Cas 12 Madame Bernadette V. Née le 23 7 47.
Je suis cette patiente depuis fin 90. Voici mes notes de cette
époque:
Souffre d'une ostéoporose majeure, avec une atrophie musculaire.
Elle a en permanence des douleurs intenses dans les membres, peu de soulagement
des médicaments qu'elle prend (antalgiques divers, calcium, vit D, Oestrogènes,
etc.). Dit "j'ai très froid, ça me transperce, j'ai froid dans mes
os".
Fortes douleurs abdominales qui la réveillent la nuit.
Toux sèche
chronique, bilantée, traitée, sans que rien n'y fasse.
Amélioration générale
en plein air, supporte très mal la chaleur.
Antécédents chargés:
Arrêt des règles après le second enfant, il s'agissait d'un
hydrocolpos ! Découverte tardive, septicémie, etc.
Hysterectomie en 80
avec radiothérapie. Je n'ai pas d'autres détails, le médecin s'étant occupé de
l'affaire n'a pas répondu à mes courriers.
Prescription: Lyc 30. Résultat rapide: >>
des douleurs abdominales et de la toux chronique. Pendant un an nette
amélioration générale, puis Lycopodium échoue en XM.
A cette époque, mi 91, le tableau a changé. Elle a trop chaud, les
pieds froids comme de la glace, parle beaucoup, sensation d'étouffer la nuit,
ses dents se cassent.
Je donne donc R1 XM, qui la soulage très rapidement. Elle va bien sous ce remède
pendant encore un an, fin 92, R1 CM échoue. En avril 93, rien ne va plus, elle a une
multitude de symptômes, chaleur, besoin d'air très marqué, palpitations, et
surtout des douleurs osseuses intenses. Cette fois pour ne pas brouiller les
cartes, je donne Ruta 200 pour pallier au moins les douleurs osseuses, et me
laisser le temps de réfléchir.
Les douleurs étant à peu près calmées, il ressort que les
palpitations sont < après le petit déjeuner, qu'elle a envie de boire froid,
voire glacé, qu'elle ne supporte pas la foule. Je donne donc prudemment R2 200 en mai 93. Là encore nous
monterons les dynamisations jusqu'en octobre 94 date vers laquelle R2 échoue à son tour.
A la date d'octobre 94 elle demeure fatiguée, la toux sèche
habituelle s'est réinstallée, ses douleurs dans les membres sont très
importantes: "ça fait tellement mal que je ne peux plus bouger". Il y a encore
les bouffées de chaleur. Les douleurs osseuses reprennent le dessus, avec un
caractère brûlant, surtout de la cuisse (fémur), < la nuit. Au vu du remède R3 que j'envisage je lui
demande si ses bouffées de chaleur démarrent de quelque part de précis, elle
répond "oh oui" en posant sa main sur l'épigastre.
Prescription: R3 M octobre 94. Résultat cette fois étonnant. Elle dort calmement
alors que ses douleurs l'empêchaient de bien dormir, les douleurs sont
complètement calmées. Sa digestion (dont elle n'avait pas parlé) s'est
considérablement améliorée: "j'arrive maintenant à manger le soir". Elle a pu
même faire une grande ballade en montagne sans autre inconvénient qu'une petite
fatigue, cela lui aurait coûté auparavant 15 jours de douleurs. Elle dit mieux
uriner, elle sentait toujours une petite gêne, ou un retard mictionnel.
Fév 95: retour de signes digestifs, surtout de très fortes
douleurs gastriques "comme si j'avais une bête dans l'estomac". R3 XM. > de tous les symptômes
sans aggravation initiale.
Mai 95: va très bien, sauf la douleur des cuisses qui reprend un
peu. Elle se plaint d'avoir trop chaud au lit et besoin de sortir les pieds (ce
symptôme était déjà présent depuis le début) R3 XM.
Nov 95: Retour de la "bête" dans l'estomac et du besoin d'air,
ainsi que de quelques douleurs des tibias. R3 CM.
Mars 96: Retour d'un peu de fatigue et de toux sèche.
Densitométrie inchangée (je n'ai plus les chiffres, honte à moi). En cas
d'effort physique elle ressent une faiblesse qui la cloue sur place
(paralysante). R3 CM.
Oct 96: Va très bien sauf une tendance à être trop nerveuse et
serrer les mâchoires. R3 DM.
Ouf ! Pour l'heure elle se porte bien et ne prend plus le
moindre traitement.
Question : Quels sont les remèdes R1, R2, et surtout R3. Donnez les
signes que vous valorisez.
A vous de jouer !
"Rémy Beau" Remy.Beau de wanadoo.fr
Pour R1 :
- Trop chaud;
- Pieds comme de la glace;
- Logorrhée; Loquacité.
- Dyspnée < la nuit; Suffocation < la nuit.
Et un petit plus : Dents qui se cassent (Eup, lach, nat-h, plb,
sulf-ac) nous conduisent directement à Lachesis, très bon complémentaire de Lyco. de
surcroît. Le répertoire peut éventuellement aider pour confirmer ce dernier
symptôme dans Lachesis.
Pour R2 :
- (Agoraphobie);
- Désir de froid, voir glacé;
- Palpitations après le petit déjeuner;
Phosphorus.
Pour R1 et R2, c'est plus à mon sens une " ambiance générale " qui
conduit à chacun des médicaments plutôt qu'un travail répertorial; en effet, les
rubriques concernées comprennent souvent de forts nombreux remèdes ou trop peu.
Le repertoire sera utile pour vérifier qu'au moins le médicament fait bien parti
de la rubrique en question. On est content, par exemple, de retrouver Lach. dans
la rubrique LOQUACITE (97 médicaments), tout comme Phos. dans la rubrique
CHALEUR....
Pour R3 : Retenons les symptômes : " Douleurs osseuses de la
cuisse de type brûlante < la nuit ", après tout, c'est bien le motif
principal de la consultation.
Le répertoire met en évidence : Euph., soit Euphorbium et non pas Euphrasia comme je l'avais lu en premier un
peu vite, quelle horreur, Euphrasia !!!
Je suppose qu'il s'agit d'Euphorbium resinifera, le mieux étudié si l'on peut
dire !
Il n'est pas dans la MM de KENT, ni dans la compilation de LATHOUD, peu
développé dans VOISIN, .... Merci Ed ! BOERICKE et DUPRAT rapportent
" Douleurs terribles. Douleurs de cancer ".
Je laisse à de plus savants que moi et de plus équipés en MM (HERING) le soin
de nous détailler ce remède. Bonjour à tous.
Hé hé le Rem, tu fais très fort. Attention aux confusions
entre les remèdes d'abréviation proche comme Euphrasia et Euphorbium. Kent a
bien fait attention dans son répertoire, et il y a peu d'erreurs que nous avons
pu dépister. Alors que le répertoire de Knerr grouille littéralement de
confusions Euph, Euphr. Il est d'ailleurs amusant de noter que ces erreurs ont
été retranscrises telles quelles dans le répertoire synthétique, en guise de
"compléments" au répertoire.
Bon, je me demande ce qu'il faut te trouver comme cas
pour te faire réfléchir plus ! Tu vas pouvoir déjà t'entraîner à
Warcraft...
"Jean.Lafeuillade" Jean.Lafeuillade de wanadoo.fr
Cher Ed,
Les douleurs brûlantes la nuit, la localisation à la
cuisse, sont vraisemblablement la manne céleste apportée par ton pelage patient
des couches de l'oignon.
GENERALITIES PAIN, burning Bones: MEZ. ZINC. <2
11 28>
EXTREMITIES PAIN burning Thigh night, bed, in: Euph. [0 1 1]
Restent deux remèdes: Euph. et Carbo-v.
Va pour Euph. Je n'ai
pas le temps de chercher dans la MM. Je me fie bêtement à la valorisation. Tant
pis pour moi si je me scratch.
Bises. Jean
Et voilà, vieux renard tu me bousilles mon cas
clinique ! Mais je vais tout de même en profiter pour faire quelques
commentaires à l'intention de nos lecteurs.
Rappelons à nos lecteurs que le
répertoire n'est qu'un index de la MM. Il sert à désigner le ou les remèdes
plausibles et ensuite il faut toujours regarder et comparer dans la MM. Ainsi la
démarche de l'homéopathe est-elle caractérisée par trois
étapes :
analyse: recueil des symptômes,
synthèse: répertorisation
déduction par comparaisons de MM.
De façon magistrale tu sélectionnes les deux
signes rares, et hop ! Il faut bien utiliser le répertoire : la
rubrique douleur brulante de la cuisse, la nuit au lit, concerne aussi bien les
muscles que la surface de la peau ou l'os. Ensuite si nous regardons la rubrique
douleur brulante des os des m. Inf on ne trouve que Euph. Il est sage de
généraliser à la rubrique des Généralités comme tu le fais. Il faut noter dans
PcKent que Euph possède une val relative de 2 points pour cette douleur brûlante
de la cuisse, et une énorme val relative de 3 points pour la douleur paralysante
des articulations... C'est le symptôme "ça fait tellement mal que je ne peux
plus bouger".
"Jean-Claude.Ravalard" Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr
Salut !
Cas traité rapidement avant de partir pour Annecy !
Pardonne-moi mes erreurs ...
R1 : le tableau fait très rapidement sans
répertorisation penser à Lach.
Je retiens quand même:
Mb/froideur/mb
inf/glace (Les Serpents ont les pieds
froids)
Res/asthme/nuit
Dents/effritement
R2 : Je valorise:
TH :
Palpitations /matin/petit-déjeuner/après :1 seul R.:Phos
Es/désir
glace
Psy Peur/foule
Donc Phos. Les 2 remèdes se suivent bien.
Dommage
qu'il n'y ait pas de feu qui traverse ta patiente de part en part!
R3:
Je
valorise bien sûr: les bouffées de chaleur à point de départ bien précisées par
la patiente qui ont un caractère original.
Es:chaleur/extension/corps 3
R:Ars,Camph(2°),Op
Mb:doul. brulante /mb inf/cuisse.
En ce qui concerne la
bête dans l'estomac, je choisis : Es:douleurs rongeantes
Ars. a bien ce
caractère brûlant des sensations.
La tendance à serrer les machoires est bien
aussi dans le tableau de Ars. donc Lach. puis Phos. puis Ars.
Excellent mon Cher JC ! R1 et R2 sont
parfaitement bien analysés. Le coup du feu de part en part : nos amis
lecteurs sauront que tu fais allusion à cette patiente que nous avons vue en
Séminaire Aude Sapere et qui décrivit bien cette sensation comme si une flamme
la traversait. Un seul remède : Phos. Mais on n'a pas la chance de
rencontrer aussi rare et caractéristique tous les jours... En tout cas, ça suit
bien en cours :)
Pour R3, tu as très bien procédé avec comme
départ la localisation peu banale des bouffées. D'une façon générale les
rubriques extension sont précieuses mais il faut savoir qu'elles sont
souvent incomplètes comme s'il fallait une sensibilité particulière de
l'expérimentateur pour non seulement éprouver une sensation mais aussi son
irradiation. Du coup si tu raisonnes ainsi tu as bien Ars comme résultat,
d'autant que Ars est très bien derrière Phos... mais tu ne tiens pas compte de
la localisation osseuse de la douleur. Cette localisation rare doit mériter
l'attention autant que le point de départ des bouffées.
Du coup si tu procèdes comme j'ai fait, tu
ouvres le Hering, volume 4, page 247 et tu lis : "Brûlure comme du feu dans
l'estomac et l'abdomen" et tout un tas de douleurs atroces, violentes, etc. Ceci
peut très bien coller avec la sensation d'une bête qui ronge. Et cette brûluer
peut se traduire aussi par une chaleur dans l'estomac. D'ailleurs j'ai ajouté
Euph dans la rubrique générale chaleur de l'estomac. Il na faut pas hésiter à
extrapoler quelque peu les signes de la matière médicale, toujours pour voir si
ton remède a la cohérence requise (nous en parlerons au
prochain Aude Sapere).
Ainsi une fois Kent donne avec succès Naja dans une
affaire cardiaque en utilisant le fait que sa patiente utilise le terme
"stitching". Un érudit lui écrit en s'étonnant que Kent, un professeur si
renommé, ait employé de façon incorrecte le médicament vu que Naja dans son
expérimentation a produit des "shooting pains". Et Kent de répondre que c'est du
pareil au même.
"Dr Sven Curchod, Médecine Générale FMH" sven.curchod de span.ch
Prenant les rubriques "sensation de chaleur", "pieds froids",
"loquacité", "dyspnée nuit", "dents cassantes", PC Kent opte pour Lachesis, qui
est compatible au 3ème degré et suit bien Lycopodium. Puis en ajoutant les
rubriques "peur foule", "désir boissons froides" et "palpitations cardiaques
après le petit-déjeuner"(qui n'a qu'un médicament), on obtient Phosphorus, qui a
les symptômes précédents sauf "dents cassantes", et qui est compatible et
complémentaire avec lachesis, bien qu'il ne soit pas mentionné comme suivant
bien.
Enfin, pour les "douleurs brûlantes des cuisses durant la nuit", on a 2
médicaments: Euphorhium et Carbo vegetabilis. Si on ajoute la rubrique "bouffée
de chaleur", on pencherait pour Carbo-v., cependant, du fait que la patiente
situe ses brûlures au niveau de l'épigastre, on est plutôt tenté de choisir la
rubrique "douleur brûlante" du chapitre estomac, qui penche alors pour Euph.
avec une rareté relative pour cette rubrique.
En comparant avec la MM, de
Boericke de poche (en attendant la plus complète de Hering en 10 volumes, 5800
pages, édition indienne pour la modique somme de 150.- francs suisses,
certainement plus complète), je serai tenté par Carb- veg. qui mentionne des
brûlures épigastriques et des extrémités lourdes, raides, ce qui n'est pas
mentionné pour Euph.
Cependant, grâce au PC Kent, la rareté relative d'
Euphorhium me fait pencher pour celui-ci.
Donc, en résumé, je choisis:
R1:
Lachesis
R2: Phosphorus
R3: Euphorhium
Merci et bravo pour cette
adresse internet, la seule que j'utilise et qui ne me fait pas regretter d'être
abonné à internet!
Je viens de recevoir "The guiding symptoms of our materia medica"
de Hering, où j'ai trouvé le remède "Euphorbium" qui présente des douleurs
brûlantes du fémur et de la hanche la nuit, ainsi que des brûlures comme un feu
de l'estomac et de l'abdomen.
Bref, cette fois, pour moi le remède est
indiqué.
Bravo Sven, tout simplement rien à redire.
Surtout n'hésites pas à comparer Hering avec ce que l'on recueille chez le
malade pour extrapoler au besoin. Bien sûr il faut toujours procéder avec doigté
et ne pas forcer pour faire rentrer des pièces...
Hering est tout simplement indispensable pour une pratique professionnelle de
l'homéopathie. Lisez le, relisez le, retenez les tableaux cliniques qui vous
sont présentés. C'est ainsi et seulement ainsi que vous progresserez.
delaunay alain adelaun de club-internet.fr
Bonjour Ed, bonjour les amis,
pour R1, après Lyc, qu'il
faut changer, car plusieurs signes généraux se sont radicalement modifiés, je
choisis:
Dyspnée nuit :qui me parait plus convenir car de sens plus large que
suffoquer dont la localisation est plus située à la gorge,ce qui n'est pas
précisée ici.
Loquacité
Dents cassantes : qui emporte la décision vers :
LACH omplémentaire de LYC ce qui me conforte dans la prescription.
Pour
R2 :PHOS s'impose sans difficulté. C'est la façon dont tu l'a amené en palliant
avec
Ruta qui m'a marqué. Pourquoi ne pas donner Placebo car sinon, ne
risque-t-on pas de modifier le tableau ? Parce que Ruta n'est pas un Polychreste
vas tu me répondre .
En ce qui concerne R3, je suis plus que perplexe car
2 S me paraissent incontournables
La doul osseuse (SVP!) brûlante de la
cuisse et le fait que les bouffées de chaleur démarrent du creux épigastrique
(localisation désignée par la patiente donc importante!)
je choisis
donc:
GE : Doul OS : car celles-çi ne sont pas résevées uniquement au fémur d'après ce que tu marques.
GE: Doul Brulantes os: (pour les mêmes
raisons)
Mbs: Doul brulantes cuisse
Mbs: Doul brulante cuisse nuit.
et
enfin:
GE: Chaleur bouffées dos estomac
Grand dilemme entre Phos et
Euphorbium !
Tu aurais dit qu'on n'avait pas besoin de changer de remède
j'aurais prescrit Phos !
C'est malheureusement ce que j'aurais fait en
pratique ! J'aurais plutôt incriminé un« Barrage » tant Phos me parait indiqué
sur cette multipathologie majeure !
Je te suis donc, et prescris
virtuellement Euph.
En Fev 95 je n'aurais pas changé de remède car "la
doul d' Es comme un bête" peut être mordante, griffante etc ... en fait banale
bien couverte par Euph qui a si bien marché.
Mai, Nov, Mars 96 : pas de pb ;on
monte !
Oct 96: un S nouveau :« serrer les mâchoires »! On a une bonne
rubrique dans le Répertoire;de plus ce S ne figure pas dans la MM de Hering et
de Clarke ! Faut-il pour autant changer de remède ? That is the qs !
Pour: 1/
S nouveau ne figurant pas dans la MM ;(mais celle-ci sera toujours incomplète
!)
2/ S physique certes, mais d'origine PSY donc de grande valeur.
Contre:
La malade se sent bien malgré tout; et on a « hystérie » dans la MM d'Euph
!
Quand faut-il vraiment changer de remède ?
Que penser des « barrages
» ?
Passer de Phos à Euph n'est pas évident car on a pas de relations
médicamenteuses entre les deux pour nous conforter.
Cas super interessant
pour la tactique!
A la prochaine les amis !
Pfou ! Il bosse notre Alain... et se pose
plein de bonnes questions. Par où je commence ?
Le coup du Ruta : ici le remède n'a de
similitude qu'avec l'os et ses douleurs. Comme ma patiente n'a aucun autre signe
appelant Ruta, je suis sûr que son homéopathicité est très restreine. Donc s'il
y a soulagement, celui-ci ne pourra être durable. En donnant Placebo, onaurait
pu renouveler ensuite mais à coup sûr Ruta n'aurait plus ou pas agi. Tu vois, ce
n'est qu'une prescription temporaire, pour me laisser du temps.
Dilemne Phos / Euph. Déjà dans l'absolu, si à
l'issue de l'étude d'un cas tu as à choisir entre un polychreste et un "ptit"
remède : donne le petit. Tu te rends compte à quel point c'est anormal
qu'Euph rivalise avec un tel géant. Ce ne peut être fortuit. De plus, Phos avait
déjà eu sa chance pendant un an et finalement n'avait rien fait d'autre que
pallier.
Tu parles des barrages, Jean Lafeuillade,
ancien élève du Dr Senn t'en dira plus long. Sache qu'à mon avis on fait
beaucoup trop appel à cette notion. Bien souvent c'est que le remède n'est pas
bien indiqué. Un point c'est tout. Pour ma part, je n'ai encore jamais prescrit
le moindre isothérapique. Je suis loin de guérir tout le monde et peut être y
a-t-il des gens que j'ai ratés et qui auraient eu besoin d'une telle
prescription. Mais pour l'heure rien ne me fait penser cela.
Douleur comme une bête qui ronge, je ne
reviens pas dessus, Euph possède ces douleurs intenses qui peuvent évoquer une
telle sensation.
Serrer les mâchoires : bien des gens
nerveux le font, il n'y a pas de quoi fouetter un chat. L'ensemble du cas va
mieux, il n'y a aucun signe général nouveau qui puisse contre indiquer un remède
qui a fait ses preuves. Donc on répète. Paf ! On ne doit changer un remède
qui a marché seulement quand on ne peut plus faire autrement. Il faut toujours
lui laisser une chance en plus haute, et s'il semble qu'on est allé trop haut,
tenter le coup en basse. Bien sûr, si un symptôme nouveau apparaît clairement,
n'appartenant pas au remède déjà prescrit, cela indique clairement qu'il faut
changer. OK ?
TERZIAN DocteurAlain.Terzian de wanadoo.fr
Ed bonsoir
Quel cas tordu le 12, il m'a pris du temps. Je suis
parti de l'idée que Lycopodium n'était pas le remède à donner en 1°. Si le
remède donné initialement se retrouvait être R3, nous aurions fait l'économie de
Lachesis puis de Phosphorus (mais nous aurions tout de même été sanctionnés par
Juppé et ses racketteurs puisque les objectifs sont volontairement
irréalisables). Bernadette (nous sommes persécutés) souffre d'ostéoporose, cad
de douleurs osseuses; je retiens:
Mb:Douleur/Os
Ge: AIR/ plein air /amél
Tx:PROLONGEE
Ses
douleurs osseuses, sa toux, ses douleurs abdominales résistent aux traitements:
Ge:REACTIVITE/manque de.
Elle souffre d'une ostéoporose majeure consécutive à
une ménopause précoce (hystérectomie et radiothérapie à 33ans): Gf
:REGLES/suppression des.
Il serait tentant de retenir la toute petite rubrique
:AB:DOULEUR../sommeil/ interrompt le sommeil (Mez, Tab).
J'ai froid dans les os
insiste-t-elle, j'ouvre le précieux VERMEULEN : Mezereum et je lis: LEADING
SYMPTOMS :very chilly (cold to the bone ), <warmth of bed (dont tu nous
parles + loin) ainsi que: GENERALITIES: Emaciation, affected parts: PHYSICAL
SYMPTOMS :Pain in tibia (or bones in general) < at night
J'aurais donné
Mezereum bien que n'existe aucun symptome cutané.
Mezereum pourrait-il
être R3 ?
:Mb :DOULEUR/Mbinf/ Paralysante
:Ge:
DOULEUR/PARALYSANTE
:Mb :DOULEUR/ BRULANTE/ Mbres inf / Cuisse
:Ge:
DOULEUR/ BRULANTE/ OS
:Ge :CHALEUR/agg /lit ../agg
Je suis à nouveau
tenté de donner Mezereum mais le choix est difficile avec Euphorbium qui possède
au 2°Degré:Mb: DOULEUR /BRULANTE /Mbres inf/ Cuisse /nuit (confirmé par
Vermeulen) mais il n'a pas cette > en plein air, ni la sensation de froid
dans les os (ni froid interne) ni la toux prolongée, ni l'un ni l'autre ne serre
la machoire (ou les dents) mais MEZEREUM a le visage crispé ; il souffre du
tibia (2°), tous les 2 sont < chaleur. Me manquent :la bête dans l'estomac
(tous les 2 ont :Ge:DOULEUR MORDANTE ). Et, surtout : les bouffées de chaleur
démarrant de l'épigastre. En tirant par les cheveux, tous 2, ont : Es: Chaleur ;
et MEZEREUM, chez VERMEULEN : NUCLEUS :anxiety, apprehension arising from
stomach, mais ce n'est pas satisfaisant. Je redonne donc MEZEREUM en montant la
dilution .
Désolé d'avoir été si long .
Amitiés
Alain
Tout simplement passionnant mon Cher AL. Mez
est très bien vu, à mon tour d'essayer d'y répondre.
L'idée d'un remède
unique capable d'embrasser la totalité des symptômes me semble difficile à
défendre sur un tel cas bien chronique et barbouillé à souhait de médicaments.
Rien n'empêche de penser qu'il existe mais je pense qu'il faut suivre Hahnemann
et Kent en pelant l'oignon couches après couches. Il faut prescrire sur les
symptômes du moment. Dans une plus rare mesure, on peut englober aussi les
signes anciens. Cela se voit dans deux cas de figure :
D'après
les signes actuels tu calcules un remède qui en outre a l'avantage de couvrir
les symptômes anciens. Dans ce cas, c'est parfait.
Dans un
cas où les symptômes n'apparaissent pas. A chaque consuktation tu parviens à
grapiller un signe ou deux. Ou bien lors d'accès aigus sont sortis tel ou tel
signe qui à lui seul ne pourrait indiquer un remède. Dans ce cas il faut prendre
le cas "synthétique" comme s'il y avait tous les symptômes au même moment, même
si l'un ou l'autre des signes retenus ne sont apparus qu'une seule fois.
Nous
avons vu ainsi lors du dernier Aude Sapere le cas des métrorragies chez une
jeune fille qui ont résisté à tout un tas de médicaments, Puls, Phos, Sec, etc.
A chaque consultation le cas était incomplet. Un signe dominant permettait
d'extrapoler au remède les plus caractéritique le possédant mais, bing :
échec. Jusqu'au jour où lors des crises de saignement, elle se met à quattre
pattes sur le canapé, ce qui soulage sa douleur. Du coup tu mets en parrallèle
la jalousie qu'elle a longtemps eu pour sa soeur, qu'elle a des accès de
"méticulosité" excessive, et tu trouves Med qui autrement n'apparaît
pas.
La rubrique manque de réactivité s'emploie
dans les cas de gens qui ne répondent pas aux doses bien choisies, pas
aux traitements allopathiques de toutes façons inefficaces dans ce genre de
pathologies. D'autre par la rubrique suppression des règles convient quand une
femme qui avait ses règles normalement les voit interrompues par un facteur
quelconque, dans une certaine mesure je ne sais pas s'il faut l'employer
systématiquement chez toutes les femmes qui ont eu une hystérectomie, car chez
pas mal d'entre elles cela n'entraine pas de troubles qu'on puisse lier
directement à l'intervention. Tu connais ma méfiance à l'égard des signes
étiologiques.
La petite rubique Ab, douleur interrompt le
sommeil est intéressante, et si tu tombes dessus rien ne t'empêche de
l'exploiter. Surtout si un remède semble couvrir le reste. Le prochain séminaire
je vous parlerai de cohérence. Ici Mez semble très cohérent avec les symptômes
si tu fais abstraction de la sensation de froid dans les os, signe rare et donc
caractéristique... que Mez ne possède pas (à ma connaissance). De plus Mez
possède des douleurs osseuses mais pas brûlantes comme c'est caractéristique
chez Euph.
DuBois Jacques-Henry jhdubois de bluewin.ch
Cher Edouard,
Pour ma contemporaine voici ce que je
propose.
R1:Lachesis
J'ai retenu les symptômes
suivants.
Ge:Chaleur/sensation
de
Psy:Loquacité
Mb:Membres/froideur/mb.inf/pieds/glacée
Comme symptôme
éliminateur j'ai retenu
De:Effritement et
Cassantes
R2:Phosphorus
Voici les symptômes
retenus.
Ge:Petit-déjeuné/aprés/agg.
Ge:Douleur/Os
Ge:Douleur/brlante/os
Es:Désir/froid/boissons
froides
Psy:Peur/foule
Il est vrai qu'en rajoutant Es:désir de glaçons,
Ars. prendrait la première place!?
Il serait intéréssant de savoir comment
Bernadette supporte ces boissons froides voir glacées. Si elle les rejette aussi
tôt qu'elles sont réchauffées dans l'estomac et si elle boit de petites ou
grandes quantités cela pourrait bien nous conduire à Ars.
But that is another
story.
R3:Euphorbium
Ici, je me sens très peu confortable
car ta description est très riche et je me sens balloté d'un remède à l'autre
sans pouvoir saisir l'élément clé ou en faire la synthèse du Maître.
Ce qui
me semble important ce sont les douleurs aux cuisses (osseuses) brûlantes et
agg. la nuit.
Je retiens
donc,
Ge:Chaleur/agg/lit.../agg
Mb:Douleur/brulante/mb.inf/cuisse
Mb:Douleur/brulante/mb.inf/cuisse/nuit
Tx:Seche
Après
l'échec de R2 en octobre 94, tu as déjà une idée pour R3 qui t'incite a le
confirmer par l'origine des bouffées de chaleur.
En prenant la rubrique
Es:Chaleur/Extension/haut, vers le ou tête, à la., Asaf., Ars., et Lyc. (entre
autres) deviennent intéressants.
La lecture de la MM d'Asaf., ne me donne pas
satisfaction. Avec Lyc., qui était le premier remède donné, est-il faux de
penser que ce remède serait à nouveau le bon? Tu parles bien d'un "Résultat
cette fois étonnant".
Phos., figure seul dans Ge:Chaleur/dos ou de l'estomac,
provient de. Quant à la bête (animal) dans l'estomac qui se trouve dans Sepia et
dans Chel. pour l'épigastre selon les sensations "comme si" de H.A Roberts je ne
pense pas que l'on puisse le prendre tel quel.
La rubrique
Es:Douleur/rongeante serait-elle une bonne interprétation? Sepia et Chel. y
figurent au 3eme et 2eme degré.
Voilà mon cher Edouard, j'espère que le
séminaire a été profitable à tous. Quant à moi, je me suis bien trituré les
méninges.
Amitiés et à bientôt. JH
Attention, j'ai dit qu'elle voulait boire
glacé mon Cher JH. La rubrique est boissons froides. Sinon la rubrique glaçons
convient aux gens qui les mangent ainsi. Le symptôme de vomir l'eau une fois
qu'elle s'est réchauffée est très précieux, mais se voit en aigu, en tout cas
dans mon expérience.
Gaffe aussi quand tu utilises la rubrique Ge,
< chaleur du lit. Là tu interprètes un poil. Enfin quand les douleurs des
brûlantes des os m'ont fait envisager Euph, j'ai ouvert le Hering et vu son
impact sur l'estomac, cela m'a semblé cohérent, même si aucune autre rubrique du
répertoire ne présente le remède.
Pour le reste tu verras ma discussion
ci-dessus. Enfin, tu fais très bien de rapprocher la sensation rongeante,
corrosive, etc de celle que produirait une bête. Lorsqu'un malade Thuj ou Croc
dit j'ai l'impression qu'une chose vivante bouge dans mon ventre, on n'a pas 36
façons d'interpréter. C'est du bon boulot mon gars !
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