|
Consulte le 13.10.95 pour une
anxiété majeure.
« Je manque terriblement de confiance en moi. J'ai toujours une peur qui
est là. J'en ai l'estomac noué en permanence ».
Il a stoppé le tabac en
93, et depuis 88 il a également stoppé toute boisson alcoolisée et se considère
guéri de son alcoolisme.
Toujours pressé.
Peur de passer par certains
endroits, incapable de passer sur un pont : vertige+++.
Très ballonné,
<<la taille serrée dans des vêtements.
Peu de désirs alimentaires hormis une très forte envie de choses sucrées.
Examen physique : RAS sauf
odeur des pieds très gênante.
Le remède ??? prescrit en XM l'améliorera dès le
15eme jour suivant.
Revu le 20 Janvier 96, il va très bien, son angoisse est
« presque partie ». Il n'a plus l'estomac noué ni de ballonnements.
< de la transpiration des pieds. Trous de mémoire. Devient plus frileux alors
qu'il n'avait jamais ressenti le froid auparavant. Aversion nette pour le lait.
Continue de manger très sucré. Très émotif, il a vite la larme à
l'oeil.
Répétition de ??? en
XM.
Revu en Mars 96.
Va de mieux en mieux. « Au fait,
mon ophtalmo dit que je n'ai plus besoin de me faire opérer mon truc à
l'oeil ». Son ptérygion, que je n'avais pas vraiment remarqué aurait donc
diminué. ??? en LM.
En Septembre 96. Le ptérygion va et vient mais est très
estompé.
Beaucoup moins la larme à l'oeil.
Changé ses goûts. Reste sucré,
mais maintenant: très fort penchant pour le
chocolat.
Questions : Quel est le remède ???, sur quels arguments le
donnez-vous ?
Quel est le remède complémentaire qui devient indiqué ensuite,
sur quel nouvel argument ?
Dans l'optique du remède complémentaire que l'on
pense indiqué, quelles sont les questions fondamentales à poser pour s'assurer
de son indication ?
JH Dubois. jhdubois de bluewin.ch
Cher ami,
bonjour
Calc. me semble bien couvrir le cas. Toutefois Kali-c ne semble pas
dénué d'intérêt.
L'aversion pour le lait et le désir de chocolat
appartiennent aussi à Calc.
Voici donc pour ma première approche, j'entends
les grondements du Maître et attends ses remarques.
Bien amicalement, JH
DuBois
Bonjour l'ami
DuBois !
Non, non, je ne gronde pas. Au contraire, je me frotte les mains de
te titiller les neurones. Alors, Calc. ou Kali-c, tu tournes autour des
carbones. Avant tout une remarque : l'aversion pour le lait s'est nettement
aggravée après la prise du remède. Pour qu'on puisse dire qu'il s'agit d'un
symptôme pathogénétique, il faudrait qu'il soit apparu avec un faisceau d'autres
signes connus pour appartenir au remède prescrit, ce qui ne semble pas
franchement être le cas.
D'autre part, j'ai ignoblement fait exprès de
laisser traîner ce symptôme en espérant qu'on le relèverait, de sorte que je
puisse faire ma petite leçon ! Pour qu'un désir ou aversion alimentaire soit à
retenir, il faut qu'il soit très marqué et/ou dissonant par rapport aux normes
de l'âge ou de l'espèce. En pratique chez les adultes, l'aversion pour le lait
se rencontre fréquemment, si cette aversion est forte et/ou très ancienne, elle
mérite considération autrement, c'est un coup à rater le remède. A l'opposé, un
enfant qui aime boire du lait, c'est banal et donc sans signification. Un enfant
qui a horreur d'en boire, voilà qui nous intéresse.
Pour en revenir aux
remèdes, le tableau qui domine est celui d'une grande anxiété, avec des phobies
et une forte envie de sucré, certes Calc ou Kali-c en possèdent mais avant tout
on est en droit d'évoquer d'abord un autre champion, qui de plus se trouve fort
bien complété par ces deux autres que tu proposes. Donc pour résumer tu est déjà
parti un peu trop loin.
J'attends la suite de tes commentaires ! Et merci
d'être le premier à animer notre petite rubrique. Ed.
JC Ravalard. Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr
Ce
qui apparaît le plus proche au premier look, c'est Argentum
Nitricum
Anxiété, caractère pressé, vertigineux, manque de confiance,
ballonné, très forte envie de choses sucrées.
En rajoutant à la
répertorisation :
la transpiration des pieds gênante
<< les
vétements serrés à la taille
l'aversion pour le lait
le ptérygion
le
désir de chocolat
il ne reste qu'un Remède qui convient parfaitement c'est
Calcarea Carb.
Un autre est très proche, c'est Lycop.
Questions à
poser pour les différencier :
Comportement vis à vis du caractère chaud ou
froid des aliments ?
Vis à vis du salé ?
Agité ou somnolent le soir
?
Amitiés..J.C des H.
Ou là là ! Le Jean-Claude est déchainé ! Il va falloir que je me
creuse un peu plus pour vous trouver des cas intéressants. En tout cas, je vois
que tu as bien retenu comment développer le raisonnement homéopathique et que
je ne sème pas dans le désert.
Il faut que tu te fasses plus confiance à toi
même : le bon remède t'est apparu du premier coup. Arg-n convient parfaitement à
la situation que tu analyses au début. Ensuite tu ajoutes des symptômes un peu
trop en vrac, sans les relativiser assez. < par les vêtements serrés, l'envie
très forte de sucré sont de très forts signes pour Arg-n et ont à peine moins de
valeur que le tableau mental. Celui-ci est gouverné par les phobies, le manque
de confiance en soi, le comportement pressé. Le vertige < dans les endroits
élevés est aussi caractéristique, de même que le symptôme le plus intéressant
parce que rare : « peur de passer par certains endroit ».
Où le trouver dans
le répertoire ? Peur, angles de certaines maison, de passer devant.
Pour moi,
je répertoriserai donc ainsi:
Libellé de
la
Rubrique |
V
a
l
R
u
b
r
i
q
u
e |
Arg-n |
Calc |
Sulph |
Lyc |
Puls |
Nat-m |
Remède |
| 46 |
36 |
36 |
28 |
28 |
28 |
Valeur
Globale
du remède |
| 6 |
5 |
5 |
4 |
4 |
4 |
Occurence
(fréquence) |
| 12 |
11 |
10 |
11 |
7 |
5 |
Total
des
Degré |
| + Psy:
Peur / angles / de certaines maison... |
1 |
2 |
|
|
|
|
|
Degré |
| + Psy: Confiance en soi... |
3 |
1 |
1 |
1 |
2 |
2 |
1 |
Degré |
| Ve: Elevés... |
3 |
2 |
3 |
3 |
|
1 |
2 |
Degré |
| Es:
Désir / sucreries |
3 |
3 |
2 |
3 |
3 |
|
1 |
Degré |
| + Ab:
Vetements.. |
4 |
3 |
3 |
1 |
3 |
1 |
|
Degré |
| Mb: Transpiration / Mbres inf / Pied /
nauséabonde |
1 |
1 |
2 |
2 |
3 |
3 |
1 |
Degré |
| Es: Aversion / lait |
3 |
|
2 |
2 |
|
2 |
1 |
Degré |
Aversion / lait est désactivé et mis seulement à
titre d'exemple car je ne l'ai pas considéré pour ma prescription.
En
plus, tu sais que la nature ou l'aspect des écoulements est aussi un signe
important, or Arg-n possède pour ce symptôme une valorisation relative de un
point.
L'aversion pour le lait n'est pas à retenir franchement comme je l'ai
développé ci-dessus en réponse à Dubois.
Nous pourrons traiter en séminaire
le diagnostic différentiel Lyc / Calc, et je ne voudrais pas trop développer
ici, pour ne retenir que la prescription d'Arg-n qui s'impose.
Maintenant que nous sommes parvenus à ce point, voyons la
suite. Sous Arg-n, le tableau mental s'est considérablement amélioré, ainsi que
les autres signes physiques. Reste de façon proéminente le désir de chocolat,
que possède certes Arg-n, mais il devient évident que cette prescription
s'essouffle, il est donc certainement temps d'évoquer un remède
complémentaire.
A vous de jouer.
Ed.
JH Dubois. jhdubois de bluewin.ch
Les réponses et
commentaires sont fort intéressants. En première lecture j'ai aussitôt pensé à
Arg-n, d'une façon générale et en particulier à cause de sa peur de passer par
certains endroits. Voila pour le cerveau droit!
J'ai toutefois voulu procéder
épertorisation et en utilisant directement l'index général.
Un des
symptômes introduit était faux et je n'avais pas trouvé de suite la peur de
à Arg-n.
Pour la
suite du cas, les éléments sont maigres. Toutefois, le très fort penchant pour
le chocolat et le fait que Calc. est un des remèdes qui suit bien Arg-n,
à proposer Calc. pour la suite.
Ceci à condition que JD soit encore
à l'oeil et du genre frileux.
Voici donc pour les neurones du
cerveau gauche, celles du cerveau droit ne sont pas activées.
Bien
amicalement, Jacques-Henry.
Ca chauffe drôlement, Calc. n'est sûrement pas une mauvaise idée
au point où nous sommes, mais... il y a un mais. J'ai questionné le patient dans
cette direction mais rien ne collait avec Calc, ou seulement de très
loin.
Pour mémoire voici la liste des remèdes qui suivent bien
Arg-n: Calc., kali-c, lyss., lyc., merc., puls., sep., sil. Bien sûr,
il n'est pas certain que la bonne prescription figure dans cette liste, qui au
demeurant est forcément incomplète, cependant il est logique d'essayer de nous
simplifier le travail au moins dans un premier temps. L'indication d'un remède
complémentaire se pose quand à l'issue d'un traitement bien conduit subsiste
très nettement un symptôme ou un groupe de symptôme qui ne répond pas au
médicament. Souvent aussi peut apparaître un symptôme complètement nouveau (qui
n'est donc pas un retour de symptôme suivant la loi de Hering) et qui est
souvent caractéristique du remède complémentaire.
La question que je me suis alors posée était: quel est le
remède de cette liste qui possède une très forte envie de chocolat et qui en
même temps soit très phobique ?
JC Ravalard. Jean-Claude.Ravalard de wanadoo.fr
Si
je comprends bien, il ne reste plus beaucoup de symptômes, son anxiété s'est
éliorée, ses signes physiques ont quasi disparu.
Faut-il vraiment lui
donner autre chose ? Peut-être est-on arrivé à un point d'équilibre. Si on prend
les complémentaires d'arg-n. devrait venir ensuite pour les mieux placés dans le
tableau de répertorisation Calc. ou Lycop. Tu dis qu'il est un peu plus frileux,
j'aurai tendance à choisir Calc. qui a ce désir de chocolat. Par
défaut.
Bien
pensé. Cependant, à force de voir des malades on finit par estimer si la dose a
agi "jusqu'à la racine" ou si le résultat est encore incomplet. En l'occurrence,
les gros symptômes ont été nettoyés par Arg-n, mais le patient demeure avec son
fond phobique que l'on sent prêt à rechuter.
Tu évoques comme Jacques Henri, Calcarea. Cette idée est
tout à fait normale: on a tendance à aller vers le connu, envisager des remèdes
que l'on connaît déjà bien. Trop souvent cette tendance est un handicap et nous
prive d'un remède que nous connaissons mal et qui couvre mieux le cas qu'un
polychreste plus connu. Hahnemann rappelle cette difficulté au §82 (6ème
édition): "le médecin homéopathe devra toujours scruter avec soin les
symptômes perceptibles et toutes leurs modalités avec autant d'exactitude et de
conscience qu'avant cette découverte et se garder surtout de prescriptions
routinières".
Je me souviens ainsi d'un cas d'angine dans lequel
j'avais donné Lach. sans succès: douleur à gauche, irradiation à l'oreille, <
au réveil, etc. J'avais prescrit par pure routine sans tenir plus compte d'un
signe qui aurait dû attirer mon attention: le début de torticolis. Une fois que
Lachesis eût montré son échec et que le torticolis n'ait qu'empiré, l'image
symptômatique ne pouvait qu'évoquer Lachnantes (va jeter un oeil dans le
Hering)
qui a parfaitement fonctionné.
Bref, il faut évoquer encore un autre remède.
Marc Bouchoucha. marc.bouchoucha de wanadoo.fr
Salut
Ed .. Me voici parmi vous - Ton cas clinique évoque d'emblée Argentum Nitricum
mais c'est la recherche du second remède qui est plus épineuse pour, selon moi,
départager Sulfur de Calc. Ma préférence irait vers Sulfur, remède psorique de
l'inconscient collectif qui nous ramène à nos peurs existentielles. Pour les
départager il conviendrait de demander des modalités thermiques, des antécédents
médicaux, de mieux comprendre les réactions au stress et aux situations
quotidiennes - Je penche tout de même pour Sulfur compte tenu des anciens désirs
d'alcool, de la précipitation, etc.
En tout cas, bravo car c'est une
superbe idée d'avoir mis planète homéo
sur orbite - Je t'embrasse pour les
fêtes et à bientôt - Marc -
Bonjour Marco !! Super content de te voir rejoindre l'équipe ! Ca
va chauffer de plus en plus.
Tant qu'à envisager un polychreste, je pencherais comme
toi vers Sulfur, avec les arguments non négligeables que tu développes.
Cependant, le patient ne présente rien de caractéristique pouvant justifier une
telle prescription.
Le plus phobique de la fameuse liste est sans doute Hydrophobinum (appelé ainsi fort imparfaitement comme
le remarque Hering car l'hydrophobie n'est qu'un des symptômes de la rage et de
recommander le nom Lyssin, directement dérivé du grec).
Remède méconnu, je t'assure qu'on doit le rencontrer au
moins 2 ou 3 fois par mois... si on le recherche. Les points d'appel: bien sûr
les phobies. Mais aussi le désir de chocolat qui est souvent très marqué (au
moins autant que dans Sepia ou Argentum).
Très fréquemment on retrouve la peur de l'eau, ce sont
des gens qui diront ne pas prendre de bains, seulement des douches et encore en
faisant bien attention de ne pas faire ruisseler de l'eau sur le visage. En
outre on a aussi souvent les idées "étranges", impulsions. Par exemple, en
coupant du pain un tel dira "je me demande ce que cela ferait de me planter le
couteau dans le ventre".
Notre patient avait donc cette typique peur de l'eau qui
ne s'était pas estompée malgré Arg-n, et même s'était amplifiée. Depuis
plusieurs mois qu'il est sous Lyss., il se porte comme jamais. L'avenir nous
dira si la prescription tient longtemps.
En attendant, je te propose de jeter un coup d'oeil à mon
petit article sur Lyssinum
Ed.
DuBois Jacques-Henry jhdubois de bluewin.ch
Cher Edouard,
Ce cas a pris une tournure passionnante et très instructive
et je suis heureux que ton patient se porte comme jamais.
Pour la "chocolat
connexion", Carc. vient en tête de liste et si il n'est pas spécifiquement
phobique et bizarre il est certainement du genre anxieux à un degré assez élevé.
As-tu envisagé ce remède?
Avant de prescrire Arg.n, étais-tu au courant de la
phobie de l'eau de JD?
Si oui, cela aurait-il permis de donner Lyss. comme
premier remède afin de bien nettoyer le mental de JD et ainsi voir disparaître
bien des maux psychosomatiques?
Je sais que l'approche psy est à la mode mais
l'approche somatopsychique donne aussi de bons résultats à condition que les
symptômes soient bien caractéristiques.
Au stade ou en est JD, as-tu
l'impression d'avoir trouvé le remède qui couvre l'universalité du cas ou au
contraire penses-tu ne tenir qu'un Simillimum voir un Simile.
Je serais
heureux de connaître ton avis.
Voici donc pour ces quelques questions et
remarques qui me viennent à l'esprit en relisant l'ensemble du cas.
Avec mes
meilleures salutations, Jacques-Henry
Cher Jacques Henri, tes
commentaires sont très intéressants, et je vais essayer de les relever
brièvement... si tant est que je sache être bref dans ce domaine...
Chocolat connexion: je place en effet en tête Carc, Lyss,
et Sep. Sur un tel terrain phobique il est indiscutable que Carc est à
envisager, d'autant que je pense que ce remède possède aussi la peur de l'eau.
Cependant pour faire une indication de Carc il manque le côté méticuleux,
l'anticipation. Autant Carc peut être phobique, autant il sera prévoyant, alors
que Lyss possède un côté impulsif (notions étranges, idées folles comme jeter un
verre d'eau au visage de son interlocuteur, etc). Mon interrogatoire était
incomplet et je n'avais pas pensé à chercher la peur de l'eau. Mais je pense que
même si j'avais eu cette donnée, j'aurais d'abord donné Arg-n pour calmer les
gros symptômes et finir ensuite avec Lyss. Dans la même veine, il ne faut pas
hésiter à donner Nux avant Sulph, ou Sep; Puls avant Sulph ou Lyc, etc. On en
reparlera.
L'approche "psy" est en effet à la mode et tu sais comme
le mot "mode" en médecine me fait grincer les dents. L'homéopathie est peu
appréciée dans certains milieux car elle s'appuie sur des lois intangibles,
faisant fi des modes et de leurs retombées commerciales. Indiscutablement
l'approche psy permet d'apporter certains éclairages intéressants, mais il
faudrait selon moi la réserver à ceux qui ont suffisamment de bouteille pour ne
pas s'égarer et qui conçoivent qu'il ne s'agit là que d'une voie de recherche.
Rappelons que le malade se comporte comme un tout et qu'on ne peut le réduire à
son psychisme ou à ses seuls organes...
Pour savoir si on a donné le simillimum, en tout cas
celui du moment, je partage complètement l'approche pragmatique de Kent (voir
Lesser Writings): si à la suite de la prescription on a eu une amélioration
nette et que les symptômes commencent à revenir inchangés,
alors on a le simillimum. Autrement, l'image symptômatique revient changée, ce
qui était notre cas avec Arg-n. Pour l'instant JD va super, il est évident qu'il
aura tôt ou tard besoin soit d'une répétition soit encore d'un autre remède qui
reste à déterminer.
Michel Eytan LILoL eytan de dpt-info.u-strasbg.fr
Cher Dr. Broussalian,
Je suggère Ammonium carbonicum.
Voici
quelques indications sur les symptômes donnés a votre page Web. Entre crochets
je mets le degre suivi du nom d'auteur avec
A = Allen, The Encyclopedia of
Pure Materia Medica vol. 1, Jain, New Delhi
K = Kent, Repertory of the
homoeopathic Materia Medica, Jain, New Delhi
* Manque de
confiance:
Considerable ill-humour and dissatisfied feeling [1, A]
She has
rest nowhere and succeds in nothing [1, A]
* Peur
Very easily
frightened [1, A]
Fear [1, K]
* Peur de passer par certains endroits,
incapable de passer sur un pont, vertige+++:
Vertigo [2, K] [1,
A]
Vertigo, fall tendency to [1, K]
* Tres ballonne, << la
taille serree dans des vetements:
Abdomen painfully distended [1, A]; et
nombreux symptomes analogues
The clothes press on the stomach [2,
A]
Flatulence [1, K]
* Envie de choses sucrees:
Desires, sweets [2,
K]
Remarque: bien que l'un des anti-psoriques de Hahnemann, Am-c me
semble sous-evalue, sous-repertorie, sous-prescrit, sous-experimente
cliniquement (peu de chose dans la MM de Hering). Et tout comme certains autres
remedes, difficile a "sortir" par repertorisation -- cf ce que dit Kent dans sa
MM sur Ruta(? je ne l'ai pas au bureau).
Je vous souhaite une Bonne et
Heureuse Annee 1997.
Cher ami, tout d'abord merci d'avoir pris le temps de nous écrire.
C'est vraiment une surprise d'évoquer Am-c dans le cas de JD, voyons un peu de
quoi il retourne.
Tout d'abord il est certain que ce remède est
sous prescrit tout simplement parce que peu expérimenté, et pas étudié (trop de
prescripteurs se contentent d'une demi homéopathie + allopathie) et aussi parce
que peu présent dans le Répertoire.
Depuis bientôt cinq ans je dissèque
patiemment, aidé de quelques amis dévoués, tout le Hering en comparant avec le
contenu du Répertoire. Ce travail de bénédictin se révèle passionnant à bien des
égards. D'abord on dépiste encore des erreurs d'abréviation (genre Graph pour
Raph). Ensuite cela permet de comprendre selon quels mécanismes Kent a réalisé
le Répertoire en généralisant ou non les symptômes (ceci aurait dû à mon avis
être mieux étudié par les auteurs du "Complete Repertory" qui auraient ainsi
économisé une place considérable). Enfin, il nous est devenu clair que Kent a eu
pour stratégie d'incorporer d'abord les polychrestes (qui restent tout de même
la base de notre prescription), quitte à n'incorporer des "petits" remèdes que
les signes qui lui ont semblé importants. Dès lors, il est clair que bien des
additions d'Am-c vont suivre... dans le futur Répertoire.
Pour compléter, j'ajoute que Kent s'est
indubitablement servi de l'index du Allen comme base à son Répertoire. Or, on
constate de nombreux manques qui ne peuvent s'expliquer que par un choix
volontaire de sa part. Ailleurs, celui-ci déplore que Allen ait pris le parti
d'incorporer dans son encyclopédie des symptômes de toutes provenances, tout en
les référençant (exemple aussi à méditer selon moi par beaucoup d'auteurs
modernes). Selon Kent bien des signes sont sujet à caution car provenant
d'auteurs peu fiables. Cela explique certainement son attitude, et je pense que
c'est peu prudent de vouloir ajouter à partir du Allen ce que Kent avait déjà
sous la main et a rejeté. Pour Hering, le cas est différent, car Kent ne
disposait pas d'un ouvrage semblable à l'index de Allen et n'a pu exploiter
exhaustivement la mine que représente cet ouvrage. D'ailleurs, à partir du 4ème
volume il faut aussi être prudent car Hering étant mort entre temps, le travail
ne s'est pas poursuivi avec la même rigueur.
Venons en à Am-c. Je pense qu'en pratique les
grands points d'appel sont les palpitations (violentes, < mouvement, etc)
avec la tendance à la défaillance (et à saigner facilement). Les malades sont
souvent très fatigués (Ars), frileux et veulent de l'air (pour > la dyspnée).
Sur un tel tableau de défaillance cardiaque, les vertiges sont nombreux. Avec
ces symptômes, on trouve donc des malades anxieux, pleins d'appréhensions
(Hering: feeling of impending trouble, listless, anguish as if a crime had
been committed).
Le remède se rapproche beaucoup de Phos, de Lach
(suffocation, < au réveil, rêve effrayants et très vivaces, etc) avec lequel
il est souvent confondu.
En aucun cas Am-c n'est dominé par les phobies
comme c'était le cas de JD (et d'Arg-n). Les autres symptômes de peur et de
tendance à s'effrayer ne s'adaptent pas assez au tableau, et sont aussi communs
à bien d'autres remèdes. Le signe caractéristique: peur de passer en certains
endroits n'est pas connu de Am-c. L'aggravation par les vêtements serrés n'est
pas connue dans Am-c: on a du ballonnement, mais plein d'autres remèdes aussi
possèdent ce signe, que les vêtements appuient sur l'estomac n'a pas la même
signification que l'intolérance à être serré.
Du coup il serait peut être intéressant
d'évoquer des cas d'Am-c. Je vais en sortir de mes cartons, mais je prie tous
ceux qui le désirent de nous contacter.
Ed.
|