Cas 44 : Maladie de Basedow
Nous avons commencé à apercevoir le concept hanemannien de strates ou de
miasmes dans le cas précédent. Aujourd'hui nous allons continuer un peu plus
avec ce cas, somme tout assez banal, mais qui présente l'intérêt de bien
faire comprendre l'enchaînement des remèdes.
Ainsi, même si on peut formuler des hypothèses sur la nature du remède
"profond", il faut avant toute chose s'arrêter aux symptômes
nouvellement apparus qui expriment la couche la plus superficielle, surtout si
celle-ci dépend d'un facteur causal nettement identifiable : peur,
vexation, vaccination, maladie aiguë, traumatisme, etc.
Madame C Isabelle, née le 18 juin 70, vient consulter pour son Basedow car elle
a entendu dire que l'homéopathie donne de bons résultats. Dans le cas
présent, j'ai les yeux de ma consour endocrinologue braqués sur moi car la
patiente, dans un état assez maniaque, lui a fait toute une scène, en refusant
de continuer son traitement au Néomercazole alors que son affection évolue
depuis 1995...
Bien, puisque nous avons une date, je démarre par la recherche d'un facteur
étiologique. A cette époque, on apprend qu'elle a eu de gros problèmes avec sa chef de service,
elle a été rabrouée à chaque fois qu'elle prenait une initiative. Elle s'est
indignée, mais était intimidée
et incapable de se révolter. Elle est de nature coléreuse, prompte à exploser,
mais là elle n'a pas explosé la colère. Alors elle s'est mise à vomir sans arrêt,
on a pratiqué une gastroscopie qui ne montrait rien. Puis le reste du tableau
thyrotoxique s'est dégagé, avec une TSH effondrée et des valeurs hormonales
au plafond. Sa mère a déjà eu un Basedow.
Elle n'en peut plus de prendre son Néomercazole, et au vu de son état
clinique, il y a fort à parier que l'observance du traitement n'est pas
terrible, elle est en franche rechute depuis le printemps.
C'est une femme très sthénique, on a vraiment l'impression d'une marmite en
ébullition quand on la regarde, avec son visage pléthorique et ses joues très
rouges. En ce moment elle est très contrariée, de ne pas parvenir à avoir un
autre enfant: "ça m'énerve, vous ne pouvez pas savoir".
En ce moment elle présente quelques diarrhées mal précisées.
Elle est sujette à de nombreuses allergies, notamment rhume des foins.
Elle sort toujours les pieds du lit, été comme hiver, c'est un très ancien
symptôme fortement marqué, qui était présent bien avant son Basedow.
Discrète exophtalmie. Le reste de l'examen clinique est sans particularité.
Prescription de R1 en LM1 le 12 octobre 1998. Je
relis mes notes de l'époque avec un certain frisson d'horreur : comme je
démarrais mes expérimentations avec la dose liquide, je faisais prendre aux
patients une goutte tous les jours en ayant dissous 3 grains dans 250 ml d'eau.
Mon idée erronée était que puisque la dynamisation augmente après chaque
secousse, il ne risquait pas d'y avoir d'interférences entre deux prises. Cette
façon de faire m'a provoqué bien des catastrophes jusqu'à ce que je relise
correctement l'Organon. Vous pouvez trouver dans la section Stratégies de
prescription les articles consacrés à la posologie liquide.
Toujours est il que la divine homéopathie est tellement bonne que même
lorsqu'on la massacre, elle peut donner de bons résultats (citation du Dr.
Schmidt). Ma patiente a eu la chance d'être fortement améliorée mais non sans
aggravations, un peu comme se serait comportée une dose sèche: toux grasse et
bronchite déclenchée dès les quelques heures après les premières prises,
avec mal au ventre et vomissements. Du coup elle a pris sur elle d'arrêter les
gouttes. En la revoyant au bout d'un mois, la TSH demeure discrètement
augmentée, mais elle est beaucoup plus calme quoique très agitée et pressée.
Ses joues ont dérougi. Ses mains qui sont habituellement très sèches en hiver
se sont aggravées, à la limite de l'eczéma. Je continue le même remède mais
en espaçant les prises à 2 ou 3 gouttes par semaine.
En Janvier, ses nausées reviennent très fort, c'est le signe de changer la
dilution, je passe donc à R1 LM2, cette fois à la
cuiller à café. Je note un nouveau symptôme: seins très douloureux avant les
règles.
En Février 1999 nous passons à R1 LM3.
En Mars, elle a eu de nombreuses contrariétés qui l'ont aggravée. Recommence à être gonflée le matin.
Recommence à avoir chaud. Elle dit spontanément qu'elle a toujours été jalouse.
Elle fait des rêves de colère, qu'elle dit "merde" à qui elle doit. Besoin de moutarde,
et de piment, qui s'est considérablement accru. Excitation sexuelle. A ce point
de l'évolution du cas, nous avons quatre options :
1. Continuer R1, bien que les signes discordants soient de plus en plus
nombreux.
2. Prescrire un placebo si le tableau semble peu clair pour lui laisser le
temps de décanter.
3. Trouver un autre remède qui s'adapte à la contrariété, comme Staph
par exemple. Mais ceci s'avère souvent être un échec. Cette hypothèse est
d'autant moins satisfaisante que R1 couvre aussi les suites de contrariétés
et de colère. L'expérience montre souvent que dans cette situation il faut
commencer à faire l'addition des signes que l'on a écartés depuis le début
pour envisager le cas suivant:
4. Prescrire un remède complémentaire de R1, plus adapté à un état
chronique constitutionnel.
Comme les signes ne me permettent pas d'être affirmatif, je choisis la
solution placebo. Au bout de 15 jours, on n'est pas déçu de constater que le
tableau a évolué :
Fait plein de toutes petites verrues prurigineuses sur les mains et les pieds.
Éruptions sur le coude. Les nouveaux dosages sont sensiblement équivalents aux précédents.
Appétit++ surtout pour le sucré. De plus en plus le besoin de mettre les pieds en
dehors du lit. Peur de nager où elle n'a pas pied. Prurit +++ des jambes et des mollets.
Avec d'autres signes dans le reste de l'anamnèse, que je vous laisse le soin de
sélectionner, j'en viens enfin à prescrire R2 LM1
le 14 avril 1999.
Le 4 Mai, je note: Nette >. Recommence à avoir un peu chaud aux pieds. Plein d'emmerdes avec son chef,
elle a fait appel à un syndicat (de fait elle se sentira tellement mieux
qu'elle va devenir ensuite représentante de son syndicat...). Besoin de sucré.
R2 LM2.
Le 23 août. A fait une otite gauche externe récente, eu un gros traitement.
Malheureusement pas pu me joindre. Retour de l'appétit. Prurit anal. Comme les
doses de R2 sembles agir un peu faiblement en durée, je passe à R2
LM5.
Le 11 octobre. Va très bien. Névralgie gauche, le long du cou. Règles douloureuses;
douleur de tout le dos une semaine avant; douleur du bas ventre pendant; douleur
du bas du dos après; flux intermittent. Très jalouse. Odorat hypersensible. A nouveau chaud
aux pieds en chaussures. N'a pris qu'une ou deux fois du R2
LM5. Dans ces conditions, je continue R2, mais je trouve prudent de prendre une
option sur Lachesis qui finalement ne sera pas nécessaire.
Le 26 janvier 2000. Elle va très bien. Tous les bilans sont normaux. Accouche le 16 juillet.
Mains très sèches et crevassées. Les gencives saignent au brossage avec douleur comme
de petites plaies. Aversion pour le sucré. Continuer R2
LM5 tout en achetant par avance R2 LM6.
Voici. J'attends vos commentaires, et vos propositions de raisonnement pour
R1 et R2.
Nom: Marielle Moreno
email: marielle.moreno de wanadoo.fr
Observation :
Bonjour, et merci pour les cas cliniques, qui permettent de réfléchir, et de mieux comprendre les remèdes, même si on ne participe pas toujours aux réponses.
Pour cette patiente, j'avais d'abord pensé à Aurum, mais les vomissements suite de
contrariété, le contexte, importance accordée à son
travail, et le tableau clinique de Basedow me font choisir Nux Vomica comme R1.
Je n'ai pas encore la sagesse de savoir attendre avec un placebo, mais le tableau clinique apparu après les 15 jours paraît bien correspondre à Sulfur, qui est aussi le complément de Nux.
Merci pour les réponses et la pédagogie. Amitiés++ M.
Bonjour Marielle,
Comme pas mal d'autres de nos amis, tu as attaqué
tête baissée sur le remède que tu connais le mieux. Cette erreur est
malheureusement classique, et Hahnemann nous met en garde dans l'Organon :
257.-
Le médecin qui vise à la perfection, se gardera d'avoir une prédilection pour certains remèdes favoris que le hasard lui aura procuré maintes fois
l'occasion d'employer avec succès.
Cette préférence lui en ferait souvent négliger d'autres, utilisés
plus rarement, qui seraient plus homéopathiques, par conséquent plus
efficaces.
Dans ces conditions, les suites de contrariété ne
t'échappent pas, ni le tableau très digestif qui suit le refoulement de la
colère. Il est clair qu'une grande partie de la colère a été confinée,
refoulée. Dans cette optique ceci cadre mal avec Nux vomica qui est plutôt
explosif.
Par ailleurs ton raisonnement tient bien car je vois
que tu t'efforces de trouver un remède qui soit satellite de Sulfur dont notre
patiente présente de nombreux symptômes anciens, donc à négliger pour
l'instant.
Nous avons une bonne rubrique Colère avec
mécontentement retenu, où tu trouveras le remède qui nous manque : Ipeca.
Il a tous les signes digestifs, les suites de colère retenue, les joues très
rouges et chaudes, et c'est un satellite de Sulfur.
Pour revenir au placebo, ce n'est pas de la sagesse
mais juste de la paresse : quand tu en auras assez de ta gâcher tes
propres tableaux par des prescriptions parfois hasardeuses, tu verras comme SL
est une excellente seconde prescription.
Bises.
Nom: Jean-Claude Ravalard
email: Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr
Observation :
Cas 44:
Les contrariétés et colères rentrées qu'a subi la patiente peut fort bien avoir déstabilisé la patiente. J'avoue être étonné du traitement conventionnel de l'hyperthyroïdie, qui me paraît être pure routine pour beaucoup de nos endocrinologues.
Vomissements, contrariété, après: Acon., cham., ign., ip., lyc., nat-s.,
verat.
Deux remèdes m'intéressent particulièrement : Ign. et Ip. Ign. me semble mieux convenir puisqu'il est dans la rubrique: Colère, contradiction, suite de et dans Colère/refoulée.
Donc Ign.
Ensuite le côté nettement pugnace de la personne, la chaleur qui s'en dégage, jusqu'aux pieds la nuit ou dans les chaussures, le désir de moutarde, les rêves de colère, tout cela m'oriente vers
Sepia.
Amitiés. J.C.
Salut Jean Claude.
Même commentaire que pour Marielle : tu t'es
laissé allé à prescrire le remède que tu connais le mieux. Le couple Ignatia
/ Sepia se rencontre parfois, mais Sepia colle mal avec le portrait d'une femme
qui a toujours eu trop chaud, même avant son histoire thyroïdienne.
De plus, Ipeca convient parfaitement aux colères
refoulées qui s'accompagnent de troubles digestifs.
Une variante se voit quand le sentiment qui domine est
la salissure et l'écourement. Peut être te souviens tu de ce confrère qui
avait été très amélioré par le remède, il écrivait pour appeler au
secours au cours d'un épisode sordide avec la sécurité sociale :
"J'étais en
face de lui, stupéfait, abasourdi, je me retenais pour ne pas passer
dessus son bureau. Il m'avait balancé dans un autre monde et l'espace de
quelques secondes ... Une voix me fit sortir de ma torpeur "Docteur, avez
vous des questions à me poser? Je suis ouvert à tout dialogue". Ma matière
grise se mit en branle et j'en arrivais à la conclusion que j'aurais toujours
tort et qu'il valait mieux arrêter là les frais, aussi je le priais
instamment d'appeler sa secrétaire pour rédiger le procès verbal. Je le
voyais tout heureux de ma décision aussi rapide tel un patron qui vient de décrocher
un gros contrat; et il se mit à parler: et du docteur par ci et du docteur
par la. "Et au fait docteur êtes-vous médecin référent?".
L'hypocrite! ...
Signature du PV avec
étalements à ma demande sur dix mois et je serrais la paluche du Patron. Je
me précipitais vers les toilettes pour me laver les mains et pourtant je
ne suis pas un Syphilinum, mais j'étais écouré et j'étouffais de m'être
contenu. Il m'avait testé et je n'étais pas tombé dans le
panneau."
Amitiés.
Nom: guise pascal
email: pdeguise de worldnet.fr
Observation :
Bonjour !
Pour le premier remède, j'ai d'abord mixé les deux rubriques suivantes:
affection après colère/ avec indignation/ refoulement de
affection après colère/ avec indignation/ mécontentement retenu
pour retenir le facteur étiologique.
J'ai ajouté la rubrique vomissements/ contrariété car c'est de cette symptomatologie qu'elle a manifesté la maladie
la répertorisation me donne, outre Staph qui ne semble par avoir été retenu par
Edouard, Ignatia et Ipeca
L'aggravation lors de la prise du remède sous forme de toux grasse avec bronchite me fait choisir
Ipeca.
Pour le deuxième remède, je pense à Sulfur:
mb/ decouvrir/pieds;
es desir sucreries;
mb/prurit/mi/jambes;
es Désir assaisonnés
tout ceci cadrant bien avec le psychisme et son attitude un peu révolutionnaire
Amitiés
Bonjour Pascal.
Voilà du travail tout en douceur, comme on aime. Bon,
tu as un peu triché en exploitant la réaction bronchique qui est une
pathogénésie typique, pour choisir Ipeca, mais l'essentiel y est : tu ne
t'es pas jeté à corps perdu dans les bras des remèdes les mieux connus.
Amitiés.
Nom: Michèle Bärtschi
email: baechlisbrunnen de bluewin.ch
Observation :
Bonjour,
Pour le cas 44 je note:
Une femme, trente ans, consulte en homoepathie pour maladie de Basedow, car têtue ne veut pas continuer son trt .
Affection héréditaire qui débute à la suite de problèmes avec sa chef au
travail, colère non exprimée et vomissements.
Révoltée, contrariée (n'arrive pas à avoir un autre enfant)
Une marmite en ébullition.
Je prendrais comme symptômes:
1.etiologie: colère rentrée, affection suite.
2.Vomissements suite de..
3.découvre les pieds.(ancien symptôme présent)
1.Psy:colère,suite de refoulement;colère réprimée
2.Estomac: vomissements, contrariétés, après:aco., cham., ign.,il.,lyc.,nat-s,verat.
3.Membres: découvrir, tendance à, pied/ chaleur pied lit
ressort de cette première répertorisation:cham. qui colle assez bien (caractère
obstiné, visage rouge..)
En deuxième partie,
de nouveaux symptômes
douleurs des seins avant les règles
Puis on se trouve en présence d'une femme enceinte,ce qui fait que de nouveaux symptômes se grèffent sur le cas: ce sont les symptômes de la mère enceinte de du bébé à venir.
Rêve de colère
Besoins alimentaires de moutarde et piment /mais surtout désir de sucré
Peur de nager où elle n'a pas pied
En Octobre retour de couches avec douleurs.
Jalousie
Crevasses mains, prurit, éruptions
Saignements des gencives, après l'accouchement
Je retiendrais :
1.thorax:seins douloureux avant les règles
2.Sommeil:rêve de colère
3.estomac: désir de sucre/bien que l'on trouve ensuite une aversion
4.Bouche.hémorragie règles, suppression:calc.
Calcarea: remède qui là aussi semblerait aller: peur de l'eau, crevasses et mains
sèches, verrues, jalousie... qui se trouve être par là-même un remède de maladie de basedow et qui suit bien cham.
Merci pour ce cas très intéressant
Salutations
Michèle
Bonjour Michèle,
A propos, je suis en train de corriger vos réponses et
je revois ce soir Mme C, qui passe bien le bonjour à toute l'équipe. Elle
accouche bientôt et se porte comme un charme. Seules ses mains sont un peu
crevassées, et elle n'ose pas reprendre le Sulph qui l'aggrave un peu trop
fort. Je lui ai donc dit de diluer dans un verre d'eau s'il faut en reprendre.
Comme tu l'as vu plus haut, le cas se résout
simplement avec quelques symptômes.
Attention, à ne pas en prendre trop, et surtout,
attention à ne pas mélanger les signes qui proviennent de couches miasmatiques
différentes. Elle a toujours eu chaud aux pieds. Le tableau digestif est
nouveau, il faut trouver un remède qui s'accorde avec le tableau nouvellement
apparu et négliger éventuellement la tendance à sortir les pieds. Il faut se
méfier des signes très anciens qui peuvent transparaître à travers les
différentes couches. Ainsi un désir de sel très ancien ne doit pas contre
indiquer un médicament adapté à l'état actuel d'un patient, même si le
remède ne couvre pas le symptôme.
Amitiés.
Nom: Emmanuel Blesch
email: emmanue.blesch de wanadoo.fr
Observation :
Bonjour Edouard, bonjour à tous
A la suite de ses problèmes relationnels avec son supérieur hiérarchique, Mme C réprime une très grosse colère ; son chef n'a rien vu ...mais à la suite de cet événement, elle vomit puis tombe malade ;
Psy / Colère../ affection après colère../refoulement de... et Es : vomissements / contrariété, sont les deux premières pattes du tabouret ; il en manque deux pour qu'il soit stable ; le visage de Mme C est rouge : Vis : coloration rouge : troisième patte ; elle sort les pieds du lit : Mb : Chaleur /membres
inf/ pieds/ plante/ découvre les pieds : quatrième patte... ça tient debout... ;
CHAMOMILLA siège en tête dans la grille de répertoire.
Ce remède est cohérent avec le caractère irritable (très énervé) et sthénique de Mme C.
Dans la suite de l'observation, on lit « retour des nausées » (sous entendu suite de contrariété) où l'on retrouve la cohérence de CHAM
Cependant, on ne le retrouve pas dans la rubrique : Nez :Coryza annuel ni dans la rubrique : Gén : Basedow
L'observation clinique de Mars appelle une autre grille de répertoire qui fait effectivement sortir STAPHYSAGRIA
Psy : colère ...affection après colère contrariété
Psy : jalousie
Es : désir assaisonné
Som : Rêve colère
Gén : Chaleur sensation de
Mais l'auteur donne un placebo ;
Pour la découverte de R2, je pars volontiers sur la notion de verrues prurigineuses dont l'apparition brutale est intéressante ; la rubrique : Membres : Verrues membres sup mains prurigineuses est trop restreinte et ne donne qu'un seul remède : SEP (qui pourrait être cohérent avec le contexte d'humiliation mais ne cadre pas avec l'ambiance « hyperthermique » de l'histoire ) ; je choisis de généraliser en retenant les rubriques : Membres : verrues membre sup mains et Membres : verrues membres inf pieds; je retiens aussi le désir de sucre, et celui renforcé de découvrir les pieds ; je conserve dans la grille de répertoire, la rubrique étiologique, c'est à dire l'humiliation, qui est à la source du tableau pathologique ; le prurit des jambes amène très vite à envisager SULFUR comme solution dans le choix de R2 ; quoi de plus logique puisqu'on peut dire que dans cette histoire, « ça a chauffé »
Remarques :
La succession CHAMOMILLA SULFUR me parait être une succession logique ; cependant, la notion de jalousie n'est pas caractéristique de SULFUR ; la survenue de cet état mental explique sans doute « l'option sur LACHESIS » prise par l'auteur ;
Sulfur n'est pas dans la rubrique Basedow... mon raisonnement aurait-il du plomb dans l'aile ? ....à la fin de ma copie, le doute m'envahit...
tant pis... je clique sur « envoyer »
Amitié à tous ! Manu
Bonjour Manu.
Il n'y a rien à dire sur la séquence Chamomilla
Sulfur. Elle peut se voir chez l'enfant, bien que peu classique. On a de
meilleurs remèdes qui précèdent Sulfur: Nux vomica, Aloe, Bryonia,
Pulsatilla, Lycopodium, et notre bon vieux Ipeca.
Se fourvoyer sur Chamomilla est une erreur bien
pardonnable. En relisant la matière médicale de ce remède tu verras qu'il n'y
a pas tellement de notion de colère retenue, bien que je t'accorde que Chamomilla puisse êtr eindiqué chez des gens qui ont dû refouler leur colère.
Cependant en général chez Chamomilla, la colère explose
volontiers, un peu comme dans Nux, alors que Ipeca couvre la notion fondamentale
Suite de colère avec Indignation. Par ailleurs, Ip précède volontiers Sulfur,
ce qui renforce son indication dans la mesure où les signes de Sulfur abondent.
Enfin, il faut se rappeler la grande indication d'Ipeca qui est Affections
accompagnées de nausées permanentes et de vomissements.
J'ai peur que tu te sois un peu mélangé les pattes de
ton tabouret. Je t'accorde volontiers le trépied de Hering pour ce qui concerne
la façon de caractérise un symptôme; cependant en clinique, un seul signe
bien valorisé est souvent suffisant pour orienter la sélection du remède en
étudiant la cohérence.
Dans la présente affaire, si l'on ne se fait pas une
idée nette des strates miasmatiques, on se retrouve complètement perdu, avec
un remède qui semble cohérent avec les symptômes mais qui n'est pas cohérent
avec le niveau auquel appartient chaque symptôme. Les miasmes, comme le disait
fort joliment Jean Michel Bolzinger, nous donnent une vue en trois dimensions du
cas. Il s'agit surtout de ne pas additionner en vrac tous les symptômes comme
si l'horizon était uniformément plat. Je voulais illustrer ces notions, je
crois que l'on est servis.
Le caractère sthénique va bien avec la notion de
jalousie. Peut être que Ipeca peut convenir, mais à ce jour, rien dans nos
connaissances sur ce remède permet de le dire. Puisque le remède semble s'essouffler,
il est logique de ne pas perturber le cas par une prescription intempestive. SL
est très indiqué alors. Je t'assure, comme je le disais à Marielle, qu'il n'y
a pas de honte à temporiser avec un placebo. Il faut aussi lutter contre
l'idée que l'on se fait de nous mêmes en tant que prescripteur qui doit à
tout prix donner une ordonnance "active" au patient.
Amitiés
Nom: Dulac Daniel
email: dulac.homeo de deckpoint.ch
Observation :
Hello !
Dans la maladie de Basedow le premier remède qui me vient à l'esprit c'est Iodum, mais cela paraît trop simple et pas vraiment dans la démarche
homéopathique uniciste, c'est une réaction pluraliste ! Il est évident qu'il faudrait donner de l'iode en oligo-élément, mais concernant l'approche
Homéopathique je retiens plusieurs remèdes : Sepia - Aur m - Calc carb - Natru mur.
Mon analyse :
Colère refoulé - Timidité - Vomissement - Goitre : cela donne Sepia et Aur m.
Le fait que cette patiente soit agressive à la moindre contradiction, prompt à exploser mais ne le fait pas, je donnerais comme premier remède
Aurum met en LM1.
Dans le deuxième remède je tiens compte de :
Petites verrues prurigineuses et désir de sucrerie. Résultat je donnerais Sepia.
Sépia suit bien Aurum et complète parfaitement le premier tableau des symptômes de la maladie de basedow.
A bientôt et merci pour ce cas fort intéressant
Daniel Dulac
Bonjour Daniel,
Ce n'est en effet pas dans la démarche homéopathique
tout court. La grande idée est de percevoir les caractéristiques du
dérèglement de l'être et non pas d'administrer sous forme dynamisée l'un
des constituants du soi disant mécanisme physio pathologique de l'affection à
traiter.
L'image qui se dégage du cas est Sulfur, on voit
partout la chaleur, les rougeurs, etc. Pourtant il manque encore des choses pour
donner Sulfur tel quel, d'où l'idée d'un sulfur like qui est adapté à la
situation récente. Avant d'envisager Aurum qui peut en effet être discuté,
Ipeca saute aux yeux à cause de la portée digestive des troubles.
Pour le second remède, tu as aussi une vue un peu trop
restreinte sur quelques signes mineurs que n'importe quel remède indiqué peut
balayer. Ce sont des signes de confirmation d'un choix à la rigueur mais pas de
diagnostic. Rien que la tendance à avoir eu toujours chaud, même avant la
maladie fait fortement douter de la prescription de Sepia.
Amitiés.
Nom: motte
email: motte;jean de wanadoo.fr
Observation :
Bonjour à tous
L'état agité, prompte à exploser. Vomissement suite de contrariété. Pieds hors du lit me font penser pour R1 à
Chamomilla. 1 mois après les signes montrent une difficulté à "choisir" entre
Sulfur et Lachesis. Enfin R2 correspond je crois, à Sulfur.
En ayant lu l'article de Little, il semble que cette personne est une psorique ponctuelle (suite à conflit) sur un terrain inné
sycotique.
Donc R1 doit être un anti psorique et R2 un antisycotique. Comment savoir si tel ou tel remède correspond à un miasme particulier
? Y a t'il un ouvrage de référence qui traite de ce sujet ? Enfin dernière question d'un assoiffé, comment savoir que tel remède suit bien le précédent?
Merci à toute l'équipe.
Bonjour
Hé bien, voila des questions intéressantes et du
raisonnement aussi. Je vais tâcher d'y répondre quelque peu puisque le reste
est déjà traité.
Hahnemann a distingué trois grandes façons de se
comporter dans l'évolution chronique d'un patient. La psore avec une alternance
de signes et le maintient d'un équilibre par des affections refoulées toujours
le plus en surface possible. La sycose, avec la tendance aux indurations et
autres infiltrats pour maintenir le système en marche. Et enfin la luèse avec
des destructions tissulaires.
La première chose à réaliser c'est que nous sommes
tous psoriques ou presque. Dès notre plus jeune âge, la tendance à refouler
les symptômes en surface est évidente, l'axe cutanéo bronchique est une des
illustrations de la psore. Puis diverses agressions, ou tout simplement
l'évolution naturelle centripète de toute maladie chronique nous font évoluer
différemment. Par exemple, la prise de la pilule est hautement sycotisante,
avec prise de poids, gonflement, troubles ovariens, signes muqueux. Les signes
luétiques avec modifications tissulaires et remaniements se rencontrent
nettement plus tard dans la vie.
Tu auras compris que l'on bascule dans une vie d'un
miasme à l'autre et même pire : que chaque remède a des facettes
luétiques, sycotiques ou psoriques. Je développerai cela dans le détail peu
à peu, mais si tu as retenu des miasmes que les maladies chroniques se
composent en couches distinctes, tu guériras les malades. Peu importe
d'attribuer des étiquettes qui sont toujours plus ou moins discutables,
reconnais les symptômes.
Les miasmes permettent de définir des grandes familles
de remèdes, mais par dessus tout les relation des remèdes entre eux sont
fondamentales dans l'art de prescrire. Tu trouveras ces relations bien
fouillées déjà dans PcKent ou dans le Répertoire. Mieux que de les apprendre
par cour, apprends à connaître chaque remède comme un individu virtuel, et
mesure comme les ressemblances rapprochent naturellement les remèdes entre eux.
Amitiés.
Nom: plaisant jf
email: doc.jf.plaisant de wanadoo
Observation :
Bonjour, je trouve qu'il y a dans cette observation un contexte puissant de fâcherie avec toutes formes d'autorité
féminine. Cela me fait choisir CHAM plutôt que IGN après la répertorisation pour
R1.
A la suite du placebo les colères semblent s'éteindre et on entend plus parler que d'emmerdes! et de verrues!
SEPIA me convient assez avec une interrogation entre les pieds et les mains qui sont soit
irritées soit brûlant.
Bonjour,
Je vais tâcher de ne pas trop développer puisque je
pense que l'essentiel est dit. Vous discutez du diagnostic entre Cham et Ign par
simple habitude, alors que je gage que Ip devait apparaître dans votre
répertorisation.
A la suite du placebo, les verrues se sont au contraire
développées, ainsi que le goût pour le sucré, la chaleur des pieds s'est
accentuée, tous ces signes rendant Sulph incontournable.
Amitiés.
|