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Calcarea carbonica et
Calcarea
phosphorica (comparaison)
Une caractéristique mentale d'Arsenicum |
Henry Duprat de Genève
31 janvier 1914, N°1, p. 22
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Calcarea carbonica et Calcarea phosphorica (comparaison)
Je traduis cette très bonne comparaison entre ces deux
remèdes, du « Médical Advance » de juin 1913. Les deux Calcareas, très
employés comme remèdes constitutionnels, quoique très proches l'un de
l'autre, ont cependant des indications différentes qui doivent être très
bien connues. Leur individualisation précise assure le maximum de succès
thérapeutique, et tous les médecins homéopathes savent combien précieux
est leur emploi notamment en médecine infantile; grâce à eux, nous
arrivons à modifier et à changer bien des constitutions frêles,
scrofuleuses, à assainir des terrains promis à la tuberculose, à assurer
pour l'avenir à des organismes primitivement chétifs une santé
résistante. Voici cette courte, mais substantielle et précise
comparaison.
Calcarea carbonica (ostrearum) |
Calcarea phosphorica |
L'enfant est gros et gras. |
Malade généralement émacié. |
Teint d'une blancheur de craie. |
Teint brouillé, pâle ou brunâtre. |
Abdomen trop gros, tendu. |
Abdomen trop gras, mais flasque. |
Grand désir de manger des oeufs. |
Grande envie de sel, de viandes fumées, surtout de lard. |
Dyspepsie, pyrosis, après les repas; régurgitations
acides et vomissements acides. |
Dyspepsie; amélioration en ayant des renvois et
momentanément en mangeant. |
Selles vertes, aqueuses, blanchâtres et mélangées de
caillots de lait. |
Selles vertes, avec des mucosités, chaudes, aqueuses,
avec des flatuosités fétides. |
La fontanelle antérieure reste ouverte. |
Les deux fontanelles sont ouvertes, la postérieure plus
largement. |
Les os sont épais et résistants mais mal développés aux
extrémités. |
Les os sont mous, craquent comme du papier sous la
pression. |
Le malade se sent mieux quand il est constipé. |
La constipation aggrave la maladie; tendance aux fistules
anales. |
UNE CARACTERISTIQUE MENTALE D'ARSENICUM
Dans le même numéro du «Médical Advance», se trouve un
article du Dr Bernreuter, mettant en relief un symptôme mental d'Arsenic
peu connu, ou du moins incomplètement. Il s'agit d'un cas de méningite
cérébro-spinale, chez une fillette de 9 ans, traitée tout d'abord sans
amélioration par un médecin allopathe qui avait formulé.un très grave
pronostic.
Le Dr Bernreuter consulté en désespoir de cause, prescrivit
Arsenic qui obtint assez rapidement la guérison. A côté des symptômes
digestifs indicateurs d'Arsenic, existait le symptôme physique suivant.
Si quelqu'un s'approchait de la malade ou lui adressait la parole, elle
s'écriait «Allez-vous-en ! vous me tuez! vous me tuez!» Et quand les
personnes présentes se disposaient à s'éloigner elle les rappelait en
disant «Ne sortez pas, ne vous en allez pas!»
Ce symptôme mental est indiqué d'une façon très précise
dans le Domestic Physician de Laurie et McClatchey : «Le malade ne
permet pas qu'on lui adresse la parole, et il ne permet pas non plus que
ceux qui l'assistent sortent de la chambre.»
On ne le trouve dans aucune
autre matière médicale, sinon, scindé en ses éléments. Nous connaissons
bien la peur de la solitude» d'Arsenic indiqué dans toutes les
pathogénésies. D'autre part on trouve dans l' «Encyclopédie» de Allen :
«Le malade ne veut pas qu'on lui parle», mais ce symptôme n'est pas
donné comme caractéristique.
Il m'a paru intéressant de mettre en relief
cette disposition physique paradoxale et peu connue, dont la clinique
est venue donner la confirmation par la guérison d'une maladie très
grave.
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