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OBSERVATIONS CLINIQUES |
Séance Du 19 mars 1914
Présidence du Dr Bayle
Le Propagateur de l'homéopathie
n°3, 31 mars 1914, p. 49 |
Le Président souhaite la bienvenue au Dr Souchon, de
Bourgoin.
Dr Souchon.
J'ai déjà observé quelques cas de guérison homéopathiques
dans les cas aigus, cependant tout débutant a besoin d'acquérir la
méthode à suivre dans le traitement des cas chroniques. En ce moment un
malade atteint de néphrite interstitielle m'inquiète, car il présente
aussi des troubles cérébraux, bredouillement de la parole, perte des
mots, qui feraient penser à de la paralysie générale.
Dr Bayle.
En dehors de la syphilis qui est la grande cause de la
paralysie générale, il faut se rappeler que l'on peut se servir pour
traiter la néphrite interstitielle de toutes les substances qui la
provoquent. Votre malade a-t-il eu un empoisonnement par le plomb? Au
point de vue pathologique j'ai observé deux cas intéressants, le premier
est celui d'un imprimeur qui est mort comme s'il avait eu de la
paralysie générale; l'intoxication par le plomb peut causer ces
encéphalopathies. L'autre cas était celui d'un jardinier qui avait de la
néphrite interstitielle et de l'albuminurie. J'arrivai à reconnaître un
empoisonnement par le plomb, car ce jardinier faisait quelquefois de la
peinture pour peindre divers objets de jardin.
Les troubles cérébraux qui sont en connexion avec la
néphrite peuvent faire penser à Plumbum. Comme remède de
l'intoxication par le plomb, il faut se rappeler Alumina qui est un
antidote du plomb.
En général, pour instituer un traitement homéopathique, il
est nécessaire de se souvenir de sa toxicologie apprise à la Faculté,
cela facilite beaucoup le choix du remède homéopathique. Pour vous citer
un cas, je choisirai celui d'un vieillard, âgé de 80 ans, qui pendant
quelques jours était, sinon entre la vie et la mort, du moins dans un
état qui inquiétait beaucoup son entourage. Il avait la figure
congestionnée, était somnolent et menaçait de tomber dans le gâtisme.
Plusieurs médecins ou médecines n'avaient obtenu aucun résultat. Le
tableau des symptômes présentés par ce vieillard me rappelait le cas
d'un malade trop endormi par l'opium. Je lui donnai une dilution de ce
remède, quelques heures de traitement suffirent à le guérir.
Dr J. Gallavardin.
J'ai rapporté aussi un cas d'Opium dans ma brochure
Purgatifs allopathiques et Purgatifs homéopathiques. C'était celui d'un
enfant que quatre médecins appelés à son chevet avaient condamné comme
atteint de méningite. Il était dans un coma tranquille depuis trois ou
quatre jours. Une basse dilution d'Opium le fit parler au bout d'une
heure.
Le Dr Coste, se rappelant la lecture de ce cas, me disait
avoir obtenu chez un malade présentant les mêmes symptômes une guérison
analogue avec Opium.
Dr Bayle.
Tout le monde sait que l'Opium fait dormir et il faut
songer à ce médicament pour guérir homéopathiquement les malades qui ont
de la somnolence.
Les médecins connaissent bien aussi les inconvénients du
vésicatoire cantharidien: difficulté d'uriner, douleurs en urinant,
mictions fréquentes, cystite et même néphrite. Or, récemment, j'étais
consulté par une jeune femme, enceinte de six mois, qui avait de la
cystite depuis plusieurs jours. Elle attribuait ce malaise au fait de
s'être assise sur l'herbe mouillée. Une sage-femme consultée ne sût que
lui dire qu'elle garderait cette cystite jusqu'à la fin de sa grossesse,
celle-ci en étant la cause. Peu satisfaite de cette perspective la
malade vint me trouver; je lui donnai Cantharis un samedi. Le dimanche
soir elle dit à son mari: «Je ne sais si c'est parce que je me suis
reposée aujourd'hui, mais je vais mieux». Le lendemain lundi elle va à
son travail comme d'habitude et le surlendemain mardi il n'y avait plus
trace de cystite.
Un remède que les médecins allopathes ont emprunté aux
médecins homéopathes est Glonoin. On le trouve dans les pharmacies
allopathiques sous le nom de Trinitrine et en solution au 1/100me. C'est
un poison violent et, à cette dose, il est encore beaucoup trop actif,
car les malades qui en prennent trop se plaignent parfois de maux de
tête très pénibles. Ce médicament m'a permis de faire la guérison du cas
suivant: Une malade avait des vomissements et souffrait aussi de maux de
tête. Pensant d'abord à des troubles digestifs occasionnant
secondairement ces maux de tête, je crus bien faire de commencer le
traitement par Nux Vomica. La malade, en m'annonçant l'insuccès de cette
médication précisait bien les symptômes. Le mal de tête était atroce, le
moindre mouvement lui arrachait ce cri: «Oh! ma tête!» et elle la tenait
avec les mains. Elle disait «Quand je n'ai pas mal de tête, je ne vomis
pas». Elle ajoutait que le soleil l'écervelait. Glonoin a guéri cette
malade en très peu de temps.
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