L’effet placebo

 Un reportage comme seul ARTE sait les faire, à la frontière du monde connu.

Le concept d’effet placebo est immensément flou. C’est le poil à gratter de la médecine occidentale, car il éjecte d’un coup toute rationalité dans une médecine qui se dit « scientifique ».

L’essai d’un médecin durant la fin de la seconde guerre mondiale est le premier choc du monde médical. En rupture de stock de morphine, il injecte de l’eau salée à la place chez des soldats souffrants. Un tiers des jeunes hommes est amélioré par ce procédé.

C’est le début des débats sur l’effet placebo.

Aujourd’hui, ce sujet est en pleine exploration. On sait désormais que la couleur de la pilule, sa forme, la fréquence des prises,…, donnent des effets placebos différents.

La sensibilité du sujet prend aussi toute sa place : sexe, âge, origine ethnique, niveau social, …

Le reportage révèle aussi que même si on prend un placebo en pleine conscience, il peut fonctionner !

Tout cela est très troublant, et ne peut qu’interroger tout homéopathe. Ne prescrirait-il que des placebos à son insu ?

Le champ d’exploration du placebo est encore immense. Actuellement, aucune étude n’est capable de prendre en compte la dimension émotionnelle du patient lors des tests. Ni de prévoir avec précision la réceptivité au placebo de tel ou tel sujet. Les homéopathes américains avaient 90 % de résultats sur des malades graves, nous sommes largement au-delà des 30 % fatidiques. Quelles sont les maladies pour lesquelles le placebo fonctionne le mieux ? Quelle est la durée d’action du placebo, son intensité d’action ? Comment s’effectue la guérison ? Est-ce que les miracles de Lourdes ne seraient qu’un super effet placebo ? (personnellement, j’en doute)

Nous ne pouvons formuler que des hypothèses.

Hahnemann recommande l’usage du placebo en intercurrent dans les traitements homéopathiques. Ce n’est pas un hasard. C’est difficile pour un jeune homéopathe de prescrire du placebo, on a le sentiment de tromper le patient, et pourtant, ce reportage montre que ce geste est potentiellement bénéfique.

En tant qu’homéopathe, nous avons la confirmation que notre traitement était le bon lorsqu’une CINETIQUE spécifique de guérison se met en route. Cette cinétique est très différente de celle produite par une médication chimique. Le placebo a toute sa place, bien définie, dans l’homéopathie. La cinétique d’action du placebo n’a certainement pas été étudiée par les scientifiques. L’homéopathe doute beaucoup plus souvent de sa capacité thérapeutique qu’un allopathe, et pourtant des résultats incroyables nous surprennent tous les jours. Il paraît que les études de médicaments allopathiques sont menées contre placebo en double aveugle, mais récemment un scandale a éclaté, car il semblerait que la majorité des études ne soient pas reproductibles.

Si les études médicales sur l’effet d’un médicament recherchaient une action sur les réflexes autonomes en l’approchant d’un patient, seuls les médicaments homéopathiques et toute substance dynamisée passeraient le test. Les substances pondérales n’ont absolument aucun effet sur ces réflexes, car elles n’émettent aucun « rayonnement ». De même, si le soin se fondait sur un ensemble de lois cohérentes, seule l’homéopathie classique pourrait garder la tête haute. Tout est question de référentiel.

Bref, nous ne savons rien. Laissons les chercheurs chercher, et continuons à soigner les malades, le temps fera le tri.

Pour en savoir plus : l’effet placebo

 

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