Introduction

Helleborus_niger

Helleborus niger

C’est une plante de la famille des Renonculacées. L’Ellébore noir, appelée Rose de Noël (Snow-Rose), croît à l´état sauvage, dans les lieux rudes et montagneux d´une partie de l´Europe, dans les Alpes, les Pyrénées les monts d´Auvergne ; on la cultive aussi dans les jardins sous le nom de rose de Noël à cause de la forme de sa fleur et de l´époque de l´année ou elle fleurit. L´ellébore noir se rapproche beaucoup de l´Ellébore oriental des Anciens dont l´action était si renommée dans les troubles mentaux.

La racine de la plante, noire en dehors (d’où son appellation), blanc à l´intérieur, à une saveur astringente, douceâtre, amère, nauséeuse, et une odeur désagréable. C’est dans la racine que l’on trouve deux principes actifs, l’helléborine qui paralyse le système nerveux (stupéfaction proche de celle d’Opium) et l’helléboréine qui a une action cardiaque (proche de celle de la digitale) et un acide qu’on suppose être l’acide aconitique.

On prépare par macération dans l´alcool à 90° de cette racine fraîche, une teinture mère à partir de laquelle nous obtenons par dilutions hahnemanniennes successives, les différentes dynamisations du remède.

Les Renonculacées

Le type de cette famille est représenté par les Renoncules, dont une espèce très commune, la Renoncule âcre (Ranunculus acris), est vulgairement appelée « bouton d’or » à cause de la couleur de ses fleurs. C’est la structure de ces dernières qui fournit les caractères distinctifs de la famille.

Définition : Plante dicotylédone à pétales séparés, aux carpelles indépendants fixés sur un réceptacle bombé.

Dicotylédone : plante à fleurs (angiosperme) herbacée ou arborescente, à feuilles aux nervures généralement ramifiées, et dont la graine contient une plantule, le plus souvent à deux cotylédons.

Les remèdes couramment utilisés dans cette famille en Homéopathie :

 Aconitum napellus 

Cimicifuga racemosa

Clematis erecta

Helleborus niger

Hydrastis canadensis

Pulsatilla nigricans

Ranunculus bulbosus

Ranunculus sceleratus

Staphysagria

Helleborus selon Rajan Sankaran

Le principal symptôme d’Helleborus niger est une sorte d’anesthésie ou d’engourdissement. Cet engourdissement est très marqué et exactement l’opposé de l’hypersensibilité ; comme les autres Renonculacées, elle est maladivement susceptible. Les patients Helleborus nigrus peuvent être blessés soudainement, de façon intense et, pour se défendre, se mettent en état de choc, devenant ainsi complètement engourdis. 

Knerr donne le symptôme suivant où Helleborus niger est le seul remède :

–           Colère, irascibilité, facilement en, consolation agg., ne veut pas être perturbé.

Il a aussi la rubrique :

–           Désir de rentrer chez lui.

Ces deux rubriques nous font penser à Bryonia alba (Violacées), un remède du miasme Typhoïde. Cet engourdissement et ce désir de ne pas être troublé ne résulte pas de la peur (Papavéracées), ni d’un traumatisme (Composées), mais de la colère. La sensibilité nerveuse de la famille se traduit par de la colère (contrariété) au niveau mental, et la réaction d’Helleborus niger est de ne pas vouloir être dérangé (miasme Typhoïde).

Lorsque la sensation de la famille des Renonculacées est associée au miasme Typhoïde, la sensation d’Helleborus niger pourrait être : Doit renfermer ou « émousser«  son irritabilité sinon il va mourir.

D’après Phatak : « les sensations s’émoussent et les réponses sont lentes. »

Principaux Tableaux Cliniques

Ce que l’on retient en première lecture de la pathogénésie d’Helléborus, c’est la forme grave :

Le malade git inerte dans son lit, couché sur le dos, les jambes repliés. Il est inconscient, il peut même délirer, c’est un délire plutôt passif, bien différent du délire maniaque de Belladonna et de Stramonium par exemple.

Il a tendance à glisser au fond de son lit :

Lit, glisse dans le (faiblesse paralytique) (Voir Faiblesse-Paralysante-Glisse) : apis., ars., arum-t., bapt., carb-v., hell., lach., mosch., mur-ac., nit-ac., nux-m., ph-ac., phos., rhus-t., zinc.16

Sa tête roule d’un côté sur l’autre :

TE : MOUVEMENTS de la tête (agiter, hocher, secouer, etc) / roule la tête : Agar., Apis., Arn., ars., Bell., bry., caust., cic., Cina., Clem., Colch., Cor-r., Crot-t., Cupr., Dig., Hell., Hyos., Kali-br., Kali-i., Lyc., Med., Merc., Naja., nux-m., Oena., Op., Ph-ac., Phos., Podo., Pyrog., sec., Sil., Spong., stram., Sulph., tarent., TUB., Verat., Verat-v., Zinc.

TE : MOUVEMENTS de la tête (agiter, hocher, secouer, etc) / roule la tête, jour et nuit, avec gémissements : hell., lyc.

« C´est toute une image ! il dit « NON ».

Il dit non à l´existence, il dit non à tout, il NIE la réalité, la vie en générale. Il S´ISOLE et REGRESSE. Il n´est plus capable de se réaliser, d´atteindre les buts de l´existence qu´atteint tout un chacun, mais il en SOUFFRE. » M. Brunson

Ou sa tête s’enfonce dans l’oreiller :

ENFONCE la tête dans l’oreiller : apis., arn., arum-t.8, bell., bry., camph., crot-t., dig., hell., helo.12, hyper., lach.3, med., psor.11, sang.3, stram., sulph., tarent., tub., verat.3, verat-v.34, zinc.3

Ou il se tape la tête avec la main.

Son regard est fixe, les yeux grand ouverts ou mi-clos :

Y : FIXITÉ du regard / stupeur, pendant un accès de : ars., hell.

Il peut avoir des mouvements des yeux, à type de roulement, voire des mouvements convulsifs pendant le sommeil, les yeux peuvent être tournés vers le haut.

Y : TOURNÉS / haut, vers le / fièvre, pendant : hell.

On peut avoir des anomalies pupillaires : Mydriase ou alternance de mydriase et de myosis.

Sur le bord des narines, on peut même voir des fuliginosités noirâtres :

N : COLORATION / NOIRE, dépôts et fuliginosités noirâtres : ant-t., chlor., colch., crot-h.3, hell., hyos., lyc., merc., zinc.

La face est pâle et creusée, le front est plissé, couvert de sueurs froides.

Les lèvres sont craquelées, fissurées, il se les épluche sans cesse :

VIG : ÉPLUCHE / Lèvres, les : apis., arn.3b, ars.3, arum-t., bry., cina., cob., con., hell., lach.3b, nit-ac., nux-v., ph-ac., plb.88, rheum., stram.3b, zinc.

Il a une fétidité horrible de la bouche. (2°).

La langue peut faire saillie :

B : TIRÉE, Langue : absin., acet-ac., acon., apis., bell., cina., cocc., crot-h., ferr-m., hell., hydr-ac., hyos., lach., lyc., merc-c., nux-v., oena., op., phyt., plb., sec., stram., stry., sumb., syph., tab., vip.

B : MOUVEMENT / Langue / côté à l’autre, d’un : hell., lach., lyc.

La salive coule de la bouche, les commissures des lèvres s´ulcèrent.

Il peut avoir également des mouvements automatiques :

  • Soit de la tête
  • Soit du maxillaire inférieur :

MASTICATION, mouvements de (Voir Dents-Grincer) : acon., asaf., aster.7, bell., bry., calc., caust.7, cham., cic., cina., fl-ac., gels., hell., ign., lach., merc., mosch., nat-m., phos., plb., ruta.7, sec.7, sep., sol-n., stram., verat.

VISAGE – MASTICATION; mouvement de – cérébrales; dans les affections : bry.ptk1 hell.mrr1

VISAGE – MOUVEMENTS des muscles faciaux – constant; mouvement – Lèvres; des – délire; pendant le

hell.k2 stram.sne

Chute de la mâchoire intérieure.

  • soit des mains: mouvements carphologiques:

PSY : GESTES, fait des / draps, tripote les :  Acon., Ant-c., Arn., ars., Atro., bell., Cham., Chin., Cina., cocc., Colch., Con., Dulc., Hell., Hep., hyos., Iod., Kali-br., Lyc., Mur-ac., Nat-m., Op., Ph-ac., Phos., Psor., Rhus-t., Sol-n., stram., Sulph., Verat-v., Zinc., Zinc-m.

ou il se met les doigts dans le nez :

N : CURER / le nez / affections cérébrales, dans les : cina., con., hell., SULPH.

Ou il s’épluche les lèvres :

Vig, épluche, Lèvres, les : apis., arn.3b, ars.3, arum-t., bry., cina., cob., con., hell., lach.3b, nit-ac., nux-v., ph-ac., plb.88, rheum., stram.3b, zinc.

  • Il peut y avoir des mouvements convulsifs voire de l’épilepsie. Dans certains cas, hémiconvulsions, avec paralysie du côté opposé.

MB : MOUVEMENTS / involontaires / un bras et d’une jambe, d’ : Apoc., Cocc., hell.

MB : MOUVEMENTS / Mbres sup / automatiques / d’un seul membre :  Alum., Apis., Bell., hell.

Il peut crier ou gémir :

PSY : CRIER, hurler / méningite, dans la (cri encéphalique) : apis., arn., ars., bell., carb-ac., cic., cupr., Dig., dulc., glon., hell., hyos., Kali-i., lyc., Merc-c., phos., Rhus-t., sol-n., stram., sulph., zinc.

Donc, un tableau extrêmement effrayant, présageant une évolution défavorable très rapide. Il s’agit en fait d’un tableau très tardif du remède. Il va de soi qu’en pratique quotidienne, il y a peu d’occasions sinon pour des urgentistes homéopathes de prescrire ce remède selon cette description.

Indications du remède à ce stade :

« HELLEBORUS est utile dans les affections du cerveau, de la moelle épinière, du système nerveux dans son ensemble et de l´esprit, mais spécialement dans les maladies inflammatoires aiguës du cerveau, de la moelle épinière et de leurs séreuses, ainsi que dans les troubles voisins de la démence. » Kent

« HELLEBORUS est utile dans cette forme adynamique de la typhoïde qu´on appelait « typhoïde apathique ». » Kent

« … Selon ma compréhension du remède, il serait très utile dans les cas cancéreux ou non de tumeurs du lobe frontal. » George Vithoulkas

Evolution :

Kent insiste fortement dans son exposé sur Helleborus dans sa Matière Médicale sur ce sujet. « Le remède agit lentement dans ces cas d´affections du cerveau et de la moelle épinière qui sont lentes, rebelles et donnent au malade un aspect stupide.

Quelquefois il n´y a aucun changement apparent jusqu´au lendemain du jour où le remède a été administré, ou même jusqu´à la nuit suivante : alors surviennent des sueurs, de la diarrhée ou des vomissements – une réaction enfin.

Il ne faut pas les entraver, il ne faut donner aucun remède : ce sont des signes de réaction. Si l´enfant a suffisamment de vitalité pour guérir, il guérira maintenant. Si on arrête les vomissements avec un remède quelconque, on antidotera HELLEBORUS. Laissez tranquilles les vomissements, la diarrhée ou les sueurs, et ils disparaîtront dans la journée. L´enfant se réchauffera et en quelques jours reprendra conscience…et puis, qu´est-ce qui se passera ensuite?

Imaginez seulement ces doigts, ces mains et ces membres engourdis, cette peau engourdie partout.  Quel est, à votre avis, le symptôme le plus susceptible d´exprimer l´éveil de cet enfant stupide? Vous devez le connaître. .. C´est une observation clinique que vous pourrez contrôler si vous voyez des cas d´HELLEBORUS et des cas de ZINCUM… Eh bien! Les doigts de cet enfant commenceront à picoter. Tandis qu´il retrouvera son état nerveux normal, ses doigts commenceront à picoter, son nez et ses oreilles picoteront, et il commencera à crier, à se tourner sur le ventre et sur le dos et à se rouler dans son lit. Les voisins arriveront et diront : « A votre place je congédierais ce médecin, s´il ne donne quelque chose pour calmer cet enfant »; mais, si vous donnez effectivement quelque chose pour le calmer, vous pouvez être sûrs que le bébé sera mort dans les vingt-quatre heures. Cet enfant est en train de guérir, laissez-le tranquille. »

Cas de fièvre typhoïde

Un jeune garçon âgé de 12 ou 14 ans. Après deux semaines d’une très forte fièvre, la maladie semblait s’être focalisée au niveau cérébral. La diarrhée s’était arrêtée, il n’urinait plus, et il semblait complètement inconscient ; les yeux restaient grand ouverts et totalement immobiles ; la projection d’une forte lumière sur ses yeux en mydriase n’entraînait aucune réaction pupillaire. Il semblait complètement idiot, et les pulsations cardiaques étaient faibles et très lentes, ‘seul le cerveau semble être la partie du corps encore active’.

Sous l’action d’Helleborus Niger 1000th (B. et T.) la diurèse a reprise puis est devenue très abondante, il a recommencé à bouger de temps à autre et très lentement il a recouvré sa conscience. Le premier signe qu’il a donné montrant qu’il commençait à bien comprendre ce qui se passait autour de lui fut celui-ci : c’était un garçon qui depuis toujours avait été collectionneur de monnaie et plus particulièrement de pièces de monnaie en argent. En l’examinant un soir à l’aide d’une lampe pour tester son attention, le père m’a dit, « Essayer avec une pièce de monnaie ».

Je lui ai alors présenté un dollar en argent de façon telle que la lumière de la lampe en projette le reflet sur ses yeux, et pendant un seconde, il a fixé son regard sur la pièce et s’est mit à rire tout haut – « Ha! ha! Nous en avons aussi », mais ce n’est que plusieurs jours plus tard qu’il a pu voir parfaitement et demander ce qu’il souhaitait. L’amélioration s’est faite de façon progressive jusqu’au retour à la normalité avec Helleborus. Ce cas illustre bien la sphère d’action de ce remède, que ce soit lors d’une méningite aigue ou d’une fièvre typhoïde, lorsque l’action se focalise à la tête, et avec ces symptômes.

Nash E. B

(B et T= Boericke et Tafel : Encouragés par Hering à préparer des remèdes homéopathiques, en 1853, Francis E. Boericke et Adolph J. Tafel ont fondé la compagnie du même nom aux U.S.A. En moins de 10 ans, ils ont ouvert des pharmacies en Pennsylvanie, New York, New Orleans, San Francisco, Pittsburg, Washington, Minneapolis, Chicago et Cincinnati. Ils ont fourni en remèdes quelques uns des plus célèbres homéopathes de leur époque, Hering et Kent inclus.)

Mais il y a heureusement un tableau plus précoce

où le sujet est conscient, mais avec un ralentissement intellectuel (sluggishness), il semble abruti. Hahnemann, le premier, a décrit cet état  en écrivant dans son Traité de Matière Médicale :

« Je conclus de différentes observations qu’il faut regarder comme le premier des principaux effets de l’Hellébore noire, la stupeur, l’émoussement du sensorium commune, l’état dans lequel, avec bonne vue, on ne voit qu’incomplètement et qu’on ne fait attention à rien ; où, avec une ouïe saine, on n’entend point clairement ; où, avec des organes gustatifs bien constitués, on ne trouve de goût à rien ; où l’on est toujours ou souvent sans penser ; où l’on se souvient peu ou pas du passé, même de ce qui vient d’arriver ; où rien ne réjouit ; où l’on ne fait que sommeiller légèrement ; où l’on ne peut goûter un sommeil véritable et rafraîchissant ; enfin où l’on veut travailler sans avoir l’attention ou les forces nécessaires pour le faire. »

« C´est une sorte d´état paralytique, que le terme de « stupéfaction » exprime bien.

Ne peut pas former des idées; ne peut pas fixer son attention; ne peut pas concentrer son esprit.

Le malade paraît à demi idiot. » Kent

Donc émoussement de tous les sens,

Il y a comme le dit Vithoulkas, une rupture de la communication, « Helleborus bloque la communication au sens le plus général du terme. Il semble abasourdir cette portion du cerveau qui reçoit, traite et interprète les données sensorielles du monde extérieur. Il y a une lenteur rampante dans ce processus. Le patient Helleborus se demande : « Qu’ai-je entendu? Que se passe-t-il? ». C’est après un temps de réflexion qu’est intégrée une compréhension de ce qui s’est passé…

La description ci-dessus qu’Hahnemann nous donne, n’est pas tout ce qui constitue le portrait d’Helleborus,  mais il nous offre des indices de ce que nous devrons trouver en fait dans de tels cas. Il faut voir la difficulté de communication, la difficulté à percevoir et à répondre. La conscience de sa situation, la communication avec son entourage est extrêmement lente et très détériorée. »

Lors de la consultation d’un tel patient, ce qui va rapidement étonner, c’est le temps de réponse du patient à nos questions. Il réfléchit longtemps avant de donner une réponse. Les réponses peuvent être aussi confuses.

RÉPONDRE (Voir Élocution) :

lentement (Voir Lenteur-Parlant) : agar-ph., anac., ars., carb-h., carb-v., cocc., con., cupr., gels.3b+7, hell.7′, kali-br., merc., nux-m., op., ox-ac., ph-ac., phos., plb., rhod.3b+7, rhus-t., sep., sul-ac., sulph., thuj., zinc.

réfléchit longtemps avant de : alum.-15, anac., cocc., cupr., grat., hell., merc.1b, nux-m., ph-ac., phos.7′, zinc.1b

confusément, comme s’il pensait à qq. ch. d’autre : bar-m., hell., mosch.

On peut voir les efforts qu’il fait pour réunir ses idées et donner une réponse adaptée. Il a tendance à plisser son front sous l’effort.

VIG : RIDÉ, plissé / Front : Acet-ac., Agar.3, Alum., Am-c.3, Brom., Bry.3, Calc-p.3, Caust., Cham., Cycl., Graph., Grat., hell., Lachn.12, lyc.5, Mang., merc.88′, nat-m., Nux-v.88, Ox-ac., Phos.88′, Rheum., Rhus-t., Sep., stram., Sulph.3, Syph.3b, Verat.-11, Viol-o.3, zinc.

Il y a aussi un problème dans la transmission de l’influx nerveux du cerveau vers les membres, les muscles ne réagissent pas bien, le patient doit faire un effort de concentration pour faire un mouvement, si on le distrait, il peut laisser tomber un objet qu’il tenait dans la main, par exemple.

Indifférence

Une caractéristique importante est une indifférence générale, indifférence à son environnement, à la douleur, il ne se plaint jamais ou peu, il ne s’intéresse à rien, ne prend aucun plaisir.

PSY : INDIFFÉRENCE, aboulie, apathie, etc :

aime, à ceux qu’il (voir Proches) : acon., ars., fl-ac., hell., merc., nat-p., phos., plat., sep., syph.7

proches, à ses (voir Aime) : fl-ac., hell., hep., nat-c., phos., plat., sep., syph.7

souffrance, à la (Voir Généralités-Analgésie) : hell., op., Stram.

désir ni volonté, n’a ni : hell.

Idées fixes :

« La malade imagine que par ses péchés elle a laissé passer le jour de la grâce. Comme le malade AURUM elle croit qu´elle agit mal, qu´elle est en train de commettre un péché impardonnable. Ceci est d´autant plus prononcé qu´elle s´approche davantage de la démence. « Une vieille femme ayant été accusée de vol par les femmes du voisinage, le prit tellement à cœur qu´elle se pendit. Ce suicide produisit un tel effet sur les femmes du village que, l´une après l´autre, chacune s´accusa d´avoir causé la mort de la vieille femme. » » Kent

ILLUSIONS, imaginations, hallucinations (Voir Folie, Pensées-Persistantes; Voir Sommeil-Rêves) :

mal agi, pense avoir (voir Crime, Néglige; Voir Anxiété-Conscience) : ars., aur., Aur-a.1b, Crot-c.-10, Cycl., Dig., hell., hyos.7, ign., lyc., merc., Nat-a., puls., Sarr.11, sulph.16, thuj.

mourir, il va (Voir Mort-Pressentiment) : acon., Agn.12, arg-n., Arn.1b, ars.1b, bar-c., Bar-m.1b, Cact.2, calc.5, cann-i., cench.1b, Chel., croc., Cupr., hell.16, Iris-t.12, Kali-c., Lac-d., lach.2, Lac-lu.-2, nit-ac., nux-v., petr., Podo.1, rhus-t., stram., thuj.

nouveau, tout est (voir Changé, Étrange) : hell.88, stram.

morts, avec des (voir Voix-Mortes), parle, elle : bell., calc-sil.1, canth., hell., hyos., nat-m., stram.

Le patient peut avoir des pressentiments de mort et prédire l’heure de sa mort.

prédit l’heure de sa mort (Voir Peur-Mort-Prédit) : predicts the time : acon.1, agn.-15b, aloe.2, alum.7, arg-n., cench.1b, Hell.1b, lac-d.34, Thea.7

Helleborus est bien différent ici d’Aconit qui a une peur intense de la mort ce qui n’est pas le cas d’Helleborus.

Tristesse

Ce tableau débouche sur un état de tristesse, pouvant à aller jusqu’à la dépression, voire la mélancolie.

« Quand elle est capable de se lever, la malade semble triste,  elle reste assise à ne rien dire et paraît plongée dans l´affliction. Mais elle ne fait pas de grandes lamentations, elle ne marche pas en long et en large ni ne se tord les mains comme la malade AURUM. Elle est dans un état d´apathie; elle a l´air triste et mélancolique, alors que, peut être, elle ne pense que bien peu. Toute tentative de consolation, tant que la malade est capable de penser, en fait qu´aggraver la situation. Comme chez NATRUM MUR., les maux sont aggravés par la consolation, mais les maux de NATRUM MUR. ne ressemblent pas du tout à ceux-ci. Quand le malade HELLEBORUS est capable de réfléchir à ses symptômes ils paraissent s´améliorer. » Kent

PSY : ASSIS / immobile : alum.16, arn., aur., brom., cham., chin-a., cocc., elaps., gels., haliae-lc.-4, hell., hep., hipp., plat., puls., sep., stram., verat.1

PSY : PENSER / troubles, à ses / amél : camph.7′, cic., hell., mag-c., pall., prun.

PSY : TRISTESSE, dépression mentale (Voir Morose, Pleurer),

heureux, en voyant des gens : happy, on seeing others (on seeing a happy person, he becomes melancholy and then only he feels very unhappy) : hell.11+16

puberté, avant la : before puberty, in : ars., calc-p., hell., lach.

premières règles : the first menses : Hell.

Troubles des la mémoire :

Hahnemann écrit dans son proving : « Le passé est oublié ou il ne s’en souvient qu’à peine. » Les problèmes de mémoire peuvent prendre une forme plus grave. Vithoulkas écrit : « Ils peuvent dire : « J’oublie ce que je viens de dire ». Ils entendent quelque chose, et ils oublient immédiatement toute la phrase, toute l’idée contenue. Ils peuvent lire quelque chose, mais ils sont incapables de ne retenir une idée de ce qu’ils viennent de lire. »

Irrésolution :

Vithoulkas écrit : « Une conséquence de ce manque d’efficacité intellectuelle d’Helleborus, c’est l’irrésolution. Ces sujets ne peuvent prendre la moindre décision, par exemple, que prendre, qu’acheter, où aller, etc. Helleborus est un des principaux remèdes pour l’indécision. »

Anxiété :

Tout ce tableau explique l’anxiété d’Helleborus, avec la peur qu’un malheur n’arrive, avec la peur de rester seul la nuit (camph., Caust., Hell.7, stram.)

Cas clinique d’Edouard et Bénédicte :

François Xavier, 20 ans en 2010
Trisomique, suivi par moi depuis la naissance.
En fin 2003 : PSOR LM1.
Est passé aux neuroleptiques,
qui ont un peu > ; maintenant sous Solian.
N’a plus ses hallucinations,
il parlait tt seul,
Bcp de gaz, œufs pourris.
Triste,
Regard fixe,
EEG normal.
Peur de se tromper.
Se frotte,
ou se passe les mains devant le visage.
Toujours excellent appétit,
mange en restant assez mince.
Léger résultat, puis je ne le revois plus durant 2 ans.

Nov 2005.
Il va de mal en pis,
Moments d’absence,
sursaute si on l’appelle.
Ne sait plus ce qu’on lui demande.
Boit bcp.
Grince des dents +++

Hell LM1, 2 sec, 2 v, 2 fois par semaine.

Fin Nov.
Semble réagir.
A eu une forte poussée éruptive,
de partout.
Semble bcp plus présent,

11 01 2006,
Toujours forte poussée d’éruptions,
Il parle un peu plus,
n’est plus dans le mutisme.
Gros furoncles.
Vents très nauséabonds par moments.

HELL LM2

Fevr 2006.

Très net mieux,
Il communique,
sourit, etc.
Des fois il reste au lit et ne veut pas bouger,
N’a pas refait de furoncles.
Juste éruptions visage suite du rasage.
Ronfle la nuit.
On ne le lui donne pas le soir,
il est survolté après sa dose.

(hell LM3)

Et depuis il répond toujours à HELL.

Helleborus chez l’enfant :

« Le type de malades HELLEBORUS le plus frappant, c´est l´enfant.

Ce remède est surtout indiqué chez les enfants entre deux et dix ans. La fixité du regard – décubitus dorsal et regard fixe avec les yeux mi-clos – est typique du remède. Quelquefois les lèvres remuent sans qu´il en sorte aucun son. Les lèvres remuent comme si l´enfant voulait dire quelque chose, mais si on lui pose de nouvelles questions, les mots qu´il voulait dire sont perdus, oubliés.
Dans l´hydrocéphalie il y a un cri aigu, le cri encéphalique. L´enfant criera en dormant. Il portera la main à la tête et criera, comme APIS. Mais l´hydrocéphalie d´APIS est bien plus active et aiguë. Le malade APIS rejette ses couvertures d´un coup de pied; le malade HELLEBORUS ne se soucie pas des couvertures, il ne se soucie de rien. Il n´est pas facilement troublé. Il est couché sur le dos avec les jambes remontées, faisant souvent des mouvements automatiques avec les bras et les jambes.

Il a parfois un côté paralysé, mais l´autre continue à faire des mouvements automatiques. » Kent

Diagnostic comparatif :

Farrington évoque 3 remèdes principaux qui ont une proche similitude avec Helleborus dans ce tableau de dépression sensorielle :

Phosphoric acid : mais on tire facilement le patient de sa somnolence qui répond alors normalement aux questions.

Nitric acid : apathie sensorielle, remède recommandé par Hahnemann dans le cas de fièvre typhoïde, l’apathie serait plus légère que celle d’Helleborus et de Phosphoric acid.

Opium : apathie encore plus marquée que les 3 autres. La congestion cérébrale est plus marquée, la respiration est bruyante et stertoreuse ce qui n’existe pas chez Helleborus. La face est sombre ou rouge brunâtre, alors qu’avec Hell., la face est pâle et souvent froide.

Causalités

Cet état peut être déclenché dans certaines situations.

  • Suite de nostalgie (hell)
  • Suite de déception amoureuse (hell)
  • éruption supprimée (B. Long) (œdème externe, éruptions, suite de suppression d’ : apis.2, apoc.2, ars.2, asc-c.2, dig.2, dulc.8, hell.2, sulph.2, zinc.8
  • Suite de commotion cérébrale

COMMOTION cérébrale : CONCUSSION of brain : arn., bell., carc.78, cic., hell., hep., hyos., hyper., kali-p., led., merc., nat-s., ph-ac., rhus-t., sep., sul-ac., zinc.

“Les cas de torpeur mentale, de perte de mémoire et d´obnubilation consécutifs à un traumatisme crânien peuvent être traités avec de bons résultats par Helleborus. Farrington (Clinical Materia Medica), Hayes (The homoeopathic Recorder) et Foubister (Tutorials),  décrivent divers cas très intéressants. Voyons le cas de Farrington :

 » Pour bien démontrer la dépression d´Helleborus, je peux citer son emploi couronné de succès dans un cas de choc par un coup sur la tête. Arnica avait échoué, et le malade devint assoupi ; une pupille était plus grande que l´autre ; le patient répondait lentement aux questions, comme si sa compréhension était imparfaite ; en marchant, il traînait la jambe. Le pouls était à peine de 50 par minute. Le malade était plus mal entre 4 et 8 heures de l´après-midi. Helleborus guérit ce cas. « 

Hayes expose six cas de traumatisme crânien traités avec Helleborus. La majorité des cas présentaient des troubles mentaux un à trois ans après le traumatisme, avec des radiographies normales, mais avec des lésions neurologiques que nous pourrions peut-être détecter aujourd´hui grâce à la Résonance Magnétique Nucléaire (IRM) ou bien par Tomographie Axiale Assistée par Ordinateur (Scanner), qui mettent en évidence des oedèmes ou des hémorragies localisées…

Le docteur Griggs expose le cas d´un médecin résidant (le docteur Gordon) au Children´s Homoeopathic Hospital, victime d´un accident de la circulation avec traumatisme crânien, suivi de perte de connaissance. L´administration d´Arnica, n´apporta aucun changement ; il présentait un tableau typique de traumatisme crânien persistant, avec perte de connaissance, dilatation de la pupille, émission involontaire d´urine, etc. Après qu´on lui ait fait une ponction lombaire et qu´on lui ait extrait du liquide rachidien, il s´améliora un peu, reprenant conscience de façon temporaire, avant de rechuter peu après. Le docteur Griggs lui administra Helleborus 200, après quoi le docteur Gordon reprit conscience et retrouva ses capacités mentales. » Mateu Ratera, Premiers  secours en Homéopathie

  • Suite de désir sexuel supprimé
    refoulement du, affections suite de : suppressing the, complaints from : apis.1, berb., calc., camph., carb-o., con., hell., kali-n.16, lil-t., lyss., ph-ac., pic-ac., plat., puls.
  • Suite de prostration profonde
  • Suite de maladie infectieuse grave, après scarlatine, méningite
  • Suite d’intoxication
  • Symptômes cérébraux pendant la dentition (ALLEN)
  • George Vithoulkas écrit : « Ces états peuvent survenir à la suite d’une frayeur, un grand stress ou un chagrin important. »

Le tableau précoce de Helleborus, tel qu’on l’a envisagé plus haut peut évoquer encore bien d’autres situations : un retard de développement cérébral de l’enfant, avec retard scolaire, un problème de développement cérébral après une maladie grave, une maladie d’Alzheimer dans ses formes débutantes, etc.

Continuons avec les signes cliniques particuliers, appareil par appareil.

Vertige :

Vertige avec nausées et vomissements, en se penchant ce qui est banal. Plus particulier à Helleborus :

VE : LEVANT / penchée, de la position / après / amél: Aur., hell.

VE : PUPILLES dilatées, avec : bell., hell., teucr.

VE : REDRESSANT / lit, dans le / amél : Hell., Lac-d., phos., puls.16

Tête :

Chaleur de la tête avec froideur du reste du corps, des mains et des doigts en particuliers :

TE : CHALEUR / froideur / mains, des, avec : asaf., asar., bar-c., bell., Calo., hell., iod., ip., lact., lyc., nat-c., nat-m.3, ph-ac., sep., Sumb.

Douleur, lourdeur avec sensation de pression au niveau du front vers l’extérieur :

TE : DOULEUR, céphalée en général / PRESSIVE / Front / Éminence frontale / droite : caust., Hell.16, sabin., spong.

Douleur stupéfiante au niveau de l’occiput

Douleur, occiput, fermant les yeux, en, amél : Hell., Sep.

Mouvements de la tête en particulier la nuit.

TE : MOUVEMENTS de la tête (agiter, hocher, secouer, etc) / roule la tête / jour et nuit, avec gémissements : hell., lyc.

« Il ne sait où mettre sa tête, à cause de la violente douleur qu´il y éprouve; à chaque instant il se couche dans une autre position; il ne se trouve jamais mieux que quand il prend sur lui de rester tranquille, et que, fermant les yeux, il oublie sa douleur en sommeillant. » Hahnemann

Hydrocéphalie, inflammation du cerveau, des méninges.

Yeux

On a déjà signalé un certain nombre de symptômes, en particulier la fixité du regard, en particulier lors d’un accès de stupeur (ars., hell.). Les yeux sont enfoncés dans les orbites, ils sont tournés vers le haut, pendant la fièvre tout spécialement (hell, seul remède).

« Le texte dit : « Vision inaltérée. » Néanmoins le malade voit imparfaitement; il ne regarde pas l´objet sur lequel est fixé son regard; l´étendue de son champ visuel paraît correcte, et pourtant quand on lui demande ce qu´il a vu il ne s´en souvient pas, les objets n´ont fait aucune impression sur sa mémoire ou son esprit. » Kent.

Oreilles

« L’audition est altérée, ou plutôt, il ne comprend ce qu’on lui dit, bien que le son lui parvienne. » Vithoulkas

Nez :

L’odorat est diminué. Fréquents éternuements, violents, le matin, immédiatement après le lever, « provoquant une fissure au milieu de la lèvre supérieure » Vithoulkas. Il a tendance à se mettre les doigts dans le nez (arum-t, cina, sil). Les narines sont dilatées et noirâtres comme si de la suie s’était déposée ( !).

Visage :

Expression stupide. Le front est plissé, en particulier dans les troubles cérébraux avec sueurs froides. Il peut y avoir une chute de la mâchoire inférieure, en même temps qu’un mouvement incessant de mâchonnement.

« Quelquefois les lèvres remuent sans qu´il en sorte aucun son.  Les lèvres remuent comme si l´enfant voulait dire quelque chose, mais si on lui pose de nouvelles questions, les mots qu´il voulait dire sont perdus, oubliés….

Nous rencontrons ce froncement des sourcils et ce front ridé précisément dans cette sorte de troubles cérébraux. Nous trouvons une semblable sorte de rides chez LYCOPODIUM, mais la maladie est alors située dans les poumons. » Kent

Bouche :

Il peut exister des ulcérations de la bouche en général et des gencives. Haleine putride. Diminution du goût, les aliments n’ont aucun goût. Tremblement de la langue, en la sortant (lach.). Il peut exister des mouvements de langue d’un côté à l’autre (hell., lach., lyc.). Grincement de dents.

Estomac :

Faim inhabituelle en période de fièvre.

ES : APPÉTIT / AUGMENTÉ (faim en général) / fièvre / pendant : chin., cina., Cur., Eup-pur., hell., phos.

La soif peut être augmentée, voire extrême, ou absente en particulier durant la fièvre.

Abdomen :

« Dans la première partie de l´expérimentation il y a de la diarrhée et de la dysenterie, avec d´abondantes selles blanches gélatineuses ou des selles ne consistant qu´en mucus pâle adhérent.

Puis vient une constipation paralytique, et ces malades cérébraux, prostrés, émaciés, tels que je les ai décrits, resteront couchés pendant des jours sans aller à la selle, sans aucune manifestation intestinale.  Après un jour ou deux les lavements resteront même sans effet. » Kent

Appareil urinaire :

Rétention d’urines ou anurie. Les urines peuvent s’écouler goutte à goutte, parfois miction involontaire, en particulier dans la typhoïde. Tableau de néphrite aigue ou subaigüe avec rétention d’eau et œdèmes importants.

Les urines peuvent être sanguinolentes ou on peut noter la présence de sédiments comme du marc de café.

UR : SÉDIMENT / café, comme du marc de : ambr., Apis., HELL., Lach., ter.

Terebenthina est le remède le plus proche mais la miction est brûlante et les urines ont une odeur aromatique et sont facilement sanglantes, accompagnées d’un météorisme abdominal plus important.

Appareil génital masculin :

Affections suite de refoulement du désir sexuel (apis.1, berb., calc., camph., carb-o., con., hell., kali-n.16, lil-t., lyss., ph-ac., pic-ac., plat., puls.)

Appareil génital féminin :

« Aménorrhée après déception amoureuse, après s’être mouillé les pieds. » Vithoulkas

GF : RÈGLES / suppression des / mouillée, après s’être / pieds, les : acon., Graph., hell., Nat-m., Nux-m., puls., rhus-t.

Thorax :

Pouls lent, petit, irrégulier. Epanchements pleuraux.

Dos et Extrémités :

Diminution du sens musculaire; il doit prêter une attention soutenue au fonctionnement de ses muscles. Relâchement subit des muscles ; il laisse tout à coup tomber les objets qu´il tenait.

Les pouces sont recroquevillés à l’intérieur des paumes (Cupr).

Mouvements spasmodiques d´un bras ou d´une jambe.

Mouvements convulsifs ou plutôt automatiques.

Peau

Chute de cheveux et des ongles. Œdème important. Anasarque.

Fièvre et frissons

« Il y a dans ces fièvres, une soif ardente ou une faim de loup peu commune. » Kent.

Les frissons commencent dans les bras pour s’étendre ensuite : bras : bell., dig., hell., ign., mez., plat.

Modalités caractéristiques :

AGGRAVATION :

De 16 h. à 20 h. ; du soir au matin; par l´air froid ; en se découvrant ; par le mouvement.

AMELIORATION

Par l´air chaud ; en fixant son attention sur ses maux.

DESIRS ET AVERSIONS

Faim avec dégoût des aliments ; aversion pour les légumes (légumes : bell., hell., hydr., mag-c., ruta).

Quelques cas cliniques :

1° Cas Dr Cohen J. :

Jeanne B. née le 17/09/88 accompagnée de ses parents me consulte pour autisme fin novembre 89 (elle a 15 mois).

A l´interrogatoire des parents, j´apprends que la mère a eu des difficultés à être de nouveau enceinte (première grossesse il y a 10 ans). Elle a subi divers examens, des stimulations d´ovulations, des inséminations artificielles.

Jeanne a été procréée sans l´intervention du corps médical. Elle est née par césarienne (la poche des eaux était colorée avec un cordon ombilical autour du cou).

Le lendemain de la naissance est apparu un ictère traité par U.V. Elle était somnolente, avait des difficultés à boire.

Vers le 10ème jour de vie, elle a présenté des convulsions toniques, convulsions qui ont persisté malgré le Gardénal. Les parents ont noté qu´elles vont surtout se manifester la nuit entre 19h et 6h du matin.

Les convulsions étaient nombreuses, fréquentes pendant les 6 premiers mois de la vie, puis elles vont persister mais plus rarement.

De plus, elle fait des colères par spasme lorsqu´on la dérange (quand on lui nettoie les mains ou les oreilles), quand elle entend un bruit brutal (une porte qui claque).

A l´observation :

apparition par intermittence de la langue (protusion tongue)

chewing léger.

– l´enfant joue avec ses mains, indifférente à ses parents, à ma présence

– lorsque je lui mets un objet dans une main, elle le tient mais ne le regarde pas et joue avec l´autre main.

– elle sourit par intermittence dans le vague, parfois elle rit aux éclats, sans raison (semble-t-il !)

– je la prends dans les bras; elle ne dit rien mais me repousse si je la tiens serrée pour l´embrasser

– elle soupire beaucoup,
– elle mange très peu,

– elle a des difficultés à avaler les liquides, les aliments semi-liquides,

Prescription : elle reçoit une dose X 30 K.

Un mois après deuxième consultation :

– elle regarde les objets,

– elle cherche le regard des autres et lorsqu´on la regarde elle éclate de rire,

– elle pousse des cris pendant son sommeil surtout durant la sieste,

– elle gazouille dans son lit, pour la première fois de sa vie,

– elle tète la joue de ses parents,

– elle sort toujours sa langue comme un serpent; parfois sa langue sort sur le côté,

– toujours indifférente aux objets; lorsqu´on lui met un objet dans la main, elle ne le regarde pas, mais de temps en temps (et cela est nouveau) elle le laisse tomber,

– déglutit difficilement la soupe, il faut lui tenir la tête en arrière, les purées passent bien,

– elle se défend pendant l´examen clinique pour la première fois, elle tient assise seule.

Prescription : elle reçoit X XMK.

Troisième consultation en mars 90 :

– toujours indifférente aux autres sauf à son père,

– regarde plus les gens, tourne sa tête quand on l´appelle,

– elle joue toujours avec ses mains, prend seule les objets mais ne les regarde pas quand elle les tient,

– essaie de se mouvoir sur le dos ou sur le ventre,

– souvent elle frissonne,

– elle se réveille toujours en pleurant avec un regard apeuré,
Mi-avril 90 :

– plus présente, sourit beaucoup, rit aux éclats de façon appropriée, mais toujours indifférente à sa famille, à son pédiatre,

Prescription : une dose d´X MMK (en raison de l´impatience du pédiatre).

Juin 90 :

– elle pleure souvent sans raison,

– elle refait des grimaces,

– elle ne veut pas manger, ni marcher,

– elle avale des morceaux et donc souvent avale de travers,

– elle grince des dents,

– toujours indifférente à sa famille,

Septembre 90 :

– elle attrape et prend son biberon seule,

– elle joue avec les objets,

– elle claque sa langue,

– elle sourit aux autres enfants (deux fois par semaine, va en garderie),

– s´endort souvent avec la langue dehors,

– inconsolable la nuit quand elle pleure durant le sommeil,

– elle aime les câlins,

– je me dirige vers elle : grande surprise : Jeanne me tend les bras, me sourit, m´embrasse et participe à la consultation pour la première fois; exécute des ordres simples comme : « donne ta main » « ouvre la bouche » ……

J. Cohen (France).

2° cas Publié dans Echos du Centre Liégeois d’Homéopathie :

Je la vois la première fois au cabinet le 14.05.2003 avec sa mère.

C´est une blondinette aux yeux bleus qui serait ravissante si ce n´était un regard vide, hébété, qui m´évoque, malheureusement, fortement le look d´un poisson pas très frais… Elle dessine à ma demande, de temps en temps sursaute et nous regarde brièvement comme si elle nous découvrait pour la première fois. Par moments, elle mâchouille un chewing-gum imaginaire. Après beaucoup d´encouragement et de stimulation, elle déclare qu´elle est venue parce que « Je réfléchis pas assez bien, je suis toujours dans la lune ».

A ma demande: « la lune » pour elle n´est pas du tout un monde de refuge fantasmagorique, mais vraiment ressemble à la surface lunaire « — Je ne pense à rien. », « — C´est vide. », « — Il n´y a rien. ».

Sa mère décrit une grossesse, accouchement et petite enfance sans aucune particularité, si ce n´est une lenteur importante, insouciance, manque d´organisation et de concentration. Elle est à présent en retard à l´école qui souhaite lui faire redoubler l´année car elle n´arrive pas à lire de manière adéquate.

Amandine est timide, en retrait, mais joue bien avec d´autres enfants. Elle ne se met pas en colère et ne se défend pas quand on lui prend ses affaires ou on la malmène. Elle est maladroite et renverse les objets mais aime beaucoup le sport. Elle pleure facilement et ne supporte pas la douleur. Amandine a le plus grand mal à répondre à mes questions simples, elle semble perdre le fil de ses pensées, sursaute et retourne sur son dessin.

Un bilan complet audio et ophtalmologique a conclu qu´elle ne présentait aucun trouble sensoriel.
Solution

PSYCHISME – LENTEUR – ne dit rien

PSYCHISME – LENTEUR – après longue réflexion

PSYCHISME – PAROLE, élocution – lente

PSYCHISME – CONCENTRATION – difficulté de concentration – en étudiant

PSYCHISME – GRIMACES

PSYCHISME – HEBETUDE

PSYCHISME – MALADRESSE, gaucherie

Helleborus niger 200K

Le 11.6.2003, je crois rencontrer une petite blonde pétillante pour la première fois! Amandine est transformée, vive, éveillée, elle intervient dans les conversations, corrige sa mère et fait preuve d´un bon sens de l´humour. Sa mère décrit la stupéfaction familiale quand 24 heures après de la prise du remède elle a pris la parole pour la première fois à table…

Helleborus niger 200K

15.10.2003. Tout va beaucoup mieux mais la mère vient avec une liste de points sur lequel il faudrait activer la baguette magique: lire mieux et plus vite, ramasser ses affaires qu´elle laisse traîner partout, etc.

3° cas Marie-Luc Fayeton :

Un cas de psychose

Confirmation de l´hypothèse du Dr. Masi : Il a perdu la capacité de reconnaître une valeur aux choses et lui-même est sans valeur parce qu´il a voulu être La valeur.

Il s´agit d´un homme à l´adolescence difficile, échec scolaire et drogue, jusqu´à la rencontre d´une jeune femme dynamique dont il tombe amoureux à 20 ans, et ils vivent ensemble depuis 8 ans quand il décompense complètement à la naissance d´un enfant 7 mois avant la consultation. Il a renvoyé mère et enfant en Bretagne sans travail, sans ressources, et est retourné habiter chez sa mère.

Échec de Fluoric acid donné le 16/11/84.

Le 7/1/ 85, Il est en pleine régression. Il ne se lave plus, il ne se rase plus, c´est la mère qui le lave et l´habille. Il passe sa journée assis sur une chaise, ou à suivre sa mère comme un toutou.

Il se présente devant moi comme un automate (Hell), raide, thorax en avant, menton relevé, bouche ouverte, bras écarté, le regard vague (Hell), il ne dit pas un mot (Hell).

Il a répété plusieurs fois à sa mère :  » je suis perdu  » (Hell).

Si je pose une question, il y réfléchit longtemps (Hell), front serré (Hell), en se tirant sur les lèvres (Hell), pour finalement répéter la question (Hell). S´il arrive à parler, il parle extrêmement lentement (Hell), il ne finit pas ses phrases (Hell).

Beaucoup de patience me fait réussir à lui faire dire :

 » je suis indifférence (Hell) « .  » Je suis comme un automate « .

 » Cet enfant, je n´en voulais pas, je ne saurais dire pourquoi « .

 » Ça nous a désunis, je n´éprouve  plus d´amour pour ma concubine. »

– Pourquoi dîtes vous ma concubine ?
 » Je ne la considère pas comme une femme par le fait même que je ne suis pas un homme.

 » Je croyais avoir un but, je n´ai plus rien « .

 » J´ai l´impression d´avoir vécu une indifférence comme ça après arrêt de la drogue. « 

 » J´ai du mal à penser que cet enfant, je puisse y être indifférent comme ça ;  ce petit, il n´y est pour rien. »

Tous les symptômes se répertorisent à Helleborus. Je sors de ma trousse Helleborus 5 CH, j´en met dans l´eau et lui en donne toutes les 10 mn, tandis que j´essaie de le faire parler sur ce qu´il veut dire par le mot  » perdu « 

 » Perdu, oui, je suis perdu « .

– Cela veut dire que vous ne guérirez pas?

– C´est plus profond.

– Ça a un rapport avec la vie éternelle ? (La famille est athée)

– Oui, c´est ça, c´est ça, on est une famille perdue.

Tout d´un coup, il se met à rire :

 » Ah, mais, je le sens, cette dose me fait du bien, je sens que vous, vous allez me sauver! « 

Il a passé une bonne soirée en famille, il paraissait guéri, et puis il a fait après souper une crise de tétanie, affolement général, appel aux urgences, hospitalisation, et quelques jours après, je le retrouve dans le même état que précédemment.

Le 11/1/85, je lui donne Helleborus XM.

Le 21/1, on me dit qu´il se lave, se rase, répond au téléphone.

Le 29/1, il a une allure presque normale en entrant chez moi :

– Comment allez-vous ?

–  Si je parle vous allez penser que je vais mieux.

–  Il faudrait surtout pas ?

–  (il rit) Non c´est pas ça.

– Avez-vous toujours ce sentiment profond d´être perdu ?

– Oui. Ils croient que je vais sortir de cet état mais moi je…  »
– Vous m´aviez dit que vous méritiez un châtiment ?

– Certainement.

– Qu´est ce que cela peut être ?

– Que je reste comme ça.

– Qui vous l´a donné ce châtiment ?

– Peut-être que c´est le Bon Dieu (il rit).

– Vous riez parce que vous savez que ce n´est pas vrai. Dieu veut que vous redeveniez un homme –
– Qui vous dit que j´ai été un homme avant ? Toute ma vie ça été comme ça.

– On ne vous a pas appris que Dieu veut vous aider à devenir un homme ?

– Je crois que je n´ai rien compris. Je sais que vous dites vrai mais ça n´entre pas en moi.

– Pourquoi ?

– J´ai l´impression que les mots que j´entends maintenant n´avaient jamais eu de signification. J´ai toujours employé des mots sans en connaître la valeur.

La prescription s´est faite sur une répertorisation, mais toute l´histoire parle d´une absence de valeur : il n´est pas un homme, sa femme n´est pas une femme, il n´a jamais donné de valeur aux mots, il est indifférent à l´enfant,  » le pauvre petit « .

Le 22/02/I985.

Il reçoit Helleborus LM : Résultat spectaculaire.

Le 27/03/I985.

La mère dit qu´elle le trouve beaucoup mieux. Il rencontre les copains. Il fait du sport, du ski, de la natation. Il fait de la musculation parce qu´il trouve que sa peau est trop molle.

En consultation, il n´avoue pas qu´il va mieux, mais il est redevenu un beau jeune homme coquet et il  plaisante avec moi. Il tremble encore à l´extension des doigts.

Je sens que l´angoisse de sa situation est un obstacle à sa guérison : faillite commerciale, aucun diplôme, le chômage dans la région. Aussi je lui dis :

– Ne pensez pas à l´avenir,  car c´est l´angoisse de l´affronter qui vous empêche de guérir.

– Alors, à quoi faut-il penser ? S´il ne faut penser ni au passé, ni à l´avenir ? (il rit). Je me demande toujours si cette naissance, il faut que je l´assume ? Il m´a remplacé d´une certaine façon, le  » pauvre petit « . Il n´y est pour rien, je me montrais toujours fort, j´étais très faible, et j´en arrive toujours au même point ; c´est cette naissance. Il est bien là. On ne peut pas le supprimer. Il existe.

Là où je me suis leurré c´est en prenant du LSD, on brûle les étapes, on a l´impression de résoudre les problèmes avec le LSD, et face à des problèmes d´adulte on n´est pas prêt.

Cérébralement, ça m´a laissé quelque chose. Ca m´a lésé le cerveau « .

– Non, vous n´avez aucune lésion au cerveau. Mais vous n´avez pas fait votre maturité. Votre paternité est comme une jambe cassée. Laissez là dans le plâtre sans l´obliger à fonctionner tant qu´elle est incapable de fonctionner. Quand elle fonctionnera, vous sentirez en vous l´envie de cet enfant.

– Et si ça n´arrive jamais ?

– Je vous promets que ça arrivera, mais en temps voulu. Pour l´instant n´y pensez pas.

Il est parti tout content.
Le 18/041985

J´apprends pas sa mère qu´il a envoyé un cadeau à son fils.

Le 06/02/1986

Il lance une petite affaire, a pris un appartement, attend sa femme et son fils qui vont arriver de Bretagne de façon imminente.

Le 25/07/1987

Il m´annonce une  » bonne nouvelle « , sa femme attend un 2° enfant.

Une nouvelle dose de Helleborus réglera :
– Une crise de foie en février 86.

– Une gonalgie post traumatique durant depuis 2 mois en Février 87.

– Un rhume suite de baignade en rivière en juillet 87.

Je le revois le 31/12/93. Il a deux enfants, sa femme est heureuse, il n´y a pas de père plus tendre, il a monté une petite entreprise de plomberie en Corse, ça va bien. Mais il se sent un peu déprimé :

« J´ai de l´argent et j´en profite. Quand je regarde ma petite famille, je me dis que je suis heureux. Je fais du tennis, du ski. Mais en fait, je me crée un personnage, je ne suis pas comblé. Il arrive un moment où je perds ma motivation. J´acquiers le savoir par l´expérience de la vie, je n´ai pas le nez fourré dans les bouquins. A l´école, j´étais attiré par ce qui se passait dehors, je cherchais les sensations, je jubile quand je me fais des sensations. C´est pas là que je vais m´enrichir. Finalement, je n´ai pas un rôle intéressant à jouer, ma valeur, dans le commerce, ça se mesure au chiffre d´affaires, c´est tout du vent; les confrères, dans la profession, ce n´est pas des lumières, ils sont mesquins, jaloux. Je voudrais être comme vous. « 

Autrement dit :

Ses activités ne le comblent pas.

Ses sensations, ce n´est pas ça qui va l´enrichir (au sens de lui donner de la valeur).

Ses relations, ce ne sont pas des lumières.

Sa profession ne lui donne pas beaucoup de valeur.
Bref, rien n´a de valeur, et lui non plus. La même problématique profonde, mais combien plus nuancée !

 » – Qu´est-ce que vous m´enviez ?

 » – Vous, votre valeur, c´est de guérir les gens. Et puis, vous avez des certitudes, il n´y a pas de doutes dans votre tête. La question à laquelle je ne pourrai jamais répondre, c´est l´existence de Dieu. Là encore, il y a beaucoup d´efforts à faire pour en savoir davantage. Je suis attiré par certaines choses, mais il y a un blocage. « 

Autrement dit, il n´a pas  » découvert le bonheur humain comme un cadeau de Dieu pour l´aider à comprendre la divinité  » (Masi).

HELLEBORUS 100K abMM

Le 11/12/96, je le revois dans mon cabinet. Il ne vient pas chercher une dose. Il en a pris une cet été. Il a été  » déstabilisé  » quand le frère de son amie a laissé sa femme.

 » La dose m´a fait beaucoup de bien tout de suite, dit-il, mais après une dose on rentre dans une phase où on se pose des questions. Avant, je redoutais ça, maintenant, j´y prends plaisir, je suis vraiment moi-même. J´ai réalisé que je n´étais pas un homme honnête. Il a fallu que je vienne vous en parler, mon cœur bat depuis hier soir à l´idée de vous rencontrer. Je ne suis pas croyant, et en même temps, je pense à vous. Je ne comprends pas. Vous êtes la seule parole du Bon Dieu pour moi. Je n´ai aucune instruction, je n´ai rien fait à l´école. Le travail que je fais ne nécessite pas d´autre qualification pour réussir que d´être roublard ; ça tient avec des combines. Les gens qui voient ma réussite trouvent ça formidable. S´ils savaient ! L´argent que je gagne n´est pas toujours gagné à la sueur de mon front. Je n´ai pas envie de la vie modeste d´un homme honnête. L´honnêteté, ça ne paye pas. Je n´ai pas la force de la choisir, et je ressens une insatisfaction profonde, ça sonne creux. Pour me sentir mieux, est-ce qu´il faut que je passe par là : appliquer les dix commandements ? « 

Je ne sais pas la suite de cet échange, mais je peux le dire vraiment guéri : la guérison, c´est la lucidité, après, l´homme en fait ce qu´il veut.

Dr. Fayeton, le 23/5/97
Evolution

Le 20/8/99, il va bien; il a eu un accident de voiture en 98 qui s´est soldé par un lumbago et une manipulation vertébrale.

 » Le type a grillé le feu, mais je n´ai pas eu de bons réflexes, j´étais mal dans ma peau, trop pris par mes soucis; j´ai repris une dose d´Helleborus, ça m´a rendu les idées plus claires. « 

Il est  attaché à la Corse, mais il aimerait vivre dans plus de légalité, et il se pose la question de revenir sur le continent, il n´arrive pas à se décider.

– Et vous, par rapport à la l´honnêteté personnelle, ça ne vous pose plus de problèmes ?

– j´ai réussi à me modifier par rapport à ça, je suis plus clair.

Dr. Fayeton, le 20/8/99

4° cas Dr KERSTEIN :

Grégory, 7 ans et demi, aîné de trois enfants, se présente en septembre 92.

Motif de la consultation : trois verrues, une sur les yeux, une autre au pied et une sur un orteil.

Mais la mère ajoute finement  » Je sais que les homéopathes s´intéressent à tout, alors je complète. Grégory se plaint parfois du ventre, notamment, mais pas exclusivement en voiture « .

Accouchement au forceps.

A un an : selles trop nombreuses, guérison par homéopathie.

A l´école maternelle et même actuellement, l´enfant se sépare difficilement de sa mère.

Physique, goûts et aversions alimentaires : rien à signaler.

Plutôt ordonné, il se contrôle assez bien. Très réservé, ne se livre guère, manque de confiance en lui.

La mère ajoute :  » Il se concentre difficilement quand il s´agit de faire ses devoirs ou d´étudier ; je dois l´aider ; son esprit est dispersé, il est lent et cette lenteur a été confirmée par son instituteur, il semble ne pas entendre, ni comprendre au point que je l´ai conduit chez l´ORL, qui n´a rien trouvé d´anormal « .

A ce moment, je crois tenir le remède mais je freine mon enthousiasme, et j´interroge moi-même Grégory qui tarde à répondre.

A l´examen, je constate une certaine hypotonie musculaire. L´enfant porte des lunettes, la mère me signale qu´il a été opéré de strabisme l´an dernier.

Solution

Par principe, j´effectue une petite répertorisation.

1. Mind, slowness

2. Mind, concentration, difficult, studying

3. Eye, strabismus

4. Mind, childish behaviour (à l´heure actuelle, l´enfant se sépare difficilement de sa mère).

 1 1234 1 PSYCHISME – LENTEUR  149
2 1234 1 PSYCHISME – CONCENTRATION – difficulté de – étudiant; en  108
3 1234 1 OEIL – STRABISME  88
4 1234 1 PSYCHISME – ENFANTIN, puéril; comportement  75
hell. nux-v. calc. aeth. bell. puls. sulph. alum. hyos. lyc.
4/10 4/8 4/7 4/6 4/6 4/6 4/6 4/5 4/5 4/5
1
3 1 2 1 1 3 3 1 1 1
2
3 4 1 3 1 1 1 1 1 1
3
2 2 2 1 3 1 1 2 2 2
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2 1 2 1 1 1 1 1 1 1

La répertorisation ne fait que confirmer l´impression que Helleborus est le bon remède, la mère m´avait donné la clé du problème en consultant un ORL pour l´audition insuffisante, alors que l´examen est normal.

Hering nous dit :  » L´appareil auditif est intact mais n´entend rien distinctement, ni ne comprend, répond après avoir réfléchi longtemps  » (comme Grégory).

Donc Hell 200 K à renouveler après un mois si nécessaire.

Décembre 1992 : après deux mois, je revois Grégory.

Il ne s´est plus plaint de l´abdomen. Mais surtout, à la grande joie de la mère, les trois verrues ont disparu après un mois, bien qu´Helleborus ne soit pas évoqué dans la rubrique des verrues.

Mais je suis plus ambitieux que les parents, je suis convaincu que, dans ce cas, l´homéopathie peut être autre chose qu´un traitement anti verrues, qu´elle peut toucher le mental de ce garçon. Bien qu´il ait de bons résultats scolaires, la mère reconnaît que son fils doit être aidé, et qu´en fait, il travaille plus que ses compagnons.

D´ailleurs, ses parents ont conscience du problème et viennent de commencer une approche psychologique chez un spécialiste.

Pour ma part, je souhaite pouvoir continuer l´administration d´Helleborus, tout en sachant qu´un résultat favorable pourrait être attribué au traitement psychiatrique.

5° cas Dr Ozanon :

25 ans de mariage, 25 ans de confiance aveugle. C´est un homme effondré qui m´est « amené » par sa belle-sœur.

 » Depuis deux mois il est prostré, il n´assume plus rien: il vient de découvrir que sa femme l´a dilapidé de tout son argent. Il est au bord du divorce, c´est elle qui fait les formalités. Depuis des années sa femme se mettait de l´argent de côté, elle a entièrement équipé le futur appartement qu´elle occupera avec son amant. Et mon beau-frère n´a jamais rien remarqué. De plus, elle était très dépensière depuis quelques mois: plus de 30 paires de chaussures, des robes, des manteaux… La dernière note de téléphone s´élève à 8000 Fr., c´est son banquier qui l´a mis en garde, le découvert devenant énorme. Faites quelque chose pour lui, aidez le à réagir, il a toujours été fragile, il avait fait une première dépression après le décès son père. Je l´ai forcé à venir vous voir, il restait muré ».

Je demande à le rencontrer seul: c´est en effet un homme de 50 ans « abasourdi » qui s´installe devant moi: « un coup d´assommoir, elle va m´anéantir », murmure-t-il. L´interrogatoire n´est pas facile. Il me parle de ses 2 enfants qu´il a mis au courant depuis 3 semaines: « le plus jeune de 15 ans m´échappe, l´aîné de 17 ans est de marbre… ». Il me parle de sa fragilité nerveuse: fatigable, il est peu résistant au travail, affrontant mal les difficultés, les conflits. Dans les ATCD, il me signale une tumeur cérébrale opérée à 13 ans. La récupération a été très longue: problèmes de mémoire, d´élocution, ce qui l´a obligé à arrêter ses études de pharmacie. Il est alors rentré dans l´entreprise familiale (encore dirigée par sa mère de 85 ans qui est une véritable maîtresse femme). Il ne va mieux que depuis 10 ans environ, mais reste passif, ayant peu d´intérêt aux choses de la vie quotidienne, n´ayant qu´un rôle subalterne dans son travail. Il ne ressent même pas d´ennui, fonctionnant presque comme un automate.
Je feuillette mon répertoire:

PSYCHISME – STUPÉFACTION  (stupeur) – traumatisme à la tête; après un: 6 remèdes:

Arnica, cicuta, conium, helleborus, pulsatilla, rhus tox.

Je me rappelle un travail de Masi d´oct. 89 concernant Helleborus: « Toutes les choses lui semblent superficielles et sans valeur. « Vanité des vanités, tout est vanité ». Perte de la joie de vivre: il voit la joie des gens et tous ses malaises s´aggravent. Sa faute: a voulu  avoir toutes les valeurs. Châtiment: perd la capacité de reconnaître une valeur aux choses. Egt: sera donneur de valeur.

HELLEBORUS XM est donné en avril 94. Je le revois un mois plus tard: « j´ai l´impression d´émerger d´une longue léthargie ». Il est en effet rapidement sorti de sa torpeur et a repris la situation en main: démarche chez l´avocat, discussion avec ses enfants, reprise du travail… Je le reverrai encore deux à trois fois. Helleborus ne sera redonné qu´une seule fois devant une reprise des angoisses avec insomnie et une difficulté à réfléchir…

Des nouvelles me sont données régulièrement par sa belle-sœur: ses affaires sont définitivement réglées, il vit avec ses enfants et s´est bien réinvesti dans son travail.

6° cas G. Vithoulkas :

Un jeune homme, 22 ans, est venu à notre consultation. Il se plaignait surtout d’une céphalée chronique, d’une lourdeur marquée de la tête et il observait que ses céphalées étaient fortement accentuées par l’effort intellectuel. Il lui était de ce fait impossible de se concentrer. Ses maux de tête avaient débuté il y a quelques années, à une période où il avait échoué trois fois de suite à ses examens scolaires. Il se disait paresseux et sans aucun gout pour l’étude, il résumait son comportement en disant, “J’aimerai mieux voir le diable qu’un bouquin.” Il était actuellement encore à l’école et craignait d’échouer une nouvelle fois à ses examens, ce qui lui procurait beaucoup d’anxiété et de désespoir et, parfois même, des idées suicidaires.

L’aspect le plus important du cas, c’était l’impression qu’il donnait lors de l’examen. Il apparaissait ralenti et lourd, et très lent à comprendre. Il donnait rarement d’information de son propre chef et se contentait de rester assis sans bouger, avec un regard presque stupide. Il fermait souvent ses yeux et semblait épuisé. Lorsqu’on le pressait de questions, en l’encourageant à être plus précis dans ses réponses, il plissait le front en un effort de réflexion manifestement pénible et inefficace. Il était très lent et répondait aux questions uniquement par quelques mots. Tout effort de concentration était rapidement abandonné, et il répondait assez souvent, « Je ne sais pas. » En deux mois, Helleborus 50M l’a transformé.

Selon mes vues, ce cas est tout à fait caractéristique d’Helleborus, et correspond aux stades initiaux de la pathogénésie du remède.  La lenteur est caractéristique. Ici nous avons un patient qui éprouve une grande difficulté à percevoir des stimuli, des questions par exemple, et à tenter d’y répondre. Le patient Helleborus marque une pause assez longue et finit par répondre avec hésitation. « Je le crois, » est souvent sa meilleure réponse. Dans le Répertoire, nous trouvons Helleborus dans la rubrique, ‘Répondre, réfléchit longtemps avant de’.

Il nous faut noter aussi ce type de céphalée; une céphalée stupéfiante. Stupéfaction et ralentissement caractérisent ce cas. Dans notre matière médicale, on ne peut trouver les descriptions de tous les cas que l’on peut rencontrer, mais les thèmes généraux de la description du remède nous nous donnent des indices qui peuvent être appliqués à ces cas.

Le principal thème d’Helleborus dont on doit se souvenir est la stupéfaction et la difficulté de communiquer. Il y a bien sûr une grande différence entre ce stade précoce dans la pathologie d’Helleborus, et les stades plus évolués et plus caractéristiques, avec stupeur, convulsions, roulement de la tête en agonie, et inflammation du cerveau et des méninges.

7° cas Dr Kent J.T. :

Il s’agit d’un enfant âgé de 8 à 10 mois, atteint d’hydrocéphalie, pour lequel plusieurs médecins parmi les meilleurs établis dans notre ville ont décidé d’abandonner tout soin, considérant son cas au-delà de toute solution thérapeutique. C’est ce qu’ils ont tous dit à son père, après confirmation du diagnostic. J’ai été appelé vingt-quatre heures après cette révélation. L’enfant était totalement inconscient alors et avait, depuis deux jours, les pupilles très dilatées, sans réaction cornéenne au toucher, et tout portait à prédire une mort proche.

La première question que j’ai posée était la suivante: « Les reins fonctionnent-ils depuis un ou deux jours? » et après que l’on m’ait certifié qu’il n’avait presque pas uriné, je lui ai prescrit immédiatement Helleborus 1000,  une dose. En quelques heures, il y a eu une bonne reprise de la diurèse, diurèse qui s’est accentuée et maintenue ensuite, avec modification de tous les symptômes cérébraux jour après jour, avec retour de la conscience en une semaine environ, et une récupération complète de la santé en deux ou trois semaines.

Pendant toute cette période, il n’a fallu qu’une à deux doses au plus d’Helleborus, accompagnées d’une seule dose de Bell., Nux., et d’un ou deux remèdes en haute dynamisation, pour des symptômes les nécessitant ; mais ces doses n’ont été administrées que pendant une durée de 24h, et en général à des intervalles de deux à quatre jours voire plus. Cet enfant est devenu l’enfant le plus brillant de cette grande famille, et a bien réussi dans sa scolarité.

Kent, Homeopathic Physician – 1881, vol. I, No. 7

Bibliographie :

Duprat Henry, Traité de Matière Médicale Homéopathique, 2° édition, J.B. Baillère

Farrington E. A. Matière Médicale Clinique. Editions Similia

Hering C., Les Symptômes Guides de Notre Matière Médicale, tome 5.

Kent J.T. Matière Médicale Homéopathique

Kerstein J., Ma pratique Homéopathique au quotidien – 101 Cas commentés.

Lathoud J.A., Etudes de Matière Médicale Homéopathique

Mateu Ratera, Premiers Secours en Homéopathie

Vithoulkas George, Talks on Classical Homeopathy. B. Jain.

Vithoulkas George, Materia Medica Viva, tome XI

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(1812-1888) Born in Prussia, educated in Berlin before going to the United States in 1838 to register in the first and only homeopathic medical college in the world in Pennsylvania, known as the Allentown Academy. The Academy closed soon after his outstanding graduation. Considered by many to be one of the most clinically successful homeopathic physicians in our great legacy, Dr. Lippe's countless publications provide a blueprint for homeopathic practice. He helped launch several of the best homeopathic journals ever to be published, including the Organon, the Hahnemannian Monthly, and the Homeopathic Physician.

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