David LittlePar David Little. Traduction Jean-Claude Ravalard et EB.

I LE DÉVELOPPEMENT DES NOSODES

La publication par Hahnemann des Maladies chroniques (1828) suscita grand le plus grand intérêt quant aux miasmes et à leurs remèdes anti-miasmatiques. Au début, Constantin Hering douta de la théorie miasmatique, mais il se rendit bientôt compte que le vieux maître avait de nouveau révolutionné l’homéopathie. Entre 1827 et 1833, Hering mena des recherches botaniques et zoologiques pour le compte du Gouvernement hollandais au Surinam, en Amérique du Sud. Il a profité de ce séjour pour étudier soigneusement l’action des remèdes minéraux, végétaux et animaux. Constantin a expérimenté pendant cette période les premiers poisons animaux et les premiers nosodes. En 1832 Hering écrivait:

« Pendant les expériences sur le venin de serpent, j’ai émis l’idée que le virus hydrophobique devait être un puissant agent pathogène. J’ai avancé les mêmes hypothèses quant au virus de la variole. Je n’en attends pas moins en ce qui concerne le virus psorique et j’invite mes collègues à faire des expérimentations. »

Hering fut le premier à utiliser des miasmes comme base d’un remède homéopathique et il a inventé le terme « nosode ». Le mot grec, Noso, est un préfixe ajouté pour préciser que l’origine du remède est la maladie elle-même. Ce terme est aussi connecté au mot latin « noxa », c’est à dire nocif. L’idée de Hering consiste à utiliser des substances potentiellement nocives comme base du remède dynamisé. On lui doit la très forte expansion de la matière médicale ainsi que la création de sept nouvelles catégories de remèdes dynamisés. Hering était aussi un vrai défenseur des quatre principes cardinaux d’homéopathie : les semblables par les semblables, le remède unique, la dose minimale et le remède dynamisé. Les contributions de Hering à la matière médicale incluent :

  1. L’utilisation de venins d’insectes, serpents et autres créatures venimeuses (poisons Animaux).
  2. L’utilisation de remèdes obtenus à partir de miasmes (Nosodes).
  3. L’utilisation de miasmes dynamisés et de sécrétions morbides prélevées directement du patient (Auto-nosodes).
  4. L’utilisation d’organes homologues, tissus et sécrétions comme remèdes (Sarcodes).
  5. L’utilisation de miasmes dynamisés dans la prévention de maladies infectieuses (Homéoprophylaxie par nosodes).
  6. L’utilisation d’éléments chimiques et nutritionnels présents dans l’organisme humain (relations biochimiques).
  7. L’utilisation de l’homéopathie pour empêcher l’infestation d’habitats par les mauvaises herbes, les insectes et autres animaux. Hering a suggéré de dynamiser des graines de mauvaises herbes pour prévenir leur développement et d’utiliser des dynamisation animales pour empêcher l’infestation et l’infection (Isodes).

Voir Conférences sur la Théorie et la Pratique de ‘Homéopathie, R.E. Dudgeon, B. Jain Éditeurs (P) Ltd, Cours VI, l’Isopathie, pp 141-175. Référez-vous aussi à la Vie et Travaux de Hering par David Little à simillimum

Hering possédait la plus vaste bibliothèque du monde occidental sur Paracelse et s’est largement inspiré du vieil « homéopathe » alchimique. Paracelse enseignait que le poison lui-même pourrait guérir l’empoisonnement du à ce dernier s’il était spécialement préparé. William Lux a enregistré plusieurs guérisons d’effets secondaires de drogues avec la même drogue en dynamisation centésimale. Lux s’est inspiré de Hering, s’en est attribué la paternité se permettant de déclarer avec arrogance que sa ‘nouvelle’ isopathie était supérieure à l’homéopathie. Cette position s’avéra être particulièrement pernicieuse, le système de Lux dégénérant dans la prescription de remèdes identiques administrés uniquement d’après leurs indications causales, limitant ainsi son potentiel thérapeutique. Les homéopathes du 19ème siècle, cependant, ont intégré l’utilisation d’identiques dans leurs stratégies de gestion de cas en tant que remèdes intercurrents. Durant cette période, ils ont expérimenté les principaux nosodes, enregistré des confirmations cliniques et incorporé ces remèdes dans la matière médicale. Quant aux isopathes, ils ont repris à leur compte une petite parcelle de la vaste doctrine homéopathique, et l’ont sorti de son contexte pour essayer de construire leur propre système en utilisant des dynamisations. Le fantôme de William Lux a investi les esprits de quelques enseignants se prenant pour des messies et créant leurs propres versions new age de ‘l’homéopathie renouvelée’. Un tel orgueil ne connaît aucune limite.

Les Nosodes en tant que Famille de Remèdes

La famille des nosodes constitue un groupe particulier en homéopathie. Ils sont issus des formes de vie les plus primitives de notre planète. Les minéraux représentent la première famille dans la chaîne de développement, ils sont suivis par les nosodes, les champignons, les lichens, les fougères, les gymnospermes (dicotylédones et monocotylédones), et enfin les remèdes animaux. Les Lichens, les premières plantes terrestres, constituent la fusion symbiotique d’un champignon et d’une bactérie. Les nosodes proviennent principalement des anciens règnes des Virus, Monères et protistes. Psorinum et Pediculus sont les seuls représentants des insectes parmi les nosodes. Virus, bactéries et parasites sont les responsables des premières maladies observées chez les êtres humains.

Hering poursuivit ses expérimentations avec les nosodes de miasmes aigus et chroniques et invita ses confrères à conduire des pathogénésies. Il a recommandé l’utilisation dynamisée d’excrément aqueux de choléra, de vomissement noir de la fièvre jaune, de desquamation de peau dans la scarlatine maligne, de leucorrhée, de sachets de lactose maintenus au contact de la peau de patients atteints de typhus, etc. Il a ainsi préparé psorine (Psorinum), l’écoulement d’urétrite chronique (Medorrhinum), pthisine (Tuberculinum) et syphiline (Syphilinum).

Une des choses importantes à retenir de cette étude est le caractère héroïque des nosodes. Ce sont des maladies responsables de millions de morts qui sont très bien décrites. Pour cette raison, nous avons à notre disposition une masse d’informations sur de tels troubles car il s’agit de maladies d’étiologie fréquente et de symptômes similaires qui atteignent des groupes importants de populations. Une étude des maladies infectieuses épidémiques apporte beaucoup d’informations car elles se comportent comme une « pathogénésie naturelle » du nosode. Du fait de leur caractère, ces remèdes doivent être employés avec prudence.

Les nosodes principaux de la matière médicale homéopathique incluent des remèdes obtenus à partir de miasmes aigus et chroniques aussi bien que des vaccins.

Anthrx., Bac., Bruc., Carc., Dipth., DPT., Hippoz., Influenzinum., Lepr., Lyss., Maland., Malar., Med., Morbill., Oscilloc., Parat., Parot., Pert., Pneu, Psor., Pyrog., Scarl., Schirr., Staphyc., Strept, Strept-ent., Syph., Tub., Vac.

La connaissance de la constitution, du tempérament, de l’étiologie ainsi que des signes et symptômes doit être incluse dans la prise de l’observation. Si la force vitale est assez puissante, elle produira des symptômes caractéristiques qui domineront l’état constitutionnel. Dans ce cas, la totalité des symptômes guidera l’homéopathe vers un remède constitutionnel. Si une forte strate miasmatique réprime les symptômes de la constitution, la force vitale produira les symptômes du remède intercurrent ou nosode.

Confirmations Cliniques

Les premiers homéopathes à expérimenter des nosodes furent Hahnemann, Hering, Lux, Gross et Stapf. Hering a accumulé sur le terrain une immense expérience de toute première main en expérimentant des nosodes et en appliquant des remèdes semblables aux cas aigus et aux maladies chroniques. Il a introduit ces nouvelles méthodes tout en soulignant clairement leurs limitations lorsque ces remèdes étaient prescrits uniquement sur la notion d’identiques. Toutes ces préparations ne peuvent pas être considérées comme des spécifiques absolus ou des remèdes complètement curatifs. Les nosodes s’utilisent avant tout dans le traitement des maladies chroniques en tant que remèdes intercurrents.

En 1836 Hering déclarait qu’il n’avait jamais réussi à guérir, mais seulement à améliorer des maladies en utilisant leurs propres produits morbides.

L’intercurrent chronique est employé pour enlever des obstacles à la cure et rendre la réaction aux remèdes constitutionnels plus permanente. Hering a donné un parfait exemple de l’utilisation appropriée d’identique dans un cas de syphilis supprimée qui ne répondait pas aux remèdes antisyphilitiques comme le Mercure. Dans ce cas il a employé Syphiline (Syphilinum) comme remède intercurrent chronique. Ce remède a immédiatement ramené l’éruption cutanée supprimée et le chancre fut alors guéri par le Mercure suivi par Lachesis. Hering a enregistré de nombreuses guérisons semblables.

Les nosodes une fois expérimentés et administrés d’après la totalité des symptômes deviennent des remèdes constitutionnels. Si on administre les nosodes seulement d’après la notion d’identité, ceux-ci ne servent alors que de remèdes intercurrents pouvant aider à faire avancer le cas et à ôter des obstacles à la guérison. Des remèdes constitutionnels sont nécessaires pour compléter leur action et achever la guérison. C’est dans cet esprit que Hering a intégré les identiques dans la matière médicale homéopathique.

Caractéristiques des Nosodes

Hering remarqua que certains symptômes caractéristiques étaient associés aux indications des nosodes. Les key notes des symptômes miasmatique sont :

  • le manque de réaction aux remèdes bien choisis,
  • le changement constant des symptômes,
  • les images fragmentaires de remèdes constitutionnels et
  • les signes miasmatiques unilatéraux avec peu de symptômes caractéristiques.

Ces situations présentent des indices qui pointent dans la direction du miasme chronique à la base de la totalité des symptômes. Si les symptômes du remède intercurrent sont présents un nosode peut lever les obstructions pour la guérison ou révéler une image plus claire. L’intercurrent chronique est alors complémentaire des remèdes constitutionnels nécessaires pour achever la guérison. Nous allons voir les symptômes caractéristiques et les états associés aux nosodes intercurrent chroniques. C’est un aspect essentiel de pathologie homéopathique et des procédures de gestion de cas.

  1. Quand des remèdes bien choisis n’agissent pas, suspendent leur action, ou ne font que modifier les symptômes.Psorinum possède le manque de réaction quand des remèdes bien choisis ne réussissent pas à agir, particulièrement chez ceux qui sont extrêmement sensibles au froid, souffrent d’une transpiration profuse, à l’odeur nauséabonde, dont la peau garde toujours un aspect sale et qui ont tendance à être très pessimistes quant à l’idée de leur rétablissement, etc.. Un tel phénomène est souvent causé par la suppression de miasmes chroniques, la psore, la sycose, la pseudo-psore et la syphilis. On peut connaître le remède indiqué mais l’obstruction miasmatique réprime la réaction secondaire de la force vitale. Pour cette raison l’homéopathe doit comprendre les portraits miasmatiques et leur pathologie.Parfois l’homéopathe pense s’être trompé de remède et embrouille le cas encore plus en donnant de nouveaux médicaments. Si on reconnaît les symptômes des miasmes et du groupe des nosodes on pourra constater qu’un intercurrent chronique est clairement indiqué.Tuberculinum a des symptômes qui changent constamment et des états où les remèdes bien choisis n’agissent pas ou stoppent leur action, particulièrement chez ceux qui ont le teint clair, le thorax étroit, une laxité des fibres élastiques, chez ceux qui récupèrent lentement et prennent constamment froid. Il peut aussi y avoir la crainte des chats, des chiens et des animaux en général, un désir de voyager et un état de profond mécontentement avec une tendance à injurier, pousser des jurons et un désir de casser des choses, etc.. Tous les nosodes partagent ce type de symptômes mais chacun les caractérise de sa propre façon. Cela facilite le diagnostic différentiel des miasmes et le choix du nosode.
  2. Quand une strate miasmatique entrave la progression d’un remède constitutionnel qui améliorait le patient. On a donné Pulsatilla à un patient dont les symptômes indiquaient un miasme hérité pseudo-psorique. Après plusieurs mois d’amélioration soutenue, le patient commence à rechuter et à sa grande surprise, Pulsatilla ne fonctionne plus quelle que soit la dynamisation. Il n’y a aucun symptôme appelant un nouveau remède. Si le cas montre un fort miasme tuberculeux à l’arrière-plan, la force vitale peut avoir besoin de Tuberculinum. Le nosode fera progresser le cas ou le mettra en état de recevoir de nouveau Pulsatilla. Le nosode intercurrent a le pouvoir de sensibiliser de nouveau la force vitale à l’action des remèdes constitutionnels. Des homéopathes expérimentés ont été témoins de cet effet à de très nombreuses reprises. Il y a des cas dans lesquels cette technique est indispensable.
  3. Le syndrome « JAMAIS BIEN DEPUIS ». Parfois une personne ne se remet jamais entièrement d’un épisode aigu ou chronique. La nouvelle strate miasmatique modifie leurs symptômes mentaux et généraux et réprime l’image constitutionnelle innée. Le patient pouvait posséder une intelligence affinée, une bonne mémoire et être de nature calme, mais tout ceci a changé en empirant. Maintenant il est devenu très pressé comme si le temps passait trop lentement, il ne peut plus suivre le fil d’une conversation et il a peur de l’obscurité, superstitieux et souffre du sentiment que quelqu’un ou quelque chose est toujours derrière lui. Ce dernier symptôme est très indicatif de l’état paranoïde soupçonneux de la sycose. Il représente l’illusion subconsciente que quelque chose se trame « derrière leur dos » et est sur le point « de leur tomber dessus ». Medorrhinum a guéri beaucoup de tels cas qui ne se sont jamais remis d’une sycose héritée ou acquise.Le syndrome « jamais bien depuis » peut aussi être appliqué aux miasmes aigus. Parfois une personne ne se remet jamais entièrement d’une maladie aiguë aboutissant à des symptômes constitutionnels. L’effet de ce miasme aigu reste imprimé dans la force vitale, aboutissant à une dysrégulation du système de défense. Cette nouvelle strate plus forte réprime l’image constitutionnelle et entrave la guérison. Les complications des miasmes aigus, simulant des séquelles de ces derniers, se présentent souvent sous une forme chronique. Cela inclut les complications de la grippe, de la diphtérie, de la rougeole, de la coqueluche, de la typhoïde, etc. autant d’états dans lesquels le patient n’a jamais vraiment récupéré. Une étude des états miasmatique et de leurs complications mettra alors en évidence les symptômes d’Influenzinum, Diphtherinum, Morbillinum, Pertussinun, etc. C’est une des utilisations principales des nosodes préparés à partir de miasmes aigus.
  4. Le manque de symptômes. Il arrive que l’on ait très peu de symptômes sur lesquels prescrire. Cette situation se rencontre dans les cas défectifs, pauci symptomatiques, où une forte couche miasmatique a réprimé la capacité de la constitution à montrer des symptômes. En dehors des signes liés à la pathologie et aux miasmes, il y a peu d’éléments sur lesquels on puisse fonder une prescription constitutionnelle. Cet état peut être du à une association de trauma, de miasmes, de suppression et d’effets indésirables liés aux médicaments. La diathèse sous-jacente peut être associée soit avec des facteurs constitutionnels transmis par les ascendants soit avec des miasmes. Le nosode est parfois utilisé dans des cas localisés lorsqu’il existe des caractéristiques évidentes de son groupe. Voici ce qu’écrit Kent, dans ses Conférences de Matière Médicale, à propos de la discussion du remède, au chapitre Tuberculinum:« En parcourant les dossiers d’un grand nombre de malades guéris, il semble que ce remède a été donné à bien des occasions, seulement sur cette situation de manque de symptômes et s’il faut en croire ces dossiers, il a rééquilibré dans de nombreux cas la constitution lorsque une anémie était associée à une hérédité tuberculeuse. Ce n’est pas la meilleure indication pour Tuberc., mais lorsque, en plus de cette hérédité, les symptômes concordent, vous pouvez avoir, dans ce cas, l’indication pour ce remède » .Des réactions diverses peuvent survenir après l’administration d’un nosode dans ce syndrome de ‘manque de symptômes’. Parfois on constate une amélioration des signes, une accentuation de la vitalité et une évolution de la constitution vers une santé retrouvée. En d’autres occasions, les symptômes du patient peuvent devenir plus nombreux, les strates réprimées au sein de la constitution devenant actives à nouveau. Cela permet au praticien homéopathe de prescrire un remède constitutionnel fondé sur les symptômes récemment apparus, permettant une évolution vers la guérison. Le premier signe caractéristique à apparaître ouvre souvent la porte à un simillimum complémentaire.
  5. Lorsque l’analyse du cas met en évidence les tableaux partiels de plusieurs remèdes constitutionnels et qu’aucun ne s’adapte parfaitement à la situation. De tels cas semblent fragmentés et désorganisés, mais dans la réalité, cette situation est caractéristique du groupe de nosode. Une étude des maladies miasmatiques masquées derrière ce tableau confus décèle une image symptomatique caractéristique du groupe des miasmes. L’analyse différentielle des symptômes montrera rapidement quel nosode est semblable à la cause sous-jacente. Un tel remède améliore l’état de santé et fait disparaître le syndrome exprimé. Une fois l’action du nosode achevée, les symptômes orienteront plus clairement vers un remède constitutionnel. De cette façon un nosode peut ramener l’ordre après le chaos et la clarté après la désordre. Les caractéristiques de groupe des nosodes doivent faire étudier les miasmes chroniques et relever leurs signes et aussi rechercher les symptômes des remèdes anti-miasmatiques. La force vitale produit toujours des signes objectifs et des symptômes subjectifs qui permettront l’individualisation du simillimum indiqué.
  6. Le nosode est apparenté au type de la maladie. Dans ce cas le nosode du miasme incriminé est employé contre la maladie naturelle. Les homéopathes du 19ème siècle ont expérimenté des nosodes pour la prévention et l’interruption des maladies infectieuses prises au début. Un exemple de cette méthode est l’utilisation par Clarke de Pertussin (Coqueluchin) contre la coqueluche. Voici ce qu’il écrivait:« J’ai trouvé dans ce nosode un spécifique pour une grande nombre de cas de cette maladie. Il doit être donné toutes les quatre heures pour commencer et s’il ne résout pas le cas en quelques jours, ou s’il n’atténue pas de façon nette sa sévérité, un autre remède peut être choisi à la suite [remèdes symptomatiques]. »
    Lorsqu’on donne un nosode au début d’une maladie avant le développement de symptômes particuliers, il peut interrompre la maladie aiguë ou modifier sa virulence. Une fois les symptômes installés, il vaut mieux utiliser les remèdes symptomatiques. On peut utiliser les nosodes en prévention en cas de contamination et en vue de détruire le miasme en tout début d’évolution. Quelques miasmes sont si dangereux qu’il vaut mieux essayer de les prévenir ou de les faire avorter par homéoprophylaxie plutôt que de les laisser développer leurs symptômes. Si les signes de maladie se développent malgré l’intervention du nosode, un remède complémentaire aigu choisi sur ces symptômes complètera le traitement.
  7. Les AUTO-NOSODES. Ces remèdes sont faits à partir des propres substances du sujet malade. Parfois, quand rien d’autre ne semble agir, cela peut constituer une aide thérapeutique. Hahnemann avait eu un patient qui ne répondait pas à ses remèdes bien choisis. Il avait été amené à préparer un auto-nosode tuberculeux obtenu à partir de la salive même de ce patient qui souffrait de tuberculose. La santé du patient s’était améliorée, et le Fondateur avait utilisé à la suite des remèdes traditionnels. Les auto-nosodes sont faits à partir de crachats, d’écoulements, de sang et de microbes issus de prélèvements faits sur le patient, etc.. Ce secteur exige une recherche élaborée.
  8. PROPHYLAXIE HOMÉOPATHIQUE. L’utilisation couronnée de succès de Variolinum par Boenninghausen, pour prévenir la variole a été bien documentée. Les nosodes sont aussi employés pour protéger les enfants des miasmes transmis par leurs parents. James Kent a écrit dans ses Conférences de Matière médicale Homéopathique: »Si on donne Tuberculinum Bovinum en XM, LM, CM. à raison de deux doses de chaque dynamisation à de longs intervalles, tous les enfants et les jeunes gens qui ont une hérédité tuberculeuse peuvent être immunisés et leur résistance sera reconstituée. »Cette utilisation concerne des enfants présentant des symptômes de tuberculinisme comme une nervosité, des crises de colère, un amaigrissement, une anémie, des fièvres hectiques, une hypertrophie ganglionnaire, une sensibilité aux refroidissements, etc.. C’est une autre indication du groupe des nosodes et des miasmes. Pour plus d’information sur la prévention des maladies par homéopathie, référez-vous s’il vous plaît à ‘Prophylaxy in l’homéopathy’ par David Little à simillimum.
  9. MIASMES IATROGÈNES DUS AUX VACCINS. Dans ce cas, le nosode de la vaccination incriminée peut enlever les effets secondaires de l’immunisation. Cette indication est apparentée au syndrome « jamais bien depuis » mais dans ce cas c’est l’immunisation, la vaccination, ou des produits d’origine sanguine qui sont responsables de cette maladie. Les vaccinations brutes et les produits sanguins génèrent le miasme Vaccinosis. Ce syndrome perturbe les systèmes défensifs déclenchant des syndromes auto-immuns chroniques, des maladies idiopathiques ainsi que des syndromes d’immunodéficience. Ces syndromes iatrogènes ont tendance à réprimer les signes constitutionnels et à perturber le groupe symptomatique naturel. Cette perturbation est une caractéristique du groupe des nosodes.Les symptômes caractéristiques des nosodes constituent un signe d’alerte devant nous faire rechercher un ou des miasmes et relever leurs signes et symptômes et aussi rechercher les symptômes des nosodes principaux et des remèdes anti-miasmatiques. Il y a toujours des signes objectifs et des symptômes subjectifs qui individualiseront le remède s’il est indiqué. Au cours des années l’emploi de nosodes en tant que remèdes intercurrents s’est avérée constituer d’efficaces aides au traitement constitutionnel en cas d’utilisation appropriée.

II Constitution et Tempérament

Conseils Thérapeutiques

On considère parfois que les nosodes sont des remèdes animaux, mais ils forment en fait un groupe particulier. La réaction de lutte, caractéristique des remèdes animaux, est sous le contrôle des glandes surrénales et amène une réaction immédiate de combat ou de fuite, propre au cerveau reptilien.

Les nosodes agissent initialement en perturbant le système de défense dont le rôle instinctif est de protéger l’organisme des éléments parasites. Dans ce cas le système immunitaire est directement impliqué dans le processus de la maladie dès son début. L’évolution des miasmes générateurs de maladie est différente de celle des traumas, des stress psychologiques et physiologiques. Les miasmes ont de ce fait tendances à engendrer de maladies dégénératives idiopathiques, des syndromes auto-immuns et des syndromes d’immunodéficience. Les miasmes perturbent les défenses vitales d’une manière telle qu’ils dissimulent la mutation de cellules menant au cancer. Ces maladies comptent parmi les maladies les plus difficiles à guérir, surtout lorsqu’elles sont associées à des suppressions et à des drogues toxiques.

Sarcodes

Hering a aussi introduit l’utilisation de tissus homologues, des humeurs, des préparations faites à partir d’organes ou des glandes. Cette méthode fait partie de la médecine traditionnelle dans le monde entier. Ces remèdes homéopathiques sont appelés sarcodes. Ces remèdes partagent beaucoup de ressemblances avec le groupe de nosode et sont parfois utiles comme des remèdes intercurrents chroniques. De tels remèdes sont utiles quand le tissu cible a constitué une strate pathologique réprimant les symptômes constitutionnels. Par exemple, Thyroidinum est préparé à partir de la thyroïde desséchée du mouton. La meilleure façon de soigner un trouble thyroïdien est d’utiliser les remèdes constitutionnels et anti-miasmatiques si possibles. Parfois la perturbation de la glande se traduit par une maladie si localisée qu’elle justifie le recours au sarcode. De tels remèdes peuvent remettre en fonction le tissu cible soulageant la crise pathologique et révéler les symptômes constitutionnels menant aux remèdes végétaux, minéraux et animaux. Si toutes ces méthodes d’utilisation des remèdes homéopathiques ne parviennent pas à rétablir le fonctionnement glandulaire normal, l’individu peut nécessiter le recours à un supplément matériel d’une substance semblable. De nouvelles recherches s’avèrent nécessaires dans les groupes symptomatiques de cette classe des sarcodes et de leur utilisation thérapeutique avant leur complète intégration dans la matière médicale.

Nosodes et Miasmes

Les infections miasmatiques produisent une sensation de malaise accompagnée d’un sentiment d’être sale, souillé, pollué, coupable, possédé, damné et abandonné. Ce sentiment instinctivement provient du psychisme subconscient et persiste tout le long du processus miasmatique. Rien ne semble l’altérer, ni le lavage, ni le régime, ni les médicaments, ni les prières, ou les conseils quel que soit leur insistance. Ils ne peuvent écarter la sensation d’être sale, coupable, ou d’être possédé par une force malveillante. Il s’ensuit un crainte permanente pour la survie de son corps et de son âme. Le thème Faustien de vendre son âme au diable est un élément incontournable chez tous les miasmes. Les miasmes se considèrent coupables comme s’ils avaient commis une grande faute et que le destin les avait damnés. La mélancolie religieuse est une keynote de cette famille.

Les nosodes et des miasmes constituent un tableau complémentaire des processus d’infection et de résistance. En étudiant les miasmes on parvient à mieux comprendre les nosodes et vice versa. Ce portrait combiné forme une image permettant de retrouver les indications de ce groupe de remèdes. Une étude des maladies miasmatiques à travers les âges et les peuples aide à construire une image spécifique de chaque miasme.

Le tableau du groupe des miasmes chroniques fait apparaître les symptômes caractéristiques de la maladie dans un groupe homogène de constitutions. Grâce à l’anamnèse de groupe, on va découvrir un portrait de la pathologie miasmatique qu’aucun manuel médical ne sera capable d’offrir. Les symptômes caractéristiques d’un cas relevant de ce groupe de remèdes sont alors répertorisés afin de trouver une famille homogène de remèdes anti-miasmatiques. Pour achever le portrait pathologique des miasmes, les nosodes sont expérimentés et confirmés par des observations cliniques. Les cinq nosodes universels sont Psorinum, Medorrhinum, Tuberculinum, Syphilinum et Carcinosin. Ces miasmes et leurs combinaisons se sont propagés dans le monde entier depuis des générations.

Constitutions diathésiques

Les miasmes perturbent la force vitale détruisant lentement la constitution organique. Chaque miasme universel chronique altère la constitution et maltraite le tempérament en trois phases distinctes. Dans le premier stade des miasmes, le prurit, l’écoulement gonococcique, les tubercules et des ulcères se développent. Le patient se sent sali et souillé de ce fait et ils cherchent à supprimer immédiatement les lésions cutanées et les écoulements. La nature du nosode est de tout garder secret. Suite à cette suppression, le miasme passe immédiatement de la phase active à la phase de latence, et perturbe l’homéostasie vitale en déclenchant des troubles fonctionnels. Dans la troisième phase, l’énergie miasmatique transforme les troubles fonctionnels en pathologie organique préoccupante. À chaque stade d’un miasme acquis, la constitution produit un ensemble caractéristique de signes et des symptômes. Les effets des miasmes parentaux sont transmis à la descendance créant des constitutions diathésiques congénitales.

La constitution miasmatique congénitale montre les caractéristiques des miasmes dans sa nature physique et mentale. La psore a tendance à produire irritation et inflammation; la sycose, infiltration et induration; la pseudo-psore, tubercules et suppuration; et la syphilis ulcération et nécrose. Les miasmes transmis héréditairement ont un important retentissement sur le développement des nouveau-nés et des enfants.

Psorinum convient aux enfants sous-alimentés, secs, à l’aspect sale, froids, malodorants, ayant tendance à se gratter, enfants pâles, sensibles et maladifs; ces bébés chétifs ne dormiront pas le jour ni la nuit, mais seront inquiets, soucieux, et seront fréquemment en pleurs; l’enfant est gentil, joue toute la journée; mais est agité, difficile la nuit. Cette souffrance nocturne est une caractéristique du groupe des nosodes.

Tuberculinum convient bien aux enfants au teint clair; aux cils fins, aux yeux bleus, de cheveux plus souvent blonds que bruns; grand, mince, au thorax étroit et plat; mentalement actif et précoce mais physiquement faible ou mentalement déficient. L’enfant est précoce, agité, a tendance à s’ennuyer et est enclin aux crises de colère. Les enfants se réveillent en criant, avec agitation.

Medorrhinum convient aux maladies de la colonne vertébrale, du système nerveux sympathique et des os, de la même façon que Psorinum affecte les muqueuses et la peau. L’enfant est pâle, agité, rachitique, de petite taille, peu intelligent, faible et en retard tant dans son développement mental et physique. Le miasme sycotique se balance d’avant en arrière sur leurs mains et genoux dans le lit et dort sur le ventre.

Syphilinum convient aux bébés de petite taille, ridés, à l’aspect vieillot et à des enfants au cuir chevelu dégarni, aux malformations dentaires, avec un visage de bouledogue, faisant la moue et au ventre dilaté; nouveau-nés qui crient en permanence; qui ont commencé à pleurer immédiatement après la naissance. Ils sont mentalement déficients.

Carcinosin correspond bien aux enfants aux sclérotiques bleues, au teint café au lait, présentant de nombreux grains de beauté. Enfants jamais contents, insatisfaits. Les enfants souffrent d’insomnie et font facilement des maladies aiguës de l’enfance comme la coqueluche ou la pneumonie. Dans les antécédents familiaux, on retrouve des cas de tuberculose, de cancer, de diabète et d’anémie pernicieuse.

Les miasmes transmis héréditairement reprennent au stade où ils étaient dans les générations précédentes. Ainsi un enfant avec la psore transmise latente présentera au début les symptômes de la psore latente ou un enfant auquel a été transmis par ses ascendants une syphilis au stade tertiaire peut naître avec des malformations génétiques comme une constitution mongoloïde. Quand le miasme est transmis à l’enfant en phase latente ou au stade tertiaire, l’enfant présentera à la naissance la même phase miasmatique, phase qui évoluera avec la croissance de l’enfant. Les miasmes créent alors des maladies chroniques dégénératives auxquelles la constitution est prédisposée. Les miasmes évoluent dans l’organisme lors des phases rapides de développement, de transition et de changement comme la petite enfance, l’adolescence, l’âge moyen et la vieillesse.

Le Tempérament diathésique

Le tempérament de nosode est une lutte pour la survie de l’individu, son corps et son âme. Les miasmes sont des parasites avec ce que l’on peut considérer comme une intelligence qui envahissent l’hôte et se multiplient dans la constitution organique. L’individu se sent ainsi possédé, souillé et pollué dès le tout début. Les miasmes ont inculqué la peur du mal, de la possession, de la mort et de la destruction chez l’Homo sapiens depuis la nuit des temps. Soudainement la victime voit son moral s’altérer jusqu’à la maladie qui s’empare de leur corps torturant leur âme.

Les miasmes aigus parviennent rapidement à un état critique avec peur intense de la mort chez l’individu, la famille et la communauté. Leurs yeux brillent, le psychisme va de délire en illusions et des épidémies meurtrières atteignent le corps. Des millions d’êtres humains sont morts de ces parasites virulents invisibles. Les mauvais présages, le mal, les démons, les sortilèges, les malédictions, la possession, la mort, la damnation, la vengeance, l’enfer et la mort, sont des thèmes permanents. Les miasmes sont la source de grande souffrance dans l’inconscient collectif des hommes.

Les miasmes chroniques universels sont de deux sortes, ceux qui sont transmis par contact ou par des gouttelettes de salive et les maladies vénériennes transmises sexuellement. Les miasmes communautaires comme la psore et la pseudo-psore sont fréquents dans les populations, en particulier en situation de pauvreté, de surpopulation, de dénutrition et de mauvaise hygiène. Les remèdes, comme leur environnement, sont les reflets de symptômes tels que malnutrition, peur de la pauvreté, de la foule, de la maladie, des microbes, de la saleté, de l’échec, de la mort, etc.. Les maladies vénériennes sont transmises par contact sexuel, qui est plus une liaison intime qu’une condition sociale.

Les symptômes de la sycose et de la syphilis reflètent la nature secrète, cachée et parfois illicite de leur mode de contamination. Les miasmes vénériens créent des situations de grande ironie où les forces d’Éros (de vie) et de Thanatos (la mort) luttent pour la suprématie. Les miasmes vénériens embrouillent l’âme en mélangeant le plaisir et la douleur, le sexe et l’agonie, et enfin la vie et la mort d’une manière sadique, masochiste et sadomasochiste. Ici les instincts animaux sont si pervertis par les miasmes que l’amour est proche de la haine, le plaisir de la douleur et le sexe est associé avec le thème de la mort. Les miasmes conduisent aux excès et les excès mènent aux miasmes. Il s’agit d’un cercle vicieux.

Affections suite d’Anticipation, Prémonition, Pressentiment (Anthr., Carc., Lyss., Osilloc., Pneu., Psor, Med., tub., Syph)

Le tempérament de nosode ressent de façon inconsciente qu’un malheur va survenir, qu’il y a quelque chose de faux, ou que le destin travaille contre eux (Psor., Med., Tub., Syph) ou contre ceux qu’il aime (Carc). Ils prévoient toujours le pire, ont des pressentiments de maladie, de mort, de blessure, de possession et ont tendance aux prophéties défaitistes qui se réalisent. Les peurs des miasmes sont de nature religieuse et ils ont le sentiment que le mal essaye de s’emparer d’eux. C’est une des peurs les plus profondes et les plus anciennes de l’humanité. Les nosodes souffrent tous d’une très grande anxiété.

Souillé, Sale, Pollué, Culpabilité, Anxiété de conscience, Voit tout en noir, (Carc., Lyss., Psor, Med., Oscilloc., Parat., Strept., Syph.)

La sensation d’être souillé, sale, pollué, coupable, possédé, damné et abandonné est une des rubriques les plus marquées des nosodes. Ce thème est en connexion avec la dérive des termes, miasmes, nosode et psore. La vie est un grand fardeau pour le groupe des nosodes. Ils ne se sentent jamais à l’aise ou satisfaits quelque soit l’environnement, ont le teint pâle, paraissent vieux, et leurs visages expriment une grande souffrance. Les miasmes ont facilement des impulsions suicidaires, des envies alimentaires irrésistibles et des habitudes pour lesquelles ils ressentent énormément de culpabilité, sans pouvoir y résister. Le péché, la culpabilité et la punition sont des symptômes essentiels de ce groupe. Leur tempérament compense leur sensation d’être souillé en se lavant constamment les mains et le corps dans l’espoir futile de se sentir propre (Med., Psor., Oscillo., Parat., Strept., Syph.).

Agitation, Anxiété, Appréhension, Souci (Anthax., Carc., Lyss., Osilloc., Par., Pneu.. Psor., Pyrog., Med., tub., Syph. Vac.)

Les nosodes sont agités, surmenés, pressés avec des pensées persistantes, des alternances symptomatiques et des états changeants. C’est le reflet de l’effet des miasmes sur le système nerveux. Cette agitation épuise ceux qui en sont atteints parce qu’ils ne peuvent trouver aucune paix quelque soit l’environnement ou la situation. Cette agitation est causée par « la démangeaison » de bouger, de ne pas rester en place, d’aller où on ne les connaît pas, de ne jamais se sentir chez eux. Cette insécurité est l’expression de ce qui se passe au niveau instinctif cellulaire qui subit réellement l’attaque des miasmes. Quand cette agitation est héréditaire, aucune recherche spirituelle ne peut en trouver la cause. Cette énorme agitation est l’expression des impulsions miasmatiques qui sont autodestructives par nature. La nuit est un moment d’intense souffrance pour la famille des nosodes car leur agitation est bien pire et n’a aucun exutoire.

Sommeil Agité, Insomnie (Bruc., Psor., Med., Malar., Tub., Syph. Vario.)

La nuit apporte la souffrance au tempérament miasmatique. L’agitation diurne est compensée par toutes sortes d’actions stériles, irrégulières, impulsives mais la nuit ils doivent vivre leur solitude. Ils ne peuvent plus dissimuler leur agitation, leur culpabilité et leur souffrance. Ils ont la sensation d’être assaillis par la résurgence du passé ou d’être hantés par leur passé. Le sentiment de possession, d’être sous contrôle et dominé par des forces inconnues leur fait craindre l’obscurité et avoir peur la nuit. Ils ont peur des fantômes, des monstres, des esprits, des extra-terrestres et d’autres représentations d’attaque par des pouvoirs surnaturels. Les nosodes ont des rêves troublants, des cauchemars et des visions.

Colère, Mauvaise Humeur, Irritabilité, Violence. Injures (Bac., Bruc., Carc., DPT., Lyss., Psor, Pyrog., Med., Morbill., tub., Syph., Vac.)

Dans le cas des nosodes les liquides vitaux de l’organisme sont souillés par les miasmes, ce qui entraîne une altération de l’humeur. Ils semblent irritables, bilieux, de mauvaise humeur, grincheux et maussades. Leur esprit s’enflamme et ils se vexent pour un rien. Ils deviennent plus amers car ils sont en lutte permanente non seulement avec leur famille, leurs amis mais aussi avec tous ceux qui les entourent, étrangers ou non. Leur caractère colérique et leur caractère bilieux les rendent peu commodes et irascibles. La colère du groupe des nosodes est violente, dangereuse et autodestructrice. Ils ont tendance à employer un langage ordurier, grossier et à injurier. La colère animale est l’expression de l’instinct aveugle de survie, tandis que chez les nosodes la violence est souvent préméditée. Ils planifieront et exécuteront des actions violentes pour faire justice ou punir ceux qu’ils croient coupables.

Faiblesse de Mémoire, Difficulté à penser, Oublier, Concentration Difficile, Confusion, Distraction, Lenteur de compréhension, (Antrax., Carc., PAO., Lyss., Maland., Malar., Med., Par., Pneu., Psor., Tub., Syph.. Vac., Vaccin Atténué Bilié).

Les miasmes troublent le psychisme bien différemment des remèdes minéraux, végétaux ou animaux. Les minéraux perturbent l’intellect mais les nosodes s’attaquent à l’âme de l’être immatériel. Tout leur semble étrange, comme dans un rêve et irréel, ils leur semblent n’être plus eux-mêmes. Ce qui débute au niveau spirituel, affecte rapidement l’intellect, la mémoire et le cerveau. Cela commence par des oublis des choses banales mais bientôt ils ne peuvent plus suivre le fil de conversation, lire et écrire correctement, se souvenir des numéros, ou des noms et des lieux. En vieillissant, ils ne peuvent plus reconnaître leurs amis ou leur famille. Le vieillissement prématuré, l’évolution vers la sénilité et la démence est accélérée par les miasmes. La ‘vaccinose’ peut créer les symptômes d’une maladie chronique iatrogène.

Mélancolie, Hypochrondrie, Tristesse, Découragement, Abattement, Dépression Mentale (Bac., Bruc., Carc., Lepr., Lyss., Maland., Med., Parat., Pneu., Psor. Tub., Strept., Syph., Vaccin Attenue Bilie)

Les nosodes induisent un état de mélancolie. Ce symptôme est caractéristique de tous les miasmes et des nosodes. Ils se sentent tristes, moroses et sont obsédés par leurs pensées intimes et leurs émotions. Selon Hippocrate, l’hypochondrie est l’expression de l’humeur atrabilaire filtrée par la rate et du tempérament nerveux mélancolique (bile noire). Ils sont toujours d’une ‘humeur sombre’, voient tout « en noir », ou ont le ‘blues’. Ils ont tendance à penser à ce qu’ils ont le plus peur d’éprouver. La dyscrasie domine l’esprit et l’intellect en assombrissant toute foi ou tout raisonnement. Leur avenir est tracé et ils doivent subir leur destin tragique. Les encouragements pleins d’espoir, les prières et les conseils ne font qu’aggraver le tempérament des nosodes. Cette mélancolie est souvent d’une nature religieuse, psychique, ou superstitieuse. Les miasmes affectent profondément l’âme, l’esprit, l’intellect, l’émotivité et les fonctions organiques et tissus du cerveau, ce qui leur donne illusions et hallucinations.

Illusions, Imaginations, Hallucinations, Délire (Antrax., Carc., Lyss., Psor., Pyrog., Med., Tub., Strept., Syph)

Les nosodes ont l’illusion d’être condamnés ou de perdre la raison. Ils se plaignent souvent d’avoir des illusions à caractère religieux en lien avec leur lutte morale pour surmonter le mal qui les a envahis. Ils ont la sensation d’être deux personnes, sensation de dédoublement, ou qu’on tente de leur nuire. D’un côté, ils se souviennent de ce qu’ils étaient avant leur déclin et d’un autre, ils se sentent devenir fous. Ils savent ce qui va leur arriver, mais ils ne peuvent rien faire pour l’éviter. La vie transforme le rêve en cauchemar. Ils sentent qu’ils vont perdre la raison et seront dépossédés de leurs sens. La seule issue pour eux est une mort lente ou le suicide.

Pleurs et Humeur Larmoyante (Carc., DPT., Lepr., Par., Psor., Pyrog., Med., Tub., Strept., Syph.).

Pleurs et cris sans raison sont une caractéristique des miasmes. Ils ressentent désespoir et chagrin. Ils s’estiment abandonnés de tout ce qui était bon et négligés par la vie. Leurs amis les ont trahis, leurs amants les ont laissés et Dieu les a abandonnés à leurs destins. Les pleurs et la tendance larmoyante sont des symptômes du tempérament flegmatique. Cela les rend hypersensibles, impressionnables, vulnérables et fragiles. Ils perdent toute confiance et foi et donnent l’impression d’être perdus en mer sans guide. Leurs vagues émotionnelles leur emportent dans la direction où leurs vents nerveux soufflent. Ils sont perdus sur une mer d’émotions changeantes, de symptômes, de larmes et de tristesse. Leurs cris viennent du plus profond de l’âme et cela est pitoyable et triste.

III APPLICATIONS CLINIQUES : Posologie et Utilisations cliniques

Les Nosodes ont été introduits en thérapeutique homéopathique par Constantin Hering, un des tout premiers disciples de Samuel Hahnemann. Nous avons évoqué l’histoire et les possibilités thérapeutiques des Nosodes dans les 1° et 2° parties. Dans la 3° partie, Applications cliniques, nous traiterons des techniques de gestion des cas cliniques et des problèmes de posologie.

Les Nosodes ont été étudiés surtout en dynamisations centésimales. De ce fait, nous avons plus de données dans la littérature homéopathique, sur l’action des centésimales, que sur celle des LM. En général, il est habituel d’utiliser les nosodes en dynamisation centésimale 30, 200, 1M, 10M, etc. Certains auteurs conseillent de ne pas utiliser les nosodes en basse dynamisation centésimale, bien que d’autres homéopathes les ont également utilisés à ces dilutions.

La famille des nosodes constituent un groupe spécial en homéopathie. Ils sont faits des formes de vie les plus primitives sur notre planète. Le premier maillon de cette série évolutive comprend les minéraux, suivi par les champignons, les lichens, les fougères, les gymnospermes (dicotylédones et monocotylédones) et enfin les remèdes animaux. Les Lichens, les premiers végétaux terrestres, sont nés de la fusion symbiotique d’un champignon et d’une bactérie. Les Nosodes proviennent surtout des anciens règnes des Virus, des Monères et des Protistes. Psorinum et Pediculus sont les seuls insectes dans le groupe des Nosodes. Virus, bactéries et parasites sont à l’origine de quelques unes des toutes premières maladies connues et ont tué des milliards d’êtres humains.

Du fait leur caractéristique, les nosodes sont des remèdes héroïques qui doivent être utilisés avec prudence. Ce sont les essences dynamisées de maladies qui ont affecté l’humanité depuis le commencement des temps. Il peut y avoir de nombreuses réactions à l’introduction d’une telle substance dans l’organisme humain. C’est pourquoi les nosodes jouent un rôle unique dans la Matière Médicale homéopathique et peuvent être utilisés selon 9 façons différentes. La première condition à l’utilisation d’un nosode est que les signes, circonstances et symptômes confirment son indication. Pour cette raison, nous apprenons les caractéristiques du Groupe des Nosodes, et les nosodes fondamentaux comme Psorinum, Medorrhinum, Tuberculinum, Syphilinum et Carcinosinum mais aussi des remèdes moins connus.

Les nosodes agissent sur les plans les plus primitifs et instinctifs de l’organisme humain. Avant l’administration d’un nosode, on doit évaluer l’état des organes vitaux et des voies d’éliminations. Si une pathologie organique affecte les organes vitaux, et si les voies d’éliminations sont obstruées, on doit prendre de grandes précautions. Souvent, les nosodes libèrent les suppressions dissimulées dans les antécédents familiaux ou individuels, suppressions qui empêchent la guérison. Un tel processus a pour conséquence une crise, car souvent une crise à l’origine a été supprimée. Cela peut créer des situations explosives.

S’il y a une pathologie organique lourde, des organes vitaux altérés tels que les reins, les poumons ou le cour, le patient peut ne pas être capable de supporter la réaction sans risquer des aggravations inutiles qui peuvent altérer sa vitalité. Dans une telle situation, l’homéopathe peut avoir à orienter son action dans un axe différent, en se concentrant sur les régions ou organes, et sur la désobstruction des voies éliminatoires. Une telle orientation peut ne pas se révéler ‘curatif’ dans l’immédiat, mais cela permet à la pathologie de faire marche arrière sans effets indésirables excessifs. Parmi nos petits remèdes végétaux régionaux, il y en a beaucoup qui peuvent très bien agir dans ces conditions. Il y a encore alors une chance de guérison.

Si les organes vitaux du patient ne sont pas proches de la défaillance, ou ne sont pas trop occupés à maintenir un fonctionnement physiologique, et si les organes d’élimination sont efficaces, le nosode peut être utilisé. On devrait donner la quantité la plus faible du nosode (en CH ou en LM) en solution médicinale et on devrait en administrer une dose-test unique. La dose-test unique peut être suivie par une dose-test triple pour juger de l’action à plus long terme du remède quand nécessaire. Après la dose triple, le remède peut être répété à intervalles convenables si nécessaires pour accélérer la guérison. Les aggravations dues aux nosodes peuvent être très sérieuses lorsque le volume de la dose et le nombre des répétitions n’est pas contrôlé soigneusement. Ces remèdes doivent être considérés avec beaucoup de prudence.

Le choix de la dilution LM en début de traitement se fait en général choisi de la LM 0/1 à 0/3, et de temps en temps de la LM 0/4 à 0/7. Les nosodes en LM0/1 conviennent parfaitement à la grande majorité des cas, et agissent très profondément en favorisant une action secondaire douce et durable. Dans une grande majorité des cas, j’ai débuté avec la LM0/1. Il n’y a pas de précaution spéciale en ce qui concerne l’utilisation des nosodes en LM si ce n’est de « ne pas surdoser » vos patients. Les nosodes sont susceptibles de déclencher de fortes aggravations en cas d’utilisation incorrecte. Une dose unique de Bacillinum LM0/1 a suffi pour arrêter de très intenses crises d’asthme pendant 9 mois. Une autre dose a terminé le cas. Une dose de Medorrhinum LM0/1 a guéri un état complexe psychologique et physique en l’espace d’une année. Dans ce type de situation, la surmédication va compliquer le cas et retarder la guérison. La plupart de ces cas exigent cependant une dose fractionnée pour achever la guérison.

La solution médicinale qu’elle soit à partir d’une dynamisation centésimale ou LM, doit être faite avec 1, rarement, 2 graines de la taille d’un grain de pavot [#10s]. Le volume de la solution doit être en moyenne de 7 à 14 cuillères à café, conservateur inclus. Cette solution médicinale doit subir de 1 à 12 ‘succussions’ selon la sensibilité du patient. De cette solution médicinale 1, 2, ou 3 cuillères à café doivent être versées et remuées doucement dans un verre de dilution contenant 8 à 10 cuillers à soupe d’eau. De ce verre de dilution on doit donner au patient 1, 2, ou 3 cuillérées à café en tant que dose personnelle. Il est préférable de commencer avec 1 seule cuillérée à café de la solution médicinale de la bouteille et ensuite ne prendre qu’1 cuillère à café du verre de dilution, et ajuster la dose selon la réaction. Il faut toujours arrêter la répétition du remède dès le moindre signe d’aggravation même la plus légère, y compris une malaise d’étiologie inconnue.

Mieux vaut commencer par une dose plus petite et augmenter le volume de la dose lors de l’évolution du cas plutôt que de donner une trop forte dose dès le début. Il est préférable d’employer le premier mois à ajuster la dose afin qu’elle soit en harmonie. S’il faut utiliser la dose fractionnée (solution médicinale), comparer l’effet de chacune des 3 doses sur le cas en début de traitement. Une fois assuré de ce qui constitue « un intervalle approprié », on pourra ralentir le rythme des prises en conséquence. Ce sont les principaux problèmes posologiques.

On a envisagé précédemment les 9 manières selon lesquelles on peut utiliser les nosodes, de la même façon, il faut réétudier chacune de ces méthodes d’application en particulier. Je m’en acquitterai dans une série de lettres au cours des prochains jours. La première possibilité que nous étudierons, est celui où des remèdes bien choisis n’agissent pas, suspendent leur action ou se contentent de changer les symptômes. La raison de cette réponse particulière est la présence d’obstacles sur le chemin de la guérison, obstacles qui dérèglent la force vitale. Souvent, ces obstacles sont liés à des suppressions miasmatiques chez le patient lui-même ou chez ses ascendants familiaux. Il y a aussi d’autres états qui peuvent former des obstacles à la guérison, mais nous nous consacrons ici à l’étude des nosodes et aux situations qui en dépendent.

1. QUAND DES REMÈDES BIEN CHOISIS N’AGISSENT PAS, SUSPENDENT LEUR ACTION, OU SEULEMENT CHANGENT LES SYMPTÔMES.

Dans ce cas, l’homéopathe a déjà fait l’essai de plusieurs remèdes qu’il croyait être bien choisis, mais ces derniers n’agissent pas, suspendent leur action, ou ne font que changer les symptômes. Le cas s’est embrouillé et l’homéopathe est déconcerté par des obstructions potentielles sur le chemin de la guérison. La première question à se poser est la suivante. Avons-nous donné vraiment des « remèdes bien choisis » ou juste une série de simillimums partiels assez éloignés qui n’agissent pas, n’ont pas d’action prolongée, ou changent juste des symptômes? Ce problème est caractéristique des nosodes mais voyons-nous les autres symptômes concomitants de cette classe de remèdes? L’administration de plusieurs remèdes inadaptés n’est pas suffisant pour la prescription d’un nosode. C’est seulement une indication pour prendre une meilleure observation.

La vraie question est: Voyons-nous un ensemble de signes et symptômes qui soit le reflet de l’image des miasmes et des nosodes masquée derrière leur manque de caractéristiques? Est-ce que les caractères spécifiques de l’ensemble symptomatique confirment les symptômes des nosodes? S’il en est ainsi, il faut persévérer alors dans l’étude des signes, des concomitants, et des symptômes ainsi que dans l’étude de la progression et les modalités horaires de la maladie pour découvrir quel nosode est le plus semblable au cas étudié. L’utilisation des nosodes dans ce cas dégage l’obstruction vers la guérison, provoque le retour du tableau symptomatique originel et régularise la force vitale. Le remède peut ou bien atténuer les symptômes et faire avancer le cas, ou bien rétablir la réactivité, rendre une harmonie à l’ensemble de symptômes et restabiliser le cas. Dans la première éventualité, le nosode devient le remède chronique et dans la seconde il agit comme un remède chronique intercurrent qui stabilise le tableau symptomatique d’un remède complémentaire.

1. Dans les cas où le nosode induit une amélioration de la vitalité, de la sensation de bien-être et de l’ensemble symptomatique, on peut le considérer comme un bon simillimum. Ce nosode est maintenant le remède chronique du patient et pourra être utilisé aussi longtemps qu’il entraînera une amélioration. Peut-être, ce remède se révèlera être un vrai simillimum et agira sur le patient durant de longs mois voire des années en montant progressivement la dynamisation.

2. En cas d’absence de réactivité fondée sur les miasmes, le nosode produit souvent une réaction. S’il y a une véritable amélioration [comme dans l’exemple 1] le nosode est un simillimum chronique. Dans les autres cas, le nosode peut faire ressortir un tableau symptomatique plus clair et souligner d’anciennes suppressions appelant un remède complémentaire bien choisi. Dans ce cas le nosode prépare le terrain pour la réintroduction d’un remède prescrit précédemment ou d’un nouveau médicament.

3. Dans des cas où le remède chronique a agi au début, mais ne prolonge pas son action et où les symptômes du groupe des nosodes sont présents, l’utilisation du remède intercurrent approprié rétablira la sensibilité à l’ancien remède. Dans cette éventualité, le nosode ne peut pas beaucoup améliorer les symptômes, mais il va régulariser la force vitale permettant à l’ancien remède d’agir à nouveau. Dans ce cas, nous attendons le temps nécessaire et réintroduisons le premier remède. Souvent, un remède qui n’agissait plus, se remet à agir comme au début.

4. Il y a aussi des cas où les symptômes changent constamment après l’administration de ce qui semble être des remèdes bien choisis. Si les symptômes de la classe des nosodes sont présents, il faut rechercher quel nosode et quel miasme bloque la guérison. Dans cette éventualité, nous prescrivons le nosode selon la similitude. Le nosode stabilise souvent la force vitale et régularise l’ensemble symptomatique naturel permettant la mise en évidence d’un remède. De cette façon, le cas va se stabiliser et commencer à réagir aux remèdes bien choisis sans effets indésirables modifiant les symptômes.

A chaque fois qu’un nosode entraîne une amélioration progressive, il devrait devenir le nouveau remède homéopathique. Peu importe qu’il s’agisse d’un remède intercurrent ou d’un remède constitutionnel. Il n’y a aucune règle précise ou intangible sur la durée pendant laquelle un nosode sera utilisé dans ces conditions  D’abord, nous devons évaluer ses actions et ajuster la stratégie selon les circonstances. Si c’est un remède chronique il améliorera les symptômes mentaux,généraux et particuliers et permettra de faire avancer le cas. Il doit alors être utilisé en dynamisations ascendantes [C ou LM] pour aller jusqu’au bout de son action curative.

Dans d’autres cas, le remède intercurrent donne une nouvelle sensibilité aux remèdes qui n’agissaient pas, n’avaient pas d’action prolongée, ou ne faisaient que modifier les symptômes. Parfois le nosode pourra aggraver légèrement, débloquer d’anciennes suppressions et mettre en évidence un nouveau tableau symptomatique orientant vers un remède complémentaire. Parfois les symptômes peuvent clairement indiquer un retour vers un des remèdes utilisés antérieurement et dans d’autres cas, de nouveaux symptômes peuvent apparaître indiquant un nouveau simillimum. Ce sont les signes et les symptômes qui guident l’avis de l’homéopathe. Les nosodes sont renommés pour faire « mûrir » certains cas cliniques et balayer le désordre.

IV : Posologie et méthodes cliniques (suite)

J’ai fait une révision rapide des 9 catégories. J’ai déplacé la deuxième possibilité dans une position plus appropriée car elle traite des remèdes qui n’agissent pas, n’ont pas d’action durable ou ne font que modifier les symptômes. Je l’ai mise en 3° position des Applications Cliniques 1° partie. Je voudrais évoquer dans cette 2° partie, le cas où une STRATE MIASMATIQUE SUPPRIMÉE SUSPEND les symptômes de la force vitale. C’est proche de la 3° possibilité de la 1° partie, mais ici les homéopathes font preuve de prospective au lieu de sagesse rétrospective pour comprendre qu’un miasme ou une suppression contrôle les symptômes de la force vitale. Ici l’homéopathe sait qu’il doit donner d’abord le nosode si indiqué par les signes et symptômes.

2. LORSQU’UN MIASME ET UNE SUPPRESSION CONTRÔLE LA FORCE VITALE.

Il y a des cas où une suppression des symptômes d’un miasme acquis ou transmis héréditairement contrôle les symptômes de la force vitale. Ce sont les cas où les remèdes n’agissent pas, n’ont pas d’action prolongée ou ne font que modifier les symptômes après prescription. Nous voulons repérer ces cas au début et non au milieu ou en fin de traitement. Cette compréhension vient de la connaissance du stade de la maladie. Beaucoup de patients de Samuel Hahnemann souffraient de miasmes acquis infectieux qui avaient été refoulés de la plus brutale manière. Hahnemann utilisait souvent Sulphur au début de ses traitements pour écarter la suppression, Psore et surmédication. Après avoir administré Sulphur un certain temps, il passait alors à d’autres remèdes au fur et à mesure de l’apparition des symptômes.

Le soufre n’est pas le seul remède qui peut agir de cette manière en fonction du temps et des circonstances. Parfois l’homéopathe doit d’abord préparer le terrain avant un traitement complémentaire chronique. Ce sont des cas où l’organisme vivant ne peut pas exprimer toute la gamme des symptômes par suite d’examens invasifs, de médication, de suppression des miasmes et d’épuisement de la vitalité. Ce syndrome est d’habitude tout à fait facile à découvrir en prenant l’observation du cas et son historique tout en gardant ces éléments en mémoire.

Des facteurs étiologiques marquants, les suppression de miasmes, une absence de tableaux symptomatiques complets, des maladies régionales et des situations cliniques désorganisées sont des symptômes caractéristiques du groupe des Nosodes. Lorsqu’un miasme a été réprimé, le patient se sent intoxiqué, souillé, sali, contaminé, pollué, coupable, pris pour victime, plein de ressentiment et tourmenté dans son corps et son âme. Le regard du patient, marqué par la souffrance, ses yeux cernés et jaunis, son expression maladive, son teint cachectique, ses perturbations métaboliques, ses odeurs fortes, ses écoulements nauséabonds et l’aspect malsain de sa peau, sont autant de témoins indiquant l’existence de suppression miasmatique. Le patient donne l’aspect d’être et s’estime lui même malade alors qu’aucune « maladie » ne peut être diagnostiquer en dehors de quelques plaintes banales.

Ces signes et symptômes sont spécifiques de la définition même du terme « miasme ». Celui qui en est atteint s’estime souillé. Hahnemann a une fois dit que les miasmes pouvaient être comparés à des mauvais esprits, qui tourmentent celui qui en est possédé. Par suite, les nosodes ont la sensation d’une lutte contre un mal ancien, d’être sous le contrôle d’un surhomme, d’être possédé, souillé, et pollué. La lutte séculaire entre le bien et le mal s’est transformé en un combat entre les forces de vie et de mort. Tel est « le tempérament miasmatique ». Les miasmes ont insufflé la peur du mal, de la possession, de la destruction et de la mort dans le psychisme humain depuis le temps des cavernes.

Les miasmes aigus tuent très vite, provoquant peur intense de la mort chez l’individu, la famille et la communauté. Leurs yeux luisent, apparaissent délire et illusions, et leur organisme est atteint d’épidémies mortelles. Des millions d’hommes sont morts de ces parasites virulents et pourtant invisibles. Les histoires de mauvais présages, de fléaux, de démons, de sortilège, de malédictions, de possession, de mort, de damnation, de vengeance, d’enfer et de mort répètent le même thème. Les miasmes constituent une grande cause de souffrance dans l’inconscient collectif des hommes.

Les miasmes en rapport avec les contact sociaux comme la psore et la pseudo-psore sont communs à des groupes d’hommes, surtout s’ils souffrent de pauvreté, ou s’ils vivent dans des conditions de promiscuité, de nutrition déficiente et de mauvaise hygiène. Les remèdes, comme leur environnement, reflètent les symptômes de sous-alimentation, de peur de la pauvreté, de la foule, de la maladie, des microbes, de la saleté, d’échec, de mort, etc..

Les maladies vénériennes sont transmises par contact sexuel, il s’agit plus ici d’intimité que de contact social. Les symptômes de sycose et de syphilis reflètent la nature secrète, cachée, et parfois illicite de l’origine de la maladie. Les miasmes de maladie vénérienne induisent des situations très caustiques où les puissances d’Éros (la vie) et de Thanatos (la mort) luttent pour la suprématie. Les miasmes vénériens déconcertent l’âme en mélangeant le plaisir et la douleur, le sexe et l’agonie, la vie et la mort d’une manière sadique, masochiste et sadomasochiste. Ici les instincts animaux sont si pervertis par les miasmes que l’amour ressemble à la haine, le plaisir à la douleur et le sexe se mêle aux images de mort.

Chez quelques patients cette lutte se fait sans qu’ils s’en rendent compte tandis que chez d’autres ils ne peuvent pas arrêter d’y penser. Chez les premiers, cela s’effectue sur un plan symbolique qui contrôle les réactions vis à vis d’autrui et de l’environnement et chez les autres, cela les conduit à la forme la plus profonde de mélancolie religieuse et de folie suicidaire. La suppression les rend « fous ». Ces thèmes issus de l’inconscient peuvent s’imposer à la conscience du patient tels des « lapsus Freudiens » à l’état d’éveil, rêve éveillé, ou une illusion, ou des rêves la nuit. La suppression miasmatique fait que les patients n’ont plus l’impression d’être eux-mêmes, ils ont changé, sont devenus quelqu’un d’autre, ou sont passés sous le contrôle d’autres individus ou d’une puissance maléfique.

Dans ces cas, le tableau symptomatique ne semble pas clair et il n’y a souvent aucun signe qui traduit les symptômes miasmatiques actifs. Parfois il y a une absence de symptômes et dans d’autres cas, seulement des affections communes à toutes les maladies. Dans d’autres cas, les symptômes semblent morcelés, désorganisés, ou locaux. Souvent une étude du développement dans le temps de la maladie remontera à la crise, témoin de la suppression miasmatique. Jusque là, le tableau symptomatique était naturel, mais après cette suppression, l’organisme n’est plus à même d’exprimer ses signes complets. Si l’homéopathe voit dans le tableau symptomatique les caractéristiques des nosodes, il faut ensuite chercher quel miasme et quel nosode est le mieux adapté.

POSOLOGIE

L’utilisation du nosode au début de traitement pour enlever les obstacles à la guérison liés à la suppression du miasme économisera de temps à l’homéopathe mieux que l’utilisation de plusieurs remèdes inefficaces. Sans cette connaissance, on aboutit à une situation délicate où les remèdes bien choisis n’agissent pas, ne maintiennent pas leur action, ou ne font que modifier les symptômes. Apprenez à reconnaître les signes des miasmes et le syndrome de suppression et ce qui apparaît confus se révèlera être les caractéristiques de la suppression, les miasmes et les nosodes. Ainsi, l’homéopathe peut ramener l’ordre du chaos grâce à l’utilisation habile des nosodes.

Le patient doit être examiné pour évaluer le niveau lésionnel des organes essentiels et le fonctionnement des organes éliminateurs et l’état de la force vitale. Si la pathologie organique est importante, si les organes vitaux sont très altérés, si les organes éliminateurs ne remplissent plus leur fonction et si la vitalité est altérée, le nosode peut être contre indiqué. Dans un tel cas il est préférable de commencer le traitement par les remèdes qui vont réduire la pathologie organique et amener à la prescription de remèdes constitutionnels plus profonds.

Avec les dynamisations centésimales, les dilutions utilisées pour les nosodes sont le plus souvent les 30c, 200c, 1M, à l’inverse, les 10M, 50M, etc, doivent être réservées pour des circonstances particulières. Certains auteurs suggèrent de ne pas employer de dynamisation plus basse bien que d’autres les aient utilisées dans certains cas. J’ajouterai une recommandation, la 200c doit être considérée comme une dynamisation très agressive qui a tendance à provoquer des aggravations en cas de surdosage. Lorsqu’il faut stimuler une réaction dans les sujets peu sensibles, la 200c paraît bien convenir mais elle présente le risque de provoquer des aggravations rapides chez les plus sensibles. Cette dynamisation est bien adaptée aux stades fonctionnels des maladies et aussi en cas de pathologie débutante ou modérée. Dans les pathologies lourdes, il faut l’utiliser avec grande précaution. On doit les administrer en solution médicinale à petites doses prudentes.

Les dynamisations LM utilisées en début de traitement sont les 0/1 à 0/3 habituellement, les LM4 à 7 seront réservées dans des circonstances spéciales. Je conseillerais de ne pas commencer avec des dynamisations trop élevées qu’il s’agisse de C ou de LM car la nature des nosodes est de démasquer les symptômes supprimés et de débloquer le processus suppressif. La LM 0/1 s’est révélée très sûre si employée correctement, cette dynamisation n’étant ni trop haute, ni trop basse. La solution médicale doit être faite avec 1 globule dans un minimum de 7 cuillers à soupe d’eau et le remède sera administré après dilution dans un verre de 8 à 10 cuillers à soupe. Les instructions de préparation de la dose ont été données précédemment lors de la discussion de posologie générale.

Une dose unique d’essai est essentielle en employant un nosode en tant que premier remède. Les nosodes déclenchent un retour à la situation critique de départ dans certains cas. Il ne faut pas sur doser au début du traitement car ce retour à la situation critique supprimée est un point de réglage important. Laissez la première dose agir pendant 4, 7, 10, 14 jours avant d’envisager une répétition du remède. Il ne faut pas à notre avis répéter la dose chaque jour, ou un jour sur deux de façon mécanique jusqu’à déclencher une aggravation ou provoquer une crise importante du fait d’un surdosage.

L’utilisation du nosode, employée comme remède intercurrent, est de révéler l’état critique supprimée antérieurement et de régulariser la force vitale. L’être humain a été en lutte avec ces organismes depuis l’antiquité et l’utilisation des remèdes anti-miasmatiques est un apport essentiel. Il y a aussi un danger associé de déclencher un état de crise. Traitez les nosodes avec le respect que ce type de remèdes nécessite et leur emploi deviendra sans aucun danger.

© David Little 1999

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2 réponses à “Les Nosodes” Subscribe

  1. josephine 10/06/2012 at 12:32 #

    Bonjour,
    Que pensez vous des nosodes de vaccins par exemple Engérix 100mk .J’en ai pris une dose pour me désintoxiquer et j’ai été très fatiguée pendant plusieurs jours . Est ce normal? comme j’ai gonflée énormément depuis le vaccin, faudrait il y ajouter THUYA et a quelle dilution?Merci de m’éclairer.
    J.A

    • Edouard Broussalian 13/06/2012 at 05:40 #

      Bonjour,
      Ce type de « traitement » relève de la pensée magique et d’une absence quasi complète de compréhension de l’homéopathie.
      En effet, la notion de totalité des symptômes nous montre que l’organisme réagit comme un tout indissociable devant un facteur agresseur quelconque (vaccin, virus, chaleur, froid, chagrin, surprise, etc.) Face à la perturbation, l’organisme trouve un équilibre qui se caractérise par un ensemble précis de signes et symptômes.
      L’homéopathie guérit en administrant la substance capable de mimer l’état induit par l’agent agresseur. Prescrire l’agent (supposé) causal n’est donc en rien de l’homéopathie. Ce serait si simple de prescrire une dynamisation de vent du Nord pour un coup de froid ou le virus de la grippe pour traiter la pathologie. Tout ceci ne marche pas et ne marcherai jamais pour les raisons précitées. Au contraire après le viol immunitaire du vaccin, vous infligez un désordre supplémentaire sur le plan énergétique en arrosant avec des dynamisations dont personne ne connaît les propriétés.
      Pour conclure, trouvez un homéopathe compétent qui déterminera le médicament d’après vos caractéristiques. Cordialement. EB

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