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EPILEPSIE CHEZ UN CHAT |
Dr Jules GALLAVARDIN
Le Propagateur de l'homéopathie n°2,
28 février 1914, p. 33 |
Au commencement d'août 1913, je reçus la lettre suivante
d'une de mes clientes;
«Une fois encore, j'ai recours à vous, et cette fois pour
un client d'ordre spécial. J'ai pensé, Docteur, que vous traitiez les
malaises nerveux des animaux aussi bien que ceux des humains, et je
viens vous demander conseils et remèdes pour un jeune chat épagneul que
j'élève et auquel nous tenons beaucoup. Cette jeune bête a huit mois, je
lui ai fait subir à six mois la petite opération habituelle, afin qu'il
n'éprouve plus le besoin de sortir et puisse vivre en appartement. Il
l'a subie sans être malade et en ville il n'a jamais été fatigué. Mais
en mai, pour les fêtes de la Pentecôte, il avait alors cinq mois, je
l'ai apporté avec moi à la montagne; je l'ai vu un jour faire de grands
sauts convulsifs et croyant à un accident dû à ce que je prenais pour un
jeu, je l'ai frictionné et soigné. Il est revenu à lui, un peu haletant,
poussant des miaulements plaintifs, et nous avons toujours supposé que
notre pauvre petite bête avait été pressée par une pierre; car à Lyon où
nous l'avions rapporté il allait très bien.
Comme je l'ai déjà signalé, on l'a fait opérer et en
juillet nous revenons à la montagne. Là, trois jours après notre
arrivée, même accident que vers la Pentecôte; nous commençons à douter
que notre chat ait été blessé ou serré dans un lieu quelconque, et nous
le surveillons de plus en plus. Il nous suit comme un jeune chien dans
les promenades les plus éloignées.
Un jour en forêt, à nos pieds, il prend une crise telle que
nous nous sommes rendu compte que ce que nous appelions accident n'était
que crise comme celle-ci. C'était donc la troisième; entre la première
et la seconde il y avait eu près de deux mois, le temps où l'on habitait
Lyon. Ici, à la montagne, en un mois il en a eu trois, car hier, il a eu
la quatrième. C'est en ayant la certitude que c'était des crises, que
j'ai pensé, Docteur, à vous parler.
Ses crises sont différentes; à la première, il se
tordait sur le dos, les yeux sortaient des orbites, il se
crispait, paraissait se gonfler, il soufflait difficilement et longtemps
encore après. Une autre fois, il se crispait contre le sol, grattait son
museau avec ses griffes et rejetait de l'écume. Celle qu'il a prise
hier, nous l'avions prévue, notre petite bête, si drôle, était abattue,
se réfugiait près de nous comme un enfant; au moment même de sa crise en
forêt, il était près de moi et s'est échappé pour venir se rouler et
crisper à mes pieds. J'ai cru remarquer que le sang lui affluait à
la tête, que ses oreilles s'empourpraient et qu'il avait aux narines
comme de petits points rouges, à part cela rien d'anormal, il
boit et mange bien, sa crise passée il est abattu et il en est de même
le jour où il doit la prendre.
Veuillez, Docteur, bien suivre ces détails et me guérir ce
petit animal que nous élevons et que nous ne voudrions pas voir mourir.
Il est très beau et nous l'aimons beaucoup. »
Les symptômes que j'ai soulignés dans cette lettre congestion de la tête, des yeux, des narines, des oreilles, exophtalmie,
me firent choisir Belladona 3° dilution, une vingtaine de
globules dans un verre d'eau, à prendre dans la journée, quelques
cuillerées de ce verre dans ses aliments. L'animal prit ce remède
pendant quelques jours.
Un mois après ce traitement, j'apprends que le chat n'a
pris aucune crise et récemment encore j'ai reçu de bonnes nouvelles de
l'animal.
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