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L'homéopathie et les
enfants
Par le Dr. Jean Lafeuillade.
Comme vous l'a dit Edouard, les enfants sont
certainement les meilleurs avocats de l'homéopathie. L'énergie
vitale chez l'enfant, est à son apogée. Il suffit souvent d'une
stimulation homéopathique discrète unique et adéquate à la situation
pour que l'enfant reprenne la barre et évolue très vite, et sans
heurt vers la guérison. Ce sont souvent nos erreurs d'hygiène et de
mauvais traitements qui viennent noircir la situation et transforment un
simple cas aigu, en maladie chronique interminable. Le matraquage thérapeutique
sera souvent hélas l'occasion idéale pour décider les parents à
venir nous consulter, et prendre ainsi connaissance avec l'homéopathie.
La question rituelle : "- Avez-vous quelque
chose de mieux à proposer pour soulager notre enfant ? "
- Oui, tout d'abord une autre manière de penser,
une autre manière d'appréhender la connaissance du malade et le
savoir du médecin, enfin et surtout une autre manière de concevoir la
relation entre médecin et malade.
Le médecin est détenteur d'un certain savoir
" livresque et expérimental " de la maladie. Les parents sont
détenteurs d'une certaine connaissance " intuitive, immédiate
et indiscutable " du petit malade. Une telle constatation amène un
certain nombre de corollaires :
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La recherche des erreurs d'hygiène, à la base
de nombreux troubles chroniques, ne trouve pas forcément de
solution standard dans un livre. Donner à un nourrisson de la
viande que l'immaturité de ses glandes digestives, ne lui permet
pas d'assimiler, est déjà une mise en garde contre la bêtise de
certains régimes à la mode, et la nécessité de forger votre
propre opinion sur l'individualité et la personnalité de votre
enfant. C'est à vous de défendre vos constatations et vos
sensations même les plus innocentes. Le livre de votre enfant est
beaucoup plus complexe encore que tous les manuels des pédiatres.
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Votre enfant n'est pas potentiellement capable de
faire toutes les maladies, comme le laissent entendre les
allopathes. S'il existe bien une virulence du pathogène, elle est
indissociable de la qualité de son receveur. Si votre enfant vient
de se faire démolir le portrait par un ou plusieurs petits
camarades, vous avez deux solutions : rechercher les auteurs de
cette agression et les corriger vous-même, ou bien rechercher les défauts
de la cuirasse de votre enfant, l'aider à se défendre et devenir
plus fort. C'est une question de point de vue. Dans une vision un
peu simpliste, l'allopathie apparaît souvent comme la solution
providence. On fait le travail à notre place, mais nous devenons très
dépendant de notre libérateur, nous contactons même une véritable
maladie de la servitude. Comme il a tendance à revenir trop souvent
dans notre maison, nous devenons très exigeant vis-à-vis de lui,
et nous le rendons responsable de nos propres échecs. Adopter la
vision homéopathique, est moins démagogique, plus complexe, mais
aussi beaucoup plus " responsable".
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Il faut d'abord apprendre à ne pas projeter nos
craintes de parents sur l'enfant ou de médecin sur les parents.
Quand on est confronté à la recherche quotidienne des solutions défensives
de l'enfant, on ne peut que devenir optimiste et franchement plus
habile. Le Dr Jacques Imberechts (de Belgique, bien sûr ) a coutume
de dire :" si votre enfant fait un symptôme, il a de
bonnes raisons de le faire." C'est une phrase à méditer.
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Cela signifie qu'il faut respecter en premier
lieu, les périodes de croissance et de développement naturel de
l'enfant. La Nature n'a pas pour habitude de faire tout en même
temps. Elle prend "son temps ", et fait les choses dans un
certain ordre. Contrarier cet ordre, c'est aller à contre-courant
et s'exposer à bien des déboires. La première période de
l'enfant ( on dit justement celle du" nourrisson" ),est
celle du développement de la forme nourricière et structurelle ) ;
la deuxième est celle du développement du souffle ( toute la
sensorialité d'éveil au milieu ambiant ) ; la troisième
est celle du développement de son identité défensive ( immunité
physique, émotionnelle et mentale ). En examinant avec votre médecin,
toutes les erreurs contraires à cette loi d'accommodation
naturelle, vous découvrirez ce que le mot hygiène de vie veut
dire.
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Les causalités physiques (ou exogènes ), ne sont
pas nécessairement et uniquement collectives (cas des épidémies
). Au cours de chaque incident de parcours, l'enfant présente des
circonstances de déclenchement et des modalités réactives très
personnelles. Seule votre observation peut mettre en lumière que
" cela s'est encore produit quand il s'est fait couper les
cheveux, quand il a été mouillé par la transpiration, quand vous
l'avez promené dans son landau cet après-midi d'automne, vers
5hres quand la température fraîchit brusquement, ou chaque fois
que vous avez essayé de lui faire manger des yaourts le matin au
petit déjeuner ". Il n'y a que vous qui sachiez que votre
enfant va de nouveau être malade, quand vous constatez qu'il dort
à nouveau en position accroupie ( génu-pectorale ), qu'il se met
à parler de façon volubile quand la fièvre va apparaître. Ces détails
, je ne les ai pas lus dans des livres, je ne les ai pas inventés,
ce sont vous, les parents et vous les enfants qui me les avez
enseignés. Grâce à vous, j'ai été capable d'appliquer la
loi des semblables et de donner la bonne prescription.
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Les causes mentales ou endogènes, ne sont pas forcément
des traits de caractère ou des situations conflictuelles qui génèrent
des troubles. Là encore, la Nature nous a pourvu, dans la plupart
des cas, de défenses suffisantes pour résoudre ce genre de problèmes.
Par définition, les émotions sont par essence, et en première
intention, les meilleures armes d'adaptation. Malheureusement,
certaines d'entre elles, peuvent se retourner contre nous-mêmes,
et devenir alors des causes endogènes de la maladie chronique.
Elles constituent le "vrai tendon d'Achille ", le
leitmotiv qui précède ou qui accompagne chaque situation de déstabilisation.
" Quand le petit dort chez sa grand-mère, quand nous allons en
vacances dans une autre maison, il refait une nouvelle bronchite
".
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La collaboration entre patient et médecin est donc
quasi indispensable. Si l'interrogatoire tient une place si grande
en homéopathie, il est de votre intérêt de bien préparer votre
consultation, en tenant à jour un carnet, pour noter toutes les
modalités réactives au remède. Ce n'est pas seulement le remède
qui est ainsi testé, mais également la force réactive de
l'enfant. La collaboration du père et de la mère est souvent
plus profitable qu'une vision monoparentale. Dès que l'enfant
est en mesure de le faire, il doit également participer à sa
propre observation. Les "sensations" occupent dans la hiérarchie
des symptômes, la deuxième place. Cette éducation sensorielle est
aussi une manière pour l'enfant de prendre une certaine distance
par rapport à ses émotions, sans verser dans une psychologie
explicative de bazar.
Comme vous pouvez le constater, il existe une exigence
très particulière, inhérente à l'exercice de l'homéopathie :
c'est la relation privilégiée entre médecin - parents et enfants.
Nous pourrons vous conseiller certains livres d'urgences pour vous
permettre de faire un premier geste salvateur. Mais rien ne remplacera
cette relation et cet apprentissage des modalités individuelles. Le
livre a souvent cet inconvénient de nous influencer dans notre
jugement: nous finissons par choisir les symptômes du livre, parce que
nous manquons de recul et d'objectivité.
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