CAS 43 D'une strate à l'autre
J'ai noté lors des cours à l'école que vous n'êtes pas encore assez
familiarisés avec le concept hanemannien de strates ou de miasmes.
C'est pourquoi dans le cas présent, j'ai choisi de me concentrer plus encore
que d'habitude sur les signes exprimés par la patiente afin de vous faire
ressortir l'essentiel : l'enchaînement des remèdes. J'ai omis ainsi les
divers bilans biologiques et l'anamnèse qui ne présentent pas d'intérêt ici.
Madame G, âgée de 52 ans, accompagne l'une de ses parentes qui me voit
régulièrement. A la fin de la visite elle me demande ce que je pourrais faire
pour elle à cause de ses douleurs abdominales chroniques. L'entretien est assez
fruste, voici mes notes d'Avril 99 :
A été opérée il y a 18 ans pour une appendicite. Un mois après: occlusion sur bride,
péritonite, on lui a fait l'ablation d'un mètre d'intestin.
Depuis, elle souffre sans arrêt. Aucune modalité, pas de localisation
précise.
Depuis des années "elle prend sur elle". Nombreux soupirs, gorge nouée, etc.
Impossible de lui en faire dire plus.
Très méticuleuse, elle fait tout avec beaucoup de soin et très vite.
Je prescris donc R1 M Kent.
En Juin, je la revois et note: N'a plus mal au ventre ou presque. Rumine énormément.
Maintenant elle a mal dans les ATM; serre les dents. Je donne donc R2
LM3, une cuiller à café, selon le protocole habituel.
En Août: amélioration du moral et des signes de la mâchoire, mais rien de
plus, elle est toujours très renfermée, et rumine+++. Cette fois je parviens
à avoir plus de détails, je vous livre mes notes telles quelles de sorte que
vous pourrez deviner le cheminement de ma réflexion:
Mal de tête assez mal précisé
Douleur mâchoires comme si elle serrait toujours les dents
Très méticuleuse
partie 15 j
j'ai fait du ménage
Pense que les autres font beaucoup mieux qu'elle, etc.
Bouffées de chaleur depuis 2 mois
Etouffe dans la foule
Ongles striés
Langue blanche
A été très perturbée décès d'amies proches
Vérifie que les portes sont fermées
Beaucoup souffert d'être fille unique
Elle est née en siège, on a demandé à son père s'il fallait sauver le bébé ou la mère
Ecchymoses facilement
Sursaute facilement
Petite, elle recherchait le sel dans les aliments
Compassion
pris du recul, on m'a fait tellement de mal
A 14 ans était très grosse, on s'est beaucoup moqué
je me suis refermée sur moi même
Elle ressasse tout cela
Très sensible à la musique
Aime ruminer tranquille
il faut surtout rien me dire
Je prescris R3 LM5. La transformation est cette
fois radicale. Je ne la reconnais pas en la revoyant en octobre 99 :
N'est plus du tout renfermée
gaie, sourire
extravertie
très animée
Sensible aux malheurs des autres de plus en plus
Soif
Sursaute facilement
Vertige
en se levant, etc.
Ecchymoses +++
Poisson ++
Enfin, R4 en LM2 achèvera le travail. Juste
deux ou trois cuillers lui feront un effet majeur. Aux nouvelles en cette fin
d'année, elle va très bien et ne présente plus de signe désagréable.
A vous de jouer, (pour ne pas vous égarer je vous préviens qu'il est
possible que deux remèdes soient les mêmes).
Nom: OTTAVIO BINETTI
email: binetti de ba.dada.it.
Observation :
Auguri a tutti Voi per il S.Natale appena trascorso e per il 2000 appena
cominciato.Chiedo perdono per l'uso della lingua italiana.
Bonjour Ottavio,
Pas de problème pour lire ta belle langue, cela me donne un petit goût de
paradis... ah belle Italie. J'en profite pour te remercier de ton soutien à
notre association et te souhaiter une super année 2000.
Complimenti per il Vostro PLANETE-HOMEO,che mi e' di molto aiuto e da cui attingo
molti articoli e casi clinici,che studio con attenzione.
Per il caso 43,i sintomi:
dolore alla fossa iliaca dx.con successiva appendicectomia(punto di Ignatia)
numerosi sospiri, meticolosa,
nodo alla gola,
mi fanno pensare a IGNATIA.
Impeccable!
En effet, l'indication d'Ignatia est assez incontournable d'autant
que lorsque l'on est un peu pressé, il n'y a guère de mal à donner un remède
végétal. Ce genre de cas chroniques se révèle en effet toujours compliqué
et il est sage de ne jamais les commencer par des polychrestes d'action
profonde, sauf si la situation l'exige.
En plus des signes classiques: soupirs, gorge nouée, il y a le fameux point
douloureux que l'on peut retenir pour compléter la cohérence, sachant
toutefois qu'elle ne souffre pas spécialement de la fosse inguinale. C'est
Hodiamont qui le décrit bien dans son ouvrage Homéopathie et Physiologie.
Poi, ho repertorizzato i seguenti sintomi:
Serrare i denti,
dolori mascellari,
meticolosa
vampate di calore
lingua bianca
pensieri persistenti(verifica che le porte siano chiuse)
soprassalti
compassionevole
sensibile alla musica
ritornare su fatti vecchi
ed e' venuta SEPIA.
Ensuite pour R2, j'ai continué tout de même Ignatia en raison des signes
spastiques. Je vous recommande de ne jamais quitter un remède tant que vous
n'avez pas de très bonnes raison de le faire, c'est à dire par exemple
survenue de signes complètement nouveaux et qui sont présents avec intensité,
ce qui n'est pas le cas ici.
Quoi qu'il en soit ton idée de donner Sepia ne m'est pas venue à l'esprit,
alors qu'après tout, cela semble tout à fait intéressant dans la façon dont
tu as fait ton analyse. Je vais essayer
d'analyser ce qui m'a fait pencher sans hésiter vers Nat-m.
J'ai sans doute mal expliqué le symptôme "vérifier que les portes
sont fermées": il s'agit en fait d'une peur des voleurs. Elle vérifiait
plusieurs fois que tout était verrouillé. Ceci est une forte indication de
Nat-m alors que Sep ne le présente que très rarement (et ne figure même pas
dans la rubrique peur des voleurs). Bien que tu aies très bien analysé le
signe comme "pensées persistantes", je t'ai fait manquer la bonne
nuance à cause de mon énoncé, je te prie de m'en excuser.
La compassion se trouve en effet dans Sep et dans
Nat-m, Ign précède fort bien Nat-m mais aussi Sepia. Cependant c'est Nat-m qui
est bien plus impliqué que Sepia dans la notion de chagrins anciens, elle dit
en effet qu'elle a été obligée de prendre du recul car "on lui a fait
tellement de mal". On peut donc retenir ressasser les évènements
désagréables du passé.
Comme chagrin ancien on peut encore certainement
ajouter que son père ne lui a probablement guère prodigué d'affection dans la
mesure on sa naissance a causé le décès de sa mère. Elle souffre donc
probablement depuis l'enfance d'un manque d'affection. Avec une notion récente
de décès d'amies proches, je pense que la préférence doit aller vers Nat-m
car elle reste très impliquée alors que Sepia se détache volontiers et prend
une allure très sthénique, et coléreuse que l'on n'a pas ici.
Cependant c'est parfois un vrai cauchemar de séparer
Nat-m de Sepia, et je dois dire que le test pupillaire m'aide beaucoup depuis je
le pratique. Nous en reparlerons sur PH.
Infine ho repertorizzato:
sensibile alle malattie degli altri,
desiderio di pesce(poisson) sete, soprassalti,
vertigine levandosi
ecchimosi facili
ed e' venuto fuori NATRUM MURIATICUM.
Pour le dernier remède, l'état mental a complètement
changé: elle est devenue souriante, extravertie, ce ne peut donc plus vraiment
être ni Sepia ni Nat-m indiqués. Au contraire, la sensibilité, pour les
autres, c'est à dire la compassion n'a jamais cessé d'exister, c'est un point
commun à tous les remèdes prescrits. Mais elle a une tendance à faire des
ecchymoses, rien que cela doit faire penser à Puls ou Phos. Si l'on
ajoute le vertige, le poisson, etc. il ne reste que Phosphorus.
Au total, il faut comprendre l'évolution des miasmes
tout au long de la vie de notre malade. D'un naturel doux et sensible qui était
certainement celui de ses premières années (Phos), l'absence d'affection de la
part de son père et les autres chagrins ont fini par marquer durablement la
dynamis de sorte qu'une nouvelle couche se crée sur la précédente.
Tu notes en passant que le tableau ne change pas
radicalement comme on le voit dans certains cas. Un signe essentiel de Phos, la
compassion, transparaît dans le nouveau miasme, qui correspond à Nat-m. Son
état chronique Natrum lui laisse la possibilité d'exprimer sous forme
d'éruptions Ignatia les sentiments qu'elle ne parvient pas à exprimer quand la
situation le lui demande.
En somme, nous avons le schéma Ign -> Nat-m ->
Phos qui représente la façon dont chaque strate ancienne à été découverte
par l'action du remède qui était adapté aux symptômes du moment.
Cette notion de strates doit être présente à votre
esprit chaque fois que vous prescrivez en chronique. Il faut retenir l'intérêt
du remède aigu, qui donne toujours une idée du remède chronique, et d'autre
part avoir la notion de famille dans laquelle se situe le remède chronique.
Parfois lorsqu'un signe est très ancien comme la
compassion ou le désir de sel dans d'autres cas, il faut ne pas hésiter à le négliger pour voir si un remède couvre mieux les symptômes actuels du malade.
Cordiali saluti a tutti voi
Ottavio Binetti.
Amitiés, et à bientôt
Nom: motte
email: motte.jean de wanadoo.fr
Observation :
Bonjour,
Nouveau sur le site, que j'apprécie pleinement pour la qualité de ses cas et articles, je me risque donc, malgré mes lacunes homeo et la qualité des intervenants, à analyser le cas de Mme G
Pour le premier remède, R1 il vient ARSENIC après avoir répertorié
1- désespoir avec les douleurs (elle prend sur elle)
2- méticuleuse voir tatillon
3- nombreux soupirs en symptôme local
Pour le deuxième, je pense que R2 est de nouveau ARSENIC, car il y a peu d'informations sur sa façon de ruminer.
Bonjour
à vous, et bienvenue sur PH; Ne craignez rien, personne ne vous allumera !
Notre souhait le plus cher est de pouvoir vous apporter les lumières qui nous
ont manquées lorsque nous étions jeunes apprentis.
Commençons
par les bonnes choses. Quel que soit le remède prescrit, c'est toujours une
erreur de le quitter trop tôt, surtout quand il n'y a guère de signes en
relief pour changer d'indication. Il est donc très sage de votre part de rester
sur le remède choisi.
Quant au premier remède
sur un cas chronique (et ici devant une personne visiblement secrète), efforcez
vous toujours de trouver l'indication d'un remède végétal, à moins, comme je
le disais à Ottavio, d'avoir une indication en béton, et encore dans ce cas je
ne puis que vous recommander la dose liquide.
Ici
vous avez un peu cherché la complication avec Ars. La rubrique désespoir avec
les douleurs ne peut s'employer, vous avez un peu triché avec l'interprétation
des symptômes, peut être mon énoncé était il imprécis. La notion de
"prendre sur soi", c'est à dire ne pas exprimer ce que l'on ressent
correspond à la nuance chagrin silencieux. Quand cette situation se traduit par
des spasmes et constrictions diverses avec le besoin de soupirer, Ign est le
remède royal (d'autant que les Ign sont toujours très tatillons et souvent
très bien habillés). Retenez le tableau que je vous ai décrit dans l'énoncé
il est tout à fait typique. Une phrase de Boericke résume bien leur état
d'esprit: quick to percieve and quick to act.
Ensuite,
Ign correspond à une position stratégique d'où vous pourrez envisager
sereinement Nat-m ou Sep par exemple. Apprenez chaque remède au sein de sa
famille, de sorte que les comparaisons entre eux s'établissent ensuite tout
naturellement.
R3 me fait penser à NAT M en répertoriant ainsi :
1- peur des voleurs (portes fermées)
2-affection suite d'humiliation (quand elle était à l'école)
3- aggr à la consol.
4-pensées tourmentantes
Vous avez eu raison de ne pas
regarder les ecchymoses qui appartiennent à R4. C'est très bien, je vois que
vous possédez bien le portrait du remède, donc votre esprit n'a guère eu de
peine à associer l'image de la patiente avec celle de Nat-m.
Arsenicum
appartient à une toute autre sphère que Nat-m. Il peut s'en rapprocher via
Phosphorus ou Staphysagria, mais vous voyez que si la prescription de Nat-m est
avérée, elle ne cadre pas bien avec une prescription initiale Ars.
Bien que les ecchymoses ne soient pas comprises dans le remède. De plus IGNIATIA ressort un peu mais il n'y a pas la notion de sel. Donc je préfère prescrire NAT.
Pour R4 suite à la répertorisation suivante :
1- sensible aux autres
2- ecchymoses
3-poisson
Je donnerai PHOS.
Tout à fait indiscutable.
Pour finir et puisqu'il s'agit des miasmes, lors de la première recherche du remède, il est ressorti
CARC.
Maillé dit de ce remède qu'il est une combinaison entre MEDO et TK. Tiraillé entre le terrain sycotique et celui de médo qui sont opposés en tous points.
Carc est tjrs en deça de ses possibilités, il craint les reproches et peu enclin à communiquer.
Peut être aurait il fallu donner alors CARC. en 200K en première séance afin de lever certains verrous.
Nous aurions alors découvert un terrain à tendance MEDO et donc directement arriver sur
PHOS.
Voilà j'espère ne pas m'être trop fourvoyé. J'attends avec impatience vos corrections et explications sur les miasmes que je ne connais qu'au travers du livre de F. Maillé.
Hé
bien, vous voyez à la lecture du cas clinique que vous traitez des miasmes à
la façon de M. Jourdain qui faisait de la prose sans le savoir.
Un
miasme correspond à un changement de l'état chronique du patient, se
traduisant cliniquement par la survenue d'un nouveau tableau chronique. Dans un
traitement au long cours, vous voyez comment les strates s'articulent pour
dégager peu à peu le remède de base.
Hahnemann
a dégagé 3 grands types de miasmes, en les classant d'après leur nature de
réaction:
la psore élimine en surface
la
sycose se replie sur elle même et stocke
le
luèse procède à une auto destruction
Il n'y a guère d'autre façon de réagir pour un
organisme atteint d'une maladie chronique. Cependant notez dès à présent que n'importe
quoi peut provoquer un miasme, il suffit que le trauma ou l'agression
externe tombe sur un registre de sensibilité du patient pour que tout le
tableau se mette à changer durablement.
Au cours
des mois qui viennent nous allons de plus en plus préciser ces notions qui sont
hélas devenues très fumeuses en France (certaines fois je trouve qu'il y un
relent de formules cabalistiques qui rappellent le langage des médecins du
temps de Molière). L'intérêt des miasmes consiste à comprendre pourquoi lors
de votre anamnèse vous ne pouvez jamais vous contenter d'additionner
mécaniquement les symptômes. Ils appartiennent à des couches, un peu comme
les gèrent les logiciels de dessin informatique.
Chaque
miasme possède son nosode qui est une dynamisation du produit de la maladie.
Ainsi Psor, Med, ou Syph ont ils leur usage selon leur similitude mais aussi
selon une visée miasmatique. Dans ce dernier cas, on joue la carte du nosode
lorsque la présence d'un miasme est telle que la réaction individuelle du
patient est terrassée et que rien de clair n'émerge du tableau. Dans ce cas,
et seulement dans ce cas, on peut donner le nosode. Autrement le prescrire de
façon routinière ou "pour le terrain" n'est que pure pratique
allopathique et ne revient qu'à risquer de greffer un miasme supplémentaire.
La prescription extravagante des nosodes et isothérapiques est une vraie
catastrophe entretenue par les théories du type séquentiel thérapie, ceci
n'est qu'une vague caricature d'homéopathie. L'origine de ce fléau remonte au
Dr Lux, qui était un vétérinaire. Celui-ci s'était imaginé qu'il suffirait
de prescrire l'agent causal dynamisé pour guérir les malades, cependant Hering
a démontré que cela ne fonctionne jamais.
Autre difficulté que vous pourriez éclaircir : à la lecture de l'article sur les doses liquides, je ne comprends pas la signification des chiffres placés après LM ( LM1 LM2 etc.). Merci pour vos lumières.
Je
vous conseille la lecture des articles consacrés à la dose liquide dans les
Stratégies de prescription. Hahnemann utilisait la posologie liquide aussi bien
avec les centésimale que les cinquante millésimales (LM). Celles ci sont
fabriquées selon une préparation proche du système c. Ont part de la 4 CH, en
solution. On fait sécher une goutte sur 500 petits grains de lactose, puis on
redissout un grain dans une goutte d'eau qui est plongée ensuite dans une
solution de 100 gouttes, etc. Amitiés.
Nom: Jean-Michel OULD - YOUNES
email: jean-michel.ould-younes de wanadoo.fr
Observation :
Bonjour et très bonne Année 2OOO à tous !
Pour R1, je sélectionne les rubriques :
1.- Mind, Reserved, displeasure
2.- Mind, Hurry, always
3.- Abdomen, Pain, aching; dull pain, operation from
ce qui me donne STAPHYSAGRIA
Pour R2, je répète Staphysagria et ... (je prévois en réserve CAUSTICUM)
1.- Mind, Brooding
2.- Face, pain; general, jaw, articulation
3.- Teeth, clich together, constant inclination to.
Bonjour,
Bonne année à
vous aussi, et merci de venir travailler avec nous, même in English even if we
have now some good translations of Kent's work in French.
Comme
vous avez fort justement gardé la même prescription pour R1 et R2, je me
permets de discuter globalement le choix de Staph qui est une piste
intéressante dans l'absolu si l'on considère le renfermement, mais qui ne peut
tenir devant la tendance aux spasmes et aux soupirs.
La
rubrique reserved displeasure provient de Knerr, lequel n'a fait que
reprendre la matière médicale de Hering. Cette rubrique appartient au chapitre
Colère. La liste des remèdes en question s'adapte donc aux colères contenues,
ce qui n'est pas le cas ici.
Le choix plus
approprié serait ici silent grief, et toutes les nuances undemonstrative,
etc. Ceci évoque bien entendu Ignatia en tout premier lieu, en fonction de la
stratégié de prescription que j'ai exposée plus haut.
La
rubrique always in hurry provient de Gallavardin qui est un auteur
possédant une fâcheuse tendance à l'exagération. Certains des signes qu'il a
observés sont très pertinents, mais la plupart des ajouts qui ont été faits
de cet auteur dans la Synthesis notamment, ne méritent pas de figurer dans le
répertoire. C'est le cas ici de Staph qui ne manifeste pas vraiment de
précipitation mais plutôt une addiction à quelque chose (travail, enfants,
etc.), ce qui n'est pas la même chose du tout. Cela vous a donc induit en
erreur, la rubrique du Kent où Ignatia est au second degré étant fort
correcte.
La rubrique pain from operation dans
abdomen figure dans le Complete Repertory et provient de Boericke. Souvent
les notes cliniques de Boericke sont très valables, cependant comme toujours il
faut remettre cela dans l'optique du remède avant de prescrire. En général
Staph est le remède de toutes les coupures franches et autres incisions ; sa
véritable indication survenait dans l'opération de la cholécystite aiguë, à
une époque où on posait des drains. C'est souvent un remède aigu en post op
immédiat. La rubrique comprenant aussi des remèdes comme Bismuth ne s'adapte
qu'au fait traumatique, or chez cette patiente il est clair qu'il existe une
dominante mentale dans l'étiologie des troubles.
Du
coup, même si l'emploi des deux autres rubriques Broyer du noir et Serrer les
dents est correct, vous passez à côté d'Ignatia.
Pour R3, NATRUM MURIATICUM
1.- Mind, Thoughts, persistent, unpleasant subjects, haunted by
2.- Mind, Fear, robbers, of
3.- Mind, Sensitive, oversensitive, music, to
4.- Mind, Offended, easily, takes everything in bad part
5.- Mind, Cares, worries, full of
Pour R4 PHOSPHORUS
1.- Mind, Sympathetic
2.- Vertigo, rising
3.- Skin, Ecchymoses
Amitiés à tous.
Pour la suite, no problème !
Amitiés.
Nom: Jean-Claude Ravalard
email: Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr
Observation :
Bonjour,
Pour la première consultation, compte tenu du côté méticuleux et de la
tendance à soupirer, le côté réservé, je pense que l'on peut ouvrir le cas
avec Ignatia Mkent
Lors de la 2° consultation, le très bon résultat m'incite à poursuivre dans
la même direction, Ignatia LM3.
Je pense que je serai parti en Août sur Natrum muriaticum, sur le côté très
réservé, très sensible, avec tendance à ressasser les évènements passés, à
ne pas supporter la contradiction, le désir de sel étant petite.
La dernière consultation me paraît clairement orienter sur Phosphorus.
Est-ce le bon chemin ?
Amitiés Jean-Claude.
Bonjour Jean Claude
Tu ne déroges pas ! Je ne trouve rien à redire ni à
développer. Amitiés.
Nom: Emmanuel Blesch
email: emmanuel.blesch de wanadoo.fr
Observation :
Bonjour à tous et merci pour ce nouveau cas qui me parait casse cou ; j'ai dans cette histoire clinique, de multiples occasions de me fourvoyer, et si d'aventure je trouvais les bons remèdes, aurais-je la sagesse de les caser au bon endroit dans ces quatre consultations successives? Allons y !
A la suite de la première consultation, je pense que Mme G a reçu de l'IGNATIA ; contexte de suite de contrariété, avec soupirs, boule dans la gorge, consciencieuse tout en étant précipitée (ce qui est paradoxal et évoque encore plus
IGN) ;
Au cours de la deuxième consultation, j'imagine qu'Edouard a enfoncé le clou avec IGN en LM, ce remède étant retrouvé dans pensée persistante, broyer du noir, et serrer les mâchoires ;
A la troisième consultation, c'est NATRUM MUR qui apparaît très vite dans le tableau, sous les traits caractéristiques de l'humiliation ancienne qui est ressassée (haine d'indien), la dévalorisation par rapport aux autres, la peur des voleurs (vérifie que les portes sont fermées), la sensibilité à la musique, le désir de sel, l'aggravation par la consolation et le besoin de rester seul avec sa peine.
Cependant, je suis gêné de ne pouvoir utiliser le signe « ecchymoses » ;
Si je ne me suis pas trompé sur les traces de notre ami, celui ci nous organise un final (quatrième consultation) vraiment « tout en beauté »
La patiente a retrouvé une joie de vivre toute tournée vers les autres ; la confrontation des rubriques compassion, sursauter, ecchymoses (cette fois le signe devient cohérent !) et l'inévitable désir de poisson font paraître PHOSPHORUS , son cortège symptomatique et son subtile mode de prescription caractéristiques, qui clôturent cette happy end; ...bon ...j'espère qu'il n'y a pas de fausse note.... ? à moins que j'aie joué faux d'un bout à l'autre du morceau ?
A bientôt à tous
Emmanuel
Bonjour Manu,
On sent que tu es maintenant habitué à la procédure.
Tu as très bien raisonné de bout en bout. Amitiés.
Nom: Michèle Bärtschi
email: baechlisbrunnen de bluewin.ch
Observation :
Bonjour et bonne année à tous,
Alors j'essaye d'éplucher l'oignon :)
La première couche et la dernière me semblent assez claires?
Entre deux, au cour j'hésite.
Je prends donc: I. Douleurs abdominales depuis 18 ans suite à une opération.
Elle fait tout très vite.
Soupire.
A la gorge nouée.
Est méticuleuse.
Impossible de lui en faire dire plus
1.Respiration :soupirs/Psychisme:soupirer
2.Gorge:boule
3.Psychisme:Pressée
4.Psychisme:,consciencieuse secrète
Sort en tête Ignatia
II.> du mal de ventre, et nouveaux symtômes: rumine Serre les dents et douleurs dans les atm
1.psy:ressasse
2.visage:douleur maxillaire, articulation temporo-maxillaire
3:dents :serre les/visage:serrées mâchoires
III.
Etouffe dans la foule
Recherchait petite le sel dans les aliments,sursaute facilement, sensible à la musique,langue blanche
1.Respiration:dyspnée, foule, dans une pièce emplie de: Arg.n(un seul remède!)
psy:anxiété foule
2.Estomac:désir de sel
3.Bouche :langue blanche
4.Sursaute facilement
Pour le 4ième remède
Désir de poisson
Vertige en se levant
Ecchymoses+++
On est en présence de phosphorus
Quand au remède du centre le remède r2 et r3 qui a été augmenté LM3 à LM5,j'ai hésité entre Nat.mur et
arg.n, mais finalement
j'opterais pour Nat.m
Bien amicalement
Michèle
Bonjour Michèle,
Je trouve que tu t'es bien débrouillée. Arg-n est
plein de peurs tandis que Nat-m ressasse des vieilles choses. Retiens le tableau
d'Ign très typique et rappelle toi que lorsque un remède agit aussi bien il
doit se trouver l'indication d'un complémentaire direct comme Nat-m ou Sep.
Amitiés et bonne année.
C'est encore moi. Je reprends la parole,en effet j'ai omis les miasmes, dans un coin du tableau!
Alors je reprends la répertorisation:
(C'est vrai que je suis restée avec beaucoup de questions quant aux miasmes et que ce n'est pas toujours très clair .
Peut-on commencer un trt par un nosode?ou doit-on attendre que le remède bien indiqué n'agisse pas comme souhaité?
A-t'on le droit de monter la dose ?je suis restée avec l'idée 200k,MK maximum une seule fois
A-t'on le droit de répéter?
Alors pour en revenir au cas :
Sort en tête : Medorrhinum(comportement pressé,renfermé ..
suivi de carcinosinum ressasse, sensibilité, compassion, secrète..
Reste à savoir quand et à quel moment les donner?
J'attends avec intérêt la correction quant aux choix des rubriques et des remèdes et /ou nosodes?
salutations et merci
Michèle
Re bonjour Michèle. Comme notre ami Jean Motte,
tu confonds miasmes et nosodes. La séquence des remèdes et leur enchaînement
correspond aux miasmes mais peu de praticiens en sont conscients. La
prescription d'un nosode est une autre affaire, nous en reparlerons.
Nom: Bouchoucha
email: marc.bouchoucha de wanadoo.fr
Observation :
Salut les amis .
Entre deux avions cela fait plaisir de retrouver le site . Bref, je detaillerais une autre fois : Ignatia pour R / R2 et R3 puis Natrum Mur qui est son chronique . A bientôt pour le verdict . Marc .
Salut Marco,
Cela fait plaisir de te revoir. Pour un vieux requin
comme toi, le cas ne fait guère de difficultés, cependant tu es pour un fois
un peu trop conservateur, passant ainsi à côté de l'indication de Phos.
Amitiés.
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