Cette série d’articles est extraite du cours donné par Internet aux étudiants en seconde année. Il vise à faire comprendre au public la complexité de l’analyse des réactions des patients à la suite de la prise d’une dose homéopathique.

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Photo parue dans le vol1 de THE HOMOEOPATHICIAN

Photo parue dans le vol1 de THE HOMOEOPATHICIAN

L’immortel Kent nous a légué 12 éventualités, qui datent d’une époque malheureusement révolue où les malades se situaient majoritairement dans les groupes A et B. C’est devant les réactions assez intenses de ce type de patients, suivies de magnifiques guérisons que bien des prescripteurs se contentent d’une connaissance superficielle de l’homéopathie et croient que tous les cas seront semblables. C’est de moins en moins le cas.

Les réactions que vous pouvez attendre à vos doses sont éminemment fonction du niveau de santé du patient et c’est à l’aune du niveau de santé qu’il logique d’analyser ce « retour » que nous fait le patient. C’est à un véritable sondage en profondeur que nous procédons ainsi, qui nous livre aussi un pronostic détaillé. Les cas où le système de défense est profondément perturbé ne pourront pas répondre de façon aussi claire et brillante. Voici ce qu’écrit George Vithoulkas[1] :

Par exemple, un patient a fait des otites répétées étant enfant ; à l’âge de vingt ans il présente une arthrite rhumatoïde, lorsque cette dernière est supprimée, il fait une dépression à quarante-deux ans, et on lui diagnostique un cancer à l’âge de soixante-cinq ans. Si on traite ce patient pour son cancer et qu’on lui administre les prescriptions correctes, la dépression reviendra en premier lieu. Si la suite du traitement est bien choisie, il reviendra au stade de l’arthrite rhumatoïde et grâce à la bonne série de remèdes, il va finir par retourner au niveau de santé d’où tout a commencé avec l’otite qui se manifestera de nouveau. Cette succession d’évènements médicaux – avec le retour au point de départ dans la pathologie – va compléter la guérison du cas dans sa globalité. Une telle série pathologique est bien sûr très exceptionnelle, [2] il faudrait pour ce faire un très bon traitement homéopathique mais aussi un organisme qui ne soit pas complètement détruit par l’abus de drogues chimiques. La principale leçon que les jeunes homéopathes devraient retenir, c’est que la pathologie, ici le cancer, qui se situe au niveau physique – et qui met en danger la vie du patient – va réapparaître sous la forme d’une dépression après le bon traitement et que ce sera la bonne direction vers la guérison. C’est apparemment en contradiction avec ce que les étudiants apprennent, à savoir que les symptômes devraient passer du plan mental au physique si nous avons une bonne évolution. Ici, dans cet exemple, la pathologie physique va s’exprimer au niveau émotionnel par une dépression.

Ceci survient lorsqu’on a contraint la maladie mentale – par la thérapeutique chimique – à exprimer au niveau physique une pathologie grave, pouvant être mortelle. Nous pouvons donc conclure que le cancer était plus grave que la dépression, ce qui peut apparaître en totale contradiction avec ce que l’homéopathe débutant avait appris jusque là.

Si on poursuit les bons choix thérapeutiques, la dépression sera de nouveau transférée au plan physique sous la forme d’une arthrite rhumatoïde et finalement en otite d’où tout a commencé. Une bonne analyse du cas est ici essentielle pour éviter de se trouver enlisé entre deux étapes thérapeutiques, c’est à dire de faire des va-et-vient entre la dépression et le rhumatisme si le praticien ne comprend pas ce qui se passe. Il peut, par exemple, penser qu’il fait une suppression puisque les symptômes mentaux ou émotionnels sont présents et il va dans la hâte tenter de traiter ces symptômes pour les faire disparaître au moyen d’un remède qui possède ces symptômes mentaux et émotionnels, comme par exemple Phosphorus qui présente au plus haut niveau l’anxiété au sujet de sa santé.

Quelques règles absolues

Vous ne savez jamais d’avance ce qui peut se produire après la prise d’un médicament, donc il faut être bien préparé à gérer les cas de figure différents. Une première évaluation du cas doit se baser d’après l’existence ou non de perturbations sur le plan émotionnel ou mental. Dans l’affirmative, vous savez que le cas sera difficile à résoudre car il faudra passer par des moments d’aggravation physique que le patient sera tenté de « bricoler » allopathiquement. Ce processus peut d’ailleurs s’établir naturellement, comme le rappelle Vithoulkas, un patient ayant subi une dépression épouvantable dans le passé peut s’en trouver soulagé spontanément ou après des années d’antidépresseurs et présenter à la place une pathologie physique très grave comme un cancer ou une intense polyarthrite rhumatoïde.

En tout premier lieu, de grandes règles se dégagent et doivent toujours être observées, sachant que dans le doute vous devez prescrire un placebo pour acheter un peu de temps et laisser le tableau se clarifier.

1)    Ne jamais répéter si une prise provoque une réaction nette et parfois spectaculaire. Attendez de voir la fin de l’action du médicament pour renouveler. Cela peut prendre des jours, voire des semaines si le niveau de santé du patient est élevé.

2)    En cas de réaction d’aggravation similaire nette, de nombreux symptômes vont se produire :

  1. Si la réaction est vraiment trop forte, vous avez donné trop de médicament, la dose est trop importante, ainsi qu’éventuellement la dynamisation

i.     Dans l’ordre, vous essayez d’attendre quelques jours si c’est possible

ii.     Sinon vous faites faire une friction du même médicament, sur une zone de peau saine,

iii.     Dernière solution : donnez le médicament en 6c, c’est le frein d’urgence.

  1. S’il est possible d’attendre respectez la règle absolue de ne jamais rien prescrire tant que le tableau symptomatique n’est pas fixé. Autrement vous allez massacrer le cas en trouvant je ne sais quel médicament qui sera adapté à quelques une des symptômes produits

3)    En cas d’aggravation dissimilaire

  1. Cessez toute prise
  2. Antidotez au besoin
  3. Vous pouvez être certain que ce médicament ne convient pas au cas et vous n’y retoucherez plus.

Les observations qui suivent maintenant sont dérivées de celles décrites par George Vithoulkas, qui s’est lui-même inspiré de Kent.

 Éventualité  Observation Graphe
 1  Nette aggravation du (ou des) trouble physique principal, des symptômes mentaux-émotionnels et du niveau d’énergie, suivie d’une récupération rapide et de longue durée.Niveaux : A jusque bas du groupe B.Diagnostic : Dose trop importante.

Observation-01

 2  Le patient se sent beaucoup mieux sur tous les plans, et il n’y a que peu ou pas d’aggravation.Niveaux : spontanément les patients en haut du groupe A réagissent ainsi quelle que soit la dose administrée. De même ceux du groupe D ne feront pas de réaction d’aggravation mais ensuite leur état va s’aggraver très vite de nouveau.Diagnostic : cas idéal, dose bien adaptée. Observation-02
 3 Le patient se sent mieux sur tous les plans après une aggravation initiale, mais quelques problèmes mineurs persistent cependant.Niveaux : A et BDiagnostic : dose un peu trop faible.  Observation-03
 4 Après une aggravation initiale plus ou moins marquée, il y a une amélioration locale et générale, mais de nouveaux symptômes apparaissent qui appartiennent au médicament prescrit.Niveaux : A et B, mais souvent aussi C.Diagnostic : excellente homéopathicité sur un patient hypersensible.  Observation-04
 5 Les symptômes physiques s’améliorent après qu’ils se soient aggravés au début du traitement mais il n’y aucune réaction au niveau émotionnel/mental ni sur le plan énergétique général.Niveaux : A et B sans troubles émotionnels / mentaux. C nécessitant plusieurs remèdes successifs.Diagnostic : homéopathicité parcellaire.  Observation-05
 6 Absence d’aggravation initiale, le patient se dit mieux, mais ne l’est pas réellement. (Miroir de l’éventualité 20 et surtout 21).Niveaux : A et B, et en dessous.Diagnostic : prescription parcellaire. Dans les hauts niveaux de santé, vous avez prescrit un simile, dans les bas niveaux de santé au tableau peu apparent c’est une situation normale qui demandera de passer souvent à un autre médicament (cure en zigzag, voir §167 et 168).  Observation-06
 7 L’affection principale s’est améliorée sans aggravation, mais apparaît maintenant un nouveau symptôme.Niveaux : A à D.Diagnostic : suppression de symptôme.  Observation-07
 8 L’affection de départ est un peu améliorée, mais de nouveaux symptômes très marqués complètent le tableau médicamenteux.Niveaux : B et CDiagnostic : la dose fait « lever le lièvre » dans un tableau qui n’est pas clair.  Observation-08
 9 Courte aggravation suivie par une amélioration locale et générale et rechute partielle malgré la répétition du médicament.C’est le cas où une seule prise du médicament semble agir magnifiquement après que le patient ait produit quelques signes réactionnels montrant l’activité du médicament, mais l’amélioration fulgurante décrite semble ne pas durer en proportion du splendide résultat initial.Niveaux : A à C.Diagnostic : l’organisme absorbe avec avidité la première dose et la sensibilité à celle-ci se tarit rapidement.  Observation-09
 10 Véritable rechute après une réaction favorable qui a duré longtemps.Niveaux : A à B (C).Diagnostic : antidotage de la dose ou prescription en centésimales.  Observation-10
 11 Amélioration transitoire sans aggravation initiale et rechute complète très peu de temps après, c’est à dire « retour rapide à la case départ »Niveaux : A à D.Diagnostic : Dynamisation insuffisante. Médicament partiellement homéopathique. Effet placebo.  Observation-11
 12 Amélioration partielle sans aggravation notable, mais après quelques prises le patient est pire qu’avant le traitement (avec ou sans modification des symptômes).Niveaux : B ou C bas ou patient du groupe D.Diagnostic : Simile dans les niveaux B ou C (voir Eventualité 7). Très mauvais pronostic dans les groupes inférieurs.  Observation-12
 13  Pas le moindre changement.Niveaux : A à C.Diagnostic : Dose accumulée encore insuffisante. Médicament altéré. Dynamisation incorrecte. Antidotage. Homéopathicité nulle.  Observation-13
 14 Patient, réservé ou timide qui déclare que la dose n’a rien fait, mais quelque chose s’est produit sur le plan émotionnel.Niveaux : B profond, C et D.Diagnostic : Début de réaction chez les patients de groupe élevé, dose trop faible. Médicament incorrect dans les bas niveaux.  Observation-14
 15 Amélioration d’un symptôme physique mineur chez un patient réservé ou qui contrôle ses émotions sans autre changement par ailleurs.Niveaux : B profond, C et D.Diagnostic : Début de réaction chez les patients de groupe élevé, dose trop faible ou médicament partiel. Médicament peut-être correct dans les bas niveaux.  Observation-15
16 Amélioration de quelque symptôme physique mineur chez un patient enthousiaste qui « croit » à l’homéopathie, mais sans autre changement.Niveaux : tous.Diagnostic : Effet placebo.  Observation-16
17 Longue aggravation qui finit par aller en s’améliorant.Niveaux : bas groupe B, C, D.Diagnostic : Surdosage (quantité et/ou dynamisation). Hypersensibilité à la dose LM. En aigu, diagnostic favorable.  Observation-17
18  L’état du patient est en chute libre.Niveaux : C moyen à début D.Diagnostic : Incurabilité. Médicament partiel dans un bas niveau de santé.  Observation-18
19 Aggravation plus ou moins longue, puis retour à la case départ après une amélioration qui a très peu duré. L’erreur fatale par excellence.Niveaux : C haut à moyen.Diagnostic : Dynamisation trop basse. Antidotage.  Observation-19
20 Amélioration générale modérée qui passe inaperçue du fait de l’aggravation de la symptomatologie locale. Seconde source d’erreurs fatales.Niveaux : C.Diagnostic : Surdosage. Observation-20
21 Amélioration générale marquée, accompagnée de l’aggravation de la symptomatologie locale. (Miroir de l’éventualité 6).Niveaux : B.Diagnostic : Surdosage et fort risque de suppression allopathique.  Observation-21

 


[1] Voir Les niveaux de santé, traduction et adaptation française par le Dr ; Jean-Claude Ravalard et E.B. Disponible sur le site Planète Homeo et en librairie.

[2] Une telle succession jusqu’à la réapparition des affections initiales peut être rare. Parfois ce sera une simple otalgie et une association d’idées chez le patient qui dira « tiens c’est comme au temps de mes otites, j’ai eu la même douleur. » On observe souvent le retour d’anciens symptômes à la suite d’une prescription (ce qui ne signifie d’ailleurs pas forcément qu’on a donné le simillimum). Mais ce retour jusque par exemple aux otites initiales n’est pas nécessaire pour que le patient se trouve guéri. EB.

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