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Prise du médicament homéopathique
Par le Dr. Edouard Broussalian
Y a-t-il des
incompatibilités entre le traitement classique et homéopathique
?
Un médicament allopathique peut stopper
l'action du traitement homéopathique. Si des symptômes
surviennent à la suite d'une dose, il est préférable dans la
mesure du possible de ne pas chercher à les enrayer, cela peut
compromettre définitivement le traitement.
Les malades qui suivent un traitement chronique classique posent
un problème différent. Il n'est souvent pas question de les
sevrer brutalement de leur drogage. On donne alors le remède
homéopathique malgré tout avec de bons résultats, bien que
l'action du remède soit freinée par la médication classique.
Il faut savoir qu'une personne qui n'a jamais eu l'habitude des
toxiques de la médecine officielle réagit mieux et plus vite
au traitement homéopathique.
Faut-il déconseiller
la menthe ou le café ?
Non ! La menthe n'antidote pas le médicament
homéopathique. Il s'agit là d'une croyance
curieusement enracinée qui résulte d'une mauvaise compréhension
des écrits de Hahnemann. Celui-ci recommande pendant un
traitement homéopathique de ne rien absorber qui puisse avoir
une influence médicamenteuse et perturber la dose. Il
contre-indique ainsi les infusions de camomille ou de menthe
dont ses contemporains avaient l'habitude de se gaver.
Conséquence: on peut sans crainte utiliser un dentifrice
classique à la menthe. Au contraire, les dentifrices
dits homéopathiques sont à rejeter formellement car
ils interfèrent avec la dose, et peuvent provoquer à la longue
des symptômes d'intoxication.
Le café n'antidote pas non plus le médicament homéopathique.
Dans certains cas il est même arrivé d'administrer des doses
dans le café du malade...
Cependant, certains malades ont une hygiène de vie déplorable
et présentent une véritable intoxication au café ou autres
stimulants qu'il convient d'arrêter avant tout traitement.
Parfois le café peut se comporter comme un véritable poison
lorsqu'un malade absorbe Nux-vomica, dans ce cas le médecin
doit vous prévenir de ce genre d'interférences. Ainsi les huîtres
ne conviennent pas avec Lycopodium, les oignons avec Thuya, les
fraises avec Oxalic acidum, les graisses avec Pulsatilla, etc.
Quand prendre le médicament
?
De préférence en dehors du repas, éventuellement
le soir au coucher. L'action du médicament étant instantanée,
peu importe que cela soit une heure ou une seconde avant le
repas. Pour les femmes, il est préférable de prendre le médicament
en dehors des règles (il n'est pas rare qu'autrement des
remèdes les interrompent soudainement, ou provoquent des hémorragies).
Quand répéter la prise du médicament ?
On individualise un médicament après le
tableau symptomatique que présente le patient lors de la
consultation. Dès que le remède est absorbé, les symptômes
commencent à évoluer, certains disparaissent, d'autres
apparaissent, bref le tableau symptomatique est en pleine
mutation. Dans ce contexte, tant que les symptômes vont et
viennent, il ne faut rien faire sinon attendre. Si tout se passe
bien, les symptômes dont le malade se plaignait doivent ensuite
disparaître. Pendant cette période d'amélioration, les
symptômes qui indiquaient le remède ont disparu, sa répétition
ne peut être que nuisible. Finalement, ce n'est que
lorsque les symptômes commencent à revenir que l'on peut répéter
une prise. Conséquence: un homéopathe qui se respecte
ne peut, et ne doit jamais fixer par avance la date à
laquelle le médicament doit être renouvelé, il faut
observer l'évolution des symptômes sous peine de compromettre
la guérison.
Quelles sont les réactions à la suite de
la prise du traitement ?
Classiquement, il peut se produire une
aggravation des symptômes existants, toujours de brève durée.
Puis s'installe l'amélioration ; bien souvent vous verrez
revenir d'anciens symptômes, ceci est parfaitement normal.
Tant que la réaction a lieu ou que l'amélioration
dure, il ne faut pas répéter le médicament. Une
nouvelle prise ne peut se concevoir que lors du retour des symptômes,
quand l'amélioration cesse (Voir Ci-dessus Quand répéter la prise du médicament).
N'hésitez pas à prendre note des signes que vous aurez vu
changer après la prise du médicament. Notez de quelle manière
vos symptômes habituels ont évolué: en mieux ou en
pire, au bout de combien de temps, etc. Notez aussi les symptôme nouveaux qui sont survenus. Plus vous fournirez une
chronologie précise des événements, plus le pronostic de
votre médecin sera précis et fiable.
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