respiratoire, digestive.

b) syndrome de dyspepsie gastro-intestinale chronique.

c) syndrome coxofémoral : arthrite et périarthrite.

3. - LE MALADE :

Sujet corpulent, herpétique, gros mangeur, surtout de viande; à lèvres sèches.

4. - CARACTERISTIQUES GENERALES ET MODALITES PRINCIPALES :

Aggravation : Par le froid et la chaleur humide. Troubles causés par l'absorption d'eau corrompue, par la gloutonnerie.

5. - SYMPTOMES SIGNALETIQUES

Irritation conjonctivale se manifestant la nuit et en essayant de lire. Langue pâle à papilles rouges, ou bien lisse avec des papilles effacées; sensation d'un cheveu sur la langue. Salivation abondante après les repas ; sensation de mucus collant dans la gorge. Digestion troublée par les moindres écarts alimentaires. Toux en fumant, toux avec fétidité de l'air expiré. Jambes moins développées que le reste du corps. Peau sèche, ridée, dartres aux chevilles, desquamation des mains.

V. RELATIONS

Comparer : Allium c., nAlum., Ars., Bry., Capsi., Carbo. v., Colo., Hydr., Kali. bi., Kali. nit., Natr. m., Ornithog., Senega.

Complémentaire : Ars.

Incompatible : Alo., Allium c., Scilla.

Antidoté par : Lycopodium.

 

ALLIUM SATIVUM (All-s., VERMEULEN)

COMPARER

Sulphur. Lycopodium. Arsenicum. Phosphorus. Nux vomica. Carboneum sulphuratum.

REGION

Digestion. Circulation. Respiration.

SYMPTÔMES GUIDES

M - Impatient et agité ; doit bouger ; impulsion à courir.

M - < Par la solitude (tristesse ; peur ; agitation)

G - Convient aux personnes qui mangent beaucoup plus qu'ils ne boivent.

G - Carnivores. " Remède de routine pour les gens qui mangent beaucoup de viande. Ils aiment tout ce qu'ils mangent et en reprennent. Ils ont souvent tendance à la calvitie. " (Vrijlandt)

G - Suite de gloutonnerie. "Convient aux personnes bien en chair, bons vivants, qui sont prédisposés aux excès de table " (Clarke) (Comp. Avec l'histoire d'Ulysse qui échappe à la magie de Circé qui voulait le transformer en porc).

G - Frileux. " Sensation de froid pendant le sommeil, qui le réveille fréquemment " (Hering).

G - < Par le temps froid et humide.

G - < Après manger. (= pierre dans l'estomac ; eructations brûlantes ; somnolence ; coliques flatulantes ; salivation abondante douceâtre).

G - Sensation d'un cheveu (sur la langue ; sur le visage ; dans la gorge). Comparer avec les " douleurs comme un fil " d'Allium cepa. Voir aussi l'étymologie de garlicgar signifie une lance. R. P.

G - Douleurs expansives : pression du dedans au dehors (comp. Asaf). INCARCERATION DE GAZ ; douleur pressante à l'épigastre liée à une distension du côlon transverse > assis penché en avant et couché.

G - Pendant les règles : endolorissement de la vulve et des cuisses, gonflement des mammelons qui sont douloureux au toucher.

P - Céphalées pesantes, peut à peine ouvrir les yeux. >à l'apparition des règles, < après. & Etourdissement.

P - Coryza, humide, sec, fluide, fluent. & Douleurs pressives au dessus de la racine du nez.

P - Dyspepsie chronique chez des personnes agées et rougeaudes, bien en chair, à l'intestin dérangé par au moindre écart de régime (Teste).

P - Dyspepsie chronique des mangeurs de viande. & Langue rouge pâle et dépapillée.

P - Constipation. & Douleurs, endolorissement des intestins (par incarcération de gaz dans le côlon descendant). < En marchant.

P - Gonflement des seins après sevrage.

P - Faiblesse des jambes, < genoux. Les membres inférieurs ne grandissent pas aussi vite que le reste du corps (Hering). Particulièrement dans les cas de malnutrition et de constipation chez l'enfant.

P - Rhumatisme des HANCHES.

RUBRIQUES

PSYCHISME : Désespoir de guérir (1). Rêves, qu'il change de place souvent (1) ; qui se poursuivent après le réveil (1) ; d'orages, de tempêtes (1) ; d'eau (2) ; peur de la solitude (1) ; d'être empoisonné (1). Gloutonnerie (1). Agitation quand il est seul (1). Tristesse quand il est seul (1).

VERTIGE : Vertige par effort visuel (1). Vertige en regardant fixement (1).

TÊTE : Lourdeur après les règles (1 ; Nat - m.). Douleur de l'occiput le matin (2) ; de l'ociput le matin au lit en étant couché sur le dos (2 ; Bry.).

BOUCHE : Sécheresse de la langue la nuit (1). Mauvaise haleine pendant la toux (1 ; Caps.). Salive sucrée (2) ; sucrée après les repas (1/1). Salivation après les repas (2).

ABDOMEN : sensation de lourdeur dans l'hypogastre après manger (1/1). Gargouillements, le matin au lever (1).

RECTUM : Diarrhée au moindre changement de régime (1 ; Nux - v.).

VESSIE : Miction involontaire chez les vieillards à la prostate hypertrophiée (2).

URINE : Sédiement marron, foncé (2).

ORGANES GENITAUX FEMININS : Prurit du vagin pendant le grossesse (1 ; Calad.). Douleurs brûlantes du vagin pendant les règles (1).

RESPIRATION : Respiration difficile par pression sur le sternum (1).

TOUX : Toux sèche en mangeant (1) ; en fumant (1). La toux semble venir de l'estomac (1 ; Bry.). Toux en se penchant en avant (1).

EXPEXTORATION : Filante (1 ; Kali - bi.).

POITRINE : Eruption des mammelons pendant les règles (1/1). Oppression de la poitrine en dormant (1 ; Lach.).

EXTREMITES : Chaleur du dos des mains (1). Chocs dans les pieds pendant le sommeil (1).

SOMMEIL : Somnolence après les repas (1). Bâillements en dormant profondément (1).

ALIMENTS

Aversion : Viande (1).

Désirs : Beurre (1) ; viande (1) ; onions crus (1).

Aggravation : par les boissons froides (2) ; par la viande (1).

 

ALLIUM SATIVUM. Rubriques " remède unique " des répertoires.

PSYCHISME

Peur des médicaments, d'être incapable de supporter n'importe quel médicament

Désir ardent pour des choses qui sont repoussées quand on les propose, l'après midi

OIL

Inflammation, la nuit

NEZ

Douleurs piquantes des ailes du nez, à leur union avec le visage, côté gauche

ABDOMEN

Douleurs déchirantes à chaque pas

VESSIE

Ulcérations, provoquées par des calculs

Besoin impérieux d'uriner, permanent, vessie distendue, avec passage de quelques gouttes seulement

APPAREIL GENITAL FEMININ

Eruptions, pustules, pendant les règles

TOUX

En penchant la tête

Paroxystique, en fumant

DOS

Fatigue, région lombaire, en marchant, l'enfant n'apprend pas à marcher

MEMBRES

Dartre, cheville

Douleur de la hanche en croisant les jambes

Secousses musculaires, fasciculations, pendant la fièvre

SOMMEIL

Rêves de rapides déplacements d'un endroit à un autre

 

MYTHOLOGIE - SYMBOLISME.

L'ail a toujours été une plante chargée de magie, en Orient comme en Occident, ayant la faculté de repousser les âmes perdues. Depuis plus de 7000 ans la tradition le lie aux croyances populaires. Il est même cité dans l'Ancien Testament, dans Nombres, XX, 5 :

" Pourquoi nous avez - vous fait monter de Misraïm, pour nous faire venir en ce lieu de mal ?

Non pas un lieu de semences ( de semailles " sème-ail " ?, voir l'étymologie), de figue, de vigne, de grenade ;

Et pas d'eau pour boire ! "

 

L'ail est cultivé depuis la plus haute antiquité et les Egyptiens en ont fait une plante sacrée. Les esclaves qui construisaient les pyramides en recevaient une ration journalière.

Plus tard, à Rome, il était interdit de pénétrer dans le temple de Cybèle, déesse de la fécondité, si on avait consommé de l'ail.

En sanscrit, on l'appelle bhûtagna ou tueur de monstres. Dans les croyances populaires de l'Asie Mineure, de la Grèce, de la Scandinavie et de l'Allemagne du Nord, on attribue aussi à l'ail une propriété magique bienfaisante : si on jette de l'ail dans une boisson, on est garanti de tout maléfice. De même, le seul fait de prononcer le mot " ail " conjurait du mauvais sort.

Macer Floridus, rapportant l'opinion de Pline, nous apprend aussi que l'on guérit des morsures venimeuses par l'ail, et que celui - ci protégeait de la folie et éloignait les serpents. De même, si on mange l'ail à jeûn, on est garanti de tous les maléfices qu'on pourrait ressentir en changeant de place ou en buvant une eau inconnue.

Le papyrus Ebers disait que pour empêcher un serpent de sortir de son trou, il suffisait de mettre une gousse d'ail à l'entrée.

A Bologne, le peuple considère l'ail comme le symbole de l'abondance ; à la St Jean, tout le monde en achète, pour se garantir de la pauvreté pendant toute l'année.

En Sicile, on met de l'ail sur le lit des femmes qui accouchent, et on fait trois signes de croix avec l'ail pour chasser le polype.

A Cuba, l'ail est employé contre la jaunisse.

Rabelais disait que l'ail supprimait l'effet des aimants.

De nos jours, la Tradition d'Europe centrale affirme que si on accroche un bouquet d'ail tressé à la tête de son lit, les vampires seront éloignés. Le remède serait aussi efficace qu'une traditionnelle croix. En Italie, on mettait de l'ail près des berceaux pour éloigner les sorcières et les démons.

A Chartres, à l'église St Pierre, où l'on adorait Ste Solenne, le 17 août, on présentait à l'offertoire de la messe une oie blanche avec une gousse d'ail attachée au cou par un fil de soie rouge. La blancheur de l'oie symbolisait la virginité, le fil, le martyre et l'ail le courage.

Hermès conseilla à Ulysse en proie aux enchantements de Circée, de recourir à l'ail - " oignon jaune " ou " yellow garlic " - afin que ses compagnons ne soient pas transformés en pourceaux.

Se pose ici le problème de la mystérieuse " fleur môly "...Les grammairiens ne sont pas parvenus à définir la plante môly d'Hermès. Des auteurs classiques tardifs donnèrent le nom de môly à une sorte d'ail à fleur jaune qui poussait, croyait - on (comme Allium cepa, Squilla maritima et Allium sativum), en lune décroissante et non en lune montante et qui, à cause de cela, servait contre les charmes et la magie lunaire d'Hécate (3, p : 564).

 

Signalons que pour De Gubernatis (2), le môly homérique est à rapprocher du soma indien ; et qu'en tant que tel, il est identifié au dieu Lunus. C'est donc la Lune qui serait " l'herbe magique " qui délivre Ulysse (le Soleil) des ruses de Circé, identifiée à l'Aurore du soir (Médée serait l'Aurore du matin) : " môly, l'herbe lunaire, la lune, vient au secours du héros solaire qui, délivré par une intervention divine, peut achever sa course, son pèlerinage, et regagner son palais " (1, TI p : 250 - 251).

Au total, la richesse en soufre des Liliacées, en particulier de l'oignon et de l'ail, semble pouvoir expliquer l'action pathogénétique et les utilisations traditionnelles des principales Liliacées.

Le soufre a toujours été identifié comme l'élément principal des enfers (voir satan et sata : cultivé, qui donne sativum), l'endroit où se rendent ceux qui ont besoin d'être purifiés. Allium cepa et Allium sativum semblent donc être porteurs du thème de la purification sur le plan physique, à l'instar du soufre qui représente le " soleil noir " des alchimistes. (voir symbolisme du soufre et celui de la croix) :

" ...La colonne, figurant le I de l"esprit, ..., trouve bien sa place ici, puisqu"elle met en communication ce qui est en haut avec ce qui est en bas, le soleil " noir " avec le soleil " céleste " : " ce feu secret est le soleil qui régit le petit monde des sages et qui évertue le second soleil caché au sein de la matière. Semblablement, à l"intérieur du macrocosme, l"astre du jour en haut du ciel, doit - il rester en relation constante avec son frère obscur qui rayonne, qui produit et qui pousse, sans cesse, ses richesses minérales vers l"écorce périphérique supportant avec patience la redoutable société des hommes... " (1)

L'AIL, L'OIGNON, LE SOUFRE ET LA CROIX.

...

ETYMOLOGIE

Sativum vient du latin serere qui signifie semer, planter, ensemencer, répandre , d'où l'on tire sata, orum, les semences, les moissons, les récoltes.

Garlic anglais vient de gar : une lance et lac : une plante, faisant référence à la forme des feuilles.

Odysseus, dont le nom signifie " l"homme en colère ", représente le roi sacré au visage rouge. On l'appelle " Ulysse ", " Ulysses " ou " Ulixes " en latin - mot venant probablement d'oulos = blessure et ischia = hanches - en rapport avec la blessure, faite par la défense de sanglier, que la vieille nourrice avait reconnue lorsqu'il revint à Ithaque. C'était la façon dont mouraient ordinairement les rois que d'être transpercés par un sanglier, mais Ulysse avait, en quelque sorte, survécu à sa blessure (3, p : 565).

Le roi sacré au visage rouge. La vigne était le dixième arbre de l'année sacrée et correspondait au mois de septembre. Il était important car il fournissait une teinture rouge, qu'on utilisait pour colorer les statues mâles de la fertilité et des rois sacrés. A Rome la coutume avait survécu de peindre en rouge le visage du général victorieux, qui représentait le dieu Mars qui était un Dionysos - Printemps avant de devenir le dieu romain de la guerre qui donna son nom au mois de mars. Les souverains britanniques se font légèrement colorer le visage dans les grandes solennités pour paraître bien portants et prospères. En outre, la vigne, comme le lierre grec et le platane, possède une feuille à cinq pointes qui représente la main créatrice de la déesse - Terre Rhéa (3, p : 95).

BIBLIOGRAPHIE

1 - COIA - GATIE A. La Chevalerie errante. La Table d"Emeraude, 1992.

2 - De GUBERNATIS Angelo. Mythologie des plantes. TI et TII. Reinwald et Cie libraires - éditeurs, Paris, 1878.

3 - GRAVES Robert. Les mythes grecs. Fayard, 1958/1967.

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