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DESCRIPTION DU CAS CLINIQUE HOMEOPATHIQUE

Pour ce nouveau cas clinique, nous allons parler d'une affection aiguë un peu particulière car pour une fois, le sujet malade était moi-même.

Le médicament qui m'a tiré d'affaire en moins d'une heure, a agi dès les premières minutes. C'est un remède mal prescrit, mais qui sera inestimable dès qu'on le connaît, et qui plus est certainement l'un de nos meilleurs « jokers » devant toute affaire infectieuse tournant mal.

Je suis tombé malade dans la nuit de dimanche à lundi vers 2 h le 14 nov, avec des vomissements incoercibles, un froid intense au point que rien ne parvenait à me réchauffer, une prostration d'emblée importante, une hypersensibilité sensorielle, l'impossibilité de m'endormir en me sentant toujours sur le point de vomir.

Les vomissements étaient très douloureux, de couleur chocolat, affreusement acides et surtout semblaient adhérer au fond de la cuvette comme si une sorte de dépôt marron y restait collé. A mon sens c'était limite de pouvoir les qualifier de fécaloïdes.

Au matin du lundi, mon état avait encore empiré avec une diarrhée épouvantablement fétide et une faiblesse extrême. Malgré tout je parvins à me traîner jusqu'à mon bureau, mais pour m'écrouler sous un tas de couvertures, grelottant de froid, recroquevillé sur moi-même, mais obligé de bouger tant j'étais endolori de partout. Plus précisément je ressentais le besoin de bouger d'un côté à l'autre comme une sorte de bercement. Pourtant le moindre mouvement aggravait la nausée, le simple fait de me pencher me provoquait une nausée et un spasme de l'estomac presque irrésistible, je ne pouvais tout simplement pas tenir debout.

Þ Je pris donc Colchicum à cause de la sensibilité aux odeurs, l'aggravation par le mouvement et d'autres signes pouvant faire penser à Rhus. Un petit mieux sembla s'instaurer. Je n'étais ni assez agité pour évoquer vraiment Rhus, ni assez grognon pour prendre Bryonia. Au contraire, je me sentais presque d'humeur larmoyante sans bien savoir pourquoi.

Bien que très frileux, mais langue n'était pas chargée et ne marquait qu'à peine l'empreinte des dents, je pouvais difficilement envisager Arsenicum.

Bien que ma température ne soit « que » de 39°, j'avais l'impression d'avoir une fièvre à tout casser, à cause de la chaleur très forte des joues et du fait que je sente si fort battre mon cour. Une sensation assez particulière, puisque ce n'étaient pas des extrasystoles, bien que le rythme cardiaque soit à plus de 110, mais je sentais de partout dans le thorax et presque la face ou les pommettes les battements du cour.

Il fallait absolument que je reste blotti sous mes couvertures tellement j'avais froid, rien que de découvrir une main m'était insupportable.

Je me sentais endolori de partout, comme si j'avais été battu, le ventre comme si j'avais un énorme bleu, les membres comme « cassés ». J'évoquais un instant Arnica : malgré ma prostration, le cerveau semblait pas mal fonctionner, (je n'en étais pas à parler et penser plus vite que d'habitude comme on pourra le lire dans la matière médicale du remède) mais je ne me trouvais pas assez somnolent pour en avoir besoin. Le mal de tête était présent, une sorte de pression constante mais finalement assez bien supportable par rapport à la douleur dans tout le reste du corps et des membres.

Ma bouche était sèche, je ressentais la soif, mais j'avais peur de recommencer à vomir, alors à la fin de la matinée je me décidais à boire une tasse de tisane qui passa bien. C'était rare car d'habitude je bois très froid. De plus je me prenais à rêver de tremper dans un bon bain bien brûlant pour arriver à me réchauffer, ce qui n'est pas une idée qui me vient habituellement.

Comme je me trouvais très confus malgré tout je me décidais à prendre Phosphoric acidum pour me permettre de « dégager le cerveau », cela me semblait ne pas « manger de pain » dans la mesure où je suis soumis à un surmenage constant et que récemment j'avais eu besoin de Nitric acidum pour traiter une angine. Je ressentis un net soulagement de ma confusion et surtout j'eus rapidement les idées plus claires.

Bon, voyons, si c'était une indigestion à cause de mes excès de chocolat je n'aurais pas de tels signes septiques. Au pire ce serait un aliment avarié sachant que j'avais mangé des sushis le samedi soir, mais j'aurais pu avoir plutôt des signes d'Arsenicum dans ce cas. Le vendredi soir je m'étais trouvé glacé en restant dehors un long moment exposé au froid, cela pourrait être aussi le facteur déclenchant, ce qui excluait de toute façon Aconit de par le délai d'apparition. Cela ne pouvait pas être non plus la grippe aviaire car j'avais refusé pour l'instant le poste de plumeur de poulet que j'envisageais pour boucler mes fins de mois.

Ne me demandez pas comment, mais à cet instant mon instinct a inscrit le mot XXXX devant mes yeux. Je suppose que c'est à cause des connaissances qui gisent plus ou moins enfouies dans mon cerveau et je devais être frappé par l'état septique, l'endolorissement général et ma dégradation rapide.

A vous de jouer !


REPONSES CAS CLINIQUE HOMEOPATHIE

Nom : maroger katherine
EMail : katherinemaroger de wanadoo.fr

Réponse :
bonjour Edouard,

Si c'est toi qui a été dans cet état : tu ne devais pas être bien!!!!!!

Je pense d'emblée sans répertoire à Eupatorium perf et arnica à cause des douleurs comme des contusions endolories , de plus l'humeur larmoyante additionnée de la soif, désir de boissons chaudes, agg au mouvement en général,et le point de départ :exposition au froid me font pencher vers EUPATORIUM PERF

Je pense que c'est ce qui t'a sauve, amitiés

Katherine

Bonjour Kath !

Non, j'étais affreusement mal ! Eupatorium est une très bonne suggestion. C'est justement l'un des principaux diagnostics différentiels de. Pyrogenium !

Je te propose de regarder mon cours maintenant pour commencer à te familiariser avec et établir justement les différences avec Eup. Ce serait avec plaisir que je lirais un petit travail sur ce diagnostic différentiel si le coeur t'en disait.

Merci. Amitiés


Nom : Michèle Bärtschi-Guedj
EMail : bachlisbrunnen de bluewin.ch
 

Réponse :

Coucou me revoilà,
je reviens à mon intuition et je reprends les mots d'Edouard:

« je ressentais le besoin de bouger d'un côté à l'autre comme une sorte de bercement

1. psy : bercement, amél par le 8 R dont rhus-t
« Ni agité pour évoquer rhus, 
ni assez grognon bryonia
au contraire je me sentais d'humeur larmoyante sans savoir pourquoi »

2. psy : Pleurer/raison/ sans savoir pourquoi : cact., kali-c., pyrog., rhus-t., sep

« Bien que la T° ne soit que de 39°, j'avais l'impression d'avoir une fièvre à tout cassée. (une sensation assez particulière : «  du fait que je sente si fort battre mon cour)..rythme cardiaque à plus de 110.. »

3. ge : pls/ discordant avec la t° 2 remèdes : lil-t., pyrog

Voilà le trépied qui confirmerait le choix du remède . Quant aux autres symptômes ils ont l'air de bien coller  avec  pyrogenium.

Salutations à tous
Michèle
  Chère Michèle,

en te lisant je mesure le chemin parcouru depuis la grande époque où tu participais aux premiers cas cliniques. Incroyable ! C'est très clair et bien argumenté.

Bravo.


Nom : Mamy Ralaitafika
EMail : mamyralai de yahoo.fr
Réponse :

Hello Raed.
Bonjour à tous.

Beaucoup de choses m'intéressent dans ton cas mais, vu le nombre de remèdes que tu as évoqués, je ne crois pas que ce serait facile, d'autant plus qu'un vieux renard comme toi aies beaucoup peiné avant de trouver le remède. Il s'agit peut-être d'un remède qui est encore mal expérimenté.

Ce qui domine ici c'est l'état septique.

Les douleurs osseuses comme tu les présentes ressemblent à celles de Baptisia, Arnica ou Eupatorium perf.

Les vomissements que tu qualifies de fécaloïdes peuvent orienter vers Arsenic.

C'est le manque de chaleur vitale qui te pousse à te couvrir de tas de couvertures ou à te jeter dans un bain très chaud.

T'es à la fois prostré et agité, on pourrait bien évoquer Arsenic, vu l'heure d'apparition des troubles (avec la fétidité de tes excrétions).

Mais le plus frappant est surtout cet état de la langue qui n'est pas chargée malgré l'intensité des troubles digestifs et phénomènes infectieux. (L'état de la langue m'intéresse toujours Ed. Tu te souviens du fils de Nary quand nous allions à Tuléar ? C'est grâce à sa langue que j'ai prescrite Nux. J'ai eu peur que tu ne m'engueules quand nous arrivions à Fianar mais heureusement le petit allait bien). Ha ! Ha ! Mais ceci dit, on ne va pas prescrire bêtement à partir d'un signe objectif sans vérifier les autres symptômes.

Ton cas me rappelle vraiment les deux cas cliniques (une petite fille de 4 ans et une autre de 14) que Henry Clay Allen a décrits en 1888.
Dans ces 2 cas, la cause de l'affection a été attribuée par Allen à une exposition au gaz d'un égout. La couleur de la langue (rouge vif puis rouge sombre) était même au centre de la discussion à la fin de l'exposé où Guernsey intervenait.

Normalement dans un cas septique comme celui-là, je crois que la langue est souvent chargée alors que la tienne ici est presque propre.

Dans sa key-notes, Allen dit que ce remède est indiqué quand le remède le mieux sélectionné échoue ou n'améliore que temporairement.
« Le lit semble trop dur, les parties du corps sur lesquelles on se couche paraissent endolories comme contusionnées. Grande agitation : est obligé de remuer sans cesse pour améliorer l'endolorissement des régions sur lesquelles il repose. »
A propos du vomissement qui est persistant, il dit que c'est marron comme du marc de café (le tien, tu le décris comme du chocolat).

Dans le cas de la petite fille, elle ressent une très grande soif mais pour de petites quantités et qui seront immédiatement rejetées par l'estomac. Allen lui a prescrit Veratrum puis Arsenicum puis Carbo-veg puis Baptisia avant de trouver le remède.

« Sent très distinctement la présence de son coeur : on sent son coeur fatigué, las, comme s'il avait augmenté de volume ; on ressent constamment dans les oreilles un frémissement vibratoire, des pulsations, des battements, ce qui a pour effet d'empêcher le sommeil ; asthénie cardiaque due à un état septicémique. »
« Pouls anormalement rapide, hors de proportion avec la température. »
« Diarrhée terriblement odorante et fétide (d'odeur de charogne), marron ou noire, indolore, involontaire, en passant un gaz. »

Je crois que le remède est évident : il s'agit certainement de PYROGENIUM.

Ce qui m'a beaucoup aidé, c'est ton introduction : « C'est un remède MAL prescrit, mais qui sera inestimable dès qu'on le connaît, et qui plus est certainement l'un de nos meilleurs « jokers » devant toute affaire INFECTIEUSE tournant mal. »

Quel autre remède pourrait être utilisé de façon routinière par les pluralistes en cas d'infection ou d'abcès que Pyrogène, en alternance ou en association avec Hepar sulf. ou Silicea ?

Dans le répertoire, Pierre Schmidt a ajouté Pyrogène dans la rubrique : Psychisme/Pleurer/raison, sans aucune/sans savoir pourquoi (avec une valorisation relative).
Mais pour un grand sensible comme toi, ce symptôme est-il vraiment à retenir ?

Dans le Synoptic : « Loquacité ; parle et pense plus vite que jamais (pendant la fièvre). » « Adore prendre des bains très chauds. » « Dans TOUS les cas de fièvre qui commencent par des douleurs des membres. » (Swan)

Donc ton remède devait être PYROGENIUM.

Pour terminer, juste une petite confirmation Raed : « Si t'as refusé ce poste de plumeur de poulet, c'est parce que tu t'es pris pour un nabab ? » Ha ! Ha ! Ha ! (Psychisme/Illusions/richesses, de) avec valorisation relative de 2.

Merci pour ce joli cas. Amitiés.

Mamy (Madagascar).


  Cher Mamy !

Alors là, qu'ajouter ? C'est magistral. J'en profite pour te présenter à mes amis : Mamy est maintenant président d'HSF Madagascar, il réunit autour de lui une bande de super homéopathes que j'ai eu la joie de rencontrer et d'aider à former au cours de mon séjour à Madagascar cet été.

Nous avons établi des liens fraternels, et je vous préviens : ce sont des pointures les Malgaches. D'ailleurs j'ai été moi aussi « malgachisé », c'est pourquoi je signe Raïed !

A tout bientôt
 

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