CAS 37 M Sylvain V., 36 ans
Afin d'occuper un peu vos vacances pascales, voici un cas qui devrait vous
intéresser.
Le problème de ce nouveau patient ne devrait pas trop tenir en haleine ceux
qui suivent nos séminaires de l'école, mais peut être nos autres amis auront-ils
quelques difficultés. L'optique des cas cliniques n'est évidemment pas de vous
faire sécher, mais bien au contraire en vous plaçant devant des situations
cliniques que vous rencontrerez fréquemment, de vous éviter des échecs et vous
préparer à la prescription de remèdes encore hélas peu usités. Le médicament
indiqué ici ressemble énormément à d'autres qui sont donnés par routine, et une
fois que vous l'aurez bien reconnu dans ses spécificités vous découvrirez un
grand polychreste.
Pour situer la famille, sachez que l'épouse de notre patient répond à
Phosphorus et que ses deux garçons se portent comme des charmes depuis
Carcinosin pour l'un et Medorrhinum pour l'autre.
De fait, notre patient, avec son aspect longiligne son regard empreint de
gentillesse, ses gestes déliés, m'évoque d'emblée Phosphorus ou consorts. Voyons
ce que l'entretien va nous apprendre.
Il est très "stressé" par son travail. Son prédecesseur s'étant tué en
montagne, il s'est trouvé bombardé d'un coup à son nouveau poste, à gérer des
dossiers difficiles. S'il consulte sur la demande de sa femme c'est qu'il est à
la limite de la dépression nerveuse.
Les comportements de beaucoup de gens le déçoivent beaucoup, il y est très
sensible. Comme c'est quelqu'un qui tient beaucoup à une certaine éthique et à
la véracité des rapports humains, il s'émeut de toute cette petite cour qui
gravite autour du patron. D'ailleurs, il ajoute sur un ton désabusé qu'il est le
seul à "s'engueuler avec le patron". "Je suis arrivé au point où je suis usé, je
leur dis laissez moi tranquille". Il en a assez et voudrait ne plus avoir à
croiser tout ce monde, il n'a plus envie d'y aller. Sa femme dit qu'il n'a plus
de ressort, qu'il n'est plus enjoué.
C'est un homme très sensible et qui se définit comme très sociable, qui peut
pleurer facilement, déjà avant d'être mal au point où nous le voyons. Il dit "la
misère du monde me fait ch...". Son travail est impeccable d'autant qu'il
anticipe beaucoup et qu'il planifie tout longtemps à l'avance.
Outre cette situation dans laquelle il se débat, il présente des douleurs
epigastriques qui le gênent considérablement. Il n'y a pas de modalités bien
nettes, ces douleurs se produisent très soudainement, sont très intenses. Il a
volontiers "la boule au ventre", le soir son abdomen est dur et plein d'air.
Il a beaucoup de pellicules, étant enfant il a fait beaucoup de psoriasis du
cuir chevelu et des membres supérieurs.
Il a un très bon appétit, et même souvent encore faim après le repas.
Je vous épargne le reste de l'observation pour vous faire gagner du temps.
Peu importe que vous adressiez le nom d'un médicament, développez votre
raisonnement.
A vous de jouer !
Nom: Emmanuel Blesch
email: emmanuel.blesch de wanadoo.fr
Observation
Bonjour Edouard, bonjour à tous.
Le cas N° 36 a été pour moi impressionnant pour plusieurs raisons ; 1/ : la
banalité du motif de consultation : un goitre qu'il devient nécessaire d'opérer
dans un but diagnostique et thérapeutique ; qui de nous n'a rencontré cette
pathologie très fréquente à notre époque et depuis un peu plus de dix ans ? 2/ :
l'étonnant résultat obtenu par le traitement ...c'est tout simplement "
extraordinaire " ! 3/ : le remède donné...qui me fait longuement méditer, quant
à son origine autant qu'à sa puissance...
Mais nous voici avec le cas N°37, de nouveau plongé dans le quotidien de nos
consultations ; un homme courageux travaille dans une entreprise où règne comme
partout actuellement, la loi du " toujours plus " et de " l'intrigue " ; il est
épuisé par l'ambiance dans laquelle il travaille; de nature altruiste, il en
vient paradoxalement à ne plus vouloir voir personne ; nos confrères psychiatres
appellent cet état d'épuisement professionnel le " burn out " ;
Voici ma réflexion personnelle : Ce besoin de fuir me semble être l'idée
centrale du remède à prescrire en utilisant la rubrique : " fuit la sottise des
hommes " : CICUTA
Il me suffirait alors de vérifier si le remède est présent dans d'autres
rubriques incontournables qui caractériseraient notre patient : " anticipation "
(il planifie tout) " compassion " (la misère du monde) " appétit augmenté après
le repas " accessoirement " coûtes du cuir chevelu "
Je pense que CICUTA est la bonne réponse
Je rajouterais qu'il est à craindre que le burn out ne gagne encore du
terrain dans le monde du travail, et que j'ai sans doute laissé passer plus d'un
Cicuta sans le voir !
Merci pour cette observation d'une grande actualité dans nos consultations ;
Mes amitiés confraternelles à chacun
Cher Emmanuel,
En effet, on peut et on doit méditer longtemps quant à
l'action (et au rayon d'action) d'un médicament comme Carc. On reste songeur
quand on sait qu'il est théoriquement impossible de le prescrire en France. Tu
te poses les bonnes questions, seule l'observation assidue des malades et de nos
résultats cliniques doit nous éclairer.
A la lumière de toutes tes contributions précédentes je
puis mesurer combien ta façon d'envisager un cas a évolué, peut être t'en es tu
rendu compte. Gain de clarté, de concision, de précision. En tous points je te
dis bravo.
Le résultat ne tarde pas : en dégageant l'essentiel,
l'incontournable, ce qui ne peut être omis, tu cernes d'emblée les candidats
possibles. Nous sommes en effet devant le cas d'un homme intègre dégouté par ce
qu'on lui fait subir et qui désire fuir, échapper à cela. L'indication
de Cicuta devient évidente.
Le reste de ton analyse est parfait : il faut en
effet toujours se donner la peine de vérifier que le médicament sélectionné sur
l'incontournable couvre aussi les signes plus communs. Aurait-on l'idée de
porter un costume qui ne soit ajusté qu'au niveau du col ?
Console toi, j'ai manqué un nombre de Cicuta que je
préfère ne pas calculer. Aujourd'hui que ses indication "nouvelles" sont
enfin dégagées, tu ne manqueras pas de constater que ce "super Staphysagria" est
hélas fréquemment indiqué.
La diffiréence essentielle avec Staph, c'est que Cicuta
se trouve dégouté des hommes à cause de leur comportement non éthique. Alors que
Staph est plutôt concerné par ses problèmes personnels.
A bientôt et merci pour ce très bon raisonnement.
Amicalement.
Nom: Myriam CHAUMERY
email: myriam chaumery de wanadoo.fr
Observation
Ce monsieur que je verrais plus comme un bon exécutant type Calcarea bien
qu'il n'en est pas le physique se trouve pas loin de la dépression par
surmenage. Sensible, émotif,sociable avec son style çà me fait penser à
Phosphorus... Mais il a des spasmes ce monsieur alors que Phosphorus brûle.
Ce qui est nouveau: * désir d'être seul * Le seul à s'engueuler avec son
patron comme si c'était normal. Sous-entendu " moi je ne lui lèche pas les
bottes"? * faim apres le repas * adynamie
Tout cela me fait penser à PETROLEUM qui est amélioré par les repas et que
semble confirmé les antécédents de psoriasis.
Amitiés.
Myriam.
Bonjour Myriam,
Vous démarrez avec des notions qui risquent de vous
égarer rapidement à cause de leur imprécision.
La matière médicale ne nous renseigne pas vraiment sur
les "bons exécutants", et Phosphorus est loin d'être le seul médicament à
convenir à des gens émotifs et sociables.
Votre attention ensuite est attirée par des symptômes,
mais vous avez encore un peu de mal à les hiérarchiser et surtout à voir à quels
médicaments de la matière médicale ils correspondent. Vous avez bien vu qu'il y
avait quelque chose à glaner dans son attitude envers le patron, mais vous
n'avez pas pu exploiter ce signe, comment l'interpréter ? Pourquoi
refuse-t-il le système "lèche bottes" ? Ceci fait apparaître son
écoeurement qui provoque en lui ce désir d'être seul. L'autre signe curieux que
vous avez relevé c'est la faim après les repas. Voilà qui est hautement anormal
chez les humains. Le recoupement nous amène à une quinzaine de médicaments,
parmi lesquels Cicuta est classé au second rang par PcKent.
Petroleum possède toutes sortes de faim, à des moments
bizarres comme après la selle ou la nuit, et tout en restant maigre. Mais
Petroleum se distignue de Phos, Lyc, Psor et Cic en ce sens qu'il ne présente
pas l'appétit après manger. Attention donc de ne pas fausser les circonstances
en faisant appel à un signe général de Petroleum (> après manger) qui ne
correspond pas au symptôme du malade. Faites aussi attention à ne pas vous
pièger vous mêmes en confortant le remède auquel vous pensez grâce à des signes
banals (le psoriasis), qui ne sont que de "fausses preuves". Certes Petr
présente abondamment du psoriasis ou tout trouble cutané, mais des centaines
d'autres médicaments aussi.
Pour le prochain cas, je vous suggère de commencer à
raisonner différemment. Sans même chercher à trouver le remède indiqué (c'est ce
qui nous intéresse le moins), tentez de trouver quel(s) signe(s) ne peut pas
être omis. Tentez dans un premier temps de trouver ce qui caractérise le malade,
en dehors de toute autre notion. Puis nous verrons comment trouver ce qu'il
convient dans la matière médicale. Ca risque de vous paraître dur dans un
premier temps, mais vous ne serez pas déçue ensuite !
Merci d'avoir pris la peine de participer, et j'espère à
très bientôt.
Amitiés.
Nom: Edouard TROESCH
email: eddy de titus.u-strasbg.fr
Observation
Bonjour à tous..
Voici ce qui me frappe chez cette personne :
- les comportements de beaucoup de gens le déçoivent beaucoup =>
affections suite de déception - il en a assez et voudrait ne plus avoir à
croiser tout ce monde => fuit la sottise des hommes / aversion pour la
compagnie
Ce qui me donne Cicuta virosa, remède qui correspond à des gens qui sont
déçus par des comportements qui ne correspondent pas à leurs propres valeurs
morales ou éthiques.
Ca colle avec : - le regard empreint de gentillesse - la sensibilité, le fait
de pleurer facilement - le côté compassion : la misère de monde me fait chier -
l'anticipation, l'anxiété pour le futur - la douleur de l'estomac la nuit - les
pellicules - le psoriasis du fait que Cic possède un tas d'éruptions qui sont
localisées préférentiellement aux endroits où il y a des poils. - le bon appétit
avec le fait d'avoir encore faim après avoir manger
En attendant le prochain cas clinique, bonne journée à tout le monde et à
bientôt. Edouard
Bonjour Edouard,
C'est bien. Tu commences par "voilà ce qui me frappe". Il
faut toujours envisager un cas sous cet angle. Vous trouverez dans la section
Stratégies de PH un article de Kent sur le sujet "Le point d evue nécessaire à
une bonne prescription".
Ensuite, une fois défini le candidat ou la poignée de
remèdes convenant à ce qui frappe, il faut voir si les autres signes agréent.
C'est ce que tu fais.
A bientôt à l'école ! Amicalement.
Nom: Michèle Bärtschi
email: bächlisbrunnen de bluewin.ch
Observation
Bonjour,
Dans le cas 37, il s'agit d'un homme épuisé, déprimé suite à un surcroit de
travail dû à la reprise de dossiers et poste de son prédecesseur décédé.
Ce surmenage nerveux, intellectuel fait qu'il ne supporte plus les gens avec
lesquels il travaille, il devient irritable, leur demande la paix et "s'engueule
avec le patron" . C'est une personne hypersensible, touchée par la misère du
monde qui pleure facilement . Il est très bien organisé dans son travail,
systématique.
D'autre part il présente des douleurs épigastriques qu'il exprime:sensation
de "boule à l'estomac " avec beaucoup d'air.... et il a faim après avoir mangé.
Nous sommes donc en présence d'une personne fatiguée,stressée,épuisée avec
un sens du devoir poussé qui consulte,à la limite de la dépression nerveuse
"envoyée par sa femme"et avec tout ce qui précède, on se trouve dans une
ambiance potassium.
En terme répertorial,je prendrais en premier symptôme l'étiologie:
1.Psychisme:Travail intellectuel.surmenage intellectuel,suites de: Agar.,
cupr., Kali.i., kali-p., lyc., Nat.c., nat-m., Nux-v., phos., Tub.
2.Psychisme:Irritabilité.Parle quand on lui parle: ars.,aur.,carb-s.,Cham.,elaps.,gels.,graph.,hyos.,kali-p-.nat-m.,nat-s.,
nit-ac.,nux-v.,rhus-t.,sep.,sil.,staph.,stram.,sulf.,
tep.,ust.,verat.
3.Estomac:vide,sensation de,soir après manger: Agar.,alum.,
arn.,bov.,calad.,cab-v.,chol.,Cina.,dig.,grat.,hydr.,kali-p.,lach.,laur.,lyc.,myric.,nat-p.,olnd.op.,plan.,ptel.,
puls.,raph.,sang.,sars.,sil.,stann.,thuj.,verat.,zinc.
Il en ressort le remède couvrant les trois symptômes et contenant les deux
composantes: potassium et phosphore: Kalium phosphoricum.
Boericke:"un des plus grands remèdes nerveux"
Lathoud:"Le remède est utile chez les personnes usées par les ennuis, un
travail prolongé:hommes d'affaires surmenés,intellectuels fatigués.Elles
présentent une dépression nerveuse générale,fonctionnelle et nutritive..
Irritables,n'aiment pas qu'on leur parle...Troubles dyspeptiques.
Kent:" Ce remède convient parfaitement aux jeunes,aux personnes
hypersensibles, nerveuses, délicates,anémiées épuisées par de longues
souffrances,de grandes peines...
Cordialement et bonnes vacances! (les nôtres se sont passées dans le jardin
:elles ont eu lieu pendant les fêtes et étaient un peu plus printannières :)
Maintenant nous avons de la neige, mais le soleil arrivant les températures vont
monter.. pour nous catapulter d'un coup dans l'été. Salutations
Michèle
Chère Michèle,
Ravie de te "revoir" sur nos cas, en voilà une sérieuse
qui travaille !
Il va falloir que nous trouvions le juste équilibre.
Myriam, voir ci-dessus, utilise fort peu le répertoire, et toi tu attaques sabre
au clair avec des rubriques qu'il va falloir me revoir quelque peu.
La rubrique suite de surmenage intellectuel s'adresse aux
gens épuisés par trop d'études ou de réflexions. Ce n'est pas le cas de notre
patient, qui bien que surmené est surtout < par une ambiance au travail qui
lui pèse de plus en plus.
L'irritabilité quand on lui parle... J'ai peur que ce
signe ne soit ni assez marqué ni assez inexplicable pour parvenir au rang
d'étrange pour qu'il faille le retenir.
Estomac vide, le soir après manger. Est tu sûre d'ouvrir
la bonne rubrique ? La rubrique générale Appétit manger après est la seule
que je vois indiquée.
Curieusement, personne ne s'est interrogé devant ces
douleurs d'estomac très soudaines. Il y a Cic, Cupr et Elaps pour couvrir ce
signe. La soudaineté caractérise la douleur et dans une mesure le malade, il
faut toujours aller regarder de tels signes.
Pour conclure, fais bien attention aux "causalités", que
nous baptisons telles en fonction seulement de notre entendement du cas. Une
erreur d'estimation et nous voilà dans le décor. La causalité de Cicuta est la
déception. Il convient d'ajouter le remède au second ou au troisième degré dans
la rubrique.
Amitiés.
Nom: Ségu serge
email: serge.ségu de uni-medecine.fr
Observation
1 père + 2 fils = 3 nosodes ?
1.MIND. SENSITIVE, moral impressions, to
2.STOMACH. APPETITE, increased,
eating, after, ravenous, eating, after
3.HEAD. DANDRUFF
= Psorinum "misère", "fait chier", "laissez-moi", "je suis usé" manque de
ressort et peau
Serge Ségu. Châteaudun
Bonjour.
C'est vrai qu'il existe parfois des cas de figure peu
banals. Déjà les deux enfants relevant chacun d'un nosode, ce n'est pas courant,
quoiqu'il existe un très grand lien entre Med et Carc, lien qui me semble
observé par peu d'auteurs jusqu'à présent. Cela dit, les médicaments des garçons
viennent en général du côté de la mère, les rapports entre Phos et Carc n'étant
plus à souligner, il existe aussi des relations entre Phos et Med.
Votre approche du cas est intéressante. C'est une bonne
idée d'utiliser la rubrique Sensibilité aux impressions morales, elle est
certainement appropriée. Malheureusement, dans le répertoire d'origine elle ne
contient que quatre médicaments au premier degré (dont Psorinum). Un telle liste
doit être regardée avec suspicion car probablement incomplète. Dans le cas
présent, si l'on songe que Cic est présent dans la fameuse rubrique,
Misanthropie, fuit la sottise des hommes, c'est bien que ce remède présente une
sensibilité au sens moral. C'est parce que son éthique est heurtée que le malade
développe un état Cicuta. Le répertoire doit redevenir quelque chose de vivant,
nous devons le compléter, le remanier, mais avec sagesse, pas en y ajoutant tout
et n'importe quoi comme nous le voyons faire actuellement, cette rubrique devra
donc accueillir Cicuta dans une prochaine édition.
Donc, pas de chance, vous choisissez un point de départ
tout à fait plaisible, mais la rubrique incomplète vous fait perde la route.
Dans ce genre de situations, j'ai déjà eu l'occasion de dire qu'il faut faire
comme Tarzan: si une liane ne mène pas à la bonne direction, il faut savoir la
lâcher pour en saisir une autre. En d'autres termes, je crains que vous ne vous
soyez un peu "accroché" à Psorinum, d'autant qu'ensuite le signe caractéristique
Appétit augmenté après manger le confirmait.
C'est alors que vous gâtez les choses en considérant les
pellicules, signe commun s'il en est, et qui ne sont pas vraiment au centre du
problème. L'idée que je perçois c'est que pour trancher entre Digitalis,
Staphysagria et Psorinum que vous sélection fait apparaître, vous prenez Psor à
cause de son affinité cutanée. Ce raisonnement est trop hâtif et conduit à une
erreur.
Par exemple, sachant que notre patient avait fait du
psoriasis, vous auriez pu regarder la rubrique Eruptions Crouteuses du cuir
chevelu, ce qui ne manquait pas de faire apparaître Cic.
Mais avant même de considérer une éruption, je pense que
les douleurs épigastriques soudaines auraient dû attirer votre attention. Dans
ces conditions, trois médicaments sont à considérer : Cic, Staph et
Psor.
La dépression de Psorinum se caractérise par le
désespoir, le sentiment que rien ne peut changer ni évoluer en mieux. Les sujets
Psorinum sont marqués par le manque : de volonté, d'énergie, de
cicatrisation, d'envie de vivre, etc. Le manque se situe aussi au niveau gestion
thermique, les sujets de Psorinum étant toujours (si tant est qu'on puisse dire
toujours en médecine) sensibles au froid.
Ici vous voyez que le tableau ne convient pas. Nous
sommes devant un homme déçu et désespéré. Pour remédier à sa situation, sa
réaction est la fuite. Un sujet Psorinum n'aurait jamais l'énergie de se mettre
à fuir, il se laisserait couler. Enfin, notez que l'anxiété omniprésente dans
Psorinum n'est pas présente ici.
Pour résumer, voici du bon travail, mais je vous
recommande :
-
d'être plus souple, de ne pas hésiter à reconsidérer
chaque symptôme, comme vous choisiriez un bon camembert à
l'étalage ;
-
de chercher à valoriser mieux encore vos symptômes de
sorte que vous déterminiez d'abord la liste des remèdes qui couvrent les
signes caractéristiques afin d'étudier ensuite celui qui couvre aussi les
signes d'importance moindre.
Amicalement, et à bientôt.
Nom: Jean-Claude Ravalard
email: Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr
Observation
Bonjour, voilà ce cas 37, pour lequel les habitués de St Jorioz sont
parait-il favorisés.
J'ai bien failli me planter et proposer Lycop. mais en réfléchissant, je me
suis dit que cela me rappelait quelque chose. Quels symptômes choisir ?
Commençons par le plus facile: appétit dévorant après manger; sensibilité.
On peut retenir également : désire rentrer chez lui.
On sent chez Sylvain, une profonde déception, un désir de se retirer une
certaine misanthropie, jusqu'à fuir ces congénères..
Allez, c'est notre Cicuta que voilà se dégager, d'autant qu'il se trouve à la
rubrique: Es/douleur/soudaine. Il n'est pas à Abd/météorisme/soir mais il se
trouve dans la rubrique Abd/météorisme et à Ge/soir agg. De même, Cicuta n'est
pas dans la rubrique Pellicules, mais il est bien connu pour donner des
problèmes de peau et d'éruptions crouteuses.
Amitiés. Jean-Claude.
Cher Jean Claude,
Voilà une façon artistique de te servir du répertoire.
Vraiment comme j'aimerais voir faire plus souvent. Cicuta n'est pas dans la
rubrique Météorisme le soir, mais présent dans Météorisme et Généralités < le
soir. C'est ainsi qu'il faut utiliser la généralisation. Même raisonnement avec
les éruptions. Cela nécessite de la souplesse, et de l'adaptation dans le
raisonnement.
Beaucoup de finesse aussi pour avoir vu le symptôme
Désire rentrer chez lui. Je ne l'avais pas vu pour ma part ; et tu as bien
raison, notre patient ne voudrait plus quitter sa maison.
Rien à dire pour le raisonnement non plus qui consiste à
privilégier les signes rares et caractéristiques. Tu as cerné les deux
importants: douleur d'estomac soudaines, faim après le repas.
A très bientôt ! Amitiés.
Nom: Pierre REYES
email: preyes de caramail.com
Observation
Dans un premier temps, j'ai pensé pour ce cas 37 à Lycopodium. Puis, en
considérant le symptome "trés sensible à la misère du monde", (dans le KENT,
sensible aux histoires tristes) j'ai retenu CICUTA. L'appétit vorace aprés
manger, la misanthropie, le fait qu'il souhaite rester au calme, le caractère
brutal des crampes abdominales confirment me semble t-il le remède. (Il manque
peut-être le psoriasis ?)
Ce qui me semble caractéristique dans le cas de ce patient, c'est d'éprouver
une peine démesurée, une grande sensibilité devant des histoires tristes : gros
key-note de CICUTA. Avec les images des réfugiés du KOSOVO, il y a de bonnes
chances de voir sortir des CICUTA par les temps qui courent !
Cordialement.
Bonjour.
Très bon raisonnement. Vous nous démontrez comment en
saisissant l'essentiel, tout le reste du cas se dégage de facçon
artistique.
Les 3 symptômes importants sont retenus: "sensibilité à
la misère du monde" (et toutes ses variantes, histoires tristes, compassion,
horribles <, etc). La faim après manger. La soudaineneté des douleurs
gastriques.
Cicuta présente une telle affinité pour les éruptions de
la tête ou des parties pileuses, surtout crouteuses, que la question du
psoriasis se résoud d'elle même.
Le symptôme sensibilité aux histoires tristes est encore
plus qu'une key note, Cic présente une valorisation relative de 2
points !
Il y a hélas fort à parier que les cas de Cicuta se
multiplient : entre les évènements internationaux (dignité humaine est
bafouée), les malversations en tous genres de nos dirigeants (négation de
l'éthique), l'homme pensant a toutes les raisons d'être révolté...
Un sage a écrit: ayons la volonté de changer ce qui peut
l'être, le courage de conserver ce qui ne peut l'être, et la sagesse de
discerner entre les deux. Du moins notre thérapeutique permet-elle de restaurer
l'homme dans sa dignité et sa liberté. C'est sans doute une des raisons qui rend
l'homéopathie insupportable aux yeux de certains.
Merci pour votre contribution. Amicalement.
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