|
|
ECHINACEA ET LE DIABETE SUCRE |
Dr COLLARD, d'Annonay.
Le Propagateur de l'homéopathie n°5,
30 juin 1913, p. 138 |
Voir aussi l'article Hepar Sulfur
Je désirerais appeler l'attention des médecins homéopathes
sur un médicament non encore suffisamment expérimenté de notre matière
médicale: Echinacea.
Les deux observations apportées aujourd'hui ont trait à
deux cas où Echinacea a guéri nettement, dans le premier cas, un
phlegmon diabétique de la main et dans le deuxième un anthrax chez un
individu ayant du sucre dans les urines. Il a guéri rapidement ces deux
cas, en faisant tomber d'une façon magique le taux du sucre dans les
urines. Dans le dernier cas (anthrax) il a même fait disparaître
totalement le sucre.
Il serait intéressant d'avoir d'autres cas médicaux, de
voir si Echinacea réussit dans tous les cas de diabète sucré (ce qui
serait étonnant) ou plutôt dans quels cas il est susceptible d'agir.
Les deux personnes dont je vous apporte les observations
succinctes étaient deux hommes âgés: l'un 65 ans environ, l'autre 78
ans, tous deux d'un certain embonpoint, forts, vigoureux, avec un visage
pâle, un peu teinte jaune paille, tous deux de même tempérament, n'ayant
pas eu de grave maladie dans leur passé, anciens gros mangeurs et
anciens buveurs de vin.
Le premier cas m'a été très obligeamment montré par mon
confrère et ami le Dr Bayle, d'Annonay. L'observation du Dr Bayle a
d'ailleurs paru dans le numéro du Propagateur (février
1913).
Voici l'observation résumée
1. - Phlegmon diabétique
de toute la main chez un homme âgé, menacé de coma
diabétique urinant 280 gr. de sucre par jour (4 litres à 70 gr.). Sous
l'influence d'Echinacea 3e, guérison du phlegmon, le sucre tombe à 45
gr. (3 litres à 15 gr.). En cessant Echinacea, le malade voit remonter
le taux de son sucre, en reprenant le remède, chute à nouveau du sucre à
28, puis à 15 gr. Il cesse à nouveau le médicament, le sucre remonte
légèrement pour s'abaisser ensuite à 9 gr. sous l'influence de nouvelles
doses d'Echinacea.
II. - Le deuxième cas
que j'ai observé, a trait à un homme de 78 ans, venant me
consulter pour des douleurs dues à une tumeur développée sur le devant
de la poitrine.
A l'examen: on se trouve en présence d'un homme très
vigoureux pour son âge, n'ayant jamais fait de maladie et porteur d'un
gros anthrax de la partie antérieure gauche de la poitrine, au niveau du
mamelon gauche. Le diagnostic d'anthrax ne fait pas de doute, on est en
présence d'une tumeur du volume d'un gros oeuf, tumeur dure, rouge
brillante, présentant quelques petits points blancs en écumoire, le, pus
n'a pas l'air de vouloir sourdre, la tumeur est très douloureuse au
toucher, non fluctuante ; elle empêche le malade de dormir la nuit, les
souffrances sont vives, il ne peut se coucher à gauche, il est obligé de
se tenir assis sur le lit ou mieux, de se promener.
Le coeur est en bon état, les poumons présentent un certain
degré d'emphysème, le malade ne tousse pas, se plaint seulement d'une
gêne à respirer lorsqu'il monte soit des escaliers, soit les rues de
notre ville si accidentée.
Dans les urines, albuminurie assez marquée, glycosurie plus
nette encore: 14 gr. de sucre par litre, urines abondantes, soif vive,
bouche sèche, etc. Malgré ce que l'on nous a enseigné dans les hôpitaux
de Lyon: débridements larges au thermocautère, lavages antiseptiques,
etc., nous nous bornons à prescrire: Hepar. Sulfuris 6e et Echinacea 3e,
deux granules toutes les deux heures en alternant les remèdes.
Ce premier examen se passait le 13 juin 1913. Trois jours
après: 16 juin 1913 le malade revient nous voir, les nuits ont été
meilleures, il a pu dormir, les souffrances très atténuées, la tumeur
s'est tassée sur elle-même, du pus s'écoule légèrement en pressant.
Sucre dans les urines: 6 grammes seulement par litre. Même
prescription: Hepar. et Echinacea alternés.
Le 19: amélioration encore plus sensible, tumeur presque
indolore, nuits paisibles, le pus s'écoule facilement en abondance, soif
diminuée, urines également. Même prescription.
Le 21 le malade se présente à nouveau à notre examen: le
pus s'écoule en abondance et très facilement, la peau s'est ridée sur la
tumeur, il n'y a qu'un orifice de sortie du pus au lieu de l'abcès en
pomme d'arrosoir constaté à notre premier examen. En pressant, nous
vidons complètement l'abcès, qui peut être considéré comme tari et
terminé.
A notre grand étonnement plus de sucre dans les
urines. Les urines du 22, 23, 24 juin ne contiennent non plus
aucune trace de sucre.
Pendant les prises d'Echinacea, le malade a continué son
même régime, n'a rien varié à sa vie normale, il a simplement supprimé
le sucre qu'il mettait le matin dans son café au lait.
Comme conclusion
Il serait intéressant de voir si Echinacea fait baisser le
taux du sucre dans tous les cas de diabète.
S'il ne le fait pas baisser dans tous les cas, voir dans
quels cas et chez quels sujets Echinacea est susceptible de guérir.
Il est probable que comme tous les autres remèdes
homéopathiques, Echinacea ne doit pas être une simple recette agissant
dans tous les cas, mais seulement dans certains cas où tout l'ensemble
de l'individu répond à Echinacea. Dans ces deux observations, les
malades se ressemblaient en effet, comme tempérament, comme allure
générale, comme teinte de peau, comme vigueur, comme embonpoint.
Ce serait là, croyons-nous, un point intéressant à.
préciser avec de nouvelles observations à l'appui, afin d'avoir des
données plus nettes pour l'emploi d'Echinacea dans le diabète sucré.
|