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CONSTIPATION,
DOULEURS CANCEREUSES,
ARNICA |
Dr Jules GALLAVARDIN, de Lyon.
Le Propagateur de l'homéopathie
n°5,
31 mai 1913, p. 113 |
Les vieux remèdes sont encore les meilleurs, mais faut-il
savoir les appliquer.
Quand j'étais étudiant de première année je demandais à un
chef de clinique pourquoi dans tel ou tel cas on n'ordonnait pas
l'Arnica qui cependant était un remède éprouvé par la tradition
populaire et par l'école homéopathique. Il me répondit : «C'est un vieux
remède dont on a reconnu depuis longtemps l'inefficacité.» Voulant
justifier à ses yeux mon intervention je lui prêtai le travail du
Professeur Imbert-Gourbeyre Mémoire sur l'Arnica Montana (1877). Il le
lut et en me le rendant me dit : «C'est un travail qui est en désaccord
avec les découvertes modernes». Je me tus et me promis bien de vérifier
plus tard si les découvertes modernes devaient toujours faire oublier la
tradition populaire et la science homéopathique.
Voici un cas récent
Une jeune femme; de trente-trois ans, atteinte de fibrome
utérin, avait été opérée six ans auparavant. Depuis ce temps il existait
une constipation opiniâtre qui résistait à tout traitement, laxatifs
variés, un par semaine environ, lavements d'huile, etc.
En raison de l'étiologie de cette constipation traumatisme
opératoire, je prescris Arnica 3e. Deux ou trois jours après la
constipation disparaît.
Les remèdes empiriques n'agissent souvent que par leur
homéopathicité et ce qui le prouve c'est non seulement leur indication
tirée de la loi des semblables mais encore la petite dose employée. L'Arnica
agit-il plus spécialement sur la circulation, sur les muscles ou sur les
nerfs? Peu importe, il agit sur l'ensemble de l'organisme sur tous les
organes à la fois et les chirurgiens qui ont pratiqué une intervention
locale ne devraient jamais oublier ce médicament avant et après toute
opération.
Voici un autre exemple où l'Arnica peut être employé
aussi bien par le chirurgien que par le
médecin.
Une malade opérée d'un cancer du sein souffrait à l'endroit
de l'intervention, une récidive se produisait. Un attouchement prolongé
nécessité par l'examen médical augmentait beaucoup les douleurs. Lorsque
je vis cette malade, elle souffrait intensément depuis huit jours à la
suite d'un examen. Tout choc, tout heurt aggravait ses souffrances. Je
commençai le traitement par Arnica 3, quelques globules dans un verre
d'eau. Les douleurs s'amendèrent rapidement dès le premier jour, et même
sous l'influence de ce médicament quelques ganglions diminuèrent de
volume.
En résumé la clinique vérifie l'efficacité des vieux
remèdes connus autrefois et oubliés par les jeunes générations
médicales. L'homéopathie les remet en honneur parce qu'ils apportent des
preuves appuyant ses principes mais elle ne se contente pas des notions
données par la tradition populaire, elle découvre par l'expérimentation
des vertus nouvelles ce qui permet, d'en faire une application plus
judicieuse.
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