Cette phrase de Bernard Dalbergue sert de titre à son interview qui paraît dans « Principes de Santé » du mois d’Avril 2014, N66.Bernard Dalbergue est l’auteur d’« Omerta sur les labos pharmaceutiques » chez Flammarion.
Pour la première fois, un homme du système raconte l’art de la manipulation, l’argent, le lavage de cerveau du personnel.
Il décortique ses relations avec des praticiens souvent crédules, parfois vénaux. Je vous recommande de regarder le « Loup de Wall Street » pour vous faire une idée de l’ambiance qui règne dans ces institutions.

Capture d’écran 2014-04-11 à 06.25.48Nous vous retranscrivons cette interview qui n’apporte rien de bien nouveau mais donne une vue intéressante du pourrissement de la médecine classique. Peu à peu se dessine malheureusement l’image généralisée du crime contre l’humanité. Comme à chaque fois, l’ampleur du crime est tellement inimaginable qu’au début, la raison se refuse à l’admettre. Tout ceci soulève la question célèbre de Cicéron à Catilina: QUOUSQUE TANDEM?? Jusqu’à quand pourra-t-on tolérer cela ? Comment fera-t-on pour traduire en justice tous les responsables et les moins responsables? Ou bien n’y aura-t-il aucun châtiment, et cette lamentable société finira de sa belle mort? Ce qui reste le plus troublant c’est le peu de mobilisation des malades, qui semblent visiblement préférer une anesthésie douillette plutôt que de se comporter en citoyens responsables. Et surtout la crédulité des médecins, qui dépasse l’entendement et qui en fait des proies rêvées pour les labos aussi bien que pour les sectes.

Médecin hospitalier le temps de son internat, Bernard Dalbergue s’est vite laissé séduire par le
confort des laboratoires pharmaceutiques. Moins de cris, de douleurs, de mort. Les costumes, les
belles voitures, l’argent, les malversations coulent à flot. Jusqu’au moment où sa conscience semble
s’être réveillée et qu’il a balancé toutes les manoeuvres dans un livre.

Principes de Santé Vous avez passé vingt ans dans les laboratoires comme médecin « supervisiteur » médical, chargé, entre autres, de séduire les pontes des CHU. Vous vous justifiez de révéler les pratiques de votre laboratoire par la dégradation des « pratiques douteuses » depuis ces dix dernières années. Qu’est-ce qui s’est dégradé à ce point ?

Dr Bernard Dalbergue. Les laboratoires ont tous été soumis aux mêmes problématiques, qui sont d’ordre financier : l’apparition des génériques, la fin des brevets, la difficulté de trouver de nouvelles molécules issues de la chimie pure. Certains événements ont été, a posteriori des balises historiques : l’affaire du Vioxx aux États-Unis et surtout Marcia Angell qui, après avoir dirigé le New England Journal of Medecine, a claqué la porte en dénonçant les manipulations de la recherche clinique et le contrôle de l’information médicale par l’industrie pharmaceutique. En clair, les manuscrits censés être objectifs, indépendants et faire autorité étaient directement rédigés par les industriels…

P. de S. Ce n’était pas le cas avant ?

Dr B. D. Si, mais la différence c’est qu’aujourd’hui il y a énormément plus d’enjeux industriels. Développer des molécules coûte beaucoup plus cher qu’il y a trente ans. Les réglementations dans les pays occidentaux se sont tellement durcies que les industriels développent leurs produits dans des pays émergents pour profiter de réglementations moins contraignantes.

P. de S. Comment résumeriez-vous les grandes lignes des dérives ?

Dr B. D. Pendant de longues décennies, l’industrie pharmaceutique a connu une liberté absolue marquée par des prouesses technologiques et le développement de médicaments innovants. En outre, il ne faut pas oublier la mortalité iatrogène, liée à la prise médicamenteuse. C’est ce facteur de mortalité qui a fait tomber l’automobile dans la répression la plus complète. C’est ce facteur qui fera tomber l’industrie pharmaceutique parce que 18 000 à 30 000 morts liés à la prise de médicaments en France et les quelque 200.000 décès reconnus par la Commission européenne, c’est très inquiétant.

P. de S. Jusqu’où cette situation pourra-t-elle aller selon vous ?

Dr B. D. J’espère que les patients vont se révolter à juste titre via des groupes de pression. On me rétorquera qu’il y a des milliers de médicaments dans le Vidal et que Prescrire n’en pointe qu’une soixantaine comme dangereux, mais, dans la pratique, un médecin n’utilise pas 1 000 médicaments. Quand c’est un excellent docteur, il en utilise peut être 300 maximum, et 60 médicaments à retirer sur le champ, sur 300, ce n’est pas glorieux. De plus, il ne faut pas se mentir : ce ne sont pas des études cliniques qui vont nous permettre de bien évaluer la balance bénéfice-risque et savoir si un médicament est dangereux.

Pour estimer la dangerosité d’un médicament, il faut des millions de prescriptions. Ça se passe en médecine de ville, pendant des années et des années. Le cas du Motilium en est l’exemple typique. Commencent à émerger à présent des cas de mort subite mais il a fallu près de trois millions de prescriptions à travers de nombreux pays pour se rendre compte que cet antinauséeux pouvait être la cause d’arythmies fatales.

P. de S. Donc, on est tous cobayes et pendant longtemps ?

Dr B. D. Non, je ne le dirais pas comme ça. C’est plus une question de probabilité. Ce n’est pas parce que vous avez acheté une voiture que vous allez forcément mourir d’un accident de la route. On a tous une 1 chance sur 100 000 ou 200 000 de mourir en prenant la route. Le médicament, c’est la même chose.

P. de S. On dit que peu d’antibiotiques sortent sur le marché parce qu’investir sur des traitements de courte durée c’est un suicide commercial pour les labos, vous confirmez ?

Dr B. D. C’est tout à fait exact. Dans l’équation, il y a le prix du médicament mais aussi la durée du traitement et là, les maladies chroniques et de longue durée, type sida, Alzheimer sont tout à l’avantage des laboratoires, évidemment. Il est également plus avantageux financièrement pour un industriel de faire du « me too », qui est une fausse nouveauté, une vieille molécule rebadgée, relookée. L’idée est d’effectuer de légères modifications sur une molécule initiale pour aboutir à un faux nouveau médicament. Cela augmente la durée de protection du médicament avant qu’il ne tombe dans le domaine public.

P. de S. En quoi les « pratiques douteuses » de votre époque ne sont pas moins douteuses que celles que vous dévoilez et condamnez ?

Dr B. D. Aujourd’hui, il est tellement difficile de trouver une molécule, de la développer, de la mettre sur le marché, de la commercialiser, que tout le monde ferme les yeux, tout le monde trafique.

P. de S. Comment ça ?

Dr B. D. Prenez le Gardasil, il faut bien mesurer l’étendue du scandale : tout le monde savait au moment de l’obtention de l’autorisation américaine de mise sur le marché que ce vaccin n’apporterait strictement rien ! Diane Harper, qui était un leader d’opinion aux États-Unis, avait tiré très tôt la sonnette d’alarme en pointant du doigt la fumisterie et l’arnaque. Prenez l’exemple du Vioxx, anti-inflammatoire responsable de dizaines de milliers de morts par AVC et arrêt cardiaque, il y a eu corruption et dissimulation avec à la clé 30 000 morts. Mais Merck a sorti derrière le « me too » du Vioxx, qui s’appelle Arcoxia. Refusé outre-Atlantique, il a bizarrement obtenu son AMM en Europe. En ce moment, en France, des médecins prescrivent l’Arcoxia, qui est la même saleté que le Vioxx, et qui est remboursée. P. de S. Donc en clair, avant on découvrait les effets indésirables à force de prescriptions, et maintenant, on sait, avant même d’obtenir une AMM, que tel ou tel médicament est inutile voire dangereux…

Dr B. D. Oui, c’est ça la différence. L’Arcoxia est en pharmacie, prescrit, remboursé, et il est extrêmement dangereux ! Le Gardasil ne sert à rien et on le paye une fortune ! Et tous les échelons décisionnaires le savent !

P. de S. Et vous ne citez pas le coût humain avec les effets indésirables…

Dr B. D. Quel que soit le vaccin, on peut trouver des cas de syndrome de Guillain-Barré, de paralysie des membres inférieurs, des scléroses en plaques induites, des encéphalites induites. Mais lorsqu’il s’agit de protéger des millions de personnes de la variole ou de la poliomyélite, on ne fait pas d’omelettes sans casser d’oeufs. Mais là…

Je prédis que le Gardasil sera le plus grand scandale médical de tous les temps. Parce qu’à un moment on va prouver par A + B que ce vaccin, pour prouesse technique et scientifique qu’il soit, n’a aucun effet sur le cancer du col de l’utérus et que les très nombreux cas d’effets indésirables qui détruisent des vies, voire tuent, ne sont là que pour le seul profit des laboratoires. P. de S. Vous qui êtes de l’intérieur, pourquoi on ne le retire pas le fameux Gardasil et consorts ?

Dr B. D. Les intérêts financiers sont beaucoup trop importants pour que les médicaments soient retirés.

P. de S. Comment ça se passe à l’intérieur d’un laboratoire ?

Dr B. D. La pharmacovigilance n’est tout simplement pas remontée. Lorsque j’ai été lanceur d’alerte interne pour le problème de stylo injecteur contre l’hépatite C, je suis remonté jusqu’au numéro 3 de la compagnie pour lui signaler le problème de notre produit qui risquait de tuer par inefficacité et lui rappeler qu’un labo est tenu de faire remonter aux autorités de santé tout effet indésirable sur nos produits, la fameuse pharmacovigilance. Ça m’a valu mon licenciement pour résumer. Je n’avais jamais vu ça de ma vie : en interne, les industriels planquent toutes les données de la pharmacovigilance, au mépris de la santé, au mépris des lois, au mépris de l’éthique !

P. de S. Et les patients dans tout ça ?

Dr B. D. Je vais vous donner une image. En Chine, on exécute les opposants d’une balle dans la nuque. Les exécutions sont diffusées à la télé et, pire, on fait payer à la famille le prix de la balle utilisée. Pour moi, ces 18 000 à 30 000 morts par prise médicamenteuse, c’est la même chose : on fait payer aux malades le prix de la balle qui les tue.

 

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