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BRONCHITE AIGUE

Docteur J. A. LATHOUD, de Lyon.
Le Propagateur de l'homéopathie n°16, décembre 1926, p. 435

 

La bronchite aigüe légère ou rhume de poitrine, résulte généralement d'un refroidissement et c'est dans les mois de l'année où la température se montre le plus facilement variable qu'elle atteint son maximum de fréquence.

 

Elle est généralement précédée d'un coryza et souvent accompagnée à son début de douleurs de courbature plus ou moins généralisées ou localisées dans les membres, comme dans la grippe. Le malade éprouve dans le milieu de la poitrine une sensation de chaleur et de sécheresse avec des chatouillements qui lui donnent à chaque instant l'envie de tousser. Cette toux qui peut être provoquée aussi par des inspirations un peu profondes, la parole, les mouvements de déglutition, etc., est plus ou moins fréquente ; souvent quinteuse, et pénible, elle est sèche au début et elle s'accompagne de rougeurs de la face et des yeux, parfois de douleurs assez vives dans la poitrine et la paroi abdominale.

 

A mesure que l'affection évolue, elle devient plus « humide », et quand le rhume est « mûr », elle amène des crachats muco-purulents plus ou moins abondants. Enfin, à côté de ces symptômes locaux, il faut noter, surtout au début, un mouvement fébrile plus ou moins accentué, de la transpiration ; l'appétit est diminué et les organes du goût sont inhabiles à percevoir la saveur des aliments,

 

Quand la maladie doit se terminer par la guérison, ce qui se produit dans la généralité des cas, les quintes de toux vont en s'espaçant. ; l'expectoration disparaît progressivement en même temps que les symptômes généraux : fièvre, courbature, manque d'appétit et perte du sens du goût, etc., s'amendent peu à peu et quittent finalement le malade.

 

La bronchite simple ne peut présenter de gravité que chez les enfants ou les personnes âgées ou débiles où elle doit parfois être suivie d'assez près.

 

Quoi qu'il en soit de la bénignité de son pronostic, un rhume de poitrine ne doit jamais être négligé sous prétexte qu'il guérira tout seul et là aussi les médicaments choisis d'après les indications de la loi des semblables seront des plus utiles soit pour faire tourner court l'évolution du rhume, soit pour en éviter toutes sortes de complications.

 

Aconit est le remède le plus efficace pour arrêter les fâcheux effets d'un refroidissement et là, comme partout où un coup de froid est soupçonné, la cause de l'affection à traiter, si celle-ci est prise dans sa première période, Aconit est le premier médicament à choisir et à donner. Ce sont en effet les symptômes du tout début des rhumes qui l'appellent, surtout si la fièvre est assez marquée : c'est spécialement l'état de malaise général, de courbature, avec agitation ; la peau sèche et chaude, le pouls plein, et bondissant, etc., qui le demandent. Pris à ce moment il amène vite une heureuse réaction, réprimant l'état fébrile, substituant à la chaleur sèche de la peau, une transpiration qui soulage, faisant diminuer cet état désagréable de malaise général ressenti quand un rhume commence.

Cinq gouttes ou 20 globules d'une 3° dilution d'aconit dans un grand verre d'eau - celle-ci étant donnée par cuillères à soupe d'heure en heure - rend les plus grands services à cette période de début du rhume.

 

Cependant, si le rhume reconnaît pour cause un refroidissement dû à l'humidité ou à une suppression brusque de la transpiration, en un mot si le facteur humidité remplace le froid sec dans l'origine de l'affection et surtout si les symptômes fébriles sont peu accusés, il convient de remplacer aconit par Dulcamara donné de la même manière.

 

D'antre part, si la courbature domine celte scène du début, si le malade se plaint, vivement de cette sensation pénible de lassitude douloureuse comparable à celle qu'il ressentirait s'il avait été roué de coups, on peut demander secours à Eupatorium perfoliatum et joindre son action à celle d'aconit. On mettra dans un verre d'eau 20 globules d'aconit. 3 et dans un autre verre d'eau 20 globules d'Eupatorium perf. 3 et on fera prendre toutes les heures au malade une cuillère à soupe de chaque verre, en alternant.

 

Assez tôt, cependant, l'action d'aconit s'épuise et si le rhume n'a pas été pris assez au début pour être arrêté, les symptômes de bronchite apparaissent.

D'autres médicaments nous sont alors utiles :

 

Belladona qui a une toux sèche, spasmodique, venant par accès. pire la nuit, provoquée par un chatouillement dans le larynx ou dans la trachée ; il y a une sensation douloureuse de brûlure, de cuisson dans la poitrine ; avec cela, la face est rouge, congestionnée et le regard est brillant comme dans toutes les affections aiguës où la belladone est le remède Une 6° dilution du médicament répétée 3 à 4 fois par jour sera dans de tels cas utile.

 

Mais c'est Bryone qui rend ici les plus grands services. La toux du malade est sèche, aggravée par le mouvement, après avoir mangé ou en rentrant d'un endroit frais dans une chambre chaude ; à chaque quinte de toux, le malade a l'impression que sa poitrine va voler en éclats de même que chacune retentit douloureusement, dans la tête et le ventre que le sujet comprime alors avec les mains. D'autre part, la courbature que ressent le malade est nettement soulagée par le repos tandis que le plus léger mouvement la réveille ou l'aggrave. La courbature d'Aconit ou d'Eupatorium au contraire est indifférente au mouvement et au repos. Bryone devra être prise à une dilution basse : une 3° ou une 6° et à doses répétées : une dose toutes les 2 à 3 heures.

 

Chamomilla est utile quand la toux est surtout nocturne, dans la première partie de la nuit. Le remède rend les plus grands services chez les enfants enrhumés, ayant une toux sèche, provoquée comme celle de Belladona par un chatouillement au fond de la gorge, qui dans la première partie de la nuit, ont de violents accès de toux, qui cependant ne les réveillent pas : 10 globules de Chamomilla 3e fondus dans une cuillère à soupe d'eau donnée avant qu'ils ne s'endorment leur donnent un sommeil paisible sans quinte de toux, ce qui est appréciable soit pour eux, soit pour leur entourage.

 

Mercurius solubilis rend service quand, rhume de cerveau et rhume de poitrine coexistant on a, en plus du coryza fluent, irritant, décrit en étudiant cette affection, une toux sèche, fatigante, également pire dans la soirée et la nuit, excitée par une sensation de sécheresse, un chatouillement dans la poitrine il y a un malaise général avec sensation de froid à l'intérieur, des frissons et des sueurs nocturnes faciles et abondantes mais n'amenant aucun soulagement. Une dose de Mercurius solubilis 12, en surplus répétée le lendemain, fera disparaître ces désagréables symptômes.

 

Lorsqu'on se trouve en face d'un rhume « mûr », Si les quintes de toux donnent au sujet l'envie de vomir, ou s'il y a une grande accumulation de mucosité dans la trachée provoquant une toux spasmodique, nauséeuse, Ipeca devra être donné : 1 à 2 doses d'une 12° dil. dans la journée jusqu'à disparition du symptôme qui, ainsi combattu, ne dure guère

 

Kali bichromicum, dont la toux a un caractère aboyant, croupal, s'accompagnant de douleurs plus ou moins vives derrière le sternum, offre surtout comme caractéristique une exportation abondante de crachats gluants, émis en longs filaments qui se détachent difficilement. En outre la toux présente ces deux caractéristiques signalées par Farrington et souvent vérifiées : A savoir qu'elle est aggravée après avoir mangé et améliorée quand le malade est chaudement couvert dans un lit : 1 à 2 doses de kali. bichro 12e suffiront.

 

A la fin d'un rhume qui traîne un peu, quand une toux bruyante, grasse, s'éternise, une dose de Hepar sulfuris calcarea 12 précipitera la résolution du catarrhe et la marche de la convalescence.

 

Nous avons insisté sur le traitement médicamenteux de la bronchite simple. Il est bien entendu qu'en outre on obéira aux prescriptions de l'hygiène générale. Si l'attaque est très aiguë, le malade fera bien de garder la chambre et même le lit s'il a de la fièvre. D'autre part, il devra veiller à ne pas faire de sortie imprudente ou à ne pas s'exposer au froid d'une manière intempestive avant d'être bien guéri.

 

Et puis - et cela se rencontre souvent chez les enfants - un rhume est à peine terminé qu'il en recommence un autre. Il faut faire plus alors que de chercher à le guérir par les moyens ordinaires indiqués ci dessus. Il faut employer les grands médicaments constitutionnels agissant profondément dans l'organisme de l'enfant tels que Hepar sulf. calc., Tuberculinum, etc., mais c'est là l'affaire du médecin auquel il ne faudra jamais manquer de conduire de tels enfants.

 

La voix populaire fait remonter l'origine de beaucoup d'affections graves, à un « rhume mal soigné ».La voix populaire a souvent raison.

 (à. suivre).

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