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L'homéopathie, c'est quoi ?

Par le Dr. E. Broussalian

L'homéopathie n'est pas une médecine lente. Elle agit toujours extrêmement rapidement, quasi-instantanément dans bien des cas aigus.
 
L'homéopathie n'est pas une médecine qui ne convient qu'aux enfants ou aux petits bobos. Elle agit à tout âge, même dans les affections les plus graves.
 
L'homéopathie n'est pas une médecine qui soigne par les plantes. Les médicaments sont obtenus des trois règnes (animal, végétal, minéral).
 
L'homéopathie n'est pas une médecine qui soigne le "mal par le mal". Elle traite par l'application d'une maladie médicamenteuse artificielle ressemblant à la maladie naturelle dans ses manifestations mais dissemblable en genre.
 
L'homéopathie n'est pas une panacée. Elle sera appelée à être la branche principale de la thérapeutique sans jamais pouvoir remplacer les thérapies palliatives ou la chirurgie.

 

Mais alors qu'est ce que l'homéopathie ?

L'homéopathie est la découverte de toute une vie d'un médecin allemand de la fin du 18ème siècle: Samuel Christian Frédéric Hahnemann, et qui définit un ensemble de lois et de méthodes pour rationaliser la prescription des médicaments. Il publie en 1810 la première édition de son ouvrage, l'Organon de l'art de guérir, dans lequel il décrit ce qu'il appelle la méthode homéopathique.

Hahnemann forge un terme nouveau, "homéopathie" qui dérive du grec homoeion (semblable) et pathos (souffrance). La politique de vulgarisation et de dégradation de l'homéopathie à laquelle on assiste depuis plusieurs décennies a conduit à la déformation de son orthographe en "homéopathie". Le terme grec homeos signifie identique, or l'homéopathie n'a jamais prétendu soigner la rougeole en inoculant le virus de cette maladie, ni soigner des traumatismes par des coups de bâton... Un moyen de s'en souvenir: on écrit Goethe, et pas Géthe.

C'est donc en toute conscience que nous avons été contraints d'écrire "homéopathie" car en dépit contresens grave, nous préférons garder de la visibilité dans les moteurs de recherche internet. Entre deux maux, nous avons choisi le moindre.

L'homéopathie repose donc sur trois points fondamentaux :

  1. La loi des Semblables.
  2. La perception du malade en tant qu'entité globale.
  3. L'application de l'infinitésimal.

La loi des Semblables

Pressentie par Hippocrate, Hahnemann est le premier à formuler clairement cette loi, qu'il déduit expérimentalement par l'observation et qu'il confirme par l'expérience clinique au chevet du malade. A ce titre, et bien avant Claude Bernard, Hahnemann est le premier à avoir basé la médecine sur l'expérimentation.
On peut formuler cette loi comme suit: toute substance est capable de dérégler un sujet sain, dérèglement qui se traduit par un ensemble de symptômes. Cette même substance sera alors capable de guérir un malade qui présente ces mêmes symptômes.
Autrement dit, le médicament doit être choisi en fonction de sa ressemblance avec la maladie à traiter. Pour guérir, il faut que la maladie artificielle du médicament ressemble le plus possible à la maladie naturelle du malade.

La perception du malade en tant qu'entité globale

Hahnemann utilise la Loi des semblables pour soigner les affections aiguës avec des réussites retentissantes. Scarlatine, pneumonie, choléra, toutes ces affections que redoutent ses contemporains sont soignées avec succès et voient leur mortalité extrêmement réduite. (Ainsi, Malgré la volonté de certains d'effacer l'Histoire, on pourrait exhumer bien des statistiques de l'époque qui montrent surabondamment la supériorité du traitement homéopathique (Note 1).)

Mais, il déchante bientôt face à certains échecs: chez les malades souffrant de maladies chroniques, l'homéopathie arrive à guérir un premier accès aigu, marche moins bien lors d'une récidive, et échoue souvent par la suite. En somme, le remède similaire aux symptômes de la crise soulage celle-ci, mais l'affection chronique demeure : le malade n'est toujours pas guéri.

Alors, pendant près de 12 ans, Hahnemann va étudier tous ses échecs, pour arriver à la conclusion suivante : la Loi des semblables n'est pas en cause puisque universelle et "marchant" bien pour les cas non chroniques; le problème vient donc de ce que le remède aigu n'est similaire qu'à une partie de la maladie à traiter, c'est à dire similaire au groupe de symptômes qui ne s'expriment que lors d'un "réchauffement" de la maladie chronique, groupe qui ne représente que "la partie émergée de l'iceberg".

Conclusion : pour traiter une maladie chronique, il faut donner le remède similaire aux symptômes du malade en dehors d'une crise, et ne tenir que partiellement compte de l'expression aiguë de la maladie. C'est pour cela que votre homéopathe vous interroge sur des tas de points qui vous semblent n'avoir rien à voir avec ce dont vous vous plaignez.

L'application de l'infinitésimal

L'expérience enseignera très vite à Hahnemann que le patient est hypersensible au médicament indiqué et réagit souvent violemment à son administration (Note 2). Aussi, Hahnemann va jouer sur la quantité pour tenter d'éviter ces réactions. Il diluera d'abord au dixième, puis au centième, puis au cinquante millième. Lui qui est un chimiste distingué (il a échangé des travaux avec Lavoisier) écrira "l'expérience montre que même des dilutions inconcevablement élevées contiennent toujours assez de principe actif pour causer une aggravation initiale perceptible suivie de l'effet curatif". Il baptisera dynamisation le processus qui consiste à secouer violemment et diluer progressivement les substances.
Paradoxalement, l'action du médicament est d'autant plus rapide, profonde et durable dans l'organisme, que la dynamisation est élevée.

 

Notes:

(Note 1) Par exemple, les archives de l'armée française pourraient révéler comment les homéopathes ont sauvé la plupart des soldats atteints de dysenterie devant le siège de Sébastopol. Les statistiques américaines montrent comment l'homéopathie réduisait presque à zéro la mortalité de la fièvre jaune, de la diphtérie, ou du choléra. Pour la pneumonie, la médecine classique de l'époque dénombrait 30 à 34 % de mortalité alors que les hôpitaux homéopathiques en déploraient de 0,3 à 0,7 % avec le même recrutement...

(Note 2) L'homéopathie cherche à donner le minimum nécessaire, la médecine classique le maximum supportable (Dr. P. Schmidt).

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