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DESCRIPTION DU CAS CLINIQUE HOMEOPATHIQUE

CAS 5 Madame P. G., dépression Née le 24 septembre 58.

Cette patient consulte pour "dépression". Je vous livre mes notes en vrac dans l'ordre du déroulement de la consultation:

Elle a fait une forte dépression il y a deux ans. Encore sous Anafranil 10. Ne parvient pas à arrêter.

Tjrs eu facilement des diarrhées, son histoire a même commencé ainsi:

14 à 20 Imodium par jour

depuis qu'elle est à Annecy

la colono n'a rien montré

maigrissait, etc

commencé aussi à vomir

c'était toutes les demi-heures

était désespérée, voulait se tuer

Finalement on la mise sous perfusion d'Anafranil, en août 94. Ce qui a amélioré le tableau digestif.

Ensuite, pris la décision de partir de chez elle en Nov 95.

En la questionnant sur ce qui s'est produit pour qu'elle se mette dans un tel état, elle commence à expliquer:

Après le premier enfant, déchirée de partout eu plein d'histoires gynéco ensuite

Son mari avait quelqu'un, devenait très agressif.

Elle a assumé toute seule cette situation conjugale.

"J'ai énormément souffert, c'est la chose qui m'a le plus bouleversée dans ma vie". "C'était révoltant tout ce que j'ai appris sur sa conduite".

Pour le reste, sur le plan somatique:

Très souvent gonflée, ballonnée

Pleine de gaz si mange du sucré

Sort les pieds du lit l'été quand elle a trop chaud

Dort les fenêtres ouvertes

Question : Quel remède ??? prescrivez-vous ? Pour ma part je n'avais retenu que 2 symptômes qui m'ont mené au remède indiqué.

A vous de jouer !

 


REPONSES CAS CLINIQUE HOMEOPATHIE

"Alain Terzian" DocteurAlain.Terzian de wanadoo.fr

Edouard, bonsoir

Je retiendrais: Rec:diarrhée/surexcitation et vents/sucre et je n'aurais eu le choix qu'entre Argentum Nitricum et Argentum nitricum. J'aurais ajouté Psy:Humiliation.

Amitiés.

Alain

 

Superzut de superzut, je vois très bien les signes que tu as voulu valoriser et retenir mais j'ai peur que tu n'aies pas pris les bonnes rubriques, ce qui t'a conduit à un résultat erroné.

En effet, surexcitation (excitement in english) désigne toute émotion forte, au sens le plus large pôssible, cela peut être l'excitation de se rendre à un rendez vous, de recevoir quelqu'un d'important, de frayeur, de chagrin. C'est ainsi que Arg-n, op, puls coexistent dans la rubrique mais chacun pour des motifs différents. D'ailleurs, j'ai mis dans le répertoire un renvoi Diarrhée suite d'émotion, voir surexcitation. Dans notre cas, c'est une émotion plus particulière qui serait de l'indignation ou de la colère, elle emploie le mot "révoltant".

Souvent on rapprochera dans le répertoire les modalités:

flèche droite Contrariété (vexation en anglais): c'est un cran en dessous de la colère, on a été irrité, agacé, etc.

flèche droite Colère (anger): c'est l'emportement, nuance bien plus forte que la précédente.

flèche droite Indignation (indignation): il y a selon les cas une colère éclatée ou retenue, ou seulement une contrariété, mais avec la notion de se révolter contre qui définit l'indignation.

flèche droite Mécontentement (displeasure): en pratique synonyme de contrariété.

flèche droite Humiliation: qui peut impliquer la colère ou la (forte) contrariété, et qui n'a pas la notion de révolte comme dans l'indignation (qui est en somme plus sthénique).

Second problème que pose le choix de la rubrique Vents < sucre est celui de la généralisation des symptômes. Cette rubrique, à savoir péter après avoir mangé sucré ne comporte que Arg-n. Un seul remède dans une rubrique cela peut se comporter comme un raccourci fabuleux, ou bien une immode chausse trappe. Il n'existe pas de rubrique ballonnement < sucre, mais une rubrique générale p 1532. En pratique, chaque fois que tu rencontres un signe local < par le sucre, n'importe quel remède de cette rubrique générale peut s'y appliquer. C'est ainsi que tu retrouves Arg-n au troisième degré, car ce remède a une multitude de signes < par le sucré (qu'il désire pourtant), mais aussi un paquet d'autres...

Enfin, comme j'en parle plus haut, je pense pour ma part ne pas retenir Humiliation, mais plutôt Indignation qui comporte la nuance de révolte qui est ici bien marquée. On rencontre ces modalités disséminées au long du répertoire, la rubrique générale se trouve au psychisme, page 16, libellée par Kent "suite de colère, contrariété, etc", qui souligne s'il était besoin le rapprochement de sens de ces termes. Viennent ensuite des nuances: avec anxiété, frayeur, indignation, chagrin rentré.

Amitiés.


"Jean-Claude.Ravalard" Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr

Une rubrique sûrement à considérer dans ce cas

Diarrhée suite d'indignation : Colo, ip,staph (tous trois au 2° )

Un signe général à noter : Agg par les sucreries

Au total, je me risque pour Ipeca .

Ipeca est bien amélioré par le plein air, il n'y a pas effectivement de gros symptomes psy.

Amitiés . J. C. des H.

 

Alors là, mon Cher JC, tu me fais un vrai carton. Ca me réconforte de ne pas semer dans le désert. Tel l'aigle qui fond sur sa proie tu t'es jeté sur les signes caractéristiques du cas. Et paf ! On casse mon beau cas clinique en me sortant tout de suite le bon remède.

J'avais répertorisé:

Rubrique

VR
Ip Cham Sulph Acon Ars Arg-n Ign Ant-c Remède
20 15 15 15 15 10 10 10 Valeur Globale
du remède
2 2 2 2 2 1 1 1 Occurence
(fréquence)
4 4 3 2 2 3 3 2 Total des
Degrés
    Ge: ALIMENTS / sucreries... 4 2 2 2 1 1 3 3 2 Degré
 + Rec: DIARRHÉE / indignation... 4 2 2 1 1 1       Degré

On notera pour commencer que chacun de nos deux symptômes ont une valeur absolue de 4 (les prescripteurs chevronnés se reconnaissent au fait qu'ils font une répertorisation avec peu de symptômes mais de valeur maximale), la première rubrique parce qu'elle est une modalité générale, l'autre une modalité psychique. PcKent ajoute aussi Cham, Acon, et Ars depuis la rubrique colère, et Sulph depuis la rubrique contrariété.

A ce point il faut dire que si la rubrique Diarrhée suite d'indignation s'était avérée trop étroite et qu'aucun remède n'apparaisse en commun, il aurait fallu généraliser et prendre la rubrique du psychisme suite de colère avec indignation. Ce raisonnement de généralisation, PcKent saura très bientôt le faire tout seul, ce qui ne sera pas un mal.

Maintenant un autre point va nous aider, c'est tout simplement les relations entre les remèdes. Il s'avère que Ip est bien suivi de n'importe lequel des autres candidats. C'est déjà une bonne raison de commencer par lui. Chez l'enfant, c'est souvent utile de commencer avec Ip un cas qui finira par réclamer Sulph. Ici, la tendance à sortir les pieds du lit n'est pas très accentuée, mais il y a fort à parier que dans les mois qui viennent les cas va se développer vers Sulph.

Enfin, la patiente n'a rien de l'anxiété d'Ars, ni de la combativité de Cham ou Acon.

Restait donc Ip qui fonctionne (pour l'heure) à merveille.


"Jean.Lafeuillade" Jean.Lafeuillade de wanadoo.fr

Cher Ed,

Concernant Mme PG ( cas n°5 ).

Quand je note une phrase complète du patient, c'est que la résonance ( au delà des mots ) montre quelque chose d'essentiel (j'ai envie de dire intérieure et /ou antérieure au conflit ).

Je prendrai donc comme premier signe:

Troubles à la suite de colères avec indignation.

Le deuxième élément qui pourrait avoir joué: ce sont les troubles ou désordres après opération chirurgicale ou traumatismes répétés opératoires.

Question: cette femme a-t-elle eu des dyspareunies ou du vaginisme après ces interventions ? On est peut-être obligé de deviner certaines choses difficilement avouables... face à l'absentéisme du mari !

Le troisième élément physique:- les diarrhées chroniques qui auraient cédé d'après toi, au traitement par Anafranil. On est donc obligé d'en tenir compte, en prenant par exemple:

« diarrhées suite d'indignation ».

Remède : STAPH. M .

 

Bien le départ mon Cher Jean, mais ensuite tu pars sur des notions traumatiques qui ne sont pas évidentes dans ce cas et qui font perdre le fil. Rien n'aurait empêché de procéder comme tu le fais mais j'aurais prudemment gardé Staph en réserve pour voir s'il collait avec le reste.

Or le reste, tu prends la rubrique diarrhée suite d'indignation qui n'est finalement qu'un sous produit de la rubrique générale que tu utilises au départ et finalement ce choix ne peut rien apporter de neuf au débat et te donne une apparence de confirmation de Staph.

De portée plus générale que les traumatismes, on a l'intolérance pour le sucré qui finit par conduire à Ipeca d'autant que les vomissements et diarrhées sont tout de même un apanage de ce remède.


DuBois Jacques-Henry jhdubois de bluewin.ch

Cher Edouard,

Ce qui a le plus bouleversé Mmme P.G dans sa vie c'est la liaison de son mari et ce qu'elle en a appris. C'est complexe mais net et je retiens le symptôme:

Psy:Amour/suite de déception, ne sachant comment traduire ceci autrement que par de l'indignation, de la jalousie et tout le cortège des émotions possibles.

Ses problèmes digestifs m'incitent à retenir l'agg. par le sucre.

Ge:Aliments/sucreries agg.

Comme troisième symptôme je retiens le fait qu'elle se découvre les pieds la nuit.

Mb:Découvrir.../pied

Une répertorisation avec ces trois éléments me fait sortir Cham.,Ign., et Sulph.qui couvrent deux ou trois de ces symptômes à un haut degré.

Je donnerais donc Cham. pour commencer car dans sa MM il en a la tristesse(dépression),bien des symptômes gynécologiques et digestifs.

Je retiens toutefois Ign. car c'est un grand classique et Sulph. car il couvre les trois symptômes.

Je sens que mon analyse a un caractère un peu provocateur (sans méchanceté) et c'est bien ainsi car si elle est fausse cela te donnera l'occasion de nous faire une leçon magistrale. Elles sont tellement instructives.

Amitiés et à bientôt, Jacques-Henry

 

Bien raisonné aussi mon Cher Jacques Henri, mais ça pêche en quelques endroits. Voyons lesquels.

Je suis bien d'accord pour dire que c'est complexe ce que la patiente a pu ressentir et que c'est toujours périlleux d'interpréter. Mais il faut un minimum. Ici, la rubrique déception n'est pas de mise car ce qu'elle ressent est plus fort qu'un simple désappointement ou désenchantement: elle a été révoltée, ce qui revient à l'indignation. A la rigueur on aurait pu prendre la rubrique suite de Chagrin, cette rubrique est très générale en rapport avec toutes peines, fortes tristesses, sans préjuger de la façon dont le malade réagit (ainsi on y trouve des remèdes aussi différents que Ph-ac, Aur, Ign ou Puls).

Ensuite no problème pour l'< par le sucre, c'est une modalité générale nette et indiscutable, c'est pourquoi ce type de symptôme est côté autant dans PcKent.

Puis tu es parti trop vite sur le besoin de sortir les pieds du lit. Bon, j'ai été ignoble de le mettre, mais c'était tel que j'avais noté l'observation. Je me suis dit que cela permettrait d'évoquer ce piège dans lequel je me suis aussi fourré longtemps. Pour que le symptôme soit valable il faut que le patient le fasse très souvent, y compris et surtout l'hiver, qu'il en ressente un net besoin. Autrement ça ne vaut rien. En tout cas pour moi, ce signe signifie certainement qu'il y a du Sulph sous ce cas, mais ... plus tard.

Pour le reste tu as manoeuvré avec sagesse en choisissant de toutes façon d'abord un remède végétal. Chez nous l'adage est le contraire de celui de Pierre le Grand: "la prudence, toujours la prudence" et jamais l'audace.


"Jean-Michel.Bolzinger" jean-michel.bolzinger de wanadoo.fr

Quel est le signe étiologique : la révolte consécutive à l'attitude du mari.

Révolte c'est différent de chagrin larmoyant, c'est actif, (même si c'est contenu)

"affections suite de colère + indignation" Aur, Ip, Lyco, Staph...

un coup d'oeil sur :

"colère avec refoulement" puisqu'il y aura somatistion sous forme de diarrhées

Aur, Cham, Ign, Sep, Staph.

Le trauma obstétrical et la kyrielle de signes gynéco qui en résulte ne me semble pas être une étio du tableau de la patiente mais une étio du comportement du mari.

Bellis, Staph encore pourtant.

Ensuite, ce qui est étonnant, ce sont les 20 imodiums par jour! Une telle diarrhée est somme toute inhabituelle:

"diarrhée suite d'indignation"

Colo, Ip, Staph

L'amaigrissement suite de perte de liquides vitaux, je ne prends pas. L'inverse serait plus étonnant.

Les "vomissements incessants" Ip, Ver.A et les "vomissements suite de contrariété" Cham, Ign, Ip, Lyc, Nat S, Ver A

Les signes somatiques enfin.

Le CLPF en été, c'est banal. Le remède doit être un r. chaud.

L'aggravation par le sucré Ip, Lyc...

Donc j'hésite entre Staph, Ip et Lyc.

Ip n'est pas repéré comme étant un suicidaire, mais ça ne prouve rien, il est aussi aggravé par le chaud que par le froid. Si je devais me lancer, je crois que j'aurais commencé par Ipéca et Staphysagria en deuxième ligne.

 

Du travail d'orfèvre mon Cher Jean Michel. Ce n'est pas tant le résultat mais le raisonnement qu'il est intéressant d'évoquer. Je crois que tu as été très complet, à telle enseigne que je n'avais même pas sorti de mon tiroir les rubriques vomissements incessants ou suite de contrariété qui devraient te faire ressortir encore plus Ign.

L'unique reproche que je te ferais serait d'avoir hésité à enfoncer le clou grâce à l'< par le sucré. Cette modalité générale marquée doit emporter la décision sur Ip.

Enfin Kent disait souvent de faire comme Guillaume Tell, c'est à dire de garder une seconde flèche dans son carquois au cas où la première rate sa cible, et c'est toujours sage de garder en réserve un remède en seconde ligne.


Popowski pierre popowski de club-internet.fr

Cher Ed.,

Voici ma contribution, qui sera nécessairement originale : il n'y a que toi qui sais ce que les remèdes prescris font à tes patients, mais l'échange est fécond.

Comme pédiatre, quand on me dit "diarrhée-vomissements-amaigrissement", je pense "KREOSOTUM". Une rapide analyse répertoriale confirme la validite de ce remede pour ton cas. Il existe même,chez STAUFFER, dans sa "Symptom Verzeichnis nebst vergleichenden Zusätzen zur homoöpatischen Arzneimittelehre" une rubrique "désire la mort par désespoir" où KREOSOTUM est seul au 2° !

Ci-joint, l'analyse répertoriale. Bien sûr, SULFUR ou ARGENTUM NITRICUM viennent à l'esprit, mais KREOSOTUM me plait en raison de la dynamique interne de ce remède de "désespoir intense avec troubles digestifs entrainant un marasme".

Grand remède pédiatrique !

 

Hello Pierre ! Alors là je n'avais pas vu du tout Kreos ! Voyons un peu ce que tu nous avances là.

Je crois que tu pars sur un malentendu car le contexte dans lequel tu évoques Kreos n'est il pas infectieux et aigu ? Ce qui n'est pas le cas de notre patiente.

Ensuite tu donnes un symptôme mental que possède Kreos et qu'il faut manipuler avec la plus grande prudence. Je m'explique: la rubrique "désire la mort par désespoir" où Stauffer ne cite que Kreos au second degré est plus qu'incomplète et n'est en rien caractéristique du seul Kreosotum. En effet, Kreos présente ce symptôme mental particulier de désirer mourir, mais il y a une quarantaine de remèdes qui en font autant. Inutile de préciser que le "par désespoir" n'est pas une modalité, la plupart des gens qui en sont là sont désespérés.

Si tu veux, parlons de la répertorisation que tu as effectuée sous Radar:

1 1234 1 GÉNÉRAUX - AMAIGRISSEMENT, marasme 256

2 1234 1 PSYCHISME - MORT - désire - désespoir, par 1

3 1234 1 ESTOMAC - VOMISSEMENTS - diarrhée - pendant 50

4 1234 1 PSYCHISME - TRISTESSE 472

5 1234 1 ABDOMEN - DISTENSION 212

6 1234 1 PSYCHISME - RUMINE - événements passés désagréables; sur des 43

Vieux gredin, je te suspecte d'avoir dégotté ta belle rubrique de Kreos et ensuite d'avoir fait cadrer le reste avec. Les rubriques Amaigrissement, Tristesse, Distension abdominale sont de grandes rubriques qui contiennent plein de remèdes de sorte que cela apporte une pseudo confirmation. Je n'aurais pas retenu la rubrique Rumine car la patiente n'a pas dit qu'elle passait son temps à ressasser. J'aurais regardé avec prudence la rubrique Vomissement pendant la diarrhée qui est utilisable dans un contexte aigu.

Pour finir, je me permets de dénoncer la dérive que je constate depuis des années quant aux logiciels homéopathiques. Tu as pu remarquer comme moi chez les différents éditeurs l'absence navrante de la moindre réflexion de fond dans le domaine de la répertorisation et de l'exploitation du répertoire. Ainsi, fidèles à l'air du temps, ont-ils appelé le marketing à leur secours. Leur dernière trouvaille en date consiste à nous faire le coup du "plus y'en a, meilleur c'est". Ainsi, ces messieurs se sont munis d'un scanner et hop, tous les ouvrages d'homéopathie se retrouvent dans l'ordinateur, indexés et prêts à être consultés. Ainsi sans rime ni raison on juxtapose le plus possible d'ouvrages parfaitement hétéroclites, ce qui revient à embrouiller l'utilisateur... et massacrer le travail auquel Kent a consacré sa vie. Comment en effet peut on oser faire croire qu'une recherche de quelques mots clés lancés dans cet océan puisse se comporter autrement qu'un chaland qui peut ramener aussi bien du poisson que des vieux pneus ? Chaque expérimentateur a utilisé des mots à lui pour définir ce qu'il ressentait, chaque auteur a classé cela à sa manière, et bien des auteurs peu fiables se retrouvent ajoutés et mélangés à Kent. Dans cette approche pléthorique on perd de vue un point essentiel: à part quelques pathogénésies modernes souvent sujettes à caution, toutes les matière médicales sont copiées de Allen ou Hering. La seule approche valable au nom de l'humanité souffrante consiste à se relire ligne par ligne les matière médicales fiables pour intégrer au répertoire ce qui manque.

J'espère ainsi que nous sortirons dans quelque temps un répertoire aussi complet que fiable et maniable.

 

Popowski pierre popowski de club-internet.fr

Cher Ed.,

Méfions nous des à priori, pour eviter la grosse tête et les proces d'intention.

KREOSOTUM est un remede que les pediatres homeopathes ont etudie assez profondement, et qui s'est averé etre un grand remede de fond dans des cas similaires (dépression avec troubles digestifs chroniques entraînant amaigrissement).

A signaler, parmi les références "officielles" qui semblent donc être seules autorisées :

1-Dans Allen, pour KREOSOTUM :"she was depressed; the longing for death constantly became greater" (a9)

2-Dans Hering, pour KREOSOTUM :"seeks for unpleasant things and broods over them".

Bien sûr, seul le malade peut nous dire ce que le remede, issu du raisonnement le plus pur, peut faire. Le malade est notre "maître"...

Ces échanges sur le Net sont vraiment tres enrichissants. Bravo !!!

Pierre.

 

Salut Pierre, rien n'étant interdit sur PH, tout demeure autorisé dans le cadre défini par l'Organon !

Avec ma fougue habituelle que tu sais toujours dénuée de la moindre méchanceté je voulais insister sur un point essentiel: la rigueur qui me semble peu respectée dans trop de parutions. Allen et Hering sont les deux monuments de base dont se sont servis ensuite la plupart des auteurs, tout en se copiant aussi les uns sur les autres. Ainsi par exemple, la "Matière Médicale de Kent" n'est autre que la retranscription des conférences (lectures) qu'il donnait avec le volume du Hering ouvert devant lui. Ensuite Lathoud a résumé et ordonné ces conférences pour en faire ses "Etudes de Matière Médicale", etc. Chaque auteur apporte toujours un éclairage intéressant qui en mérite l'étude et la lecture (j'ai pour ma part démarré avec le Lathoud), mais dans le cadre de la répertorisation je voulais dire que l'indexation de toutes les parutions homoeopatiques a peu de sens.

Le dangereux mono-maniaque que je suis et que tu sais faire démarrer au quart de tour s'éclate à vous faire plein de commentaires ! Vive le Net qui nous permet autant d'échanges et merci de ta fidélité !

Amitiés. Ed.


"Jean.Lafeuillade" Jean.Lafeuillade de wanadoo.fr

Cher Ed,

Bravo pour ton analyse, et mes encouragements pour tout le travail que tu nous prodigues si gentiment.

Je dirais que tu nous as cependant bien piégés. Car tu t'es bien gardé de nous parler de la langue de ta patiente (et de celle d'IPECA )- Ne me dis pas que tu ne l'as pas examinée.

J'avoue qu' en l'absence de renseignements plus précis, j'ai été obligé de me rabattre sur des signes étiologiques hypothétiques. Ne me jette pas la pierre. Me permets-tu d'ouvrir une parenthèse sur la langue d'IPECA.

Il existe, en énergétique, trois types de vomissements:

- Les vomissements par chaleur sur l'estomac: la langue comporte un enduit blanc-jaunâtre au centre, ou des spicules blanc-jaune sur la fissure centrale.

-Les vomissements par feu sur Vésicule biliaire: la langue présente généralement des bandes unilatérales (parfois triangulaires), à côté de la ligne centrale ( dans les deux cas précédents, les vomissements calment les nausées ).

- Les vomissements liés à un froid de l'estomac (avec une Rate vide). La langue est pâle, et tendre. (ou présente un enduit glissant sans racine).

Dans ce dernier cas (beaucoup plus exceptionnel il est vrai), les vomissements ne calment pas les nausées, et la langue est propre.

Ces caractéristiques, tout le monde les connaît. Mais elles ne sont pas que des curiosités de peintre. Elles présentent au contraire une distinction physiopathologique très importante.

Dans la Matière médicale d' IPECA, on retient deux éléments essentiels: les nausées persistantes avec les vomissements, et les hémorragies abondantes de sang rouge vif. Notre physiopathologie occidentale, peut nous être de peu de secours (le fameux pneumogastrique n'explique pas tout), devant cette dissonance apparente.

Je vous livre donc le syndrome principal auquel se rapporte la séméiologie d' IPECA.: « Coeur et Rate tous deux vides ».

« Ce syndrome traduit l'insuffisance des activités fonctionnelles du Coeur et de la Rate au niveau de la circulation sanguine. Le Coeur dirige le Sang. Un excès mental blessant le « sang du Coeur», peut avoir une influence sur la fonction de « transport-transformation » de la Rate. La Rate produit le sang et le conserve dans les vaisseaux. Une rate déficiente ne produit pas assez de sang et le retient difficilement. Par voie de conséquence, il y aura affaiblissement et perte de «sang du Coeur».

Symptomatologie:

Palpitations, amnésie, insomnie, abondance de rêves.

Anorexie, ballonnements abdominaux, asthénie physique, selles liquides, teint du visage jaune fané ou pâle.

Chez les femmes menstruations de couleur pâle ( rouge vif ) ou oligoménorrhée, voire aménorrhée, parfois hémorragie utérine.

Chez les deux sexes, parfois hématomes sous cutanés, ou hémorragies de diverses sortes. Langue tendre de couleur pâle, enduit lingual blanc. Pouls fin et faible .

Etiopathogénie:

- Suites de maladie ou suites d'une hémorragie chronique.

- Conséquences d'une intempérance alimentaire (boissons et nourriture).

- Excès d'agitation mentale.

Le sang du Coeur est affaibli, l'amoindrissement du Shen (esprit du Coeur) se traduit par des palpitations, de l'amnésie, de l'insomnie, une abondance de rêves.

Le Qi de la Rate faible n'assure plus la fonction de «transport-transformation », ainsi apparaissent anorexie, ballonnements abdominaux, selles liquides, asthénie.

Le Sang en état de vide ne colore plus le teint.

La Rate ne retient plus le Sang, favorisant ainsi les hématomes et les hémorragies.

Si le Sang est en état de Vide, Chong Mai (La mer du sang) est en Vide ; il peut y avoir: aménorrhée, oligoménorrhée, ou arrêt des menstruations (Jing Bi). »

D'après B.Auteroche « le Diagnostic en Médecine Chinoise »- Maloine.

J'espère que cette description permettra peut-être à certains d'entrevoir toute la cohérence de ce remède. D'un autre côté, notre IPECA avec toute la richesse de ses modalités particulières peut apporter un plus au contenu de ce syndrome, en permettant d'articuler les signes entre eux. Je pense que nous avons tous à nous enrichir les uns des autres.

 

Cher Jean. Aye aye, je vais me faire taper sur les doigts: je n'avais pas regardé la langue, vautré que j'étais dans mon fauteil présidentiel. J'ai un côté couleuvre indéniable: pourquoi me fatiguer quand tout m'indiquait Ipeca ? Ou du moins, la prescription de Ip était-elle incontournable dans un premier temps.

Bien que PH soit dédié à l'homéopathie, laquelle se suffit à elle-même, cela ne veut pas dire que tes éclairages énergétiques soient malvenus. D'accord, tu m'as complètement largué, mais c'est que j'ai une petite tête et que je fais l'homéopathie "à quatre pattes" comme disait mon père.

Personnellement, plus je vieillis et plus je suis intimement persuadé que jamais nous ne pourrons expliquer le pourquoi des symptômes, entre autres pour la bonne raison que nous sommes devant un infini physio-pathologique qui nous dépasse et qu'à chaque fois, on remonte d'un cran dans une tentative d'explication qui se dérobe toujours. Comme je trouve la vie trop courte et l'art trop long, j'essaie de me concentrer sur ce que je crois être essentiel: raisonner sur le peu de règles que nous connaissons, et dégager rapidement les caractéristiques du cas.

Je m'explique: dans mon jeune temps, j'avais longtemps médité une anecdote de la pratique de Kent qui est la suivante. Une femme est admise à la polyclinique de Chicago dans un état septique grave. Les étudiants passent plusieurs heures à son chevet, répertoire en main et finissent par se mettre d'accord sur un remède. Là dessus arrive Kent. Il examine la malade, soulève les draps et laisse tomber: "it's a Thuja case". Gêne de l'assistance qui demande des explications, vu qu'en plus ce n'est pas le remède sur lequel on s'accordait. Simple dit Kent, "regardez la malade, elle transpire de partout sauf de la tête. En regardant de plus près, les bras hors des couvertures sont couverts de sueur, alors qu'elle est ne transpire presque pas sous les draps. Seul Thuja possède ces caractéristiques". Allier la science et l'art, voilà le secret !

Ca n'empêche pas que je m'en vais dégager un peu de temps pour lire, histoire de finir moins crasse !

Merci de la richesse de ton apport. En toute amitié. Ed.

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