Commentaires sur une publication de Hahnemann : Esculape dans la balance – Publication du Docteur Bruno LABORIER

COMMENTAIRES SUR UNE PUBLICATION 

 DE SAMUEL HAHNEMANN : 

ESCULAPE DANS LA BALANCE

 

 

Docteur Bruno Laborier

 

Résumé :

« Esculape dans la balance », réflexion sur l’art médical, mettait en balance l’influence humaine et l’influence divine en médecine d’une part, les convictions et les doutes d’Hahnemann d’autre part. Il présenta dans cet écrit sa séparation de la médecine officielle.

J’ai recherché les idées mises en relief dans d’autres publications d’Hahnemann, à partir de témoignages et de la lecture d’une partie du journal des malades d’Hahnemann à Paris. Il existait une cohérence entre les différentes sources. Les convictions d’Hahnemann prédominaient sur ses doutes. Les témoignages ont confirmé la foi profonde d’Hahnemann en Dieu ; le travail de consultation d’Hahnemann, reflet d’une foi médicale non moins profonde, n’était construit que sur son observation, sa mémoire, et sa discipline de travail.

« Esculape dans la balance » fut édité à Leipzig en 1805.

1 . DEFINITION DU TITRE DE LA PUBLICATION :

 

Qui était Esculape ?

 asklepios

Asclépios pour les grecs, Esculape pour les romains, était le Dieu de la médecine. On disait d’Esculape qu’il était le Dieu qui aimait le plus les hommes.

Esculape eut plusieurs enfants dont deux filles : Hygie, déesse de la santé, à l’origine de l’hygiène, et Panacée, qui connaissait l’ensemble des traitements, et guérissait les maladies en utilisant les simples. Les Asclépiades, descendants des enfants d’Esculape, exerçaient dans les temples où ils associaient dans la thérapeutique, hygiène, prière et psychothérapie.

Signification pour l’auteur, du titre « Esculape dans la balance » :

 

Esculape représentait la médecine divine ; « Esculape dans la balance » correspondait à la mise en balance de l’influence humaine et de l’influence divine en médecine. Le contenu du texte m’a conduit à mettre en balance la conviction avec le doute selon Hahnemann.

C’était donc dans cette double interrogation que j’ai étudié cette publication.

2. PRESENTATION SOMMAIRE, PUIS COMMENTEE D’ « ESCULAPE DANS LA BALANCE » (1) :

Cette publication présentait, sous forme de conversation intérieure, une réflexion sur l’art médical, et non sur la pratique d’Hahnemann.

Hahenmann peint par son épouse Mélanie.

Hahenmann peint par son épouse Mélanie.

Hahnemann débuta son écrit sur un doute : « J’étais sur le point de croire que l’art médical tout entier était vain et incapable d’amélioration. »

–       (Hahnemann s’adressa à l’Homme)  « Et pourtant, Ô Homme, que ton origine est noble, ta destinée grande et divine, le but de ta vie élevé ! N’es-tu pas destiné à te rapprocher par les sentiments qui rendent heureux, par des actions qui anoblissent l’Homme et par des connaissances pénétrant l’univers, du grand esprit qu’adorent les habitants de tous les systèmes solaires? Est-ce que le souffle divin qui t’anime, qui t’inspire des actes si élevés, est destiné à te rendre privé de secours et invariablement opprimé par ces dérangements mesquins du corps, que nous nommons les maladies ?

–       (Réponse de l’Homme) « Oh non, le Dieu de bonté lorsqu’il a permis aux maladies de blesser ses enfants, dut aussi avoir déposé une connaissance par laquelle chaque tourment pouvait être atténué et détruit. Mettons-nous sur les traces de cet art le plus noble de tous, qui épargne la très fragile espèce humaine. Il est possible, cet art qui rend heureux ; il doit être possible, il doit même déjà exister. »

–       (Réponse d’Hahnemann) « Ce qu’il y a de certain : l’art de guérir existe, mais pas dans nos têtes, pas dans nos systèmes. »

Hahnemann exprima alors ses doutes et ses convictions sur la guérison médicale des malades.

–       (Question de l’Homme) « Ne voit-on pas tous les jours des gens qui recouvrent la santé ? »

–       (Réponse d’Hahnemann) « Je pourrais examiner point par point toute la série des maladies aiguës, et je trouverais que les guérisons  de tous ceux qui furent traités d’après des méthodes opposées ne sont pas des guérisons mais des retours spontanés à la santé.

Tant que tu ne pourras pas dire, par exemple dans une épidémie régnante rapidement générale de dysenterie : « Repère parmi les malades ceux que toi et beaucoup d’hommes d’expérience considèrent comme les plus graves ; je les guéris, je les guéris vite, je les guéris sans suites fâcheuses, tant que tu ne pourras pas le dire et le réaliser, tu ne dois pas te vanter de pouvoir guérir la dysenterie, tes guérisons ne sont que des guérisons spontanées. »

Les malades chroniques, « délaissés par l’aide des hommes, cherchent du réconfort dans la religion. »

–       (Le médecin de l’école officielle) « Les maladies chroniques sont des maladies notoirement incurables ! »

–       (Réponse d’Hahnemann) « Comme si le Créateur de ces souffrants n’avait pas aussi créé des remèdes propres à leur porter secours, et n’était pas pour eux également la source d’une bonté illimitée, à l’égard de laquelle l’amour maternel le plus tendre n’apparaît que comme une ombre à côté de l’éclat du soleil de midi. »

–       (Le médecin de  l’école officielle) « Les milliers de défauts de nos institutions civiques, le mode de vie factice compliqué si éloigné de la nature, la luxure d’aspect caméléon avec ses énervements et ses dérangements de notre constitution corporelle naturelle sont coupables de l’incurabilité de ces maux. »

–       (Réponse d’Hahnemann) « Crois-tu que le protecteur du genre humain, le souverainement Sage n’a pas conçu les complications de nos constitutions civiques et de notre mode de vie factice dans le plan qu’il a tracé pour répandre le bonheur et éloigner la misère et la souffrance ? »

(Hahnemann) Si un malade chronique est guéri par un médecin diplômé ou un charlatan, « aucun ne sait pour les temps à venir, abstraire une vérité générale valable, une méthode d’aide pour les cas futurs appropriée, sûre, jamais défaillante. » « On voit simplement qu’un art de guérir secourable est possible, mais on est convaincu dans ce cas comme dans des centaines d’autres, que l’art de guérir n’est pas parvenu au rang de science… »

L’art de guérir : art divin, qui, comme le grand agent de la nature, doit produire les plus grands effets d’une manière simple, douce, et inaperçue avec les plus petits moyens.

« Plus je déchiffre les guérisons ordinaires, plus je suis convaincu qu’elles ne sont pas des transformations directes de la maladie présente en santé, mais des révolutions, des perturbations du cours des choses par des remèdes, qui, bien que n’étant pas vraiment convenables, avaient cependant assez de force pour donner aux choses une autre forme (morbide). Voilà ce qu’on appelle les guérisons. »

Hahnemann s’interrogea alors sur les progrès de la médecine.

–       (Question de l’Homme) « Mais comment se fait-il qu’un art aussi indispensable que la médecine ait fait si peu de progrès pendant les 35 siècles écoulés depuis Esculape ? »

–       (Réponse d’Hahnemann) « Jamais on ne fut plus près de la découverte de la médecine qu’à l’époque d’Hippocrate…. Dans son talent d’observation pure, aucun médecin qui l’a suivi, ne l’a surpassé depuis. Seule une branche principale de la médecine manquait encore à ce bien aimé de la nature, sans quoi il aurait possédé l’art tout entier, la connaissance des remèdes et de leur usage. »

–       (Réflexion de l’Homme) « Mais depuis l’introduction de l’imprimerie, les sciences préliminaires du médecin, l’histoire naturelle et la physique en général, comme l’anatomie du corps humain, la physiologie, la chimie, et la botanique en particulier, se sont grandement améliorées. »

–       (Réponse d’Hahnemann) « Oui, mais le médecin a été de tout temps isolé, je devrais dire, abandonné, abandonné par ses sciences auxiliaires hautement vantées, abandonné par ses explications hyper-physiques et ses systèmes spéculatifs. »

–       « Que faire ? demande le médecin aux oracles »

–       « Profond silence (et ces oracles se taisent encore jusqu’à nos jours dans la plupart des cas). »

–    (Hahnemann) « L’origine première de presque toutes les autorités (médicales) en ce qui concerne l’action des substances médicinales simples, repose finalement soit sur leur emploi tumultueux en mélange avec d’autres drogues, soit sur la pratique domestique où tel ou tel profane essaya par hasard tel ou tel remède, et dans telle ou telle maladie (comment un non-médecin peut-il distinguer les maladies ?) le trouva secourable. »

« Celui qui après de tels précédents, espère que l’art de guérir fera par cette voie un seul pas vers son perfectionnement, à celui-là la nature a refusé toute faculté de distinguer la vraisemblance de l’impossibilité. »

Hahnemann termina sa publication par une violente critique des pharmaciens.

Commentaires :

 

Ces citations d’ « Esculape dans la balance » n’ont pas restitué son aspect polémique et le jugement pessimiste, parfois un peu malveillant, porté par Hahnemann sur ses confrères : c’était une volonté délibérée de ma part.

Cette publication débuta sur un doute et se termina sur une conviction : l’art médical officiel contemporain d’Hahnemann était, selon lui, incapable d’amélioration. Il signa donc ici sa séparation de la médecine officielle. Il préparait déjà sa formulation personnelle de l’art de guérir publiée cinq ans après dans l’Organon de l’art de guérir.

Il rédigea dans l’introduction du troisième volume de sa matière médicale un article intitulé « Les sources de la Matière médicale ordinaire » où il développa les quelques réflexions sur ces sources abordées dans cette publication.

3. ANALYSE DE L’EVOLUTION, DANS UNE PARTIE DES PUBLICATIONS D’HAHNEMANN, DU DOUTE ET DE LA CONVICTION, DE L’INFLUENCE HUMAINE ET DE L’INFLUENCE DIVINE EN MEDECINE :

Unknown-1 

. L’ami de la santé (1792-1795) (1) :

« Si, en toutes circonstances, on a conservé son courage, sa façon  de penser sensiblement compatissante et sa tête claire, on a conscience d’être une personne hautement importante dans ce pays … d’une destinée supérieure, élevé au dessus de soi-même, dévoué à la santé des personnes les plus basses du peuple comme des plus hautes de la société – un ange de Dieu. »

. Essai sur un nouveau principe (1796) (1) :

« Je suis convaincu qu’il y a d’aussi nombreux remèdes spécifiques qu’il y a différents états de maladies individuelles. »

. Les obstacles à la simplicité et à la certitude de la médecine praticienne sont-ils insurmontables ? (1797) (1) :

« Ma meilleure conviction …, la plus haute loi du médecin : la simplicité. »

. Sur les effets du café (1803) (1) :

« La vérité qui brille des expériences manifestes, manque très rarement à produire la conviction, presque jamais, quand elle jaillit du cœur philanthropique d’un médecin, qui, certain lui-même de sa bonne cause, est intimement pénétré par la vérité de sa cause. »

.  Examen des sources de la Matière médicale ordinaire (1817-1825) (1) :

« …Le miracle non découvert (pourtant avec certitude à découvrir) de sa sagesse et de sa bonté, le Tout Puissant l’a déposé dans les instruments de guérison que ceux-ci pourraient apporter pour le bien et l’aide de ses chers enfants humains dans une proportion infiniment plus riche que la trouble Matière médicale de la vieille école ne le pressent. »

. Une réminiscence (1818) (1) :

« Le Saint, le Tout Puissant vit, et sa justice éternelle et immuable vit avec lui ! »

. L’observateur médical (1818) (1) :

« … La froideur, le calme et la fermeté du jugement (de l’observateur médical) doivent être gardés sous la surveillance d’une défiance constante de notre intelligence. »

« L’observateur médical sait que les observations relatives aux sujets médicaux doivent être écrites dans un esprit sincère et sacré. »

. Les maladies chroniques, deuxième édition (1835-1839) (2) :

« Je regrette d’avoir à douter que mes contemporains puissent examiner la conséquence de ma doctrine. »

« L’homéopathie, le grand don de Dieu ! »

. Organon de l’art de guérir (3) :

 

Préface des première, deuxième et troisième éditions :

 

« … Mes principes dont je ne faisais valoir aucun sans la conviction de l’expérience… »

« Les résultats de mes convictions sont déposés dans ce livre. »

Préface des  deuxième et troisième éditions :

 

« L’objet de la médecine ne peut être tiré que des expériences et des observations pures, et elle ne doit pas s’écarter d’un seul pas du cercle des expériences et des essais purs complètement observés, si elle veut éviter de devenir un néant, une fantasmagorie. »

 

Préface  des quatrième, cinquième et sixième éditions :

« La raison pensive et la force de réflexion libre, ce don le plus grand de Dieu, nous a été accordé pour pouvoir infiniment surpasser la force vitale inintelligente dans l’accomplissement du secours à porter pour le bien-être de l’humanité. »

Paragraphe 17, note deux, cinquième et sixième éditions :

« Dieu, le conservateur de hommes, ne pouvait manifester sa sagesse et sa bonté dans la guérison des maladies qui les affligent ici-bas, qu’en faisant ouvertement voir au médecin ce qu’il a besoin d’enlever à ces maladies pour les anéantir et rétablir ainsi la santé. Mais que devrions-nous penser de sa sagesse et de sa bonté, si Dieu avait enveloppé d’une obscurité mystique et caché à  l’intérieur de l’organisme ce qui est à guérir dans les maladies (…), et si Dieu avait rendu impossible aux hommes de reconnaître le mal distinctement et par conséquent de le guérir ? »

Paragraphe 25, deuxième à sixième éditions :

« … le seul et infaillible oracle de l’art de guérir, l’expérience pure… »

Paragraphe 109, cinquième et sixième éditions, paragraphe 102, quatrième édition, paragraphe 114, deuxième et troisième éditions :

« … J’ai l’intime conviction de cette grande vérité si bienfaisante pour le genre humain, que la seule guérison certaine des maladies des hommes n’est possible que par l’usage des remèdes homéopathiques …»

Paragraphe 111, cinquième et sixième éditions, paragraphe 104, quatrième édition, paragraphe 116, deuxième et troisième éditions  :

« La conformité de mes observations sur les effets purs des médicaments avec ces observations (toxicologiques) plus anciennes – quoique écrites sans égard à une mission de santé- et même la concordance de ces renseignements avec d’autres du même genre par des auteurs différents, nous donne aisément la conviction que les substances médicinales produisent un changement morbide dans l’organisme en bonne santé, suivant des lois de la nature déterminées et éternelles, et qu’en vertu de ces lois, elles sont capables de produire des symptômes morbides sûrs, positifs, chacune à raison de leur individualité propre. »

Paragraphe 265, sixième édition posthume :

« C’est un cas de conscience pour le médecin d’être infailliblement convaincu dans chaque cas que le malade prend toujours le remède convenable, et c’est pourquoi il doit administrer lui-même le remède convenable choisi pour le malade de ses propres mains, et en faire la préparation lui-même. »

4. ESSAI D’EVALUATION DE LA MISE EN PRATIQUE PAR HAHNEMANN DES IDEES MISES EN BALANCE, A PARTIR DE TEMOIGNAGES ET DE LA LECTURE D’UNE PARTIE DU JOURNAL DES MALADES D’HAHNEMANN :

 

. Témoignages :

 

Lettre d’Hahnemann à Stapf, 15 avril 1827 :

« Je n’ai plus d’autre désir que de pouvoir présenter au monde d’une manière digne le bien que l’Être suprême m’a laissé trouver – je peux dire révélé – pour soulager les souffrances des gens. »

Ernest Legouvé, patient et ami d’Hahnemann à Paris :

« Tout en Hahnemann respirait la conviction, la passion, l’autorité… Sa foi religieuse n’était pas moins vive que sa foi médicale…Il ne se regardait que comme un ministre qui contresigne les ordres de son maître (Dieu). »

Docteur Léon Simon, médecin homéopathe hahnemannien, contemporain d’Hahnemann à Paris :

« …Hahnemann : dogmatiste dans l’exposition des ses doctrines, absolu dans ses prescriptions, impitoyable pour toute déviation de la ligne qu’il avait tracée, et en cela, il témoignait de sa conviction et de sa loyauté… »

 . Dix premiers volumes disponibles du journal des malades de Samuel et Mélanie Hahnemann à Paris :

 

Seul ici a été pris en compte le travail de Samuel Hahnemann.

Convictions d’Hahnemann :

 

La lecture du journal des malades a mis en évidence des convictions hygiéniques et de thérapeutique médicamenteuse.

Les convictions hygiéniques, notées sous forme de prescription, étaient représentées par : l’éviction du café, du thé, et du vin pur de l’alimentation, l’éviction des vêtements de laine sur la peau, l’éviction des excès sexuels et de la continence sexuelle prolongée, les bienfaits du lavage à l’eau fraîche, les bienfaits de la marche quotidienne, les bienfaits du repos après le repas.

Les convictions thérapeutiques médicamenteuses relevées comprenaient : la prescription selon la similitude des symptômes du patient avec ceux du remède prescrit, la prescription d’un seul remède à la fois, et la nécessité d’administrer la dose minimale suffisante du remède au malade.

Doutes d’Hahnemann :

 

Les doutes sur le choix du remède étaient une préoccupation constante d’Hahnemann dans le journal des malades.

Les doutes sur l’application des prescriptions hygiéniques et médicamenteuses étaient rapportés au début de chaque nouvelle consultation.

La référence à Dieu ou à une influence divine n’a jamais été exprimée dans la partie explorée du journal des malades.

esculape1

Influence humaine en médecine :

 

Elle se manifestait par la rigueur de la prise des observations par Hahnemann, la précision des symptômes rédigés, la précision des posologies médicamenteuses prescrites.

Hahnemann contrôlait à chaque consultation l’effet de ses prescriptions médicamenteuses et l’effet de ses prescriptions hygiéniques dans les maladies chroniques.

. Conclusions de ce chapitre :

 

Si la foi religieuse d’Hahnemann était profonde et remarquée par ses amis et ses patients, il n’en laissait rien transparaître dans la partie explorée du journal des malades. Hahnemann ne comptait que sur son observation, sa mémoire et sa discipline de travail pour prescrire et surveiller son traitement.

La partie étudiée du journal des malades d’Hahnemann à Paris ne représentait qu’environ 4000 pages, alors que la série française de ce journal en compte plus de 7000 et la série allemande encore beaucoup plus. Les résultats notés ne pouvaient donc être que partiels, et peu représentatifs de l’ensemble du travail de consultation d’Hahnemann en Allemagne puis à Paris.

CONCLUSION GENERALE ET PROVISOIRE :

 

« Esculape dans la balance », réflexion sur l’art médical en 1805, m’a interpellé sur l’influence humaine et l’influence divine en médecine d’une part, sur le doute et la conviction selon Hahnemann d’autre part.

L’étude d’une partie des publications d’Hahnemann mettait en évidence :

–       les principales convictions d’Hahnemann : la simplicité et l’expérience, convictions exposées dans l’Organon.

–       l’influence divine en médecine : Dieu a fait ouvertement voir au médecin ce qui est à guérir dans les maladies ; il a donné à l’Homme la raison pensive et la réflexion libre pour connaître les remèdes et soigner les maladies.

Les témoignages et la partie explorée du journal des malades d’Hahnemann retrouvaient une continuité entre les publications d’Hahnemann, sa personnalité et sa pratique médicale.

Hahnemann se considérait peut-être investi d’une mission divine, mais avec sa bonne volonté, ses convictions cliniques et thérapeutiques, ses doutes sur le choix du remède approprié. La foi médicale d’Hahnemann ne comptait que sur ses propres qualités médicales et humaines pour sa pratique médicale.

Depuis 1805, l’art médical est devenu aussi une science. L’homéopathie reste un art de guérir considérable, mais l’homéopathie ne me semble pas la seule voie possible de guérison des maladies.

Références

 

(1)    Hahnemann S. Gesammelte kleine Schriften; herausgegeben von J.M. Schmidt und D. Kaiser. Heidelberg: Haug, 2001: 119-149; 212-250; 254-264; 351-364; 701-708; 709-711.

(2)    Hahnemann S. Die chronischen Krankheiten. Heidelberg: Haug, 1995: XIX, 2.

(3)    Hahnemann S. Organon Synopse. Bearbeitet und herausgegeben von B. Luft und M. Wischner. Heidelberg : Haug, 2001 : 4 ; 6 ; 103 ; 275 ; 515 ; 521 ; 757.

Remerciements

 

Merci à l’Institut für Geschichte der Medizin de Stuttgart pour l’autorisation de transcrire des extraits du journal des malades de Samuel et Mélanie Hahnemann à Paris.

Summary :

 

« Aesculapius in the scales », a reflection on the art of medicine, weighed   human influence and divine influence on medicine on one hand, and Hahnemann’s convictions as well as his doubts on the other hand. In this work he introduced his break from official medicine.

I examined the main ideas brought out in other publications by Hahnemann, studying testimonies and reading part of the diaries of Hahnemann’s patients in Paris. There was a coherence among the different sources. Hahnemann’s convictions prevailed over his doubts. Testimonies asserted Hahnemann’s deep faith in God. Hahnemann’s work of consultation – the reflection of an equally deep medical faith – was grounded only on his keen sense of observation, his memory and his discipline in his work.

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