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LE POINT DE COTE

Séance Du 18 décembre 1913
Présidence de m. le  Dr BERNAY
Le Propagateur de l'homéopathie n°12,
31 décembre 1913, p. 265

 

Dr Bayle.

Au sujet du point de côté, il est très instructif de lire ce que Dr Nash a écrit sur Kali carbonicum. «Ce remède, dit-il, comme plusieurs autres, trouve ses symptômes dominants dans le caractère de ses douleurs. Il vient en tête de tous les remèdes pour les douleurs piquantes. Bryonia vient immédiatement après, mais il y a une différence très marquée. Les douleurs piquantes de Bryonia viennent avec chaque mouvement et par exception seulement, quand on est tranquille, tandis que celles de Kali carb. viennent indépendamment du mouvement. Puis les douleurs piquantes de Bryonia sont souvent situées sur les membranes séreuses, tandis que celles de Kali carb se rencontrent n'importe où et partout et presque dans chaque tissu, jusque sur les dents. Un des sièges favoris cependant pour ce remède se trouve dans la partie inférieure droite du thorax. Cette douleur piquante, aiguë, est de nature à traverser directement jusqu'au dos. Si dans une pneumonie ou une pleuropneumonie, votre Bryonia a échoué quand vous pensiez qu'elle était indiquée et qu'un examen ultérieur révèle ces douleurs piquantes venant indépendamment du mouvement de la respiration, Kali carb souvent rend service et fait une bonne suite à Bryonia. Souvent le fait est que Kali carb, était tout le temps le remède et aurait dû être donné premièrement.

«Maintenant ces douleurs piquantes de Kali carb, ne sont pas du tout limitées au côté droit du thorax, mais nous pouvons les trouver au côté gauche spécialement dans la pleuro-pneumonie, dans l'endocardite ou la péricardite. Rappelez-vous aussi Mercurius vivus dans ces douleurs de la partie inférieure droite du thorax. S'il y avait présentes en même temps la sueur sans soulagement, la langue et la bouche mercurielles, ni Bryonia, ni Kali carb. ne se trouvent «là-dedans».

«Une autre espèce de cas dans lesquels ce remède a remporté des succès signalés, étant indiqué par les douleurs piquantes, c'est la fièvre puerpérale.

«Les douleurs sont si soudaines et si aiguës qu'elles arrachent de grands cris à la malade et puis elles ont disparu. Kali carb. a sauvé quelques cas désespérés de cette espèce. Peu importe où se trouve le siège de la maladie, si ces douleurs piquantes sont présentes. Kali carb. ne doit pas être oublié. Nous n'attirerons jamais trop l'attention sur ce point».

Le Dr. Nash parle ensuite de différentes caractéristiques de Kali carb. : anémie, grande débilité, peau blanche comme du lait, tendance à la bouffissure, principalement au visage autour des yeux, spécialement aux paupières supérieures, gonflement caractéristique en forme de sac; mal de dos constant, d'une nature telle que le malade a constamment l'impression que le dos et les jambes vont forcément céder.

Le Dr Nash insiste encore sur les douleurs piquantes de Kali carb. : «J'ai déjà parlé de ce remède en écrivant sur ses douleurs piquantes pour indiquer son emploi dans les maladies du thorax, mais je ne lui ai pas rendu à ce propos pleine justice. C'est non seulement un grand remède pour la pneumonie, la pleurésie et les troubles du coeur comme il a été dit, mais il va bien au delà et devient très utile dans le cas de phtisie pulmonaire au début ou même avancée. J'ai vu un cas déclaré incurable par plusieurs vieux médecins expérimentés et habiles, parmi lesquels le Dr T. L. Brown, se trouver bien sous l'influence d'une dose de Kali carb. tous les huit jours. La maladie avait son siège principalement dans la partie inférieure du poumon droit, avec une profuse expectoration de matière d'apparence semblable au pus, le pouls à 120, une grande émaciation, un appétit nul et une très grande caverne dans le poumon. Cet homme est encore vivant (vingt-cinq ans après), fort et bien portant. Un pareil service rendu par un remède fait qu'on en devient enthousiaste. Il y a une heure caractéristique pour ce remède qui est très précieux dans les affections du thorax, à savoir, l'aggravation à 3 heures du matin. On peut la rencontrer dans la toux, la consomption, l'hydrothorax, l'asthme et les hydropisies accompagnant les affections cardiaques. Le beau père du Dr. T. L. Brown, un vieillard anémique, était selon toute apparence près de sa fin avec un hydrothorax et une hydropisie générale. Le Dr Brown était un homme habile à prescrire, mais dans le cas il avait complètement échoué, même pour donner du soulagement. En consultation avec le Dr Sloan, après avoir soigneusement passé le cas en revue, nous apprîmes par la fille du malade qui lui avait servi de garde tout le temps, que tous les symptômes étaient aggravés à 3 heures du matin. Alors Kali carb. 200e fut donné et avec des résultats tellement miraculeux que dans un laps de temps incroyablement court le vieillard se trouva bien portant et n'eut jamais de retour de cette fatigue. Il vécut plusieurs années encore et, finalement, ne mourut pas d'hydropisie du tout. Le temps des miracles n'est pas encore passé, l'homéopathie hahnemannienne les accomplit encore.»

A la fin de son étude le Dr Nash mentionne les symptômes différentiels de Kali carb. et de Bryonia. Une caractéristique de Kali carb. est la suivante : «Se mettre sur son séant, s'incliner en avant soulage dans les maladies du thorax». Le malade est aussi aggravé en se couchant sur le côté affecté, ce qui est l'inverse pour Bryonia.

Pour revenir au point de côté, voici encore quelques réflexions du Dr Nash au sujet de Bryonia : «Les douleurs caractéristiques de ce remède sont des douleurs piquantes; remarquez que les douleurs de ces affections inflammatoires des membranes sont des douleurs piquantes; c'est la raison pour laquelle Bryonia se présente comme un remède royal dans la pleurésie, la méningite, la péritonite, la péricardite, etc. Les symptômes subjectifs correspondant au remède doivent passer après ce symptôme et les symptômes objectifs doivent aussi sûrement faire de même. Un seul remède peut égaler Bryonia pour les douleurs piquantes, à savoir Kali carb. (les douleurs piquantes dans la poitrine se rencontrent particulièrement sous Bryonia, Kali carb., Natrum mur., Squilla, Mercurius vivus. Et il y a cette différence entre eux: Les piqûres de Bryonia surviennent ou sont aggravées par suite du plus léger mouvement, tandis que celles de Kali carb. surviennent que le patient se meuve ou non. Bryonia amélioré par la pression, Kali carb. non). Mais dans l'un et l'autre remèdes les patients poussent des cris aigus de douleur. Apis a des douleurs qui incitent le patient à pousser des cris aigus, mais ce sont des douleurs aiguillonnantes, comme un aiguillon d'abeille. Ce sont trois grands remèdes pour les effusions dans les cavités séreuses, et Sulfur précède et suit également bien n'importe lequel d'entre eux.»

Dr Gallavardin.

En somme, que l'on veuille traiter la maladie ou sa cause, il faut toujours s'adresser aux symptômes. Colocynthis, remède très voisin de Bryonia, peut être administré dans le point de côté quand il y a des douleurs très vives, douleurs comme il en existe dans l'appendicite ou la péritonite et que soulage Colocynthis.

Dr Bayle.

Quand on donne un remède il faut considérer le symptôme, le procédé le plus sûr pour traiter la cause, c'est de traiter le symptôme. La thérapeutique réclame un penser physiologique, non anatomique. Le genou douloureux, s'il est amélioré quand il est serré par un bandage, réclame Bryonia.

Dr Collard.

Il en est de même pour le point de côté qui diminue après l'application d'un bandage de corps.

Dr Bayle.

Chez le patient de Phosphorus, la toux augmente en se couchant du côté gauche, qu'il ait une pleurésie ou une pneumonie ou que le point de côté se trouve à droite ou à gauche.

Dr Bernay.

Ranunculus convient au point de côté, à la pleurodynie, si la douleur a son siège plutôt dans les masses musculaires.

En cas de zona, ce sont plutôt Croton et Rhus.

Stannum est un remède de la névralgie intercostale, s'il y a d'autres symptômes indiquant ce médicament.

Theridion trouve son emploi dans la névralgie intercostale chronique, quand la douleur est nettement névralgique, qu'elle soit antérieure postérieure ou latérale, la douleur est aggravée par la pression. Le médicament s'adresse surtout aux gens névropathes, ayant des idées noires, amaigris.

Si le point de côté siège surtout à la base droite, c'est Chelidonium, la douleur s'irradie vers l'épaule du même côté, le malade a une langue hépatique.

Toujours comme remède du point de côté de la base droite, Sanguinaria, 6e ou 12e dilution. Le point est plutôt postérieur. Ce médicament, par ses symptômes congestifs se rapproche de Belladona.

Le point de côté gauche réclame parfois Pix liquida.

Nux vomica s'adresse au point de côté dont l'aggravation se manifeste le matin.

 

Séance du 15 janvier, sujet à traiter : Les vomissements. 

 

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