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DESCRIPTION DU CAS CLINIQUE HOMEOPATHIQUE

Cas 13 Monsieur Marcel F. Né le 13 12 34.

Voici un cas qui ne vous tiendra pas en haleine bien longtemps, mais il va nous faire aborder certaines questions importantes.

Vu le 8 janvier 97. Ce patient consulte pour d'importantes douleurs "rhumatismales". Il a une arthrose débutante de la hanche d. Toutes les articulations, surtout celles du côté droit, le font souffrir d'une façon générale. Il est obligé de consommer de nombreux anti-inflammatoires et antalgiques pour mener une vie à peu près normale.

Dès le début de l'entretien, je note son ptosis de l'oeil d. "Oh, ça ? C'est que j'ai eu la diphtérie à l'âge de deux ans, c'est depuis que j'ai eu cette paralysie".

La récolte de symptômes tant par l'interrogatoire que l'examen clinique est très maigre. Je note qu'il adore le poivre, comme le confirme sa femme. Il en met de partout.

Le seul autre point pathologique que je puisse noter : herpès labial, une à deux fois par an.

Orienté vers un seul remède je cherche d'autres désirs alimentaires que possède R1. Il s'avère que mon patient en possède un, que je ne vous donne pas pour ne pas "brûler" mon cas.

Question : Quel est le remède R1 ? Quels désirs alimentaires recherchez-vous ? Donnez les signes que vous valorisez.

A vous de jouer !


REPONSES CAS CLINIQUE HOMEOPATHIE

"Jean-Claude.Ravalard" Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr

J'ai retenu, j'espère comme toi la paralysie de la paupère supérieure suite à la Diphtérie ce qui parait une étiologie probable .

L'herpès des lèvres parait assez fréquent pout être retenu également de même que le désir de poivre confirmé par sa femme .

Il ne reste plus qu'à demander s'il apprécie le whisky, désir fortement valorisé dans Lac-can.

Amitiés

Libellé de
la Rubrique

V
a
l

R
u
b
r
i
q
u
e
Lac-c Ars Lach Sulph Carb-ac Phos Arn Nux-v Remède
32 18 18 18 16 14 14 14 Valeur Globale
du remède
4 3 3 3 2 2 2 2 Occurence
(fréquence)
8 6 5 5 2 4 3 2 Total des
Degrés
    Ge: PARALYSIE / post-diphtérique 2 2 2 2 1 1 2 1 1 Degré
    Vig: ÉRUPTIONS / HERPÈS / Lèvres... 1 1 2 1 1         Degré
    Es: DÉSIR / poivre / noir 3 2               Degré
    Es: DÉSIR / alcoolisées... / whisky 3 3 2 2 3 1 2 2 1 Degré

 

Excellent JC. J'apprécie beaucoup que tu sois parti de l'hypothèse de la paralysie post-diphtérique. Je vous ai promis un topo sur la cohérence, nous y voilà replongés. Il faut voir ensuite si cette hypothèse est cohérente avec le reste.

L'envie de poivre est vraiment anormale et caractéristique. Méfiance toujours envers des petites rubriques, qui risquent d'être incomplètes. Il faut recouper avec plusieurs rubriques

flècheDésir de moutarde

flècheDésir de pickles

flècheDésir de choses fortes, qui "arrachent"

flècheDésir de vinaigre

flècheDésir de choses assaisonnées qui est la rubrique la plus générale;

Intéressant de noter que l'herpès labial possède une forte valorisation relative.

Cette petite observation soulève pas mal de points. D'abord, un signe même lésionnel peut nous mettre sur la bonne piste. Moralité: il ne faut jamais rien négliger, et même de bêtes signes objectifs notables à l'examen peuvent rendre service, donc toujours procéder à un examen clinique.

L'autre soir à Aude Sapere nous discutions assez tard de la théorie des miasmes de Hahnemann, pour conclure que si Hahnemann avait dégagé les 3 grands types de réaction de l'organisme face à une maladie chronique, il n'en demeurait pas moins qu'en fonction du génome du patient, n'importe quelle maladie grave ou n'importe quel vaccin ou médicament peut greffer une couche miasmatique supplémentaire. Ainsi, tout se passe comme si ce malade continuait d'évoluer de façon chronique depuis sa diphtérie initiale. Ca fait poser pas mal de questions. Amitiés.


Popowski pierre popowski de club-internet.fr

Cher Ed.,

Voici pour me dégourdir les méninges, ma petite contribution.

Je privilégie LAC CANINUM en remède R1 et ce pour les raisons suivantes, qui répondent à tes questions.

Tout d'abord, devant un cas pauci - symptomatique, je tente de privilégier l'étiologie.

Lac caninum est un grand remède de diphtérie et de paralysies post - diphtériques : il n'est donc pas surprenant qu'il soit présent au 3° dans le Kent (Hering, Boeninghausen).

Ensuite, les autres symptômes, généraux et même locaux, semblent coller.

Enfin, si j'avais questionné sur les goûts, je lui aurais demandé s'il aime l'eau chaude avec une pincée de sel (R.U., 2°, Allen) ou le whisky (3°).

Je me serais aussi renseigné sur son psychisme (déprime ?) et sur ses rêves.

Voici ma répertorisation (j'ai rajouté la " paralysie post - diphtérique du cou " pour m'amuser, car Lac caninum est seul, au 2°) :

Cas n° 13 Monsieur Marcel F.

1 [0 1 1] ESTOMAC DESIR de poivre

2 <3 9 24> FACE ERUPTIONS, herpès, lèvres

3 [2 15 16] GENERALITES PARALYSIE post-diphtérique

4 [0 1 0] COU-ANTERIEUR-ET-LATERAL PARALYSIE post-diphtérique

5 [2 13 25] MEMBRES DOULEURS de la hanche, rhumatismales

 

Num Remède Val Occ d3 d2 d1 1 2 3 4 5
1 lac-c. 10 5 1 3 1 2 1 3 2 2
2 rhus-t 8 3 2 1 0 . 3 2 . 3
3 nat-m. 6 3 1 1 1 . 3 2 . 1
4 phos. 5 3 0 2 1 . 1 2 . 2
5 sulph. 3 3 0 0 3 . 1 1 . 1

Beau cas. Bravo !

Salut à toi, ami.

Pierre POPOWSKI.

 

Cher Pipo, merci de ta contribution. Tu vois tout l'intérêt de la valorisation relative pour l'envie de whisky. Non seulement Lac-c possède de façon certaine cette envie (c'est tout ce que signifie le 3eme degré), mais de plus il n'a pas d'autres envie d'alcool en général. Et en effet, mon patient possède paraît-il une vaste collection de bouteilles de whisky. Avec le temps, je me rends compte qu'une forte valorisation relative exprime le "génie" particulier d'un remède, ses traits carctéristiques. Nous n'avons pas fini d'apprendre. Amitiés (zog zog).


DuBois Jacques-Henry jhdubois de bluewin.ch

Salut Edouard,

Voici une réponse très brève car demain je me lève tôt! Un bon homéopathe ne devrait jamais agir avec précipitation! J'accepte donc la foudre qui pourrait me tomber dessus.

Je donnerais Lac.c pour R1.

C'est son désir de poivre qui me met sur la piste. Une lecture rapide dans la MM de Hering et voila que les douleurs rhumatismales et la diphthérie se retrouvent souvent.

Si les douleurs ont un caractère erratique et si ton patient a un penchant net pour le whisky alors je n'hésite plus.

Amités, JH

 

Aucun homme ne devrait agir avec précipitation, la prudence et la tempérance sont les deux mamelles de la survie disait machin. Ici tu as fort bien réfléchi avec ce que tu avais, c'est à dire presque rien. Je voulais aussi montrer avec ce cas tout bête et sans symptômes "géniaux" qu'on peut parfaitement arriver à prescrire avec un peu de jugeotte. Toujours comparer le cas avec la MM: je vois que tu prends de bonnes habitudes. Bien joué. Amitiés.


Delaunay alain adelaun de club-internet.fr

Bonsoir les amis

Pour ce cas, je choisis les rubriques suivantes:

Es:desir /assaisonnés

Vig: Eruptions/ herpès/lèvres

et, parmi de grands polychrestes, je vois arriver avec une forte valorisation relative LAC-C. Ses symptômes sont tous situés à droite; Dans le répertoire, rien. ! Existe-t-il une véritable alternance entre coté D et G ?

Dans Héring je lis: Localisation droite: « Right/ diphteric symptoms begins on side »

Bien sur, s'il adore le poivre noir on est encore plus attiré et s'il prend un petit whisky avec grand plaisir alors je n'hésite plus:

LAC-C 200

 

 

Ah le maniaque du PcKent a frappé ! Je suis très content que tu aies pris la rubrique générale désir de choses assaisonnées. Ce faisant tu assures tes arrières. Mais l'homéopathie est un jeu subtil, penses aussi à regarder l'envie de poivre pour te rendre compte à quel point c'est très caractéristique de Lac-c. Je travaille sur le module de généralisation automatique, ainsi cela ne posera plus du tout de problème de prendre une petite rubrique, on pourra extrapoler automatiquement.

D'autre part, l'envie de poivre ou de choses assaisonnées ne signifie rien si on ne la met pas en rapport avec la paralysie suite à la diphtérie. C'est bien plus important que l'herpès labial, même si cela fait plaisir d'y retrouver notre candidat.

Enfin, en tant que bagnard du Hering, tu vois à quel point des choses manquent dans le répertoire, ca vaut le coup d'y bosser. Rappelle moi, je crois que ça fait 5 ans qu'on est dessus non ? Encore un effort et tous nos lescteurs sauront que Lac-c possède une latéralité droite. Amitiés.


"Jean.Lafeuillade" Jean.Lafeuillade de wanadoo.fr

Cher Ed,

Je constate que les goûts alimentaires trahissent chez toi, une réelle inclination... Irai-je jusqu'à dire que tu goûtes ton patient de l'intérieur ?

Avec les signes étiologiques majeurs, je choisis dans GENERALITIES: PARALYSIS post-diphtheritic, et le ptosis (dans EYE HEAVINESS lids ); en deuxième: les désirs alimentaires: STOMACH DESIRES pepper: Lac-c. merc-c. nux-v.; mais également: DESIRES pungent things: (que je mettrai dans la même rubrique ).

En troisième, pour fermer le triangle: les douleurs de la hanche droite: EXTREMITIES PAIN Hip right.

Serait-ce ce goût unique : DESIRES warm water with a pinch of salt in it: [0 1 0] qui serait la cerise pour couronner le vacherin ?

Il semblerait que ses désirs alimentaires pour toutes les choses relevées qui le font transpirer abondamment, (et élimininer toutes ses impuretés...) soient assez marqués chez Lac-c, et confirme la réalité pathogénétique de cette tendance:

DESIRES whisky; highly seasoned food; marinade; ainsi que pungent things mentionné plus haut. Moi, j'aurais une faiblesse pour « poivre et sel ».

Il existe aussi une rubrique intéressante dans la prophylaxie des suites de Diphtérie où le nosode Diph. est indiqué.

Amitiés

Jean

 

Tu peux m'appeler Edouardo Dracul (poil aux mains) car tu sais que je "regarde" à l'intérieur de mes patients... mais c'est pour la bonne cause. Les miasmes superposés (qu'ils soient psoriques, luétiques, ou sycotiques) comme les appelle Hahnemann ou bien les couches de prédisposition dont parle Vithoulkas sont autant d'obstacles qu'il faut ôter par des remèdes à chaque fois appropriés selon l'ensemble des symptômes et non pas selon une notion d'antécédents ce qui risque alors de brouiller complètement les pistes. Tu connais ma réticence devant les isothérapiques et autres nosodes non expérimentés. Mais la curiosité scientifique me pousse à me demander ce que Dipht aurait produit ici.


lemoyne de vernon alain.de.vernon de wanadoo.fr

je débarque sur planéte homeo-cas clinique

la pauvreté de l'énoncé clinique est effrayante, quid de l'analyse précise de la douleur et de son retentissement, de l'anamnése, de l'examen clinique, du tr, de l'eventuel bilan bio et imagerie (hélas où dans ce pseudo cas ?) et quel "patient" mérite si peu de "cas" ?

 

Tout d'abord, Bonjour ! Pratiquer des TR systématiquement pour une arthrose de hanche risquerait de me faire une réputation spéciale. Plus sérieusement, je suis ravi que la pauvreté de l'énoncé clinique vous effraie car mon but de vous titiller les neurones est ainsi au moins partiellement atteint. Les cas présentés ici correspondent à la réalité clinique, pas à des cas d'école plus ou moins factices, obtenus suite à deux heures d'entretien et d'examen du malade, puis réarrangés. C'est un choix délibéré de vous faire grâce de l'exposé inutile d'un examen clinique et biologique inintéressant ici puisque nous nous centrons sur une discussion thérapeutique et pas diagnostique. L'étalage de tas de bilans souvent inutiles représente à mes yeux un effort dérisoire d'assimilation en se gargarisant du même jargon que nos confrères.

Voilà le reste de l'observation. Les clichés de la hanche montrent un pincement de l'articulation avec une diminution de la trame osseuse. NFS normale. VS 20 à la première heure, 10 ensuite. Electrophorèse des proteïnes sanguines normale, ainsi que le bilan hépatique et rénal. Latex et Waaler Rose négatifs. Les autres examens sont chez le rhumatologue. La douleur n'a pas de caractère précis. Mon patient mesure 1 m 72, pèse 83 kg. TA 120 / 70. Aires ganglionnaires libres. Auscultation cardiaque normale. Palpation abdominale normale.

En quoi sommes nous avancés ? Strictement en rien.

Permettez-moi de citer Kent (The homéopathician, janvier 1913):

"Beaucoup échouent dans l'utilisation du Répertoire parce qu'ils pensent aux symptômes en langage de pathologie ou parce qu'il cherchent des expressions du langage médical. On doit se souvenir que les symptômes nous viennent d'expérimentateurs laïcs ; que les gens malades sont des laïcs. Chacun d'eux exprime la maladie dans le langage du profane et le Répertoire doit être un index de la Matière Médicale. Tout effort pour traduire soit la Matière Médicale soit le Répertoire dans le langage de la médecine allopathique conduira à un échec total.

Le langage technique condense l'idée d'une maladie donnée. C'est là tout ce dont on a besoin pour transmettre tout ce qu'il y a à savoir d'un médecin à un autre jusqu'à ce qu'il soit question du remède, et alors une nouvelle question surgit : Quel est le remède ? La réponse s'obtient en posant une autre question : Quels sont les symptômes ? Les symptômes sont le langage des malades et de la nature : la nature non éduquée - toute simple - qui interpelle un médecin éduqué. Les symptômes d'un patient n'ont pas de signification pour un médecin non formé - non formé à comprendre la signification des symptômes du patient, de l'expérimentateur - ; dès lors le Répertoire ne signifie rien pour lui. Cela explique pourquoi si nombreux sont ceux qui essayent d'utiliser le Répertoire et échouent : ils n'ont eu aucun enseignement dans nos prétendues écoles d'homéopathie."

Pour conclure, qui fait peu de cas du patient ? La bonne vieille médecine, qui à grand renfort d'examens coûteux et d'anti-inflamatoires parvient à peine à améliorer ses douleurs. Ou bien l'homéopathie qui lui a rendu un usage quasi normal de sa hanche ? Je vous conseille donc plus de tempérance, et vous suggère d'éclairer votre jugement par l'étude assidue des principes de l'homéopathie. Bien confraternellement.


"Dr Sven Curchod, Médecine Générale FMH" sven.curchod de span.ch

La seule rubrique valable "désir de poivre" n'a qu'un médicaments: Lac caninum: là question qu'on pourrait alors poser est "est que vous aimez le lait" puisque il l'a en aversion, même en pensée. Je vote donc pour Lac caninum.

 

Et vlaf, notre Sven tranche dans le vif ! Tu procèdes de façon rapide mais dangereuse. Il ne faut jamais prescrire sur un seul signe, et pire encore d'après une rubrique qui ne comporte que peu de remèdes. Si tu t'assures que le remède couvre le reste des symptômes importants du cas : bingo ! C'est un raccourci magnifique. Sinon : trop risqué. Amicalement.

 

Dr BOUCHOUCHA Marc marc.bouchoucha de wanadoo.fr

Salut les copains : Pour ma part je n'ai pas retenu la seule rubrique désir de poivre trop restrictive à mon goût car en général en cuisinant un peu, ce type de patient adore les plats assaisonnés

En coupant avec la rubrique "Ge: Suite de Diphtérie " puis en tenant compte de poussées d' Herpés labial, seul Lac-C semble indiqué. Ce qui me gêne un peu c'est la lateralité dte des symptomes (quoique ce ne soit pas précisé pour les douleurs) car on s'attend avec ce reméde à avoir des alternances de côté et des dl erratiques. Pour confirmer, y a t'il désir de boissons alcoolisées? Amitiés : Marc.

 

Merci Marco. Mise en garde très justifiée contre le poivre, à laquelle j'adhère complètement. Ceci dit, ici le patient pouvait même manger du poivre pur, ce qui est peu banal...

Pour la suite il faut en effet au moins un trépied pour tenir sans tomber, le whisky nous aide. Amitiés.

 
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