Le Dr. Jean Pierre OHNET me transmet cet intéressant article.

Epigénétique et homéopathie

adnL’épigénétique est le domaine qui étudie comment l’environnement et l’histoire individuelle influent sur l’expression des gènes, et plus précisément sur l’ensemble des modifications transmissibles d’une génération à l’autre. Ces modifications sont réversibles et donc pour nous médecins curables. Elles portent sur l’expression génique sans altération des séquences nucléotidiques. Les mécanismes biochimiques en sont très mal connus.

On sait que la maltraitance, le viol dans l’enfance sont souvent associés à des troubles de nature psychiatrique à l’âge adulte. L’équipe du professeur Alain Malafosse du Département de psychiatrie de la Faculté de médecine de l’Université de Genève vient de démontrer dans un article publié en décembre 2011[1] que la maltraitance infantile (abus physique, sexuel, émotionnel, carences affectives) entraîne une dérégulation du gène récepteur des glucocorticoïdes (NR3C1)[2] qui agit sur l’axe hypothalamo-hypophysaire-surrénalien. Cet axe intervient dans la gestion du stress. Si son fonctionnement est altéré, il va perturber cette gestion à l’âge adulte, provoquer une fragilité et parfois déclencher le développement de psychopathologies, telles que le trouble de la personnalité borderline.

Les auteurs observent que la maltraitance est cause de possibles troubles psychiatriques transgénérationnels jusqu’à au moins la troisième génération, corrélés à des perturbations biochimiques. C’est ainsi que cette équipe a observé la dérégulation de ce gène dans une situation grand-mère, mère, fille. Le mari de la grand-mère a violé sa fille. De là est issue une petite fille, le produit de l’inceste. La modification épigénétique était retrouvée de façon plus importante encore chez la petite fille que chez sa mère et sa grand-mère.

« Si notre étude était centrée sur le lien entre la maltraitance infantile et certaines psychopathologies, il est important de noter que la causalité d’autres traumatismes violents, tels que l’expérience d’une catastrophe naturelle ou d’un crash aérien, pourrait être étudiée et mener à des conclusions similaires », explique Nader Perroud, chef de clinique du Département de psychiatrie et première auteure de l’étude.

Nous avions pris l’habitude en homéopathie, grâce à Farokh Master, pour ceux d’entre nous qui voient des enfants, de tenir compte de l’état mental de la mère pendant sa grossesse. Ce travail élargit notre horizon, il nous faudra maintenant pour nos patients tenir compte d’événements familiaux survenus au moins dans les deux générations précédentes.


[1] Perroud N, Paolini-Giacobino A, Prada P et al. Increased methylation of glucocorticoid receptor gene (NR3C1) in adults with a history of childhood maltreatment: a link with the severity and type of trauma ; Translational Psychiatry (2011) 1, e59. http://www.nature.com/tp/journal/v1/n12/full/tp201160a.html

[2] Le récepteur des glucocorticoïdes (GR, or GCR) ou NR3C1 (nuclear receptor subfamily 3, group C, member 1) est le récepteur auquel le cortisol et les autres glucocorticoides se lient. Ce récepteur est exprimé dans pratiquement toutes les cellules, il est facile de mesurer sont activité dans les leucocytes.

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