Les Vomissements |
Séance Du 15 janvier 1914
Présidence du Dr d'Espiney
Le Propagateur de l'homéopathie
n°1, 31 janvier 1914, p. 1
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Dr Bayle.
La thérapeutique des vomissements est une question si vaste
que pour l'envisager dans son ensemble il faudrait passer en revue toute
la pathologie et aussi toute la matière médicale. Ce procédé d'étude est
trop complexe et il vaudrait mieux limiter le sujet de nos discussions
en reprenant l'étude d'un seul médicament.
Dr Collard.
Il faudrait en effet considérer dans l'étude des
vomissements leurs caractères, leurs causes, les maladies qui les
provoquent, vomissements bilieux, vomissements de l'appendicite, etc.,
etc., sans oublier les vomissements que l'on doit respecter, ceux de
l'indigestion ou des empoisonnements, par exemple.
Dr Bayle.
Pour réussir à guérir le vomissement, il faut tenir grand
compte des symptômes moraux présentés par le malade et je vous citerai
un cas où après l'échec de deux remèdes qui semblaient cependant bien
indiqués, un troisième remède réussit dès que l'entourage m'eût
renseigné sur le caractère et les dispositions mentales de la malade.
Une jeune fille avait des vomissements incoercibles tout à
fait comparables à ceux de la grossesse, dès qu'elle absorbait la
moindre substance alimentaire solide ou liquide, elle éprouvait
l'impérieux besoin de la rejeter. Ces sortes de vomissements étaient
survenus environ trois semaines après une scarlatine fruste dont
l'éruption avait été à peine marquée, scarlatine qui pût cependant être
affirmée en raison des conditions de contagion certaine. Pas
d'albuminurie consécutive. Quand je vis la malade, elle vomissait depuis
trois semaines et l'amaigrissement était déjà manifeste. Il n'y avait
pas de régularité dans le temps de l'apparition du vomissement après
l'absorption de la nourriture, c'était tantôt dix ou quinze, tantôt
trente minutes après le repas, quelquefois une heure ou même deux heures
après et la malade ne retrouvait son état normal qu'après le rejet
complet de tout ce qu'elle avait pris; ceci se produisait même après une
gorgée d'eau. La langue n'était pas saburrale. Il y avait des tâches
roses sur le front, comme des marbrures, pendant la période digestive.
En raison du symptôme: amélioration quand l'estomac est
vide, j'eus l'idée de donner Nux vomica, et pour agir aussi
préventivement je donnai Ipeca avant le repas et Nux vomica après le
repas et lors du vomissement. Ce traitement n'eut pas de résultat.
Devant cet échec, je m'avisai de demander à l'entourage:
«La malade n'aurait-elle pas eu de contrariété?»
On me répondit: «Peut-on savoir avec un caractère pareil!
Elle ne dit rien, elle a un caractère muré, elle est très renfermée,
concentrée en elle-même, a un aspect capricieux, bizarre et avec tout
cela très sensible.
Je donnai Ignatia. Le résultat fut immédiat et les
vomissements s'arrêtèrent.
Il y eut une légère rechute au bout de quelques jours; la
répétition du remède permit d'obtenir une guérison complète.
Cet exemple prouve qu'il faut considérer l'allure générale
du malade pour choisir son médicament, et qu'il ne faut pas oublier
l'importance des symptômes moraux du sujet.
Dr Collard.
Une malade était soignée depuis longtemps pour des coliques
hépatiques qui se répétaient assez souvent. Elle vomissait tout ce
qu'elle prenait. Chaque fois qu'elle absorbait un aliment il lui
semblait que cet aliment tombait dans l'estomac sur une surface ulcérée.
Elle avait la douleur en broche, douleur provoquée en pressant au niveau
épigastrique et s'irradiant dans le dos. Le mal de tête était soulagé
par la pression, ou par un lien qu'elle se mettait autour du front.
Après insuccès de Bismuth 6e dil. et en nature sous forme de Carbonate
de Bismuth, et de Phosphor. 6, je lui donnai Argentum nitricum 30, en
raison de ces deux symptômes: Sensation d'ulcération à l'estomac et mal
de tête soulagé par la pression. - Le résultat fut très rapide. Les
vomissements cessèrent pour ne plus revenir.
Séance du 19 février 1914. - Sujet à traiter: Chamomilla.
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