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205.- Le vrai médecin homéopathe ne doit jamais traiter par des moyens locaux, soit médicalement par des applications externes médicamenteuses, soit encore chirurgicalement (a) l'une de ces manifestations primaires appartenant aux diathèses chroniques, ni les troubles secondaires résultant de leur développement.

            Quand les unes ou les autres se produisent, l'homéopathe s'attache uniquement à détruire l'agent causal infectieux de ces trois grandes diathèses par une médication interne appropriée. De cette manière les accidents primaires, comme du reste les symptômes secondaires (sauf dans quelques cas de sycose invétérée) disparaissent d'eux-mêmes.

            Mais comme cette méthode n'est pour ainsi dire jamais celle suivie, et que malheureusement de nos jours l'homéopathe trouve la plupart du temps les accidents primaires (b) déjà détruits par des moyens externes qu'ont employés les médecins qui l'ont précédé, il n'a le plus souvent à traiter que les symptômes secondaires, c'est-à-dire des affections provoquées par l'irruption et le développement interne de ces diathèses; et dans la pratique ce seront surtout des maladies chroniques résultant de l'éclosion de la psore interne.

            Consultez sur cette question mon Traité des Maladies chroniques dans lequel je me suis efforcé, travaillant seul et isolé, d'indiquer la marche à suivre pour le traitement interne de ces affections, fruit de longues années d'expériences, d'observations et de méditations.

 

         (a) En toute conscience je ne puis conseiller, par exemple, la destruction locale de ce qu'on appelle épithélioma des lèvres ou de la face (résultat d'une psore très avancée et même souvent combinée à la syphilis) simplement par la pommade arsenicale du frère Côme. Cela non seulement parce que ce traitement est extrêmement douloureux et échoue fréquemment, mais encore et surtout parce qu'un tel procédé, bien qu'il arrive à supprimer cette ulcération maligne loco dolenti, ne diminue pas le moins du monde la maladie fondamentale.

                Les forces conservatrices de la vie sont alors poussées à provoquer une autre localisation des graves altérations qui occupent l'intérieur de l'organisme, sur un organe plus vital et plus noble (comme c'est le cas de toutes métastases) et c'est ainsi que se produisent la cécité, la surdité, l'asthme suffocant, l'hydropisie, l'apoplexie, la démence, etc... Tout au plus cette libération équivoque par la pommade arsenicale parvient-elle à détruire ces localisations malignes à condition toutefois que l'ulcération ne soit qu'au début de son évolution, que le diagnostic ait été bien établi et qu'il ne s'agisse pas d'une affection vénérienne, enfin que l'énergie vitale possède encore une puissance manifeste.

                Or, dans un tel état de chose, il est encore possible avec la médication homéopathique constitutionnelle, par voie uniquement interne, de parvenir à une guérison totale, c'est-à-dire à la fois des manifestations externes et de l'état dyscrasique qui en est la cause fondamentale.

                La simple exérèse d'affections malignes soit à la face, soit au sein, ou l'énucléation de tumeurs enkystées, opérées sans la guérison préalable d'un tel état dyscrasique, provoquent les mêmes suites néfastes. De pareilles manouvres au début paraissent magnifiques, mais très vite le tableau change, de nouveaux troubles pires que les précédents apparaissent, à moins que le malade ne soit précipité vers une fin prématurée. Malgré la fréquence répétée d'aussi funestes effets, l'école allopathique n'en persiste pas moins toujours dans son aveuglement.

 

            (b) Dermatose scabiéique, chancres syphilitiques (bubon), condylomes.

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