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LE RHUME DES FOINS

Docteur Nebel, de Lausanne
Le Propagateur de l'homéopathie n°4,
30 avril 1914, p. 75

 

Dans sa Matière médicale le Professeur Kent observe avec beaucoup de justesse qu'il ne faut pas se contenter de chercher le remède de la fièvre des foins, de l'accès aigu, mais qu'il faut aussi trouver le remède constitutionnel du malade, le remède qui transformera la susceptibilité de l'organisme vis-à-vis de la cause du rhume des foins que l'on croit être le pollen des fleurs et des graminées. Le traitement homéopathique doit détruire l'idiosyncrasie de la personne vis-à-vis de ces agents nocifs.

Considéré de cette manière, le traitement du rhume des foins se simplifie énormément. Naturellement chaque remède de fond (antipsorique) peut servir pour détruire cette idiosyncrasie. Depuis des années, s'il n'y a pas des indications très précises, je fais faire au malade une cure à la Tuberculine, en recommandant de commencer l'administration de ce remède depuis le mois de novembre, à des intervalles variant suivant le malade et la dose employée, variant aussi les Tuberculines suivant aussi les indications connues des différentes préparations.

Le plus souvent ce traitement est réellement extirpateur et a comme effet une apparition extrêmement mitigée de la fièvre des foins au printemps suivant. Alors, une seule dose de Lachesis coupe tout l'accès.

Si le traitement est repris pendant l'hiver qui suit, il est très rare que le malade ne soit pas complètement guéri de son idiosyncrasie ou de sa disposition pour la fièvre des foins.

En donnant Lachesis comme remède de l'accès je ne prétends pas dire que ce soit le seul remède à considérer au moment de la crise. Il y en a d'autres dont je vais exposer les indications d'après Kent, Farrington et Gisevius, renvoyant en même temps le lecteur à l'article du Dr Ubert (Propagateur de l'homéopathie, 31 juillet 1909, p. 162), article qui est un bon résumé des indications des remèdes conseillés par Gisevius.

Arsenicum album.

Après Lachesis, le remède le plus important. Sécrétions fluides, écoulement liquide, âcre, corrodant la lèvre supérieure, le rebord cutané de la lèvre supérieure légèrement odématié, sec et rouge et finement craquelé, le bord des narines rouge et écorché, le nez obstrué et des maux de tête simultanément avec l'obstruction du nez. Éternuements fréquents. Dans le nez, sensation de chatouillement surtout dans les narines postérieures qui forcent le malade à avaler et à racler continuellement. De l'asthme, de la dyspnée, surtout aggravés à minuit. Comme avec Lachesis, le malade est mieux quand il peut cracher. Le malade doit s'habiller chaudement, le catarrhe des yeux s'améliore par l'application de compresses chaudes, le catarrhe du nez s'améliore par le reniflement d'eau chaude.

Arsenicum iodatum.

En général les mêmes symptômes qu'avec Arsenicum album mais la sécrétion catarrhale est plus purulente. Sensation d'écorchure très prononcée dans la poitrine avec de l'asthme, les yeux sont saillants, l'inflammation se manifeste fortement dans les glandes lacrymales, les douleurs de l'oreille moyenne s'aggravent surtout en allant en chemin de fer, le catarrhe du nez est irritant, plus purulent, plus jaune qu'avec Ars. Alb. et aussi plus excoriant. Tous les symptômes sont aggravés par le vent froid, le coryza peut être fluent ou sec.

Sabadilla.

Le symptôme prédominant de ce remède est l'éternuement, les symptômes catarrhaux sont très prononcés, chatouillement, démangeaisons dans le nez, sécheresse douloureuse dans le fond du nez, éternuement spasmodique violent qui contracte douloureusement le ventre, les deux narines sont alternativement bouchées.

Euphrasia.

La sécrétion de l'oeil est abondante, conjonctivite avec sensation de brûlure, la sécrétion est si acide que les joues sont comme corrodées par les larmes, tandis que la sécrétion du nez est douce et jaune comme avec Pulsatilla.

Sinapis nigra.

Muqueuse nasale sèche et chaude, aggravation nasale le soir, la sécrétion est peu forte, mais très acide et irritant la peau, avec la sensation d'égratignure, le fond du nez surtout est sec.

Rosa damascena.

Surtout lorsque la trompe d'Eustache et l'oreille moyenne sont prises. Tintement des oreilles.

Avec Ipeca et Lobelia il y a des accès d'asthme très prononcés.

Lobelia.

Les symptômes asthmatiques sont très prononcés. Asthme avec beaucoup de flatulence et de renvois qui ne soulagent pas.

Ipeca.

Surtout indiqué dans la fièvre des foins pendant un temps sec et de bise soulevant beaucoup de poussière.

D'autres remèdes peuvent encore être indiqués comme Ranunculus bulbosus, Ailanthus glandulosa, Arundo mauritanica, Pollantin, Aralia racemosa, Gelsemium, Naphtalin, Carbo veget., Allium cepa, Kali iodatum, Kali bichromicum, Sticta pulmonaria, etc., mais je répète que le traitement constitutionnel est la chose la plus importante et il simplifie extrêmement le choix du remède de l'accès aigu.

Il faut aussi, dans le choix du remède de l'accès aigu, beaucoup tenir compte de l'état atmosphérique.

Pendant le temps froid et sec : Ars. alb., Ars. iod., Ranunc. bulb., Sabadilla seront surtout indiqués ;

Temps chaud : plutôt Carbo, Lachesis, Gelsemium,;

Temps humide et froid : Allium cep., Euphrasia, Kali bichrom., Sticta pulm.

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