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270.-Pour exalter au maximum le développement de la puissance thérapeutique du médicament, on commence par triturer à la millionième atténuation (3ème trituration centésimale soit: C3) une petite quantité, approximativement 5 centigrammes (*) de la substance qu'on se propose de dynamiser.

            Ces 5 centigrammes seront triturés d'après la technique indiquée à la note (a), pendant trois heures, avec 3 fois 5 grammes de sucre de lait, (c'est-à-dire 3 triturations d'une heure chacune en utilisant chaque fois 5 grammes de sucre de lait).

            Pour des raisons expliquées aux notes (f) et (g), on commence par dissoudre 5 centigrammes de cette poudre triturée au millionième dans 500 gouttes d'une solution faite d'une partie d'alcool à 90° (Esprit de vin =Branntwein) avec quatre parties d'eau distillée. (trad - Cela constitue la solution mère - trad) Après avoir fait cela on ajoute dans un petit flacon (b) contenant 100 gouttes d'alcool à 95 ° (Guten Weingeist), une seule goutte de cette solution mère.

            Puis ayant soigneusement bouché cette fiole, on lui imprime 100 fortes secousses avec la main contre un objet à la fois résistant et élastique (c).

            Ce liquide constitue le premier degré de dynamisation du médicament.

            Avec cette dilution médicamenteuse à l'alcool, on imprègne (d) avec soin de petits globules de sucre de canne (e).

            Ainsi imbibés, ces petits globules sont rapidement étalés sur du papier joseph afin de les sécher. Quand ils sont secs, on les verse dans un nouveau flacon qui est ensuite bien bouché, puis étiqueté du signe « I », c'est-à-dire 1er degré de puissance pharmacodynamique. On le met soigneusement de côté.

            Pour obtenir la dynamisation suivante, on met dans un second flacon neuf, une goutte d'eau ordinaire, en y ajoutant un seul (f) de ces petits globules marqués I, pour l'y faire dissoudre. Après l'avoir additionné de 100 gouttes d'alcool à 95° on dynamise comme indiqué plus haut, en imprimant de même 100 fortes secousses.

            Cette dynamisation médicamenteuse à l'alcool sert pareillement à imprégner de nouveaux petits granules, qui sont également rapidement étalés sur du papier joseph, séchés, puis conservés dans un récipient de verre propre et bien bouché, à l'abri de la chaleur et de la lumière du jour. Ce flacon sera étiqueté du signe « II », c'est-à-dire 2ème degré de puissance pharmaco-dynamique.

            On poursuit cette même opération jusqu'à ce qu'on soit arrivé à obtenir une dynamisation à l'alcool faite d'un petit globule du XXIXème degré de puissance, dissous dans 100 gouttes d'alcool à 95°, et agité 100 fois.

            Les globules qui en sont imprégnés sont séchés; ils représentent alors le XXXème degré de dynamisation.

            Toute substance médicamenteuse brute, grâce à ce procédé unique, devient une préparation pharmaco-dynamique acquérant sa pleine capacité thérapeutique d'influencer efficacement les localisations morbides de l'organisme malade. Elle est capable de délivrer ainsi, par la production d'une affection morbide virtuelle - artificielle et semblable - le principe vital ubiquitaire, c'est-à-dire présent aussi bien dans les parties atteintes que dans celles qui sont saines, de l'influence de la maladie naturelle.

            Par le moyen de ce procédé mécanique et à condition d'être rigoureusement exécuté selon l'enseignement qui précède, une véritable transformation s'opère dans la substance médicamenteuse ainsi traitée, alors qu'auparavant elle ne manifestait que ses caractères purement matériels, ne permettant souvent même pas d'y soupçonner la moindre propriété pharmaco-dynamique.

            Toute substance médicinale ainsi préparée, grâce à cette technique spéciale de dynamisation progressive, se modifie, se subtilise, subit une transformation complète, en un mot se métamorphose. Elle devient une énergie médicamenteuse pour ainsi dire immatérielle et invisible (g).

            En vérité, cette vertu médicinale nouvelle échappe à nos sens, elle ne peut être appréciée par des moyens d'exploration grossiers; cependant, le globule minuscule une fois médicamenté, qu'il soit sec ou mieux dissous dans l'eau, devient le véhicule de cette puissance thérapeutique. Le globule ainsi utilisé révèle, dans l'organisme malade, la vertu curative de cette force invisible.

 

 

                (a) On prend un mortier de porcelaine vernissée dont le fond soit rendu mat avec du sable fin et humide. Après avoir partagé à vue en trois parties égales 5 grammes de sucre de lait, on en verse le premier tiers dans le mortier. On ajoute à la surface de cet excipient 5 centigrammes de la substance médicamenteuse à triturer réduite en poudre (ou une goutte s'il s'agit de substance liquide, par exemple de mercure, de pétrole, etc...).

                Le sucre de lait utilisé pour la dynamisation doit être de première qualité et parfaitement pur. Il faut se procurer celui qui a cristallisé sur des fils et qu'on trouve dans le commerce sous forme de bâtons cylindriques.

                On mélange pendant un instant et à l'aide d'une spatule de porcelaine la substance à dynamiser avec la poudre de sucre de lait. Puis on broie le tout durant 6 à 7 minutes assez fortement, avec un pilon de porcelaine, rendu mat à sa base. Ensuite pendant 3 à 4 minutes on détache bien par raclage avec la spatule la masse du fond du mortier et également celle qui adhère au pilon et pour la rendre bien homogène on l'incorpore au contenu de la capsule.

                Ceci fait, et sans y rien ajouter, on continue à triturer la même masse pendant 6 à 7 minutes en appuyant d'une force égale. Enfin, on détache de nouveau la masse triturée, durant 3 à 4 minutes, en raclant tout ce qui sera attaché au fond du mortier et au pilon.

                Maintenant il faut ajouter le second tiers de la poudre de sucre de lait, en remuant le tout durant un instant avec la spatule.

                Une troisième fois on triturera avec la même force pendant 6 à 7 minutes et une fois de plus on détachera durant 3 à 4 minutes environ tout ce qui sera encore adhérent au fond de la coupe ainsi qu'au pilon. On rebroye sans rien ajouter, pendant 6 à 7 minutes suivies de 3 à 4 minutes d'un nouveau grattage.

                Tout cela bien exécuté, on ajoute alors le dernier tiers du sucre de lait en poudre qu'on remue avec la spatule. Comme dans les cas précédents, on triture vigoureusement durant 6 à 7 minutes, détache et mélange le tout ensemble pendant 3 à 4 minutes et on termine enfin par une dernière trituration de 6 à 7 minutes suivie d'un minutieux raclage de toute la masse, pour l'incorporer soigneusement au contenu du mortier.

                La poudre ainsi préparée sera conservée à l'abri de la lumière du soleil et du jour, dans un petit flacon bien bouché, sur lequel on colle une étiquette portant le nom de la substance ainsi que le chiffre 100 (centième atténuation) indiquant le premier résultat obtenu.

                Pour atteindre la l0.000 ème atténuation, on prélève 5 centigrammes de la poudre marquée l00, qu'on met dans le mortier avec un tiers de 5 grammes de sucre de lait pulvérisé.

                On mélange le tout avec la spatule, puis on procède comme plus haut en broyant avec soin chaque tiers à deux reprises, vigoureusement, chaque fois 6 à 7 minutes, suivies du raclage pendant 3 à 4 minutes avant d'ajouter le deuxième puis le troisième tiers de sucre de lait. Chaque fois qu'on aura ajouté un nouveau tiers de poudre de sucre de lait, on répétera l'opération déjà faite.

                Quand tout est terminé, on met la poudre ainsi triturée dans un f]acon. On le bouche soigneusement et on y colle une étiquette 10. 000.

                En procédant de la même façon avec 5 centigrammes de cette dernière préparation, on l'élèvera à « I », c'est-à-dire à la millionième puissance, de telle sorte que chacun des 5 centigrammes de cette poudre contient la millionième partie des 5 centigrammes de la substance initiale.

                En somme, chacune des trois préparations pour atteindre la 3 ème trituration centésimale exige six fois 6 à 7 minutes de broyage et six fois 3 à 4 minutes de raclage, ce qui nécessite une heure de travail pour chaque degré de trituration.

                Après le premier broyage ayant duré une heure, la préparation renferme dans chacun des 5 centigrammes de la poudre triturée: l/l00 de la substance de départ.

                Après la seconde opération ce sera l/l0.000 de la substance initiale.

                Après la troisième et dernière opération on aura le l/l.000.000 de la substance primitive (**).

                Avant de s'en servir pour entreprendre la préparation de tout autre remède, mortier, pilon et spatule doivent être soigneusement nettoyés. Tout d'abord, on les lave bien à l'eau chaude et on les essuie avec un torchon très propre. Ensuite on les fait bouillir pendant une demi-heure dans un récipient plein d'eau.

                On peut même pousser la précaution jusqu'à exposer ces ustensiles à la chaleur rayonnante de charbons incandescents; ainsi ils perdent toute influence médicamenteuse. (trad - aujourd'hui on les passe à l'autoclave à 120° pendant une demi-heure - trad.).

 

                (b) Afin de permettre une bonne succussion, le flacon servant à la dynamisation sera assez grand pour que la solution ne le remplisse pas plus qu'aux deux-tiers.

 

                (c) On se servira par exemple d'un livre relié en cuir.

 

                (d) Il faut se procurer un petit récipient cylindrique de la forme d'un dé, en verre, en porcelaine, en argent (trad -ou mieux en platine - trad), dont le fond doit être percé d'une petite ouverture. On met dans ce récipient les globules qu'on se propose de médicamenter en y versant pour les imbiber le remède dynamisé sous forme de solution alcoolique à 95°.

                On laisse les globules s'imbiber complètement jusqu'à ce que le liquide s'écoule par le fond percé du godet, puis on le retourne en le secouant pour faire tomber les granules médicamentés sur du papier joseph, et on les étale afin qu'ils puissent se sécher rapidement.

 

                (e) On les fait confectionner, en surveillant l'opération, par un confiseur, avec de l'amidon et du sucre de canne. Les petits globules obtenus seront débarrassés des parcelles poudreuses et trop fines par un criblage à travers un tamis approprié. On les met ensuite dans un tamis spécial dont les trous ne laissent passer que des globules assez petits pour que 100 d'entre eux ne dépassent pas 5 centigrammes en poids. Ce sera le calibre le plus commode et le mieux approprié pour les besoins du médecin homéopathe.

 

                (f) D'après les directions données jusqu'alors, on préparait chaque dynamisation subséquente en ajoutant toujours une goutte entière de la solution au degré de puissance inférieur, à 100 gouttes d'alcool à 95°, pour obtenir la dynamisation supérieure. Mais alors la proportion du véhicule utilisé par rapport à la quantité de médicament à dynamiser (100 à 1) était beaucoup trop restreinte pour que des succussions ordinaires, c'est-à-dire faites sans beaucoup de force, aient pu développer convenablement et à un haut degré les vertus de la substance médicinale employée, comme des essais laborieux m'en ont convaincu. Tandis que si l'on prend un seul de ces petits globules, dont 100 ne pèsent que 5 centigrammes, pour le dynamiser avec 100 gouttes d'alcool à 95°, la proportion alors entre globule et alcool devient 1/50.000 (***) voire davantage, puisque 500 seulement de ces tout petits granules n'arrivent même pas à absorber une goutte entière pour leur saturation.

                Grâce à l'avantage ainsi obtenu sur les anciens procédés pharmacopraxiques par la disproportion beaucoup plus grande existant entre la substance médicinale et le véhicule de dilution, on peut encore développer bien davantage les vertus pharmacodynamiques du remède, par une série de vigoureuses succussions imprimées au flacon, rempli cependant jusqu'aux 2/3 seulement de la solution alcoolisée à 95°.

                Ce dernier procédé est le plus recommandable car, en exaltant par des machines spéciales (dynamiseurs) le nombre et la qualité des secousses, la proportion entre véhicule de dilution et médicament étant comme d'habitude réduite de 100 à 1 (au lieu de 50.000 à 1), on obtient ainsi des remèdes qui, principalement aux plus hautes dynamisations, exercent une action presque instantanée, mais qui, surtout chez les malades affaiblis, peut se produire avec une impétuosité et même une violence telle qu'elle devient parfois dangereuse, la réaction du principe vital n'étant ici ni douce ni durable.

                Par contre, la nouvelle technique indiquée ne comporte pas de risques pareils, mais permet d'obtenir des remèdes dont l'action pharmacodynamique est développée au maximum, et dont la réaction sur l'organisme est cependant la plus douce. Si les remèdes ainsi préparés sont vraiment bien choisis, ils peuvent alors atteindre efficacement les diverses localisations morbides et favoriser leur guérison (****).

                Les remèdes obtenus grâce à cette technique de dynamisation beaucoup plus parfaite seront administrés de la façon suivante, selon qu'il s'agit d'affections aiguës ou chroniques:

1. Dans les fièvres aiguës on pourra se risquer sans inconvénient à répéter à intervalles rapprochés les petites quantités administrées, au degré de dynamisation le plus bas, même des remèdes d'action prolongée (comme par exemple Belladona).

2. Dans les maladies chroniques, on commencera de préférence par les plus basses dynamisations, et, si le résultat n'est pas satisfaisant on passera aux dynamisations de plus en plus élevées. L'action de ces dynamisations est plus énergique bien que la réaction sur le malade reste douce.

 

                (g) On ne traitera pas cette assertion d'invraisemblable si l'on considère qu'avec cette technique (dont les produits se sont, après bien des expériences et contre expériences laborieuses, révélés les plus énergiques tout en agissant en même temps de la façon la plus douce, donc les plus parfaits), l'élément matériel du médicament se réduit de 50.000 fois à chaque degré de dynamisation et cependant la puissance augmente de façon incroyable.

                On arrive à des chiffres fantastiques par ce calcul de dilution. Le troisième degré de dynamisation représente le 125 trillionième, soit 125 suivi de 18 zéros, de la substance originale (puisque la substance à dynamiser est triturée au millionième (§ 270), il faudra multiplier le facteur de dilution soit 50.000 au cube par 1.000.000). Si maintenant, poursuivant ces calculs, on multiplie ces 125 trillionièmes par 50.000 à chaque nouvelle dilution et que l'on continue ainsi en progression constante jusqu'au 30ème degré de dynamisation, on aboutit alors à une fraction qui ne peut plus guère s'exprimer par des chiffres. D'après cela, il devient très vraisemblable, que par ce moyen de dynamisation (le dégagement des véritables qualités pharmacodynamiques spécifiques), la matière se désintègre finalement entièrement en substance immatérielle spécifique. De ce fait, dans son état brut, la matière peut être considérée comme ne constituant à proprement parler qu'une phase incomplète et non révélée de sa nature atomique qu'on pourrait dénommer «spirituelle», son essence immatérielle restant emprisonnée, latente et non développée.

 

(*) (trad - Hahnemann parle d'un grain. La mesure standard de l'époque (Troy) correspond, d'après le système métrique actuel, exactement à 6,4798918 centigrammes; mais d'après la Pharmacopée allemande 2ème édition 1950, Hahnemann utilisait la mesure de Nüremberg dont un grain valait 6,20 centigrammes. En réalité, il est presque certain que si Hahnemann vivait de nos jours, il aurait indiqué 5 centigrammes qui représente une quantité pratique qui entre facilement dans les calculs. C'est celle que nous indiquerons ici comme base d'estimation - trad).

 

(**) (trad - Ceci correspond aux trois degrés de trituration à sec, procédé par lequel on obtient déjà, s'il est fait exactement selon les règles, un excellent développement de la puissance pharmacodynamique (dynamisation) de la substance médicamenteuse initiale - trad).

 

(***) (trad -- 500 globules sont largement saturés par une goutte; chaque globule contient par conséquent 1/500 ème de goutte. Si l'on dissout un seul de ces globules dans une unique goutte d'eau et qu'on la mette, pour la dynamisation suivante, dans 100 gouttes d'alcool à 95°, on obtient le calcul suivant: I/500 X I/100 = I/50.000. Ce fameux chiffre 50.000 représente un numérateur commun pour le calcul de toute opération subséquente. C'est pourquoi certains auteurs modernes appellent ces préparations des dilutions au cinquante millième ou à la cinquante millésimale - trad).

 

(****) Uniquement dans les cas très rares où, nonobstant une santé déjà presque entièrement rétablie et une bonne vitalité, une ancienne affection locale gênante continue à subsister, il est non seulement permis, mais encore nécessaire et indispensable, de donner en quantités progressivement croissantes le remède qui s'est révélé homéopathiquement salutaire, toutefois en exaltant son pouvoir dynamique jusqu'au plus haut degré au moyen de nombreuses succussions manuelles. Grâce à cette technique l'affection locale disparaît souvent si vite, qu'on en reste émerveillé.

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