|
|
Les médicaments homéopathiques
Par le Dr. Edouard Broussalian
Vos médicaments
sont fabriqués à base de quoi ?
Parmi les nombreux médicaments qui composent
notre pharmacopée, beaucoup sont préparés à partir de macérats
de plantes, comme Belladona, Aconit, Bryonia, etc. qui sont des
substances qu'employait la médecine officielle de l'époque.
Cependant, la plupart de ces médicaments ont une action courte,
peu profonde dans l'organisme, et conviennent volontiers aux états
aigus.
Les remèdes minéraux, chimiques, organiques, ou métalliques
tels que Sulfur, Kalium carbonicum, Ambra grisea, Phosphorus (Note
1), ont une action bien plus puissante et
durable pour éradiquer une maladie chronique.
D'une manière générale, toute substance, dynamisée selon le
mode de préparation homéopathique, et administrée de façon répétée
à des sujets sains réceptifs, peut provoquer des symptômes.
Cette substance devient un médicament utilisable lorsqu'on
connaît l'ensemble des symptômes qu'elle peut provoquer.
Ainsi, des substances parfaitement inertes à l'état brut comme
le vulgaire sel de cuisine, le charbon, la silice, s'avèrent être,
une fois dynamisées, de précieux médicaments. C'est là
encore une importante découverte de Hahnemann.
Vos médicaments
sont fabriqués à base de quoi ?
Parmi les nombreux médicaments qui composent
notre pharmacopée, beaucoup sont préparés à partir de macérats
de plantes, comme Belladona, Aconit, Bryonia, etc. qui sont des
substances qu'employait la médecine officielle de l'époque.
Cependant, la plupart de ces médicaments ont une action courte,
peu profonde dans l'organisme, et conviennent volontiers aux états
aigus.
Les remèdes minéraux, chimiques, organiques, ou métalliques
tels que Sulfur, Kalium carbonicum, Ambra grisea, Phosphorus (Note
1), ont une action bien plus puissante et
durable pour éradiquer une maladie chronique.
D'une manière générale, toute substance, dynamisée selon le
mode de préparation homéopathique, et administrée de façon répétée
à des sujets sains réceptifs, peut provoquer des symptômes.
Cette substance devient un médicament utilisable lorsqu'on
connaît l'ensemble des symptômes qu'elle peut provoquer.
Ainsi, des substances parfaitement inertes à l'état brut comme
le vulgaire sel de cuisine, le charbon, la silice, s'avèrent être,
une fois dynamisées, de précieux médicaments. C'est là
encore une importante découverte de Hahnemann.
Combien de temps
les médicaments se conservent-ils ?
La préparation homéopathique transforme
profondément la matière, de telle sorte que la dynamisation
devient quasi inaltérable. Cependant les odeurs aromatiques,
vapeurs d'essence ou de parfum, la chaleur intense, inactivent
le médicament. Le support physique du médicament, c'est à
dire les granules ou globules de sucre peut se dégrader avec le
temps. Conservez vos doses à l'abri de la lumière et de
l'humidité.
En pratique, un tube tel qu'on l'achète en pharmacie peut se
conserver un temps non déterminé, bien qu'une date de péremption
figure sur l'étiquette. J'ai utilisé des préparations datant
des années 1910, toujours parfaitement efficaces...
Comment les médicaments
sont-ils préparés ?
Il existe trois manières de fabriquer les médicaments
homéopathiques.
Préparation hahnemannienne
Pour les substances liquides: on prend 1 part
de teinture mère brute, que l'on verse dans 99 parts d'alcool
pur. On agite ensuite fortement la solution pour la dynamiser (Note
2). La quantité théorique de belladone vient
d'être divisée par cent: il s'agit de la première dilution
centésimale hahnemanienne (1 CH).
Il suffit par exemple de réaliser encore 29 fois la même opération
pour obtenir une 30 CH.
Les substances solides ou non solubles sont mixées dans 99
parts de lactose, et triturées finement pendant plusieurs
heures (Note 3).
A partir de 3 CH, la substance devenant soluble, on passe en
solution alcoolique, comme pour les teintures mères.
Préparation korsakovienne
La préparation hahnemannienne se prête mal
à la fabrication de très hautes dilutions, pour la bonne
raison qu'il faut rapidement un nombre considérable de flacons,
et ce pour chaque remède.
Aussi un médecin russe du nom de Korsakoff mit au point la méthode
qui porte son nom: au lieu de changer de flacon à chaque étape
de dynamisation, il suffit de le vider pour le remplir à
nouveau de solvant. Cette méthode sacrifie la précision à la
commodité, mais actuellement des appareils modernes permettent
l'obtention de préparations parfaitement reproductibles (Note
4).
Préparations de Kent
Ce sont les doses que j'utilise le plus
souvent: la substance de départ est une 30 CH du médicament
que l'on "monte" ensuite en Korsakoff. Ainsi, on
profite à la fois des propriétés des centésimales et des
dilutions en flacon unique. En général ces doses ont une
activité encore bien supérieure aux K standard.
Que contiennent vos
petits granules ?
Les granules ne sont composés que de lactose
pur. On les fait tremper dans la solution contenant la
dynamisation du médicament dont ils acquièrent ainsi les
propriétés. Une fois séchés, ils sont conditionnés soit en
tubes doses soit en granules. Le principe actif est donc présent
à la surface des granules ou globules, c'est pourquoi il
convient de ne pas les toucher avec les doigts, la
transpiration risquant de dissoudre le médicament.
Mais avec ces
dilutions effarantes, reste-t-il des traces de médicament ?
Les détracteurs de l'homéopathie sourient en
démontrant qu'au delà de la 12 ème dilution centésimale, il
ne peut être question de présence de molécules de la
substance brute, et que par conséquent l'homéopathie se réduit
à un simple effet placebo.
Rappelons d'abord que les scientifiques du début du siècle
avaient démontré que le plus lourd que l'air ne pourrait
jamais voler, que l'être humain ne supporterait en aucun cas
des vitesses supérieures à 60 km/h, etc.... Ce n'est donc pas
parce que la science actuelle est incapable d'expliquer un phénomène
que celui-ci n'existe pas.
Lorsqu'on est confronté aux malades, la pratique quotidienne
montre indiscutablement que les hautes dilutions sont actives,
et même très actives (Note
5), et seules les personnes n'ayant jeté
qu'un regard superficiel sur la question peuvent encore parler
d'effet placebo.
De toutes façons, si l'on admet que les préparations homéopathiques
ont une activité, il est évident que celle-ci ne relève pas
d'une présence chimique mais bien de propriétés physiques
particulières dont la nature reste à élucider.
Différentes équipes de recherche ont étudié les spectres de
solutions homéopathiques en résonance magnétique nucléaire.
On a ainsi cru montrer que ces dynamisations, qui ne devraient
pourtant d'après les données actuelles ne contenir rien
d'autre que de l'eau, ont un spectre en fait bien différent de
celui de l'eau pure. On arrive donc à l'heure actuelle à démontrer
que la préparation homéopathique contient quelque chose,
mais nous ne savons toujours pas quoi.
Les premiers travaux de Benveniste sur la "mémoire de
l'eau" on suscité bien des réactions, souvent indignes
de l'esprit scientifique. Ainsi que le démontre Michel Schiff
dans "Un cas de censure dans la science", ces travaux
ont été systématiquement dénigrés. On a ainsi assisté à
des simulacres de reproduction qui visaient à ne
surtout pas observer les effets décrits par Benveniste en se
gardant bien de ne pas reproduire sa méthodologie... Depuis
peu, une seconde série de travaux sur des cours de cobayes
confirme ces premières recherches, et étaye la nature électromagnétique
des préparations homéopathiques. L'avenir nous promet des découvertes
passionnantes et de quoi occuper des générations de
chercheurs...
Vos médicaments
sont-ils naturels ?
Le remède homéopathique est dilué et
dynamisé jusqu'à obtenir une solution aux propriétés
nouvelles n'ayant rien à voir avec les molécules du
constituant de base : on ne peut donc pas dire qu'il soit
"naturel", au sens où la plupart des gens
l'entendent.
Beaucoup estiment par exemple qu'il est plus naturel de se
soigner par des plantes qu'avec des médicaments chimiques de la
pharmacopée classique. C'est probablement une erreur pour
plusieurs raisons. La première est que fondamentalement la
phytothérapie ne diverge en rien de l'allopathie puisqu'on fait
absorber au malade une drogue qui, par son action toxique
dans l'organisme, est susceptible de soulager certains symptômes.
La seconde est que dans ces conditions mieux vaut avaler un
produit dont l'action pharmacologique ait été correctement étudiée,
plutôt que des extraits de plantes contenant des douzaines de
substances différentes, aux propriétés souvent mal connues.
Vous ne connaissez
pas précisément le mode d'action des médicaments que vous
prescrivez
C'est là aussi un reproche souvent adressé
aux homéopathes. Je reconnais volontiers ne pas savoir comment
fonctionne exactement le remède prescrit, mais par contre je
connais la seule loi qui nous guide pour le trouver: la loi des
semblables.
En physique, les lois de Newton, formulées voici trois siècles,
permettent de décrire avec quelle intensité deux corps célestes
s'attirent: c'est la loi de la gravitation universelle. Mais
actuellement, personne n'explique pourquoi ces corps
s'attirent. En homéopathie, la loi de similitude de Hahnemann,
formulée voici deux siècles, permet de déterminer le remède
curateur. Mais actuellement, personne n'explique pourquoi
le remède guérit.
Cela dit, il est certain qu'un jour où l'autre la science nous
éclairera sur le mode d'action des dynamisations.
En attendant, on peut toujours tenter de guérir les malades...
et c'est là notre seul devoir de médecins.
Notes:
Note 1: Respectivement: le soufre, le carbonate de potassium,
l'ambre grise, le phosphore.
Note 2:
Cette agitation est indispensable à l'obtention du remède.
C'est ce qu'Hahnemann appelle la dynamisation. Une simple
dilution de la teinture mère n'aboutit pas à une préparation
médicamenteuse.
Note 3:
Dans ce cas c'est le frottement de la trituration qui produit la
dynamisation du remède.
Note 4: C'est à cause de cette relative imprécision que la législation
française ne permettait pas jusqu'à peu les préparations
korsakoviennes.
Note 5: Même si, comme lors de toute relation médecin-malade, il peut
y avoir parfois des réponses placebo.
|