Medorrhinum et sycose – Edouard Broussalian

Introduction

Medorrhinum est un remède précieux notamment en pratique pédiatrique, je ne compte plus le nombre d’enfants qui ont pu en bénéficier. A la limite, on pourrait donner Medorrhinum à n’importe quel enfant qui présente une maladie héréditaire et / ou un hypo-développement (dents, intellect, taille, etc). C’est un remède peu utilisé alors que son indication devrait devenir prépondérante, aux côtés de Thuya, du fait de la survaccination. Il possède une profondeur d’action comparable à Sulphur avec lequel on peut le confondre ; surtout à cause des troubles asthmatiques et cutanés que ces deux remèdes ont en commun ainsi que les goûts alimentaires proches et la même tendance à sortir les pieds du lit.

Qui dit Medorrhinum dit nosode.

C’est en effet un remède d’origine animale, n’étant rien d’autre que du pus de blennorragie. Comme tous les autres nosodes, il sera utilisé selon une homéopathicité rigoureuse. Il ne faut pas le donner à un patient pour la seule raison qu’il a eu une blennorragie, ce serait aussi stupide que de donner Tuberculinum à un tuberculeux, Carcinosin à un cancéreux, ou bien Vent du Nord à quelqu’un qui tombe malade après avoir été exposé au vent froid. Comme nous l’avons vu avec Carcinosin, les antécédents de blennorragie ne sont certainement pas indispensables pour la prescription. Vous aurez à le donner le plus souvent à des enfants dont les parents pourront avoir été indemnes de toute infection génitale. De toutes façons, la vaccination suffit à fabriquer des sujets Medorrhinum à la pelle, surtout si elle a induit une suppuration abondante. Cela se voyait beaucoup avec le vaccin de la variole, on a aussi bien des BCG qui suppurent pendant des mois et qui entraînent la même chose.

Qui dit Medorrhinum dit sycose

Je ne vous ai pas encore habitués à raisonner en termes de diathèses. Comme toute construction théorique, il faut en prendre et en laisser, fidèle à l’approche pragmatique qui définit nos séminaires, je voudrais nous concentrer sur l’essentiel : comment ne pas rater Medorrhinum s’il est indiqué.

 

La Sycose

Notion de prédisposition à la maladie

Même la médecine classique est en train de se rendre compte que n’importe quel patient ne peut déclarer n’importe quelle maladie. Depuis plus de deux siècles maintenant, Hahnemann, puis tous ses successeurs ont clairement montré l’existence d’une susceptibilité individuelle. Il est d’ailleurs regrettable que cette notion de susceptibilité ne soit explorée plus à fond par la médecine classique car elle est finalement la clef de voûte non seulement du système thérapeutique homéopathique, mais représente aussi le facteur essentiel pour se représenter les causes profondes de la maladie.

C’est cette susceptibilité qui explique que des accidents aigus puissent survenir chez un sujet. En d’autres termes, une cause déclenchante (choc affectif, exposition au froid, etc.) ne peut suffire à provoquer un trouble aigu, de même la seule présence d’un germe ne peut suffire à expliquer une infection. Il faut une forte susceptibilité au préalable pour que la maladie se déclare.

On pourra remarquer que cette prédisposition à tomber malade demeure toujours chez un patient donné à l’intérieur d’une fourchette étroite de mêmes troubles. On assiste soit à des rechutes d’une même affection soit à des alternances, etc. En pratique, on constatera que tout comme une toupie en rotation, l’axe de liberté d’un patient sera limité autour d’un groupe de remèdes formant une famille et qui seront souvent prescrits selon une certaine succession. Unicisme signifie simplement de ne donner qu’un seul remède à la fois (je ne reviens pas là dessus).

Ceci étant dit, on peut se poser la question essentielle : d’où provient cette prédisposition, et pourquoi se manifeste-t-elle chez un patient donné seulement dans un même spectre de pathologies ?

On sait maintenant le rôle important joué par le code génétique, mais cela seul ne peut suffire à expliquer la prédisposition : ainsi un des parents peut transmettre à sa descendance les effets d’une affection qu’il a pu contracter sans pour autant que son génome ait été modifié.

Hahnemann s’est attaché pendant des années et jusqu’à la fin de sa vie à résoudre ce problème. Le résultat de ses recherches est consigné dans son Traité des Maladies Chroniques, d’une approche si difficile de sorte que peu de praticiens le lisent ou l’étudient. Pourtant, au delà du vocabulaire suranné, Hahnemann surprend une fois encore par ses vues proprement révolutionnaires, et par ce qu’il appelle sa théorie des miasmes (du grec miasma : souillure).

Les  » miasmes « 

Utilisant la Loi des semblables pour soigner les affections aiguës avec des réussites retentissantes (scarlatine, pneumonie, choléra, toutes ces affections que redoutent ses contemporains sont soignées avec succès et voient leur mortalité extrêmement réduite) il déchante bientôt face à certains échecs : chez les malades souffrant de maladies chroniques, l’homéopathie arrive à guérir un premier accès aigu, répond moins bien lors d’une récidive, et échoue souvent par la suite. En somme, le remède similaire aux symptômes de la crise soulage celle-ci, mais l’affection chronique demeure : le malade n’est toujours pas guéri.

Alors, pendant près de 12 ans, Hahnemann va étudier tous ses échecs avant de livrer sa conclusion : je ne peux résister au plaisir de le citer :

 » §41. En bref, le médecin homéopathe ne parvenait, par les moyens dont il disposait, qu’a retarder la marche inexorable de la maladie chronique qui cependant s’aggravait d’année en année… Si le début de ces traitements était satisfaisant, la défaveur en signalait la continuation et le désespoir la terminaison… Cependant, cette doctrine est basée sur la vérité elle-même et le restera de toute éternité… N’est-ce pas l’homéopathie qui, la première et toute seule, a enseigné à guérir les grandes maladies infectieuses déterminées… à l’aide de quelques microdoses de remèdes bien choisis homéopathiquement ?

§44. Quelle pouvait donc être la source du peu ou point de succès de l’homéopathie dans le traitement des maladies chroniques ? Pourquoi de si nombreux échecs pour aboutir à des guérisons permanentes sur tant de milliers de ces cas ? Fallait-il s’en prendre au nombre trop réduit des armes homoeo-thérapeutiques expérimentées sur l’homme sain ? Les adeptes de cette doctrine se sont arrêtes jusqu’à présent à cette excuse – sorte de consolation – mais son fondateur n’était pas de cet avis et ne s’est jamais contenté de cette échappatoire. Cela parce que malgré l’augmentation chaque année de nouveaux médicaments expérimentés sur l’homme sain, pourtant très actifs, la thérapeutique homéopathique sur les maladies chroniques n’a fait aucun progrès. D’un autre côté surtout parce que les maladies aiguës, à l’exception de celles qui d’emblée ont une évolution suraiguë et inévitablement mortelle, non seulement cèdent déjà assez bien à l’emploi bien approprié des remèdes homéopathiques, mais encore très rapidement se guérissent complètement avec l’aide de l’énergie vitale conservatrice animant l’organisme vivant.

§ 45. Pourquoi l’énergie vitale destinée à veiller à l’intégrité des êtres, aidée par l’action si efficace de remèdes homéopathiques, énergie qui travaille si activement pour parachever la guérison dans les maladies aiguës même très sérieuses, est-elle impuissante et désarmée pour la guérison réelle et durable des maladies chroniques, malgré le recours des médicaments pourtant les mieux choisis d’après la doctrine, sur les symptômes actuels ? Quel est l’obstacle qui s’y oppose ? … Tel est le sérieux problème dont je
me suis occupé jour et nuit depuis les années 1817 et peut-être déjà 1816.

§ 46. Dans ce laps de temps, le Dispensateur de tous biens m’a permis d’arriver par des méditations assidues, des recherches infatigables, des observations fidèles et des expériences rigoureusement scientifiques, à la solution de cette grave énigme pour le plus grand bien du genre humain.

§ 47. C’est un fait avéré que les maladies chroniques ont tendance à récidiver continuellement, malgré un traitement homéopathique rigoureux avec tous les médicaments expérimentés à ce jour. Ces récidives se caractérisent toujours :

a) Par la modification plus ou moins marquée de leur symptomatologie.

b) Par l’apparition de symptômes nouveaux.

c) Par la progressivité de leur évolution morbide année en année.

Cette observation si souvent renouvelée fut pour moi la première révélation que le praticien homéopathe ne doit pas envisager et essayer de guérir chaque récidive comme une maladie temporaire isolée, comme je l’ai fait au début avec un homoeopsorique, mais vu leur répétition fréquente, doit au contraire les considérer comme l’exacerbation d’une entité morbide beaucoup plus générale, constitutionnelle, et très profonde, devant être traite en tenant compte de sa totalité…Par conséquent, il est nécessaire de connaître l’image aussi étendue que possible de l’universalité de tous les symptômes et accidents propres a ce mal primitif inconnu avant de pouvoir se flatter de découvrir un ou plusieurs médicaments vraiment homéopathiques à ce dernier…

§ 49. Ma deuxième révélation fut de pouvoir déterminer la nature  » miasmatique chronique  » (infectieuse chronique) de cette diathèse profondément enracinée, que je recherchais depuis si longtemps. Je dis bien  » miasmatique chronique  » car lorsque l’évolution de sa croissance est arrivée a un certain stade, cette diathèse se développe et dès lors ne peut plus être domptée par la force de la constitution la plus robuste; elle ne cède pas davantage au régime le plus salubre, au genre de vie le plus strict et le plus sage et enfin elle ne s’éteint jamais d’elle-même…

§ 51. J’en étais arrivé à ce point, lorsque en observant et scrutant toujours plus profondément les maladies chroniques, je m’aperçus promptement que l’obstacle à la guérison homéopathique par des remèdes jusqu’ici éprouvés de ces exacerbations récidivantes, qui s’offraient comme des maladies particulières et autonomes, provenait dans la majorité des cas de la disparition d’une éruption scabieuse ancienne, constatée et avouée par le sujet.

Le plus souvent ces malades appellent l’attention du médecin sur le fait que tous les maux dont ils se plaignaient remontent à l’époque de cette dermatose scabieuse et lorsque cet aveu ne pouvait être obtenu ou que le malade ne l’eut pas remarquée, ce qui était le plus fréquent, ou du moins qu’il l’eut oubliée, il finissait néanmoins par ressortir, habituellement, grâce a un interrogatoire très serré, que des traces discrètes de cette affection (vésicules scabieïques, dartres, etc.) s’étaient manifestées de temps en temps, quoique rarement, signe indicatif et dénonciateur d’une infection précédente de cette nature.

§ 52. Ces circonstances jointes aux innombrables observations faites par les médecins de tous les temps, auxquelles je pourrais joindre les miennes propres qui sont loin être rares, à savoir que la suppression de la dermatose scabieuse soit par un traitement mal dirigé, soit par toute autre cause enrayant l’éruption, avait jeté des sujets d’ailleurs apparemment bien portants, dans des affections chroniques semblables ou analogues, ne pouvant me laisser le moindre doute sur l’ennemi intérieur que j’avais à combattre »

Pour résumer :

  • La Loi des semblables n’est pas en cause puisque universelle et répondant bien pour les cas aigus; le problème vient donc de ce que le remède aigu n’est similaire qu’à une partie de la maladie à traiter, c’est à dire similaire au groupe de symptômes qui ne s’expriment que lors d’un « réchauffement » de la maladie chronique, groupe qui ne représente que « la partie émergée de l’iceberg ».
  • Un mal primitif inconnu que Hahnemann appelle  » miasmatique chronique « , de nature contagieuse est à l’origine de cette diathèse profondément enracinée : la Psore.

Notons aussi :

  1. qu’il ne faut pas confondre la gale au sens actuel parasitologique que nous lui donnons avec la Psore primitive que décrit Hahnemann (d’ailleurs il utilise le mot grec psora, prurit). Les anciens dénommaient éruption galeuse toute éruption prurigineuse et vésiculeuse…
  2. que la contagion définie par Hahnemann doit s’entendre sur un plan dynamique (énergétique ou électromagnétique pour utiliser les termes en vogue) et non pas simplement microbien. Ainsi toutes les gonorrhées ne sont pas sycotisantes, seules certaines d’entre elles vont entraîner un retentissement général sur un plan dynamique, et de là pouvoir se transmettre à la descendance.

La Sycose

 » On commet fréquemment l’erreur, au sujet de la théorie des miasmes, de croire que certains états pathologiques résultent de miasmes spécifiques. Par exemple, l’eczéma serait une maladie psorique ; les ulcères de nature syphilitique ; et le cancer, le psoriasis, etc., le résultat de la combinaison des trois . Les miasmes produisent en réalité n’importe quel changement pathologique ; cancer, diabète, folie, arriération mentale, etc. pouvant émerger au dernier stade de chacun d’entre eux ou de la combinaison des trois « .

Bien que j’adhère complètement aux propos de Vithoulkas, il nous faut tout de même préciser le contexte clinique évocateur de la Sycose.

Tout le monde connaît la lésion principale, dont provient l’étymologie du mot sycose du grec sucon, figue ; à savoir les verrues et autres excroissances charnues. Ces lésions correspondent à la forme primitive faisant suite à une contagion vénérienne directe.

Le tableau qui nous intéresse plus est celui des formes transmises à la descendance. Kent dans sa XXIème conférence nous en donne un excellent aperçu et je ne saurais trop en conseiller la lecture. Retenons :

  • L’atteinte catarrhale des muqueuses. Hormis l’urétrite et son écoulement : les sinusites à répétition, ou un écoulement purulent chronique. Le tableau actuel le plus fréquent étant : leucorrhée et troubles ovariens et abdominaux débutant avec un nouveau partenaire (l’évolution chronique de ce genre de trouble aboutit très souvent à la formation de fibromes). En l’absence de symptôme généraux pouvant permettre de choisir un remède, Thuja sera efficace dans une immense majorité de ces cas.
  • Un syndrome anémique. Une fois encore, on observera ceci chez les femmes qui font une anémie ferriprive que rien n’améliore.
  • Un état  » dyscrasique  » rhumatismal. Les atteintes changent souvent de place et siègent aux grosses articulations.
  • L’enfant : grandit difficilement, ne profite pas, présente des selles indigérées, souvent le nez bouché par du pus. (Notons ainsi que Kent le faisait déjà remarquer à son époque, que ce sont le plus souvent les femmes et les enfants qui écopent…).
  • Ajoutons à ce charmant tableau que de nombreux autres facteurs exogènes sont sycotisants : vaccinations, médicaments divers (dont la pilule).

Bien entendu ces grandes lignes ne permettent en rien de déterminer le remède qui sera toujours choisi selon l’ensemble de la symptomatologie. Seuls les sujets ayant développé une atteinte primitive urétrale redévelopperont un écoulement suivant la loi de Hering (celui-ci étant souvent amicrobien). Les sujets contaminés secondairement seront soulagés par le remède homoeosycotique.

Intérêt de la théorie des miasmes

Selon un point de vue pratique, les miasmes présentent l’immense avantage de s’adapter aux phénomènes que nous observons en pratique quotidienne : à savoir que l’organisme malade se comporte comme un système multi-couches. J’ai coutume de comparer cela à un oignon qu’on épluche ou à des strates archéologiques qui répondent à des états de plus en plus anciens.

Citons l’exemple classique donné par Kent dans l’une de ses conférences. Un enfant fait des fièvre répétées qui démarrent brusquement, avec le visage rouge, les pupilles dilatées, etc. Bien sûr Belladonna va guérir l’accès. D’ailleurs si l’enfant est assez robuste, il se peut que cela suffise à obtenir un bon résultat pendant longtemps. Mais on s’apercevra vite que les signes chroniques sont inchangés : transpiration de la tête en dormant, fort désir de viande et d’oeufs, etc. Cela fera donner Calcarea qui finira par faire disparaître les signes chroniques sans que les accès infectieux ne réapparaissent.

Bien entendu, le cas des adultes sera souvent plus complexe. Il ne sera pas rare de rencontrer ou plutôt de révéler deux miasmes ou plus.

Ainsi le cas d’une femme qui présentait des bronchites répétées chaque hiver. Les crises répondaient la plupart du temps à Puls. Les symptômes chroniques appelant Sulfur, ce dernier médicament permit de diminuer nettement la fréquence et l’intensité des crises de telle sorte qu’au bout d’un an ou deux, elle ne refit plus de problèmes bronchiques. Bien plus tard, elle s’est mise à devenir frileuse, à présenter de l’eczéma sur les avant-bras, des panaris. Silica fit disparaître tout cela sauf l’état frileux sur lequel se greffèrent des sueurs nocturnes. Cette fois, Calcarea carbonica régla l’affaire y compris la frilosité. J’ai revu cette patient dernièrement car elle présentait une rechute de toux qu’elle n’avait pas présentée depuis 1992. Depuis plusieurs mois elle notait que son vieux symptôme de Sulfur, à savoir : sortir les pieds du lit, était réapparu. Cette fois, le remède est de nouveau indiqué et fonctionne de nouveau. Il y a de grandes chances pour que nous continuions avec le cycle précédent : Sulf, Calc, Sil, Sulf, etc. Normalement, si le traitement est correct, de moins en moins de signes devraient réapparaître jusqu’à obtenir un état enfin stabilisé.

Les miasmes superposés (qu’ils soient psoriques, luétiques, ou sycotiques) comme les appelle Hahnemann ou bien les couches de prédisposition dont parle Vithoulkas sont autant d’obstacles qu’il faudra ôter par des remèdes à chaque fois appropriés selon l’ensemble des symptômes et non pas selon une notion d’antécédents ce qui risque alors de brouiller complètement les pistes.

Je mets en garde contre la pratique qui consiste à donner de façon systématique un isothérapique de l’agent causal supposé ou bien un nosode correspondant aux antécédents du malade. Il n’y a souvent rien de tel pour bien brouiller les pistes car il est impossible d’affirmer quelle maladie dans les antécédents se trouve être à l’origine de la couche actuelle, et encore moins possible de prédire dans quel ordre ces couches se superposent.

Bref, une fois de plus, ce sont les symptômes et eux seuls qui doivent guider la prescription. En attendant que les isothérapiques bénéficient d’une pathogénésie étoffée permettant enfin une prescription rationnelle et non plus à l’aveugle, il faut les réserver aux cas très rares qui ne répondent pas aux remèdes bien choisis et dans lesquels l’anamnèse fait ressortir indiscutablement une aggravation à la suite d’un médicament donné.

Les nosodes sont bien sûr prescrits selon leur symptomatologie. Ainsi Tuberculinum sera prescrit selon les signes qui lui sont particuliers et non pas sur la seule notion d’antécédents tuberculeux familiaux.

Pour finir, retenons que la Sycose n’est qu’un miasme particulier parmi bien d’autres. En fonction du génome du patient, n’importe quelle maladie grave ou n’importe quel vaccin ou médicament peut greffer une couche miasmatique supplémentaire.

En fait il existe un nombre immense de miasmes qui ne fait que s’accroître à mesure que l’industrie chimique met au point de nouvelles drogues suppressives.

Kent disait déjà :  » …Toute la descendance devient de plus en plus réceptive à tous ces miasmes, à mesure qu’ils se développent dans la race humaine. Plus ils se compliquent les uns avec les autres, plus l’humanité devient réceptive aux maladies aiguës et aux épidémies « .

Antécédents et Hérédité

Ce n’est que très rarement que l’on retrouve la notion de blennorragie ou autres infections génitales chez le sujet ou ses ascendants. Cependant la notion de gens qui ont beaucoup voyagé, marins, militaires et autres aventuriers, chez le sujet même ou les ascendants est très suffisante (qu’on ne m’accuse pas du délit de sale gueule !).

En pratique, comme dans Carcinosin, il y a de nombreuses maladies graves dans la famille. Très évocatrice la mort subite, chez le sujet jeune (souvent par infarctus, HTA).

Les tumeurs bénignes (verrues, polypes, lipomes, etc.) ou malignes. Excroissances en tous genres, fibromes. Je trouve très caractéristiques les taches brunes à la place d’anciennes éruptions. A comparer avec Carcinosin qui lui possède spontanément ce type de taches.

Infections récidivantes des muqueuses, dont les infections urinaires à répétition ou sinusites chroniques. Je range dans cette même case les annexites chroniques, plus ou moins responsables de stérilité et d’écoulements chroniques.

  • Ici il faut comparer avec Tuberculinum qui est aussi le roi des cystites répétées (avec Sepia).

On a avec Tuberculinum la notion d’errance, d’instabilité qui pousse à voyager, changer d’endroit, sans du tout évoquer des maladies infectieuses génitales. Le sujet Tuberculinum est volontiers maigre, mange même beaucoup sans grossir, alors que la boulimie de Medorrhinum le fait grossir et devenir obèse. Tuberculinum craint le temps humide alors que Medorrhinumredoute plus le temps sec, ce qui est vraiment paradoxal. L’enfant Tuberculinum a des goûts affirmés pour le saucisson, jambon, et le sel, et
se réveille grincheux.

Les rhumatismes précoces, ou déformants. Medorrhinum m’a magnifiquement arrangé un Fiesinger Leroy.

Le comportement boulimique amène volontiers à la surcharge pondérale et à ses conséquences : HTA, risque cardio-vasculaire, etc.

Un mot du bébé typique : hypotrophie avec petite taille et petit poids, ou bien difficulté de croissance, avec ce teint pâle très caractéristique ( plus grand ce sont des enfants maigres avec cette pâleur caractéristique qui fait penser qu’ils ont sale mine). Le bébé Medorrhinum présente une forte propension aux gastro-entérites avec le bon vieux point d’appel : érythème fessier.

 

Comportements spéciaux:

Personnalités originales, excessifs, voire marginaux quand ils décompensent. On retrouve des membres de la famille toujours en ébullition, excessifs, dynamiques, etc.

Accidents répétés à cause du comportement casse cou, niant les risques, jusque boutiste, etc.

Enfants adoptés de pays pauvres. Je ne m’explique pas le pourquoi, Lamothe observe aussi cet ascendant particulier, je vous assure que c’est très fréquent. En séminaire nous avons vu un petit garçon asthmatique d’origine Indienne à qui
Medorrhinum a fait le plus grand bien. Peut être leurs parents ont-ils des antécédents infectieux ? Ou la malnutrition ?

Grande avidité pour la vie et attrait pour tous les plaisirs avec un comportement égoïste ou le contraire même avec des gens qui n’ont qu’une existence spirituelle désincarnée.

Évidemment vous aurez deviné que les psychoses maniaco-dépressives sont évocatrices, avec aussi les suicides (par balle).

 

Le tableau mental

J’ai utilisé de nombreuses sources pour essayer de vous faire une idée de ce gigantesque remède :

  • Kent, Conférences de Matière Médicale ;
  • Vermeulen , Concordant Materia Medica ;
  • Hodiamont, Les Venins et Nosodes ;
  • Clarke, Encyclopédie ;
  • Hering, Encyclopédie ;
  • Lamothe, Homéopathie pédiatrique.

L’extrême sensibilité nerveuse

Cette sensibilité peut être poussée jusqu’à la clairvoyance, comme dans Lyss et Phos. Chez l’adulte toujours on retrouve le sentiment que l’environnement est irréel, changé, le sujet dit volontiers « j’ai l’impression que ça se passe comme dans un rêve » ou bien ce sentiment que quelque chose ne va pas dans sa tête (le répertoire dit sentiment de démence dans la tête). Tout ceci explique aussi les très nombreuses Sensations comme si qui manquent hélas dans le répertoire (mais on va y pallier bientôt.), voyez le chapitre Sensations dans Hering.

La sensibilité exaltée explique:

    • les sursauts, < par un moindre bruit. Ces sursauts se retrouvent pendant le sommeil, ou bien même les réveils en sursaut.
    • L’< par le contact : les gens de Medorrhinum ne supportent pas d’être touchés. Ceci est très important et explique les confusions avec Lachesis surtout chez les bébés. Le symptôme caractéristique se retrouve dans Hering:  » Sensibilité nerveuse intense, si quelqu’un qui n’est pas en rapport [empathique] le frôle avec ses vêtements ou une mèche de cheveux« . On trouvera fréquemment la grand sensibilité de la plante des pieds.

 

  • Kalium carbonicum aussi possède cette sensibilité des pieds. Ainsi Kent raconte le cas de cette patiente dont il avait effleuré les pieds par mégarde et qui a sursauté de tout son corps. C’est un remède de gens qui sursautent pour des riens, très chatouilleux. La peur est ressentie à l’estomac. Les Kalium carbonicum manquent souvent de confiance en eux, sont mécontents d’eux, et ont un côté insouciant, alors que Medorrhinum est volontiers « égotique », sûr de son fait, très pointilleux de tout. Rare, mais caractéristique on trouve des Kalium carbonicum qui dorment en position assise ou semi-assise, alors que Medorrhinum dort souvent à plat ventre ou en position génupectorale (dans la toux par exemple, cela > le malade, c’est le symptôme le plus long de tout le Kent). Les Kalium carbonicum sont mieux au soleil alors que c’est un facteur aggravant chez Medorrhinum, enfin, contrairement à Medorrhinum qui réagit pour des riens, d’une façon générale les sujets Kalium carbonicum réagissent peu ou lentement.
    • l’excitation à cause d’une petite broutille, parfois rien que l’effort pour écrire une lettre les met dans tous leurs états, lire un joli texte les émeut, etc. Souvent les femmes sensibles décrivent cette sensation typique : « sensation qu’elle va s’évanouir, suivie par une grande chaleur qui descend le long de la colonne vertébrale et entre les épaules« .
    • l’agitation : « Agitation, ne peut rester tranquille, mais est grandement soulagée en serrant les mains très fort « .
    • les tremblements :  » Tremblement de partout, grande nervosité et profonde fatigue« .  » Grand tremblement général subjectif, même la langue semble trembler « . Cette excitation nerveuse peut d’ailleurs aller jusqu’aux convulsions:  » Spasmes toniques, extension rigide des bras et des jambes, les mains éversées, paumes vers l’extérieur, pouces repliés, doigts en griffe« . Medorrhinum se trouve donc être un parfait remède chez les hystériques et rivalise dans cette indication avec Phosphorus.
    • la démesure dans les réactions : un petit bruit les fait bondir, la moindre contradiction les fait bouillir, une musique les prend aux tripes, un simple toucher est ressenti trop vivement, etc.

Medorrhinum convient aussi bien à des enfants précoces qu’à des enfant qui ne comprennent rien en classe (rubrique lenteur de compréhension, enfants). Ce côté absolu en fait des gens qui ne supportent pas de se plier aux règles, aux contraintes, à la discipline. Lamothe cite des enfants Medorrhinum qui ont même un penchant autoritaire, ce qui n’est pas étonnant vu qu’ils ne supportent déjà pas la contradiction.

 

  • Ce tableau est aussi vrai de Lycopodium. Enfants autoritaires, grincheux au réveil, transpirent de la tête en dormant, dormant aussi sur le ventre ou à quatre pattes. Chez Lycopodium il y a au fond un manque de confiance en soi qui pousse à surcompenser par ce côté autoritaire, arriver le premier, prouver qu’on est le meilleur. Une nuance intéressante : Lycopodium ne supporte pas d’être approché, il a besoin d’une présence mais par exemple dans la pièce à côté, alors que Medorrhinum ne supporte pas d’être touché surtout par quelqu’un avec lequel il n’est pas « en phase ». Lycopodium a une grande sensibilité et compassion pour les autres, c’est sûrement moins vrai dans Medorrhinum. Si nos malades se réveillent la nuit, ça risque d’être à cause de la faim dans Lycopodium alors que ce sera plutôt la toux dans Medorrhinum. Medorrhinum présente ce curieux symptôme de chaleur brûlante dans les veines, les vaisseaux, alors que Lycopodium a exactement le contraire. Sur le plan général Lycopodium n’aime pas le plein air, alors que Medorrhinum ouvre grand les fenêtres. Enfin, les signes dyspeptiques sont très marqués dans Lycopodium, ainsi que les angines répétées. On pourrait encore étendre la liste.

La démesure

Cette démesure évoque l’image d’un balancier qui oscille d’un extrême à l’autre.

Ceci est très proche de ce que nous avons déjà vu avec Carcinosin où le malade adore une chose puis la déteste et oscille sans cesse dans des symptômes opposés.

De façon courante, le sujet Medorrhinum connaît des

l  phases sthéniques où il entreprend des tas de choses, son intellect brille, il est plein de vie et d’entrain, possédé d’une véritable boulimie : il dévore les aliments comme il dévore la vie ;

qui alternent avec des

l  phases asthéniques avec inaction, tristesse, pessimisme, découragement.

Ceci se retrouve partout : les sujets Medorrhinum n’aiment pas, ils adorent ; ou bien ils détestent. Ce sont des gens extrêmement gentils, altruistes, mais peuvent aussi devenir carrément méchants et d’un égoïsme total. Ces nuances opposées ne sont pas faites pour faciliter l’apprentissage d’un tel remède. Ainsi l’enfant Medorrhinum est agité, sans cesse en mouvement, en train
d’attraper un objet. Lamothe résume très bien: « il a une telle énergie que souvent ses parents ont depuis longtemps renoncé à l’éduquer et se plient à ses volontés« .

De même en phase sthénique on retrouve le symptôme:  » Inhabituellement active, comme si elle avait des ailes » qui peut alterner avec « Langueur [état de ralentissement psycho-moteur] au cours de la tuberculose ; grande dépression générale de la vitalité« .

On retrouve souvent l’humeur variable, pas de façon brutale comme dans Ignatia, ou Pulsatilla. Souvent l’enfant terrible, agité, infernal se trouve sans raison crevé, abattu, indifférent, avec le besoin qu’on ne le touche surtout pas.

L’anxiété pour le futur

Ce sont des gens continuellement en train de penser au futur (à l’opposé de Nat-m qui ressasse les événements désagréables du passé). Du coup, ces malades ne sont jamais satisfaits du présent qui leur pèse, d’où le classique symptôme : sensation que le temps passe trop lentement.

On comprend aussi que Medorrhinum soit toujours pressé (avec Nat-m, Tarent, Lach, etc.) : il faut avoir fini avant d’avoir commencé parce que l’après est toujours plus attrayant (Lamothe). D’autre part, comme tous les symptômes sont < en y pensant on comprend que cette fuite en avant permanente permette d’apporter un soulagement. Medorrhinum a peur de n’avoir pas le temps, d’où les difficultés lors des examens. A force de se précipiter, il arrive que le sujet Medorrhinum ne finisse rien, ce qui ajoute à son angoisse, d’où la tendance à reporter au lendemain ce qui pourrait être fait le jour même (procrastination, mais le mot est dur à caser dans la conversation).

Dans cette obsession du futur Medorrhinum développe un côté affreusement tatillon qui rivalise avec Carcinosin.

  • Contrairement à Carcinosin pour qui ce symptôme relève du besoin de tout contrôler, avec un sens aigu des responsabilités pour autrui, Medorrhinum fait cela par peur, peur de se tromper, peur que quelque chose ne se produise, par anticipation.

Cette anticipation est majeure, (la rubrique initiale de Kent ne comptait que Argentum nitricum et Arsenicum album aux côtés de Medorrhinum), avec le fameux symptôme d’anxiété quand on a fixé l’heure d’un rendez-vous (les gens qui sont obligés de partir très à l’avance pour être sûrs de ne pas rater leur rendez-vous).

  • Argentum nitricum peut être très proche de Medorrhinum, surtout chez les bébés qui présentent une ophtalmie, une sténose du canal lacrymal, etc. Argentum possède beaucoup plus de ballonnements et une forte < pour les vêtements serrés. Même si de façon classique les deux remèdes peuvent aimer ou avoir une aversion pour le sucré, Argentum a une forte envie de sucreries qui pourtant << ses symptômes. De plus il existe de nombreuses phobies d’Argentum que Medorrhinum ne possède pas (peur ou vertige en hauteur notamment).

L’anxiété prend de multiples allures : peur qu’un malheur n’arrive (val relative de 3 points), peur de l’obscurité (très souvent chez les enfants), peur de la mort, peur des maladies. D’où le bon vieux symptôme : se lave les mains sans arrêt.

  • Arsenicum possède la même anticipation et plein de peurs. On a aussi le côté tatillon. Mais Arsenicum album regorge de signes < par la solitude que Medorrhinum ne possède pas. Ensuite Arsenicum album est > par la chaleur, notamment du lit alors que Medorrhinum est < par toutes les formes de chaleur. Impossible donc de les confondre.
  • Luesinum se lave aussi de façon obsessionnelle. Ici, l’horaire des aggravations nous sauve pour faire le distinguo avec le nosode luétique  : Syph est < du coucher du soleil jusqu’à son lever, en un mot < la nuit ; alors que Medorrhinum est < depuis le lever du soleil jusqu’à son coucher (ainsi j’ai vu une fois chez Medorrhinum une céphalée commencer le matin s’aggraver jusqu’à midi puis s’amender progressivement dans l’après midi et disparaître le soir). Retenez aussi que le sujet Medorrhinum est toujours mieux, en pleine forme le soir. Chez l’enfant on trouvera plein de signes d’une véritable angoisse. Il se ronge les ongles (très grand signe de Medorrhinum), alors qu’il montre volontiers un côté gai, enjoué à la Sulphur, il peut d’un coup devenir obsédé par les maladies, peur d’être blessé, d’attraper des microbes, peur des maladies, etc. Il devient angoissé par l’idée du temps qui passe, du vieillissement peut être plus que de la mort elle même pour lui et sa famille.

La dépression / culpabilité

Les signes dépressifs apparaissent nettement avec la faculté de pleurer. Ainsi Medorrhinum pleure quand on lui parle, ou même pleure en parlant. Le plus souvent, Medorrhinum pleure en parlant de sa maladie.

  • Comme Pulsatilla, pleurer > les symptômes. Comme Pulsatilla, Medorrhinum dort à plat ventre, sort les pieds du lit, a peur du noir. Mais Medorrhinum se ronge les ongles, est très sensible au bord de mer et ne possède pas la compassion des sujets Pulsatilla. Surtout, Medorrhinum aime le gras, ce qui n’est pas vraiment le cas de Pulsatilla.

Enfin, notons la culpabilité qui peut alimenter la dépression, avec une auto-dépréciation qui est selon Candegabe la base du comportement de Medorrhinum. Anxiété de conscience rivalise avec anxiété pour son salut, affections religieuses, remords.

Symptomes physiques

Le catarrhe et l’inflammation des muqueuses

Ce signe éminemment sycotique comme nous l’avons vu plus haut (voir ci-dessus le chapitre La Sycose page) se retrouve chez le bébé, l’enfant, l’adulte.

L’écoulement postérieur ou si vous préférez, la rhinite chronique obstructive est un excellent point d’appel.

J’emprunte à Lamothe la description de l’enfant : toujours la bouche ouverte (faciès adénoïdien), une hypertrophie des végétations, des adénopathies, un prurit nasal.

  • Voyez la grande ressemblance avec Calcarea carbonica qui possède aussi le goût pour le sel comme Medorrhinum. Cependant l’enfant de Calcarea carbonica est calme, « pépère » dirons-nous, alors que l’enfant Medorrhinum est souvent intenable. De plus les sueurs sont bien sûr un élément très présent dans Calcarea carbonica.
  • On peut discuter aussi Silicea (d’ailleurs vous aurez souvent le dilemme Calcarea carbonica, Silicea, Sanicula) qui possède le même écoulement purulent, tous les signes de coryza qu’on voudra, le besoin de se curer le nez, l’obstruction chronique, etc. Ici encore, le comportement de Medorrhinum est aux antipodes, quoiqu’il arrive de trouver des Silicea têtus et turbulents mais jamais jaloux comme Medorrhinum. Les sueurs indiquent aussi Silicea de même que la tendance à marcher ou mettre les dents tardivement. Dans Medorrhinum vous verrez que c’est tout l’enfant si j’ose dire, qui pousse mal. Medorrhinum aime la viande et le sel, alors que c’est le contraire dans Silicea. Medorrhinum est toujours > le soir, à l’opposé de Silicea. Medorrhinum est < par la chaleur, a besoin d’air, d’ouvrir les fenêtres, etc. alors que c’est juste le contraire dans Silicea.

Pour finir avec cette région anatomique, Medorrhinum est un grand remède d’otites séreuses dès lors que le reste du tableau cadre.

La blépharo-conjonctivite chronique

Très très caractéristique. Le bord des paupières est enflammé (3ème degré, avec val relative de 2 points), avec des croûtes à la racine des cils lesquels peuvent d’ailleurs tomber. Les paupières sont collées le matin (val relative 3). Il va de soi qu’avec ces symptômes il existe une photophobie importante.

Inutile de préciser que ce genre de signes oculaire survenant dans les suites d’une infection génitale indique formellement le remède qui possède cette nature sycotique alors que Silicea pourrait être aussi envisagé mais échouerait certainement. Vous risquez de balayer avec Medorrhinum un grand nombre de ce genre d’infections oculaires néonatales.

Les troubles respiratoires

Cette fois ce sont le bronches qui souffrent. Medorrhinum est un immense remède d’asthme et de toux.

Les troubles sont < par temps froid et humide, mais aussi on peut avoir des asthmatique soulagés quand il pleut… La dyspnée peut être > après manger, c’est bien sûr rare mais caractéristique de même que le besoin d’être éventé. On sera étonné de rencontrer plus souvent qu’on ne croit le besoin de se mettre à quatre pattes pour tousser car les malade ne parviennent pas à tousser assez fort pour décrocher les glaires qui les gênent. Les signes sont tous < la nuit. La toux est < à la chaleur ou en entrant dans une pièce chauffée, tout comme Pulsatilla avec lequel on le confond facilement. Ce qui n’est pas grave dans le fond car après que Pulsatilla n’ait que partiellement soulagé, vous serez obligé de donner Medorrhinum qui suit bien. A retenir aussi la toux < lors de l’endormissement comme Lyc, Lachesis, Phos, etc.

A ne pas rater la modalité générale mais qui se révèle souvent pour l’asthme : la sensibilité au bord de mer. La plupart du temps la première crise d’asthme survient lors du premier séjour à l’océan. Mais dans certains cas, le climat océanique apporte une >.

Infections urinaires

Pour Lamothe l’infection urinaire basse du premier âge est un bon signe de Medorrhinum, surtout si elle récidive.

Je n’ai pas eu l’occasion de prescrire dans cette indication particulière, ou bien chez de plus grands enfants et dans ce cas c’est souvent Lycopodium qui emporte la palme.

Aux côtés de Merc, Pulsatilla, et Cubeba, Medorrhinum présente des pertes chez les petites filles.

Le retard mental ou staturo-pondéral

Nous l’avons déjà vu auparavant, je résume donc : retard intellectuel à tous les degrés cela peut aller aussi avec des signes tels que se mordre les doigt ou s’arracher les cheveux.

Le retard du développement est si marqué dans Medorrhinum que ce remède a considérablement aidé des enfants atteints d’achondroplasie. Ils ne se sont pas mis à grandir beaucoup plus, mais « pètent » la santé comme disent les parents : plus d’otite, surtout séreuses, plus de bronchites, etc. L’une de ces enfants est carrément précoce et très douée intellectuellement ce qui vous prouve à quel point on peut voir une chose et son opposé dans Medorrhinum. La plupart du temps les enfant apprennent mal, ne se concentrent pas, ou bien se fixent sur des détails absolument sans importance, en restant incapables de saisir le sens général.

Les troubles de la mémoire sont monnaie courante, surtout la tendance à perdre le fil de la conversation, de même que les erreurs en écrivant (pour épeler les mots ou aussi dysorthographie).

Le sommeil

Je rabâche la fameuse position génupectorale, qui est loin d’être le seul apanage de Medorrhinum. Souvent on a aussi la position sur le ventre.

La peur du noir est très marquée, l’enfant a peur de se coucher et refuse souvent de se coucher vu son excitation du soir.

Comme dans Sulphur, on a une << par la chaleur du lit, avec les pieds brûlants et le besoin de les sortir du lit.

La peau

C’est la foire aux verrues et autres excroissances. Tout peut se voir. A noter les molluscum tout comme Carcinosin.

Érythème fessier récidivant, ou inflammation de tout le région du périnée.

Eczéma à volonté.

L’appétit

Carrément boulimique, ça fait partie du besoin de profiter pleinement de ce que la vie apporte.

Désir de fruits surtout verts, d’oranges. D’alcools forts. Il faut l’ajouter à la rubrique désir de gras aux côtés de Carcinosin (observation de Vermeulen), Sulphur, Nitric acidum, etc.

Fort désir de sel, sucreries, de glaces et de glaçons.

La soif est très grande.

Avec tous ces signes, vous constaterez combien les comparaisons sont immenses avec d’autres remèdes.

L’excitation sexuelle

Très important, il faut penser à Medorrhinum (ou Carcinosin) dès que lamasturbation est anormale chez les enfants. Signe qui trompe rarement.

Modalités

Amélioration générale :

Le soir ;

Allongé sur le ventre ou en position génupectorale ;

En plein air, air frais, désir de fenêtres ouvertes, etc ;

Au bord de la mer ;

Frottant fortement les parties souffrantes ;

Temps humide.

Aggravation générale :

Toucher, le moindre ;

Chaleur, pièce fermée, étant couvert ;

En pensant à ses troubles ;

Au bord de mer.

 

Cas cliniques

Cas 1 : asthme

Raphael 6ans :  je le vois en Décembre 96. Je vous livre mes notes brutes :

Asthme depuis un an et demi

débuté au bd de l’océan

Enfant adopté, originaire de l’Inde du Sud

Très maigre

Eczéma quand il est arrivé en France

il avait deux ans et demi

des Indes

surinfecté généralisé

beaucoup cuir chevelu

Fait des efforts pour manger

veut grandir

Sensible, câlins, etc.

Dort sur le ventre

Réclame du sel

Medorrhinum 200 : aggravation pendant 3 jours. Puis a été « super », plus du tout d’asthme. Dû répéter fin avril à cause d’une petite rechute lors d’un séjour à la mer. Pour l’instant il va très bien, a pris 4 kg.

Cas 2 : métrorragies

Jasmine consulte en juin 96, à l’âge de 14 ans pour des règles trop abondantes, à la limite d’être hémorragiques. Elle ne supporte pas du tout le Métergin qui la rend malade. Je lui donnerai sans succès
Phosphorus, Pulsatilla, et d’autre sans succès. Pour finir en Août 96 en
notant :

Une seule sensation particulière :

Sensation de froid très localisé dans le dos

comme de la glace ou un glaçon

Je lui donne donc Sec M qui échoue à son tour lamentablement.

En reprenant l’anamnèse à fond, je rassemble les quelques signes qui étaient apparus éparsisolément et de façon transitoire lors des consultations précédentes:

Elle est très améliorée par la position génupectorale ce symptôme nouveau est apparu lors des hémorragies, elle n’était bien que dans cette position

Aversion pommes

Très méticuleuse, prend son temps pour écrire soigneusement (c’était très net à une époque, moins maintenant).

Très jalouse de sa petite soeur (même si c’est moins vrai maintenant).

Med 200 produit un effet qualifié de « magique ». Notamment >> de l’angine avant les règles et >> de la diarrhée avant les règles.

Nous avons monté Medorrhinum depuis et elle se porte très bien. Ne pas hésiter donc, comme Hahnemann l’a enseigné, et comme Kent le faisait, d’assembler comme s’ils étaient présents au même moment des symptômes qui ne sont dévoilés que transitoirement dans le cas. C’est comme si le miasme sycotique empêchait l’expression des symptômes.

Cas 3 : bel exemple de confusion avec Carcinosin et Lachesis.

L’enfant Clément est né en 1985. Sa mère l’amène en mai 95 pour des molluscum qui récidivent et dont il est couvert.

Il a fait otites sur otites, cela s’est > depuis l’ablation des végétations. Il est grand et mince. Sa mère dit qu’il est très tourmenté, il voit toujours le mauvais côté des choses, très anxieux de tout. Pleure très facilement. Emotivité extrême.

Il a des accès de fureur à l’école, brutal avec les autres. Il regrette et en pleure ensuite.

Il ajoute du sel et en mange comme si c’était des bonbons. Adore le moutarde et les choses fortes.

Il est très précoce, surtout sur le plan intellectuel. Sa tante a eu un cancer du sein. Besoin de manger peu mais régulièrement.

Carcinosin M en mai 95.

Peu de résultat, la dose de Carcinosin XM seulement lui fera quelque bien.

Sentant que le cas n’évolue pas, je donne Sulph 200, à cause de la chaleur en excès (toujours trop chaud, se découvre, etc.) et le besoin d’être toujours pieds nus. La dose sera de quelque effet, les molluscum sont bien dégagés. Mais. l’enfant lui n’est pas changé.

Ce n’est qu’en février 92 que la mère me dit « au fait, je ne t’ai pas dit le principal, ça doit être important en homéopathie : il est affreusement jaloux ». Comme il est super actif, volubile et qu’en plus il n’arrête pas de se tripoter le zizi, banco je donne Lachesis M en négligeant l’envie de sel effrénée. Résultat nul.

Finalement ce n’est qu’en décembre 96 que je tilte enfin : il est << au bord de la mer et devient alors carrément intenable, il se rongeait énormément les ongles jusqu’à peu.

Medorrhinum M balaiera les symptômes. L’enfant est vraiment transformé. Il reste encore jaloux mais ce ne sont plus les crises affreuses qu’il avait coutume de faire. Les molluscum restant sont partis quelques jours après la première prise.

Fait des rêves de partir dans un bateau qui coule avec la famille et lui se retrouve seul ; ou bien dans une caravane de marchands dans le désert et on l’abandonne ou il se retrouve seul dans la tempête.

 

Conclusion

Devant un cas qui vous avez amélioré avec Sulphur et Lachesis vous devez envisager Medorrhinum. C’est la confusion la plus courante que nous avons tous fait et que nous referons.

Comme tout nosode, Medorrhinum est un merveilleux remède chez l’enfant. Il sera néanmoins fréquent de le prescrire chez l’adulte pourvu qu’on veuille bien y penser. Je me répète mais pensez y devant un cas de Sulphur qui dort à plat ventre.

Attention de le prescrire prudemment en commençant par des dynamisations pas trop puissantes car je crois que c’est un des remèdes qui provoque le plus d’aggravations.

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