Dernières nouvelles sur les doses LM

David LittleIl s’agit d’une lettre de David Little qui commentait en 2006 la publication d’un livre:
Hahnemann’s experiments with 50 millesimal potencies: a further review of his casebooks. (Expérimentations d’Hahnemann avec les dynamisations quinquagentésimalles (LM) : une étude détaillée de ses dossiers de consultation.
par Adler UC, Adler MS.
Homeopathy Postgraduation Program, Jundiai School of Medicine, Av. Moema, 170. Cj 52., 04077-020 Sao Paulo, SP, Brazil. ubiadler@uol.com.br

SOMMAIRE :
Une étude des Carnets d’Observation Clinique à  l’Institut de l’Histoire de la Médecine de la Fondation Robert Bosch à Stuttgart révèle que jusqu’à la fin de sa vie, Hahnemann a continué à peaufiner sa méthode, à partir de ses cas cliniques. Sa « méthode la plus aboutie » l’a encouragé à écrire la Sixième édition de l’Organon de l’Art de Guérir, afin de proposer des solutions permettant de contrôler les effets indésirables qu’il avait observés avec l’emploi de doses répétées des remèdes homœopathiques. Malheureusement, ce texte n’a été publié que de nombreuses années après sa mort. La sixième édition de l’Organon a  introduit l’échelle de dilutions LM.

OBJECTIFS :
Identifier les cas traités avec les dynamisations LM et analyser l’emploi qu’Hahnemann en a fait.

RESULTATS :
1836 prescriptions of dynamisations LM ont été trouvées, de 1837 à 1843 en trois phases : d’abord de façon isolée ; puis associée comparativement aux dilutions centésimales ; et à la fin de façon systématique. On a pu identifier 35 remèdes en dilutions LM, 7 en dilutions supérieures à LM10 et 3 seulement (Sulphur, Mercurius solubilis et Rhus toxicodendron) employés à la LM30. Ce qui correspond à l’information donnée par Haehl concernant les remèdes qu’Hahnemann avait donné en dilution LM.

CONCLUSIONS :
Hahnemann a vraisemblablement décidé d’écrire la sixième édition, en 1840, pour y introduire ses toutes dernières expériences avec la répétition des doses dynamisées et de modifications périodiques de dynamisations. Il a dû la corriger après février 1842 pour y inclure ses dernières découvertes avec les dynamisations LM prescrites en dilutions ascendantes. L’opinion d’Hahnemann sur la supériorité des quinquagentésimales comparées avec les centésimales était fondée sur un nombre significatif d’expérimentations avec les 2 échelles de dilution.
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Chers étudiants et collègues,

J’ai été en contact avec U. Adler et il m’a envoyé son article dans son intégralité avec quelques images numériques et certaines informations complémentaires, etc. Je dois les féliciter, sa femme et lui, de leur toute dernière recherche statistique sur les Cahiers cliniques d’Hahnemann à Paris. On remarque avec intérêt que les nouvelles recherches des auteurs confirment totalement ce que je dis depuis plusieurs années. Il y a beaucoup plus de cas avec prescription de LM dans les Cahiers Cliniques Parisiens qu’ils ne l’avaient notés dans leur premier article en 1995. Mon premier critère permettant de confirmer une notation de prescription LM était que les symboles retrouvés dans les Cahiers Parisiens d’Hahnemann correspondent bien aux symboles retrouvés sur les flacons de sa sacoche de médicaments retrouvée par R. Haehl. Haehl a noté que les remèdes LM dans sa sacoche de remèdes étaient « désignés comme des médicaments aux globules (en Français dans le texte, ndt) avec 0/1, 0/2, 0/3, etc. » Haehl a constaté que certains remèdes étaient dynamisés jusqu’à la 30° dilution. En conséquence, si le symbole est un simple 0 surmontant une barre horizontale sous laquelle est noté un chiffre arabe allant de 1 à 30, c’est que sans aucun doute l’indication est celle d’une dynamisation LM.
Le témoignage oculaire de Haehl concorde parfaitement avec celui du Révérend Everest. En parlant des nouvelles dynamisations, Everest a dit qu’Hahnemann « les mettait dans un tube de sa sacoche médicale, bien bouché ; il a étiqueté ces dernières 0/1 ».  Everest a aussi écrit : « La préparation ainsi faite était appelée médicaments au globule (ce qui correspond au 0), pour les distinguer des dynamisations anciennes, qui sont marquées avec une petite croix (x), et appelées médicaments à la goutte (en français dans le texte, ndt) ». Mon second critère pour confirmer une prescription de LM est le contexte dans lequel le symbole apparaît. Si les annotations sont en harmonie avec les autres cas prouvés de prescription LM dans les cahiers parisiens, la posologie et la gestion du cas conforme à ce qui est indiqué dans la sixième édition de l’Organon, et avec les témoignages oculaires de grande valeur tels ceux d’Everest, Croserio et Boenninghausen, cela donne une confirmation complémentaire.

En s’appuyant sur ces critères, j’ai affirmé qu’Hahnemann avait fait plus de 681 prescriptions de LM. Alder les a maintenant estimées à 1886 prescriptions dans les cahiers cliniques parisiens correspondant à 35 remèdes. Mes recherches me permettent de dire que dans les années 1840 et 1841, Hahnemann commence souvent ses cas avec des dynamisations LM assez hautes telles que des LM 5, 7, 10, etc. Après Avril1842, Hahnemann a commence à utiliser de façon systématique des dilutions plus basses telles que LM1, 2, 3 comme il l’a suggéré dans le 6° Organon. U. Adler a confirmé le fait qu’en 1840 et 1841 Hahnemann aurait souvent commence avec des dynamisations LM assez hautes (5, 6, 7, etc.) mais après 2/1842 il a commencé à utiliser de façon méthodique des dynamisations plus basses telles les LM1, 2, 3. Adler a présenté des tableaux récapitulatifs confirmant cette notion. Adler cite un de mes articles dans son travail dans lequel je disais qu’une des raisons expliquant qu’Hahnemann avait baissé ses dilutions, était les aggravations liées à de plus hautes dynamisations prescrites en début de traitement au cours des années précédentes.

Depuis quelques temps, j’ai affirmé que la version de l’Organon retrouvée par Haehl en 1920 peut ne pas être la même que la copie qu’Hahnemann a envoyée aux éditeurs en 2/1842. Adler en est arrivé lui aussi à la même conclusion. Pourquoi disons-nous cela ? Une raison, c’est parce qu’Hahnemann a modifié sa technique d’utilisation des LM après Avril 1842. C’est pendant la période entre le mois d’avril 1842 et le premier trimestre 1843 qu’Hahnemann a systématiquement utilise les « plus basses » dilutions LM comme il l’a écrit dans une note de pied de page à l’aphorisme 246 de la 6° édition. A mon avis, Hahnemann a dû continuer à ajouter à son manuscrit ses toutes dernières expériences, il devait donc être tout à fait à jour à l’époque de son décès en Juin 1843. Les époux Adler sont d’accord avec moi. Leurs tableaux et leurs commentaires expliquent avec clarté que les notes de pied de page qui ont introduit l’utilisation des premières dilutions LM ont dû être ajoutées après avril 1842, car à cette époque, Hahnemann n’avait pas encore mis au point cette méthode !

J’ai dit depuis longtemps qu’Hahnemann avait beaucoup fait plus que 27 prescriptions avant Avril 1842 lorsqu’il a essayé de faire publier la première ébauche de la 6° édition de l’Organon. J’ai rendu publique 33 prescriptions à titre d’exemples. Les époux Adler expliquent maintenant qu’Hahnemann a utilisé les dynamisations LM 884 fois avant cete date! Y compris les prescriptions que j’ai publiées sur le net. Dans son premier article, U. Adler prétendait que les 27 prescriptions LM faites avant 2/1842 étaient des dilutions de Sulphur. J’ai dit depuis des années que j’ai vu qu’il y avait d’autres remèdes en dehors de Sulphur prescrits avant cette date et j’avais publié quelques exemples sur le net. Les époux Adleer ont maintenant confirmé ce point. Parmi les autres remèdes, on peut citer Hep-s., Lyc., Bell., Sil., Rhus-t., Nux-v., Merc., Graph., Bry., Alum., Caust., and Calc.

Le nouvel article d’Adler confirme plusieurs choses que j’ai dites depuis de nombreuses années. Il y a ceux qui ont utilisé l’information incomplète du premier article d’U. Adler comme une référence pour affirmer qu’Hahnemann n’avait pas « beaucoup d’expérience » avec les LM, etc. Certains se comportent comme s’il n’avait même pas essayé de publier la 6° édition. Il y a ceux qui ont répété ce même refrain bien que je leur avais donné des exemples de plusieurs prescriptions LM et avec des remèdes autres que Sulphur, faites avant Avril 1842. Ils ont dû fermer les yeux sur cette donnée.
Pour certains, Avril 1842 est une date « butoir » pour la 6° édition de l’Organon mais ce n’est pas le cas. Les tableaux de la nouvelle étude des époux Adler montrent de façon claire qu’Hahnemann n’a pas utilisé systématiquement les dynamisations LM les plus basses comme les LM1, 2, 3 AVANT cette date. Sur cette notion, les époux Adler font remarquer qu’Hahnemann a changé la 6° édition de l’Organon après Avril 1842 pour y inclure cette nouvelle donnée. C’est tout à fait normal qu’Hahnemann ait continué de mettre à jour son manuscrit en y incorporant ses toutes dernières expérimentations faites au cours des 3 derniers trimestres de 1842 et les 2 premiers de 1843.

Je suis heureux de constater que les recherches des Adler et  les miennes « se recoupent » plutôt que d’être tout à fait opposées. Lorsque deux parties indépendantes font les mêmes propositions, cela veut dire que nous sommes sur la bonne voie. J’espère que ceux qui continuent d’ignorer une information exacte reviendront à la raison puisqu’il est évident que 886 prescriptions de 14 remèdes différents avant avril 1842, et 1886 prescriptions de 35 remèdes au total, constituaient une expérience suffisante pour pouvoir parler des dynamisations LM.

On doit aussi comprendre que Hahnemann avait 86 ans en Avril 1842, il devait savoir évidemment qu’il ne lui restait que peu de temps à vivre sur cette terre. C’est la raison principale qu’il lui a fait essayer de publier la 6° édition de l’Organon. C’était très important pour lui de donner ses toutes dernières idées à ses disciples et collègues avant de mourir. Il a écrit à Boenninghausen et Hering pour leur demander leur avis quant à cette nouvelle édition de l’Organon en 1842 et adressé à Boenninghausen l’historique de deux cas cliniques traités par des LM pour qu’il en prenne connaissance en 1843. Considérons la situation avec compassion et connaissance (sic). La notion qu’Hahnemann avait peu d’expérience des LM se révèle faux. Les époux Adler et mes recherches mettent fin à de telles idées une fois pour toutes !

Quant à mes affirmations sur la méthodologie utilisée par Hahnemann pour les dilutions LM en clinique. Ces affirmations seront parfaitement documentées par des lettres, des témoignages oculaires et des traductions des Cahiers cliniques d’Hahnemann à Paris faites par mon équipe et seront mises à disposition du public au moment choisi. J’ai soumis des exemples de nos traductions, des images numériques et des données à la Fondation Robert Bosch à Stuttgart, Allemagne (qui est détentrice des cahiers originaux) et j’ai obtenu leur autorisation de publier ces informations dans les livres, des articles et sur mon site internet. Je les remercie profondément de l’honneur qu’ils me font.

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Sincerely, David Little

– – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – – « C’est la force vitale qui guérit les maladies parce qu’un homme mort n’a pas besoin de remèdes. » – Samuel Hahnemann

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