CAS 34 Mme -, 28 ans , cas historique de thuya
Proposé par : James Tyler Kent
Cette fois, pour innover quelque peu je propose que nous planchions tous sur
le même cas. C'est le Docteur James T. Kent qui nous fait parvenir celui d'une
femme de 28 ans dans un état très grave.
J'aimerais que vous réfléchissiez au cas proprement dit en tentant de
valoriser les signes. Le remède n'est pas bien difficile à dénicher, mais
l'intérêt du cas est de vous inciter à méditer sur l'application de la loi des
semblables.
La parole est au Dr. Kent.
Mme -, 28 ans; alitée; pâle; le visage cireux, transparent. Elle a eu deux
fausses couches dans les premiers mois; elle désire avoir des enfants; à la
suite de la première fausse couche elle a présenté une hémorragie utérine quasi
constante pendant 8 mois, et après que son médecin classique l'ait médicamentée
ad nauseam sans que cela suffise elle a eu plusieurs curetages. Finalement elle
est retombée enceinte et a eu une nouvelle fausse couche; à nouveau l'hémorragie
est devenue constante ne cessant jamais entièrement pendant de nombreux mois.
Malgré les médicaments et la curette, elle continuait de saigner; l'écoulement
pâle et aqueux entre les règles devenant en période menstruelle (ses règles sont
régulières) une hémorragie abondante pendant dix jours de sang rouge vif, avec
des caillots. Comme je regardais son visage je constatais à quel point il était
transparent et couvert d'une transpiration grasse; les oreilles elles-mêmes
étaient transparentes.
Bien qu'elle ait été dans sa chambre d'un abord agréable avec moi, elle se
mit à hurler sur tous les membres de sa famille après mon départ; personne ne
parvenant à lui faire plaisir et on me rapporta que son visage ressemble alors à
celui d'une folle. Elle semblait capable de bien gérer son tempérament irritable
en ma présence, mais c'était pour mieux laisser libre cours à sa colère contenue
à laquelle aucun membre de sa famille (composée de sa mère, de sa tante et de
son mari) ne semblait devoir échapper. Ils avaient tous épuisé en vain toutes
les ressources pour essayer de lui plaire.
Envie fréquente d'uriner, qui est aggravée lors des règles.
Brûlure en urinant.
Doit attendre longtemps avant que l'urine ne s'écoule.
Ne veut pas que les membres de sa famille l'approchent, surtout sa mère, qui
est pourtant une femme affectueuse autant qu'une mère très tendre.
Quand elle s'adresse à sa famille c'est pour leur parler avec la plus grande
précipitation ou bien elle ne dit rien pendant des heures.
Lors de ma visite je la trouvais, triste, déprimée, persuadée qu'elle ne
pourrait jamais guérir, ce qui est bien naturel d'après l'expérience qu'elle a
vécu.
Pendant les règles elle est encore plus querelleuse et malveillante.
En la voyant la première fois j'inscrivais qu'elle me regardait d'un air
complètement égaré sans me voir et notais la difficulté que j'avais à la
comprendre.
Elle n'avait aucune confiance dans ses médecins (qui pourrait la blâmer) et
refusait de dire le moindre symptôme. C'est sa mère qui m'a fourni la plupart
des informations sur son état d'où je pus extraire les symptômes. Sa mère
ajoute: "elle se comporte comme une folle lorsqu'elle souffre".
Quand j'étais dans sa chambre elle semblait pourtant très patiente, même
lorsqu'elle souffrait.
Douleur de l'ovaire gauche avant et après la miction, pas en urinant.
Toutes les douleurs sont aggravées au mouvement.
Elle est très nerveuse et ne dort pas.
Violente douleur aiguë dans la région de l'ovaire gauche, qui descend le long
du membre inférieur gauche; cette douleur revient chaque mois lorsque les règles
commencent à couler d'abondance et persiste toute la durée des règles; la
douleur revient par crises tout au long du mois.
Bien que l'écoulement ait été quelque peu atténué par le traitement violent
auquel elle a été soumise, l'état de la patiente n'a fait qu'empirer de plus en
plus au point qu'à ce jour elle ne peut pas quitter le lit, ni se tenir sur ses
jambes, et qu'elle souffre de partout.
On lit sur son visage une expression de souffrance intense et d'anxiété.
Voici encore un cas où le Grand Vieux Système médical a abouti à un échec
sublime, et où la loi des semblables a été mise en ouvre en tant que dernier
recours sans la moindre foi de la part du malade. Il faut tout de suite faire
observer que ce cas n'appelle pas de traitement pour les suites d'une fausse
couche ni pour stopper une hémorragie. On remarquera au contraire que l'état de
la patiente n'a fait qu'empirer à mesure que l'hémorragie diminuait. Stopper
l'hémorragie reviendrait à détruire la vie de cette femme.
Qu'y a-t-il dans cette foule de signes et de symptômes qui puisse permettre
de dire quelle est la cause profonde réelle de la maladie ? Aucun homme n'a
encore sondé cet abîme. On peut théoriser autant qu'on voudra sur la
physiopathologie, sourire autant qu'on voudra de l'étude de la symptomatologie,
ou se moquer comme le font certains de la théorie de la psore de
Hahnemman ! Mais qu'avons nous dans toute la médecine qui nous permette de
fondre comme un aigle sur le centre de la pathologie et nous donne le nom du
remède qui convient à cette femme malade ? Malade au point d'en mourir.
Elle a pris de l'ergotamine sans résultat. Elle a pris du fer et des toniques
qui ont aussi échoué. Elle a eu des curetages qui on été sans effet. On a essayé
tout ce qui était possible de faire allopathiquement et tout a échoué. Il y a
quelque chose, profondément ancré dans la constitution, aussi profondément que
la vie elle-même, aussi profondément que la maladie elle-même. Il ne s'agit pas
d'un utérus malade. Nous ne sommes pas devant un organe malade, puisqu'il n'y a
même pas de changements structurels. Il ne s'agit pas de l'anémie puisque cette
femme était malade longtemps avant qu'elle ne devienne anémique. J'ai posé
ces questions et personne hormis Hahnemann n'a répondu. Tous ceux qui ont échoué
sourient et ceux qui réussissent restent réfléchis.
Il n'est pas nécessaire de dire aux lecteurs du Journal quelle théorie
j'aurais pu avoir, puisqu'ils savent tous que je commençais l'étude des
symptômes à mesure que je les écrivais; tous savent que j'accepte ces symptômes
en tant que la vraie image externe du dérèglement intérieur. On peut appeler
comme on voudra ce dérèglement, ces symptômes représentent tout ce qu'on peut
connaître de lui, tout ce qu'il y a à savoir, tout ce que je pouvais espérer
connaître de cette femme malade. C'est bien la femme toute entière qui est
malade, où pourrait-on trouver une partie ou un organe qui ne soit pas
malade ? C'est bien elle qui est souffrante et c'est sur elle que je dois
concentrer toute mon attention.
Au terme d'une étude prolongée des symptômes, je sélectionnais le remède R1
qui est le simillimum déterminé par la loi universelle des semblables, loi qui a
toujours été, et qui sera toujours (comme la loi de la gravitation - N.D.T). Je
ne suis pas l'auteur de cette loi, et je ne peux rien faire d'autre qu'obéir à
ce qu'elle exige. J'y obéis car je l'ai acceptée pleinement, aussi donnais-je le
remède R1.
R1 73 M donné à sec en Avril
1888.
Quelque deux mois plus tard (11 juin) je lis les notes suivantes:
Très faible douleur lors de ses dernières règles. La patiente se sent
beaucoup mieux. D'humeur joyeuse, et les symptômes mentaux tous améliorés.
8 Août. Les signes mentaux commencent à revenir et la douleur a été très
intense au moment des dernières règles. R1 MM.
12 Septembre. La patiente marche; le visage a un bon teint; elle gagne
rapidement des forces. Pas de douleur lors des règles, elle a seulement eu
quelques pertes blanches. La famille rapporte que son état mental est redevenu
naturel. Pas de médicament.
11 Octobre. Amélioration très nette de tous les symptômes sauf de la douleur
ovarienne durant les règles qui était à nouveau très intense. Pour la première
fois elle n'avait plus d'écoulement entre les règles pendant une semaine. Pas de
médicament.
15 Décembre. Retour des signes mentaux et accroissement de la douleur
ovarienne. R1 2M.
22 Mai. L'amélioration a continué jusqu'aux dernières règles où les symptômes
se sont accentués de nouveau. Il n'y a plus d'écoulement anormal. La douleur de
l'ovaire a été intense lors des dernières règles. R1 2M.
5 Juillet. Elle n'a jamais été aussi bien de toute sa vie. Elle va partout et
profite de la vie. Son mari dit qu'elle se porte parfaitement bien.
10 Septembre. Elle n'est plus aussi bien. Constipation, un vieux symptôme qui
est revenu et qui lui cause beaucoup de souffrances. Sont de retour aussi de
fréquentes céphalées nerveuses qu'elle avait de nombreuses années auparavant.
Des douleurs du rachis, dans la région lombaire et sacrée, qu'elle n'avait plus
depuis des années, sont réapparues. Impotence rhumatismale des deux membres
inférieurs. Quelle est votre prescription??? Et très vite tous ces symptômes disparurent à leur tour. Tous
les comptes rendus montrent une amélioration ou une absence de symptômes
jusqu'au
1er Février 1890. Elle écrit que la douleur de l'ovaire est revenue pendant
les règles. Je lui fis parvenir une dose de R1 2M.
Tous les rapports depuis cette date jusqu'à ce jour montrent qu'elle est
guérie et qu'elle est désormais en parfaite santé. Son mari, qui n'a jamais cru
en l'homéopathie, m'écrit qu'il est aussi guéri de son . incrédulité.
Note d'Edouard Broussalian :
Préambule d'E.B.
Je tenais à vous présenter ce cas pour bien des raisons
diverses.
Sur un plan conceptuel, je voulais que vous réalisiez que
nos grands prédécesseurs parvenaient à soigner avec succès toutes sortes
d'affections parfois effroyables, sans pour autant philosopher à tort et à
travers. Peut être occupés comme ils l'étaient à sauver des vies humaines n'en
avaient-ils pas le temps ? En tout cas ils avaient l'humilité d'admettre
qu'on ne peut expliquer le pourquoi de la Loi et que leur devoir de médecin (§1)
consiste seulement à l'appliquer. Le royaume de l'homéopathie ouvre ses portes
à ceux qui savent garder une âme d'enfant ; le cadre bien défini de
l'Organon propose un champ de réflexion qu'une vie entière ne saurait
explorer.
Sur le plan de l'Art de prescrire, ce cas soulève
quelques points intéressants. Il y a des signes mentaux, des modalités
générales, des douleurs avec des irradiations bien précises. Comment parvenir à
trier tout cela et en faire quelque chose de cohérent ? Plus tard comment
gérer l'évolution du cas après la prescription initiale ?
Kent ne dit pas comment il a trouvé Thuja, alors que dans
d'autres cas son raisonnement est clairement étayé. Il n'y a donc pas de réponse
univoque, chacun d'entre nous aura une façon personnelle de
raisonner.
Je me souviens qu'à l'époque où j'ai découvert ce cas, la
prescription de Kent a été pour moi une surprise et un mystère complet. Mais
d'ou sortait-il Thuja dans une affaire hémorragique ? C'est un remède de
verrues ? Sur quoi s'était-il basé ? Quel sens donner aux
symptômes ?
Aujourd'hui, soit une vingtaine d'années plus tard, après
avoir ouvert une seule rubrique dans le répertoire, et obtenu confirmation dans
la matière médicale, le cas me semble parfaitement lumineux. Même si mon point
de vue est faussé par le fait de connaître le remède prescrit, le cheminement
vers le remède m'apparaît assez clairement.
Non, je ne suis pas devenu soudainement prétentieux, il y
a de nombreux cas que je rate. Ce que je veux exprimer c'est qu'en travaillant,
en ne laissant jamais tomber, on finit par progresser. Il vous arrivera
certainement comme moi de revoir des malades que vous aviez raté quelques années
auparavant et de vous demander comment vous aviez été assez nul de ne pas voir
le remède indiqué. L'ambition à travers notre site et bientôt je l'espère de
l'école, consiste à transmettre ce qui fait cette différence, en vous épargnant si
possible des années de tâtonnement.
J'aimerais réfléchir "consciemment" à ce qui me fait
penser Thuja dans ce cas. Tout d'abord la description de l'aspect du visage.
Qu'il soit transparent, on s'en doute, la malade a été saignée à blanc..., mais
gras, huileux, cela m'évoque de tête Sepia, Nat-m, Thuj, Plb, Lyc, Chin. Bien,
c'est autant de pistes qu'il convient de garder à l'esprit. Voyons le
reste...
Les signes mentaux sont marqués mais difficiles à
définir, la malade a de la colère, non pas avec tout le monde, elle parvient à
être calme avec le médecin, mais hurle sur tous ceux dans la maison. Gardons
nous d'interpréter cela comme une aversion pour les membres de la famille, peut
être est elle juste bien élevée, ou bien comme je le crois cela est-il dans la
nature du remède. Quoi qu'il en soit ceci n'est pas utilisable tel quel, nous
verrons a posteriori si un remède couvre ces signes.
La suite du tableau nous donne des signes peu
utilisables, en tout cas rien qui attire l'attention, la patiente est <
pendant les règles, mais bien des femmes le sont, je réserve donc l'exploitation
de ces symptômes à plus tard si je ne pas trouve mieux.
La perle nous est enfin donnée, c'est le
symptôme:
Violente douleur aiguë dans la région de l'ovaire gauche, qui descend
le long du membre inférieur gauche; cette douleur revient chaque mois lorsque
les règles commencent à couler d'abondance et persiste toute la durée des
règles; la douleur revient par crises tout au long du
mois.
Dans mon esprit, ovaire gauche + irradiation au
membre atteint = Thuja. Il faut consulter la rubrique Douleur ovaire extension
membres inférieurs, et pour le plaisir voici la liste des rubriques en
rapport :
GENITAUX FEMININS: Douleur, ovaires, gauche (2), gauche,
extension, cuisse, descend le long de la (1)#, règles, pendant (1), extension,
membres inférieurs, le long des (2), extension, membres inférieurs, le long
des, gauche (1).
L'évocation de Thuja va très bien avec la transpiration
grasse, l'élocution rapide, la lenteur pour répondre. Je vérifie le reste du
tableau mental dans la matière médicale.
Dans Hering, on trouve la description des troubles
ovariens à la virgule près, Vol X, p 323:
Inflammation de l'ovaire gauche, < lors de chacune des
règles ; douleur insupportable, brûlante, en marchant ou lors des
transports ; doit s'allonger ; la douleur s'étend à travers la
région iliaque gauche jusque dans l'aine et parfois le membre gauche, douleur
parfois brûlante.
plus loin :
|| Règles toutes les deux semaines et qui durent très longtemps ; sang
de couleur sombre en abondance pendant trois jours, puis il reste comme une
sécrétion discrètement teintée jusqu'aux règles suivantes ; etc...
plus loin encore :
|| Après plusieurs fausse couches, l'utérus a le double de la taille
normale [...] douleur brûlante et parfois coupante au-dessus de l'ilion gauche
et dans la région de l'ovaire ; leucorrhée jaunâtre, produisant une
sensation de cuisson du vagin ; règles tous les sept ou quatorze jours,
très abondantes, rouge vif, sans caillots ; [..] miction fréquente,
etc.
En outre, la lecture des très nombreux troubles <
pendant les règles incite à ajouter très certainement Thuj à la rubrique
générale où il est absent.
Qu'en est-il des troubles mentaux ? Rien qui décrive
directement le fait de se tenir bien en public et d'être odieuse avec les gens
que l'on connaît, mais... plein de signes de grande colère, d'irritabilité, la
tendance querelleuse pour des bricoles, le besoin de fuir tout le monde,
l'insomnie.
Tout ceci est amplement suffisant pour prescrire Thuja.
Mais pour être complet, voyons ce que nous pouvons glaner avec d'autres
sources.
Kent dans ses conférences sur Thuja s'est évidemment
servi de ce cas modèle pour décrire le signe mental d'être querelleur, avec la
famille mais de présenter bien avec les inconnus.
"Quand les ovaires auront été touchés pendant un certain temps, alors on
aura des symptômes mentaux, une irritabilité très violente, de la jalousie,
une humeur querelleuse, de la méchanceté. Cette irritabilité se manifestera
vraisemblablement envers les proches, envers le mari et la mère ; parmi
les étrangers, le malade est encore en état de se dominer et le médecin peut
n'être pas capable de découvrir son éat mental parce que qu'elle a, dans sa
nature, une disposition à tromper"
Si ce n'est pas à cette malade que Kent fait référence,
c'est à désespérer !
Ce signe mental a depuis été recopié par les auteurs
modernes, ainsi dans le Concordant, Vermeulen dit :
Irritable, jaloux, querelleur, envers le mari ou la mère, mais se contrôle
parmi les inconnus et les médecins.
La valeur de ce signe mental conduit à une interprétation
qui rend bien compte du comportement des patients Thuja, je cite le Synoptic
I :
M - "Présentent au monde une image bien manufacturée,
calculée et formée depuis l'enfance. Durant l'enfance ils ont pu connaître (ou
s'imaginer avoir vécu) une situation d'abandon ou d'abus sexuel. Le message
que reçoit l'enfant est qu'il ne pourra jamais être assez bon" (Gray).
M - Auto dépréciation. "Ils se sentent PEU ATTACHANTS, que
personne ne peut les aimer. Pensent qu'une personne qui les connaîtrait comme
elle sont réellement ne pourrait les aimer. Comme ils sont convaincus qu'on ne
peut pas les aimer ils s'obligent à de gros efforts pour parvenir à l'être
malgré tout. Ils cherchent à savoir ce qui plaît le plus en eux, de quelle
façon ils doivent marcher, s'habiller, ce qu'il convient de faire ou pas, etc.
Ils se mettent alors à IMITER systématiquement et presque scientifiquement,
copiant ainsi ce qui leur paraît marcher dans le monde et une fois à l'âge
adulte ils en ont L'IMAGE PARFAITE." (Gray). Sensation d'être LAID de
l'intérieur. MÉPRIS de SOI (parfaitement camouflé).
M - L'apparence, la façons dont on présente devient
extrêmement important, menant à tromper, tricher, manipuler. "Le grand
imitateur." Se retient de donner toute information sur lui.
C'est tout de même impressionnant qu'autant de choses
puissent être déduites à partir d'une seule observation fiable, qui a
dû se trouver confirmée à d'autres reprises par Kent.
Moralité, voici une liste de conseils :
-
chercher le ou les signes rares et bizarres (les
irradiations valent de l'or, je ne le répète jamais assez, dans PcKent, elles
sont très valorisées d'office)
-
commencer à étudier le cas sous l'angle fourni par le
signe particulier
-
éviter d'additionner tous les symptômes pour
sortir un candidat qui possède tous les signes ; ou ce qui revient au
même : utiliser plus de 3 ou quatre signes dans la répertorisation
vous êtes sûr de massacrer le cas, de ne le couvrir qu'avec un
polychreste
-
vérifier avec la matière médicale le remède qui semble
indiqué, s'assurer notamment que le remède soit compatible avec les lésions
observées ; cela sous entend que vous possédiez une matière médicale de
référence...
-
ne pas interpréter les signes mentaux, qui sont
toujours interprétables ; c'est la meilleure façon de se tromper à coup
sûr. Il faut savoir les utiliser avec prudence.
-
ne pas hésiter à laisser tomber des rubriques si vous
ne flairez pas une piste qui semble couvrir le cas avec ses
particularités.
-
se souvenir que le répertoire est incomplet, et que
chaque ajout doit y être pesé avec soin.
Quoi qu'il en soit, c'est très agréable de voir que vous
êtes nombreux, et de toutes les nations, à vous impliquer dans les cas
cliniques. N'ayez pas peur de vous tromper, ce n'est qu'ainsi qu'on peut retirer
une expérience enrichissante, on se moque du résultat, le tout est de parvenir à
développer votre raisonnement.
Nom: Dominique Viola
email: dominique.viola de hol.fr
Observation
Bonjour Edouard, bonjour les amis,
La patiente de Kent saigne presque contamment; à défaut, les régles
sont remplacées par des leucorrhées, les douleurs de l'ovaire G. sont
améliorées en urinant, mais < pendant les règles. On pourrait penser, à
l'exception des règles, qu'elle est > par un écoulement, et Kent affirme que
si elle s'arrête de saigner, elle mourra. Or "Phosphorus doit saigner",
il me semble que c'est Kent lui-même qui le dit.
Bonjour Dominique
Tu as cherché à trouver un signe caractéristique, j'ai
peur que tu le sois forgé sur mesure, en forçant quelque peu les pièces du
puzzle ! Je ne vois nul symptôme dans ce cas qui puisse nous permettre
d'avancer qu'à la place des règles notre patiente présente des
leucorrhées ?
Kent dit que la diathèse hémorragique est telle dans Phos
qu'il est rare de ne pas trouver de saignements chez un sujet Phosphorus. Ce
n'est pas forcément la notion d'être > par un écoulement. Dans Thuj un
écoulement > toujours le malade, la diarrhée, la rhinorrée (coryza). Dans le
cas présent, il est évident que l'écoulement tient à une cause profonde non
matérielle et représente une "élimination" qu'il faut respecter.
Son teint est cireux, elle a une transpiration huileuse du
visage, sa pâleur confine à la transparence, comme si elle se
dématérialisait en saignant. On ne sait pas si elle est bouffie,
mais l'expression de son visage traduit la souffrance et l'anxiété;
l'insomnie (que l'on peut supposer avec réveils fréquents), l'effondrement de l'état général à le plus pouvoir quitter le lit,
revoilà Phosphorus.
La douleur de l'ovaire gauche irradiant dans le membre inférieur
gauche appartient au même Phos.
Evidemment, le reste se tient bien, Phos présente comme
Thuj des douleurs de l'ovaire gauche, irradiant au membre inférieur gauche, <
pendant les règles. Phos et Sep sont les seuls diagnostics
différentiels à discuter ici. Tu sais déjà que Thuj, Phos et Ars forment une
triade classique comme Calc, Lyc, Sulph.
Je retiens le visage huileux comme signe qui mérite
l'attention, j'ai déjà valorisé Phos dans cette indication qui nous provient de
la matière médicale de Hahnemann. Le teint cireux, attention tu interprètes. Les
autres symptômes sont banals et peuvent aussi bien confirmer Phos que n'importe
quel autre remède.
La douleur la rend irascible (la colère est décrite pour la céphalée
dans Phos.), malveillante, elle se révolte devant ceux à qui elle est
liée affectivement, comme si elle les tenait responsables de ne pas l'aider
suffisament à la soulager de cette douleur intolérable; mais les étrangers à la
famille sont mieux traités, elle se contrôle avec Kent, bien que complètement
désabusée: son ire et son ressentiment sont sélectifs.
Certes, Phos est irritable durant la céphalée, je vois
que t'es donné de la peine pour bien étayer ton point de vue. Certes, Phos peut
être coléreux, et même autoritaire, mais je n'ai jamais vu un
sujet Phos qui soit méchant de façon durable, toujours il y a la compassion, le
besoin d'être réconforté, qui trahit une réelle > par la consolation, au sens
que la consolation peut > les signes physiques.
Cristallise-t-elle sa révolte sur une apparente injustice qui la frappe elle,
et épargne les autres? Intolérance à l'injustice et révolte, voici deux
thèmes de Phosphorus, qui remplacent la compassion et la sympathie que suscite un Phosphorus en équilibre, l'amour fait place à
une sorte de ressentiment qui est peut-être de la haine.
Comme Phos ressent les gens, il est bien sûr très
sensible à ce genre de choses : malheur des autres, injustice, etc. Il
pourra se révolter contre cela dans une phase sténique, mais je crois que c'est
une erreur de dire que cela remplace la compassion et la sympathie.
C'est au contraire le couple sympathie / compassion qui est le moteur de la
réaction. Tu vois qu'ici le tableau mental cadre mal avec l'état de la
malade.
Merci à Kent et Edouard pour cette observation, à bientôt,
Dom
Merci pour ce beau travail. Amitiés.
Nom: Rémy Beau
email: remy.beau de wanadoo.fr
Observation
Bonjour à tous;
Je ne peux m'empêcher d'écrire quelques mots sur ce cas clinique bien
sympathique. Pour le résoudre, on peut noter d'emblée qu'il est proposé par Kent
et il sera certainement judicieux de garder la MM de Kent à proximité.
Voilà comment j'ai fait pour résoudre ce cas. Première
interrogation: qu'est-ce qui semble caractéristique pour Kent et par conséquent
bien décrit ? Nous trouvons une forte description de l'état mental de la malade
mais également beaucoup de détails à propos de cette douleur de l'ovaire gauche.
Hors les hémorragies sont quand même localisées au niveau génital et il me
semble qu'il est bon de suivre cette piste bien que le but du traitement n'est
pas de stopper cette hémorragie comme le souligne bien Kent, ni de tenir
forcément compte des fausses couches.
Bonjour Rémy,
Ca commence très fort, et avec beaucoup
d'astuce, ce qui ne m'étonne guère. Tu as fondu sur le groupe de symptômes
caractéristiques. Partant de là le cas est obligé de capituler.
Il faut bien avoir à l'esprit le fait que
les rubriques sont incomplètes, surtout celles du genre Stérilité, Avortement.
N'importe quel remède peut guérir ce qu'on voudra du moment que les
caractéristiques du patient soitent couvertes.
"Violente douleur gauche qui descend dans le membre inf.
gauche". La réponse du répertoire est sans appel :
[Gf:Douleur/Ovaire/gauche/Extension/cuisse/descend le long de
la.] nous donne Lilium et Thuya. Le tour est joué. Si l'on se souvient que Kent
décrit une femme qui a le visage transparent avec une transpiration grasse,
Thuya est probablement notre remède.
L'ouverture de la M de Kent est éloquente : c'est à penser que
Kent a calqué sa matière sur ce cas bien précis. Il faut noter que bien peu des
symptômes se retrouvent dans la Matière Médicale Pure d'Hahnemann et qu'il faut
en fait ouvrir celle de Hering pour s'y retrouver.
Parfait, pas de commentaires.
Pour le deuxième remède il faut ruser encore un peu. Les
symptômes qui sont de retour sont de vieilles connaissances de la patiente et
sont des symptômes généraux bien peu utiles en pratique tels que céphalée,
douleurs lombaires, constipation.. et l'on ne nous propose aucune modalités ni
précision. J'en conclu que le remède se prescrit non pas sur une analyse
répertoriale mais plutôt sur une indication de principe. Quel est le médicament
que l'on trouve facilement indiqué derrière Thuya et qui correspond aux retours
d'anciens symptômes ? Un bon petit médicament de la psore, n'est ce pas Edouard
!
Là je trouve que tu es un peu trop pressé
de monter le feu sous la marmite. Avec la dose sèche (tout étant différent avec
la phase liquide) il n'y a aucune raison de prescrire à cause du retour
d'anciens symptômes.
Tout au plus l'expérience m'a appris que si
ces symptômes anciens ont tendance à persister on peut répéter une prise de
quelques granules du remède déjà donné. Fondamentalement cependant c'est une
résistace d'ordre psorique et certainement Sulfur ne pourrait pas faire de
mal.
Néanmoins je pense qu'il est certainement
préférable de ne rien donner avant que le tableau symptomatique ne se soit
décanté.
Aujourd'hui je crois que tu seras d'accord
pour dire qu'un tel cas serait géré infiniment plus facilement avec la phase
liquide en LM. Qui pourrait supporter d'avoir le retour de douleurs qui font
hurler ?
Je propose Sulfur. La diathèse hémorragique, les symptômes
décrits pourraient conduire à Phosphorus mais ce serait probablement une
erreur.
Je voudrais souligner pour finir, cette excellente leçon de
Kent (je m'en lèche encore les babines) qui nous apprend pour le moins deux
choses:
1. Une bonne conscience professionnelle : Kent lui même a fait une étude
prolongée du cas. Je vous laisse imaginer ce que ça sous-entend comme
travail..
2. "On peut théoriser autant que l'on voudra sur la physiopathologie..Thuja est le simillimum déterminé par la
loi universelle des semblables.Je ne suis pas l'auteur de cette loi, et je ne
peux rien faire d'autre qu'obéir à ce qu'elle exige" "J'y obéis car je l'ai
acceptée pleinement"
Merci Monsieur Kent, si chacun pouvait en faire autant !!!!!
Amitiés à tous, Rem.
Merci d'avoir repassé une couche après
moi ! Amitiés.
Nom: Cornelia Mayer
email: 1025-260 de online.de
Observation
Bonjour, je suis contente d'être tombée sur ce site. Quand on se promène en
France, on dirait qu'il n'y a guère que des pluralistes... Quel soulagement de
voir qu'il y a aussi de vrais homéopathes !
Bonjour Cornelia. Nous avons hélas beaucoup de confrères
qui sont pluralistes parce qu'ils n'ont pas eu la chance d'apprendre autre
chose. L'enseignement en France a été saccagé par certains laboratoires avec
l'objectif stupide de former au plus vite des prescripteurs capables de donner
un maximum de remèdes.
Tout cela change peu à peu, et nous sommes fiers de le
dire, en partie grâce à nos efforts. Beaucoup de pluralistes sont avant tout des
médecins honnêtes et découvrent avec fascination l'homéopathie de Hahnemann qui
leur avait été cachée.
Pour le cas 34 je retiens comme symptomes:
- mind - aversion members of family (qui me semble particulièrement marqué
chez cette femme - en face du medecin, elle arrive bien à se contrôler)
- gen. fem. - tendency abortion (à deux fausses couches pour deux
grossesses on peut dire que c'est le cas)
- generalties - menses during (symptome de grande valeur, puisque plusieurs
symptomes sont < à ce moment, y compris son état psychique)
C'est très bien de chercher les signes généraux en
général, mais avanttoute chose il faut regarder les signes particuliers rares,
ici en l'occurence, l'ovaire et son cortège de signes.
Attention à ne pas interpréter les signes mentaux, c'est
cela qui rend leur emploi très difficile. A la lumière de ce qui précède je
doute que l'on puisse parler d'aversion pour les membres de sa famille, le
symptôme est plus subtil, c'est plutôt le côté trompeur qui est à retenir,
associé à un état colérique intense. Comme c'est interprétable, il ne faut pas
s'engager sur ce symptôme, et y revenir dans un second temps pour s'assurer de
la cohérence.
Autrement, tout le cas peut être raté à partir d'une
seule conclusion comm celle là, c'est ce qui t'arrive ici, en démarrant d'emblée
sur Sepia, qui couvre les autres signes.
Fort justement tu as retenu les 2 autres symptômes.
Malheureusement pour nous le répertoire n'est pas complet, les signes
pathologiques comme Stérilité ou Avortement sont bien sûr incomplets... Ce sont
donc des rubriques à regarder une fois le choix établi sur des bases plus
sûres.
D'autre part, nous sommes devant une irritation pelvienne
< pendant les règles. Comme la douleur la rende folle, et énervée, c'est
normal que son état mental soit aussi < pendant les règles. Donc c'est un
petit peu trop généraliser que de parler d'< générale pendant les règles.
Cela dit, je chinoise un peu car au vu des nombreux signes de Thuj < pendant
les règles, ce remède mérite pourtant de figurer dans la rubrique.
La douleur dans la region de l'ovaire gauche et qui descend le long de la
cuisse est assez remarquable aussi. Je choisis - abdomen - pain - extending to
thigh que je regroupe avec pain ovary ext. thigh, même si la patiente a dit:
"dans la region de l'ovaire"
C'est très sage et très habile de chercher à généraliser
la douleur en utilisant la douleur abdominale. C'est uniquement du fait de cette
généralisation que Sepia peut être discuté. Autrement Thuj vient tout de suite à
l'esprit comme étant le seul remède a couvrir la douleur qui irradie au membre entier.
Plaide aussi en faveur de Sepia, la précipitation en
parlant, la colère, etc. Je dois dire que Sepia est une excellente alternative à
Thuj. Nous sommes ici devant la prescription d'un Maître de l'Art de guérir, ne
l'oublions pas.
Si tu compares les tableaux gynécologiques de Sepia et de
Thuja dans Hering, alors la différence est éclatante, le tableau de notre malade
est précisément décrit dans Thuj, alors que Sepia n'offre que de vagues
allusions.
De plus il faut évoquer maintenant la nuance que nous
offre le signe mental difficile à interpréter. Notre malade se comporte bien en
présence d'inconnus. Dans un cas de Sepia ce serait exactement le contraire, car
Sepia est < en présence d 'étrangers. De plus Sepia ne possède pas cette
nature à tromper qui est l'apanage de Thuja.
Comme quoi la différence la plus fine se fait sur les
signes mentaux. Parfois ce sont les signes restrictifs locaux comme cette
douleur (bien que caractéristique et de ce fait générale) qui irradie à
tout le membre qui mèe d'emblée au remède. Le plus sage est de les exploiter
d'abord, puis de généraliser pour chercher un meilleur candidat.
Il me reste à choisir entre deux remèdes qui ont tenu la route jusqu'ici:
Sep. et Calc. avec des valeurs plus fortes pour Sep. Bien entendu Sepia couvre
bien mieux le comportement de la patiente dans son état malade et son affinité
pour le genitale feminin est notoire.
J'aime bien l'image de la seiche qui en cas de contrarieté (ou troubles de la
santé) envoie son nuage d'encre noir non seulement sur ses proches (amis ou
ennemis) mais aussi dans l'eau dans laquelle elle nage elle-même.
Je ne redirais jamais assez comme toutes ces images sont
perverses car ce mécanisme peut s'applique à bien d'autres remèdes que Sepia,
fussent-ils d'origine animale ou minérale, fussent-ils pourvus d'une poche à
encre... Tout ceci remonte à la vieille doctrine des signatures de Paracelse, et
nous éloigne de la médecine.
Le retour successif d'anciens symptomes confirme la progression de la
guerison (Hering!). Le 10 sept. il ne faut rien donner, sauf, au besoin placebo,
sous peine d'interrompre le processus de guerison.
Excellent. Il faut, en dose sèche, bien garder à l'esprit
qu'il ne faut rien prescrire tant que l'image symptômatique n'est pas
stabilisée.
Faute de moyens de diagnostic à l'époque, on ne peut savoir quelles lésions
il a pu y avoir au niveau des ovaires ou de l'uterus. Le rétablissement
relativement long - pour une patiente de 28 ans - peut laisser croire à des
lésions organiques assez importantes.
cordialement Cornelia
En effet, il s'agit d'un cas très lourd qui a suffisament
marqué Kent pour qu'il ne cesse de le citer dans ses propos concernant
Thuja.
Aujourd'hui un tel cas serait plus ou moins pallié
allopathiquement, mais je suis certain que le Thuja en phase liquide aurait
apporté une amélioration bien plus rapide qu'en dose sèche.
Merci pour ta participation, et j'espère à
bientôt
Nom: emmanuel blesch
email: emmanuel.blesch de wanadoo.fr
Observation
Bonjour à tous ! J'attendais ce nouveau cas avec impatience...
Rémy nous avait promis un cas difficile....
De la description de cette malheureuse femme, je retiens la pâleur, le
désespoir de guérir, et l'outrageuse façon de traiter son entourage, tout cela
sur fond de règles qui n'en finissent pas ;
Bonjour Manu,
Les affaires reprennent après le séminaire, reprenons
ensemble notre cas. Des symptômes que tu énumères, on ne peut vraiment retenir
que l'aspect mental particulier, qui est difficile à caractériser, et les règles
qui n'en finissent pas. Les autres signes s'expliquent par l'anémie et
l'impuissance de la médecine.
Donc, en répertorisant cela, tu ne considère qu'un signe
banal (règles prolongées) et un signe qui doit être caractéristique mal mais
déterminé, cela ne risque pas d'aller loin.
Les rubriques que je choisirais sont les suivantes :
Visage pâle ; Règles prolongées ; désespoir de guérison font sortir Kréos,
Bar C, Zinc, Kali C ;
Traite outrageusement son entourage amène Kali carb en tête des remèdes. Kali
carb est le seul remède de cette dernière rubrique intitulée : " Compagnie,
désir de, traite outrageusement....etc " ; j'avoue que c'est la deuxième partie
de la rubrique qui m'intéresse dans le cas présent ;
Ainsi tu as sauté sur le bon vieux symptôme de Kali-c
parce que tu croyais avoir trouvé un signe caractéristique, il faut reconnaître
que ton point de vue est parfaitement défendable.
Mais c'est trop se baser sur de l'interprétable,
tout en négligeant les signes ovariens extrêmement caractérisés par leur
irradition et qui sont tellement intenses qu'on ne peut les négliger.
Mais c'est aussi la seule rubrique du répertoire qui fait état de ce mental
tellement particulier du patient qui traite plus bas que terre les proches qui
sont à son chevet ;
Comme rubriques de confirmation, j'ai retrouvé : irritabilité pendant les
règles, et, miction retardée, doit attendre que l'urine s'écoule...etc
Il faut faire attention de ne pas chercher à confirmer
avec des rubriques communes, sinon tu peux confirmer tout et son
contraire.
Cette personne me semble bien correspondre à l'idée que je me fais du
personnage Kali Carb "d'allure respectable, très comme il faut, capable d'être
stoïque, sachant retenir ses plaintes, soumis aux règles établies (en
l'occurence le pouvoir des médecins qui l'ont préalablement soignée ) et ayant
le sens du devoir (elle ne fait état d'aucune animosité devant le médecin qui
est à son chevet) " ; sa dépendance du fait de sa faiblesse, l'irrite fortement
;elle s'en veut et dirige sa colère contre les personnes dont elle ne peut se
passer ; ainsi, apparait ce tableau de rébellion, fort éloigné du personnage
très " comme il faut " irritable, capricieux, avec des colères violentes, même
pour des personnes absentes, mécontent, insatisfait de tout et de lui même ; Je
voulais vous partager ce tableau de Kali C qui me parait intéressant ;
Ceci dit, je ne sais pas si c'est le remède qui a été donné à notre patiente.
Amitiés à tous !
C'était bien vu, mais trop parcellaire, Kali-c n'a pas de
tropisme ovarien bien connu, mais concentre au contraire ses douleurs (de type
élancements soudains) dans le bas du dos.
Amitiés.
Nom: Guillem
email: bguillem de aol.com
Observation
Natrum mur
Bonjour ! Succint, n'est-il pas ? J'aimerais
bien savoir pourquoi tu penses à Nat-m ? Amitiés.
Nom: GUISE Pascal
email: pdeguise de worldnet.fr
Observation
Bonjour les amis !
Je pense que le remède prescrit à Mme 34 est SEPIA
La première rubrique utilisée dans ma répertorisation est Ge: règles/pendant;
en effet, plusieurs signes locaux (pollakiurie et douleur ovarienne gauche) ou
généraux (psychisme) sont aggravés lors des règles. Cela doit être
incontournable.
Bonjour Pascal,
C'est un cas vraiment subtil, et peut être pernicieux,
mais en tout cas très pédagogique car tu vois comme cela ouvre de nombreuses
discussions.
Si tu abordes le problème par la facette "réactions
générales" tu es induit en erreur, par deux faits:
Thuja n'est pas dans la rubrique < avant les règles
(plus à tort qu'à raison, mais le répertoire est incomplet)
Sommes nous vraiment devant une aggravation générale avant les règles ? Les symptômes pelviens sont tous plus
ou moins liés et empirent avant les règles, du coup comme la patiente ne
supporte plus ses douleurs, l'état mental empire lui aussi. Donc gare à ne pas
généraliser hâtivement.
Cette patiente a d'autre part un caractère on ne peut plus particulier, que
j'ai essayé de rendre avec les rubriques: Psy: aversion/famille Psy:
irritabilité/alternant avec /indifférence
En effet, il est difficile de trouver le sens du
symptôme. Il est plus logique de le tenir à l'écart pour commencer, et
"remonter" depuis les signes locaux qui eux sont facilement répertorisables.
Dans Thuja il s'agit du penchant à tromper : tantôt la patiente hurle de
douleur tantôt devant le médecin elle se tient bien, etc.
J'ai aussi pris les rubriques: Ge: hémorragie Gf : avortement/tendance à l'
Pour finir, je dirais que le fait que réapparaissent, après prise du remède,
deux symptomes anciens comme la constipation et la lombalgie (qui sont
compatibles avec sepia) me laisse espérer que je ne me suis pas trompé.
A bientôt !
C'était bien vu, j'ai débattu plus haut de Sepia, je ne
m'étends pas plus !
Amitiés.
Nom: J.C. Ravalard
email: Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr
Observation
Allez, je m'attaque au cas 34.
Kent insiste sur l'aspect transparent du visage de la patiente, mais elle
semble avoir beaucoup saigné et doit présenter une anémie assez intense.
Beaucoup plus intéressant semble son irritabilité vis à vis de ses proches,
alors qu'elle se contient vis à vis de son médecin. La patiente a été gavée de
remèdes, et en ancien pluraliste, la sycose est là.
Bonjour Jean Claude.
Bonne rigueur associée à la foi des convertis, ça doit
faire des étincelles !
Restent donc les douleurs de l'ovaire gauche pendant les règles, douleur
irradiant dans le membre inférieur gauche, la transpiration grasse du visage, et
je propose Thuya en R1.
Il ne me reste plus rien à dire, sinon faire remarquer
que lorsque l'on a une vue correcte du cas, tous les symptômes s'enchaînent
selon une même logique. Je dis familièrement qu'il s'agit de trouver le bout de
la pelote. Il ne reste ensuite qu'à tirer.
Le 10 Septembre, réapparition d'anciens symptômes, surtout ne rien donner ou
placebo.
Je reprends en même temps la MM de Thuya dans la MMH de Kent: "Le sujet de
Thuya, dans la mesure où il offre un tableau caractéristique, présente une
figure cireuse, luisante,., et qui est souvent transparente."
Plus loin en parlant de l'action sur les glandes, il écrit: "c'est tellement
vrai, que si vous rencontrez une violente douleur à l'ovaire gauche, arrivant au
moment de la menstruation, se poursuivant durant les règles, irradiant en bas le
long des cuisses,.une douleur qui tire des cris affreux à la malade et la rend
presque folle, vous aurez un groupe de symptômes plaidant très fortement pour
Thuya."
Plus loin encore, "Quand les ovaires auront été touchés pendant un certain
temps, alors on aura des symptômes mentaux, une irritabilité très violente, de
la jalousie, une humeur querelleuse, de la méchanceté. Cette irritabilité se
manifestera vraisemblablement envers les proches, envers le mari et la mère;
parmi les étrangers, la malade est encore en état de se dominer et le médecin
peut n'être pas capable de découvrir son état mental parce qu'elle a, dans sa
nature, une disposition à tromper."
Tout ceci me conforte dans le choix de Thuya. Amitiés Jean-Claude
Impeccable. Juste une remarque sur la jalousie de
Thuja.
Après plusieurs observations cliniques d'enfants jaloux Thuja je me suis permis
de l'ajouter dans l'édition prochaine du répertoire. Boericke cite le symptôme
aussi, mais en fait c'est une observation dont la primeur revient à Kent, je ne
m'en suis rendu compte qu'aujourd'hui en lisant sa matière médicale. Il me
faudra corriger cela dans la 4ème édition. Amitiés.
Nom: Jean-Michel.Bolzinger
email: Jean-Michel.Bolzinger de wanadoo.fr
Observation
Cette femme présente un dérèglement mental bien particulier qui paraît
franchement pathologique et qui préexistait à ces fausses couches et partant à
ce tableau d'anémie.
Bonjour Jean Michel.
L'état mental est très particulier mais je ne suis pas
certain qu'il préexistait aux fausses couches.
Il s'agit de cette surexcitation pendant les
regles, cette véritable folie
cataméniale et singulièrement aussi cette rapidité à passer d'un état à l'autre,
(calme avec le médecin et colère avec ses proches, mutisme puis grande
précipitation verbale, états alternants voire contradictoires). Cette
précipitation montre que l'on a affaire à quelqu'un qui est capable d'une grande
sthénicité en particulier lorsqu'elle souffre (Aconit, Cham, Coffea.), dans
cette circonstance aussi, elle se comporte comme une folle.
Je ne suis pas sûr qu'il s'agisse d'une suexcitation
pendant les règles. Pendant les règles l'état pelvien est très <. Elle
présente alors des douleurs intenses, intenables. Ce qui est frappant alors est
la faculté de dissimuler au médecin et de se comporter comme une folle devant
les membres de la famille. Elle dissimule encore son comportement odieux au
médecin.
Les Thuja ressemblent beaucoup aux Nat-m pour ce qui est
de dissimuler, ils veulent donner une image idéale.
Ensuite il faut prendre en compte un premier signe général qui est celui de
l'aggravation pendant les régles: Aggravation du mental, de la douleur
ovarienne, des signes mictionnel, il s'agit donc d'une aggravation générale
pendant les règles.
Certes Thuja mérite de figurer dans l'aggravation
générale avant les règles. Mais ici je le répète, sommes nous vraiment devant
une < générale ? Si la pathologie ovarienne est < avant les règles,
on comprend que par contiguité tout le pelvis puisse présenter des
symptômes.
En tout cas la douleur ovarienne est très
< pendant les règles, modalité couverte par Thuja fort
heureusement !
Si l'on rentre dans le détail de ce signe général, il apparaît que l'état
s'aggrave au fur et à mesure que le flux s'installe et dure pendant toute la
durée des règles (comme dans l'endométriose)
Le deuxième signe général est que cette femme souffre et de partout, et que
ces douleurs sont aggravées par le mouvement.
Enfin elle présente un signe local très bien modalisé: cette ovarialgie
cataméniale de latéralité gauche avec cette extension vers le membre inférieur
gauche et ce, pendant toute la durée du flux.
Là je suis étonné. Je ne connais pas cela chez Cimic,
dont les douleurs, à l'opposé de Thuja, remontent (souvent dans le
thorax).
Je te soupçonne d'avoir utilisé la bonne vieille key
note "plus les règles sont importantes plus les souffrances augmentent".
Bien des remèdes possèdent l'aggravation par le flux menstruel. Il faut
souligner que l'hypothèse Cimic n'est vraiment pas dénuée d'intérêt: tendance
aux avortements bien connus, loquacité genre Lachesis, douleurs des règles qui
irradient aux cuisses (quadriceps).
Cependant malgré la tendance à dissimuler il nous manque
ici des signes hystériques, soupirs, qui sont caractéristiques du remède (note
que je n'ai pas d'expérience de Cimic autrement qu'en situation aigue, peut être
Dominique Viola nous sortira-t-il un beau cas chronique).
Alors que Thuja décrit bien mieux les signes ovariens (Cf
Hering), il manque la caractéristique (à mon avis) essentielle de Cimic :
l'alternance de la douleur ovarienne.
Ce tableau entre en similitude avec Actea Racemosa. Ce remède donné dès le
début du dérèglage évitera que la patiente déroule l'intégralité de la
pathogénésie de cette substance tout au long de sa biographie.
amicalement à tous.
Merci Jean Michel. Amicalement.
Nom: Carmen Carrera
email: ccarrera de mundivia.es
Observation
Cas nº 34
Un cas vraiment très difficile, j'espére ne pas dire beaucoup de bêtises
Tous ses symptòmes physiques correspondent bien à THUJA
- Visage transparent et transpiration grasse.
- Envie fréquente d'uriner.
- Brûlure en urinant.
- Doit attendre longtemps avant que l'urine ne s'écoule.
- Violente douleur aiguë dans la région ovaire gauche, qui descend le long du
membre inférieur gauche.
Et en lisant la Mat.Med. de Kent je crois que son état mental se correspond
aussi, mais je ne sais pas prendre les rubriques que correspondent, mais j'ai
trouvé une dans le Repertoire de Eizayaga:
- Colère contre les membres de sa famille: un seule remède: THUJA 1 degré.
Merci et à bientôt.
Bonjour Carmen,
C'est un plaisir de lire tout ça. Très beau
travail !
Juste une remarque : je suis sûr que Eizayaga s'est
servi de cette observation de Kent, et a créé abusivement une rubrique qui n'a
guère de sens. Tu mesures la difficulté de généraliser ou pas un symptôme. Ici
il s'exprime contre les gens de la famille, mais si la malade partageait un
appartement avec une autre étudiante c'est certainement son amie qui serait
exposée à sa colère.
Amitiés.
Nom: Michèle Bärtschi
email: baechlisbrunnen de bluewin.ch
Observation
Hello,
En résumé,voici la liste des symptômes de cette jeune femme dont le désir
d'avoir des enfants est très fort qui fait trois fois des fausses couches dans
les premiers de grossesse suivies d'hémorragies, clouée au lit, ne tient
debout.
Ce que le médecin observe: son visage transparent, avec transpiration grasse.
Sur un tempérament irritable, avec sa famille: visage de folle se superpose un
autre agréable avec le médecin malgré la souffrance avec /et air égaré.
D'autre part elle a une envie fréquente d'uriner pendant < pendant les
règles. Brûlure en urinant. Doit attendre longtemps que l'urine ne s'écoule.
Douleur de l'ovaire gauche avant et après la miction. Violente douleur aigue
dans la région de l'ovaire gauche qui descend le long du membre inférieur
gauche.
Hierarchisation des symptômes: ce qui est frappant: -le dernier symptôme
énoncé qui est modalisé et avec une extension -le problème de fausses couches
-son visage transparent et couvert d'une transpiration grasse.
En terme répertorial:
-Génitaux féminins:douleur,ovaire extension,membres inférieurs, le long des:
gauche: apis, cham., lil-t.,phos.,thuj.,ust.
Bonjour Michèle.
C'est très bien. Apprends à raisonner à partir d'un seul
symptôme caractérisé, regarde quel est celui de la liste ci dessus qui a une
transpiration grasse et des troubles chroniques de l'ovaire gauche :
Thuja.
-Génitaux féminins:avortement,mois, premiers mois:
alco.,apis(2°),caul.,vib.
Rubrique clinique donc forcément incomplète.
-Visage,tuméfaction luisante:
apis,arn.,aur., spig.
Erreur dans le sens du symptôme. La rubrique que tu
emploies ici correspond aux inflammations de type érysipèle avec un gonflement
luisant, d'ailleurs tu vois qu'aucun des remèdes de la rubrique ne cadre de près
ou de loin avec le cas.
Avec ces trois rubriques le remède qui ressort est Apis mellifica.
Ce remède est confirmé dans les autres rubriques:
Psychisme, mauvaises nouvelles, affection suite de. Vessie, miction
fréquente, règles pendant. Vessie, miction retardée, doit attendre que l'urine
s'écoule. Génitaux féminins, douleur ovaire, règles. Généralités, douleur
brulante, caractéristique de apis Généralité, changement continuel de symptômes.
Membres, impotence m.inférieurs.....
Tu me confirmes Apis avec des symptômes soit interprétés
(suite de mauvaise nouvelle) soit trop vagues (miction retardée), soit erronés
(changement continuel des symptômes ne peut s'appliquer ici).
L'amélioration de l'état de la patiente est spectaculaire. le 10 septembre
,d'anciens symptômes réaparaissent .bénéfiquespositif (lois de Hering) Si il n'y
avait que ce retour d'anciens symptômes il faudrait patienter, mais l'impotence
est aussi réapparue, elle est handicapante et d'autre part la dernière dose
remonte au mois de mai alors on pourrait répéter la dose
Oui, c'est tentant de renouveller, mais le mieux est
encore d'attendre que le cas se stabilise. En fait l'idéal serait ici une
prescription en liquide qui permettrait d'éviter tous ces problèmes, qui
seraient aujourd'hui ingérables.
Merci pour ce cas passionnant. Quelques questions cependant: est-ce que le
fait d'être agréble avec le médecin, alors qu'elle souffre et montre un visage
de folle à sa famille, reviendrait à dire qu'elle se sent bien, elle ne veut pas
donner de symptômes au médecin ? Apis dans la rubrique :Bien et d'autre part la
supression intempestive d'hémorragie aurait-elle créé chez cette femme cet état
inconfortable ?
La rubrique Bien alors qu'il est très malade couvre les
cas de gens qui refusent de voir le médecin, arguant qu'ils vont parfaitement
bien, ce n'est pas le cas ici.
D'autre part il y a quelque chose de nature sycotique qui
préexiste à l'hémorragie. Ce n'est pas l'hémorragie ou sa suppression qui
peuvent rendre compte de l'état de la malade.
Toujours est-il que la question que je me pose est la suivante: le fait que
psychiquement elle n'était pas encore tout à fait prête à devenir mère ?
aurait-il pû entrainer cet état ?
"Stopper l'hémorragie reviendrait à détruire la vie de cette femme." Je pense
qu'elle a été abîmée par les traitements agressifs, cette souffrance et cette
expérience douloureuse auraient pû lui être épargnées Et peut-être qu'il a fallu
qu'elle passe par cette étape difficile: passage de sa vie de femme à sa
nouvelle vie de mère.?! et par là-même mûrir et grandir.
Allons, Michèle, avec ta grande sensibilité tu as
encore bien du mal à t'empêcher de te poser ce genre de questions ! Là nous
entrons dans le domaine des hypothèses creuses sur l'essence intime des choses
qui nous sont cachées. Cela fait florès dans la médecine classique depuis la
nuit des temps.
Salutations et à bientôt.
Michèle
Amitiés.
Nom: Edouard TROESCH
email: eddy de igbmc.u-strasbg.fr
Observation
Bonjour à tous...
Le temps brumeux qu'il y a sur Strasbourg actuellement a surement affecté mon
cerveau à la lecture de ce cas. Je l'ai lu maintes fois, tourné dans tous les
sens, bref mon cerveau a chauffé...
Ce qui me frappe d'abord c'est la description du visage : cireux et surtout
TRANSPARENT mais je n'ai pas trouvé de rubrique visage transparent dans le
répertoire ...
Bonjour Edouard.
C'est je pense l'état d'anémie profonde qui produit cet
effet particulier, il n'y a pas de rubrique connue, de toutes façons le signe ne
mérite pas vraiment qu'on s'y arrête car dû à la condition anémique de la
patiente.
Après avoir longtemps réfléchi je pense qu'il y a déjà 2 symptômes
incontournables :
- elle a fait 2 fausses couches donc le remède cherché devrait se trouver
dans la rubrique Avortement
- la douleur à l'ovaire gauche
L'avortement est forcément lié à l'état gynécologique, la
tendance à la fausse couche est un signe général, mais avant toute chose passe
la oduleur de l'ovaire gauche, avec tout le groupe de symptômes (modalités +
irradiation).
Regarde donc d'abord cette douleur ovarienne car son
irradiation la rend intéressante.
Puis en prenant en compte :
- l'hémorragie : abondante, sang rouge vif avec caillots
- l'irradiation de la douleur ovarienne
- l'aggravation des douleurs au mouvement
Je trouve Zinc puis Phos, Plat, Ust, Cimic, Merc. Mais aucun ne couvre la
totalité des symptômes.
C'est très bien de se dire que rien de cohérent ne se
dégage, cela indique très souvent que l'on est sur une mauvaise
piste.
J'ai donc filé à la bibliothèque de la fac de pharma pour me plonger dans les
matières médicales et vérifier la cohérence des remèdes avec le cas. Etant donné
que mon anglais m'est pas très poussé j'ai du laissé tomber la MM d'Allen et me
suis rabattu sur celle de Lathoud. Mais à la lecture des remèdes précédents dans
la MM, je trouve qu'aucun ne "colle" :
- Zinc : absence d'agitation physique surtout dans les jambes, pas de notion
de suppression d'éruption mais Zinc a beaucoup de symptômes liés aux règles
(< ou >) - Phos : on trouve la tendance hémorragique mais pas de symptômes
liés aux règles ni de vertiges
- Plat : absence du côté hautain, orgeuilleux et des troubles sexuels
psychiques et physiques
- Ust : là, je n'ai pas trouvé grand chose dans les MM que j'ai consulté
sinon que c'est un remède d'avortement, d'hémorragies utérines avec col mou et
qu'on peut observer une chute de cheveux, très peux de symptômes psy
- Cimic : a peur de devenir folle mais je ne sais pas si elle peut se
comporter comme une folle, à des troubles neuro-végétatifs (retentissement
mental et manifestations au niveau de la sphère génitale) avec des troubles
rhumatismaux et est < pendant les règles en fonction de leur abondance
- Merc : pas de notion d'hypersecrétions avec mauvaise odeur ni de troubles
ou d'antécédents ORL
Aucun ne me convient parfaitement contrairement au cas précédent...
Donc je préfère d'abord choisir un remède végétal : J'ai plutôt un penchant
pour Ust plus spécifique des fausses couches et qui n'a pas été beaucoup étudié
(vu ce que j'ai lu dans les MM) Mais je pense que je pense qu'il y a
mieux...j'attends la correction !!!
C'est très intéressant, tu te prêtes à nos exercices avec
l'état d'esprit qui convient, peu importe le résultat, le raisonnement et la
recherche nous importent le plus.
Décidement nous sommes sinistrés en français, car la
description de Hering est strictement celle de notre malade, si l'on ouvre le
chapitre consacré à Thuja.
Le second remède donné doit être le même que le premier, vu qu'il a très bien
marché chez cette patiente (on ne change pas une équipe qui gagne).
Ici encore, c'est impeccable, en dose sèche la plus
grande erreur consiste à renouveller trop tôt.
Bonne journée et amitiés à tous. Edouard
Amitiés.
Nom: Pilchen Veronique
email: veronique.pilchen de wanadoo.fr
Observation
Bonjour à tous,
Que de symptômes! J'essaie de garder ce qui me semble essentiel,
caractéristique, à savoir son comportement irritable avec ses proches affectueux
avec elle, ce que j'interprète comme une aggravation par la consolation (ne
trouvant pas d'autre rubrique pour rendre compte de sa différence de
comportement avec le médecin par exemple), et également l'intensité de la
douleur qui fait qu'elle se comporte comme une folle.
Bonjour Michèle
Ce fut très agréable de faire ta connaissance au
séminaire clinique, nous avons passé un sacré moment je crois.
Tu as eu des problèmes pour aperçevoir le bout de la
pelote. Ne prends jamais en considération une rubrique dont tu n'es pas certaine
du sens. L'état mental est bizarre et donc caractéristique mais on ne sait où le
chercher dans la matière médicale. Soit, il faut donc garder ce signe sous le
coude pour plus tard.
L'intensité de la douleur est telle qu'à une époque où
les antalgiques n'existent pas, les malheureux patients vivent l'horreur. Ce
n'est donc pas vraiment un symptôme valable de parler de folie lors des
douleurs.
Ceci me donne:
PSY: irritabilité/consolation/agg
PSY:consolation/agg
PSY: querelleur
PSY: crier
PSY: tristesse
gf: douleur/ovaire/gauche
gf: douleur/uterus/insupportable, à la rendre folle
Est-ce bien PLATINA? C'est le remède que j'aurais donné.
Merci pour la réponse que j'attends avec impatience, au revoir et à bientôt à
Annecy.
Pense toujours à comparer le résultat de ta
répertorisation avec la matière médicale, le répertoire n'est qu'un outil pour
pointer sur un ou plusieurs remèdes. Ensuite il faut contrôler dans la matière
médicale. Amitiés.
Nom: Pierre Fontaine
email: hompierre de aol.com
Observation
J'ai tout écrit sur mon Email normal. Je n'ai pas le temps de reecrire. La
prochaine fois je donnerai toutes les info comme a l'ecole. Je donne Kali carb
pour le cas Quarrelsome with family Metrorragia abortion after burning urine
Merci, au revoir
Bonjour Piere, c'est très gentil de nous envoyer un mot
depuis les Etats unis. Je pense que la lecture des suggestions précédentes
suffira. Amitiés.
Nom: Pascal Neveu
email: Pasca.Neveu de wanadoo.fr
Observation
Mon cher Edouard et vous autres
Ce cas pour facile qu'il semblait pose justement plein de questions sur la
notion de valorisation des symptômes et surtout met en relief très clairement
l'obligation de garder LA COHERENCE pour résoudre le problème .
Bonjour Pascal,
En formulant le concept de cohérence je
n'ai fait que formaliser la façon de faire qui nous a été transmise par les
grands homéopathes depuis Hahnemann. La cohérence en effet est obligatoire pour
parvenir à prescrire correctement.
Souvent en pratique, on sait que l'on tient une bonne
cohérence (et donc une prescription correcte) lorsque l'on parvient à prédire la
présence de plusisuers symptômes avant que le patient n'en parle ou que le
remède prescrit soit hautement caractéristique envers les signes qu'il couvre
(Thuja possède 3 points de valorisation relative pour les douleurs de la fosse
iliaque droite, etc).
Dans le cas qui nous occupe, comme à chaque fois
d'ailleurs, la question est par quoi commencer ? Qu'y a t-il
d'original ? Ceux qui ne possèdent pas bien la matière médicale ont de la
peine à apercevoir le "bout de la pelote", il leur semble que le choix se fait
de façon arbitraire car dans leur esprit ils ne parviennent pas à faire sans
arrêt les comparaisons avec les tableaux déjà connus des remèdes dans la matière
médicale. Ceux qui ont saisi la façon de faire parviennent très vite
intuitivement à associer l'image d'un remède avec un premier groupe de
symptômes, puis à tester la cohérence sur l'ensemble.
Par quelle piste commencer ? La
réponse est : par celle qui s'avèrera couvrir le maximum de signes
(significatifs).
Cela dit, j'ai tardé à répondre parce que je n'arrivais pas à la cohérence
malgré les remèdes immédiatement en question :
J'ai sans doute comme d'autres effleuré Lachesis, rapidement balayé car un
venin suppose beaucoup plus que cette latéralité gauche omniprésente dans ce cas
et surtout touche très clairement à la coagulation qui n'est pas en cause ici.
Donc exit Lachesis.
Le plus dur est vite arrivé pour moi pour pouvoir départager deux remèdes qui
sont eux aussi, omniprésents dans la résolution de ce cas : SEPIA ou CALCAREA
CARB:
Notre patiente présente tous les symptômes d'une personne qui désire vraiment
un enfant sans pouvoir concrétiser son désir en raison de son incapacité
organique à mener une grossesse à terme .
D'avortement en avortement, nous en arrivons à un état de faiblesse tel que
plus grand-chose n'est supportable ni pour le mental ni pour le physique ce qui
engendre bien sur pas mal de symptômes qui ne sont que l'expression du trouble
causal: L'incapacité à procréer pour des raisons constitutionnelles :
Mon choix se porte donc sur CALCAREA CARB avec les symptômes suivants:
Aversion pour sa famille
Avortement
Malveillance
Métrorragies entre les règles
Règles abondantes avec caillots
Envies fréquentes d'uriner pendant les règles
Désespoir de ne pas guérir .
Malheureusement, dans ta liste ne figure pas le complexe
de symptômes ovariens extrêmement bien définis, et caractéristiques de part
l'irradiation à tout le membre. Je ne doute pas que le calcul basé sur ce choix
porte sur Calc, mais une fois encore tu vois comme il faut faire attention à
ne pas interpréter les symptômes de façon erronnée
(Ici: aversion pour sa famille).
ne pas utiliser des rubriques certainement incomplètes
type avortement, stérilité, etc
ne pas considérer comme un symptôme un signe qui est
normal vu la situation (désespoir)
J'arrête la les autres symptômes que j'aurais envie de mettre car je sais
très bien qu'ils ne m'apportent pas grand-chose de plus dans la mesure ou ils
sont présents dans les deux remèdes .
Je voudrais dire aussi que l'aggravation des douleurs par le mouvement ne me
semble pas relever de Sepia .La problématique de Sepia passe aussi par des
règles plutôt foncées sans caillot avec une notion de ptose qui n'est pas en
évidence ici. Et pour indifférente qu'elle est, Sepia ne me donne pas le
sentiment d'être la furie décrite ici sauf dans ses conditions très
particulières que sont les règles hémorragiques et uniquement pendant les règles
hémorragiques .
Et pour clore mon propos, je pense que ce cas relève d'un trouble profond de
la constitution et non de la structure psychanalytique qui sous-tend quelque
part Sepia .
Très amicalement à tous et bien sur à ceux que je retrouverai à Annecy en
même temps que le Charter de Lorrains qui sera des nôtres .
Pascal
Ce fut super de nous revoir toi et toute la sympathique
équipe lorraine, et je te remercie pour cette superbe contribution au cas
clinique.
Amitiés.
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