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DESCRIPTION DU CAS CLINIQUE HOMEOPATHIQUE

CAS 30 Enfant F. Anthony, troubles du comportement

Voici le cas assez complexe d'un enfant que je suis depuis les premiers jours de 1994. C'est je pense un cas modèle dans le sens que les erreurs que j'ai commises devraient vous permettre de trouver facilement dans votre pratique le remède final dont la prescription n'est pas évidente si on n'est pas préparé à le chercher.

Anthony est né le 13 11 1989. A l'époque où je le vois pour la première fois, ses parents l'amènent car il tombe sans cesse malade, et il ne répond pour ainsi dire plus aux traitements classiques.

A chaque poussée dentaire, c'est une rhino assurée avec une forte diarrhée. Il fait bronchite sur bronchite. Les dents et la marche sont arrivées à un âge normal.

C'est une enfant très agité, qui ne tient pas en place. Il est très nerveux, cligne beaucoup des yeux, se ronge le bout des ongles. Il fait des colères noires et se retient de respirer (sans pour autant faire un véritable spasme du sanglot). Il n'est nullement impressionné si on le gronde ou qu'on le menance d'une correction.

Anthony a eu le BCG plusieurs fois, mais la cuti reste négative.

Il aime manger très salé, mais par dessus tout c'est son goût pour le saucisson et le jambon fumé qui est très marqué. Ce goût alimentaire ne variera pas jusqu'à ce que je trouve enfin la bonne prescription.

Il dort à quatre pattes, et au réveil, il est de très mauvaise humeur, surtout après la sieste, la maîtresse le laisse alors dans son coin le temps qu'il se calme. Il a 5 ans et fait toujours pipi au lit.

Sur le plan familial on peut trouver au moins deux cas de cancers chez les grands parents.

Je lui donne donc R1, que vous trouverez sans grande difficulté. R1 fonctionnera pendant presque trois ans, et sera monté jusqu'en LM.

Très vite Anthony ne tombe plus du tout malade, mais reste coléreux, très jaloux, ne supporte pas qu'on s'occupe de sa soeur, et son énurésie devenue intermittente persiste. Fort bien, me dis-je, comme il parle beaucoup, je donne Lach qui ne fera qu'un effet transitoire en 200, et échouera (comme on s'y attendait) en M. Bien fait pour moi, c'est encore une prescription parcellaire...

Entretemps les parents n'en peuvent plus et le montrent à une psychiatre qui constate l'ampleur croissante des troubles et entreprend de suivre Anthony régulièrement. Au bout de quelques mois : pas de changement, il est toujours aussi odieux. Autre point important qui n'arrange pas les choses, l'enfant  ne parvient toujours pas à être propre la nuit malgré tout ce qu'entrepennent les parent.

La maman désespérée me le remontre début 97 et arrête de voir le psychiatre. Il y a un gros conflit entre elle et son fils, il ne se supportent plus du tout. Anthony est agressif avec tout le monde, il se comporte en véritable Attila, casse tout, injurie tout le monde, frappe ses copains, est très jaloux. Parallèlement à ces signes très sthéniques il peut être très abattu, il exprime alors une image très négative de lui, il est persuadé qu'il ne peut que mal faire. Sa mère dit "c'est fou, il peut être un ange tout comme il peut devenir un véritable démon".

A ces mots, je fais "tilt" et m'empresse de lui donner Anac 200. Le remède lui fera un bien net pendant 3 ou 4 mois jusqu'en juin 97, puis échouera.

Moralité : j'avais donné d'après une bonne vieille keynote un remède qui ne s'est avéré que partiellement similaire. Parce que Anac ne présente pas d'envie féroce de jambon fumé, symptôme que j'avais escamoté, histoire de prescrire quelque chose.

Fin 97 nous reprenons tout à zéro. En plus du signe précédent, je trouve incontournable la jalousie qu'il manifeste, il ne supporte pas qu'on puisse s'occuper de sa soeur. Il ne supporte pas de ne pas être le centre d'intérêt. Il jure comme un charretier. Il frappe ses copains, et il veut aussi régenter les jeux dans la cour. Anthony continue les tics qu'il avait lors de ses premières visites, les paupières se contractent, il se tripote les lèvres. Sa mère et lui sont à couteau tiré, et il use de chantage pour obtenir ce qu'il désire.

Muni d'une bonne matière médicale (Vermeulen), je parviens enfin à me réveiller et prescris R2 en 200. Les termes "magique", "génial", "incroyable" utilisés par les parents ensuite permettent de penser que le remède est bien choisi.

Je note en Avril:

Changement radical: d'un coup il a été plus ouvert, moins capricieux, moins anxieux

Recommençait à cligner des yeux depuis le début du mois

Recommençait à s'éplucher les lèvres, les ongles (pas les ronger mais les rogner l'un contre l'autre)

Avec la dose il ne faisait pratiquement plus d'énurésie. Retour d'énurésie maintenant

Rhume des foins en ce moment

Actuellement Anthony est vraiment méconnaissable. Pour permettre une action plus souple du remède je suis passé en LM3. La cinquante millésimale permet d'adapter la posologie à ce dont l'enfant à besoin. Dès que Anthony recommence à être un peu pénible, sa mère lui donne une goutte. Il sera intéressant de noter que parfois la goutte agit mal, il suffit alors d'augmenter le nombre de secousses pour que l'action reprenne (on passe de 3 à 5 secousses).

Nous reparlerons de la posologie une autre fois, à vous de trouver R1 et R2 !

 


REPONSES CAS CLINIQUE HOMEOPATHIE

Nom: Blesch

email: emmanuel.blesch de wanadoo.fr

Observation

Bonjour à tous Chic chic ! une nouvelle devinette, et un nouveau suspense! merci cher Edouard! Je vais essayer d'être un peu moins crasse que lors de mes derniers mails!

Pour le premier remède, je prendrais volontiers les symptômes suivants: la mauvaise humeur au réveil, le désir de viande fumée et le sommeil à quatre pattes qui avec les bronchites et le coup du BCG négatif nous envoie tout droit sur Tuberculinum Le premier remède choisi est donc sans doute TUB.

Bonjour Emmanuel !

D'abord, tu n'es pas crasse du tout ! Quand vous ne trouvez pas, la plupart du temps, c'est moi le responsable car il m'arrive de mal exprimer les symptômes.

Tu me fais un résumé magnifique de la prescription de Tuberculinum. Il faut savoir rester simple en effet, le syndrome que tu décris répondra au moins dans 90% des cas à Tub. J'aimerais que tout le monde ait bien cette image en tête.

Pour les autres consultations, c'est vrai que j'ai aussi fait tilt pour ANAC devant le caractère mi ange mi démon du gamin ; Oui, et c'est une erreur contre laquelle il nous faut sans cesse lutter qui consiste à nous raccrocher à quelques misérables keynotes qui peuvent nous servir de raccourci comme nous mettre dans le décor...

A l'occasion du dernier entretien, ce qui me parait important, c'est effectivement l'incontournable jalousie mais aussi le caractère grossier du personnage; il a tout juste huit ans et il jure "comme un charretier" je vais garder " jurons " et "jalousie"

Gallicum Acidum

Merci à monsieur Vermeulen! Dans son ouvrage intitulé Synoptic materia medica II, page 365, on peut lire à "leading symptoms:

-violence et agression

-unrestrained, biting, kicking, striking... etc et .....

-desire of smoked food"

Le portrait de notre Attila est dans ce remède; Parfaite aussi ta façon de retenir l'essentiel du cas. Autant il peut exister des enfants jaloux, mais en plus être jaloux et jurer comme un charretier, on conviendra que c'est bien plus rare.

Amitiés à tous

Emmanuel

Et voilà, tu as amplement un 20/20 pour le cas clinique. Amitiés.


Nom: Jean-Michel.Bolzinger

email: Jean-Michel.Bolzinger de wanadoo.fr

Observation

Bonjour les gens !

R1=Tuberculinum, je ne détaille pas, ça saute aux yeux.

Hello Jean Michel,

Oui ca saute aux yeux, et je trouve que Emmanuel a fort bien résumé le syndrome minimum de Tub. Plus j'y pense plus je crois qu'il sera important de dresser ainsi les syndromes minimum des remèdes. Qu'en dis-tu ?

R2 Gallic Acid Why ?

A force d'épurer, j'ai gardé : jalousie, jure comme un charretier.

Exactement, ce sont les deux choses qui frappent le plus, surtout mises ensemble dans le même enfant !

Pb : il n'est pas dans la rubrique désir de jambon fumé. Eh ben il a tort car il devrait y être. J'ai découvert ce remède au 36° congrès national d'homéopathie de Besançon le 4/3/91 où le Dr Champion d'Amiens nous a présenté un cas clinique de ce remède chez une vieille célibataire décharnée qui faisait des pneumonies à répétition depuis que sa mère était morte: douleur poumon droit > couchée dessus, délire nocturne aussi violent que celui des solanées, impossible de rester seule la nuit, appelle sa voisine. Il nous avait donné le mental suivant : Irritable, autoritaire même envers ses meilleurs amis, jalouse au point de devenir grossier envers quiconque lui adresse la parole.

Mon bon copain Eric Lorenz pédiatre à Sion en Suisse nous a fait une présentation superbe de ce remède à partir du cas clinique d'un jeune de 12 ans qui consultait pour une agressivité énorme envers ses proches avec une grande tristesse ravalée depuis que son père s'était fait la malle. Il était râleur, jaloux, possessif, violent dans ses paroles, grossier, jurait sans arrêt, il avait une peur panique d'être seul de jour comme de nuit (Stram que la nuit). Pour Eric, Gallic Acid c'est le gamin qui attire sans arrêt l'attention sûr lui : " Maman, regarde, mais regAArde maman ! ! "veut qu'on le voit, provocateur, fait sans arrêt des conneries dans ce but afin que les parents soient sans arrêt aux aguets. Il nous a fait connaître l'article de l' Homeopathic Links, 1/93 et 3/93. Anada Zaren écrit en réponse à la question de savoir comment elle piquait Gallic Acid alors que ses symptômes ne figurent pas dans le répertoire: L'art de l'homéopathie c'est de comprendre le remède en profondeur, de comprendre un remède dans son " mur " là où son libre arbitre est restreint et le mur de Gallic Acid, c'est la peur d'être seul, le 2° symptôme c'est la colère violente perçue à travers la contraction des masséters et ensuite elle fait une comparaison avec les autres solanées.

Que nous en dit Vermeulen ? (dont j'attends avec fébrilité la traduction française).

Ca vient, ça vient... En attendant le bon Emmanuel nous a recopié quelques lignes intéressantes. Amitiés.

Amitiés à tous. JM


Nom: Guise Pascal

email: pdeguise de worldnet.fr

Observation

Bonjour!

Je pense qu'Anthony relève de Tuberculinum pour R1 de de Gallic acid pour R2.

En effet, devant un enfant agité, sujet à de multiples infections respiratoires, qui a l'association désir de sel et de jambon fumé, assez caractériel, on doit penser d'abord à Tuberculinum.

Bonjour Pascal.

Héhé, c'est toujours ceux qu'on entend le moins qui en font le plus, n'est-ce pas ? Voilà du travail rondement mené !

J'ai donc repertorisé sur trois rubriques:

psy/irritabilité/matin/réveil

es/desir/viande/fumée

som/position/génupectorale qui confirment le remède

Impeccable, je te conseille ensuite de t'habituer de plus en plus à "sentir" le contexte d'un remède. Les symptômes devant ensuite te guider pour former une image cohérente. Certes il faut utiliser le répertoire en tant qu'index de la MM, mais ensuite il faut fermer les yeux, faire marcher le cerveau droit (moi je sens le mien :) et imaginer le tableau. Un tel contexte doit pour résumer faire immanquablement penser à Tub.

Pour le deuxième remède, j'ai retenu comme incontournable la rubrique psy/jalousie (je n'ai pas de mérite car c'est marqué dans le texte!) et la rubrique psy/jurons car il me semble peu commun pour un enfant de jurer comme un charretier! Cette repertorisation montre Gallic acid en premier.

Bien, je suis très content de voir comme tu résumes en ne gardant que ce que l'on ne peut omettre. Tu vois que pour PcKent, Gal-ac est le premier choix car il te classe les remèdes de façon inversement proportionnelle à leur présence dans le répertoire.

Je me suis alors souvenu que ce remède fait partie de la liste du topo sur les enfants agités que tu nous avais présenté en janvier (avec ce cas clinique en exemple). Je l'ai relu ainsi que celui sur tuberculinum. Je suis alors maintenant certain de la solution finale.

Zut ! Quel âne je fais !

Dis donc Edouard, tu nous testes pour savoir si on dort pendant les seminaires? Mais rassure-toi, vous ne vous êtes pas donné du mal pour rien, Rémy et toi.

En tout cas, je me rattrape aux branches en te disant que je suis content que vous suiviez et que mon travail (et celui de Remy en la circonstance) vous soit utile !

Je concluerai en disant que ce cas illustre parfaitement le fait qu'une bonne répertorisation repose sur peu de rubriques, mais bien choisies. C'est ce que tu nous répétes à longueur de temps et c'est ce qu'il faut que je m'applique à respecter.

A une prochaine fois

A nouveau, c'est très bien. Le plus dur dans notre boulot est d'apprendre à être artistique. Cette démarche artistique ne peut s'obtenir qu'après un dur labeur d'apprentissage des remèdes etd e la doctrine. Il serait ridicule de chercher sans savoir ce que l'on cherche.

Amitiés.


Nom: Delaunay Alain

email: adelaun de club-internet.fr

Observation

Bonjour Ed et les amis,

J'ai l'impression de voir un tuberculinique agressif, et agité ; je retiens donc les rubriques suivantes caractéristiques du moment :

Sommeil : position genu-pectorale

Irritabilité réveil

Désir aliments salé

TUB apparaît devant CARC. Malgré les atcd parentaux je ne retiendrais pas CARC car il ne semble pas sympa et responsable, entre autres. Les rubriques « colère » et » énurésie » sont trop vastes, « ronger les ongles » est incomplète et ne pourrait servir qu'à confirmer. Donc R1 = TUB

Bonjour Alain.

C'est net et sans bavures !

Pour R2 cela se « Corse » comme dirait Napoléon ! De tes essais infructueux, tu tires la conclusion super importante que, parmi les aliments salés, la viande fumée (jambon, saucisson) est incontournable ! Verrouillons donc "viande fumée" en espèrant qu'elle soit complète ou ..presque. Je sélectionnerais, avec, (Coupe du Monde oblige):

1/Désir de bacon qui a l'avantage d'être une viande fumée et salée.

2/ Jalousie ou mieux "jalousie et querelleur" car tout m'apparaît lié, et

3/ Tics du visage

CENCHRIS m'envoûte alors, mais : pas de tics ni de pathologie ORL et bronchopulmonaire; enfin, je me dis que ceci aura du être réglé par Tub. Quant aux tics, ils peuvent être interpretés comme la conséquence d'une lutte contre ce sentiment envahissant de jalousie; et puis. il n'y a eu que 5 provers. et rien ne s'oppose dans les signes généraux à sa prescription !

C'est très bien que tu ne fasses pas confiance à ta répertorisation. Le remède qui apparaît manque en effet de la plus élémentaire cohérence bien qu'on image volontiers un venin se comporter de façon outrancière.

Méfiance bien sûr pour avoir utilisé la rubrique tics du visage qui ne décrit pas vraiment notre patient. C'est la rubrique Tics des paupières qui devrait convenir ici. L'expérience montre cependant qu'il faut faire très attention dans ce contexte car les tics siègent souvent en divers endroits du corps, et il faudrait certainement regarder la rubrique générale.

Méfiance aussi pourle bacon, qui est peut être un peu trop restrictif. Je me demande si je ne vais pas vous concocter une rubrique désir de jambon tiens.

En plus de la solution, détailles-nous ta LM3 !!! Au fait, si c'est le bon,

Pas évident de trouver ce remède à la seconde consult. ! Je me demande si je l'aurais trouvé à la centième. À condition que le malade revienne.("obstiné ou amour") devrais-je rajouter alors ;

Remonte toi le moral. Il vaut mieux se planter et persister dans la bonne voie, c'est ainsi que l'on apprend. En fin de compte l'honnêteté avec soi même et avec les principes fondamentaux de l'homéopathie paye toujours. D'ailleurs, je pense qu'il est bon d'expliquer aux patients que l'on s'est trompé et pourquoi, c'est ainsi que l'on doit développer un travail d'équipe avec lui dans certains cas difficiles. Amitiés à tous.

Pour la LM3... Tu sais que les Quinquagentas vont de 1 à 120. Cela laisse une bonne marge. Avec l'expérience de la phase liquide je me suis rendu compte qu'une simple 30 CH peut fonctionner pendant 6 mois d'affilée. Je vais illustrer ca avec un exemple typique.

C'est le cas de mon fils dont Kali-c aura bientôt guéri son asthme. Lors d'une crise en effet, il se mettait sur les genoux, le corps en avant et disait respirer mieux comme cela (je ne te dis pas que j'ai dû lutter contre l'assistance pour attendre un peu afin d'avoir des symptômes, l'allopathie c'est bon pour le palliatif, céder à la peur c'est garantir de rater un cas). Cela m'a paru évoquer fort bien la position "tête sur les genoux". Alors m'est apparu une autre modalité, il était toujours très agité lors de ses crises, impossible de se tenir en place. Cette agitation se traduisait par un mouvement de balancier dans cette position, un peu le genre prière mahométane pour résumer. Cela éclaire cette rubrique étrange où l'on ne trouve que Kali-c: "asthme > en se balançant."

Je luis donnais alors du 30, qui lui fit très vite céder la crise. Une seconde prise > encore très nettement. Puis une autre 30 ne donnant rien, je passais à 200 qui finit la crise. Jusque là rien d'extraordinaire. Cependant il fallait se rendre à l'évidence, les crises survenaient encore et toujours, avec le temps humide ou après un effort, le fiston répondant de moins en plus aux plus hautes dynamisations. Je faisais une course à la dynamisation sans résultat durable.

Alors je lui ai fait une dilution d'un misérable globule de 30 dans 30cc, et lui ai donné "à la goutte". Alors là, le résultat a été complètement différent. En quelques gouttes: la crise enrayée. Le lendemain, je décidais de donner une goutte à titre systématique tous les jours, comme traitement de fond. Au bout d'une semaine, plus le moindre symptôme, et même plus de gêne à l'effort. Donc je stoppe. Après une séance de judo, il rentre essoufflé, hop, on reprend les prises. Peu à peu la toux inaugurale des crises devient de moins en moins fréquente, cesse spontanément ou devient grasse en quelques heures et se résorbe. A chaque fois Thibault répondait à la goutte précédée par 3 secousses.

Un jour, la toux n'a pas évolué malgré une goutte, je suis donc monté à 5 secousses. Là encore: résultat immédiat. Comme c'est fatiguant de taper plus, lors d'un début de crise je donnais 3 secousses à nouveau, et hop, la réponse au remède se manifestait.

La 30 a ainsi agi pendant 4 ou 5 mois ! Au bout de ce délai le fiston ne faisait plus de crises, seule revenait la petit toux enrouée. Un jour cependant malgré l'augmentation progressive du nombre de secousses, rien à faire, la goutte n'a plus agi. J'ai donc versé le reste du flacon dans l'évier, et complété à nouveau avec 30cc d'eau minérale. Puis 100 secousses. Et hop, la réponse à la dose de reprendre...

Aujourd'hui il se porte vraiment bien, et je pense que dans un an nous n'aurons plus de symptômes.

Moralité:

La goutte permet d'agir sur toute une plage sensible et de ne pas se contenter de 2 impacts ponctuels dessus comme c'est le cas avec la dose sèche.

On a moins besoin de monter les dilutions, les doses sont "étirées" dans leur action. L'action de la goutte est radicalement différente de la graine sèche. Hering pensait que l'activité est fonction de la surface de contact, cela expliquerait bien des choses.

Cette posologie demande plus de suivi, mais permet de s'adapter aux moindres variations de sensibilité du patient. Tu notes d'ailleurs que cette sensibilité peut changer avec le temps, il faut alors modifier la dynamisation du flacon.

Un discret déclage de dilution permet d'obtenir à nouveau une réponse quand l'augmentation de la dynamisation de suffit plus. C'est pourquoi les K ou le Kent sont mal adaptées car elles obligent à sauter d'un pas de géant, 200, M, XM, etc.

Les LM par contre sont parfaitement prévues pour augmenter d'un petit cran la dilution afin de permettre de continuer à toucher la zone sensible. C'est pourquoi je les prescris maintenant en lieu et place des Kent quand je donne en phase liquide. J'attends d'avoir encore quelque mois de recul pour vous faire savoir mon opinion. C'est dur à maîtriser, et il ne faut surtout pas en faire une mode ou négliger pour autant les doses sèches, mais à mon avis c'est le point d'orgue dans la carrière d'un homéopathe ; les doses liquides permettent d'adapter finement la posologie au cas. Et plus je vieillis plus je pense que c'est 50% du traitement (en chronique).

J'espère t'avoir éclairé quelque peu. Je continue d'expérimenter !

Amitiés.


Nom: Michèle Bärtschi

email: baechlisbrunnen de bluewin.ch

Observation

Bonjour,

pour le cas de l'enfant Anthony, je relèverais:

1-Son agitation

2-Son irritabilité

3-< à chaque poussée dentaire : rhino/diarrhée, bronchites à répétition

4-Désir de sel et de jambon fumé

5-Sa très mauvaise humeur au réveil et le fait qu'il dorme à quattre pattes .

Pour répertoriser ces symptômes, je prends la rubrique complétée récemment à savoir

Bonjour Michelle,

C'est très bien résumé. J'ajouterais juste une note de prudence pour exploiter les signes liés à la dentition. Tu sais que le répertoire est assez maigre sur ce point. A part les grandes rubriques, Diarrhée, ou < pendant la dentition ou encore Dentition difficile.

-Psychisme, agitation, enfants chez les. Complète, elle nous livre les principaux remèdes de troubles de comportement chez l'enfant.

La rubrique que tu auras dans la 3ème édition est plus complète en effet, mais ne sara jamais complète. Je songe notamment à y ajouter Lachesis. Tu vois, le répertoire est une sorte de tissu vivant.

-Psychisme, irritabilité, enfants, chez les 25 remèdes./réveil, au.

-Nez, coryza, diarrhée suivi de : calc., sang., sel., tub.

Très subtil. Je suis content que tu sois allée chercher cette rubrique que l'on n'exploite pas assez. Tu nous fais faire une véritable visite guidée du répertoire !

-Thorax, inflammation, des bronches, enfants, chez, dentition pendant : calc.p

-Estomac, désir salées, choses

-Estomac, désir jambon gras/-viande fumée: calc.p., caust., kreos., tub.

-Sommeil, position génupectorale: calc.p., carc., cina, lyc., med., phos., phos., sep., tub.

Je retiendrais les remèdes suivants: avec en tête  calc.p., tub., med., caust., lach., lyc., calc., carc., cham.

Comme cet enfant n'a pas eu de retard à la marche et au niveau de la dentition qu'il n'y a pas de notion de maux de tête, de mal au ventre pendant les repas, douleurs de croissance, je laisse calc.p. remède pourtant tuberculinique. Je laisse lyc, car lyc. est sage à l'extérieur (par exemple école est insupportable à la maison -ici Anthony est sans cesse agité.+ne présente pas de désir de sucré).

Très bien, tu nous fais une démonstration magistrale. Lorsque l'on connaît assez un remède on peut ensuite le comparer avec les autres. Kent disait avec raison qu'il convient d'étudier remède par remède et non pas d'après les pathologies. C'est avec réticence que Remy et moi avons fait le travail sur les enfants agités, mais nous nous sommes consolés en pensant que l'évocation de remèdes donnerait envie de les connaître. Pour en revenir à tes commentaires, tu signales très bien l'attitude Dr Jekill et Mr Hyde de Lycopodium, il ne faut en effet jamais oublier qu'il est dans la rubrique Lâcheté.

Suite à la lecture du document sur le comportement des enfants agités, j'élimine les autres remèdes pour garder celui qui est très aggravé au réveil, irritable, agité, nerveux, facilement malade, ayant reçu plusieurs fois le BCG avec réponses négatives de la cuti, miction involontaire, la nuit énurésie.., à savoir: Tuberculinum.

Pour la suite et grâce à la lecture du document

-Jalousie (avec en tête Lach (jalousie, loquacité)., hyos qui a la jalousie, la loquacité, tics, mais qui est aussi exhibitionniste. Cench.(ange ou démon aussi comme anac., querelleur suite de jalousie) stram ne peut rester seul la nuit.

-Agitation, enfants chez

-Jurons (avec anac.déjà prescrit)

de ces trois rubriques, il ressort: Gallicum acidum

Remède que je ne connaissais pas du tout (à la sortie du document et après une première lecture, il ne m'avait pas trop marquée!) -que je découvre dans le Boericke et grâce auquel et/pour lequel je vais devoir commander la matière médicale de Vermeulen.

A la bonne heure, c'est de la belle ouvrage ! Voici la bonne façon de procéder.

1. Analyse des symptômes, c'est la valorisation

2. Synthèse du cas, c'est la répertorisation

3. Déduction, c'est la matière médicale différentielle.

Merci pour cette façon agréable de nous faire un peu" bûcher" les remèdes de troubles de comportement chez l'enfant, par là-même nous aider à les découvrir et apprendre à les connaître .

Salutations et à bientôt

Merci Michelle, Amitiés.

Michèle


Nom: Pierre Maugeais

email: Pierre.Maugeais de wanadoo.fr

Observation

Première lecture:

agitation enfants,

miction involontaire nuit,

désir viande fumée,

sommeil position abdomen,

Dans un contexte de bronchites à répétition, je pense à Tuberculinum.

Bonjour Pierre,

C'est bien ce que je pense en effet :)

Deuxième lecture en tenant compte de ce désir de fumé caractéristique, le remède est forcément dans la rubrique désir viande fumée ou désir d'aliments fumés. Le choix se limite à qques remèdes calc phos, causticum, pulsatilla, tub, et kréosotum.

Je reprends alors le cas avec les signes suivants : diarrhée dentition kréos 2ème deg. remède que je prescris facilement ds les diarrhées de poussées dentaires chez des bébés hargneux avec érythème fessier excoriant, miction involontaire nuit 3ème deg., désir viande fumée 1er deg., désir aliments fumés 2ème deg., frapper 1er deg., tics paupières 1er deg., finalement la position de sommeil est de peu d'utilité, la jalousie à mon avis est à intégrer ds l'état de mécontentement général du sujet.

Tiens, c'est une idée originale, cela va m'amener à développer quelques points.

Quels symptômes garder pour le choix du remède ? Hahnemann parle de la totalité, il ajoute aussi qu'il faut s'acharner à cherche les symptômes du malade. Il faut donc comprendre comme le fait Kent, qu'il s'agit de la totalité des symptômes du patient.

D'autre part, il faut savoir comment l'organisme se comporte sur un plan aigu ou chronique, et comment dans le chronique plusiseurs miasmes peuvent coexister (Organon §49 et suivants). Pour le cas le plus simple, nous avons affaire à un seul miasme dominant le tableau, celui-ci correspond à l'ensemble des symptômes chroniques. A cet état peut se greffer un miasme aigu, forcément en rapport avec celui du fond, mais se greffe néamoins un tableau nouveau qu'il faut regarder comme isolé et traiter comme tel, te répéteront Kent et Hahnemann.

En d'autres termes tu ne peux pas mélanger dans une même répertorisation les signes aigus et les signes chroniques.

Il existe des exceptions... Certains cas ne manifestent que très peu de signes. Le miasme empêchant l'expression de signes personnels. Dans ce cas, surviennent des signes de façon récurrente. Par exemple des crises d'asthme, que tu n'arrives pas à traiter. Une fois tu notes que la toux est > en plein air. Mais il n'y a rien d'autre pour prescrire, et tu rates le cas. Une autre fois le même malade demande d'ouvrir les fenêtres. Rien de neuf pour prescrire... Vient ensuite une crise juste avant les règles alors que celles-ci ont de la peine à arriver. Dans ce cas les 3 modalités te donnent Puls qui n'apparaissait pas autrement.

Kreosotum est le remède qui a été prescrit. Tu as certainement raison de penser à Kreos lors des troubles de la dentition, son second emploi chez la femme. Peut être aurait-il convenu aux troubles de la dentition si l'enfant crie, etc. Bien amicalement...  Amitiés

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