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DESCRIPTION DU CAS CLINIQUE HOMEOPATHIQUE

Cas 17 Insuffisance cardiaque

     Proposé par : Frédéric Schmitt

Ce cas nous est présenté par notre excellent ami le Dr Frédéric Schmitt de Saint Marcellin. Ses propos apparaitront en couleur bleue, les miens comme d'habitude.

Je lui laisse la parole.

68 ans, coronarien, artérite des membres inférieurs, pontage coronarien, pontage aorto-bifémoral.

Insuffisance cardiaque, traitement allopathique classique.

Depuis Avril 96, sa dyspnée s'aggrave malgré ce traitement.

Le 13/9/96, suite à une ingestion d'huitre, dont il est très friand, nausées, fatigue et aggr. ++ de l'essouflement.

Le cardiologue a des doutes sur le fonctionnement de son pontage.

Plusieurs séjours à l'hôpital pour sub-oedème pulmonaire, suffocation horrible, coeur tachycarde. La thérapeutique allopathique est en bout de course.

Je le vois le 11/10/96.

Visage couperosé, cyanosé, dyspnéique, très bien habillé, costume cravate, très courtois et poli.

Crevé au moindre effort

Du mal à digérer

Ne trouve pas ses mots

Coup de chaleur dès que je commence à manger

Froid qd je reste immobile

Eructations longtemps après le repas

Irritable++ : au bruit (chien, enfant, etc.)

Dyspnée+++

< 1 ou 2 h a.m.

< au moindre effort

 

Q. 1 : quels symptômes valorisez-vous ?

Q. 2 : quel remède?

Q. 3 : quelle dilution et posologie ?

 

Je le revois le 29/12/96 : "votre remède est miracle, c'est parfait!"

Mais depuis un mois déstabilisation diabétique, insuline sans effet, anti-diabétique oraux très mal supportés, nausées+++, le coeur est à nouveau arythmique et rapide, doit s'allonger et prendre de l'oxygène. Mon nez coule constemment.

Q. 4 : que faites-vous?

 

Je le revois le 1/4/97, pour à nouveau des nausées+++. On élimine une affection organique, pas de surdosage en digitalique. J'apprend qu'il a pris depuis la dernière consultation, 1 c à café par jour du remède ??? en 9CH en "préventif" et que les nausées sont survenue depuis 6j, date à laquelle il a refait un flacon de la solution homéopathique toujours en 9 CH. Sinon le coeur va parfait, n'est plus essouflé, ni tachycarde.

Q. 5 : quel diagnostic homéopathique posez-vous, que faites-vous? 


REPONSES CAS CLINIQUE HOMEOPATHIE

"Jean-Claude.Ravalard" Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr

Bonjour !

En fait, dans ce qui nous est donné à titre d'orientation, beaucoup de symptômes sont en rapport direct avec l'insuffisance cardiaque.

Je retiendrai :

-un état de santé très altéré

-malgré cet état de santé, une présentation soignée (est-ce une de ses caractéristiques habituelles ?)

-une irritabilité au moindre bruit

-une aggravation horaire 1-2h du matin

-un sujet frileux,avec bouffée de chaleur en mangeant (liée à son insuffisance cardiaque ?)

-éructations longtemps après avoir mangé

-désir d'huitres

Avec cet essai de répertorisation, ci jointe, j 'essayerai de me faire repréciser les éléments retenus.

Libellé de
la Rubrique

V
a
l

R
u
b
r
i
q
u
e
Ars Lyc Puls Mur-ac Lach Calc Nat-m Bar-c Remède
32 22 22 20 18 18 18 18 Valeur Globale
du remède
4 4 3 3 3 3 3 3 Occurence
(fréquence)
7 9 4 4 7 6 5 4 Total des
Degrés
 + Psy: SOIGNEUX 3 1 2 1 2       1 Degré
    Ge: NUIT / minuit / après / 1 h 4 3   1 1         Degré
 + Psy: IRRITABILITÉ / bruit / suite de 3 1 2 2   2 2 2 2 Degré
    Es: DÉSIR / huîtres 3   2     3 2 2   Degré
    Ur: SUCRE... 2 2 3   1 2 2 1 1 Degré

 

En l'absence de cette possibilité, j'opterai pour Ars. Alb.

Poso:qq grains de 200 Kent ?

2 mois après déstabilisation, nouvelle dose même poso.

En Avril, dans la mesure où l'insuffisance cardiaque parait nettement mieux, et la prise répétée du remède en basse dilution, abstention thérapeutique ou placebo.

Je me suis probablement trompé mais il manque beaucoup d'éléments dans l'observation, il nous manque surtout le patient .

Amitiés.

 

Je n'ai volontairement pas mentionné les signes anamnestiques antérieurs car c'est un cas de pathologie organique avancée et la stratégie ne consiste pas à rechercher le simillimum du malade qui risquerait de l'aggraver trop fortement mais à effectuer une palliation. Je me suis donc basé sur les symptômes du moment, et pour ceux-là je vous ai tout livré.

Le symptôme qui m'a servi de point d'appel se trouve parmi ceux que tu as retenu.Bien entendu les symptômes de l'insuffisance cardiaque vont nous servir, je veux dire qu'il est préférable de donner un remède à tropisme cardiaque, mais la liste est vaste. Il nous faut donc démarrer sur une rubrique ciblée, sur laquelle nous effectuerons un diagnostic différentiel en fonction du critère cardiaque défini ci-dessus.

La présentation soignée et la courtoisie sont habituelle chez ce patient, de même que le côté irrascible au moindre bruit.

Ars n'est pas le remède que j'ai donné. FS

Tout d'abord, j'insisterai sur le fait que nous sommes devant un cas qui est potentiellement instable, avec beaucoup de désordres très avancés. Donc: prudence, evitons de nous mettre dans le cas de l'aggravation cataclysmique qu'un tel malade ne demande qu'à faire. Je ne donnerais pas plus fort que 30 ou 200. Et d'avance je pense impossible de donner quelque chose comme Lyc qu'on pourrait évoquer au premier coup d'oeil (< huitres?, aspect propre, etc).

Quant à la posologie, l'urgence du cas qui fera "brûler" les prises très vite et le fait que les organes profonds comme le coeur mettent du temps à réagir, m'inciteront a répéter assez fréquemment. Comme j'ai eu l'occasion de le dire ailleurs, ce cas serait idéal pour donner un médicament en solution aqueuse, en redynamisant le flacon à chaque prise (cf Organon Quinquagentamillésimales). En procédant ainsi, on peut renouveler à volonté sans risque d'aggravation. D'ailleurs l'aggravation qui apparaît ensuite à la Question 5 vient certainement de ce que le patient s'est intoxiqué en prenant des doses répétées à la même dynamisation. Il faut alors stopper les prises. De tels incidents sont fréquents avec ce type de préparation, c'est pourquoi il faut les réserver aux cas chez lesquels il faut à tout prix éviter une aggravation et obtenir un résultat rapide.

Ceci dit voyons un peu ton analyse du cas.

Soigneux: il faudrait voir, cela peut éventuellement être retenu, mais beaucoup de gens sont bien habillés pour des raisons professionnelles, le symptôme devient intéressant quand permanent, prenant ainsi une allure pathologique. Cele ne me semble pas marqué, autrement Fred Schmitt nous aurait épluché cette piste.

< après 1 h. Je suis déjà satisfait que tu aies pensé à regarder la rubrique générale. D'une façon habituelle il faut effectuer cette généralisation, toutefois les rubriques horaires de la section Respiration sont dignes aussi d'intérêt. Il convient d'être très prudent pour les modalités horaires. Par exemple l'aggravation à telle heure peut s'expliquer en fonction de la pharmacodynamie des drogues prises par le patient. Ces rubriques fonctionnent comme de prodigieux raccourcis mais aussi n'ont pas leur pareil pour nous mettre dans le décor.

Irritabilité suite de bruit. Je n'ai toujours pas compris l'intérêt de cette rubrique dans le Répertoire, peut être quelqu'un pourra-t-il m'éclairer ? En effet, il n'y a pas trente six façons de montrer sa sensibilité au bruit: souvent on réagit par un mouvement d'humeur. PcKent permet d'étudier aussi la rubrique Sensibilité au bruit qui me semble seule valable. Juges-en: Nux-v ne figure même pas dans la rubrique Irritabilité au bruit, et pourtant.... Pour ma part donc je retiendrais cette sensibilité très marquée du patient et non commune dans les affections cardiaques.

Désir d'huitres. Tu y vas un peu fort ! Pour que cette envie soit un signe caractéristique général elle doit être marquée. En aigu, on verra des malades demander des huitres à manger alors qu'ils n'en ont jamais d'envie particulière autrement. En chronique, il faut que le patient se fasse un véritable régal, te dise "j'attends que ce soit la saison, et le carnage va pouvoir commencer". Mais là tout au plus peut on regarder la rubrique < par les huitres, et encore on extrapole puisque l'on n'est pas certain que ce soient bien les huitres qui l'aient rendu malade.

Sucre dans les urines. Pourquoi pas ? Cela dit ce genre de rubrique pathologique doit être consulté en tout dernier lieu. D'abord ce sont des rubriques forcément incomplètes, ensuite ce qui est pathologique n'a rien de caractéristique du malade et ne que banal de la maladie.

Pour résumer, j'ai peur que faite d'agripper un signe qui puisse être rare et caractéristique tu as fait ce que nous avons tous tendance à faire intutivement: nous raccrocher aux branches en enfournant des symptômes pour avoir au moins quelque chose à nous mettre sous la dent. Donc essaie de reprendre en valorisant. Amitiés.


Bouchoucha Marc "marc.bouchoucha de wanadoo.fr"

Bonjour les amis, on crève de chaud à Nice mais on travaille. Pour ce cas trés intéressant bien que l'on manque d'information, je retiendrai essentiellement la présentation impeccable du patient malgré son état.

Pratiquement tous les symptomes sont imputables à la pathologie organique mais ce n'est pas une raison pour les ignorer. En retenant donc la dyspnée / L'oedéme pulm / l'irritabilité et la sensibilité au bruit, 2 remédes sortent du lot: Arsenicum Alb et Ipeca . Dans un premier temps compte tenu de la modalité horaire d'agravation, je prescrirais Ars en basse dilution (4 ou 5 CH) et demanderai au patient de règler le nombre de prises en fonction de l'amélioration .

A la seconde consultation, il semble qu'on soit arrivé au bout de l'effet d'Ars et l'apparition des nausées me fait changer de reméde pour donner Ipeca en 7 ou 9ch. A la 3° consultation 2 possibilités : le patient semble démarrer une pathogénésie à Ipeca et soit on arrête toute prise et on voit venir, soit on antidote par Arsenic.

J'attends le verdict oh César. A bientôt . Marc -

Nous attendrons aussi le verdict de Frederic. Ceci dit tu as parfaitement raison: bien des symptômes sont imputables à la pathologie. Sur ce sujet je vous prépare un nouvel article de Kent qui devrait vous plaire. Dans ce contexte, dirait Kent, une fois que l'on a écrit tout ce qui est imputable à la pathologie, le reste est forcément rare, et caractéristique. Cette voie reste à explorer.

Pour revenir aux symptômes que tu prends, la dyspnée provoquée par l'OAP indique souvent en tout premier lieu Am-c (voir rubrique dans le répertoire). Pour moi dans cette indication il est aussi royal que Phos dans les epistaxis. A l'hopital j'ai bien soulagé avec une dizaine de cas à l'époque, même si pour la plupart les patients dans cet état grave étaient des vieillards en bout de course.

Ensuite tu prends la fameuse rubrique sensibilité au bruit sans me la généraliser ? Je te suspecte d'avoir voulu te confirmer tes doutes sur Ars. Dans ce cas on obtient un groupe de 17 remèdes dont certainement le bon.

Si tu exploites le signe qui me semble le plus anomal, tu es obligé de trouver... Amitiés.

Cher Marc,

On manque d'information, mais je n'en avais pas plus que cela, d'autant comme je le disais plus haut qu'il s'agit de faire une palliation sur un cas avancé, donc pas question de donner le simillimum, nous risquerions de le "secouer" trop fortement.

Si pratiquement tous les symptômes sont imputable à la pathologie organique, certains, notemment un, a retenu mon attention, comme justement étranger à cette pathologie, donc lequel ? ensuite j'ai trié parmi les remèdes de la rubrique, celui qui correspondait le mieux au cas, soit un remède d'insuffisance cardiaque et d'oedème pulmonaire.

Pour la dilution, l'idéal serait une cinquante millésimale, faute d'en avoir, une dilution basse me paraissait indiquée. J'ai donc effectivement tablé sur une 7CH, en la prescrivant comme une cinquante millésimale, en dilution, avec tout le cérémonial lié à la prise en dilution, secousses du flacon, stériliser la cueillère, etc. cela pourrait faire l'objet d'un article à part car sans le strict respect de ce "cérémonial", on s'expose à de grosses aggravations (voir l'organon).

Amitiés. FS.


Olivier Gasser gasser.crettenand de bluewin.ch

J'ai lu avec intérêt votre cas no 17. N'y a-t-il pas là la caricature de Lyc si l'on se réfère aux indications du Dr F. Schmitt ?

1. ...très bien habillé, costume cravate, très courtois et poli

2. Crevé au moindre effort

3. Du mal à digérer

4. Ne trouve pas ses mots

5. Coup de chaleur dès que je commence à manger

6. Froid qd je reste immobile

7. Eructation longtemps après le repas

8. Irritable++

Je vous avoue que Lyc est un médicament qui m'intéresse et qui a eu sur moi le meilleur des effets (cela est une longue histoire !). Pourquoi Lyc est un médicament si particulier ? Vous parlez dans l'un de vos articles du "tout-puissant" Lyc, pourquoi ?

Et bravo pour votre article sur Medorrhinum et sur celui de l'indignation par le Dr F. Schmitt.

A bientôt et meilleures salutations.

Olivier

 

Merci de votre contribution. Sur le plan chronique tout le monde sera d'accord pour subodorer Ars ou Lyc. Sur un tel cas, si Lyc est administré: deux solutions. Soit le patient capte le remède, c'est à dire que malgré le tableau aigu qui nécessite la prescription d'un remède adapté aux symptômes récents, alors il va réagir avec une intensité que seuls les praticiens qui comme moi ont fait cette erreur peuvent envisager. Soit Lyc ne sera pas capté tant que la pathologie aigue n'aura pas été maitrisée et il ne produira aucun effet.

Dans le premier cas vous risquerez de tuer le malade, et il n'y aura certainement rien ou peu de choses pour enrayer l'aggravation. Lyc est ainsi un remède très turbulent, personne ne peut dire pourquoi, plus de deux siècles d'expériences le confirment.

Fort heureusement pour vous qui n'avez pas de pathologie évoluée à ce point, il ne peu que vous faire du bien s'il est indiqué !

Amitiés.

Cher Olivier,

Votre repertorisation me paraît bonne, mais il la hiérarchisation des symptômes pourrait se faire d'une autre façon. Vous avez pris en premier l'apparence physique, qui ne doit venir que confirmer un remède que l'on suspecte, comme Ars par exemple, qui est toujours très bien habillé. Ensuite, vous prenez en N°2 crevé au moindre effort, qui est un symptôme de la maladie, donc hyper commun et peu intéressant pour démarrer une répertorisation. Par contre entre le N°4 et N°8 se trouve le symptôme qui m'a mis sur la piste du bon remède, la difficulté résidant dans où trouver dans le répertoire cette rubrique. Ce symptôme est le plus original de ce cas et je lui ai attribué le N°1 dans ma hiérarchisation.

Lycop est un remède à manier avec une prudence extrème, tel le renard qui marche sur la glace, comme disent les taoïstes chinois, autrement vous pouvez expédier votre malade dans l'autre monde sans plus de formalités. Je ne l'aurais pas donné en première intention.

Amitiés, FS.


Delaunay alain adelaun de club-internet.fr

Salut les amis,

Les OAP répétés sont des manifestations aigues d'une maladie chronique qui se manifeste elle même par une IC sévere !

Le pb est que tous les S marquants s'expliquent par l' IC.

Sil'on tient compte des S de l' IC, donc des symptômes comme dans une maladie aigue ARS est incontournable.

Toutefois je prends le risque de m'attacher aux "S extraordinaires" de cette maladie chronique:

PSY:MEMOIRE/faiblesse de la/mots

PSY:IRRITABILITE/bruit/suite de, que je vais généraliser.

Helleborus attire mon attention car c'est un remède de "paralysie". Or on peut par analogie considerer que "ne pas trouver ses mots" est une sorte de paralysie intermittente de la mémoire et que, l'IC et les OAP sont des "paralysies" du coeur. Hering confirme les S d'IC !

Donc : HELL 15 CH : 1 bouchon dose "crs" (Chaque Retour Symptômes...)

Q4: Nausées et catarrhe nasal appartiennent à Hell que je monte en 18 CH

Q: pour moi, il s'agit d'une pathogénésie à cause de prises trop rapprochées: Arret ou Hell 200

Bien amicalement à tous

 

Bonjour Alain. Entièrement d'accord: le raisonnement est bien acquis et ton idée de Hell est très originale. Mais tu trébuches sur ce qui peut être caractéristique.La faiblesse de la mémoire pour qualqu'un d'aussi malade, que cela concerne les mots, les noms ou ce qu'on voudra, je ne crois pas qu'il faille retenir cela. Reste en lice l'irritabilité par le bruit, qui m'agrée parfaitement et que tu généralises.

Résultat: avec seulement un seul symptôme, on ne peut pas en dire plus. Amitiés.

Cher Alain,

L'irritabilité au moindre bruit me paraît un symptôme intéressant, mais assez courant chez un grand malade, de même le manque du mot. Un seul symptôme a retenu mon attention, le plus rare, qui m'a été livré spontanément par le malade donc indiscutable. Tout est question de sélection et surtout de hiérarchisation des symptômes, quel symptôme valoriser le plus au détriment de tous les autres ou quasiment car il respecte les critères du § 153 de l'organon ?

Amitiés, FS.


fredo lossel Fredo.Lossel de wanadoo.fr

Un mot général concernant la posologie que j'ai utilisée.

J'ai donc opté pour une basse (7CH), je l'ai dilué dans 250 cc d'eau distillée, et j'ai fait prendre au malade une quantité infime de cette potion (humecté les lèvres) après l'avoir dynamisée. J'ai pratiqué cette méthode pour éviter une éventuelle aggravation qui dans un cas comme celui-ci pourrait être délicate à gérer.

Je me suis rendu compte, en lisant Hahnemann, qu'il tenait compte de la quantité de remède administré. Et j'ai constaté en pratique, qu'en diminuant la quantité de granules administrés lors d'une prise, on réduit les aggravations. Mais certaines personnes sont tellement sensibles, que même une graine peut aggraver, dans ces cas je fait diluer une graine d'une dose dans un demi-verre d'eau et je fait prendre une cueillère à café de la potion préalablement dynamisée. Ceci en dose unique. J'ai obtenu avec cette méthode chez les hypersensibles une nette diminution des aggravations (attention à faire bouillir les ustensiles et le liquide restant après sous peine de continuer à absorber du produit tous les jours).

J'ai donc voulu utiliser chez mon patient cette méthode, qui combine la prise unique et la prise en solution. L'avantage est que le patient garde son flacon et peut répéter la prise chaque fois que les symptômes réapparaissent, en dynamisant à chaque fois et en stérilisant la cuillère s'il en utilise une ou en buvant au goulot un quantité infime (humecter suffit). Si le patient finit sa fiole, il faut passer de 7 à 8 CH par exemple. Mais avec cette méthode, en principe un flacon dure des mois. Malheureusement mon patient, a voulu bien faire en en prenant tous les jours (après la 2° consultation), et quand son flacon a été fini, il en a refait une dilution avec du 7CH. C'est ce qui a déclanché son aggravation. C'est donc la réponse à la question 5. Dans cette méthode, il ne faut pas répéter la même dilution quand on change de flacon, on aurait du passer de 7 à 8 ou 9 CH.Les symptômes de nausées ont donc régréssé avec l'arrêt de la potion.Et le patient s'est très bien porté. Actuellement il prend une 10 CH, en prise unique, quand les symptômes réapparaissent et tout se passe bien sur le plan cardiaque.

En résumé, diluer une graine dans 250 cc d'eau distillée, taper 10 fois le flacon avant chaque prise, humecter directement les lèvres (sans prendre de cuillère, ca évite d'avoir à stériliser), une prise à chaque retour de symptômes.si on doit changer de flacon, le stériliser, refaire une fiole avec une dilution plus haute (7 à 9 par ex.) etc... Vous avez compris qu'avec cette méthode il faut faire bouillir tout ustensile ayant été en contact avec la solution et que s'il reste de la solution, il faut la détruire en la faisant bouillir (3mn suffisent, Hahnemann conseillait 30 mn!).

Maintenant, j'apprécierais l'avis d'autres praticiens qui auraient l'expérience de cas organiques avancés (je n'en ai pas une grosse expérience), quelles dilutions employez-vous, avec quels résultats? FS.

 

Merci de cet exposé magistral mon cher Fred. En attendant les réactions de nos lecteurs, je te livre mon sentiment. Tu sais qu'à mes débuts j'utilisais fréquemment la méthode du remède en phase liquide redynamisé. J'ai été contraint d'arrêter à cause de la fréquence des intoxications. Du coup se dégage un fait: rien ne vaut la prise unique qui permet d'évaluer à coup sûr la réactivité du patient, pronostiquer l'évolution, voir se développer les symptômes selon la loi de Hering, etc.

Mais... des cas ne permettent pas de donner d'emblée une dose unique. En chronique il en sera question chaque fois que l'on désire éviter une aggravation: chez les sujets hypersensibles, chez ceux pour lesquels l'aggravation serait intolérable (eczéma, etc), ou dans les pathologies avancées que l'on risquerait autrement de décompenser. En aigu, devant des symptômes très intenses qui nécessitent une prise fréquente, l'avantage étant d'éviter de redonner une même dynamisation qui se "téléscoperait" avec les précédentes.

En chronique on peut poursuivre le traitement sur un mois, il survient parfois une aggravation tardive que décrit Hahnemann: comme si les prises répétées les unes décalées par rapport aux autres sur le plan de la dynamisation entrainaient une "fuite en avant" qui ne laisse pas apparaitre d'aggravation. Toujours est il que dès que l'état du patient le permet, il vaut mieux passer ensuite en dose unique comme tu le décris.

Enfin, ce procédé m'a clairement fait apparaitre le rôle de la quantité. Chez des patient eczémateux il n'est pas rare que l'absorption directe de la cuiller provoque une aggravation malgré nos belles théories. En m'inspirant de Hahnemann je recommande alors à ces patients de s'équiper de verres et cuillers jetables en plastique. Ainsi le patient dynamise son flacon, verse une cuiller. Cette cuiller à son tour est versée dans un verre vide qu'on complète aux trois quarts d'eau, on touille. Là le patient absorbe la valeur d'une cuiller et jette le restant.

On peut bien évidemment répéter la phase de dilution dans le verre autant de fois que nécessaire en jetant le contenu pour le compléter à nouveau comme une korsakovienne. J'évite de faire cela trop souvent aussi pour ne pas passer pour un fou auprès des patients. Le procédé rappelle la recette de la sauce aux capres sans capres du regretté Pierre Dac. J'avoue que cela me dépasse aussi totalement mais les faits sont là, contrôlables par toute personne de bonne volonté. Bien des patients ont dû diluer 4 fois pour ne pas ressentir d'aggravation.


Delaunay alain adelaun de club-internet.fr

Re-bonjour les amis,

Puisque la solution n'est pas encore donnée,et à la lumière des différents commentaires de Frédéric et Ed,je propose maintenant:

AM-C 15CH :1 bouchon dose crs.

Le S qui me semble en effet correspondre le plus au § 153 de l'Organon est :" coup de chaleur dès que je commence à manger" que je traduis en langage repertorial par "FIEVRE:MANGER/pendant.

En partant de là on est tout de suite attiré par Am-c, grand remède à polarité cardiaque.

Sinon je ne vois rien d'autre....

J'aimerai que ED nous fasse un article sur l'utilisation des 50 Millésimales en pratique courante.

Que ce cas est interessant, tant au point de vue doctrinal que tactique, et surtout, sur les possibilités de l'Homéopathie ! J'aimerai savoir un peu sur le suivi actuel de ce patient.

Amitiés à tous

 

Bravo Alain ! Tu vois comme c'est simple quand on a le coup d'oeil. Je vous finis la traduction d'un article de Kent justement intitulé "L'angle de vue nécessaire pour réussir une prescription". Quant aux 50 millésimales, je ne les ai utilisées en tant que telles que très rarement. En fait, tu connais mon pragmatisme, j'utilise les K ou les Kent habituelles mises en solution. Cela fonctionne très bien...

Bravo à Alain pour sa réponse.

Un symptôme sert de point de départ et immédiatement am c apparaît comme le candidat le plus probable.

L'évolution du cas est très bonne sur le plan cardiaqua, puisque le patient répète de temps en temps une prise du remède, il a pu récupérer une activité modérée, sans trop de dyspnée, tout en continuant son tt allopathique.

Amitiés FS


"Jean-Claude.Ravalard" Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr

Bonjour,

Je viens de lire les commentaires sur nos réponses qui apparemment ne satisfont pas nos maîtres...

Je comprends la prudence vis à vis de Lycopodium, beaucoup d'auteurs la mentionnent et je l'avais évité par prudence moi aussi.

J'avais retenu le côté soigneux parce qu'il était mentionné mais c'est vrai, il nécessitait quelques précisions . C'est vrai que je me suis raccroché aux branches que je trouvais...

 

Ne t'en fais pas, cela m'arrive aussi tous les jours devant des cas tellement peu clairs, où les symptômes sont peu apparents ou peu développés. C'est difficile de résister à la tentation, c'est pourquoi nous decons faire l'effort quotidien de nous discipliner les méninges, tout en respectant la dimension artistique du travail.

 

Les modalités horaires me font toujours hésiter, j'ai bien compris qu'il fallait que la modalité horaire soit précise et affirmée pour être retenue mais finalement à l'expérience, les patients donnent rarement un horaire précis ou si c'est le cas, un contre-interrogatoire fait souvent vaciller la conviction ...

 

Oui il faut être subtil avec ces modalités horaires. Tout d'abord, pour répondre à la question de certains étudiants, c'est l'heure légale qu'il faut considérer. Ensuite, il faut faire montre (c'est le cas de le dire) de souplesse et d'adaptation. Par exemple un cas qui s'aggrave en fin d'après midi ou une angine qui démarre à cette période doit faire tout de suite envisager Lyc. Des symptômes qui surviennent au réveil, Lach. Une aggravation (au sens le plus large c'est à dire que les symptômes empirent ou apparaissent) à 6 h, Sulph. Etc.

D'autres fois on sera surpris de trouver des heures précises que décrivent les patients. Le creux (la pédanterie allopathique appelle cela hypoglycémie sans pour autant expliquer pourquoi elle apparait) du milieu de matinée vers 10 h est caractéristique de Nat-m, Lyc.

Dans les affections respiratoires aigues, les horaires sont précieux, avant ou après minuit, matin, soir, etc., permettent d'évoquer Ars, Hep, Spong. En chronique un asthme traité risque d'être modifié selon la phramacodynamie des drogues absorbées, d'où la prudence. Ceci dit rien n'empêche de s'assurer que la modalité existait avnt le traitement, ou bien un coup d'oeil sur la rubrique permet d'évoquer une remède qui semble cohérent avec le reste (oui, je vous prépare un topo sur la cohérence !).

 

La rubrique Irritabilité suite de bruit étonne un peu, c'est vrai, par ses absents, mais j'avais déclenché mon joker en généralisant..

Les désir alimentaires me posent aussi problème, en fait quand les utiliser ? Pour moi, je n'aime pas les huitres, donc j'ai tendance à trouver ce désir déjà anormal (je n'ai pas écrit "anomal" :-)) ). C'est vrai que c'est souvent l'attitude du patient qui donne du poids à ce désir ; J'ai souvent tendance à retenir des rubriques comme désir de choses salées ou assaisonnées, surtout chez les enfants .. Entre parenthèses, j'ai souvent aussi le cas de patients qui ne veulent pas prendre de lait, semblant manifester une certaine aversion mais qui reconnaissent manger des yaourts ou du fromage ... Faut-il prendre la rubrique Aversion lait dans ce cas ? Aussi la rubrique désir de fromage parait très rudimentaire même chez un patient prêt à faire un repas de fromages seulement ?

 

Ah ! On fait une crise existentielle maintenant ? Pas de panique je te prie ! Tout d'abord prends le temps de relire l'article que j'ai consacré à la valeur des symptômes. D'abord il faut mesurer la valeur intrinsèque du symptôme. Les désirs et aversions sont des signes généraux, donc de haute valeur. S'ils sont peu marqués, on les néglige ou bien on les garde de côté en vue d'une confirmation éventuelle du remède choisi sur d'autres bases.

Pour savoir si le signe en est vraiment un chez le malade, il faut d'abord connaitre la norme pour déterminer ce qui est hors norme (anomal). Bien des gens sont repoussés par l'aspect des huitres. Donc l'aversion pour les huitres ne nous intéresse pas. Supposons maintenant un patient qui en mange quand c'est les fêtes. Il tombe malade, et soudain la seule idée des huitres lui soulève le coeur. Ce symptôme nouvellement apparu devient alors important. Dans l'autre sens, une envie qui pousse un patient à attendre impatiemment la saison des huitres pour se régaler est un signe marqué caractéristique du cas.

Pour le lait: même raisonnement. Les enfants aiment tous le lait. Un enfant qui ne l'aime pas c'est rare donc caractéristique. Les adultes boivent peu de lait (sauf les anglo-saxons qui en boivent l'après-midi) et l'aiment modérément voire l'ont en aversion. Ceci est normal. Un adulte qui a besoin de boire du lait: voila qui est anomal. Pour que l'aversion soit à considérer, comme souvent chez une femme Sepia, il faut idéalement que la patiente te réponde avec une moue de dégoût, voire qu'elle ajoute qu'elle n'a jamais pu le supporter. Quant aux yogourts, je ne crois pas qu'il faille considérer pour eux la rubrique Désir de Lait. La rubrique Désir de Fromage est bien sûr incomplète losrqu'on voit le grand nombre de patient qui possèdent ce signe et dont le remède ne figure pas dans la liste. Cependant c'est un bon point d'appel pour Puls qui s'oofre une fois de plus le luxe d'un paradoxe: aversion pour le gras ou le lait mais aime le fromage.

Pour compliquer le tout, il faut aussi se souvenir que nos rubriques sont par définition incomplètes... Il faut reconnaitre qu'on se n'ennuie pas, c'est déjà ça.

 

J'ai quand même repris le cas et malgré mes doutes sur la rubrique, je suis revenu à ce symptôme Chaleur dès les premières bouchées chez un sujet frileux qui peut être considéré comme n'ayant rien à voir avec le problème cardiaque ... J'ai regardé l'ensemble des rubriques :

2 rubriques

Soit Vig: Chaleur/manger/pendant: Am-c.,Nat-c.

Soit Ge: Chaleur/bouffées de/manger/pendant : Bov., calc-s., nux-v.,psor.

 

J'ai procédé moi-même ainsi (je pense que Fred aussi). J'aime la rubrique Visage Chaleur manger, agg. Quand la chaleur survient après manger, on a une rubrique très fiable qui mène souvent à Lyc, Petr, Sep, Phos. Par contre tu avais le droit de consulter Bouffées de chaleur mais c'est tiré par les cheveux, il ne s'agit pas d'une chaleur soudaine qui monte ou descend, c'est une chaleur globale. En fait la bonne rubrique, et la plus complète, est à Fièvre manger pendant. C'est pour moi l'occasion de rappeler que l'on n'utilise pas assez les sections Fièvre et Frisson dans le sens le plus large qu'elles possèdent aussi, à savoir Chaleur localisée ou générale, ou Froideur localisée ou générale. Avec PcKent, j'ai mis un lien au sens large entre Chaleur et Fièvre. De la sorte si tu tapes "chaleur manger pendant" dans l'index général en ayant activé le sens large, tu vois apparaitre la rubrique en question.

 

Dans ces 2 rubriques, dans le contexte de défaillance cardiaque, Am-c. semble être effectivement le plus approprié .

Je vous souhaite bonne réception à tous deux de ces commentaires débridés.

Ils ont dit FMC obligatoire !!!

Amitiés

 

Ouf ! Il faut remercier Frederic pour son très beau cas, qui a suscité autant de commentaires !

Pour conclure je te soupçonne d'avoir agité devant mes yeux le chiffon rouge de la FMC obligatoire.

Non ! Je ne m'énerverai pas en disant que c'est intolérable pour des médecins soumis à une éthique librement acceptée qui les conduit tout naturellement à un travail quotidien de perfectionnement d'avoir accepté une réglementation étatique avec toutes les magouilles que cela sous entendra.

Non ! Je ne dirai pas mon dégoût de constater comment bientôt nous ramperons tous devant des technocrates en blouse blanche et les hommes de MG placés aux postes clés.

Non ! Je n'exprimerai pas la répugnance et le mépris que m'inspire ce système qui va faire fleurir des milliers de formations médiocres qui devront leur fréquentation non pas à leur valeur mais au nombre de bons points que les malheureux assujettis aux caisses devront collectionner. Seule compte la valeur de l'homme, le despotisme étatique va une fois de plus magnifier les incapables à l'abri de leurs bureaux et de leurs lois. Une fois encore les malades vont trinquer. Une fois encore les hommes de l'état ne seront responsables de rien tandis que leur incurie entraine le pays dans le gouffre.

Voilà, j'arrête le massacre et m'en retourne à mes paisibles travaux de traduction ! Amitiés.

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