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VERTIGES

Henry Duprat de Genève; 31 janvier 1914, N°1, p. 14
Dr Jules GALLAVARDIN.
Le Propagateur de l'homéopathie n°2,
28 février 1913, p. 33

 

Cas du Dr. Duprat

Mme B... vient me trouver le 13 octobre dernier. Je l'ai soignée dans le temps avec succès pour des rhumatismes très douloureux; actuellement et depuis quelques mois elle souffre de vertiges presque constants qui lui causent une très grande gêne. Comme elle habite la campagne, assez loin de Genève, à C..., il lui a été plus facile de se confier aux soins du médecin de son village. Les traitements suivis jusqu'à ce jour l'ont été en vain et le Dr X... a déclaré à la. malade qu'elle n'avait plus qu'à se résigner à vivre avec son ennemi, que ses vertiges ne la quitteraient jamais, qu'elle perdrait son temps et son argent à se soigner. Fort triste d'un tel pronostic, elle garde cependant une lueur d'espoir; elle se rappelle combien l'homéopathie lui a fait du bien pour ses rhumatismes et vient me demander mon opinion et le secours de la médecine que j'ai l'honneur de pratiquer.

Mme B... a 60 ans; elle est arthritique, son pouls est trop tendu, ses artères présentent un certain degré de sclérose. Pas de lésion au coeur ni aux poumons. Les urines sont normales.

Les vertiges se produisent tous les jours et fréquemment; ils sont un grand obstacle à l'activité habituelle de la malade; ils consistent dans une sensation de tournoiement des objets avec trouble de la vue et ne sont pas accompagnés de mal au coeur.

Ils se produisent ou s'aggravent quand la malade se lève de son lit, quand elle se tourne, marche dans la rue, et par le bruit.

La malade éprouve en outre quelques bouffées congestives vers la tête.

Je lui prescris quelques doses d'Arnica 3e, suivies de Conium maculatum 3e, et la rassure en lui disant que mon pronostic ne comporte pas la rigueur fatale de celui de mon confrère.

Le 7 novembre elle vient me donner de ses nouvelles. Les vertiges ont certainement diminué d'intensité et de fréquence mais n'ont pas encore disparu et existent surtout le matin au lever. La malade souffre toujours de bouffées congestives à la tête. Ses pieds deviennent brûlants au lit; elle recherche les places fraîches pour les soulager. Quelque temps avant midi il lui arrive fréquemment d'éprouver une sensation de faiblesse générale avec vide à l'estomac. A ma première consultation j'avais basé mon choix d'Arnica et de Conium sur les seuls symptômes de la tête et j'avais obtenu une légère palliation homéopathique. Réunissant cette fois les symptômes saillants de tout l'ensemble de la malade, il m'était facile de trouver le vrai remède grâce à des caractéristiques si bien mises en relief. Ces caractéristiques, que j'ai soulignées, donnent l'indication indiscutable de Sulfur. Je prescris donc ce remède à Mme B... à la 200e dilution et lui dis de prendre une dose le matin à jeun pendant trois jours de suite et de laisser ensuite agir ce remède pendant une quinzaine de jours.

Le 21 novembre je revois la malade; elle me raconte que pendant la semaine qui a suivi la prescription de Sulfur, elle s'est sentie beaucoup plus mal du côté de la tête, mais qu'après cette aggravation est survenue une amélioration très notable de ses vertiges et des bouffées congestives. Elle souffre moins des chaleurs brûlantes aux pieds et a moins souvent les sensations de faiblesse vers les 11 heures du matin. Elle est déjà enchantée du résultat obtenu.

Me soumettant à la règle hahnemannienne de ne pas renouveler la prise du remède tant que l'amélioration s'opère et progresse, je ne fais pas de nouvelle prescription à la malade mais lui demande de repasser chez moi dans deux ou trois semaines.

Le 12 décembre elle m'apporte d'excellentes nouvelles. Elle n'a plus de vertiges depuis 15 jours; presque plus de pieds brûlants au lit. Elle ne souffre plus de bouffées congestives, sinon de temps en temps et d'une façon atténuée, quand elle se trouve dans une chambre trop chaude. La malade n'aura recours à moi que si le bien obtenu ne se maintient pas. Je ne l'ai point revue.

Le dernier mot de la médecine allopathique avait été: «Vivez avec votre mal; je ne puis le guérir; économisez le temps et l'argent que vous dépenseriez inutilement à vous faire soigner».

L'homéopathie a heureusement réuni tous les avantages: elle a guéri la malade en ne lui demandant qu'une dépense d'argent et de temps vraiment «infinitésimale ».

 

Notes du Dr. Gallavardin

Vertiges : Cocculus

 

Il n'est pas de malaises chroniques qui ne puissent disparaître sans retour. Le tout est de bien savoir choisir le remède qui convient au malade.

Il y a bientôt 6 ans, je traitai une domestique souffrant de vertiges depuis 3 ans. Dans ses précédentes places à St Etienne, ses maîtres avaient consulté pour elle plusieurs médecins et entre autres un médecin des hôpitaux qui, ne comprenant rien aux vertiges éprouvés par la malade, s'était contenté de l'appeler «Mademoiselle Vertige». Triste consolation pour un médecin de se moquer des malades qu'il ne peut guérir. Cette personne venue à Lyon dans une nouvelle place souffrit de ces mêmes vertiges, et cela pendant un an ; elle n'osait plus se plaindre de peur qu'on se moquât d'elle.

Ses maîtres, un beau matin, la virent si fatiguée qu'ils lui firent raconter l'histoire de ses malaises.

J'intervins alors, et, en raison de ces vertiges matutinaux accompagnés parfois de nausées, je donnai Cocculus 3. Le lendemain plus aucun vertige.

Un an après cette guérison, un jour seulement, il y eut une légère tendance au vertige : Cocculus 3. Guérison complète qui dure depuis 6 ans.

Vertiges : Abrotanum

A côté de Cocculus, il est bon de signaler un autre remède des vertiges matutinaux. C'est Abrotanum. Ce remède convient surtout dans les cas où il y a pâleur de la figure, anémie cérébrale, sensation de vide dans la tête, tendance à la syncope, à l'évanouissement. Il est très utile chez les jeunes filles anémiques. Les nausées sont moins marquées dans Abrotanum que dans Cocculus.

 

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