INTOXICATION & DESINFORMATION
Par le Dr. Jean Lafeuillade.
Voir aussi: Droit
de réponse au Nouvel Observateur., Fausse
science & calomnies
Jusqu'à maintenant, l'information sur l'homéopathie
se bornait à inviter sur un plateau de télévision une personne très
médiatique, genre Professeur Schwartzenberg, Hamburger, Bernard, ou
Escandre, et à l'autre bout de la table Rika Zaraï avec un homéo-complexo-pluralo-masochiste,
à l'ego suffisamment surdimensionné, pour ne pas se rendre compte de
la farce qu'on allait leur faire jouer et du ridicule de leur position. Un
remake de Ste Blandine dans l'arène de Néron avec les lions !
Il faut croire que notre site "PLANETE HOMEO" rétablit un
certain équilibre dans le sens d'une information plus juste, plus équilibrée,
avec des sources et des arguments moins grossiers que ceux qui nous sont
régulièrement déversés devant les médias. Je n'en veux pour
preuve que ce message que je viens de recevoir d'un confrère
allopathe qui ne me demande rien d'autre que de me taire et d'arrêter
de pratiquer l'homéopathie :
" Alors SVP lâchez nous et laissez nous soigner de
vrais malades. Surtout ne vous mêler (sic) pas de médecine. "
Devant tant de suffisance, de bêtise innocente, et d'agressivité
gratuite, je me suis dit que certains de " ces gens-là "
(comme disait Jacques Brel), devaient se sentir bien mal dans leur peau,
pour réagir avec une telle violence. Jean-Michel Bolzinger a eu
l'intelligence et la magnanimité de ne pas se fâcher et de lui répondre
de façon courtoise (à ma place). Pierre Popowski a préféré opter
pour la voix du non-agir : "On dit dans certains milieux
qu'il ne faut pas lutter contre le mal, il est d'autant plus fort qu'on
lutte. Il faut plutôt lutter pour faire venir le bien, et c'est le bien
qui se chargera du mal. ".
Par pudeur et respect pour la corporation qu'il est censé représenter,
je préférerais ne pas le nommer. Jean-Mi vient de recevoir une réponse :
notre moraliste aux chaussures cloutées, commence à mettre certain bémol
à son texte primitif. C'est un interniste qui se pose des questions,
et ma foi, s'il s'en pose, il risque fort de ne pas mourir idiot.
Qu'importe ! Il reste pour moi, la caricature du parfait intoxiqué
que nous avons tous été au départ, la victime idéale du Mandarinat médical,
et dans ce sens, il serait bien de profiter de l'occasion pour
remettre les pendules à l'heure, et de diffuser pour tout le monde
une contre - information plus juste en levant certains coins du voeile !
Notre Inspecteur Gadget anonyme, débute ainsi :
"Que peut-on faire avec des gens comme vous qui croyez dur
comme fer à votre soi-disant médecine ? Les pouvoirs des homéopathes
sont trop grands, surtout en ce qui concerne l'argent !!! savez vous que
l'homéopathie a été admise au ministère parce que c'était "un
copain" qui le proposait ? "
Cette première phrase m'a fait sourire, en éveillant en moi
certains souvenirs.
Quand Hahnemann décida de s'installer à Paris, quelques patrons
parisiens, alarmés par la nouvelle, vinrent au " ministère "
pour se plaindre auprès de Guizot, qu'un charlatan nommé Hahnemann
allait venir s'installer dans leur capitale. La réponse du premier
ministre fut très simple : " Messieurs, si cette médecine
est aussi insignifiante que vous le prétendez, vous n'avez aucune
inquiétude à avoir. Elle n'aura que le courant d'une mode, et vous
n'en entendrez plus parler... "
Et pourtant, la " loi de similitude " ne cessa d'éveiller
la curiosité, de stimuler les forces vives de milliers de médecins qui
expérimentèrent la méthode hahnemannienne, et la diffusèrent à
travers le monde.
Mais ce n'est pas seulement cette question d'argent qui irrite le
plus les détracteurs de notre médecine. Ils savent très bien que
certains directeurs de caisse d'assurance maladie n'hésiteraient à
démontrer, profil médical à l'appui, que notre système de soins
est de loin très fiable et très compétitif. (y compris pour les arrêts
maladie, et l'absentéisme des enfants à l'école).
Dès ses débuts, l'homéopathie différait de toutes les autres
théories médicales. Non seulement par son efficacité qui lui valut dès
ses débuts les faveurs des élites sociales, intellectuelles et
industrielles. Mais elle constituait aussi une approche radicalement
nouvelle des problèmes médicaux, et remettait en question toute la
science accumulée par la tradition orthodoxe. Elle s'était attiré
trop de soutiens extra-professionnels pour qu'il soit possible à ses
adversaires de la détruire. Et sa nouveauté, son originalité, son
dynamisme propre étaient tels qu'il n'était pas non plus possible de
l'assimiler.
Ce qui les irrite, les exaspère et les ulcère, comme le révèle si
bien notre perspicace Inspecteur Gadget, c'est le délit
d'initiation et le délit d'influence. Que l'homéopathIE
ait gagné ses galons à la faveur de certaines épidémies de choléra,
à la fin du XIX°siècle, qu'elle soit utilisée avec succès chez
les vétérinaires, dans les couches les plus défavorisées et les
couches moyennes de l'Inde, où les cas " psy ", sont loin
d'être la règle, cela leur est bien égal. Mais ce qui les
tourmente, c'est de constater que les grands de ce monde puissent
aussi utiliser une autre médecine que la leur ; qu'un homéopathe
fut le médecin de la Reine d'Angleterre et fut anobli par elle (Sir
John Weir) ; qu'un médecin homéopathe de Lausanne (Dr Dominique
Senn) ait soigné certaines princesses et têtes couronnées des
familles royales de Hollande et de Grèce. Certains journalistes, à la
solde de la médecine officielle, à la fin du siècle dernier, allèrent
jusqu'à écrire que : " des malades avaient eu
l'insolence de guérir malgré le traitement homéopathique qu'on
leur avait administré ". Tout le monde connaît maintenant la réponse
de François Mittérand aux représentants de l'Establishment de la médecine
orthodoxe, venus lui interdire de se faire soigner par l'homéopathie,
prétextant de sa non-valeur scientifique : " vous ne pouvez pas
prouver qu'elle ne marche pas ! ". On croît rêver. On a
l'impression de revivre les conflits de la Papauté et de la Royauté.
Certains officiels en vinrent à dire que le monarque Mittérand
n'aurait pas supporté l'autorité intellectuelle des mandarins, et
que les médecins qui le suivaient ne pouvaient avoir qu'une mentalité
de carpette !...
Je pensais personnellement que la période des tribunaux de la
Ste-Inquision et des autodafés était révolue. Je constate avec
tristesse qu'il n'en est rien. Le prélats de l'église ont été
remplacés par les pontifes de la Médecine. L'arrogance, la bêtise
la méchanceté, les accusations gratuites, l'absence de curiosité,
le manque total de doute sur le bien fondé de leurs dogmes ne vient
jamais troubler leur sommeil.
Leur suffisance est telle que certains d'entre eux, vont jusqu'à
parler sans aucun humour de " Francis Crick, l'apôtre du Code génétique
"*(sic). Sans faire de la psychologie de bazar, je dirais que
certains scientifiques trahissent leur rêves les plus profonds, celui
de se prendre pour Dieu, ou encore celui de leur toute puissance et de
leur infaillibilité pontificale.
Leur devise est : "Surtout ne vous mêlez pas de médecine,(op
cit.) " ce qui veut dire en clair : en dehors de nous point de
salut".
En fait, il faut reconnaître que derrière ces réactions par trop
vindicatives et émotionnelles, il y a toujours eu un antagonisme
fondamental sur les théories philosophiques et idéologiques qui
animaient ces deux médecines. C'est ce qui faisait écrire à Jacques
Baur :
L'histoire de la médecine nous apprend que la recherche médicale a
tenté, au cours des siècles, de se développer dans deux directions très
différentes à partir de postulats très opposés. L'un de ces
postulats fait de la théorie la source de la connaissance en médecine:
c'est celui qu'ont adopté les tenants de l'école classique, orthodoxe,
rationaliste. L'autre ne veut considérer que l'expérience immédiate
comme source de connaissance: il anime les différents courants de
l'empirisme médical. Pour l'école rationaliste classique, la
signification de l'expérience immédiate est limitée. L'expérience
n'est acceptée que lorsqu'elle cadre avec une théorie reconnue. Si
elle est incompatible avec la théorie, l'expérience restera ignorée.
Lorsque les milieux orthodoxes réalisèrent que les médicaments prônés
par les médecins homéopathes ne pouvaient être justifiés par la théorie
traditionnelle de la pathologie et de la thérapeutique, d'instinct ils
les dénoncèrent comme charlatanesques et non scientifiques. Car la
technique "scientifique" était la seule qui soit compatible
avec la théorie existante. Il était toujours possible d'attribuer la
guérison des malades à la chance, à une coïncidence ou au pouvoir de
guérison de la nature.... Cette réaction aurait pu se justifier si la
théorie classique avait été fondamentalement correcte, ce qui n'est
pas le cas, même du point de vue orthodoxe moderne. Et nous pouvons être
certains que dans un siècle, les médecins s'amuseront de l'orthodoxie
médicale actuelle tout autant que nous le faisons de nos jours de celle
du siècle passé.
Comme l'affirmait le Dr Singh, ex - ministre de la Santé en Indes,
dans son allocution au dernier congrès international d'Homéopathie :
" Ainsi, d'une part la Science est en train de subir une
transformation majeure. C'est une erreur de continuer à penser que la
science repose sur le vieux paradigme newtonien. Les vieux paradigmes se
sont effondrés, et maintenant, une fois de plus, l'opportunité se présente
pour la science de revenir à ses racines."
Même si la médecine a toujours eu un certain retard dans ses
relations avec la science du moment, même s'il est difficile
d'admettre la relativité du phénomène expérimental, certains
grands leaders comme Hamburger ont mis aujourd'hui un peu d'eau dans
leur vin (peut-être avant de virer leur cuti ?) :
"A la limite... les faits donneraient raison au vieux concept
intuitif qui énonçait "il n'y a pas de maladies, il n'y a que des
malades".
"- Mais on s'aperçoit aussitôt de l'inquiétante difficulté
scientifique qui se trouve ainsi soulevée, car il n'y a de science que
du général et du corrélatif, et non du particulier ". Hamburger-
"La puissance et la fragilité,"- Edition "J'ai
lu" (1973)
Alors pourquoi tant d'humilité et de modestie dans un livre de réflexion,
et pourquoi tant d'arrogance et de violence lorsque nous essayons de défendre
la voie de l'empirisme ?
Que le public se rassure, ce " bipartisme " est
devenu aujourd'hui obsolète. La plupart des homéopathes traitent
leur patients en parfaite connaissance de leurs limites, les adressent
à leurs confrères quand la nécessité l'exige. D'autres confrères
allopathes reconnaissent également les limites d'une médecine qui ne
s'ouvre que sur le champ du pathogène et non sur celui du réactogène
et de l'individuel. Ils travaillent, pour la plupart, dans un climat
d'estime réciproque, étant persuadés qu'aucun d'entre eux ne détient
la vérité, et que la médecine restera toujours un art, et non une
science exacte.
Si les grands leaders de théories rétrogrades veulent continuer à
se battre, qu'ils laissent au moins les malades accéder à une juste
information sur l'homéopathie, sans dénigrement systématique.
Le plus attristant, reste encore à venir : la suite du message
de l'Inspecteur Gadget :
" Vous devriez lire la presse anglo-saxonne, seule honnête
sur ce sujet, qui n'a jamais trouvé aucun effet à vos
pseudo-traitements, sauf dans des pathologies hautement empreintes de
facteurs psychologiques. "
Dans sa deuxième version, Gadget nous fournit un autre indice :
la presse honnête s'appellerait " the Lancet " !.
Certains remèdes furent étudiés pour la première fois par les homéopathes
(C.Héring) en 1847, comme la " Nitroglycérine ", dont il
donna les indications thérapeutiques dans les affections cardiaques en
1852, dans ses "Amerikanische Arzneiprüfungen ". En 1816,
Hahnemann fut le premier à attirer l'attention sur les indications de
" Rhus radicans ", dans les maladies cutanées, les
paralysies, la scarlatine, dyssenterie, etc. En 1855, Trousseau et
Pidoux dans le camp orthodoxe, furent les premiers à emprunter les
indications homéopathiques sans en donner les sources. De très
nombreux remèdes furent ainsi découverts par l'homéopathie, adoptés
par la médecine orthodoxe, sans jamais parler de la provenance, et je
ne crois pas commettre d'erreur, en disant que ce journal médical
" The lancet " participa dans le passé, à la publication de
tels détournements de droit d'auteur. Est-ce vraiment par honnêteté
qu'ils essaient aujourd'hui, à leur manière de nous rendre justice ?
J'ai gardé la cerise qui couronne le vacherin, pour la fin.
" trouvez moi une seule étude valable qui montre un effet
supérieur au placebo avec l'homéopathie. "
Là, vous faites fort, mon cher Gadget, on devrait vous appeler plutôt
Gaston Lagaffe. Nous ne vous en voulons pas, car nous savons très bien
que vous n'êtes que le perroquet de quolibets et de railleries de
salle de garde, aussi vieux que le conflit qui oppose ces deux médecines.
Ces sont les homéopathes qui dès le début, ont utilisé la
technique du "double aveugle " pour expérimenter les remèdes :
" sur des individus sains, à des doses modérées d'abord,
chacun séparément les uns des autres ". - § 108 de l'Organon.
Ils connaissent donc très bien depuis le départ, la part des symptômes,
des perturbations et des altérations physiques et psychiques, qui
reviennent à l'action propre du remède, et à celle de l'expérimentateur.
Bien plus, ils ont expérimenté le support: le " saccharum
lactis " neutre sur lequel est fixé la dilution dynamisée
alcoolique du remède. Ils en connaissent par conséquent la " séméiologie
", et peuvent prescrire "saccharum lactis ou placébo "
en parfaite connaissance de cause.
A votre décharge, nous savons que le conditionnement ou le nom même
des médicaments que vous utilisez, peuvent très bien jouer aussi un rôle
nocébo dans l'administration de ce remède. C'est la raison pour
laquelle, tous nos flacons de remèdes ont la même couleur, le même
conditionnement, et portent des noms latins (ce n'est pas pour paraître
plus savant).
Nous pensons que les patrons de la médecine orthodoxe qui ont
colporté de telles rumeurs, connaissaient très bien l'art de
l'annexionnisme et de la diffamation. Dans l'état d'ignorance
dans lequel se trouvent ceux qui les véhiculent, ils feraient bien
d'apprendre à se taire, plutôt que de se faire leurs complices.
Dans votre version n°2, vous nous déclarez:
" je vois souvent des malades, cela va aller dans votre
sens, traités pour des affections imaginaires qui ne sont que des
troubles simples à traiter, mais je vois aussi, malheureusement, des
malades graves traités par des homéopathes inconscients, je me doute
que vous n'en faites pas partie, "
Là encore, vous ne faites que véhiculer des idées reçues, plutôt
que de nous parler de votre propre expérience. Les mots que vous
utilisez, vous ont été soufflés par le Perfide Jean Bernard:
"Parmi les personnes qui viennent demander l'aide d'un médecin,
trois classes doivent être distinguées :
1) Celle des personnes atteintes d'une maladie sérieuse, évidente
ou cachée, que le traitement peut guérir ; le diagnostic,
l'institution d'une thérapeutique convenable engagent toute la
responsabilité, du médecin. Une vie est menacée qui sera sauvée
par lui...
2°) Celle des personnes souffrant de maladies bénignes,
maladies organiques certaines, maladies réelles mais qui évolueront
vers la guérison avec ou sans médecin..
3°) Celle enfin des malades imaginaires qui se plaignent de
troubles divers, mais dont la santé est bonne..."
Nous savons tous qu'il n'y a que la médecine institutionnelle
qui soigne, qui traite et qui guérit les "vrais malades".
Tous les autres, sont des malades imaginaires, et leurs thérapeutes
des charlatans. Si le malade souffre de maladies bénignes, c'est la
"vis medicatrix naturae " qui fera le travail ; l'homéopathie
n'y sera pour " pas grand chose ".
Comme l'affiche avec superbe et fatuité, le Pr Escandre: "
c'est nous les guérisseurs!, tous les autres sont les charlatans
". Comme il dit si bien, il n'y a pas à se tromper, il suffit
de regarder la pub à la télé! Durant les guerres de religions, on
tenait de tels discours : ceux qui détenaient la vérité, c'était
encore vous ! Les parpaillots, c'étaient les mauvais. Alors,
qu'attendez-vous pour nous brûler tous comme hérétiques ?
Il y avait certes, comme le signalait J.Baur, un côté
d'inconciliable entre ces deux thèses :
" La seule façon de réfuter la doctrine homéopathique
aurait été de la mettre à l'épreuve de façon soigneuse et
objective. Mais c'était une chose impossible. Même si les deux
parties n'avaient pas été aussi profondément divisées, une étude
comparative de leurs deux points de vue aurait soulevé de très
grandes difficultés. Car les deux écoles s'opposaient non seulement
à propos, des médicaments et de la pathologie fondamentale, mais
aussi sur la question de la nosologie. Les thèses des homéopathes étaient
tellement opposées à tout ce que la tradition classique considérait
comme vérités, qu'il était bien difficile de donner à l'homéopathie
une reconnaissance officielle. La validité même de l'expérience
homéoopathique se trouvait contestée par le refus d'admettre la
doctrine qui l'englobait. ".
Comme il fallait s'y attendre, ce furent les orthodoxes qui décidèrent
de quelle sorte d'expérimentation il fallait user, pour démontrer
le côté charlatanesque de l'homéopathie. Comme le suggère Jean
Bernard, on prend un remède homéo et un placébo: on le
distribue à des malades pour une affection qu'il est censé guérir,
et on compte !...
Ce genre de contrefaçon de l'expérimentation hahemannienne,
influença tellement certains jeunes médecins désireux de montrer
l'efficacité de cette médecine décriée, qu'ils n'hésitèrent
pas à foncer tête baissée dans le traquenard.
Des étudiants en chirurgie donnèrent ainsi systématiquement
"Arnica homéo " à tous les récents traumatisés du
service. Le résultat ne se fit pas attendre : les études
statistiques ne pouvaient confirmer l'influence du remède dans ce
genre d'indication. S'ils nous avaient écouté, nous aurions pu
les prévenir de la bévue.
J'en viens donc à votre ultime préoccupation :
" Mais si l'homéopathie "marche" alors où sont
les études scientifiques qui le démontre, Et je ne parle pas de
comment ça marche (mémoire de l'eau etc...) je m'en fous, ce qui
importe c'est de savoir si ça marche vraiment. "
Comme certains homéopathes unicistes voulaient faire une
contre-expérimentation, ils proposèrent une étude dans un service
de cardio sur l'hypertension artérielle, avec un protocole de type
hahnemannien :
- disposer d'au moins 30 remèdes, (qui répondent à peu près
à cette indication clinique).
- interroger les patients du service, pendant 1 heure. Choisir une
prescription sur un minimum de symptômes de valeur maximale.
Administrer ce seul remède.
- revoir ces patients, au bout d'un mois, et changer la
prescription, en fonction des nouveaux symptômes intervenus.
- faire une nouvelle estimation globale des résultats, au bout
d'un mois.
Il fallu deux ans pour faire admettre au chef de service un tel
protocole. Nous savons tous que cette expérience fut un succès. Mais
quid de la publication ? nous sommes beaucoup moins optimistes.
Quand une chose dérange, on ne la publie pas, on étouffe
l'affaire. Là dessus, il y aurait beaucoup trop à dire.
Vous avez commis une dernière erreur, et une erreur grossière en
disant : "Continuez à soigner vos croyants ! ".
La première règle qu'Hahnemann nous ait transmis, dans
l'article 1 de l'Organon, est de n'avoir aucune théorie sur
l'origine de la maladie ni aucun préjugé sur le remède à
administrer :
La plus haute et unique vocation du médecin est de rétablir la
santé des personnes malades, c'est ce qu'on appelle guérir. Sa
vocation n'est pas de forger de prétendus systèmes, en combinant des
idées creuses et des hypothèses sur l'essence intime du processus de
la vie et de l'origine des maladies dans l'intérieur invisible de
l'organisme (ambition qui fait gaspiller à tant de médecins leurs
forces et leur temps).
Sa vocation ne consiste pas non plus à chercher par
d'innombrables tentatives d'expliquer les phénomènes morbides et la
cause prochaine des maladies, etc., qui leur est toujours restée cachée.
Nous ne demandons pas à nos patients de croire, mais simplement
d'observer leurs symptômes sans l'interférence d'aucune théorie
explicative, statistique, ou psychologique en vogue.
Nous ne demandons pas à nos confrères qui veulent l'étudier, de
"croire en l'homéopathie ", mais de commencer leurs études
par une auto - expérimentation hahnemanienne, dans un groupe.
Tout cela s'appelle " empirisme expérimental " et
non " croyance ".
Par contre, adhérer sans réfléchir à une mode diététique venue
de Scandinavie, ou des USA, en imposant à des jeunes mères de mettre
leurs nourrissons à la viande, alors qu'ils ne possèdent
manifestement pas la maturité des glandes digestives pour
l'assimiler, nous appelons cela de la " croyance imbécile
".
Tous les détracteurs de l'homéopathie dénoncent le côté
placebo de nos remèdes. Curieusement, lorsque nous leur proposons de
participer à une expérimentation, ils se récusent et paniquent à
l'idée que ce remède puisse les rendre malades. Où va leur croyance :
dans l'objectivité de leur conviction sur l'innocuité du remède
dilué - dynamisé, ou sur leur peur instinctive que ce dernier puisse
nuire à leur santé ?
Si votre curiosité est plus forte que votre désir de nous chercher
querelle, nous ne pouvons mieux vous conseiller que participer à une
telle expérimentation.
Si vous êtes en recherche d'ouvrages sur l'initiation à l'homéopathie,
je vous conseillerai la lecture de " 50 raisons d'être homéopathe
de Burnett (Maisonneuve). Il était " interniste ", comme
vous, et ses premières expérimentations, il les a faites à l'hôpital.
Maintenant, sachez que notre site "Planète Homeo" n'est
pas une poubelle, ni même la cour de la communale, où l'on se jette
des pierres à la récré. Nous essayons de rester courtois, comme l'a
si bien fait Jean-Michel.
Jean.
Eh bien voilà qui est fort bien dit mon Cher Jean. Je voulais
ajouter quelle tristesse j'ai de constater combien peu nombreux sont
les hommes capables de réfléchir et de se faire une opinion par
eux mêmes et non pas à travers la lecture de journaux auquels
ils attribuent une confiance aveugle. Tout le problème réside là.
Le cas de ce confrère est exemplaire du comportement de ces gens
que j'ai dû côtoyer tout au long de mes études hospitalières et
qui au bout d'un moment me faisait avoir honte de dire que j'étais médecin
tant leur mépris des malades était patent. Les études médicales ne
développent en aucune façon l'intelligence ni le raisonnement, et à
cet égard je demeure convaincu que les étudiants en philosophie sont
bien mieux préparés que ces jeunes médecins à qui on demande
d'assimiler un maximum de connaissances en un minimum de temps ;
puis de courir ici et là dans tout l'hôpital derrière tel examen,
tel prélèvement pour tel et tel malade. Sens critique : néant.
Recul sur ce que l'on fait : néant.
Chez trop de ces gens sans véritable envergure, un peu comme nos
hommes dits d'état réduits à tenir un simple rôle de comptable, se
développe alors un ego surdimensionné, grâce aux connaissances
qu'ils accumulent et aux responsabilités qu'ils prennent sans avoir
la hauteur de vues du vrai scientifique à l'instar de Newton qui
disait à la fin de sa vie "j'ai été un enfant qui s'est
promené sur une vaste plage déserte et ramassé ici et là quelques
beaux coquillages".
Bref, le propre du faux scientifique est qu'il sait, que lui seul
sait car il a fait des études, ce qu'il manifeste d'ailleurs toujours
avec arrogance puisque par définition les autres ne savent pas. Peut
être s'agit-il là d'un mécanisme d'auto défense devant un univers
qui serait autrement en mouvement et trop instable pour eux :
mieux vaut alors fermer les fenêtres et déclarer que l'Univers est
égal au contenu de sa maison. Je conçois que c'est rassurant, mais
alors la question qu'on peut se poser est "pourquoi sont-ils aux
postes qu'ils occupent ?".
De plus, pour faire une carrière hospitalière il faut savoir lécher
les bonnes bottes et poignarder les bons dos. Est-ce d'après ce genre
de critères que l'on peut espérer sélectionner les médecins
humanistes qui nous font tant défaut dans cette société qui se
meurt de la corruption et de son absence d'idéaux ?
Où est l'intérêt des malades, de ceux qui souffrent ? Ces
gens balaient d'un revers de main orgueilleux tout ce qui n'est pas de
leur bord et en plus se posent en arbitres des élégances car détenteurs
de la seule science oubliant que nous avons étudié les mêmes bases
qu'eux. Oui, nous avons commencé sur la même rive qu'eux mais nous,
nous avons eu la curiosité (et le courage?) de traverser pour voir
comment c'est en face. La vanité a toujours existé mais ici c'est la
souffrance de millions de gens qui est en jeu.
Dans Jean 1-46, Nathanaël demande :
"De Nazareth peut-il sortir quelque chose de bon ?
Viens et vois" répond Philippe.
Oui, viens et vois, je ne connais aucun homme ayant étudié
-oui, je veux dire étudié vraiment, de près et rigoureusement-
l'homéopathie qui ne soit devenu homéopathe, de telle sorte que
tenir des propos aussi stupides contre l'homéopathie revient
simplement à proclamer l'étendue de son ignorance, de même l'âne
est-il heureux et fier de braire faisant ainsi savoir à tous ceux qui
l'entendent sa condition d'âne.
Rappelons nous notre cher Hering à qui son patron de l'hôpital a
demandé un jour de rédiger un pamphlet contre l'homéopathie. Honnête
homme, il se rend donc chez Hahnemann pour étudier ce dont il allait
parler. et retourne quelques temps après braver son chef :
"Monsieur, je ne vais pas pouvoir rédiger le texte que vous
m'avez demandé car je deviens moi-même homéopathe" et de
subir toutes les persécutions que l'on connaît. Oui c'est toujours
difficile de faire selon sa conscience et on ne peut blâmer ceux qui
n'en ont pas les moyens ou pas encore la volonté, mais nous vivons un
monde à l'envers où la médiocrité assistée par la démagogie
dirige et domine.
Ces gens sont-ils tellement satisfaits de leurs résultats pour
ignorer délibérément une chance de mieux soigner leurs malades ?
En fait, ils sont parfaitement ignorants des malades à force de
vivre dans un univers artificiel hospitalier qui vise à soigner des maladies.
Les malades, quelle belle affaire, ils s'en moquent. Il suffit de
s'occuper de l'organe qui les intéresse. Et si le malade ne va pas
bien dans sa tête, il n'a qu'à aller voir un "psy".
Oui, j'en ai vraiment assez de ce mépris, de ce dédain, de cette
arrogance qui somme toute est dirigée vers les malades.
Un seul mot résume tout : l'amour. Si ces techniciens
aimaient leurs malades tout serait différent, ils deviendraient des médecins.
EB.
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