Vous ne pouvez pas afficher d'applet java sur votre navigateur IMAGE DE HAHNEMANN
GRAND TITRE DE LA PAGE
     
     
     
     
  PROFESSIONNELS HOMEOPATHIE  
   
   

COINCIDENCES HOMEOPATHIQUES

Dr F. A. GUSTOFSON, de Rockford
Commentaires
Dr Henry DUPRAT, de Genève.
Le Propagateur de l'homéopathie n°2,
28 février 1914, p. 37

 

Eupatorium perfoliatum, Mercurius vivus, Lycopodium

 

J'extrais l'article suivant du n° 3 du «Medical-Advance» de 1905. Intéressant par les faits cités et par sa forme d'ironie charmante, il a été écrit par l'auteur à l'adresse des médecins homéopathes qui refusent d'accepter l'action des hautes dilutions. Mais il est encore beaucoup mieux une réponse à nos confrères allopathes qui font un abus de la «coïncidence» pour expliquer nos cures. C'est là pour eux le «deus ex machina» qui se substitue, au bon moment, à nos remèdes chimériques, même lorsque le malade sort de leurs mains, vierge de toute amélioration...

...J'ai quelques unes de ces coïncidences, qui, dans ma pensée sont plutôt très particulièrement associées avec l'administration du remède homéopathique. Sans aucun doute, bien d'autres de mes confrères ont observé des faits semblables, et s'ils ont cru que leurs résultats étaient attribuables aux remèdes prescrits il est grand temps qu'ils se rendent à l'évidence, car c'est une vraie pitié de voir ainsi mystifiés des hommes si pleins de sagesse.

 

Première coïncidence.

Il y a deux ans, un jeune garçon vint à mon cabinet et me dit: «Je voudrais un remède pour la fièvre intermittente». En le questionnant, j'appris que les symptômes étaient les suivants: si un jour le frisson de l'accès se présentait vers les 7 ou 8 heures du matin, le lendemain il se produisait vers midi ou 1 heure et il était accompagné d'une «terrible» sensation d'endolorissement dans tous les os du corps. Je lui donnai deux doses d'Eupatorium perfoliatum 200e d., et lui demandai de me rendre compte du résultat. Au bout d'une semaine le malade revint me demander «encore un peu de cette drogue pour la fièvre intermittente». Je lui demandai s'il avait eu de nouveaux accès depuis sa dernière consultation. «Un seul seulement, le lendemain, comme vous me l'aviez dit.» Je rapporte cette observation où beaucoup voudraient voir un effet curatif. Rappelons-nous, cependant, que ce n'était qu'une coïncidence.

 

Deuxième coïncidence.

Il y a quelques jours on m'appela auprès d'une jeune fille atteinte d'amygdalite. Elle s'est installée tout près d'un poêle enveloppée dans deux ou trois grosses couvertures. Elle sentait sa chair toute endolorie. Son corps était parcouru de frissons à fleur de peau. Sa gorge était douloureuse, rouge, gonflée, couverte de débris pultacés. Son haleine était mauvaise; la langue couverte d'un enduit épais et jaunâtre, marquée de l'empreinte des dents, la bouche pleine d'une salive visqueuse; le pouls très rapide, la température à 39°2; au temps où je pratiquais la médecine d'après les principes de l'école officielle, un tel cas valait 5 ou 6 visites. Mais par le fait d'une simple coïncidence je donnai au malade Mercurius vivus, 1.000° dil., et l'entourage de la malade eut beaucoup de difficulté le lendemain à persuader à la jeune fille de ne pas aller à l'école. Je suis tout à fait navré de ne pouvoir présenter ce fait comme une guérison. C'est une coïncidence et rappelez-vous qu'il est très difficile de distinguer les guérisons des coïncidences. Soyons plus soigneux en relatant nos cures. Si nous prenons les coïncidences pour des guérisons c'est que nous sommes certainement mystifiés.

Troisième coïncidence.

Un garçon de 6 ans, était atteint de scarlatine. Depuis le début la maladie avait un caractère malin, après les prodromes normaux, la température s'éleva à 40° 2, l'éruption rétrograda, le pouls devint extrêmement rapide et l'enfant fut la proie d'un violent délire accompagné de cris effrayants. Un conseil doctoral compétent déclara le pronostic très grave, affirmant qu'on devait fort peu compter sur l'effet de n'importe quel traitement.

Mais les coïncidences opérèrent encore en cette occurrence. Grâce à une de ces coïncidences, après cinq ou six jours de cette haute fièvre et de ce délire je fus appelé et notai que la gorge, qui avait été enflammée et gonflée plus fortement du côté droit, commençait à se gonfler du côté gauche, le jour suivant on remarqua qu'au moment de la visite faite au petit malade, à 5 heures de l'après-midi il était en proie à un violent délire et particulièrement mal, mais qu'à la visite du Docteur, le soir vers les 9 h. 30, l'enfant était toujours calme, dormant paisiblement malgré l'intensité de la fièvre, présentant seulement de temps en temps un léger soubresaut ou poussant çà et là une sourde plainte. Le médecin se rappela alors qu'il existe un remède appelé Lycopodium qui présente ces mêmes modalités: extension des symptômes de droite à gauche et l'aggravation de 4 à 8 heures de l'après midi. Une petite poudre de ce remède fut dissoute dans quelques cuillerées d'eau, et une dose fut donnée à l'enfant chaque fois qu'il s'éveillait assez pour cela. Mais pensez donc quelles coïncidences se produisirent ? Par la plus étrange de ces coïncidences imaginables la température eut l'idée de ne plus monter ce soir-là et resta constamment normale depuis lors, l'enfant cessa de crier et au bout de peu de jours il fut tout à fait hors de danger. Il ne lui resta aucun symptôme, aucun vestige de sa maladie: mais d'autres malades atteints de la même affection mais d'une façon moins grave, selon mes informations, eurent des suites de paralysie, de maux d'oreilles et toute sorte d'autres complications. Je vous le dis, mes confrères, lorsque vous soignez un cas grave, n'oubliez jamais la possibilité qu'une coïncidence surgisse pour guérir votre malade, même si vous administrez le remède que vous croyez être le bon. Mais le remède ne peut pas guérir la maladie. Il s'agit toujours d'une coïncidence.

Je ne veux point vous lasser avec mes coïncidences. Mais ces choses commencent à se produire beaucoup plus souvent qu'au début de ma pratique et j'ai toujours été enclin à les considérer comme le résultat de ma prescription. On m'a enseigné que le remède produisait de telles guérisons, s'il est le vrai «simillimum». Je suis maintenant enchanté d'apprendre qu'il y a seulement coïncidence, et maintenant, lorsque je donne mon remède, je le fais seulement dans l'espoir que, au moment où il pénétrera dans l'organisme il arrivera précisément une coïncidence qui commencera à agir en même temps. Mes malades et leurs amis sont souvent assez aimables pour dire que ces résultats sont dus à mon habileté et aux bons remèdes que j'emploie. Mais je sais mieux maintenant: il ne faut voir là que ma très heureuse association avec une brillante série de coïncidences. Je suis très reconnaissant de marcher ainsi suivant le cours de tels événements. Et quelle puissante chose doit être le remède homéopathique pour rencontrer de si fréquentes coïncidences et collaborer avec elles de pareille façon! Confrères qui croyez à la valeur des hautes dilutions, je vous en prie, n'allez pas croire que votre remède peut faire le moindre bien. Si vous marchez dans la voie des coïncidences, tout va très bien, mais ne les perdez point de vue, car c'est elles qui doivent toujours jouir du crédit. Avant tout soyons honnêtes.

Dr F. A. GUSTOFSON (de Rockford).

 

COMMENTAIRES

Première observation:

Eupatorium perfoliatum est à côté de China, Arsenicum, album, Nux vomica, Natrum muriaticum, Ipeca, un des principaux remèdes de la fièvre intermittente. La quinine est loin d'être le remède spécifique pour cette maladie rebelle, quoique toujours automatiquement prescrite par l'école officielle dans toute manifestation fébrile de la malaria. Son action y est palliative dans bien des cas, grâce aux doses massives employées. Elle devient curative lorsque la forme symptomatologique du malade répond à sa pathogénésie. Voici les indications de China:

Avant le frisson: nervosité, mal de tête, nausée, anxiété.

Soif avant et après le frisson.

Pendant le frisson, toute la chaleur artificielle accumulée autour du malade ne lui procure aucune amélioration.

Très peu de soif pendant la chaleur.

Les sueurs sont profuses, particulièrement débilitantes, accompagnées de soif.

Accès tierces, hebdomadaires ou tous les 15 jours; souvent anticipants: venant 2 ou 3 heures plus tôt que la veille.

Le sulfate de quinine répond aux mêmes symptômes, mais plus spécialement à la périodicité très exacte des accès qui reviennent exactement à la même heure.

L'observation ci-dessus présente l'indication d'Eupatorium perfoliatum dont voici les caractéristiques

Le frisson vient le matin de 7 h. à 9 h.; ou bien un jour le matin, le lendemain l'après-midi. Il commence au bas du dos.

Avant le frisson, soif intense.

Avant et pendant le frisson: douleur dans les os comme s'ils étaient brisés.

Entre le frisson et la chaleur, vomissements bilieux.

 

Deuxième observation:

L'indication de Mercurius est nette, indubitable, donnant la certitude du succès. Dans l'amygdalite, dans l'angine simple, pultacée, ou couenneuse, ce n'est pas tant l'état de la gorge elle-même que les symptômes concomitants qui appellent Mercurius.

- Frissons fourmillant à fleur de peau au début de l'affection.

- Douleurs piquantes s'étendant à l'oreille.

- Langue très chargée, épaisse, gardant l'empreinte des dents.

- Haleine fétide, même à distance.

- Excès de salive avec soif.

Aggravation nocturne.

Sueurs facilement abondantes, visqueuses, qui ne soulagent point le malade.

 

Troisième observation:

Lycopodium est un remède constitutionnel à action très profonde, plus souvent employé dans les maladies chroniques, diathésiques. Mais néanmoins son usage dans les maladies aiguës n'est pas rare, notamment dans les affections des poumons, de la gorge à une période avancée, maladies infectieuses graves (typhoïde, scarlatine etc.). Et nous devons pour l'administrer retrouver les grandes caractéristiques de son emploi dont deux sont très claires dans le cas de scarlatine maligne, soignée par le docteur Gustafson.

- Action élective sur le côté droit du corps et direction des symptômes de droite à gauche.

- Aggravation de 4 h. à 8 h. après-midi.

- Flatulence intestinale, météorisme.

- Décharge urique, faisant un dépôt rouge sablonneux dans des urines claires.

- Dans les maladies aiguës: plissement de la peau du front, battements respiratoires des ailes du nez.

- Faciès jaunâtre, subictérique, surtout aux tempes.

Ainsi notre matière médicale dans sa richesse infinie nous donne non seulement tous les tableaux des maladies connues et individualisées par la science pathologique, mais la physionomie particulière d'une infinité de malades, de types individuels évoluant et réagissant chacun à leur façon sous l'influence des mêmes causes morbides et demandant un remède personnel.

 

GLOBE DE L'HOMEOPATHIE
BOUTON POUR TOUS BOUTON PROS BOUTON BLOGS BOUTON INTERNATIONAL BOUTON CLASSIQUES
 
HOMEOPATHIE COPYLEFT