DEUXIÈME raison d’être homéopathe

Dr James Compton
Burnett

burnett2Ah, mon cher ami, je pensais que vous alliez dire que vous aussi vous employez l’Aconit pour la fièvre et que, par conséquent, ce n’est pas nécessairement de l’homéopathie. Mais ne connaissez-vous pas un certain gentilhomme de France qui faisait de la prose toute sa vie sans le savoir? Chaque médecin qui donne Aconit pour des refroidissements et des petites poussées fébriles, c’est un homéopathe malgré lui! Passons maintenant à la deuxième raison.

Quand j’étais jeune homme, je souffris de pleurésie du côté gauche et par les soins de l’apothicaire du village et la moitié d’une barrique de mélanges les plus hétéroclites de drogues variées, je fus quasi conduit à l’extrémité, si ce n’est pas tout à fait. Depuis cette époque, j’ai toujours conservé une sensation désagréable, sourde, dans mon côté gauche, au sujet de laquelle j’ai consulté de nombreux médecins éminents et dans différentes parties de l’Europe, sans jamais trouver aucun soulagement.

Sur un point, par contre, tous étaient parfaitement d’accord, qu’il s’agissait de quelque vieille adhérence entre la plèvre viscérale et la plèvre pariétale. Mais à part ce diagnostic reconnu, aucun de ces nombreux conseillers éminents n’était capable de me guérir. Et pourtant, ma foi en eux était si grande qu’elle aurait renversé les montagnes. Cela me démontra que la foi, comme remède, ne fonctionnait malheureusement pas chez moi.

Après avoir prouvé l’impuissance de la médecine orthodoxe, je me tournai du côté des hydropathes, ces médecins de cures, qu’on appelait alors, à l’époque, des charlatans, et je fus baigné, chaud, froid, par portion ou en totalité, par bains courts ou bains prolongés. Mais rien de cela ne me fit du bien. Puis ce furent les enveloppements froids ou le contraire, les compresses froides faites pendant des mois, dormir dans des enveloppements humides, sans parler de l’abondance des transpirations qu’on me fit subir soit à la turque, soit à la russe. Tous ces moyens me laissant ma vieille lésion pleurétique dans le statu quo ante.

Ce furent ensuite les cures de raisins, de pain, de vin, qui ne firent pas mieux. Puis les régimes sévères, les changements de climats, tout sans le moindre effet sur ma plèvre réticente.

Cependant, comme j’étais en train d’étudier ce que ces gens originaux appelés homéopathes avaient écrit sur Bryonia alba et l’affinité de ce médicament pour les membranes séreuses, je… quoi… faut-il les injurier et les appeler aussi des charlatans? Non,… essayons d’abord.

Je me procurai un peu de Bryonia alba, l’administrai comme ils ont l’habitude de le donner et voulez-vous croire que quinze jours ne s’étaient pas écoulés que ce malaise sourd et profond dans le côté, traîné depuis de longues années, avait disparu et que, depuis cette époque, je n’en ai plus rien ressenti. Voilà, cher Ami, ma seconde raison pour être un homéopathe et si jamais je cesse d’être reconnaissant à ce vieux cher Hahnemann pour son Bryonia, que ses foudres et surtout mon vieux mal me revienne pour me rappeler à la vérité de ses enseignements. Ce que vous pouvez, et le monde entier en général, penser à ce sujet, je ne m’en préoccupe pas d’une paille. Je parle carrément sur le pont, comme on dit en anglais, qui permet de passer à l’autre rive, car pour moi, je n’ai qu’une exigence en médecine et n’en demande qu’une seule: qu’elle guérisse! La «pathie » qui guérira est «la pathie » qu’il me faut.

Car si belle que soit votre pathie

Tout ce que je puis en dire, c’est que je me soucie peu de sa beauté,

Si elle ne me convient pas à moi en particulier!

 

If she be not fair to me?

Lien vers la première partie : les 50 raisons d’être homéopathe du Docteur Burnett – partie 1 –

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