CAS 35 Mme C- Mireille, 58 ans, psoriasis
Je vois Madame C pour la première fois le 20 juillet 98.
Je soigne déjà sa fille qui a eu de gros problèmes, notamment
d'hypersudation, qui ont été réglés par Graph. Aussi, elle consulte pour son
psoriasis qui a débuté en Mars de cette année. Je lui fais part du plaisir que
j'ai à constater que pour une fois l'homéopathe est le premier consulté et
n'arrive pas au bout de 20 ans au terme d'une longue liste de spécialistes (et in petto, je me dis que j'ai intérêt à ne pas rater ce cas pour ne pas
paraître ridicule).
Or donc, ce psoriasis s'est déclaré à la jambe gauche. Comme je connais un
peu le répertoire, je me dis que la piste est trop belle pour ne pas être
courue. En effet, cette femme visiblement très sensible pourrait bien avoir
besoin de Phosphorus. Avec cette première idée en tête je poursuis l'entretien.
Sur le plan émotionnel notre malheureuse patiente a eu bien des soucis en
cumulant sur une période de quelques années
le décès de son père, de sa mère, de son frère (d'une leucémie)
la vente
d'un appartement auquel elle tenait beaucoup
Juste avant que les premières lésions n'apparaissent, elle a eu une énorme
poussée d'hémorroïdes. Ceci me désoriente quelque peu car je ne vois pas comment
exploiter ce signe, et je commence à sentir que nous ne sommes peut être pas en
présence d'un polychreste de type Phosphorus ou Arsenicum. Certains de mes amis
qui m'ont comparé à un gros crocodile guettant sa proie comprendront alors que
j'ai ouvert l'autre oeil...
Notre malade est une angoissée perpétuelle. Elle dit "je culpabilise sur
plein de choses, par exemple si je n'ai pas fait mon ménage". Pour préciser ce
qu'elle entend par le terme familier "culpabiliser" je lui demande de me donner
d'autres exemples. Elle explique alors que dans son métier elle avait le
sentiment de ne pas faire assez bien, que les autres faisaient toujours mieux
qu'elle. De plus elle a une réelle hyperactivité, une manie du travail, qu'on
peut mettre sur le compte de cette anxiété. Ce signe mental pouvant être
interprété de plusieurs façons, je le garde donc en réserve pour l'exploiter
ultérieurement, car il est certainement capital que le remède prescrit couvre ce
signe.
L'anxiété me dit ma malade, "est certainement responsable des cauchemars que
je fais". Très souvent elle rêve de passer des examens ou d'être perdue, ne
sachant plus trouver son chemin.
A cet instant le sourire me revient, et je sais que je puis refermer un oeil
car il ne peut y avoir qu'un seul candidat qui couvre mathématiquement le
cas.
Pour l'intérêt de l'exercice, je vous propose de ne pas faire défiler la page
pour la suite du cas où j'ai posé des questions pour préciser mon choix. Quel remède évoquez vous ?
Je demande alors à notre patiente comment elle supporte les disputes.
"Ah ! c'est terrible, je ne les supporte pas, il faut que je fasse la paix
autour de moi " (propos recueillis spontanément). Enfant elle ne supportait pas
de voir ses parents se disputer, elle en est encore très traumatisée, soit elle
fait régner la paix, soit elle fuit toute querelle. Si son mari se fâche elle
perd littéralement tous ses moyens, aussi fait-elle tout pour ne pas le fâcher,
au point qu'elle reconnaît qu'elle en arrive à faire des compromis
"invraisemblables". Elle a absolument besoin de présence autour d'elle.
Si vous n'avez pas trouvé, ce n'est pas grave, je saute encore quelques
lignes pour ne pas vous influencer.
Sur le plan alimentaire, elle n'a jamais aimé le lait, cette seule évocation
lui fait faire une grimace. Par contre elle "adore" les fruits et légumes.
Enfin, son sommeil n'est pas réparateur, elle se trouve "plus fatiguée au
réveil qu'au moment de se coucher".
Sur la peau je note la présence de nombreuses verrues séborrhéïques.
Le fait que la fille de la patiente m'apprenne que sa mère a une peur panique
de l'eau ne m'empêche pas de prescrire R1 en M
Kent.
Deux jours après avoir quelques graines de la dose, notre patiente a eu une
très forte fièvre avec une transpiration très nauséabonde et extrêmement
abondante au point qu'elle a dû se changer trois ou quatre fois cette nuit là.
Avec la fièvre une petite toux sèche qui a duré aussi quelques jours.
Elle est restée deux jours littéralement prostrée, incapable de prendre autre
chose que du bouillon de légumes.
En Août elle a eu ainsi deux accès de fièvre, puis trois autres en Septembre.
Chaque accès étant un peu moins fort que le précédent. Je n'ai pas eu le plaisir
de constater des accès au rythme de toutes les trois semaines comme j'aurais
aimé...
Les hémorroïdes ont très vite regressé aussi. La fissure anale
(dont elle n'avait pas parlé, alors qu'elle saignait à chaque fois qu'elle
allait à la selle) a guéri très vite.
Elle a noté d'elle même que son
très fort désir de choses acides (dont elle n'avait pas parlé alors que j'ai
bien dû lui demander) a quasiment disparu alors qu'elle avait littéralement
besoin de l'acidité du citron pour démarrer la journée.
Elle dort "super bien" et ne fait plus de cauchemars. Elle est devenue bien
moins craintive, plus sûre d'elle, et surtout aussi moins susceptible, "avant,
j'aurais pleuré pour moins que rien".
Ah, j'oubliais. Le psoriasis est
presque parti il reste quelque vagues lésions sur les jambes là où cela avait
commencé dit-elle. Ca a régressé dans l'autre sens rajoute la malade...
En date de Septembre 1998, il reste toujours cette crainte terrible de
l'eau ; même petite, elle ne supportait pas qu'on lui lave les
cheveux ; elle avait une peur terrifiante en voyant le lac ; elle a eu
à la naissance des bains d'eau chaude et froide à la naissance, et se demande si
ce n'est pas en rapport.
Faites moi parvenir (sans tricher) votre raisonnement même s'il s'avère ne
pas conduire au remède qui devient évident à la fin de l'énoncé.
Nom: Emmanuel Blesch
email: Emmanuel.blesch de wanadoo.fr
Observation
Bonjour chers amis, bonjour Edouard
Il y a dans cette observation beaucoup de symptômes qui me font me précipiter
sur le répertoire ; c'est le souci de traiter trop vite le problème qui me fait
trébucher ; aussi cette fois, je décide d'écouter la suite du premier paragraphe
; les rêves arrivent à la rescousse, dans un aveu spontané de la patiente, ce
qui est " de l'or en barre ".
Elle est perdue et cherche son chemin ; elle passe
des examens (rêve efforts...) A ce stade de l'histoire, tu dis que tu
souris...Ed, tu penses sans doute à Magnesia carbonica ! Je pense à une dame que tu
nous a présentée au week-end Aude Sapere du 25-26/04/98 qui rêvait de se perdre
dans sa maison...Victime d'un climat familial violent dans son enfance,
(désaccord entre les parents) elle ne supportait pas la discorde et essayait
elle aussi de régler les conflits au plus vite ; son remède était Magnesia carbonica ;
Aussi la lecture de la suite du cas m'oriente vers le choix de ce remède ;
cependant, je ne sais pas quelle rubrique représente le mieux ce concept de
souffrance psychique face à la discorde ; peut être faut-il ruser ( mais je vais
alors peut-être tomber dans l'interprétatif ) en disant : " cette dame a peur
qu'on ne l'aime plus, la colère de son mari l'épouvante, et elle fait tout pour
le calmer " ; la rubrique utilisable serait alors : " ne se croit pas aimé
de.... " avec Magnesia Carb seul ; Le troisième paragraphe de cette histoire est
la " cerise sur le gâteau ", avec les rubriques : aversion lait et sommeil non
réparateur ! Il me semble en résumé que le traitement repose sur trois rubriques
: 1/Rêve effort infructueux pour retrouver son chemin 2/illusion ne se croit pas
aimé de ses parents, époux, amis 3/aversion lait
La rubrique sommeil non réparateur confirmerait le remède : Magnesia carbonica ;
Je ne sais pas où caser l'histoire des hémorroïdes, ni les accès fébriles
successifs ; J'envoie donc cette première mouture en redisant quel plaisir
représente pour moi la lecture finale de chaque cas clinique, véritable mine
d'information et de recherche ; Merci cher Edouard !
Mes amitiés à chacun. Manu
Cher Manu,
Hé bien, tes contributions deviennent de plus en plus
magistrales. Tu as su foncer droit sur le ou les signes rares et donc
caractéristiques du patient de sorte que très vite t'apparaît le remède. Ensuite
tu t'es donné la peine de t'assurer de sa cohérence.
Quand l'hypothèse Magnesia carbonica m'est venue à l'esprit à cause du
rêve et de l'hyperactivité (en termes du répertoire : travail, manie du),
j'ai tout de suite cherché à en confirmer l'indication en recherchant la
problématique de l'abandon et la fuite des conflits.
Permets moi de développer un point important ici. Il y a
une raison psychologique que nous chercherons à étudier plus tard au besoin,
mais quelle que soit cette raison, cela se traduit chez la patiente par ce
besoin d'activité incessante. Sans avoir besoin d'interpréter quoi que ce soit,
il faut considérer la rubrique manie du travail. C'est une approche "objective"
des signes mentaux qu'il faut avoir. Autrement une approche d'emblée
interprétative correspond à une prise de risques maximum qui conduit à l'échec
le plus souvent.
Une fois que l'on évoque le remède grâce aux signes non
interprétables, on peut se hasarder à rendre compte du reste. Elle dit "je
culpabilise sur plein de choses, par exemple si je n'ai pas fait mon ménage",
dans son métier elle avait le sentiment de ne pas faire assez bien, que les
autres faisaient toujours mieux qu'elle. Sur le fond, Magnesia carbonica est rongé tout
autant que Pulsatilla par le sentiment d'abandon. C'est pourquoi ces deux
remèdes sont souvent confondus. Pulsatilla sera gentil et cherchera à plaire par
tous les moyens en étant doux et gentil, très consciencieux dans ce qu'il
entreprend. Dans Magnesia carbonica le sentiment d'abandon est conjuré par le travail, comme
si le malade avait besoin de se rendre irremplaçable par son travail : on
ne pourra pas m'abandonner si je suis indispensable. D'où ce travail
incessant : briquer la maison, s'occuper de toutes les tâches ménagères,
faire mieux que les autres au boulot, non pas comme dans Lycopodium qui veut
être le meilleur ou le chef, mais seulement pour se rendre indispensable et
qu'on ne l'abandonne pas.
Magnesia carbonica est un remède de suites de frayeur, c'est là une
autre clé du remède selon moi. Ce n'est pas n'importe quelle frayeur qui appelle
Magnesia carbonica. Si on met en parallèle frayeur et abandon, c'est bien les suites d'une
peur d'être abandonné qui indique le remède. Magnesia carbonica devient ainsi un remède
prépondérant chez les enfants ayant assisté à de nombreuses disputes parentales,
et qui on ressenti très fort le risque de séparation. Il devient alors très
difficile de le séparer d'avec Pulsatilla. Théoriquement Magnesia carbonica est < par le
lait et Pulsatilla par le gras. En pratique l'enfant Pulsatilla est timide,
pleurnichard et jaloux, il trie la viande pour en séparer les morceaux (gras,
etc.) qui lui déplaisent. Parfois c'est seulement l'absence de jalousie ou
l'absence d'aversion marquée pour le gras qui font donner Magnesia carbonica.
Bien sûr dans le cas présent on est gâtés par les
nombreuses modalités alimentaires qui ne laissent plus de place au doute. Je
note que tu ne perds pas ton temps au séminaire non plus, ce qui me fait bien
plaisir car le cas de Magnesia carbonica que nous avions vu ensemble était très
caractéristique.
Je voulais aussi vous montrer que mathématiquement en se
basant sur deux signes caractéristiques comme le rêve de se perdre et la manie
du travail, on peut tout de suite évoquer un remède. Cela peut surprendre ceux à
qui on a expliqué qu'une consultation homéopathique doit durer des heures, mais
j'ai eu largement l'occasion de vous démontrer que cette façon de faire n'est
qu'une déformation de l'homéopathie.
Excellent travail donc. A bientôt. Amitiés.
Nom: Delaunay Alain
email:
Observation
Bonjour Ed et les amis.
Il s'agit d'une patiente très sensible ; mais cela est trop vague pour le
retenir : musique, bruit, reproches, injustice ? Je résiste à l'envie de retenir
la rubrique "suite de soucis "qui me semble trop restreinte d'une part, et le
lien de causalité n'est pas non plus certain ! Ce qui me paraît solide : les
hémorroïdes.très peu caractéristique, d'autant qu'il n'y a pas de modalités, zut
! Le rêve "d'être perdue". Paradoxalement la rubrique concernant la forêt est
plus fournie, je la prends. On a rien dans les antécédents, rien sur la
grossesse passée, rien sur les règles. A ce stade, je me retrouve avec 2
symptômes surs, et je prie pour que les rubriques soient complètes. Sep et
Magnesia carbonica. Il y a un certain degré d'anxiété conscience" mais cela ne fait pas la
différence ! Je ne peux encore prescrire. Heureusement qu'elle ne supporte pas
les disputes ce qui m'oriente franchement vers Magnesia carbonica d'autant qu'elle ne semble
pas indifférente au sort de son mari ou de sa fille. La suite des rubriques
retenue confirme à mon avis Magnesia carbonica : aversion lait, sommeil non réparateur, désir
de fruits.Ed, j'aimerai savoir ce qui t'a suggéré Magnesia carbonica avant cette notion de
disputes et ces modalités alimentaires, si Magnesia carbonica est bien le remède idoine !
Amitiés à tous.
Bonjour Alain.
Très bon travail comme d'habitude. Juste un bémol
cependant : tu as cherché à interpréter le comportement de la patiente,
anxiété de conscience, etc. C'est périlleux et toujours interprétable de
différentes façons comme nous l'avons vu plus haut. Du coup tu n'as pas retenu
le signe manie du travail qui indique Magnesia carbonica si on le rapproche du rêve d'être
perdu et de ne pas retrouver son chemin. Tu as eu raison de ne pas exploiter
plus la sensibilité, qui ne peut être mieux définie, ainsi que la rubrique suite
de soucis, très restrictive mais qui permet parfois d'obtenir un raccourci vers
le remède indiqué (encore la cohérence).
Magnesia carbonica rêve aussi très souvent de disputes. Ce n'est pas
au sens actif si je puis m'exprimer ainsi, comme dans Nux-v qui se bagarre avec
les gens qui le contrarient, mais au sens passif, Magnesia carbonica revit des disputes qui
lui ont fait peur et éventuellement ravivé le sentiment d'abandon. Ainsi, le
fait de ne pas supporter les disputes est une note clinique établie d'abord par
Vitoulkhas si je ne m'abuse, et qui s'avère être un signe de premier ordre pour
établir le diagnostic du remède. J'espère avoir répondu à tes questions.
Amitiés.
Nom: Carmen Carrera
email: ccarrera de mundivia.es
Observation
Cas nº 35
Si on repertorie:
- Anguish
- Dreams, lost, as in a forest
- Psoriasis
Il y a seulement deux remèdes qui couvrent qui sont: SEPIA et MAGNESIA CARB.
Si on ajoute
- Industrious ( manie du travail )
Toujours les deux remèdes précédents.
Mais si on ajoute:
- Aversion to milk
- Desires, fruit
- Desires, vegetables
Il ne nous reste que MAGNESIA CARB. qui couvre tout. Peut-on considérer comme
symptôme suite des décès de parents? et nostalgie? Pour la vente de
l'appartement auquel elle tenait beaucoup? Quel symptôme faut-il chercher pour
couvrir " il faut que je fasse la paix autour de moi" symptôme couvert par
MAGNESIA CARB. Merci et à bientôt.
Chère Carmen,
C'est du très bon travail encore. Cependant je te
recommande avant d'ouvrir le répertoire de bien peser la valeur des rubriques.
Pose toi toujours la question suivante : tel signe peut il être omis ?
Dans le cas présent, tu prends la rubrique psoriasis qui est forcément douteuse.
Tu peux bien sûr l'employer mais je te recommande de le faire en dernier lieu
lorsque tu as déjà établi ta prescription d'après les signes caractéristiques du
malade. Même remarque pour la rubrique Angoisse qui est trop peu
caractéristique. D'ailleurs ici notre patiente relève de la rubrique Anxiété, la
rubrique Angoisse correspondant à une nuance plus forte avec tout un cortège
psychosomatique.
En épluchant les données, tu peux donc retenir deux
choses: rêve d'être perdu et manie du travail. En théorie on discute Sep et
Magnesia carbonica. En pratique on peut déjà éliminer Sepia car notre patiente est plutôt mal
assurée et ne présente pas le caractère pressé et irritable de Sepia (c'est
pourquoi je pouvais refermer tranquillement l'autre oil.).
Les traumatismes mentaux de notre patiente jouent très
certainement un rôle dans l'apparition de ses troubles, Hahnemann dirait que ces
chocs ont provoqué une psore éclatée. Cependant il est difficile de saisir les
nuances exactes : comme tu le dis fort bien s'agit il de suites de chagrin,
de nostalgie (forme particulière de chagrin mêlé de regrets) ? En tout cas
la nostalgie est un symptôme couvert par le remède. Si l'on considère tout ce
qui précède, je pense qu'il est clair que le remède est adapté aux suites de
chagrin, spécialement ceux qui ont provoqué cette problématique de l'abandon
(d'ailleurs Pulsatilla ne figure-t-il pas dans la rubrique suite de chagrin avec
des nuances très proches de Magnesia carbonica).
Il n'y a pas de symptôme "besoin de faire la paix" ou
"aversion pour les querelles", cela définit le génie du remède, peut être pas
vraiment un symptôme en soi.
Amitiés.
Nom: Michel Desruelles
email: mdesruelles de infonie.fr
Observation
Bonjour à tous. Pour le cas 35, je retiens surtout des signes psy :
superconsciencieuse, peur de mal-faire, manie du travail, caractère à arrondir
les angles pire qu'une Pulsatilla, tendance +++ au sacrifice, cela évoque avant
tout NATRUM CARB. Le remède est confirmé par les rêves de se perdre, et le
dégoût du lait, il est dans la rubrique verrues. Le seul remède en concurrence
pourrait être MURIATIC-ACID avec l'histoire d'hémorroïdes. Amitiés. Michel.
Bonjour Michel,
C'est le principal écueil de toute prescription que de
préciser avec précision les symptômes, puis de les valoriser. Une fois le
portrait établi, la prescription ne relève pratiquement plus que du calcul
mathématique.
Le caractère Consciencieux pour des broutilles s'adapte
aux gens qui apportent un soin méticuleux à tout ce qu'ils font. Ce ne me semble
pas être ici la bonne nuance, notre patiente travaille énormément probablement
par peur de mal faire et qu'on l'abandonne. Cette peur de l'abandon la conduit à
"arrondir les angles" pour éviter tout conflit. Ce genre de comportement se
retrouve en effet dans Pulsatilla (qui est le grand diagnostic différentiel de
Magnesia carbonica) mais aussi dans Silicea, Carcinosin, et autres. Tu peux par contre
retenir en toute sécurité le signe manie du travail qui ne t'a pas
échappé.
La tendance au sacrifice que l'on décrit dans Nat-c
correspond à des gens qui restent toujours à l'arrière plan tout en faisant le
bien autour d'eux. Tu vois ici la limite de toutes ces soi-disant clés qui
voudraient résumer l'action d'un remède, car elles sont souvent autant
imprécises que non univoques. Dans Nat-c on voit des gens qui se sacrifient pour
les autres et se font passer en dernier. Ici ce n'est pas non plus cette
nuance : beaucoup du comportement relève de la crainte qu'on ne s'occupe
plus d'elle, et la patiente cherche ainsi à être non remplaçable de par son
travail acharné.
En tout cas, tu as néanmoins de bons arguments pour Nat-c
avec le rêve de se perdre, la manie du travail, et le sentiment d'abandon. Le
remède couvre en effet toutes ces rubriques, ce qui n'est pas non plus étonnant
vu les rapports de ces espèces chimiques.
Le signe qui permet de trancher c'est l'évitement maladif
de toute querelle. A ma connaissance, il n'y a pas d'autres remèdes qui
rivalisent sur ce point avec Magnesia carbonica. Le reste des désirs alimentaires (fruits,
légumes, etc.) confirme Magnesia carbonica. D'autre part il est difficile d'envisager Nat-c
chez un patient qui ne sursaute pas ou qui n'est pas sensible aux variations
climatiques.
Très belle discussion !
Amitiés.
Nom: Jean-Michel Bolzinger
email: Jean-Michel.Bolzinger de wanadoo.fr
Observation
Une hypersensible donc qui rêve de se perdre (dans la forêt, dans sa maison.)
Un petit clic là dessus. Magnesia Carbonica ? un petit clic sur la matière
médicale de Vermeulen. sentiment d'insécurité qui conduit à une hyperactivité.
et en majuscules " SENSIBLE AUX QUERELLES, ils font régner la paix autour d'eux,
pacificateur, conciliateur. " quelle va donc être la question que va poser notre
Lacoste de l'homéopathie ? " Je demande alors à notre patiente comment elle
supporte les disputes ".
Quand on sait combien ce remède a été peu expérimenté je m'interroge sur ce
symptôme de Vitoulkas dont il avoue lui même dans son bouquin sur les " Essence
" au § Mag-M qu'il connaît mal Magnesia carbonica.
Seconde question, je ne comprends pas cette histoire d'hémorroïdes même si
Hahnemann a signalé ce symptôme. C'est un remède susceptible de provoquer et
donc de guérir des éruptions squameuses et du psoriasis.
La combinaison de l'aversion pour le lait, désir de fruits et de légumes
n'appartient qu'à Calc-s, Magnesia carbonica, Ars-A.
Toujours dans Vermeulen : < LA NUIT (agitation nervosité ; douleur<).
En conséquence, ils sont plus fatigués au réveil qu'en se couchant.
La sueur abondante et nauséabonde est un signe classique de Magnesia carbonica et son
odeur aigre et acide permet de le débusquer au pif en entrant dans la chambre
d'un bébé diarrhéique. La périodicité de 21 jours que tu recherchais est connue
pour ce remède.L'histoire de la peur de l'eau peut être une suite de frayeur où
Magnesia carbonica est au 1° mais ce n'est qu'une interprétation. Je suis sûr de rater pas
mal de Magnesia carbonica et mon classeur de matière médicale est très fourni pour ce remède
mais il s'agit en grande partie de cas cliniques guéris où les auteurs ont
ventilé dans les rubriques tous les symptômes de leur malade, voire de l'animal
guéri. Je ne suis pas certain qu'il faille en faire un sport national au dépend
de l'expérimentation pathogénétique. Profitons que le carbonate de magnésie soit
encore disponible à la pharmacopée française pour le ré-expérimenter.
Amitiés.
Cher Jean Mi,
Tout à fait magistral. Je ne puis non plus rendre compte
de l'histoire d'hémorroïdes, signe couvert il est vrai par Magnesia carbonica. Je suis
content aussi que tu soulignes l'aggravation nocturne, c'est une modalité
essentielle.
J'en profite pour mettre en garde nos amis contre la
tentation de prescrire alors que le tableau clinique n'est pas stabilisé :
ainsi les réactions de sueurs, fièvre, etc peuvent très bien faire évoquer tel
remède. Mais ce serait une erreur énorme de donner quoi que ce soit à ce moment
là. Notre petit cas clinique avait pour idée d'apprendre à évoquer ce remède
souvent confondu avec d'autres polychrestes, et permettre de démontrer comment
on peut facilement évoquer un remède dès le début d'un entretien. D'ailleurs, je
le répète, si un médicament n'apparaît pas en un quart d'heure dans un cas
chronique, c'est qu'il faudra plusieurs consultations pour parvenir à une
prescription. et ce n'est certes pas gagné d'avance.
Amitiés.
Nom: Véronique Pilchen
email: veronique.pilchen de wanadoo.fr
Observation
Bonjour,
Le remède que j'évoque est MAG CARB suite aux rubriques suivantes:
Som: rêves anxieux
Som: rêves/perdre.../forêt
Som: rêves/perdre.../maison...
Après vérification dans la matière médicale de Vermeulen, MAG CARB présente
un sentiment d'insécurité qui conduit à une hyperactivité. Cela peut
correspondre à notre malade.
En lisant la suite, MAG CARB semble bien confirmé car je vois, toujours dans
Vermeulen:
SENSIBLE AUX QUERELLES. Ils font régner la paix autour d'eux.
Elle n'a jamais aimé le lait. Elle est < par le repos, plus fatiguée au
réveil qu'en se couchant. Elle adore les légumes(dans V. il y a "désir de viande
+ aversion pour les légumes; ou vice versa")
J'en conclus que R1: MAG CARB, d'autant plus que ce remède peut avoir "des
éruptions variées sur la peau; éruptions sèches, squameuses, comme des
pellicules"(Kent)
Amitiés. Véronique.
Chère Véronique.
Cela devient une belle maîtrise du sujet ou je ne m'y
connais plus ! C'est bien de sélectionner d'emblée le signe bizarre, puis
sans te laisser influencer plus tu vérifies que le remède soit cohérent avec
l'ensemble du tableau, sans chercher à forcer.
De la belle ouvrage donc, avec le va et vient
ininterrompu entre répertoire et matière médicale.
Amitiés.
Nom: Jean-Claude Ravalard
email: Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr
Observation
Le cas 35 n'a pas eu de chance de tomber au moment de cette tempête. Mais on
devrait pouvoir encore le résoudre puisqu'il ne semble pas s'agir d'une souche
"contaminante".
En fait dans ce cas deux choses me semblaient ressortir, les rêves de se
perdre dans sa maison et cette sensibilité aux disputes, deux éléments que les
fidèles de Saint Jorioz avaient déjà entendus "près du lac". Le signe mental
d'angoisse perpétuelle peut évidemment être interprété de plusieurs façons :
culpabilisation, perfectionnisme, manie du travail. Rêves de se perdre dans sa
maison: Magnesia carbonica. Les désirs alimentaires cadrent avec ce remède. Alors Magnesia carbonica.
C'est un peu court mais il y a tant à faire en ce moment. Amitiés
Cher Jean Claude,
Oui ce pauvre cas 35 tombe mal à cause de ces messieurs
de l'Agence du médicament. Pourtant il est riche en enseignements ne serait-ce
que pour montrer à nos jeunes amis de quelle façon magistrale un vétéran comme
toi décrypte le cas. Tu as su entendre la musique du remède à partir d'un point
de départ caractéristique.
Nous allons donc pouvoir continuer la mobilisation
générale grâce à la Coordination. Nous arrivons ce soir à 80.000 cartes de
pétition expédiées au ministre, nous ne nous sommes pas usés en
vain !
Amitiés.
Nom: guise pascal
email: pdeguise de worldnet.fr
Observation
chers amis bonjour!
je pense que le remède est magnesia-carbonica
comme point de départ, j'ai utilisé les rubriques sommeil/rêve de se perdre
dans une forêt ou dans sa maison j'ai ensuite relu les matières médicales de
Vermeulen ou de Boericke pour conforter mon impression
je cite quelques exemples: Vermeulen : parfois on ne trouve que le rêve
d'errer dans sa maison sans pouvoir en trouver la sortie (rajout d'EB) Vermeulen
: sensible aux querelles- ils font régner la paix autour d'eux (Vithoulkas) NB :
je ne sais pas par contre comment exploiter ce signe dans le répertoire Boericke
: sommeil non revigorant; plus fatigué au réveil qu'au coucher
si on rajoute l'aversion du lait (rappellons que les enfants magnesia carb
refusent le lait maternel) et la périodicité toutes les 3 semaines (que cette
patiente ne présente pas, mais qu'EB aurait aimé trouver), le remède devient
évident du moins j'espère !
à la prochaine fois
Cher Pascal,
Je n'ai plus guère de choses à ajouter. Tu as
parfaitement exploité le fil conducteur. Amitiés.
Nom: Michèle Bärtschi
email: beachlisbrunnen de bleuwin.ch
Observation
Bonjour,
En lisant la première partie, j'ai pensé à un Natrum, suite de soucis,
chagrins. Puis je suis passée directement aux rêves, j'ai retenu du coup le rêve
qu'elle fait souvent, à savoir :celui d'être perdue. J'ouvre le répertoire:
sommeil (le rêve de passer les examens, je ne l'ai pas trouvé) et rêve : perdre,
de se, le seul candidat: nat-c. Alors je continue la répertorsation en prenant:
Son angoisse Psychisme:réussit jamais,ne :am-c.,asar., aur., canth.,
mur.ac.,nat.c.nux.v. et sa manie du travail (tu écris de le garder en réserve
pour l'exploiter plus tard): AUR,mur-ac., nat.c., nux.v.
Je me retouve avec 3 remèdes aur: 4 points mur.ac: 2 points nat.c: 3 points :
ce remède couvre les 3 symptômes dont un symptôme tout seul.
Je continue la lecture du texte et retiens:offensé facilement. aur (2 points)
nux-v (3 points) Besoin absolument de compagnie.
Je passe à la troisième feuille N'a jamais aimé le lait,je garde ce
symptôme:estomac aversion lait(Nat.c 3 points). Sommeil non réparateur Peur
panique de l'eau Pleure pour des broutilles Lavage de la tête, aggr. Désir de
citron pour démarrer le matin Et cette transpiration suite au remède.
En premier remède, à cause du rêve je prescrirais nat.carbonicum
Puis en deuxième remède à cause de cette hydrophobie, de cette transpiration
abondante avec fièvre, le fait qu'elle ne supportait pas qu'on lui lave les
cheveux étant petite et ce désir de citron (bien que disparu mais très prononcé
avant) tout concorde pour donner Belladona. J'essayerais en deuxième remède
Bell.
Reste à savoir si je peux prescrire sur des symptômes encore actuels (comme
La peur de l'eau et d'anciens qui remontent dans le temps.
Cordialement. Michèle
Chère Michèle
Ton hypothèse sur Nat-c est très défendable, c'est aussi
celle de notre ami Michel. Peut être ce remède serat-il indiqué un jour chez
notre patiente. La proximité entre Magnesia carbonica et Nat-c n'est plus à
prouver.
Tu t'es trouvée victime des insuffisances du
répertoire : Nat-c est le seul à rêver de se perdre d'une façon générale,
cependant tu vois qu'il y a des sous rubriques auxquelles il ne faut pas hésiter
à s'adresser, commettant ainsi un petit excès de généralisation, je te
l'accorde.
Ensuite tu fais appel à une rubrique erronnée ici,
Réussit jamais c'est la rubrique pour les gens qui entreprennent des choses
qu'ils ne mènent pas à leur terme ou carrément ratent tout ce qu'ils font ou
pensent que ce qu'ils entreprennent ne marchera jamais (il y a pas mal de
références croisées d'ailleurs). Tu vois que ce n'est pas vraiment adapté dans
notre cas.
Pas de problème par contre pour la rubrique manie du
travail qui est parfaitement appropriée.
Fais attention ensuite car tu verses dans le penchant que
nous avons tous qui consiste à "confirmer" l'indication d'un remède par des
signes communs partagés par beaucoup de médicaments. Qui plus est, relis le cas
clinique, il n'y est pas question d'une personnalité qui s'offense facilement ni
de besoin de compagnie. Gare donc à ne pas viser des mirages ;)
Je n'ai pas changé de prescription pour l'instant, l'idée
de Belladona est très astucieuse et j'y penserai si Magnesia carbonica s'avère
échouer !
Amitiés.
Nom: Edouard TROESCH
email: eddy de igbmc.u-strasbg.fr
Observation
Bonjour à tous,
J'ai acheté le nouveau répertoire samedi dernier, j'en profite donc pour le
roder avec ce cas clinique.
Dans le 1er paragraphe je retiens le plus frappant : Reve de se perdre =>
Am-m/Ind/Magnesia carbonica/mag-m/Mag-s/Sep/ + Nat-c
Puis en ajoutant : manie du travail et psoriasis, il ne me reste plus que
Magnesia carbonica et Sep
J'ai pris ces 2 rubriques à défaut d'autres renseignements car - Pour Manie
du travail, je ne sais pas comment interpreter "sentiment de ne pas faire assez
bien" dans le répertoire. J'ai bien regardé sous culpabilise; illusion mal
agi...mais rien ne me tente ! - La rubrique Psoriasis n'est pas forcément
complète, un remède pouvant guérir une telle lésion sans pour autant figurer
dans la rubrique
Lequel des deux remèdes choisir ? Tous 2 font des hémorroïdes, je ne trouve
pas le côté "indifférence" de Sep...
Pour trancher je préfère lire la suite. La patiente ne supporte pas les
disputes et dans la matière médicale de Magnesia carbonica de Dominique VIOLA sur PH on peut
lire : - affectueux, obéissant, conciliant, hypersensible aux querelles,
pacificateur - et on trouve aussi suite de soucis accumulés, de chagrins Donc
MAGNESIA CARBONICA
Mon choix est confirmé en lisant la suite avec : - une aversion pour le lait
- un désir de fruits et de légumes - le sommeil qui n'est pas réparateur (3ème
degré dans le répertoire) - la périodicité de 21 jours - le désir de choses
acides
Par contre je ne retrouve pas Magn-c dans la rubrique Peur de l'eau, qui est
quand même très marquée elle avait peur qu'on lui lave les cheveux... J'ai donc
regardé les remèdes complémentaires ou qui suivent bien Magn-c et qui en même
temps ont peur de l'eau et je n'ai trouvé que PHOSPHORUS que la patiente aura
peut-être besoin après que l'action de Magnesia carbonica se soit épuisée. J'espère que j'ai
trouvé le bon remède...
Félicitations au Dr Broussalian pour son travail de titan pour la mise à jour
du répertoire que je trouve plus facile d'utilisation que le Kent d'origine. Et
que continue la bataille pour que tous les remèdes supprimés soient de nouveau
disponible en pharmacie.
Bonne journée à tous et à bientôt Edouard
Cher Edouard,
J'aime bien ta façon de procéder, notamment la souplesse
dont tu fais preuve en utilisant les rubriques du répertoire. Tu as bien raison
de te méfier de la rubrique Psoriasis, elle peut tout autant t'aider que te
mettre dans le décor.
C'est bien de constater précocément dans l'énoncé que la
patiente n'a pas beaucoup de signes de Sepia, notamment pas le côté indifférent
ni l'impatience irritable. Cela permet d'évoquer aisément Magnesia carbonica.
La fameuse peur de l'eau est l'exemple type du symptôme
pourtant mental et marqué mais que l'on se trouve obligé de mettre à l'écart
temporairement car ne semblant pas cadrer avec le reste (je conviens que c'est
la principale pierre d'achoppement de la prscription homéopathique :
comment reconnaître l'incontournable, comment reconnaître ce qui peut être mis
de côté). Après tout, peut être que Magnesia carbonica présente cette phobie (on me dira que
c'est une solution de facilité, mais Magnesia carbonica est peu expérimenté et mal connu) ou
bien ce signe très ancien correspond à un miasme très ancien dont le tableau se
précisera en "creusant" avec Magnesia carbonica. Dans ce dernier cas il est très important
comme l'enseignent Hahnemann et Kent de ne pas mélanger les symptômes
appartenant à des "couches" différentes (voir §149 et suivants).
Merci pour ton appréciation du répertoire ! Toute
mon équipe et moi même travaillons maintenant à la grande mise à jour, avec
l'incorporation de 200.000 ajouts.
Amitiés.
Nom: Ilaria Carmine
email: 102095 de ticino.com
Observation
Bonjour.
Après lecture du cas proposé et en me basant plus sur ma connaissance de
Mat.méd (que je maîtrise mieux) que sur celle du Répertoire (que je connais,
hélas, moins bien), mon choix s'est dirigé vers trois remèdes: Sil, Puls et Sep.
Sur la base de vos suggestions, Sil. a été le premier remède à s'imposer comme
étant le mieux indiqué au cas en question.
J'ai alors classé en ordre hiérarchique les symptômes suivants:
1) "dans son métier elle avait le sentiment de ne pas faire assez bien, que
les autres faisaient toujours mieux qu'elle". J'ai interprété ce symptôme comme
signifiant un manque de confiance en soi, symptôme nécessaire pour prescrire
Sil.
2) Ensuite, "elle a une réelle hyperactivité, une manie du travail",
m'indique que la personne est très (excessivement) consciencieuse (Rép. de Kent,
Sil de second degré). J'ai à ce propos consulté le Mat.med. comparée de
Kandegabe, p. 91 et j'ai trouvé une confirmation. Angoisse avec sens de
culpabilité (Rép. Kent, Sil de second degré), à quoi font suite des cauchemars
et un sommeil non-restaurateur,aversion pour le lait,, pleurer pour un rien(Rép.
Kent, Sil de second degré). En outre je trouve, dans la Matière médicale de Kent
(p. 582) le symptome suivant: "femme (*) avec tendance aux pleurs (Sil.,
chronique de Puls).
J'ai recherché le symptôme "ne supporte pas les querelles" (qui me semblait
important), mais je ne l'ai pas trouvé dans le Rép.de Kent, ni dans aucune de
mes Mat.med. S'agit-t-il peut-être d'un symptôme pas encore expérimenté??.
En ce qui concerne les rêves dans le Rép..J'ai trouvé des remèdes de premier
degré que je n'ai pas consideré. Je donne beucoup d'importance aux remèdes de
second et troixième degré.
Amitiés.
Ilaria
Chère Ilaria,
Tout d'abord merci et bravo d'avoir pris "la plume" pour
écrire dans le cas clinique. Tous les praticiens sont les bienvenus, et nous
nous faisons un plaisir de t'accueillir confraternellement. Comme de coutume ce
qui nous importe c'est d'exposer des raisonnements et de mettre en évidence si
possible certains défauts dans ce qui est proposé.
Tout d'abord je te félicite de bien connaître la matière
médicale. C'est la base même de l'édifice, et je trouve que trop d'étudiants
(jusqu'à la création de l'école ;-) se servaient du répertoire pour pallier leurs
manques. Cependant tout est question d'équilibre et il est clair que la matière
médicale ne va pas sans le répertoire et vice versa.
Par exemple si je demande quels sont les remèdes qui ont
besoin de sortir les pieds du lit, tout le monde me répond en choeur Sulfur, une
fois l'effervescence calmée, on me cite encore Pulsatilla ou Petroleum, et puis
plus rien. Si tu ouvres le répertoire tu constates combien d'autres remèdes
intéressants sont omis tout simplement parce que la mémoire humaine ne peut
retenir toute la matière médicale.
Pendant que j'y pense, réglons tout de suite la question
des degrés dans le répertoire : surtout ne néglige jamais un remède parce qu'il n'est qu'au premier degré. Je m'explique: le troisième
degré indique pour le médicament en question que le symptôme a été observé
pathogénétiquement et confirmé aussi très souvent cliniquement. Cela signifie
que l'on possède une certitude concernant le symptôme. Le second degré
correspond à un symptôme pathogénétique mais qui a été confirmé moins souvent en
clinique.
Enfin le premier degré possède soit une valeur
pathogénétique seule: par exemple un expérimentateur a ressenti tel
sensation qu'il n'a jamais eue de sa vie, mais il a été le seul à la présenter
et on ne dispose pas de confirmation clinique. Soit c'est uniquement une note
clinique transmise par l'expérience de certains praticiens. Ainsi tu trouves
Lycopodium que j'ai ajouté au premier degré dans l'envie de chocolat à la suite
d'observations répétées, mais ce signe n'est pas connu dans sa pathogénésie.
Pour que ce signe évolue un jour au second degré il faudrait refaire une
expérimentation ou bien constater l'apparition d'un tel désir chez un patient
qui vient de prendre Lycopodium.
Note surtout que le degré n'est pas en rapport avec une
notion d'intensité du symptôme. Tu peux très bien trouver un remède au premier
degré comme Sepia dans le besoin de se découvrir les pieds et être en présence
d'une malade qui a absolument besoin de se découvrir sous peine de ne pouvoir
dormir. Le degré indique donc une notion de certitude d'un symptôme pour un
remède donné d'où on peut extrapoler une question de probabilités : tu as
plus de chances de rencontrer l'indication d'un remède au troisième degré, moins
au second degré, etc.
Parfois certains remèdes mal expérimentés ne comportent
pas beaucoup de confirmations cliniques, donc sont cités très souvent au premier
degré seulement. Si tu négliges ce fait, tu ne vas trouver que des polychrestes
(songe en plus que cela aurait épargné bien du travail à Kent si on pouvait
négliger les premiers degrés...).
C'est ici ce qui t'a joué un tour, dans le sens que tu as
bien cherché le rêve dans le répertoire mais tu as laissé tomber un peu tôt à
cause des degrés. Comme je l'ai dit plus haut le signe "ne supporte pas les
querelles" est une observation clinique qui repose cependant sur le signe que
Magnesia carbonica rêve de disputes et ne supporte pas l'idée d'abandon. Tu vois ici tout
l'intérêt de connaître la matière médicale car il y a des choses que l'on ne
peut pas mettre dans un répertoire.
Tu as tout à fait raison de penser que notre malade
manque de confiance en elle, c'est clair au point qu'elle supporte des tas de
choses sans oser se faire entendre. Silicea est l'un des grands remèdes du
manque de confiance. Cependant le répertoire t'en indique de nombreux autres. De
plus il existe certaines nuances de sens qui rapprochent des rubriques entre
elles. Ainsi le manque de confiance est parfois très difficile à séparer de la
timidité. Et si tu regardes la rubrique Timidité, tu trouves Magnesia carbonica. C'est là un
des gros avantages de l'ordinateur qui peut explorer à ta place toutes les
références croisées, autrement la tâche devient impossible.
Le sentiment de ne pas faire assez bien est bien analysé.
Il y a de nombreuses rubriques qu'il faut aussi évoquer : Remords,
Reproches à soi même, Illusion d'échouer, Découragé, Impuissance, Anxiété de
conscience, etc. Mais tu vois comme c'est très interprétable car si Magnesia carbonica est
indiqué, la patiente travaille sans cesse à cause de la peur de
l'abandon. Donc il convient d'être très prudent en exploitant les signes
mentaux.
Fais attention à ne pas confondre le ses des symptômes:
manie du travail correspond aux gens qui bossent comme des fous, qui n'arrêtent
pas de travailler, ce qui est ici le cas. Consciencieux pour des broutilles est
un grand point d'appel de Silica qui est timide, manque de confiance en lui et
cherche à tout bien faire avec soin méticuleux. Ce symptôme convient aux gens
qui fignolent toutes choses, ce qui n'est pas le cas ici.
Très beau travail en tout cas ! A très bientôt.
Amitiés.
Nom: Philippe Dutruy
email: pdutruy de vtx.ch
Observation
Salut Ed, bonjour à tous!
Je me lance! Tout d'abord, Ed, je dois avouer qu'il m'a été difficile de
rester indifférent à tes commentaires très suggestifs (et je ne pense pas être
le seul...): quand tu mets un symptôme (provisoirement) de côté, j'aurais
tendance à me dire qu'effectivement, il ne m'inspire pas vraiment et à passer
rapidement au suivant, et quand un autre te ramène le sourire, je m'y accroche
frénétiquement! Si toi, tu refermes un oeil à ce moment-là, moi j'ouvre plutôt
le 3ème!... J'en ai donc honteusement profité, en sélectionnant les 3 symptômes:
- psy, travail / manie du - som, rêves / efforts infructueux pour trouver son
chemin... - peau, éruption / psoriasis
Le seul remède qui sort dans les 3 rubriques est Magnesia carbonica.
Un coup d'oeil sur Vermeulen ("sensible aux querelles") me convainc que je
suis sur la bonne voie à la lecture du second paragraphe, et la suite semble
confirmer ce choix, y compris les sueurs nocturnes nauséabondes après la prise
de la dose.
Sans tes commentaires, je pense que dans un premier temps, je n'aurai pas été
insensible au charme incomparable d'un Phosphorus dans le psoriasis de la jambe
(3 de valorisation relative dans une rubrique de 2 médics !) et que selon la tournure prise par
la consultation...
Pour Magnesia carbonica, je n'ai pas trouvé l'hypersensibilité (?), le besoin de présence,
la peur de l'eau (vraiment très forte) et accessoirement, la fissure anale. Phos
possède ces symptômes (Ars fait bonne figure aussi!), et je me demande si l'on
ne devrai pas quand même se le garder au chaud, du fait également de sa très
bonne compatibilité, nous dit-on, avec Magnesia carbonica. A noter que Phos et Ars sont dans
la rubrique "suite de suppression d'hémorroïdes" (9 remèdes), au cas où ceux-ci
auraient été "cortisonés", bien sûr!
Par manque de précisions sur les réactions de la patiente, je n'ai pas tenu
compte des probables effets des nombreux décès qu'elle a vécus dans sa famille.
Questions: à quelle rubrique peut-on rattacher le "rêve de passer des
examens", que j'ai déjà rencontré plusieurs fois? Et le "sentiment de ne pas
faire assez bien, que les autres font mieux qu'elle"? (Mécontent de lui?
Reproches à soi-même? Tout ensemble? Autres rubriques?).
Bon! Je m'arrête, il est 1h du mat'. Merci d'avance pour la correction!
PS: Je reprends le cas ce matin sur PcKent, et pour le symptôme "perdu, ne
sachant plus trouver son chemin", je tappe "rêve-égaré" au lieu de "rêve-chemin"
(Magnesia carbonica, seul remède) comme je l'avais fait hier. Et dans Rêves/se perdre/dans
une forêt, je trouve un Sepia qui couvre également un bonne partie du cas (dont
les verrues), mais pas le désir fruits-légumes. En passant, il est intéressant
de relever l'affinité de tous ces magnésiens avec les rêves de se perdre. Mes
faveurs restent cependant à Magnesia carbonica, du fait de son importante allergie aux
querelles avec besoin de réconciliation.
Merci pour le cas, bravo pour l'anamnèse, et bonne journée (bonne nuit?!) à
tous.
Philippe
Cher Philippe,
Bienvenue aux cas cliniques. Pour une entrée, tu fais
très fort. Tu restes encore un peu trop lié aux seuls symptômes, il faut que tu
parviennes à prendre du recul, mesurer la cohérence, et regarder si le cas
s'adapte à l'ambiance du remède.
Ainsi, on peut évoquer Sepia, mais dès le départ, c'est
peu plausible à cause du caractère. D'autre part, rappelle toi que les portraits
de remèdes que l'on lit dans la matière médicale ne sont que des abstractions
obtenues par l'accumulation de toutes les données pathogénétiques. D'où la
question qu'il faut se poser à chaque fois, et que parfois l'on ne résoud
pas : quels sont les symptômes nécessaires et suffisants pour prescrire un
remède. Mon père avait travaillé beaucoup cette question. Il nous faudrait
plusieurs jours pour en débattre. On peut dire que dès que l'on a 2 ou 3 signes
caractéristiques, qui collent de près au patient, on peut prescrire, à condition
qu'il n'y ait pas de signes génraux en désaccord, c'est en substance ce qu'écrit
Kent dans un courrier célèbre à Margaret Tyler.
On ne dispose pas du rêve de passer des examens, hélas.
Cependant, en creusant la question il s'avère que c'est rêver de situations
embarrassantes qui convient, car la patient dit qu'elle rêve d'être interrogée
et qu'elle n'a pas appris, ou bien qu'elle arrive au milieu de la salle d'examen
sans ses affaires de travail, etc.
Je suis bien d'accord, que l'on doit garder un oeil sur
Phos et Ars, qui sont ici très proches, l'avenir nous le dira. Bien des cas
évoluent sur un autre remède, l'intérêt pédagogique de nos cas repose sur la
situation du moment.
Bien travaillé ! Amicalement.
Nom: Robert Le Texier
email: Dr.Rennes3 de wanadoo.fr
Observation
Edouard
Je lis avec intérêt ton cas clinique n°35
Cela me rappelle les impressions lors des consultations dans ton cabinet. Les
choses sont évidentes lorsque tu les formules, il manque des clefs lorsque l'on
reprend le cas à tête fatiguée loin de ta présence ².
J'ai toujours pour ambition de rapprocher l'homéopathie des autres modes de
connaissance et en particulier de la psychologie, de la sémantique générale, des
méthodes d'épanouissement personnel. Mes réflexions récentes m'ont amené à
considérer qu'il existait
3 régions de la santé (la maladie, la Normose et l'épanouissement)
3 émotions négatives essentielles dans la normose
-
la peur qui devient dans la zone pathologique de l'anxiété puis de
l'angoisse avec son cortège de sensations viscérales et corporelles
désagréables
-
la tristesse qui devient dépression lorsque se surajoute de la
dévalorisation, de la honte ou de la culpabilité
-
l'hostilité qui se tourne contre les autres (colère ) ou contre la
société (révolte )
-
je ne sais au stade actuel de mes pensées si la fébrilité est une entité
séparée, je sais seulement que dans la zone de santé ou épanouissement, elle
correspond à la sérénité.
3 comportements principaux à qui j'ai donné des noms emblématiques pour mieux
les illustrer dans les zones de normose ou de maladie. Je les cite sans les
développer.
-
agressivité ou hérisson
-
fuite ou paillasson
-
manipulateur ou renard
Le jeu homéopathique, le jeu de tout thérapeute consiste à ramener les
gens vers des comportements justes, assertifs pour prendre un mot compliqué,
indicateur de la santé ou de l'épanouissement.
Une grande partie de la pathologie, des troubles exprimés est liée
à la fixation des réactions sur une zone limitée du champ possible. J'essaie
d'apprendre aux paillassons à être hérisson ou renard. Encore faut il connaître
son positionnement en tant que thérapeute, je note que l'on t'appelle
" vieux crocodile ".
Ce très long préambule pour revenir au cas de Mireille. De quoi
souffre-t-elle au juste ? D'un psoriasis dont on ne sait ni l'extension, ni
le retentissement et d'une angoisse égotique avec un fort sentiment de
culpabilité.
Au plan psychologique, elle présente une angoisse égotique (liée à l'égo)
avec vraisemblablement des phrases mentales comme " je ne suis pas à la
hauteur " ou manque de confiance en soi dans la rubrique homéopathique. Les
autres angoisses (non égotiques ) étant liées à des dangers réels ou imaginaires
du monde ou des autres. La culpabilité renvoie à la notion de faute, d'action
pas juste ou insuffisante (regrets ou remords vieille question par rapport à
l'action / inaction. Elle compense par une hyperactivité que l'on peut conjuguer
sur le plan homéopathique par > occupation ou manie du travail. Je pencherai
pour la première.
Mon analyse, en fonction de ces éléments me fait la situer dans la zone
PULSATILLA ( mais dans le repertoire puls n'est pas améliorée par l'occupation
), proche de la zone SEPIA (paillasson souvent hyperactif, sans relation
profonde avec ses désirs véritables, attendant que l'autre le (la ) confirme
dans ses choix de vie ; avec un regard possible vers IGNATIA à moins que tu
nous fasses le coup de CLEMATIS ERECTA en nous prévenant de ne pas chercher un
polychreste.
La connaissance des problèmes physiques
les circonstances déclenchantes
Comme homéopathe pluraliste, je me cantonne dans ces zones de prescription
avec clematis erecta comme remède local et accompagne cette prescription d'un
accompagnement psycho thérapeutique en la faisant choisir entre le travail sur
la culpabilité ou sur l'angoisse en fonction de ses préoccupations essentielles
dans l'ici et le maintenant de la consultation.
Comme médecin classique, le fait de trouver un diagnostic aussi rare et
exceptionnel soit-il ne m'a jamais amené que des satisfactions modérées.
Comme homéopathe, le choix juste du remède même brillant et remarquable
aboutit au même résultat et cela nous sépare, cher Edouard..
Ce qui me passionne, c'est d'accompagner le (la) patient(e ) dans la
recherche parfois patiente de sa vérité et de son équilibre. La prescription
homéopathique en est un des moyens, pas le seul.
Tu m'objecteras avec juste raison que l'on est pas là pour se faire plaisir
(encore que ! ! ! ! la raison d'être de tout organisme est
la recherche de satisfaction et l'évitement des souffrances. )
Tu es en train de devenir ; Edouard, par ta puissance et l'importance de
tes travaux, le VICTOR HUGO de l'homéopathie et je salue une nouvelle fois tes
immenses qualités. Je vais continuer mon bonhomme de chemin. J'ai pris plaisir à
entamer ce dialogue avec toi, avec vous. Je reviendrai mettre mon grain de sel
iconoclaste dans tes cas cliniques et dans d'autres rubriques car je mesure
combien je peux apprendre à tes côtés malgré tout ce que j'ai pu dire ici.
Bonjour Robert !
Cela fait plus que plaisir de te retrouver après cette
longue absence ! J'espère bien que tu vas revenir mettre ton grain de sel
le plus souvent possible.
L'un de mes amis tunisien me disait en parlant de
l'opposition de Apple et d'IBM : "tu ne peux pas empêcher le ciel et la
terre d'exister". Cela fait bien longtemps aussi, et la sagesse de cette
sentence m'apparaît chaque jour d'avantage. De même, l'homéopathie, tu le sais
comme moi, n'a aucunement la prétention d'une panacée. Les principes
homéopathiques se bornent (si je peux appeler cela borner) à définir les règles
qui mettent en jeu la prescription d'agents médicamenteux quels qu'ils
soient.
Cela convient bien à mon vieux fond reptilien, d'où
l'appellation affectueuse de crocodile qui se dore au soleil, car si l'on en
sait assez dans la doctrine, la matière médicale et le répertoire, il suffit de
peu pour trouver l'indication d'un médicament... juste assez d'effort pour
happer le remède qui passe. Voilà tout.
Et ce qui convient encore plus à mon vieux fond cartésien
et critique, c'est que le mécanisme d'action du remède m'échappe, comme
m'échappe la nature intime de ce que je soigne. Tu me dis "j'essaie
d'apprendre aux paillassons à être hérisson ou renard" :
c'est là selon moi, que la bât blesse. Car nous rejoignons, à un degré bien
moindre je te l'accorde, le côté arbitraire de la vieille médecine. Pourquoi
serait-ce à moi de faire opter mon patient pour l'une ou l'autre solution, et
qui suis-je pour le faire ?
Notre discussion nous fait largement sortir de
l'homéopathie, mais comme j'ai eu l'occasion de le dire à certains critiques,
être médecin c'est d'abord être humaniste. Je n'ai pas les connaissances ni la
formation pour philosopher non plus mais ce que j'aimerais dire c'est que
lorsqu'un remède est bien choisi, on assiste, de la même façon qu'on assiste à
l'éclosion d'une fleur, à l'évolution du patient vers la zone d'épanouissement
comme tu l'appelles, de sorte que les réactions de la normose (toujours selon
tes définitions) deviennent caduques. En somme si je puis dire, la normose que
tu définis correspond à un état d'équilibre entre deux forces antagonistes,
alors que l'épanouissement correspond à une situation d'harmonie.
Nous entrons justement dans un domaine qui nous est
inconnu, et en tout cas selon moi pas atteignable ni explorable de façon
consciente, et que tu nommes épanouissement. Parfois, on note une quatrième
forme de comportement (si tu me permets de malmener un peu ta classification).
Je l'appellerai l'ouroboros, en référence au serpent qui se mord la queue, dans
cette quête intellectuelle inlassable de l'épanouissement, qui fait gravir des
montagnes, courir partout, voler dans les airs, dépenser du temps et une énergie
folle... en vain, car pour reprendre la fameuse paraboule Hindoue, le trésor est
caché au fond de nous mêmes.
Bon, on pourra encore développer, mais là il va falloir
créer un club de philo ! C'est que ta culture est encyclopédique, et il me
faudra bosser dur pour être vaguement au niveau. Saint Exupéry (qui avait oublié
d'être con comme disait Desproges, sinon il ne serait pas saint) faisait dire au
Petit Prince: "ta différence, loin de me léser, m'enrichit".
Reviens vite nous rendre visite !
Amitiés.
Nom: Dominique Viola
email: domiviola de aol.com
Observation
Bonjour Edouard et les amis de PH,
La première chose que je retiens, c'est le caractère asymétrique tout à
fait inhabituel dans un psoriasis, et de ce fait la localisation à la jambe
gauche.
"Travailleur, manie du" est à prendre en considération, "rêve de se
perdre", "sommeil non-réparateur" aussi.
"Anxiété de conscience" paraît approprié, mais la rubrique sensée remplacer
culpabilité est assez souvent décevante en pratique.
Une premiére répert; au jugé, m'amène à Phos qui le dispute à Nat-c., Phos.
ne semble pas le candidat, il ne rêve pas de se perdre et rien dans le
comportement ne semble vraiment coller avec notre patiente.
Libellé de
la
Rubrique |
V
a
l
R
u
b
r
i
q
u
e |
Phos |
Nat-c |
Clem |
Kreos |
Dig |
Stann |
Hyos |
Aur |
Remède |
| 34 |
32 |
24 |
24 |
24 |
24 |
24 |
24 |
Valeur
Globale
du remède |
| 4 |
4 |
3 |
3 |
3 |
3 |
3 |
3 |
Occurrence
(fréquence) |
| 9 |
4 |
4 |
5 |
4 |
3 |
4 |
5 |
Total
des
Degrés |
| + Psy: TRAVAIL / manie du |
3 |
1 |
1 |
1 |
1 |
1 |
1 |
2 |
3 |
Degré |
| Mb: ÉRUPTIONS /
Mbres inf / Jambe / psoriasis |
1 |
3 |
|
|
|
|
|
|
|
Degré |
| Ge: COTÉ / agg d'un
seul |
4 |
2 |
1 |
1 |
3 |
1 |
1 |
1 |
1 |
Degré |
| Som: REVES /
perdre... |
3 |
|
1 |
|
|
|
|
|
|
Degré |
| Som:
NON-RÉPARATEUR |
2 |
3 |
1 |
2 |
1 |
2 |
1 |
1 |
1 |
Degrés |
Les autres candidats ne semblent guère susceptibles de provoquer des larmes
de crocodile à Edouard. (cf texte du cas).
Si elle rêve qu'elle passe des examens, et que par ailleurs elle trouve
qu'elle ne fait pas pas aussi bien que les autres, point n'est besoin d'être
grand clerc pour deviner qu'elle craint d'essuyer un échec: je jette un coup
d'oeil sur "illusion échouer", et sur "ne réussit jamais" où je retrouve
Nat-c.
Le "rêve de se perdre", de ne pas retrouver son
chemin, représente une information très précieuse. Dans le répertoire,
Nat-c. est représenté seul dans la rubrique mère, c'est abusif, on a
intérêt à la mixer dans la répert. avec "rêve de se perdre dans la
forêt";
au total: Am-m., ind., Magnesia carbonica., mag-m., nat-c., sep. sont à
considérer de près.
Knerr citerait Magnesia carbonica. comme remède unique dans "plus fatigué après avoir
dormi qu'avant".
Voila une femme qui s'est retrouvée orpheline en peu de temps, et
qui a perdu son appartement auquel elle tenait beaucoup: elle doit se
sentir sans foyer, perdue et ne sachant plus où aller dans sa vie affective.
(Une situation qui aurait pu provoquer le rêve de se perdre dans sa
maison, dont parle Sankaran avec beaucoup de bon sens: "le
patient Magnesia carbonica. rêve qu'il est
perdu dans sa propre maison.... La situation de Magnesia carbonica. est telle qu'en dépit du
fait de se trouver dans sa propre maison, il reste sans foyer et aucun effort ne
peut l'aider.")
MAGNESIA CARB.. est au 2e degré dans la rubrique
"sentiment d'abandon."
Les hémorroïdes devront faire rechercher une constipation qui serait très
cohérente avec Magnesia carbonica. et Mag-m., Sepia et même Am-m., sans qu'on puisse parler
d'une suppression qui aurait conduit au psoriasis.
Par ailleurs, le remède de la mère d'une Graphites peut bien contenir du
Carbone.
Une répert. pour voir les autres candidats:
Libellé de
la
Rubrique |
V
a
l
R
u
b
r
i
q
u
e |
Mag-c |
Nat-c |
Mag-m |
Sep |
Hyos |
Aur |
Bar-c |
Chin |
Remède |
| 32 |
30 |
24 |
24 |
22 |
22 |
22 |
22 |
Valeur
Globale
du remède |
| 4 |
4 |
3 |
3 |
3 |
3 |
3 |
3 |
Occurrence
(fréquence) |
| 7 |
4 |
5 |
5 |
4 |
7 |
5 |
4 |
Total
des
Degrés |
| + Psy: ABANDON... |
3 |
2 |
1 |
1 |
|
1 |
3 |
1 |
1 |
Degré |
| + Psy: TRAVAIL / manie du |
3 |
1 |
1 |
|
2 |
2 |
3 |
2 |
1 |
Degré |
| Som:
NON-RÉPARATEUR |
2 |
3 |
1 |
3 |
2 |
1 |
1 |
2 |
2 |
Degré |
| Som: REVES /
perdre... |
3 |
|
1 |
|
|
|
|
|
|
Degré |
| Som: REVES /
perdre... / forêt... |
3 |
1 |
|
1 |
1 |
|
|
|
|
Degré |
Sepia n'est pas le mieux placé pour le sentiment d'abandon; il est
intéressant de confronter Magnesia carbonica. à Baryta carb. qui peuvent présenter tous deux
un côté anxieux et craintif; les autres remèdes semblent assez différents dans
le comportement; Nat-c. peut être généreux ou s'exclure lui-même, mais ne
semble pas un véritable sinistré affectif.
J'ai commencé ensuite à faire défiler le texte, et voila qu'on y parle de
désir d'harmonie entre les gens, qui évoquent Nat-c., Mag-m. et Calc-p.;
de plus, cette nécessité d'apaiser les conflits, de ramener la paix, de
"recoller les morceaux" fait surtout penser à Mag-m.: "Pacifistes qui tentent toujours de résoudre les conflits; que ses
parents se battent, l'enfant Mag-m. souffre terriblement et tente de ramener la
paix.... " (G. Vithoulkas).
Puis l'agg. par le lait, le désir d'acides, de fruits, et de légumes... c'est
un remède qui fait penser au Petit Poucet abandonné par ses parents dans la
forêt, et qui ne retrouve plus son chemin!
Magnesia carbonica. n'apparaît pas dans les rubriques de gens qui n'aiment ni ne
supportent la solitude, Sankaran dit en substance que c'est parce que la vie ne
lui a pas laissé le choix: il a du refouler tout cela très profondément pour
survivre.
Ajout à envisager:
PAIX:
*Supporte pas les
conflits, cherche à les apaiser, ne: (Magn-c.cas PH n° 35),
mag-m.VH
Merci pour le suspense, et à bientôt,
Dominique Viola
Cher Dominique,
En guise de réponse au cas clinique, tu nous offres un
exposé magistral. J'envie tous ceux qui veulent apprendre à cause de l'or en
barres que tu leur offres. Tu te rends un peu compte où nous en serions
aujoud'hui si nous avions eu cela en notre temps ?
Je n'avais pas pensé au caractère asymétrique, c'est un
critère d'importance comme tu le soulignes. Hier soir encore j'ai pu prescrire
Thuja du fait une transpiration axillaire nausébonde unilatérale. Ceci dit,
attention, car l'êtr ehumain ne possédant que deux côtés...
Ta répertorisation est très intéressante car elle fait
apparaître deux chemins possibles : où bien on va vers Phos qui est
privilégié par l'éruption de la jambe (valorisation relative de 3...) ou bien on va vers Magnesia carbonica,
ce qui oblige à valoriser le rêve. Evidemment tu valorises le rêve qui
représente bien plus le patient que sa jambe, et tu exploites magistralement le
répertoire sans tomber dans le piège de Nat-c tout seul.
Toute la suite se dispense de commentaire, très bel
exposé de diagnostic différentiel.
Tu as eu la gentillesse de nous joindre un passage de
Sholtens sur les minéraux que tu as traduit, je l'insère en fin du texte. C'est
certainement une voie de recherche bien que tu saches combien les spéculations
sont peu du domaine de l'homéopathie. J'espère que nous parviendrons un jour à
grossir suffisamment à grossir nos rangs de sorte que de nouvelles pathogénésies
puissent voir le jour.
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