L’IDEAL THERAPEUTIQUE

2. — L’idéal thérapeutique consiste à rétablir la santé d’une manière rapide, douce et permanente, à enlever et à détruire la maladie dans son intégralité, par la voie la plus courte, la plus sûre et la moins nuisible, cela d’après des principes clairs et intelligibles.

Proposition de questions

  • Quel est votre idéal thérapeutique?
  • Comment être sûr qu’on a procédé à une guérison ?
  • Selon quels critères définissez-vous la guérison ?
  • Pourquoi Hahnemann parte-t-il de l’intégralité de la maladie?

Commentaires

Hahnemann dans ce second aphorisme apporte de nombreuses précisions au précédent en se servant de la formule « rétablir la santé » comme transition.

Idéal thérapeutique

Il définit ici l’idéal thérapeutique, c’est-à-dire le but vers lequel nos efforts devraient tendre, une fois assimilé le principe de la vocation médicale exposé dans l’Aphorisme 1.

HahnemannSi l’on demande à un médecin de formation classique quel est son idéal thérapeutique, il y a de grandes chances qu’il nous regarde avec des yeux ronds car la question n’a probablement jamais été soulevée en 8 ans d’études. Bien qu’il existe de nombreux aveugles volontaires, nombreux sont ceux qui s’efforcent de travailler au mieux pour leur patient… avec les moyens que leur donne le système classique. Mais même dans ce cas, on a l’impression que l’objectif que se fixe le médecin reste purement tactique : limiter le taux de cholestérol, contrôler la tension artérielle, juguler l’asthme, etc. En somme, il n’existe pas de notion précise d’objectif thérapeutique en médecine classique tout simplement parce qu’on ne traite que des symptômes ou des organes ou des fonctions isolées artificiellement du reste. Dans une simplification outrancière, on traite la partie malade comme si elle flottait dans le néant et qu’on puisse la détacher du patient pour la lui remettre une fois « nettoyée ».

Au début du 20ème siècle, René Leriche, le célèbre chirurgien, abordait la notion de la santé avec une formule toujours dans les mœurs actuelles : « la santé c’est la vie dans le silence des organes », « la maladie, c’est ce qui gène les hommes dans l’exercice normal de leur vie et dans leurs occupations et surtout ce qui les fait souffrir. ». Il rappelait que nous avons plus de poumons qu’il n’en faut pour respirer, plus de rein qu’il n’en faut pour secréter l’urine… et en concluait : « si l’on veut définir la maladie il faut la déshumaniser », « dans la maladie ce qu’il y a de moins important au fond c’est l’homme. »

A défaut de principes clairs et intelligibles donnant une vue d’ensemble, trop souvent la motivation du prescripteur n’est autre que la peur. Plusieurs patients m’ont dit : « la médecine classique c’est la médecine de la peur ». N’avez-vous pas l’impression que la plupart des prescriptions visent surtout à rassurer celui qui les établit afin de le mettre hors d’atteinte de toute action en justice ? Ceci me semble vrai non seulement pour les « anti tout ce qu’on veut » habituels mais aussi pour les vaccins dont la prolifération me semble atteindre des niveaux délirants. Le médecin a peur et reporte cette peur sur le patient.

Nous sommes bien loin de l’idéal que définit Hahnemann en reprenant à son compte les qualificatifs d’Esculape (cito, tuto, juconde), c’est-à-dire « rapide, douce, et permanente » mais aussi « sûre, et la moins nuisible » !

Un agité célèbre a inventé le slogan « zéro tolérance », l’idéal thérapeutique de la médecine semble être le « zéro symptôme » : plus rien ne doit bouger, tout est sous contrôle, chaque symptôme est muselé.

Pourtant, traiter ne devrait pas être « exterminer », étouffer les symptômes, ni en changer l’aspect (je l’avoue, c’est l’image d’une sorte de Rambo qui me vient à l’esprit quand je vois l’esprit qui anime certains de nos confères). Kent soulevait il y a exactement un siècle la question de l’impact du drogage suppressif de l’ancienne médecine :

« La médecine a quelque peu changé dans son apparence ; les médecins utilisent maintenant des pilules enrobées de sucre qu’on s’est ingénié à rendre insipides ou au contraire parfumées ; ils utilisent des alcaloïdes concentrés. Mais rien de tout ceci n’a été effectué suite à la découverte d’un quelconque principe ; par exemple ni les saignées ni les procédés de sudation n’ont été abandonnés parce qu’on avait adopté des principes puisque nos aînés dénigrent l’abandon de ces méthodes et parlent souvent de l’espoir qu’ils ont de pouvoir retrouver leur bonne vielle lancette.
Mais, parce qu’elles sont plus concentrées, les drogues d’aujourd’hui [1908. Trad.] sont dix fois plus puissantes que celles qu’on utilisait. La cocaïne, le sulfonal [hypnotique dont le nom même est maintenant oublié des médecins. Trad.], et de nombreux autres produits modernes concentrés par l’industrie chimique sont extrêmement dangereux et leur action et réaction réelles restent inconnues. Les découvertes chimiques liées au pétrole ont ouvert un champ de destruction de l’intelligence, de la compréhension et de la volonté humaine, parce que ces produits sont lentement et insidieusement violents. Quand les drogues que l’on utilisait étaient instantanément dangereuses et qu’une réaction violente se manifestait en surface, les patients s’en rendaient vite compte. Mais les patients d’aujourd’hui se trouvent face à un drogage bien plus dangereux parce qu’il détruit l’esprit. Les bénéfices apparents produits par ces drogues ne sont jamais permanents, bien qu’ils semblent l’être parfois, mais dans ce cas c’est toujours parce une nouvelle maladie plus insidieuse, plus subtile et tenace que la précédente a été greffée sur l’économie. C’est d’ailleurs l’unique raison pour laquelle les symptômes originaux sont tenus à distance. La maladie dans sa nature, son essence, n’a été changée en rien ; elle est toujours là, provoquant la destruction interne de l’homme, seules ses manifestations ont été modifiées et l’on a ajouté à la maladie naturelle une affection médicamenteuse plus grave que la précédente. »

Quoi de neuf depuis l’époque où Kent prononçait ces mots ? Rien ! Ou plutôt, tout est pire au point où la planète elle-même est sur le point d’en mourir. De nouveaux gadgets ont été inventés, de nouveaux produits toujours plus onéreux pour garder ficelés les même malheureux. Pouvons-nous décemment appeler cela de la médecine ? Est-ce que ceci est basé sur une morale ou sur des intérêts financiers ?

Guérison ou suppression

L’Aphorisme 2 soulève donc la différence subtile mais essentielle

  • entre guérison et palliation,
  • entre guérison ou suppression.

Seuls les symptômes et leur évolution permettent d’établir un pronostic afin de distinguer entre suppression et évolution vers la guérison. Nous avons esquissé au §1 cette notion de hiérarchie des organes, elle est essentielle pour juger de l’évolution d’un cas sous traitement. Voici un tableau qui résume ces notions défrichées par Kent et améliorées par Georges Vithoulkas.

PLAN MENTAL PLAN EMOTIONNEL PLAN PHYSIQUE
Confusion mentaleDélire avec violence destructiveIdées paranoïaquesIllusionsLéthargieLenteurDéfaut de concentrationManque de mémoireAbsences, distraction Dépression avec suicideApathieTristesseAngoissePhobiesAnxiétéIrritabilitéInsatisfaction CerveauCœurGlandes endocrinesFoiePoumonsReinsOsMusclesMuqueusesPeau

Cette classification clinique est un outil essentiel dont on se sert tous les jours. Par exemple, lorsque l’on traite une personne déprimée, l’apparition de l’irritabilité à la place de la tristesse est un fait courant et de très bon pronostic. Le traitement d’affections comme l’arthrose voit souvent les signes articulaires régresser pour être remplacés par des sinusites anciennes, ou des abcès, etc.

Nous le verrons plus loin, il est parfaitement possible de faire une suppression avec des médicaments homéopathiques, par exemple un eczéma va mieux et l’enfant commence à faire des bronchiolites. Retenons pour l’instant que la marche vers la guérison est attestée par le fait du déplacement des symptômes vers la périphérie, mais aussi parce que le patient rapporte qu’il se sent mieux, qu’il a de l’énergie, qu’il a envie de faire des tas de choses qu’il remettait à plus tard.

Un excellent indice sera aussi la régression de symptômes non mentionnés par le patient. Par exemple tel patient qui consulte pour des migraines anciennes et qui vous rapporte que « la dose n’a pas agi ».

« Mais Docteur, par contre j’ai bien plus ‘la pêche’ et mes diarrhées sont terminées ».

« Quelles diarrhées ? Vous ne m’en avez jamais parlé ? »

« Oui c’était tellement vieux que je pensais vous en dire un mot une autre fois pour que vous me donniez un autre médicament pour ça ».

Clairement, il suffira de continuer le même remède pour venir enfin à bout des céphalées. Si vous ne savez pas demander ou interpréter ces choses, vous ne pourrez jamais exploiter l’homéopathie à fond et vous priverez de bien des joies ! On notera aussi que pour un homéopathe, il est facile de déterminer si l’amélioration n’a été qu’un simple effet placebo.

J’explique souvent aux patients que la maladie pour laquelle ils consultent n’est finalement qu’un prétexte pour venir nous voir afin de les traiter en totalité, qu’ils auraient pu aussi bien venir pour autre chose mais que cela me serait égal car ils seraient repartis avec le même médicament. Ce n’est pas pour autant que nous méprisons les examens de laboratoire, les échographies, les explorations –bien au contraire puisque l’étape essentielle de la médecine est le diagnostic. Mais quel que soit l’organe malade, le patient -et un jour espérons-le, le médecin- finit par comprendre que nous sommes devant une parcelle du tout qu’il faut traiter.

Les étudiants en médecine devraient méditer l’adage chinois qui dit que « lorsque le sage désigne la lune, l’imbécile regarde le doigt »… Ceci représente hélas l’un des piliers de la médecine classique qui ne cesse de ‘tirer sur tout ce qui bouge’, sans se douter une seule seconde de l’unicité fondamentale des phénomènes morbides observés chez les patients.

Rétablir la santé

D’où l’idée centrale de l’homéopathie, martelée par Hahnemann, qui consiste à rétablir la santé. Face au « je tire sur tout ce qui bouge » de la médecine classique qui finit par aboutir à un ligotage statique des symptômes et à une dégradation de la santé, l’homéopathie est obligée d’employer une formule dynamique « rétablir », revenir à un état de santé. Ce sera d’ailleurs une rude mise à l’épreuve pour l’homéopathe que de savoir gérer les réactions parfois difficiles de l’organisme à la suite de la stimulation de la dose. Dans ces cas la confiance (qui ne s’acquiert que par l’étude et la persévérance) et la fermeté devront prévaloir dans l’intérêt même du patient.

Contrairement à l’ancien système, il ne s’agit plus de désigner une substance, une bactérie ou un organisme « responsable » mais d’admettre que la maladie reflète une perturbation de tout l’organisme, un désaccordement, un désordre qui ne peut être conçu que très en amont des organes. Mal gouvernés, les tissus deviennent alors le siège de modifications qui peuvent devenir structurales. Un esprit suffisamment libre de préjugés peut concevoir qu’une infime dérégulation dans des influx électriques, voire électromagnétiques, entraîne à son tour des modifications chimiques qui finissent par engendrer des atteintes palpables sur les organes.

Rétablir la santé signifie rétablir l’ordre dans l’économie du patient. Une fois lancé l’effet de la dose initiale, on assiste à un véritable déroulement de symptômes qu’il faut savoir interpréter. Ceci donne un pronostic clair à la fois de la curabilité du cas et aussi permet de savoir si la prescription était correcte ou non. L’évolution des symptômes selon la Loi de Hering, c’est-à-dire de haut en bas, de dedans en dehors et suivant l’ordre inverse d’apparition des symptômes dirige toujours la cure.

L’évolution selon les signes les plus récents aux plus anciens donne clairement l’idée de strates, qui sera développée plus loin. Nous verrons que chaque fois que l’organisme subit un trauma extérieur (émotionnel, physique, médicamenteux, vaccinal), il risque de se produire une modification de l’état énergétique de toute l’économie et ainsi une strate nouvelle vient remplacer la précédente. C’est pourquoi dans le processus de guérison, il y a nécessairement retour en arrière avec la réapparition d’états antérieurs « traités » allopathiquement ou spontanément « guéris » parce que l’état de l’organisme se dégradant, des signes plus profonds avaient fait leur apparition.

Des principes clairs et intelligibles

La vieille théorie médicale du materia peccans, selon laquelle la maladie est due à un principe nuisible dont il faut éradiquer l’organisme a toujours cours en médecine classique. Ce principe paranoïde a été utilisé jusqu’en politique, c’est dire qu’il correspond à un besoin inconscient fortement tapi en nous. Aujourd’hui ce sont les microbes qui en font les frais, ou bien le lait, le pollen, etc.

Nous voyons la médecine agitée par des effets de mode, en fonctions des diverses publications qui s’empilent les unes sur les autres comme autant de sédiments géologiques. Mais personne ne parle de principe, personne ne dégage de lois. Nous l’avons vu au §1, c’est l’outil statistique qui règne en maître en médecine classique. C’est pour tout esprit critique une simple poudre aux yeux, bien souvent à la limite de la falsification quand on regarde comment se déroulent la plupart des « essais cliniques ». Churchill disait « Je ne crois aux statistiques que lorsque je les ai moi-même falsifiées. » Avec humour, Mark Twain déclarait « Il y a trois sortes de mensonges: les mensonges, les sacrés mensonges et les statistiques… Les faits sont têtus. Il est plus facile de s’arranger avec les statistiques. »

Les statistiques peuvent sans doute s’appliquer aux électrons, qui n’ont pas de cheveux (je veux dire par là qu’à priori ils n’ont pas d’identité particulière). Mais appliquer ce principe à la biologie relève tout simplement du non sens. Nous sommes à des années lumières de l’étude de la personne souffrante, tombée malade selon sa propre histoire et sa propre sensibilité. L’Abbé Pierre disait « Les hommes politiques ne connaissent la misère que par les statistiques. On ne pleure pas devant les chiffres. », cela me semble très vrai aussi en médecine où nous manquons d’outils pour évaluer le patient souffrant, et donc l’homéopathie. Celui qui utilise un filet à papillons pour attraper des molécules sera assuré de rentrer bredouille… ou de démontrer ainsi que les molécules n’existent pas. De même celui qui pèse un fil électrique pourra démontrer, balance à l’appui, que le courant électrique n’existe pas, etc.

Si l’on peut chercher encore longtemps ces principes en médecine classique où la vérité d’aujourd’hui n’est que l’erreur de demain, force est de reconnaître qu’ils sont aussi bafoués par de nombreux homéopathes en herbe, ainsi que tous ceux qui pratiquent sans l’avoir apprise.

Le cas de Pol R, 9 ans, illustrera mon propos. Il fait des bronchites depuis qu’il est tout petit.

Cet enfant m’est amené de Barcelone par sa maman qui n’en peut plus de le voir sans arrêt malade. Pol a fait une première bronchiolite un mois après sa naissance. Il fait des toux très sèches. Traité par Ventoline et de nombreux autres médicaments, avec peu d’effet.
Un médecin, qui passe pour être le meilleur homéopathe de la ville, lui a prescrit un mélange de Spongia, Cuprum, Ipeca en 5CH en aigu et lui fait prendre « pour le terrain » :
Arsenicum album 12LM + Ipeca 12LM + Silicea 100K + Histaminum 15 CH + Mercurius solubilis 15 CH + Mercurius solubilis 50.000 K + Belladonna 50.000 K + Pyrogenium 200 K.
Devant son échec, ce médecin a déclaré que « vu que son traitement ne marchait pas, il s’agissait qu’un problème psychologique et que par conséquent il ne fallait pas revenir le voir ».

Comment peut-on se comporter ainsi et se dire homéopathe ? Où sont les principes dans la prescription mentionnée ci-dessus et dans l’attitude du médecin ? Que peuvent penser les médecins classiques de telles prescriptions qui font rejaillir la honte sur toute la profession ?

L’heure n’est plus aux vaines disputes. Il s’agit simplement de la survie de l’homéopathie menacée par ces pratiques qui n’ont rien d’homéopathique (nul besoin d’étudier l’Organon plus loin que le §2 pour s’en rendre compte !). C’est l’arme idéale des ennemis de l’homéopathie pour arriver enfin à l’effacer de la surface de la terre (durant longtemps le second article fondateur de la célèbre American Medical Association a été l’éradication de l’homéopathie du sol des Etats Unis).

En suivant les principes de Hahnemann, il faut explorer le cas plus avant pour apprendre que :

La mère de Pol vivait avec sa propre mère aujourd’hui décédée, qui avait une démence sénile, « c’était très dur car il fallait s’en occuper beaucoup ». Tous vivaient sous le même toit, sans arrêt sur le qui vive de peur qu’elle ne tombe ou se fasse mal. Pol se réveille en pleurant et il vient souvent dans la chambre de ses parents. Il a vécu toute sa vie avec la grand-mère et l’aidait beaucoup, la surveillait, l’aidait à marcher.
C’est un enfant avec une grosse tête, un cou maigre et membres frêles. Pas obéissant du tout, un peu mieux avec son père. Prend de fortes colères et frappe. Il n’exprime rien de ses peines, il garde tout, il fait des cauchemars, de grand sursauts en dormant (du pied, de la main, au visage). Il grince des dents en dormant. Il n’a pas pleuré lors du décès de la grand-mère mais il a eu finalement une crise pour une chose toute banale, il criait qu’il voulait se tuer.
Il a fait de l’énurésie jusqu’à peu. Son meilleur ami est du style faible et effacé et lui il le protège et se bagarre pour lui. Il rouspète souvent en disant ce n’est pas juste. Il aime beaucoup le sucré, c’est un besoin. Jusqu’à il y a un an il mangeait énormément de poisson. Maintenant encore 3 ou 4 fois par semaine il mange du poisson. Il adore la viande qu’il réclame aussi.
Pendant des années, il n’a pas touché au lait ni dérivé car une des femmes médecin a dit qu’il fallait arrêter. Il adore les chiens et tous les animaux.
Il a eu tous les vaccins
Il transpire énormément des pieds, des mains et de la tête
Il a besoin de sa lumière la nuit sinon il a très peur.
Fils unique, il a besoin des bras de sa mère en permanence.

Seule l’étude attentive de l’ensemble des symptômes du patient permet de chercher un médicament indiqué sur la totalité des symptômes. Ce n’est qu’en étudiant bien et en comparant la matière médicale des médicaments potentiellement indiqués que l’on pourra obtenir une guérison. Causticum, Carcinosin, Mercurius et Lac Delphinum viennent à l’esprit, seule l’étude répertoriale permet de distinguer clairement XXXX qui recouvre le maximum des signes pertinents et qui soignera l’enfant en quelques prises. Ce sera l’objet de l’exercice de trouver le remède prescrit !

Ce praticien de Barcelone trahit tout simplement l’homéopathie, la médecine et ses patients. Il n’est visiblement animé par aucun principe. Hahnemann, qui avait eu à faire face à pareils fourvoiements, écrivait dans une lettre à la Société Gallicane, une réponse à la question un médecin allopathe peut-il être homéopathe ? :

C’est chose impossible, contre nature, qu’un des médecins en vogue de l’ancienne école vienne se ranger à notre parti. S’il est en grand renom, comme vous l’imaginez, il doit sa réputation à la routine ordinaire dont il a su habilement rajeunir les formes usées ; il a compilé dans de nombreux ouvrages toutes les sottises de la médecine vulgaire ; il a inventé un système subtil, inintelligible, impénétrable ; enfin, il a poussé plus loin que ses collègues toutes les subtilités, toutes les niaiseries à la mode ; il a menti plus hardiment que les autres, et c’est ainsi qu’il est parvenu rapidement à la fortune.
Un tel homme est depuis longtemps dévoué au culte du mensonge et du sophisme, qui lui ont valu sa haute position. Le fatras de ses connaissances superficielles ne lui permettra jamais de comprendre la dignité de la vérité simple, modeste, et lors même qu’il serait frappé de ses rayons, il se garderait bien de la prendre sous son patronage, car elle donne un démenti formel à toute sa science, à tout ce qui le gonfle d’importance et d’orgueil, car elle le réduit à néant. Avant de devenir notre disciple, il faudrait qu’il foulât d’abord aux pieds tous ces oripeaux. Et que deviendrait le grand homme destiné à nous appuyer de son crédit, s’il voit l’éclat de son omniscience, source unique de sa fortune, s’éteindre complètement dans l’étude de la vérité nouvelle ?
Comment pourrait-il devenir notre protecteur, sans avoir d’abord saisi la vérité, c’est-à-dire sans avoir passé d’abord par notre école ? Alors s’écroulerait tout l’édifice de sa grandeur ; pour rendre des services modestes dans notre art, c’est lui qui aurait alors besoin de notre protection ; pour nous, qu’aurions nous à faire de la sienne ?

Vous voyez que tout ceci est toujours d’actualité et qu’il est temps de faire le ménage chez nous ou bien de disparaître !

L’expérimentation

La vie mouvementée de Hahnemann a fait l’objet de nombreuses biographies, nous retiendrons que pour échapper à la misère et subvenir aux besoins de sa famille, il devient traducteur d’ouvrages médicaux grâce à sa culture encyclopédique. En 1790 il est amené à traduire la Matière Médicale de Cullen. Ce professeur écossais très réputé faisait une étude sur le quinquina, dont l’usage était très répandu dans le traitement des fièvres palustres. Il citait les résultats paradoxaux obtenus par l’action du quinquina suivant les doses employées, et déclarait que ce remède « produisait son effet curatif grâce à son action fortifiante sur la muqueuse gastrique ». Or, Hahnemann, qui avait déjà souffert de la fièvre intermittente, avait au contraire présenté des douleurs d’estomac chaque fois qu’il avait utilisé du quinquina. Pour en avoir le cœur net, il décida d’en expérimenter à nouveau les effets sur lui-même. Voici un extrait de son compte rendu :

« Je pris pendant plusieurs jours treize grammes de quinquina chaque jour. Mes pieds et mes mains se refroidirent et je me sentis fatigué et somnolent, puis je commençais à avoir des palpitations et mon pouls devint dur et rapide. J’éprouvais une impression de malaise insupportable, un tremblement sans rigidité, une lassitude des membres. Je notais des battements dans les tempes, de la rougeur des joues, une soif intense. En résumé, un engourdissement pénible, plus qu’une rigidité des membres, semblait siéger dans le périoste de tous les os. Les symptômes étaient à leur paroxysme deux ou trois heures après avoir pris le remède, puis diminuaient pour apparaître de nouveau quand je répétais la dose. J’arrêtais le quinquina et me sentis tout à fait bien ».

Il reprit donc cette expérience sur lui-même et sur des personnes de son entourage, et obtint des résultats identiques. A ce stade, il se contenta d’énoncer que « le quinquina, qui détruit la fièvre, provoque chez le sujet sain une apparence de la fièvre ». Cependant, contrairement aux coutumes de son époque, il eut l’honnêteté intellectuelle de n’établir qu’une simple relation de faits, se gardant bien de généraliser d’emblée.

En scientifique prudent, Hahnemann ne s’est pas empressé d’énoncer le principe de similitude après avoir absorbé du quinquina, ni après quelques premières observations. Il étudia patiemment et minutieusement ses résultats pendant six longues années avant de formuler la loi de similitude (1796), sans la moindre précipitation.

Tous ceux qui connaissent le milieu de la recherche goûteront la démarche, sachant qu’actuellement on se hâte de publier le plus vite possible la moindre observation au point qu’une année de recul semble un âge géologique.

Pour la première fois dans l’histoire de la médecine est née la notion d’expérimentation, bien avant Claude Bernard (1865). Ce qui nous semble aujourd’hui évident : absorber une substance, noter les effets, établir une corrélation avec l’arrêt de l’absorption et sa reprise est parfaitement révolutionnaire. A ma connaissance, seul Bacon précède Hahnemann lorsqu’il insiste sur la nécessité de l’observation dans la science.

L’expérience est à la base de l’homéopathie : Hahnemann tenait en horreur les hypothèses et les théories : pour lui, tout devait s’appuyer sur l’expérience. Ainsi écrivait-il dans son traité de Matière Médicale Pure :

« On n’a pas interrogé l’expérience, la seule méthode qui peut éclairer dans une science essentiellement expérimentale comme la médecine, parce qu’il était plus commode de se contenter d’affirmations. C’est ainsi qu’on a mis en honneur les décisions les plus hardies, les théories et les hypothèses les moins solides à la place de la vérité basée sur des faits ».

En note au §101 de l’Organon (4ème Edition), on peut lire :

« Il n’y a donc pas de moyen plus sûr et plus naturel, pour trouver infailliblement les effets propres des médicaments sur la santé de l’homme, que de les essayer séparément les uns des autres, et à des doses modérées, sur des personnes saines, et de noter quels changements résultent de là dans l’état du physique et du moral ».

Kent ajoute :

« Tous les faits vont dans le sens de l’historien quand celui-ci affirme que Hahnemann n’admira jamais les spéculations métaphysiques; qu’il conclut toujours d’après les faits, jamais d’après une théorie ou des spéculations ».

Rapidité, douceur, permanence

Des principes, pour être vrais, sont toujours déduits de l’observation et se reconnaissent d’après deux critères :

  • Leur simplicité (ou « beauté » au sens mathématique). C’est le principe du rasoir d’Occam qui stipule qu’entre deux théories physiques celle qui a des chances d’être vraie est la plus simple. Enoncés facilement et clairement, ces principes sont compréhensibles pour tous.
  • Leur éternité (ou du moins leur résistance à la réfutation au sens poppérien). Une fois découverts, on réalise qu’ils ont toujours existé et que l’on passera toujours par eux à l’avenir. Ils ne peuvent se démoder.

En écho à ces deux critères généralistes que sont la simplicité et l’éternité, en médecine, l’idéal thérapeutique définira la cure selon trois qualificatifs : rapidité, douceur, permanence de l’effet.

Le Fondateur n’a cessé de poursuivre tout au long de sa vie ces trois objectifs. La rapidité de l’effet de l’homéopathie est évidente pour tous ceux qui la pratiquent ; ceux qui ne font qu’en parler l’appellent « médecine lente », ce qui fait bien rire la plupart de nos patients. Si l’on prend l’exemple d’une épistaxis incoagulable comme il en arrive 2 ou 3 par semaine aux urgences, on verra le sang devenir foncé dès l’instant où le globule de Phosphorus est posé sur la langue et l’hémorragie s’arrête en quelques minutes.

De même, dans les maladies chroniques, les effets de la prise se constatent souvent dans les heures qui suivent ou au plus tard dans les 3 jours. Contrairement aux idées reçues, l’homéopathie est la médecine la plus rapide qui se puisse concevoir puisqu’on n’a pas besoin d’attendre la diffusion d’un produit chimique dans l’organisme. Tout se passe comme si l’organisme réagissait à la seule présence physique du médicament (nous verrons comment utiliser différents tests comme le test pupillaire pour mettre facilement en évidence cet effet « à distance » de l’homéopathie).

Sur la douceur de l’effet, il y a beaucoup à dire, même si Kent essaye de contourner le problème en déclarant que l’effet primaire de la dose est doux mais que l’organisme opère la guérison en réagissant parfois violemment. C’est l’un des rares points où l’on puisse mettre Kent en défaut dans son enseignement. Ses vues sur l’action de l’homéopathie étaient inspirées de Swedenborg, il pensait qu’un «  quatrième état » de la matière était le précurseur de toutes les formes d’énergie ou de force. Pour lui, le processus de dynamisation réduisait le remède homéopathique en sa substance élémentaire, de sorte que le remède lui-même entrait dans ce « quatrième état » de la matière.

Swedenborg enseignait que dans le 4ème état de la matière il n’y a pas de «  quantité » de substance élémentaire mais seulement « qualité en degrés de finesse ». C’est pourquoi Kent enseignait à son tour qu’il n’y a pas de différence dans l’action d’une haute dynamisation selon qu’on donne un ou mille granules. Kent pensait que la finesse en degrés de la substance élémentaire représentait la hauteur de la dynamisation. D’autre part, la substance élémentaire ne possédant pas de quantité, le nombre de granules administrés était indifférent. C’est pourquoi tant d’homéopathes confondent la notion de dose minimale avec l’idée d’une haute dynamisation.

L’expérience de tous les jours nous enseigne le contraire : les patients sont d’autant plus aggravés qu’ils prennent trop de globules. L’effet est directement lié à la quantité absorbée, ce que Hahnemann avait bien observé lui aussi quand il écrit par exemple dans les Maladie Chroniques qu’il suffit d’administrer un seul globule de Sepia sur la langue de la patiente. Hahnemann enseignait que chaque globule de remède homéopathique possède une certaine quantité ou « quantum » d’énergie médicinale. En un sens, la dynamisation du remède représente la fréquence de l’énergie et le nombre de granules représente l’amplitude ou l’intensité du signal. C‘est pourquoi la puissance d’une dose homéopathique augmente chaque fois que le praticien fait absorber plus de granules. La mécanique quantique formule que toutes les formes d’énergie sont contenues dans des petits paquets d’énergie nommés quanta. L’amplitude d’une force augmente avec le nombre de quanta à une longueur d’onde donnée.

Cette vision quantique de Hahnemann, insuffisamment perçue dans son enseignement, est à la base de la nouvelle posologie liquide exposée dans ce 6ème Organon. L’anticipation scientifique de Hahnemann laisse pantois quand on songe que ce n’est qu’en cette toute fin de siècle que la mécanique quantique finit enfin par s’imposer devant la vision classique relativiste.

Enfin, la notion de permanence est l’un des critères essentiels qui nous distinguent des effets des drogues allopathiques qu’on a besoin de renouveler dès que nécessaire selon leur demi-vie pour continuer de bloquer les rouages physiopathologiques visés. Au contraire, la prise de la substance dynamisée est comparable à une impulsion reçue par l’organisme, un peu comme un rameur donne une poussée à son bateau. Selon les sensibilités et la dynamisation, l’effet pourra durer de quelques heures à plusieurs semaines. Le retour inchangé des symptômes sera un critère important pour attester de la validité de la prescription, on pourra alors renouveler en toute sécurité. Ainsi les affections aigues cèdent en quelques heures, la plupart des affections chroniques (pas trop tripotées allopathiquement et chez un patient en bon état d’énergie) disparaissent en quelques mois. Un rhume des foins demande une ou deux saisons pour une cure complète. Des migraines qui duraient depuis des années peuvent être traitées en quelques semaines, etc…

Lien pour consulter le cours de première année sur l’idéal thérapeutique

Lien vers le premier aphorisme de l’organon : la vocation médicale

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25 réponses à “Organon §2. Idéal Thérapeutique” Subscribe

  1. Michèle Bärtschi-Guedj 26/09/2010 at 15:35 #

    Merci Edouard de nous faire bûcher l’Organon :)

    En réponse à ta question quant au cas de Pol, je retiendrais les symptômes suivants :
    – Très responsable: s’occupe de sa grand-mère, l’aide à marcher..
    – Secret : n’exprime pas ses peines
    Secret (Voir Renfermé) : carc.78, dig., ign.

    – Ne peut pas pleurer malgré la tristesse lors du décès de la grand-mère
    pleurer, ne peut (Voir Chagrin-Pleurer, Chagrin-Silencieux) : apis.7, Carc.78, gels., ign.5, nat-m., nux-v.16

    – Aime les animaux :
    Amour, animaux, pour les : calc-p.88, carc.88, med.88, nat-m.88, phos.88, puls.88, sil.88, sulph.88, tub.88

    D’autre part il grince des dents et sursaute pendant le sommeil, sans arrêt malade (éventuellement suite à tous les vaccins qu’il a reçus ?), toux sèche, insomnies, désir de se tuer..

    Je lui donnerais Carcinosinum LM1 2 granulés soit avec la méthode des 5 verres de Farokh soit 2 granulés dilués dans une bouteille de 250cc, dynamisée 1 càc dans 2 verres successifs de dilution. Prise à répéter jusqu’à disparition de la toux, et amélioration de ses symptômes.
    Grand remède d’insomnies chez les enfants, d’allergies, de toux chez les enfants qui se sentent très responsables des membres de leur famille. Diagnostic différentiel nat-m qui n’est pas porté au suicide ? , qui a le désir de poisson, de viande, de sel..peut

    Ne pourrions pas rajouter Carc à la rubrique miction involontaire nuit ? Énurésie chez les enfants ?
    A très bientôt ! Bises Michèle

  2. Edouard Broussalian 26/09/2010 at 16:26 #

    Bonjour Michèle
    C’est très bien vu, le médicament prescrit présente justement une forte ressemblance avec Carcinosin. Jadis j’aurais bien fait comme toi en donnant ce médicament directement.
    Il y a une étroite connexion entre le médicament X et HYOSC qui est en quelque sorte son satellite « aigu » ou du moins qui le précède volontiers.
    La ressemblance est forte avec VERAT mais sans trouver pour autant l’affectation, le besoin d’afficher l’image du gentil petit dévoué.
    J’attends d’autres réponses!

  3. Michèle Bärtschi-Guedj 27/09/2010 at 06:54 #

    Bonjour Ed.,

    Merci de ton coup de pouce:) je me souviens que lors d’un séminaire tu nous avais dit que le symptôme peur de l’obscurité chez stram rejoint le symptôme éblouit par les rayons de soleil donc le symptôme et son contraire (symptômes qui sont dans le répertoire): Vision : éblouissante / soleil, à la lumière du.
    Dans le même raisonnement je prendrais peur des chiens, des animaux il adore les animaux (symptôme excessif)
    Je reprends les symptômes :
    Peur le de l »obscurité
    Amour des chiens = Peur des chiens
    Grince des dents et sursaute pendant le sommeil
    Frappe et hurle
    Tempérament porté au suicide
    Enurésie
    Stramonium

    Tu pourrais nous en dire plus par rapport à l’image du « gentil petit dévoué »..cette dualité bagarreur (Hyosc), n’a pas peur de venir en aide au petit camarade, son fort désir de poisson (Veratr..) ne peut exprimer ses émotions et nous faire, stp, le dd avec causticum et tub
    Merci d’avance et bonne semaine! Bises
    Michèle

  4. Michèle Bärtschi-Guedj 27/09/2010 at 15:50 #

    et que penser de nat-m, phos, calc et calc-p suite de chagrin?

  5. Joséphine Dedet 16/03/2011 at 18:43 #

    Je viens de découvrir le « cas de Pol » et comme il n’y a pas encore de « solution », je propose ceci :
    Comme ça, d’emblée, sans répertoire ni livre sous la main : le tableau d’ensemble m’évoque immédiatement Natrum Mur, Tuberculinum ou, dans une moindre mesure, Phos.

    En m’appuyant sur ma mémoire, il me semble que sont évocateurs de Tuberc : colères avec tendance à frapper, amour pour les animaux, en particulier pour les chiens (ou aversion, c’est selon !), désir de viande, aversion pour le lait, énurésie et bronchiolites, nombreuses vaccinations, peur qu’un malheur survienne (sur le qui-vive).
    Evocateurs de Natrum Mur. : compagnie des femmes et désir que sa mère le tienne dans ses bras, n’exprime pas ses émotions ou les laisse éclater plus tard de manière inattendue, cou maigre et membres frêles, peur que quelque chose arrive, désir de poisson et aversion pour le lait.
    Phos : désir de poisson et de sucre, mais profil psychologique plus éloigné.

    En consultant maintenant le logiciel Melanie online (que je ne manie pas très bien), je trouve Natrum Mur et Tuberculinum qui ressortent le plus souvent. Je pense que Natrum mur serait bien, pour commencer.

  6. Didier 18/03/2011 at 16:11 #

    Bonjour,

    Aidé par votre commentaire, je pense au trio du délire,et Stram vient à l’esprit vu sa proximité et ses liens avec HYOS. Le fait de grincer des dents pendant le sommeil, d’avoir besoin de lumière, de sursauter pendant le sommeil. « il a besoin des bras de sa mère en permanence » que j’ai interprété par veut qu’on lui tienne la main (B. LONG). Colle aussi avec la transpiration mais pas avec l’amour des animaux puisque STRAM en a peur
    Par ailleurs et parce que j’ai utilisé une petite rubrique, ( DÉSIRE porte, qu’on) le Kalium carbonicum apparait comme une posibilité (du moins en fonction de mes choix de rubriques).

  7. Didier 18/03/2011 at 19:31 #

    Désolé, Stram déjà proposé par Michèle.

  8. Jean Umber 18/03/2011 at 22:15 #

    Je serais tenté par Calcarea.

  9. Michèle Bärtschi-Guedj 20/03/2011 at 01:42 #

    Rebonjour,

    Je reviens au cas qui nous fait cogiter ! suite à vos commentaires
    Je retiens la description de Pol (que je n’avais pas remarquée)
    – grosse tête aux membres frêles
    – besoin irrésistible de sucré
    – colères, frappe
    – désobéissance
    – va aider son ami plus faible que lui
    Lyc (rival de Tub) semblerait tout à fait indiqué dans un premier temps avec les secousses la nuit dans les membres sursaute au lit, la peur de l’obscurité ..

    Tub lui serait plus porté sur le salé, avec certes l’ amour des animaux , le grincement des dents la nuit..qui sait pourrait être donné dans un deuxième temps ?
    A bientôt pour la suite ! Michèle

  10. Jean Umber 21/03/2011 at 16:43 #

    Oui, la répertorisation nous fait souvent apparaître les grands polychrestes, et ici, Calcarea, Lycopodium ou Sulfur.
    Les signes que vous valorisez, Madame Bärtschi-Guedj, se retrouvent aussi dans le répertoire pour Calcarea :
    désir de sucreries au second degré
    -colère violente également au second degré.
    Cependant, la transpiration tête, pieds et mains donne Calcarea au troisième degré dans tous les cas. Il me semble que c’est un symptôme clé ici.
    Les grincements des dents (second degré) et sursauts pendant le sommeil (second degré) se retrouvent aussi chez Calcarea.

    Certes Sulfur et Lycopodium sont proches sur tous ces signes, mais il me semble (je n’ai malheureusement pas l’expérience suffisante) que le signe d’appel c’est cette transpiration de la tête (avec une grosse tête d’ailleurs).

    Pour moi,

  11. Jean Umber 21/03/2011 at 16:44 #

    NB : le pour moi est en trop!

  12. Xavier Sagne 23/03/2011 at 00:20 #

    Bonsoir à tous,

    encore un cas difficile. Pff.
    Lyc, Tub, Calc, Carc,…

    Cet enfant n’est manifestement pas bien la nuit :
    besoin de lumière
    bruxisme
    sursauts, que l’on peut apparenter à des spasmes.
    cauchemars et réveils en pleurant

    et le jour besoin des bras de sa mère : désir de compagnie?

    Ce n’est pas un tendre : non seulement il ne pleure pas, n’a pas pleuré à la mort de sa grand mère, mais en plus il est bagarreur, frappeur. Pas obéissant aussi.

    Il a vécu dans la peur du vivant de sa grand mère.

    Tout cela colle bien avec le stram de Didier.

    Mais Lyc me paraît bien aussi
    maigreur
    désir de sucré
    transpiration
    besoin de présence
    se bagarre, n’obéit pas, c’est un peu comme s’il voulait être le chef?
    sentiment d’injustice

    pff

    Bonne nuit quand même

    Xavier

    alors là

  13. Edouard Broussalian 23/03/2011 at 07:46 #

    Les amis, je suis navré de vous causer autant de tracas.

    Au lieu de me faire la liste des signes que vous relevez essayez de reprendre chacun d’entre eux et en face notez si ce signe vous étonne ou pas.

    Ensuite classez les signes par ordre d’étonnement si je puis parler ainsi. Étudiez aussi le contexte de la maladie, sans faire de psychologie à deux sous, vous remarquerez le contexte suffocant que vit ce petit. Quel est-il?

    En somme faites vous une idée globale tant du patient que du contexte.

    A tout de suite!

  14. Xavier Sagne 23/03/2011 at 15:23 #

    Re.

    Il y a eu un climat de peur et d’insécurité quand sa grand mère était vivante. Puis la mort. Une couche Ars

    Et puis un deuil avec une émotion refoulée, Pol n’a pas pleuré. Il a gardé sa peine.

    Ce qui m’étonne c’est l’énurésie tardive, donc une absence de contrôle.
    Alors que cet enfant est capable de s’occuper des autres (sa grand mère, son copain), quelque part cela témoigne d’autonomie, de maturité.

    Dans le même registre il a menacé de se tuer pour une chose banale alors que si on excepte les colères avec coups, il est capable de se maîtriser : ne pleure pas, n’exprime rien de ses peines, garde tout pour lui. Son humeur est changeante.

    Enfin il semble peureux mais se bagarre pour son copain.

    Cela fait trois paradoxes, trois contradictions.

    Des sortes de spasmes.

    Pour le contexte (angoisse, frayeur, chagrin) et les paradoxes je propose Ignatia? (je m’abrite sous la table…). Je n’arrive pas de toute façon à trouver un médicament qui englobe toutes les généralités. Je trouve qu’il y a trop de strates chez cet enfant.

    C’est cela sa suffocation?

    Xavier

  15. Joséphine Dedet 23/03/2011 at 16:41 #

    En effet, il y a plusieurs choses qui ne collent pas, et c’est ce qui me gêne beaucoup depuis le début. On pense pour certaines choses à Caust, pour d’autres à Stram, pour d’autres à Tuberc, etc, etc

    Tous ces paradoxes peuvent mener en effet, comme l’écrit Xavier, à Ignatia (qui est l’aigü du Natrum mur que je proposais d’abord, mais qui ne collait pas non plus, pas plus que Tuberc dont il n’a pas la méchanceté et l’agitation extrême).

    Ignatia avec sa boule qui reste en travers de la gorge et qui étouffe, pourquoi pas ?

    Mais… plus proche du profil, STAPHYSAGRIA

    car contexte suffocant avec refoulement des émotions (on en a plein le dos de s’occuper de la grand-mère mais on se dévoue), sentiment d’injustice (« c’est pas juste »), crie qu’il veut se tuer (= se punir), désobéissance (pour chercher la punition ?) et énurésie = STAPHYSAGRIA
    (qui se traduit parfois par des cystites des jeunes femmes/asthme dû à un sentiment d’injustice refoulé, etc)

    Qu’en dites-vous ?

    Joséphine Dedet

  16. Didier 23/03/2011 at 17:18 #

    Qu’est ce qu’on prend, qu’est-ce qu’on laisse? la cohérence est à ce prix. Sinon Edouard Broussalian va s’arracher les cheveux !

  17. Michèle Bärtschi-Guedj 24/03/2011 at 10:52 #

    Rebonjour,
    Allez encore un dernier essai !
    Ce cas nous aura fait travailler et revoir nos cours de juin 2002 !!

    Depuis bébé il tousse (toux sèche) il a peur que quelque chose n’arrive, il vit sans arrêt sur l’eau qui vive, surveille sa grand- mère qui décède..

    Les symptômes semblent peu clairs, (envies, aversions). Ce qui ressort de ce cas c’est le sentiment que ce petit a : la personne de référence est morte ! sentiment d’abandon. Il rejoint ses parents la nuit : il a 9 ans ! ce n’est plus un bébé

    Il présente des terreurs nocturnes, sursaute et grince des dents pendant le sommeil

    Les symptômes d’appel:
    • Abandon
    • Terreurs nocturnes (valorisation relative de 3 points)
    • Toux sèche

    « Kali-br. Est un grand remède de toux sèche chronique, < la nuit, chez les enfants au sommeil agité, ou mieux, qui font des cauchemars ou des terreurs » EB (tu ne nous dis pas si la toux est aggravée la nuit..etc)
    Les autres symptômes :
    Grince des dents la nuit, « le bruxisme confirme l’importante activité cérébrale pendant le sommeil. Il est fréquent de le rencontrer associé à la terreur nocturne» EB
    Sursauts la nuit
    Insomnie chez les enfants
    Sentiment de danger
    Peur d’être seul
    Et
    Affection suite d’émotion
    Tendance au suicide
    Pleure pour des broutilles font aussi partie du remède

    Eh bien voilà après avoir pensé à Carc., stram., ars, nat-m, ign ce dernier pourrait le précéder év..je vote Kali-br !
    Cordiaux messages Michèle

  18. Michèle Bärtschi-Guedj 24/03/2011 at 10:58 #

    dans insomnie j’ai oublié de mentionner « Insomnie suite de chagrin » F. Vermeulen

  19. Jean Umber 24/03/2011 at 19:44 #

    Le signe étonnant, pas banal, me semble être son indifférence pour la mort d’un être aimé.
    La rubrique « indifférence aux êtres aimés » donne 11 remèdes possibles
    Ensuite, le fait de grincer des dents et la peur d’être seul me paraissent importants. Trois remèdes ressortent, Helleborus, Phosphorus et Sepia.
    Le désir de sucreries laisserait sur la touche Phosphorus et Helleborus.
    Les autres signes sont retrouvés chez Sepia, mais le désir de poissons ne semble pas coller.
    Je me suis rendu compte également que la transpiration abondante est un symptôme commun.

    J’avance donc Sepia à petits pas.

  20. Francis 24/03/2011 at 23:36 #

    Ave Edouard, morituri te salutant!

    Je plonge à mon tour dans le bassin de la naumachie.

    Evidemment, si ça évoque plusieurs polychrestes, c’est Carc., il y en a d’ailleurs bien des signes. Mais ça me semble un peu facile. J’essaie de me creuser le ciboulot.

    Grosse tête et membres grêles, ça évoque Sil., Nat-mur., Lyc., et surtout les deux derniers, puisque le cou est maigre. Mais le plus important n’est pas le physique, mais les signes psy et généraux.

    Ce qui est inhabituel chez un enfant: le désir de mort. J’en fais mon signe éliminatoire. Deux signes importants chez un enfant: il ne pleure pas lors d’un deuil (Normalement les enfants pleurent plutôt facilement). Il ne supporte pas l’injustice (Et c’est peut-être pour ça qu’il défend son copain moins costaud, ou moins hargneux). Et une notion de refoulement émotionnel. Voilà mon trépied de base, qui a 4 pieds.

    Désir d’être porté, chez un grand enfant, c’est particulier. Tendance à frapper (enfants). Désir de sucreries+++, de poisson, de viande (enfants). Suite de chagrin silencieux.

    Désobéissance (enfants). Grincements de dents la nuit. Secousses des extrémités pendant le sommeil. Et quelques signes physiques pour terminer, les plus particuliers: émaciation des membres sup. et inf., du cou, avec grosse tête. Et le motif de consultation: toux sèche.

    Ma petite cuisine terminée, je sors Nat-mur. En espérant ne pas prendre de coup de rame sur la tête.

    Au suivant.

  21. Xavier 25/03/2011 at 13:57 #

    Carc paraissait pas mal, Edouard l’a confirmé.
    J’ai d’abord pensé à Stram : peur de l’obscurité, désir de compagnie, amélioré dans les bras, enfant frappeur, dureté, spasmes…mais y a t-il vraiment des terreurs nocturnes. Pas assez d’agitation.

    Puis Ign : trop de contradictions à mon goût, et une émotion sans doute refoulée.
    La répertorisation suivante sur les seuls signes psychiques donne bien Ign.
    PSYCHISME /COLÈRE, irascibilité (Voir Irritabilité, Querelleur, Insulter, Rage, Violent) /
    affections après colère, contrariété, etc /
    chagrin rentré, avec

    PSYCHISME / TRISTESSE, dépression mentale (Voir Morose, Pleurer) /
    muette, silencieuse (Voir Chagrin-Silencieux)
    Mais l’enfant aime être à bras, et si c’est pour se faire consoler, mais ce n’est pas sûr,alors Ign n’est pas si évident.

    Kalium bromatum me plaît bien, mais pas de peur de l’obscurité que je sache. Va bien avec la toux sèche que j’avais oubliée.

    Il me semble que la notion centrale, c’est la peur durant la période de vie de l’enfant avec sa grand-mère, avec toutes ces situations inquiétantes, puis la mort. D’où Ars.
    Je me demande si finalement,la couche la plus profonde, la plus ancienne de cet enfant n’est pas Phosphorus évoqué par certains sans être retenu :
    altruiste
    besoin de compagnie
    peur du noir
    amour des animaux
    poisson depuis tout petit, sucreries
    et TROPISME RESPIRATOIRE

    Edouard, la récré est terminée, on attend !

  22. Edouard Broussalian 13/04/2011 at 09:24 #

    Voilàà! Je vous ai publié le corrigé en vidéo!! Amitiés

  23. Corinne 19/04/2011 at 14:28 #

    Bonjour Edouard,
    merci pour ce cas super intéressant. J’avais répertorié Natrum Mur. sans grande conviction. Maintenant que je connais ce « nouveau » remède, d’autre horizon s’ouvre.
    Toujours passionnant de faire chauffer les méninges avec le Répertoire.
    A bientôt 😉

  24. Edouard Troesch 19/04/2011 at 14:39 #

    Je rappelle à tout le monde que vous avez une fiche sur Lac delphinum sur le site de planète homéo : http://planete-homeo.org/2010/11/25/androctonus-amoreuxii-hebraeus-et-lac-delphinum/
    Je vais la mettre à jour avec les infos de la vidéo et la liste des ajouts au répertoire qu’Edouard B. va nous donner.

  25. Xavier 21/04/2011 at 12:18 #

    Edouard avec ses cas cliniques nous fait boire toute sorte de petit lait…:-)

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