Cas Monsieur Christian C., migraines
Voici un cas de migraines, dûment étiquetées comme telles par les
confrères neurologues consultés par notre patient. J'ai complété
l'énoncé par les lignes en gras, suite aux remarques de Remy.
Puisque le malade consulte pour cela, je commence à vous décrire
les maux de tête, mais vous savez que ce n'est pas forcément, et beaucoup s'en
faut, la symptomatologie locale qui donne la clé d'un cas. Trop souvent les
débutants se noient dans un tas de signes locaux qu'ils sont pourtant fiers
d'exhiber mais qui hélas ne servent à rien.
Depuis plus de dix ans Monsieur C souffre de sa tête. Cela a
commencé sans facteur évident, sa mère est migraineuse, et il y a d'autres cas
dans la famille. Il souffre tantôt d'une moitié du crâne, tantôt de l'autre. Il
n'y a pas de périodicité connue. Il décrit une douleur pulsatile notamment dans
les tempes.
Comme souvent dans ce genre de cas il a de la peine à en décrire
plus, cependant il explique et montre avec son index que la douleur descend
"jusqu'entre les sourcils". Le point de départ de cette irradiation
"entre les sourcils" n'est pas clair, en tout cas cela ne vient pas des tempes.
C'est comme si le mal de tête allait irradier dans cette région (pour exploiter
ce signe il vous faudra utiliser le répertoire artistiquement).
Il a remarqué après avoir consommé de nombreux médicaments (le
Sumatriptan lui fait quelque effet) que prendre un bain très chaud juste au
moment où la crise survient a de bonnes chances de l'enrayer. Je suis désolé de
ne pouvoir vous en donner plus, mais c'est aussi tout ce que j'avais (je suis
bien tranquille que vous saurez exploiter déjà tout cela avec votre
répertoire).
Cet homme de 45 ans travaille dans le vin, comme on s'en doute il
est plutôt un bon vivant. Son foie n'est pas dans un état terrible comme il dit
car il a plusieurs calculs biliaires et a déjà fait une ou deux crises de
cholécystite. Par dessus tout il décrit spontanément une sainte horreur de tout
ce qui est gras, les fromages, etc., qui l'aggravent. En revanche, il adore tout
ce qui est acide, les cornichons, etc. Sa digestion est perturbée, il a des
ballonnements, cela descend mal. D'ailleurs il est très constipé. A ce point, il
hésite un peu craignant visiblement de m'offenser s'il en dit plus. Après
l'avoir encouragé, il explique qu'en fait ses migraines sont ostensiblement
aggravées à chaque période de constipation. Ce fait est très net pour lui mais
comme on lui a ri au nez à chaque fois qu'il en parle... S'il évite la période
de constipation par l'usage de laxatifs, les migraines ne surviennent pas. Donc, au départ, je pensais que la constipation l'aggravait. En lui
demandant plus de détails il apparaît qu'il se sert des laxatifs pour s'obliger
à aller à la selle, ceci empêche les maux de tête de survenir. Quand il parvient à faire une selle la migraine ne se déclare
pas.
Des fourmis dans les membres la nuit sont tout ce que je peux
glaner de plus.
Pour ce qui est de l'examen clinique, j'abrège, tout est normal
hormis une petite surcharge pondérale, des ongles aplatis, pleins de taches
blanches.
Si je puis me permettre quelques conseils pour ce cas:
-
cherchez ce qui est caractéristique, sachez éviter les signes de
peu d'intérêt ou du moins ceux qui doivent être relégués à l'arrière plan une
fois un candidat trouvé.
-
tâchez d'utiliser les signes à mesure que vous les lisez dans
l'observation pour vous mettre dans les conditions d'un entretien.
-
essayez de débusquer très vite un ou deux signes
caractéristiques qui puissent vous mettre très vite sur la voie.
-
si vous utilisez votre répertoire de façon artistique (en
extrapolant ou complétant certaines choses non dites par le patient) vous
serez très vite orienté dès le début.
A vous de jouer !
Avant de passer à mes commentaires, j'aimerais vous
remercier pour vos nombreuses contributions, cela m'a beaucoup touché de vous
voir participer en si grand nombre.
Certains ont trouvé, d'autres pas, mais peu importe, nous
nous enrichissons mutuellement par un tel échange, le but de ces cas cliniques
est d'apprendre à raisonner, déjouer les pièges les plus courants, en un mot:
parvenir à vous faire développer votre instinct d'homéopathe pour parvenir à
flairer la bonne piste en détectant très vite les signes
incontournables.
Je réalise depuis notre tout premier cas clinique la
difficulté d'exposer clairement un cas. C'est difficile de faire passer par
écrit certaines choses, et encore plus de ne pas vous fourvoyer sur de mauvaises
pistes à la suite d'une phrase mal libellée. Bref, l'idéal reste d'avoir un vrai
patient devant soi, c'est bien pour cela que nous avons nos séminaires. Ah au
fait, comme nous sommes nombreux et qu'il faut réserver tout l'hôtel nous
n'avons pas un grand choix de dates. Notez donc et faites passez s'il vous
plaît: prochain Aude Sapere, le week-end du 25 et 26
Avril.
Nom : Pascal Neuveu
Observation
Cher Ed,
Bryonia me parait bien placé pour emporter la palme pour plusieurs raisons :
Globalement, le profil d'insuffisant hépato-biliaire avec crises de
cholécystites, l'agg par les aliments gras, SURTOUT LA MIGRAINE CONTEMPORAINE
DE LA CONSTIPATION avec une amélioration par le bain chaud au décours de la
migraine et bien sur son corollaire d'amélioration par les laxatifs qui
empêchent la constipation et évitent ainsi la survenue de la migraine.
Cher Pascal,
Je suis très content de te voir accroché par les cas
cliniques. Merci pour ta fidélité !
Le cas présent m'a aussi fait chauffer les méninges
:)
Deux remèdes s'offraient à la réflexion a
priori: Bry ou Puls. Mais aucun ne semblait couvrir le cas, c'est pourquoi
il fallait pousser l'analyse plus loin.
Trop souvent je constate que les écoles d'homéopathie se
lancent tout de suite dans l'étude de remèdes invraisemblables alors que
personne ne connaît les polychrestes. Je ne le redirai jamais assez: c'est une
erreur. Il faut d'abord connaître les polychrestes sur le bout des doigts.
Songeons un instant à tout ce que Hahnemann a fait avec seulement quelques
remèdes. Puis, avec la pratique on rencontre des cas de tel remède mais il
manque tel symptôme pour que ce soit indiqué, alors (à moins d'un cas
fragmentaire) cela signifie que l'on est devant une "bête rare".
Dans un cas donné, selon la croix de Hering, nous pouvons
avoir des Modalités, des Concomitants, une Sensation particulière, une Irradiation ou Localisation. Très souvent nous avons des modalités, ici notre
malade parle de son bain chaud. J'ai eu l'occasion de voir dans ma carrière un
nombre de céphalées ou de migraines que je ne compte plus. De très nombreux
malades ont besoin du calme, de l'obscurité, etc. (tiens Jean Mi pourrait nous
donner tous les signes classiques dès que sa rubrique sera opérationnelle, cela
sera l'occasion d'une bonne révision séméiologique), beaucoup prennent des
bains, le bain chaud est un bon moyen de se relaxer. Donc même si le signe est
présent, je pense qu'il convient de le garder en réserve car si le candidat
choisi le possède c'est un plus, sinon tant pis. A la limite je considèrerais
presque que l'> par le bain chaud n'est pas un signe pathologique.
D'ailleurs nous serions bien en peine de trouver cette modalité du bain chaud... Si tu regardes avec
PcKent par exemple, il n'y a que deux rubriques dans tout le répertoire. La
rubrique Bain de la section Généralités existe avec des sous rubriques,
notamment le Bain froid. Il y a < ou > par le bain froid, mais pas mention
de bain chaud. Il faut savoir que c'est un parti pris de Kent dans l'élaboration
du Répertoire: on pourra remarquer qu'il existe les rubriques Chaleur < ou
Froid < mais pas >. Il explique que dans son expérience, c'est
superposable de dire > par le froid ou < par la chaleur (par exemple un
sujet Iodum qui a toujours chaud est < par la chaleur et > par le froid).
Je vois déjà certains "puristes" s'insurger, mais ma position c'est de dire que
le jour où j'en guérirai autant que Kent je commencerai à critiquer. Pour en
revenir à la notion > par le bain chaud, il nous faudrait consulter < par
le bain froid. J'avoue que je n'ai jamais utilisé cette modalité, peut être
d'autres confrères nous donneront leur point de vue. Autrement plus bizarre et exploitable (il nous faut des symptômes connus dans la matière
médicale, ne l'oublions pas): la modalité liée à la selle, nous y
reviendrons.
Pour continuer, dans une affaire de migraines nous avons
rarement une sensation précise. Souvent la douleur est
pulsative. Ce signe est tellement commun que Kent en a fait un chapitre
indépendant de la douleur... c'est dire. Je crois vous avoir raconté ce cas où
le malade disait qu'il avait l'impression qu'on lui lacérait le cerveau avec des
griffes, ce qui ouvre tout de suite la discussion sur Ars.
Dans mon expérience (qui n'a rien d'original, tous ceux
qui marchent sur la piste hahnemannienne savent ce que je veux dire), les irradiations de la douleur sont hautement significatives. C'est
pourquoi vous aurez remarqué que PcKent valorise d'emblée à 3 points de tels
signes. Là, nous avons une chose bizarre, la douleur va "entre les sourcils". Je
dois dire que sans ordinateur, il est très difficile d'exploiter un signe
incomplet. Tout d'abord dans le répertoire, cette région anatomique s'appelle
"racine du nez" (on peut dire aussi glabelle, mais c'est devenu assez
inusité).
J'ai donc demandé toutes les rubriques de la tête
contenant une extension à la racine du nez puisque nous ignorons le point de
départ précis, en me disant que si je trouvais une rubrique assez étoffée, je
postulerais volontiers que le bon candidat y soit. Cela donne:
Te: DOULEUR... / EXTENSION / nez / racine
du
Te: DOULEUR... / Côté / EXTENSION / nez
Te: DOULEUR... / Front /
EXTENSION / nez... / racine du
Te: DOULEUR... / Front / Nez... /
EXTENSION...
Te: DOULEUR... / Front / Yeux... / EXTENSION / nez / racine
du
Te: DOULEUR... / Occiput / EXTENSION / nez... / racine du
Te:
DOULEUR... / DÉCHIRANTE / Front / EXTENSION / nez... / racine du
Te:
DOULEUR... / DÉCHIRANTE / Front / Côtés du front / EXTENSION / nez...
Te:
DOULEUR... / ÉLANCEMENTS douloureux / Côtés / EXTENSION / nez...
Te:
DOULEUR... / PINÇANTE / Front / EXTENSION...
Te: DOULEUR... / PIQUANTE
lancinante / EXTENSION / racine du nez
De cette liste on peut éliminer sans grand risque toutes
les rubriques liées à unes sensation particulière. Idem pour la douleur depuis
l'occiput, le patient aurait tout de même montré l'arrière de la tête, souvent
nous sommes devant un manque de précision qui confond les tempes, le côté et le
front. Cela nous donne:
Te: DOULEUR... / EXTENSION / nez / racine du:
Agar, bism, kali-c, kali-n, lach
Te: DOULEUR... / Côté / EXTENSION / nez :
Phos
Te: DOULEUR... / Front / EXTENSION / nez... / racine du: Acon, aloe,
bapt, cina, glon, kali-bi, kali-c, lach, nux-v, phos, ptel, puls
Te:
DOULEUR... / Front / Yeux... / EXTENSION / nez / racine du:
Lach
A part Agar, Bism, et Kali-n, la rubrique Douleur du
front irradiant à la racine du nez comporte tous les autres remèdes possibles.
Parmi cette liste quels sont les remèdes qui ont horreur
du gras ? C'est bien vite vu: Phos, Ptel et Puls. Tu vois comme on arrive à cerner en quelques minutes
une liste de suspects probables.
Restent en compétition Puls, Sulf,et Sep en ce qui me concerne. J'attends
avec impatience le point de vue de tous et je continue à réfléchir après ce
premier jet sans doute un peu rapide ...
Bien amicalement .
Pascal Neveu
suite:
Les remarques de Remy précisent sans doute la situation, mais ne modifient
pas pour l'heure mon choix que je n'ai pas encore remis en cause ; je voudrais
en en particulier préciser cette modalité d'amélioration de la migraine par un
bain TRÈS CHAUD juste au moment de la crise ; Bryonia présente cette modalité
par la chaleur de façon plus générale mais aussi par un bain. Quelle importance
apporter aux troubles des phanères dont je tiens très souvent compte en pratique
quotidienne : Sepia, Silicéa, Sulfur etc .Tout est bon pour réfléchir . Je
passe la main ...
Bry me dérange car il ne convient pas avec cette
irradiation très particulière, il ne possède visiblement qu'une homéopathicité
restreinte.
L'aspect des ongles est souvent un signe permettant de
chercher ou confirmer rapidement un candidat. La rubrique dans la seconde
édition du répertoire est assez étoffée. Je regarde toujours les taches, la
forme, les lunules, les envies (qu'il faut recouper avec le besoin de se ronger
les ongles), les striures, etc. Tout ceci reflète évidemment le fonctionnement
de l'intérieur, et en plus ces symptômes ont le mérite d'être placés sous nos
yeux :)
suite 2:
Réflexion enfin complètement faite, je m'arrête sur PULSATILLA:
Tête douleur tempes pulsative 2
Es aversion graisse 3
Tête douleur
constipé 2
Tête douleur gras agg 2
Psy timidité pudique 3
Es désir
acides 3
Ge gras aggr 3
Je ne crois pas à l'amélioration par la diarrhée qui n'est pas formulée comme
telle. La rubrique tete douleur irradiant à la racine du nez amene à kali
nitricum et reflete ce "entre les sourcils".
Hum hum, 7 symptômes dans une répertorisation, ça m'en
fait presque 3 de trop :) On a toujours cette tendance à en enfourner dans
l'ordinateur... Ce n'est pourtant pas lui qui pourra corriger nos erreurs de
valorisation. C'est trop mécanique. Dans ce cas il y a deux signes
incontournables: l'irradiation et le facteur selles. Viennent ensuite les désirs
alimentaires. Héhé, je passe à la suite.
Amitiés.
Nom: Michèle Bärtschi
email: baechlisbrunnen c% bluewin.ch
Observation
Bonjour,
J'ai découvert planète homéo voilà un mois, et comme je suis une passionnée
d'homéopathie je participe pour apprendre. Merci Monsieur Broussalian pour cette
possibilité.
Bonjour Michèle,
Voyons un peu cela. Je suis ravi de pouvoir faire
partager le flamme de l'homéopathie.
Trop de symptômes retenus. Il faut apprendre petit à
petit à se focaliser sur ce qui ne peut être omis, c'est dur
car on se rassure toujours en mettant le plus possible de signes...
Du coup, dans cette liste de symptômes il y a un seul
signe qui doit être retenu c'est Douleur < par la constipation.
Je retiens:
1.Gén. côté alternants d'un côté à l'autre,p.1551.LAC.C.+ 7 rem.dont
puls.
Rien n'est assez précis dans ce cas pour retenir ce signe
très particulier. Il faut pour cela que ce soit plus marqué. Au sein d'une même
crise migraineuse il arrive que un côté soit pris, puis l'autre, puis retour.
Alors c'est valable. Sinon, gare au faux sens.
2.Tête, douleur > bain, p.166
lac.ac.(un seul remède). Est-ce que c'est lac.c?
C'est bien lactic acid, mais vous avez eu une
très bonne idée de vous méfier des erreurs d'abréviations proches. D'autre part
il faut toujours se méfier des toutes petites rubriques, elle sont des "quitte
ou double".
3.Gén. bain > p.153.
Oui, honnêtement je ne crois pas
que ce soit un signe présent ici: tout le monde se prend volontiers un petit
bain. Je crois que le sens de la rubrique c'est quand l'immersion de la partie
malade fait du bien. Mais je peux me tromper.
4.Estomac, désir vinaigre p.603
Attention au sens des
symptômes, le désir de vinaigre est très spécifique. S'il est marqué il faut
l'employer (sep, hep, etc) mais en général cela ne conduit nulle part et il faut
consulter désir de choses acides.
5.Estomac, aversion gras p.596 graisses et aliments riches <.
Bien, c'est indiscutable !
6.Tête,douleur,constipé,quand il est p.167
On va en
reparler, c'est très bien.
7.Tête, douleur tempes pulsatives p.197
Trop banal: il
faut isoler d'abord un remède potentiel, puis voir s'il est éventuellement dans
la liste.
8.Gén.douleurs descendantes
p.1553 vers le bas
Attention
Michèle, là vous mésusez d'un signe partciulier. Il faut employer cette rubrique
dans des cas très particuliers où les doulerus du patient ont une tendance à
irradier toujours vers le bas: de l'épaule au thorax, du ventre au pelvis, du
pelvis dans les cuisses. Rien de tel ici.
Je pourrais aussi prendre tête, douleurs,alcoolisées,suite de boissons
... mais j'interprète p.164
Oui :)
Le remède qui ressort avec 13 points sur 6 symptômes est puls. suivi de
sep.9/6 puis de bryonia 8/5 Lac.c 8/4 chél. 6/4 psor.
Puls semblerait couvrir le cas. Le patient présente des migraines (sa mère
est migraineuse ) donc ce côté compatissant, symbiotique. Il ne supporte pas les
graisses. Le changement de côté.
Comme je ne trouve pas de lac.ac j'en conclus que c'est lac.c mais peut être
que j' interprète et dans ce cas, je prendrais lac.ac comme remède de crise
puisque seul remède d'une rubrique.
Stop ! Jamais, never, en aucun cas ne donnez un remède puisque c'est le seul de la rubrique. Le
répertoire n'a pas été dicté par le buisson ardent.
Je complèterais le questionnaire avec les rêves.
Restons calmes :) Avant de chercher ailleurs il faut
exploiter déjà correctement ce que nous avons. C'est tout de même bizarre non
que les selles influencent le mal de tête ? Combien de patients souffrant
de céphalées disent ça ? Hé bien pour moi c'est le premier. Donc c'est
important, bizarre, incontournable.
La constipation < le cas. Puis en interrogeant, il
s'avère en fait que s'il parvient à faire une selle, hop il enraye la crise. La
constipation, c'est finalement aussi l'absence de selle si je puis me permettre
cette lapalissade. Comme l'a fait remarquer Rémy, < en étant constipé
concerne une période de temps à priori longue et chronique alors que Douleur
> après la selle c'est plus immédiat. Vous voyez comme il faut parfois
torturer les rubriques, mais le tout consiste à ne pas leur faire avouer ce
qu'on veut entendre :)
Si on raisonne ainsi, Ptelea devient
évident.
Abdomen, hépathique, médicaments à tropisme pour confirmer.p.704. BRY.,
CHEL., SEP, puls alors Puls.MK une dose et en réserve, lac.c 30k en cas de
crise.
suite:
Bonjour,
Auto-correction,
En feuilletant la matiète médicale de Boericke où j'ai découvert Ptelea
trifoliata qui semble couvrir le cas en particulier ce qu'il exprime cette
douleur du front qui descend entre les sourcils... (sauf cette notion >
migraine par un bain chaud) j'ai aussi trouvé Lacticum acidum que j'ai remplacé
il y a quelques jours par Lac can. dans ma répertorisation mea culpa .
Très bien chère Michèle, vous voyez comme on en revient à la seule
essentielle: c'est sur les signes qui vous ont paru incontournables que le
diagnostic du remède se fait.
Le cas reste passionnant ! Et je suis curieuse de connaître le remède qu'a
reçu ce patient ainsi que son traitement de fond. Sincères salutations
Amicalement.
Nom: Jean-Claude Ravalard
email: Jean-Claude.Ravalard c% wanadoo.fr
Observation
Bonjour, à tous,
Le cas 25 présente des pièges, jusqu'à piéger Edouard qui a du revoir sa
copie (J). Deux rubriques délicates donc, la localisation de la douleur, je m'en
suis tiré avec douleur à la racine du nez, et l'amélioration par la selle. J'ai
donc retenu les 2 rubriques de désir d'acidités et d'aversion pour les graisses,
ce qui m'a permis de faire un premier choix de remèdes. Après quelques
recherches, après avoir été attiré par Bryonia, ayant ce type de céphalées, la
localisation classique à l'hypochondre droit, puis par Calcarea mais il manque
beaucoup d'éléments, je me suis intéressé à un petit remède : Ptelea.
Et voilà, il devient killer de cas notre Jean Claude,
déjà Rémy était dans les starting blocks :)
Dans Vermeulen, je lis "craving for acids, aversion to fats and rich food,
cheese. Pain in forehead extending to roof of nose". Plusieurs auteurs dont
Voisin et Duprat en font un remède de congestion hépatique avec trouble de la
sécrétion biliaire. Duprat note Céphalée améliorée après la selle, douleur
allant du front à la racine du nez, sensation d'un clou dans le cerveau. Alors
je me risque pour Ptelea. Amitiés J.C. des H.
Ben voilà, c'est impérial. Il faut comprendre que le
répertoire nous sert à isoler des candidats. Ensuite la matière médicale doit
être lue pour comparer. Le résultat de Ptel est je dois dire assez
époustouflant. Nous avons très récemment pris une LM qui a de nouveau très bien
fonctionné. Tout l'état général du patient est >, enfin bref le remède a une
action absolument indiscutable. Amitiés.
Nom: Maugeais
email: Pierre.Maugeais c% wanadoo.fr
Observation
La réponse est Ptelea : douleur allant du front a la racine du nez. Ce
symptome retrouve dans diverses matieres fait donc la difference. Bien
amicalement ...PM
Ah ça je le reconnais bien là mon Pierre. Il ne dit rien
mais quand il l'ouvre: paf ! Ca fait mouche :)
Blague à part, je suis très content de te voir participer
à nos petits casse-tête. C'est du beau boulot sans bavure, mais allez pour les
autres qui veulent apprendre, le prochain coup tu écris le raisonnement (tiens
ca me rappelle ma prof de physique).
Amitiés.
Nom: Louise Séguin
email: crdsphq c% total.net
Observation
Je prends d'abord quelques lignes pour féliciter E.B. et toute son équipe
pour le site planete-homeo. Articles, mat. méd, répertoire, cas, tout y est.
Continuez, nous n'en aurons jamais assez.
Merci Louise, c'est dur d'être sur tous les fronts, mais
l'équipe de PH est drôlement soudée par la même passion, et tout cela n'est
qu'un début.
Ce cas de migraines est fort intéressant. D'autant plus que les symptômes ne
sont pas légion. J'ai d'abord pris les trois rubriques suivantes qui me
semblaient les plus caractéristiques.
Head pain, localisation, side, alternating from one to other
Head pain,
general, extending to nose
Head pain general, stool; after amel.
Il ressort trois remèdes: Aloe, glon., et ptel
Risky business ! Vous avez pris des rubriques qui
ont le bonheur de cadrer avec le bon remède, mais qui auraient pu tout aussi
bien vous planter. Par exemple l'alternance n'est pas si nette qu'il faille la
garder à mons sens.
De même Ptel ne figure dans la rubrique Douleur de la
tête irradiant au nez. C'est Boenninghausen qui ajouterait ici Ptel, ce qui nous
ferait commettre une erreur par excès de généralisation. Permettez moi de
développer ce point. C'est une véritable catastrophe de voir comme les
répertoires modernes ont massacré le travail de Kent sous prétexte de faire des
ajouts. Ceci me tient à coeur après toutes les années passées à traduire le
répertoire puis à éplucher le Hering pour comprendre comment Kent avait procédé.
Je prendrais l'exemple du "Complete Repertory". Pour commencer, les auteurs
commettent un contre sens absolu en ajoutant dans les rubriques générales les
remèdes qui sont listées dans les sous rubriques. Prenez ainsi Abies canad qui a
des palpitations après manger. Si vous l'ajoutez à la rubrique générale cela
implique que l'on puisse le voir figurer dans n'importe quelle autre modalité.
C'est pervertir complètement l'utilisation des circonstances. Dans ce remède
particulier tout est centré sur la sphère digestive. Dans la même idée, on
pourrait faire une rubrique synthétique de toutes les irradiations à la racine
du nez, puis ajouter cette liste aux remèdes qui ont une douleur irradiant au
nez. En procédant ainsi on ajoutera Ptel, ce qui est la méthode de
Boenninghausen. Mais qui se révèle fausse, car ce remède possède jusqu'à nouvel
ordre une douleur qui va à la racine du nez et sûrement pas à tout le nez. Vous
voyez comme tout est mélangé ensuite. Kent dit que cette façon de faire
"is a
hit or a miss".
Ses problèmes de foie me font ajouter Head pain general, with liver
derangement set dans les sx généraux: Food, cheese aversion et Food, sour (acid)
desires Ptelea remporte avec 5 rubriques sur 6 (absent dans le désir d'aliment
acides).
Tiens, vous me surprenez, Ptel est bien au premier degré
dans le désir de choses acide (sour things).
Vérification de la matière médicale, je donnerais Ptel. Dupras nous dit:
Ptelea agit sur le tube digestif, particulièrement sur le foie. Céphalée
accompagnée de faim, céphalée frontale: douleur allant du front à la racine du
nez.Céphalée améliorée après la selle. Répugance pour la viande, le beurre, les
graisse. Troubles digestifs par le fromage, le beurre les graisses. Amélioré par
les aliments acides. (il n'en n'a pas le désir mais au répertoire Ptel est le
seul rx amél. par les aliments acides (réf. Boenninghausen).
Très bien ensuite de regarder la matière médicale. Ne
vous fiez jamais entièrement au résultat du répertorie, ce n'est qu'un index.
C'est bien travaillé, mais je vous recommande de chercher à valoriser avant
tout. Parmi nos réponses, très peu ont valorisé.
J'espère vous relire bientôt. Amitiés.
Sujet d'humeur changeante, passant de la tristesse à la gaité, désir de
solitude, lent intellectuellement et perdant leur mémoire. On ne retrouve pas
Ptel dans l'amélioration par un bain chaud, mais il est amélioré par la chaleur
du poèle (de nos jours, le bain aurait-il remplace le poêle?).
Alors voilà, au plaisir de connaître la solution.
Louise S., homéopatheMontréal, Qc, Canada
Nom: Alain Delaunay
email: adelaun c% club-internet.fr
Observation
Bonjour Ed et les amis, A mon retour de Bretagne, je m'attaque à un cas
stratégiquement diffiçile: peu de symptômes clairs pour asseoir notre
repertorisation. Sans les lignes en gras, j'aurais pataugé encore plus
....(Merci Remy). Me paraissent sûrs:
Tete: Douleur pulsatile tempes
Tete: Douleur constipé
Bonjour Alain. Il faut bien différencier un signe certain
car bien décrit, d'un signe rare qui prend de la valeur du fait de son caractère anomal. Tu fais l'impasse sur l'irradiation. Mais fort heureusement tu
es frappé par l'histoire de la constipation.
L'alternance gauche droite ne me parait pas marquée au point de prendre LAC C
les yeux fermés; peut être ais je tort....
Je pense de
même :)
Ces S sont caractéristiques car modalisés et on voit apparaitre un remède de
migraine périodique bien connu chez les femmes (Clarke):
LAC DEFLORATUM.
Mais lorsqu'on integre les désirs et aversions alimentaires, qui sont des
signes généraux, et bien marqués (tu nous le précises ), seul PULS couvre les
signes généraux et locaux !
Puls couvre les signes banals. Pas le signe rare de
l'irradiation ni de l'> par la selle.
On a pas de S mentaux...
Tss, tss, tu soupires après ce
que tu n'as pas au lieu d'exploiter les bonnes choses déjà présentes :)
Donc les locaux bien modalisés prennent à mes yeux plus de valeur, d'autant que
les migraines affligent également sa mère ! D'une manière d'autant plus
artistique que non figurative, si j'interprète la sensation frontale comme une «
boule » (j'espère que je ne vais pas la perdre!), alors je prescris LAC
DEFLORATUM 200 Kent, d'autant que rien ne s'oppose à ce médicament et qu'il peut
y avoir une alternance de coté comme son cousin LAC C....
Ou là, tu me rappelle le coup du puzzle: mais elle doit pourtant
bien rentrer là cette !?!$!!! de pièce. Un Lac-d sans histoire de lait, sans le
côté frileux, sans les vomissements, sans surtout la miction abondante lors de
la crise. Peu de chances.
Au pire, je sais que je ferai une suppression, mais alors, d'autres
symptômes, peut être mentaux et généraux, me permettront de prescrire un
polychreste. Dans le doute faut-il commencer par un polychreste ou par un remède
a priori d'action plus limitée ? That is the question ! A bientôt les amis
Ne t'en fais pas, si le remède possède assez d'homéopathicité il va > le cas de façon très transitoire, puis n'agira plus.
Tu ferais une suppression si tu zappais d'après les seuls signes locaux une
éruption ou un écoulement. Héhé. Amitiés.
Nom: Dominique Viola
email:
Observation
Voilà un cas arrosé qui fait dégainer d'emblée Nux vomica à prescrire le
temps de réfléchir et faire un petit nettoyage pour soulager tout le monde : la
constipation et l'amélioration du patient par une selle, le local
professionnel dont les murs sont bleuis à la bouillie bordelaise... qui contient
du cuivre en passant ; j'ai séché assez longtemps en privilégiant
l'alimentaire qui faisait la part trop belle à Bryonia, Lachesis, Natrum mur...
et dont aucun ne me satisfaisait vraiment;
Bonjour Dom.
C'est vrai que j'ai été dur, mais je me suis dit que ça
vous plairait et que la discussion nous ferait évoquer des tas de choses :)
Retenons toutefois que même sile grand Nux est indiqué en première intention
dans un cas bien barbouillé de médicaments classiques, il est rarement < par
le gras ; les excès oui, mais le gras moins d'autant que ce remède a une
envie de gras.
les migraines < la constipation est certainement le signe le mieux
valorisé, et par le patient lui-même, ce qui met tout le monde d'accord, même
s'il a fallu apprivoiser et l'attraper au lasso; il n'est pas dit que la
céphalée est améliorée par une selle, mais c'est fortement suggéré ; finalement
l'alternance céphalée et diarrhée reflète assez bien l'idée recherchée
;
Ca raisonne: j'aime ! Oui j'ai fortement suggéré,
cela tenait aussi aux limites de l'énoncé par écrit du cas, j'ai déjà eu les
foudres de Remy... En tout cas j'espérais vous donner envie de rgarder la
rubrique.
Par contre, tu dévies trop: il n'y a pas réellement
d'alternance entre des périodes de diarrhée et de céphalées. Là tu brodes
:)
la pulsation temporale est assez banale pour une migraine, mais ça
n'est pas constant, donc utile ;
Oui c'est banal,
constant ou pas, je ne m'attarderais pas dessus.
l'alternance de côté de la migraine est utile mais c'est une rubrique trop
brève pour tout ce qu'on devrait y trouver ;
En effet:
rubrique trop restrictive et de plus le signe n'est point marqué.
l'extension entre les sourcils est intéressante, mais je ne l'ai pas
trouvée en temps qu'irradiation, il faudrait se contenter de douleur du front
entre les yeux qui est plus loin ;
Aha, excellent Dom. Tu as
bien remarqué mais pas pu l'exploiter. Je voulais parler aussi pour cela de ce
cas.
l' > par un bain découvre
lac-ac. remède unique, mais la température n'est
pas précisée, et il n'est pas représenté par ailleurs ;
Rien
à dire.
l' > par un bain très chaud pourrait être rajouté au répertoire, en
attendant elle est dans les généralités du Barthel: anac., hep., iris, rhus-t.,
sil;, thuj. ; j'y ajouterais ars. pour m'en être souvent servi ;
Comme je le disais plus
haut, il faut faire attention à la façon dont Kent a construit le
répertoire. D'ailleurs tu vas dans mon sens car Ars est <<< par tout ce
qui est froid, et Boger l'ajoute avec raison au troisième degré dans la rubrique
Bain froid <.
> les applications humides chaudes dans les généralités cherchera à
s'y substituer ;
Bien vu, mais cela concernerait plutôt la
partie malade, pas tout le patient.
L'état du foie "en bandoullière maître de chais qui ne remonte pas de la
cave" peut se traduire par désir de vin, mais ça n'est pas dit vraiment ;
inflammation du foie et colique hépatique peuvent rendre les antécédents de
cholécystite, mais ce n'est pas d'actualité ; on pourrait préférer
intoxications ou abus chroniques d'alcool, qui peut contenir la cause autant que
l'effet, mais les aggravations alimentaires suffiront ;
Même
raisonnement que toi. OK il a le foie malade, c'est tout ce qu'on peut en
dire.
taches blanches sur les ongles est un signe objectif, donc une
rubrique à prendre ou garder en réserve ;
A garder en
réserve car c'est un signe objectif qui aide souvent mais aucun des remèdes de
la rubrique ne semble convenir au cas.
Restent les signes alimentaires très évocateurs de l'état du foie qui ne sont
peut-être pas les plus discriminants du choix à faire ; le gras lui fait
horreur et ne passe plus ; il désire les aliments acides qui
stimulent son foie gras comme le vinaigre aide à faire passer l'huile de la
salade ... ils trient les remèdes à considérer mais je ne les
retiendrai pas tous dans ma répertorisation :
Libellé de
la
Rubrique |
V
a
l
R
u
b
r
i
q
u
e |
Podo |
Ars |
Bry |
Nat-m |
Verat |
Ant-c |
Fl-ac |
Arg-n |
Remède |
| 40 |
34 |
30 |
30 |
30 |
26 |
26 |
26 |
Valeur
Globale
du remède |
| 5 |
4 |
4 |
4 |
4 |
3 |
3 |
3 |
Occurence
(fréquence) |
| 8 |
8 |
8 |
6 |
6 |
4 |
4 |
3 |
Total
des
Degrés |
| Te: DOULEUR... /
alternant avec / diarrhée |
3 |
2 |
|
|
|
|
|
|
|
Degré |
| Te: DOULEUR... /
constipé... |
2 |
2 |
|
3 |
2 |
1 |
|
|
|
Degré |
| Te: PULSATION... /
Tempes |
2 |
1 |
2 |
2 |
1 |
1 |
1 |
1 |
1 |
Degré |
| Es: DÉSIR /
acides... |
3 |
2 |
2 |
2 |
2 |
3 |
2 |
2 |
1 |
Degré |
| Ge: ALIMENTS /
gras... |
4 |
1 |
2 |
1 |
1 |
1 |
1 |
|
1 |
Degré |
| Ge: APPLICATIONS
humides / chaudes... |
4 |
|
2 |
|
|
|
|
1 |
|
Degré |
Podophyllum (la couleur est de circonstance !)
voilà un remède à forte polarité hépatique, remède d'alternances, en
particulier entre les céphalées et la constipation, remède de migraines
hépatiques, dont les céphalées sont > par les diarrhées, dont les
douleurs du foie sont > par des frictions (qui réchauffent) et par
l'application de compresses chaudes, a fiortiori par un bain très chaud comme
beaucoup d'hépatiques ; remède d'inflammation et d'obstruction biliaire, de
coliques hépatiques et pourquoi pas de cholécystite. Pourrait être rajouté
à une future rubrique gé. bain chaud
amel.
Alors là, je suis soufflé. Tout se tient dans le
raisonnement, mais hélas le grain de sable c'est dans le fait que tu prends des
rubriques qui ne conviennent pas à décrire le cas. D'une part, tu as un peu trop
interprété, ce qui t'éloigne sensiblement du but, d'autre part tu n'as pas pu
exploiter l'irradiation. Dommage !
Pour le confirmer on pourra demander dans quelle position les douleurs du
foie sont améliorées, que fait le patient en dormant, regarder la langue, quel
goût a-t-il en bouche ? renifler le patient... regarder s'il serre les dents
...
Merci Ed pour ce creuse-méninges !
Le plaisir fut de
discuter avec toi ! Amitiés.
Nom: pascal guise
email: pdeguise c% worldnet.fr
Observation
Chers confrères bonjour,
Pour moi, la caractéristique de ce cas clinique est la relation entre les
migraines et la défécation. D'ailleurs Edouard insiste minutieusement sur la
description de la symptomatologie. Si j'ai bien compris, ce n'est pas le fait
d'aller à la selle qui améliore le patient, mais c'est la lutte contre la
constipation qui empêche l'arrivée des céphalées.
Bonjour Pascal ! Merci de participer à notre
rubrique. C'est exact, cette relation est frappante et inusitée. Le tout est de
parvenir à l'exploiter :) Je reconnais volontiers que mon exposé du cas est un
peu plantoir: le malde va mieux en faisant une selle. A mon avis le mieux serait
de combiner les rubriques > après la selle et < en étant
constipé.
J'ai donc extrapolé ce signe vers la notion d'amélioration par un écoulement
en cherchant comme rubrique (incontournable?) la rubrique:
Gé:/écoulements/amélioration Et je n'ai donc pas retenu des rubriques comme: Te:
douleur/selle/après/amélioré ou Te: douleur/constipé Mais je fais peut-être
fausse route!
C'est très bien vu, mais cela nous éloigne par trop de
cas: il faudrait regarder simplement la rubrique locale avant de s'embarquer
trop loin. Finalement la selle est en effet un "écoulement", mais c'est tiré par
les cheveux. Dans la matière médicale cela fait références à la diarrhée, un
saignement, des pertes gynécologiques, une rhinorrée.
J'ai ensuite retenu les rubriques suivantes Rec: constipation Ab: météorisme
Es: désir/acides Es: aversion/graisses et aliments riches. Car il faut trouver
un remède à forte polarité digestive pour ce patient, bon vivant, qui doit
surcharger ses émonctoires, et qui est constipé, qui souffre de météorisme, qui
a des antécédents de lithiase et de coliques hépatiques...
OK, je suis d'accord avec le raisonnement. Mais ce
raisonnement est à tenire après une valorisation des signes qui mène à un groupe
de candidats. Pour revenir à la première réponse que je fais à Pascal Neveu, je
me suis dit en reprenant le cas: Phos, Puls, Ptel. Lequel a tout ce tableau
digestif ? Indubitablement Ptel si l'on regarde la matière
médicale.
A ce stade de la répertorisation, je me trouve avec un certain nombre de
remèdes qui pourraient convenir. sulfur, arsenicum, pulsatilla, lycopodium, nux,
sepia ont cette note digestive bryonia a une céphalée tenace pendant la
constipation, a un désir d'acides et souffre de dérangement d'estomac par le
saucisson, le vieux fromage zincum a des céphalées pressives en différentes
parties de la tête avec sensation de pression ou de chaleur à la racine du nez;
il est aggravé par les suppression d'éliminations (selles) et amélioré par le
déclenchement des sécrétions. Cependant aucun remède ne semble couvrir le cas.
En tout cas c'est du très beau travail. Il faut savoir
comparer les remdèes entre eux. Une fois qu'on pense à Ptel, on peut éliminer
Bry ; Ptel a des petites selles en crottes de mouton, Bry des grosses
selles larges, Ptel est < immédiatement après manger, alors que Nux c'est
quelque 2 heures après et Nux aime le gras. Etc, mais je n'ai pas voulu
surcharger l'énoncé. Après avoir été > par Ptel, notre malade m'a expliqué
que l'aspect de ses selles s'est normalisé alors qu'étant constipé c'étaient des
toutes petites selles.
Comme Edouard semble insister sur les caractéristiques de la douleur (entre
les sourcils) et bien qu'il s'agisse d'un signe local (caractéristique?),
j'extrapole celui-ci à la rubrique: Te: douleur/ nez/racine du Deux remèdes se
trouvent maintenant en tête avec une valorisation relative importante:
pulsatilla et ptelea.
Voilà, le raisonnement est bien: c'est
caractéristique.
Ne connaissant pas parfaitement ptelea, je regarde sa symptomatologie dans la
matière médicale; Effectivement, on peut lire que ce remède a une congestion du
foie avec troubles dyspeptiques, qu'il a une céphalée avec douleurs d'éclatement
du front à la racine du nez, qu'il a un désir d'acides qui améliorent et que la
céphalée est améliorée après la selle.
Après réflexion, je prescrirais dans un premier temps pulsatilla quitte à
rectifier lors de la deuxième consultation.
Argh ! On y
était presque. Tu as failli car tu as préféré faire confiance à un remède que tu
connais déjà, c'est l'une des erreurs contre lesquelles Hahnemann nous met en
garde dans l'Organon. Mais c'est normal, on la commet à tout
âge !
Par contre, je n'ai pas su quelle rubrique chercher dans le répertoire pour
l'amélioration par le bain chaud qui me semble un signe important! J'aimerais
également avoir quelques précisions sur le cas (signes mentaux, crampes,
thermorégulation ?) J'attends la suite avec impatience. A une prochaine
fois.
J'espère avoir le plaisir de te relire la prochaine
fois. Bon travail ! Amitiés.
Nom: POPOWSKI Pierre
email: popowski c% club-internet.fr
Observation
Salut,
Comme d'habitude il y a un piège sinon il n'y aurait pas de cas.
Bonjour Pierro ! C'est que tu commences à me
connaître. Il faut dire aussi qu'on ne serait pas aussi complices s'il n'y avait
pas de ressemblance entre nous :)
La répertorisation aboutit à PULSATILLA : il y a quand même un symptôme
psychique intéressant, c'est la gêne (pudeur?) avec laquelle ce monsieur a parlé
de sa constipation.
Oui, je me suis mal exprimé, le patient
est gêné car il pense se faire rire une nouvelle fois au nez.
PTELEA est le médicament le plus éructant de la M.M. : ici, rien d'éructant.
L'irradiation entre les sourcils n'a rien de caractéristique me semble - t -il,
et de plus, elle est floue.
Bon là tu es dur. On ne peut pas avoir tous les
symptômes, mais l'idée y est bien: tableau digestif et hépatique, irradiation
caractéristique (ça traîne dans tous les bouquins, même si tout le monde se
copie), etc.
Ce qui fait que globalement, si on élimine tous les remèdes originaux mais
qui ne collent pas complètement au cas (les LAC, PODOPHYLLUM, HYDRASTIS,
etc...), seul PULSATILLA me semble indiqué.
Dans le doute, je crois que Puls risque de toute façon de
faire quelque chose. Mais il a certainement une homéopathicité trop vague pour
durer ou faire de l'effet.
Mais comme c'est trop facile, maître Ed. va nous dire que tout ça c'est de la
foutaise, et il va nous sortir son lapin de la boîte (crânienne?). P.S. : en
fait, en deuxième, j'aurais choisi BRYONIA, qui en pédiatrie a cette céphalée
caractéristique pendant la constipation (même de la fièvre!). Voilà. Merci les
amis pour vos réflexion très pédagogiques.
Salut à toi, Ed.!
Ugh ! Merci d'avoir participé cher
Pipo ! Amitiés.
Nom: Pascal Neveu
email: Pascal.Neveu c% wanadoo.fr
Observation
Tout d'abord, un vrai salut amical à Pierre Popowski à qui j'ai fait faire un
tour de Metz un soir d'enseignement voila quelques années et que j'ai eu le
plaisir de croiser à Bobigny le 7 fevrier autour de Mme Deltombe sur un théme
majeur qu'est l'homéopathie et la psychosomatique . Nous n'avons pas eu le
loisir de nous parler malheureusement. Nous nous retrouvons aujourd'hui sur un
meme remède :Pulsatilla et plus encore puisque nous plaçons Bryonia en second
tous les deux !
Le résultat seul compte et bien sur je ne conteste pas Ptelea.
Quelques commentaires cependant:
- Il n'est pas si clair que s'obliger à aller
à la selle soit une modalité d'amelioration pour une cephalée qui n'est pas
encore là.
- Dans la rubrique : Te:Douleur.../Front/ EXTENSION/nez/racine.../
Pulsatilla est plus valorisé que Ptelea,je l'avais bien noté des le depart .
-Dans le repertoire de Kent, il reste interessant de trouver aux deux rubriques
suivantes: Ge/Bain/laver/amel...et Ge/Bain/Parties atteintes, amél, PULS au
degré 3 et PTELEA absent.
-Cela me permet de m'interroger, sans plus,sur le
simmilé Ptelea actif en "urgence" et le simillimum Pulsatilla qui pourrait bien
remontrer le bout de sa MM un jour ou l'autre!
-Enfin,je crois interessant de
renvoyer chacun aux commentaires de Guermonprez dans sa MM sur le DD entre
Bryonia et Ptel Meci de me donner votre sentiment sur ces quelques propos .
Pascal Neveu
Cher Pascal,
Merci pour ton courrier, je suis ravi de pouvoir ouvrir
la discussion et que le forum commence à être utilisé !
Well, tu sais hélas que nous autres médecins avons peu de
certitudes ici bas, à la rigueur seul le chirurgien qui extirpe une tumeur peut
dire avec certitude que le résultat provient de son action.
Pour en revenir à nos cas, bien sûr, rien n'est fixe,
surtout pas à propos d'êtres vivants qui passent leur temps à s'adapter et
évoluer. Au fil du temps il n'est pas rare (sans parler des diverses strates
"miasmatiques") de passer à un remède complémentaire de celui qui a été
prescrit. Je n'exclus donc pas l'opportunité de donner Nux, Bry ou Puls, avec
toujours sur le fond la même arri-re pensée vers Sulfur, notre bon vieux socle
psorique.
Ceci dit, comment savoir qu'on a donné le simillimum (du
moment) ? Hé bien la réponse est purement clinique comme le démontre Kent.
Un remède palliatif, tout comme le simillimum, pourrait > tous les symptômes
présents, voire même provoquer le retour d'anciens symptômes, mais seul le simillimum se comporte de sorte qu'à la fin de son action, les symptômes
reviennent inchangés. Ici, c'est bien ce que nous avons: non seulement les
céphalées, mais l'état global du patient s'est >>. Maintenant je n'ai pas
encore assez de recul pour savoir si notre patient va répondre sur une très
longue période à Ptel, mais je suis sûr que c'est un remède d'action profonde et
qu'on néglige trop souvent en le confondant avec Puls.
Tu as raison, je n'ai peut être pas encore été assez
clair pour la modalité de la selle: au début, il laissait penser que la
constipation <. Puis en le questionnant il dit qu'il enraye une crise en
allant à la selle, puis finalement en le requestionnant (après avoir donné
Ptel), il s'avère que la selle > bel et bien la douleur. Une partie de notre
art consiste à savoir extrapoler quelque peu afin de pouvoir faire usage de la
bonne modalité. A l'époque ou j'ai donné Ptel, je savais que la selle empêchait
la survenue de la crise, où trouver cela sinon en prenant la rubrique > par
la selle ? Ceci est toujours une hypothèse bien sûr, et la seule façon de
la valider consiste à trouver un remède cohérent avec le reste de la
symptomatologie. Ensuite seule la clinique permet de dire que l'on a prescrit le
remède le plus similaire.
Si tu veux bien, je voudrais ajouter quelques petites
remarques, à l'intention de nos lecteurs.
Tout d'abord, Puls est au second degré dans la rubrique
d'extension à la racine du nez, et Ptel au premier. Cela ne valorise en rien
Pulsatilla par rapport à Ptel. Il faut s'efforcer de ne pas se laisser
influencer par les degrés du répertoire dans le choix du remède. Les degrés
servent à avoir une idée de la validation d'un symptôme donné pour un
remède donné, c'est la façon de transmettre cette information aux générations
futures. Par exemple ici, le second degré nous informe que Puls a guéri des
patients présentant ce symptôme et que ce symptome a été observé aussi
pathogénétiquement. Comme Ptel est peu expérimenté il n'est ici qu'au premier
degré, soit que le signe ait été observé nettement chez un expérimentateur, soit
qu'il a été guéri chez des malades. Cela ne détermine en rien une affinité
particulière de Puls par rapport aux autres remèdes de la rubrique. Cette
affinité élective ne peut survenir que s'il y a une valorisation
relative. Or dans le cas présent, Puls et Ptel sont les deux remèdes de la
rubrique à avoir une valorisation relative, ce qui les place à égalité devant
tous les autres (je t'accorde volontiers que Puls a une valorisation relative de 2 points
alors que celle de Ptel n'est que de 1 point, mais il faut tenir compte ici
aussi du manque d'expérimentation sur Ptel qui occasionne forcément moins de
degré élevés).
Enfin, c'est sûr qu'il y a un problème pour la rubrique
du bain, mais notre patient n'est pas > juste en baignant la partie malade,
en un mot je trouve que cetet modalité ici est de peu de valeur et difficilement
exploitable. Je crois qu'une grande part de la difficulté de notre travail
consiste:
-
à identifier les signes rares qui deviennent les
piliers de la prescription
-
à s'assurer de la cohérence avec le cas
-
dans certains cas, ne pas hésiter à négliger des
signes "parasites" qui ne font rien gagner à une cohérence déjà bien établie
sur les signes rares et particuliers.
Voilà, encore merci de ta participation, PH te doit
beaucoup. Amitiés.
|