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DETERMINATION DU REMEDE HOMEOPATHIQUE LORS D'UNE EPIDEMIE

SOCIÉTÉ RHODANIENNE D'HOMEOPATHIE
Séance du 29 mai 1927
à Genève
Le Propagateur de l'homéopathie n°8, 15 octobre 1927, p. 288

Par le Dr. BARRY

Note du Dr. Edouard BROUSSALIAN, cet article est de la plus haute importance afin de nous préparer à faire face à l'éventualité d'une épidémie de virus de la grippe aviaire.

 

La détermination du remède homéopathique à opposer à une épidémie déjà déclarée n'est qu'un cas particulier et non des plus difficiles du choix du remède, cet acte capital du médecin homéopathe.

 

Pourtant, en raison même des circonstances ou l'on agit, cette réponse sommaire ne saurait contenter, et il y a lieu, non de donner à propos de chaque maladie épidémique ou de ses formes telles que les décrivent les allopathes, une liste de médicaments opposables automatiquement, mais de fixer le processus du choix du ou des remèdes :

-donc plutôt une question de méthodologie,

-qui d'ailleurs a bien sou intérêt pour des raisons pratiques.

 

D'abord nous ne sommes pas assurés que les progrès de l'hygiène empêcheront le retour d'épidémies dont la rapidité de diffusion tient du prodige. Il faut donc agir vite.

 

Ensuite le médecin pourra n'avoir examiné que peu de cas de l'épidémie, et cependant ou viendra de tourtes parts lui demander le remède protecteur on sauveur.

 

En conséquence, et malgré que ceci puisse paraître faire double emploi avec le rapport des Docteurs d'ESPINEY et LATHOUD, il faut préciser ici la notion d'épidémie dans ses rapports avec la doctrine homéopathique. L'auteur de cette note tient à déclarer d'abord qu'il ne présente ce qui suit que comme l'expression de sa propre pensée, et qu'il soumet volontiers ses opinions à l'amicale censure de ses confrères, puisque la Société d'homéopathie Rhodanienne veut donner à ses travaux pour le congrès de Londres un caractère « de groupe ».

 

-- Le physiologiste Le Dantec a défini la maladie : un rythme. Il ajoutait en note : entendons par rythme un ensemble de constituants cellulaires : physiques, chimiques, électriques, etc., etc., peut-être à jamais indiscernables aux instruments des laboratoires. Et Le Dantec poursuivait : le rythme morbide ne peut être annulé, c'est-à-dire la santé rétablie, que par un rythme semblable, de même que le moule annule la statue.

 

Laissons de côté la question de l'origine du trouble du rythme normal. Ne peut-on concevoir qu'il est des rythmes morbides dont la violence est telle qu'elle subjugue tous les organismes humains rencontrés, reléguant au second plan le mode individuel de défense de ces organismes. Cette violence et par suite cette sorte de fatalité voilà ce qu'est proprement l'épidémie.

 

C'est aussi ce qui va permettre de la combattre. Pour que des rythmes morbides puissent s'installer avec une pareille universalité, il les faut puissants, gros dirais-je et par conséquent aisément discernables. Ils doivent leur force à leur ordre de grandeur plus qu'à leur qualité. Ce que l'on a appelé leur malignité c'est seulement leur aptitude à provoquer des clasies rapides pouvant aller à la mort.

 

Nous leur opposerons donc des rythmes médicamenteux de même ordre et c'est le moment où jamais de nous remettre en mémoire nos médicaments cardinaux : les polychrestes. Ce n'est point dire qu'ils sont les seuls possibles, loin de là.

 

Voici le médecin homéopathe sollicité au début ou au cours d'une épidémie. Comment va-t-il choisir dans la matière médicale ? Et va-t-il conseiller un ou des remèdes ? Distinguons, de façon un peu artificielle, je le concède, deux sortes d'épidémies : les fréquentes, rougeole, scarlatine, diphtérie, etc., et les rares : choléra nostra, fièvre de Malte, peste cela bien entendu pour nos climats.

 

La conduite à tenir diffère un peu dans les deux cas.

 

Dans le premier, il y a le remède prophylactique, question traitée par les Docteurs d'Espiney et Lathoud. Puis au cours de l'épidémie peut venir l'indication d'un second remède, voire d'un troisième - à la fois prophylactique mieux que celui déterminé avant l'épidémie puisqu'au moment où ce second médicament est choisi l'épidémie a montré l'aspect particulier qu'elle a revêtu - curatif aussi mieux que le premier et pour les mêmes raisons.

 

Ayons toujours présente à l'esprit la nécessité où l'on se trouve d'agir vite et puissamment. Et partant de ce point de vue pratique utilisons les classifications allopathiques des formes : hémorragiques, algides, typhoïdes, nerveuses, etc., etc...

 

Quant au second cas, les épidémies rares, on peut prévoir que l'on n'aura pas souvent l'occasion de chercher le second et le troisième remède. La rareté même de ces rythmes épidémiques morbides semble leur conférer une puissance particulière comme si le fait pour nos organismes de n'avoir pas été modifiés héréditairement par ces rythmes les laissait davantage au dépourvu. Ce n'est qu'historiquement, pour le choléra nostras par exemple où la littérature homéopathique est bien fournie, que nous pourrons déterminer le ou les remèdes.

 

Jusqu'a présent au cours de ce travail aucun nom de médicament n'a été cité. On en voit les raisons : il n'est pas de liste qui puisse prétendre être exhaustive quant à la prophylaxie. Et quant aux remèdes en cours d'épidémie il n'est même pas ici de liste possible. La référence aux classifications allopathiques des formes a son utilité, une utilité un peu du même ordre que celle que les « Tissue Remedies » de Schussler trouvent ici.

 

Tout ce qui précède peut sembler assez hétérodoxe ; mais n'est-ce pas les conditions même de l'épidémie qui obligent à un rapprochement entre la notion de symptôme telle que nous l'entendons et telle que la conçoivent nos confrères de l'école officielle.

 

En temps d'épidémie le symptôme c'est la direction organique ou le rythme morbide va effectuer sa clasie destructive de la vie. Il n'est qu'un devoir pour le médecin : distinguer cette direction et y porter par avance ses forces.

 

CONCLUSIONS

 

Au cours d'une épidémie le choix du remède prophylactique et curatif diffère du choix avant l'épidémie.

 

Ce choix se fera d'après les symptômes dont la gravité apparaîtra la plus grande c'est-à-dire d'après les symptômes dont le siège, la rapidité, l'universalité, les statistiques marquent la tendance où l'épidémie tue les malades.

 

L'universalité de l'épidémie et la nécessité pratique de prescrire souvent sans avoir vu les malades conduisent à choisir des rythmes médicamenteux universels et donc limitent la matière médicale à un nombre assez restreint de médicaments.

 

DISCUSSION

 

Dr Duprat.

Nous autres, médecins homéopathes, au point de vue maladie épidémique, nous faisions du côté maladie ce que nous faisons du côté malade. Qu'est-ce que notre nosologie? L'individualisation d'un malade plus que l'individualisation de la maladie.

 

Dr Pierre Schmidt.

Si nous avions un jour la lourde responsabilité d'aller, au nom de la S.D.N. par exemple, dans une contrée montrer ce que nous pouvons faire contre une épidémie, que ferions-nous alors ? Quelles seraient nos mesures? Chercher la cause de la maladie et l'agent microbien ? Non. C'est pourquoi nous devons exposer la méthode que nous utiliserions pour guérir et prévenir, laissant aux autres la course aux microbes !

 

Dr Bayle.

Il y avait dans un récent numéro du "Concours médical " un article d'un confrère allopathe disant qu'autrefois il faisait 1 à 2 injections de 10 centimètre cube de sérum antidiphtérique et qu'il avait raison de la maladie, mais maintenant on lui dit que pour cela il faut employer 300 à 500 cm3 de ce sérum. Pourquoi? ... Les raisons qu'on lui donne ne l'ont pas convaincu.

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