Don_Quijote_and_Sancho_PanzaArticle datant des années 95, mais ça vaut le coup de le relire, rien n’a changé dans la stupidité des « sceptiques » pathologiques :-)
La pétition internationale lancée pour la sauvegarde de l’homéopathie a recueilli de très nombreux messages et témoignages. Cependant, parmi ceux-ci une petite poignée d’individus ont cru bon soit d’insulter les homéopathes et leurs patients, soit de démontrer « scientifiquement » que l’homéopathie n’est que du vent. Voici un échantillon des échanges que nous avons pu lire et qui m’ont frappé par leur contenu souvent haineux:

-En appeler aux Droits de l’Homme, franchement ! Restons sérieux. Aux Armes… contre les charlatans qui vivent sur le dos de la Sécu !

Réponse d’un lecteur: il me semble mon cher que contrairement à ce que vous pensez, les homéopathes vivent bien moins sur le dos de la sécu que les médecins qui rendent encore plus malade, et font de la france un des pays les plus gros consommateurs de medics !

Savoir regarder ses défauts avant ceux des voisins ! hehe !

-Homéopathie et placebo même combat! Un petit article scientifiquement prouvé celui-là pour mûrir votre réflexion. La légende de l’homéopathie : des mises au point qu’appelle la raison

Réponse d’un lecteur: Si les médicaments homéopathiques ne sont que des granules de sucres sans aucune efficacité, comment se fait-il que l’agence du médicament interdise seulement certaines de ces granules ? A quand l’interdiction de la vente de sucre en poudre et en morceaux dans les supermarchés ?

Réplique: le sucre n’est pas vendu dans les supermarchés pour soigner les gens que je sache !

-Bravo à l’agence du médicament. je ne comprend (sic) pas pourquoi la secu tolère un placebo comme l’homeophathie. Halte aux gourous homeo qui utilisent la crédulité. Un peu d’évaluation et tout s’écroule.

Ce qui me surprend toujours dans ce genre de cas de figure c’est comment nos semblables défigurent souvent leur propre humanité en se permettant d’étaler leur niaiserie, leur inculture (de l’homéopathie entre autres), leur méchanceté, et leur absence totale d’humilité. Il n’est pas plus niais -comme ces gens le démontrent brillamment- que celui qui sait, et qui l’affiche haut et fort.

Il faut tout de même avoir un sacré ego pour clamer que l’on est le seul à avoir raison, en méprisant royalement les centaines de messages et de témoignages de gens a priori pas plus tarés que d’autres qui eux ont essayé et ont tranché d’après les résultats cliniques.

Un homéopathe est d’abord un médecin, qui a réalisé que la médecine qu’il a apprise ne lui permet pas de guérir (oui, j’ose écrire ce mot) ses malades mais seulement de les soulager temporairement.

L’homéopathe s’est donc donné la peine de se remettre en cause et d’essayer si une autre façon de faire pouvait exister et rendre service. Cette démarche est expérimentale et scientifique. C’est à chacun de forger son opinion par sa propre expérience, en plongeant soi-même les mains dans le cambouis et non pas en se contentant de lire quelques publications. En ce sens trop de confrères ne pensent pas par eux-mêmes et sont incapables d’observer d’un oeil critique les phénomènes auxquels ils assistent tous les jours et d’en tirer un enseignement. Il est vrai que nos études ne favorisent pas l’étudiant doué de sens critique, mais plutôt celui dont la mémoire est capable de recracher ce qui lui a été inculqué, tout comme ces gens qui ont lu Dieu sait quoi et pensent être informés et être en mesure de donner des leçons.

Pire encore, pétri de leurs certitudes, incapables de la moindre réflexion ces messieurs se cramponnent misérablement à l’acquis actuel et endossent le costume de ceux qui ont réfuté la rotondité de la terre en démontrant que les gens aux antipodes tomberaient, qui ont réfuté la rotation de la terre par le fait que les oiseaux ne volent pas plus vite dans un sens que l’autre, qui ont démontré scientifiquement que le plus lourd que l’air ne pouvait pas voler, etc.

Je leur donne ce conseil: osez ouvrir un peu les yeux, apprenez à respecter autrui, surtout quand il s’agit de médecins qui ont des années d’expérience derrière eux et cherchez à penser un jour par vous mêmes. N’ouvrez pas de littérature polémiste, ouvrez l’Organon de Hahnemann, critiquez le, testez le. Apprenez les symptômes qui appellent un remède dans la matière médicale, donnez le et voyez s’il se passe quelque chose. Le grand Clemenceau vous aurait répliqué :  » cessez d’être con, vous n’en avez ni la profondeur, ni la saveur. « 

Ci après quelques commentaires d’un article cité comme arme anti homéopathique de référence par un internaute. Je me donne cette peine car le contenu de l’article est typique de ce genre de littérature polémique qui se drape dans un verbiage pseudo scientifique, de sorte que de répondre à celui-ci me permettra de répondre par avance aux autres de la même veine. Il va de soi que ces quelques notes se destinent uniquement aux gens de bonne volonté à l’esprit ouvert, je ne me fais aucunement l’illusion d’ouvrir les yeux des aveugles volontaires :

——————————————————————————– Extrait du Québec Sceptique no 26, page 31, été 1993. par Georges-André Tessier

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L’ouverture de la Commission parlementaire sur les thérapies alternatives a été l’occasion de discours enfiévrés et d’une importante enflure de langage. Ces symptômes, croyons-nous, appellent une intervention thérapeutique qui faute d’être « alternative » se contentera d’être professionnelle.

Dès le début, nous ne prétendrons pas guérir, ni même soigner, tous les malades. Nous ne ferons que quelques mises au point sur les médecines douces en prenant un exemple particulier : l’homéopathie. Nous avons choisi cet exemple parce que l’homéopathie est la thérapie alternative dont les prétentions scientifiques sont les plus présomptueuses et parce qu’elle cherche actuellement à s’introduire subrepticement dans le système de santé en profitant de la percée et de l’écran que lui offre une technique beaucoup plus légitime qu’est l’intervention des sages-femmes.

Au niveau du discours, retenons ceci :

D’abord, l’homéopathie joue double jeu. Le moindre article sur l’homéopathie qu’on trouve dans les pages d’une presse complaisante (1) fait valoir tout à la fois cette technique comme « une thérapie nouvelle » et comme « remontant à la nuit des temps ». Il est normal de chercher à se faire du crédit en faisant valoir ses racines anciennes ou de faire excuser ses lacunes en plaidant sa jeunesse, mais dire à la fois qu’on est nouveau et ancien, n’est-ce pas beaucoup ?

Il est regrettable d’avoir à lire de pareilles sornettes. L’homéopathie est pratiquée par des médecins, en tant que tels nous n’avons pas à clamer que nous guérissons tout et faisons voir les aveugles, pas plus que ne le font nos confrères.

C’est une thérapie nouvelle car énoncée pour la première fois par Hahnemann au terme de 8 ans d’expérimentations. C’est d’ailleurs la première fois dans l’histoire de la médecine que l’on a fait appel à la démarche expérimentale. Les lois édictées par l’expérimentation  » remontent à la nuit des temps  » ou plutôt ont toujours existé en attendant leur formulation. La gravitation universelle est une nouveauté qui elle aussi remonte en fait à la nuit des temps. La façon d’exposer les choses est parfaitement malveillante.

Ensuite, les homéopathes, pour se décrire eux-mêmes, brandissent des qualificatifs flamboyants qui ont bonne presse. On n’hésite pas à se dire « plus respectueux de l’individu, plus naturel, plus global », et surtout « holistique » le nouveau mot-clé des médecines occultes.

L’application rationnelle des agents thérapeutiques comme dit Hahnemann implique que la prescription d’un médicament se fasse d’après la ressemblance de celui-ci envers les signes et symptômes du cas. Qu’est-ce à dire ?

1. L’observation du malade montre que l’organisme entier présente des symptômes de la tête aux pieds. Nous sommes bien obligés de constater qu’il existe un dérèglement interne responsable de cet ensemble, mais sa nature nous échappe. Par contre on peut caractériser ce dérèglement par l’ensemble de ses effets. Voilà la démarche pragmatique de l’homéopathie. Point de trace de la moindre théorie. On remarquera qu’avec ce modèle, la notion de maladie apparaît illusoire. En effet une maladie est diagnostiquée d’après l’ensemble des signes communs aux malades, par exemple une migraine se définit par des critères bien précis, mais l’homéopathie fait éclater ce cadre étriqué de la nosologie car ce groupe de symptômes arbitrairement choisis et appelés migraine ne représente qu’une fraction des symptômes du patient. Par exemple la patiente pourra avoir des maux de ventre abominables avant ses règles, souffrir d’une peur de l’obscurité qui la handicape, présenter une insuffisance veineuse qui lui rend les mois d’été insupportables.

D’où l’absurdité de donner comme on nous l’a appris un traitement pour la migraine, un pour la dysménorrhée, un pour la circulation veineuse.

Les patients, qui ont l’esprit ouvert bien plus que certains ignorants bardés de diplômes, se rendent bien compte qu’il s’agit d’un dérèglement général.

Ici les deux médecines s’opposent, mais se complètent pourtant. La chimiothérapie classique permet un soulagement des symptômes, jamais le moindre rétablissement durable. Au contraire les lois de l’homéopathie permettent de trouver une substance capable de s’adresser à l’ensemble des symptômes.

On est donc amené à considérer le patient comme un tout, ce que recouvre le terme pompeux d’holistique (qui ne figure pas dans le vocabulaire homéopathique, nous n’avons que faire d’un pléonasme). En ce sens aussi l’homéopathie respecte l’individu dans sa réalité de patient malade.

Le fait de suivre des lois dans l’indication du traitement font que l’on peut dire que l’homéopathie est  » naturelle « , tout comme il est naturel de placer un satellite sur orbite en fonction des lois de Newton. Le terme naturel est mal adapté, comme nous allons le voir maintenant :

2. OK, tout ça c’est joli, mais comment un médicament peut il être indiqué ? Hahnemann a colligé des milliers d’observations, toutes tirées de la médecine officielle de son époque, qui à défaut d’être efficace avait le mérite de produire des observations raffinées. On observe ainsi que deux affections qui produisent des symptômes dissemblables se repoussent mutuellement.

Exemple : dans les épidémies de scarlatine, on observe des cas de rougeole qui se greffent sur la scarlatine. Dans ce cas le cours de la scarlatine est interrompu, la rougeole suit son cours, puis une fois en phase de récession, la scarlatine reprend son cours. On peut multiplier les exemples mais j’abrège, que ceux qui veulent s’instruire s’en donnent un peu la peine.
Venons en maintenant à l’observation princeps d’où Hahnemann a déduit la loi de similitude. Cet homme intègre, à la clientèle nombreuse avait cessé d’exercer à cause de la conscience aiguë qu’il avait de ne faire rien d’autre que tuer ses malades. Parlant couramment 6 langues plus le latin et le grec (ce qui n’est pas le cas de beaucoup de ses détracteurs), il a survécu en traduisant des ouvrages médicaux. Or il traduit un jour un texte du grand Cullen expliquant que le quinquina soigne le paludisme car la drogue  » renforce les parois de l’estomac « . Cette affirmation sembla d’autant plus gratuite à Hahnemann qui avait déjà pris du quinquina et avait remarqué les maux d’estomac que l’écorce lui donnait. Il décide alors d’essayer d’en prendre pour voir. La démarche expérimentale était née. Hahnemann observe que dès les heures qui suivent la prise de quinquina, il a les oreilles qui bourdonnent, une affreuse sensation de malaise général, il se sent très fébrile et frissonne. Il arrête les prises et constate la régression des troubles. Il en reprend et cela recommence. Ici encore le lien de causalité établi par l’arrêt puis la reprise de la drogue est une démarche expérimentale toute nouvelle dans l’histoire. Le quinquina provoque chez quelqu’un qui n’a pas de fièvre palustre des symptômes y ressemblant fortement. Se pourrait-il que ce soit à cause de cela que l’écorce soigne l’accès palustre ?

Hahnemann va expérimenter pendant 8 ans afin d’essayer de répondre à cette question. Pour quelqu’un qu’on accuse d’être illuminé, ça laisse rêveur quand on sait que nos jeunes scientifiques ont aujourd’hui pour objectif de « sortir » le maximum de publications dans un minimum de temps. Or donc, l’expérimentation lui permet de formuler le nouveau principe d’application des médicaments d’après la ressemblance avec les signes du malade.

3. Comment explorer la ressemblance ? En expérimentant les substances pour voir de quelle façon elles rendent malade. Ici encore, pas de théorie, mais des faits. Une substance va dérégler l’intérieur de l’organisme selon des mécanismes qui nous échapperont toujours, mais elle produit des signes et des symptômes qui signent indirectement son activité. On peut donc dresser le tableau clinique que produit une drogue, ce qui permet d’établir le portrait de la maladie artificielle du médicament en colligeant les observations du plus grand nombre de testeurs.

4. L’application de la similitude : l’administration d’une substance dont le tableau ressemble au plus près à celui du malade entraîne un réaction vers la guérison. Ici, bien qu’utilisant des mécanismes  » naturels « , le principe homéopathique est tout sauf naturel, c’est même archi contre le sens commun que de donner une substance qui ressemble à la maladie dans ses effets. Il convient donc de bannir l’adjectif  » naturel  » qui n’a pas sa place dans une discussion scientifique.

On ne peut qu’une fois de plus regretter les insultes du type  » occulte  » : qu’y a-t-il d’occulte dans ce qui précède ? C’est justement parfaitement clair et lumineux, comme aurait dû l’être notre enseignement à la Faculté qui nous fait déboucher sur des traitements souvent aussi toxiques que peu durables dans leurs effets.

Qu’est-ce qu’une thérapie cloisonnée aux symptômes et à une caractérologie douteuse peut avoir de plus global, de plus holistique ? En quoi des granules et des gouttes homéopathiques dérivés de produits toxiques sont-ils plus naturels que des antibiotiques ? L’homéopathie se garde bien de répondre à ces questions.

Affirmation gratuite une nouvelle fois.

Je prends de mon temps pour répondre à ces questions idiotes. Nous venons de voir en quoi l’homéopathie est  » holistique « , non seulement dans la vision d’ensemble du malade et non plus de la maladie, mais surtout dans ses moyens de l’appliquer.
En effet, le terme holistique fait couler bien de l’encre. On voit ainsi des médecins tenter de grouper leurs compétences spécialisées pour faire face  » holistiquement  » au cas du malade. C’est hélas aussi uni qu’un patchwork ou aussi illusoire que de vouloir reconstituer un saucisson en recollant les tranches. Le médicament homéopathique doit concorder avec l’ensemble du tableau du cas. Cela signifie qu’un homéopathe ne donne qu’un seul médicament, celui qui est le plus ressemblant au cas. C’est ici encore que l’auteur de l’article montre son ignorance la plus totale du sujet.
La question pertinente aurait été de demander comment une thérapie qui semble se baser sur des symptômes peut elle être étiologique ? Le public cultivé pourra y réfléchir.

Je répète ici que l’homéopathie n’est naturelle que dans le sens où elle exploite des mécanismes naturels qui ramènent à la santé. Les médicaments homéopathiques n’ont rien de  » naturel « , et ne le sont certainement pas plus que les antibiotiques. Le fait est que le terme  » naturel  » est exploité par des laboratoires homéopathiques dans le but de créer une automédication, source de profit.

Combien trouve-t-on d’homéopathes qui suivent les règles découvertes par Hahnemann ? Très peu justement. Par contre, qu’on ne vienne pas me casser les oreilles en ayant à rendre compte des déclarations d’ignorants qui font des affirmations qui n’engagent qu’eux, je ne suis pas responsable non plus de ce que dit Rika Zaraï. Je mets au défi quiconque de m’avoir entendu dire que l’homéopathie est  » douce  » ou  » naturelle « . Ce langage n’appartient pas à l’homéopathie, mais au marketing des laboratoires, qui je le rappelle sont le pire obstacle au développement de l’homéopathie.

Finalement, les homéopathes prétendent que leurs potions ont des propriétés curatives. Elles aideraient, paraît-il, à stimuler le système immunitaire, à prévenir des maladies et à remettre sur pied des personnes déjà malades. Par ailleurs, ces résultats miraculeux des médicaments homéopathiques seraient obtenus « sans effets secondaires ».

Nous ne prétendons pas, nous affirmons que nos médicaments possèdent des propriétés curatives.

Par contre un homéopathe n’a pas à rentrer dans les théories en vogues pour fournir des  » explications « . Le seul fait que quelqu’un s’appuie sur ce genre d’arguments montre son ignorance profonde de l’homéopathie et souvent son besoin maladif de reconnaissance par « l’establishment ». Explication : une femme vous consulte car elle a mal aux seins avant les règles. Heureusement dit-elle, son médecin lui a expliqué : c’est un trouble hormonal. Bien, maintenant demandons pourquoi ses hormones sont elles déréglées ? Pas de réponse. En fait le système physiopathologique sur lequel repose la chimiothérapie actuelle est dénué de sens. A chaque fois que l’on découvre un mécanisme, on en trouve cent autres, et ainsi de suite. Je fais remarquer toutefois que je ne conteste certainement pas la connaissance scientifique ni le progrès de notre compréhension de la nature. Cependant la connaissance de ces rouages apparaît arbitraire et tend vers l’infini. Utiliser des principes et interférer avec des mécanismes qui ne représentent qu’une infime parcelle de l’organisme dans le but de soigner des malades apparaît de plus en plus comme une impasse.

La force de l’homéopathie c’est justement de ne pas avoir à entrer dans ce dédale. Quels que soient les mécanismes, tel patient fera tel symptôme alors que tel autre fera tel autre symptôme. La seule chose qui compte c’est la sensibilité personnelle, où si on préfère sa réactivité personnelle. C’est le champ qu’explore l’homéopathie, et qui est laissé totalement de côté par la vieille médecine.

Là encore seul un ignorant peut affirmer qu’il n’y a pas d’effets secondaires. Cette déclaration ferait rire la plupart de mes malades, qui hésitent parfois à prendre une dose à cause des réactions. Si l’homéopathie est active, il y a forcément des effets secondaires, on est bien d’accord là dessus.

Je suis désolé que les auteurs de cet article ne prennent pas la peine de s’informer avant d’affirmer. Je peux aussi demander à ma voisine horticultrice son avis sur l’interaction faible dans les accélérateurs de particules et faire un bel article sur la physique quantique.

Les réactions qui suivent la prise de quelques globules peuvent être redoutables. C’est au médecin de déterminer notamment la hauteur de la dynamisation et la quantité de médicament afin d’éviter ces effets désagréables. Au sens de la médecine classique, ce ne sont pas des effets secondaires mais uniquement des effets réactifs à la suite de la prise. La rapidité de l’action du médicament homéopathique étonne très souvent les malades qui crient volontiers au miracle. C’est dire le niveau d’ignorance où nous sommes tombés en cette fin de XX ème siècle.

Devant de tels énoncés, on se surprend que la plupart des médecins se privent d’un arsenal « aussi efficace » (!) pour faire la guerre aux maladies. Mais voilà où le bât blesse : l’homéopathie n’est efficace que dans l’imaginaire et le discours des homéopathes.

La science dit : Non !

Si l’homéopathie n’était efficace que dans notre discours et dans notre imaginaire, les malades ne nous plébisciteraient pas. Le ministre Guizot, sous Louis Philippe, répondait aux membres de la Faculté voulant faire interdire l’homéopathie  » si c’est une charlatanerie, elle disparaîtra d’elle même « . C’est justement parce que de plus en plus de malades viennent consulter les homéopathes que cela gêne. Ce n’est pas la science qui dit non, c’est l’imaginaire et le discours calomnieux de l’auteur de l’article.

Le malheur de l’homéopathie vient de ce qu’elle découle purement de l’observation clinique et qu’elle a précédé dans son application la découverte des principes physiques capables de rendre compte de son activité. Il est étrange que la presse n’ait pas fait écho des nombreuses publications scientifiques qui étudient le médicament homéopathique. Nous parlerons plus loin des expérimentations cliniques, de réalisation difficile, et aux résultats toujours interprétables, n’en déplaise aux statisticiens.

Des centaines de recherches portent sur les principes chimiques présumés par les homéopathes et sur l’efficacité des médicaments homéopathiques. La plupart sont le fait d’homéopathes et, de l’aveu même des homéopathes (2,3), de très mauvaise qualité. Les seules recherches qui respectent les critères de rigueur scientifique montrent que les principes homéopathiques sont invraisemblables et que les granules homéopathiques ne sont pas plus efficaces que des granules de sucre de même apparence. Ils ne sont efficaces ni pour les adultes, ni pour les enfants, ni pour les animaux.

Une seule étude clinique a été réalisée conjointement par des homéopathes et des savants sceptiques dans le respect des critères de rigueur scientifique. Elle fut commandée en 1985 par le ministère des Affaires sociales français à l’I.N.S.E.R.M. L’évaluation portait sur deux médicaments homéopathiques censés hâter la reprise des transits intestinaux après chirurgie. Les résultats publiés dans The Lancet (4) montrent de façon incontestable l’inefficacité des deux produits.

Un conte de fée savamment entretenu

Décidément l’auteur a dû faire un stage chez les soviets.

Aujourd’hui en effet il existe de nombreuses études qui montrent l’activité de l’homéopathie in vitro et en clinique. Je suggère une fois encore de s’informer avant de parler. Voyez par exemple les travaux remarquables de Madame Bastide, qui eux ne bénéficient pas de la publicité des études citées ci-dessus.

Mais quelles études en fait : on donnait Opium ou Raphanus pour voir si le transit intestinal reprenait plus vite après une opération (étude 4 du Lancet).

Un homéopathe, comme tout médecin, sait qu’il existe un seuil physiologique de 3 jours que l’on ne peut transgresser. Si le transit ne reprend pas au-delà, il faut alors traiter. L’étude ne comprenait même pas ce critère élémentaire. De même on ne donne pas un remède pour une fracture : on la réduit d’abord puis si le cal ne se forme pas, on est obligé de traiter.

Ensuite pourquoi Opium ou Raphanus ? Le tableau clinique peut indiquer n’importe quel remède de météorisme, soit environ 230 médicaments. C’est comme si on prouve que les voitures n’existent pas car devant votre fenêtre vous n’avez pas vu passer une Clio et une Ford T.

Cette étude comme tant d’autres de ce genre montre clairement le processus insidieux de la pseudo démonstration scientifique. Les  » homéopathes  » qui cautionnent l’étude ne le sont évidemment pas, mais ça permet de faire couler de l’encre et de répandre la calomnie. Il va falloir informer le public que la science elle même est pervertie pour ne plus servir que les gros profits pharmaceutiques, les études cliniques font bien rire dans les condition où elle sont pratiquées. A court d’arguments contre l’homéopathie, on en vient à publier des études bidon pour alimenter des articles comme celui-ci. On pourra se demander qui subventionne cela et à qui profite le crime ?

La vente des granules et des gouttes homéopathiques rapporte des centaines de millions (5) aux compagnies qui les fabriquent. Aussi, lorsque par accident ou par négligence, un chercheur isolé trouve des résultats qui semblent confirmer les chimères homéopathiques, il jouit automatiquement d’une large diffusion dans les pharmacies et les organismes de presse (en France, tout au moins) payée, bien sûr, par les compagnies pharmaco-homéopathiques. Par contre, lorsque dans les mois qui suivent, des laboratoires indépendants refont l’expérience de ce chercheur isolé et obtiennent de tout autres résultats, leurs conclusions négatives ne jouissent d’aucune publicité.

Si les médicaments homéopathiques reposent sur des principes farfelus, les campagnes de marketing des compagnies pharmaco-homéopathiques sont, par contre, beaucoup plus scientifiques.

Là je fatigue. Même si les labos homéopathiques génèrent du profit, la vraie gêne vient de ce que de plus en plus de malades se soignent par l’homéopathie. Il faut savoir que seulement 20% des habitants de la planète sont concernés par la médecine classique. Ces 20% représentent chaque année 2000 milliards de dollars en investissement de recherche pour la mise au point de nouvelles drogues. Des parts de marché importantes sont en train d’échapper aux lobbies.

Je passe sur les affirmations gratuites énoncées ci-dessous pour souligner la naïveté de l’auteur qui parle de marketing scientifique. Si la santé des gens n’était pas en cause, il y aurait de quoi pleurer de rire.

Ce pauvre ignorant n’a donc jamais été voir comment une étude se fait sur le terrain ? Comment on passe de la plainte du malade au bout de papier censé enregistrer des faits. Le biologique ne peut être analysée comme les phénomènes physiques (Einstein lui même disait que la biologie échappe aux règles de la physique). En pratique on sort une drogue très vite, on teste sa tolérance, et on dispose de 2 ans pour l’exploiter à fond le temps que ses effets secondaires soient trop gênants et l’on passe vite à la drogue suivante. Ce n’est rien d’autre qu’un processus de consommation. La science est prise en otage par les gros profits de l’industrie.

Enfin, comment un monsieur dont on vient de voir tout au long l’absence de rigueur et de scrupule peut-il parler de science ?

Que contiennent les granules ?

L’échec des médicaments homéopathiques sur le terrain de l’expérience clinique n’a rien de surprenant lorsqu’on prend la peine de demander aux homéopathes ce qui se trouve dans leurs granules. Les manuels d’homéopathie nous expliquent candidement que leur potion est préparée à partir de produits toxiques (exemple : pétrole, mercure, acide nitrique) censés produire en faible dilution les mêmes symptômes que ceux qu’ils prétendent soigner.

Ces produits sont ensuite dilués dans des volumes d’eau (ou d’autres solvants) considérables, généralement des milliards de milliards de fois plus importants que le produit. La dilution est si importante que, de l’aveu même des homéopathes, pour plusieurs prescriptions, les granules ne contiennent même pas une molécule du produit de départ. Pour expliquer l’action des granules où il n’y a plus de produit initial, les homéopathes sont alors contraints d’évoquer un mécanisme magique qu’ils appellent « la dynamisation ». La science et le bon sens, pour leur part, nous montrent plutôt que si les granules homéopathiques ne sont pas plus efficaces que des granules de sucre, c’est tout simplement parce que ce sont des granules de sucre et rien d’autre.

Les bras m’en tombent devant autant de stupidité. C’est l’argument classique : la terre est plate sinon on va tomber, etc.

J’aime particulièrement les travaux de Lasne, Conte et collègues. Il est facile de reproduire leurs tests en résonance magnétique nucléaire et curieusement la presse officielle n’en parle pas. Le principe est le suivant: une solution aqueuse émet en RMN un certain signal (on se sert de ce principe dans l’imagerie médicale). Nos chercheurs ont donc mesuré le signal émis par de l’eau pure dans laquelle on verse une goutte d’eau pure et qu’on secoue, et ainsi de suite. Le résultat est rassurant pour la raison : le signal reste inchangé, l’eau diluée dans l’eau reste de l’eau ! Il va aussi de soi que la présence d’un soluté modifie le signal, qui est différent de celui de l’eau pure.

Nos auteurs ont ensuite testé des solutions préparées selon le mode de dilution / dynamisation hahnemannien, en mettant une goutte de soluté dans cent gouttes d’eau, etc. A lieu d’obtenir à mesure de la déconcentration un signal qui devrait théoriquement se rapprocher de celui de l’eau pure, on observe justement un signal tout différent que l’on peut corréler avec la substance de départ. En d’autres termes, chaque substance dynamisée modifie la solution qui la contient qui émet un signal qui lui est propre. De plus, ce signal apparaît se modifier de façon chaotique en fonction des secousses que l’on imprime à la solution. Tantôt il diverge énormément de celui de l’eau pure, tantôt il s’en rapproche, ce qui suggère l’existence d’assemblages au sein des molécules d’eau qui se font, se défont ou se modifient au gré des ondes de choc.

La compréhension du phénomène et son explication restent à produire, quoi qu’il en soit (et d’autres expériences vont dans ce sens) le médicament homéopathique n’est pas de l’eau pure.

Il faudrait ici encore s’informer proprement. Le dernier bastion de l’ignorant c’est justement le bon sens, le même bon sens qui a fait croire que le soleil se lève, que la chaise sur laquelle on est assis est solide alors qu’elle est composée à 98% de vide, etc.

Ma position n’est pas celle d’un scientifique, mais celle du médecin qui consacre 20 ans à l’étude du phénomène, et pas 20 minutes à rédiger un bout d’article bien nul cité comme référence par des lecteurs encore plus incultes. Mon travail c’est de guérir si possible mon malade. Les scientifiques nous diront sous peu de quoi le médicament est fait, les études ne manquent pas mais curieusement ce monsieur ne les connaît pas.

Le mystère de la foi

On ne peut raisonner un croyant et, autour de nous, on trouve beaucoup de croyants : telle amie souffrant d’hémorragies utérines et qui se refusait au curetage recommandé par son médecin est guérie par les granules, tel migraineux et tel enfant à otites répétées sont maintenant libérés de leurs souffrances par l’homéopathie.

Ces guérisons spectaculaires n’ont rien de surprenant. Elles ne sont pas particulières à l’homéopathie. La médecine de Moyen Âge réalisait les mêmes exploits isolés en pratiquant des saignées. Le frère André faisait des miracles avec de l’huile de Saint-Joseph. Dans les études expérimentales, on trouve en effet des sujets qui guérissent après avoir pris des granules homéopathiques, mais dans les « groupes contrôles » de ces mêmes études où les sujets ne reçoivent que des granules de sucre, on trouve le même nombre de guérissons miraculeuses.

La médecine moderne ne peut se satisfaire ni des saignées, ni de l’huile de Saint-Joseph, ni des granules de sucre, parce que leurs effets miraculeux sont trop rares et trop imprévisibles. Elle doit se construire sur des traitements, imparfaits certes, mais dont les résultats sont raisonnablement fondés.

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(1) Nouvelles C.S.N., 29 janvier 1993, numéro 354, p. 12-13.

(2) Aulas, J.J., An Al. (1985), L’homéopathie (approche historique et critique, et évaluation scientifique de ses fondements empiriques et de son efficacité thérapeutique), Éd. Roland Bettex. Hill C. et Doyon F. (1990), « Review of Randomized Trial of Homeopathy », Revue d’épidémiologique et de santé publique, 1990, vol. 38 no 2, p. 139-147. British Medical Association, Alternative Therapy, Londres, British Medical Association, mai 1986.

(3) Aulas, J.J., Bardelaiy, G. (1992) Homéopathie (état actuel de l’évaluation clinique), Éd. Frison-Roche.

(4) The Lancet, 5 mars 1988, p. 528-529.

(5) Rouzé, M. (1989), Mieux connaître l’homéopathie, Ed. La Découverte

Vient enfin l’apothéose finale : les 20 millions de malades soignés en France par l’homéopathie ne sont pas malades, mais guérissent grâce à la foi. Je ne relève pas l’insulte faite aux gens souffrants…

Devant les démonstrations cliniques de plus en plus biaisées par le marketing des laboratoires officiels, devant les magouilles de plus en plus évidentes entre l’industrie chimique et les gouvernements, seule compte la sanction du public, que l’homéopathie ne craint pas.

C’est justement devant ce tribunal populaire que la médecine classique se condamne, les gens ne sont plus crédules et se mettent à critiquer. C’est parmi ce genre de public rationnel et dégoûté d’avoir à prendre sans cesse des traitement inefficaces, aux antipodes des crétins ânonnants que se complait à décrire l’auteur de l’article, que recrute l’homéopathie.

Pour finir il est navrant qu’on puisse tomber aussi bas dans la rédaction de tels torchons tout en se faisant passer pour  » scientifique « . Il nous reste deux façons d’expliquer une telle attitude : la bêtise ou l’intérêt, je laisse au public le soin de juger. Ceci servira de témoignage pour les patients des générations futures qui ne parviendront pas à réaliser autrement à quel genre de mauvaise foi organisée nous nous sommes heurtés, eux pour qui l’homéopathie sera devenue la façon évidente de se soigner.

Dr Edouard Broussalian.

Addition de Gyromède: Je cite ci-après ce qu’a pu écrire au sujet de l’homéopathie dans les années 80, un prodigieux mathématicien, Alexandre Grothendieck, qui a su profondément fait évoluer sa discipline en y incorporant des modes de pensée radicalement nouveaux et profonds.
Étranger à toute attitude scientiste, ce grand penseur de la science mathématique a toujours préféré voir dans la science qu’il aimait (je le cite) : « l’ouverture de l’esprit à la dimension spirituelle qui imprègne toute chose, y compris celles que la science s’est (souvent si mal) employée à sonder (quand elle ne les fracturait), et l’humilité devant la merveille de la Création, tant dans le connaissable que dans l’Inconnaissable, et une ferme volonté aussi de collaborer aux Desseins de Dieu alors même qu’ils nous restent mystérieux – voilà les qualités d’essence spirituelle, aujourd’hui bannies et méprisées, qui nous feront trouver la voie vers la science de demain. »

Voilà qui devrait aider ceux qui aiment l’homéopathie, à supporter, en très bonne compagnie, les sarcasmes indignés des petits bureaucrates du dogme scientiste et autres zététiciens amateurs de procès en sorcellerie.

Christian Friedrich Samuel Hahnemann ( 1755-1843), médecin allemand, créateur de l’homéopathie. N’ayant pas trouvé l’occasion encore de mettre la main sur une biographie de lui, je ne sais pratiquement rien de sa personne. Si je l’ai inclus pourtant parmi les « mutants », c’est « de confiance », d’après le peu qui m’est connu de l’homéopathie, et qui a déjà de quoi m’émerveiller. Cette médecine nouvelle qu’il a découverte et développée, et qui me semble en même temps contenir en germe une science nouvelle de vastes dimensions (*), va résolument à l’encontre des grands courants de pensée qui ont dominé son temps comme ils dominent encore, de façon quasi-totale, le nôtre, et notamment la médecine et les sciences de la nature telle la chimie et la physique. Elle opère avec des principes actifs si subtils, manifestement extra-matériels (**), que sa thérapeutique (dont les succès, stupéfiants pour certaines affections où la médecine traditionnelle est impuissante, sont patents depuis plus d’un siècle et demi) est comme un défi permanent aux idées éprouvées (et surtout intangibles !) qui fondent la chimie, la physique, la biologie, la physiologie depuis deux siècles ; un défi que « la science » jusqu’à aujourd’hui encore a préféré ignorer avec superbe, plutôt que de s’y confronter (au risque de devoir se repenser de fond en comble…).
Comment un homme a pu arriver à mettre le doigt sur une chose aussi « impensable » que l’homéopathie (impensable tout au moins tant qu’elle n’existait pas encore !) et comment il a pu la développer, ce serait-là pour moi un mystère total et troublant, si je ne savais que le bon Dieu y met souvent du Sien pour nous faire « voir » et agir avec une sûreté étonnante, là où par lui-même l’œil humain est aveugle sans espoir…(*) Voici certains des thèmes d’une grande portée que j’entrevois, qui échappent entièrement et par nature même à la science telle qu’elle est pratiquée à présent : étude des voies d’action des agents homéopathiques, de celles de l’argile comme agent thérapeutiques, de la sensibilité des plantes. Développement d’une physique théorique qui tiendrait compte (ne serait-ce qu’en lui ménageant des « marges » convenables) de la présence et de l’insertion d’une intention agissante (ne serait-ce que par l’intervention humaine, indéniable même au matérialiste le plus obtus !)(**) Je rappelle que le principe de l’homéopathie est de traiter une affection en administrant au patient des substances qui, à doses habituelles (« allopathiques »), provoquent cette affection ou certains de ses symptômes, mais en l’administrant sous une forme très hautement diluée (ou « homéopathique »). La première chose extraordinaire découverte par Hahnemann, c’est que plus la dilution est forte c’est-à-dire plus la substance est administrée à faibles doses, plus l’action (thérapeutique ou autre, suivant les cas) sur l’organisme est forte La deuxième chose extraordinaire, c’est que l’homéopathie opère parfois avec des doses à tels points faibles (à partir de 25 CH i.e. une dilution de 10^-25) qu’on est pratiquement sûr que les doses administrées ne contiennent pas une seule molécule de la substance active ! A partir de 35 CH, on peut même affirmer qu’il est pratiquement sûr qu’aucun patient auquel a été administré une telle dose depuis les temps de Hahnemann, n’a jamais reçu par cette voie une seule molécule de la substance active. Il faut donc admettre que celle-ci n’agit pas par voie « matérielle », mais par une « essence » ou « âme » immatérielle, d’autant plus active qu’elle est « épurée » de toute trace de scorie matérielle !

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