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Le vrai médecin homéopathe ne doit jamais traiter par
des moyens locaux, soit médicalement par des
applications externes médicamenteuses, soit encore chirurgicalement (a) l'une de ces manifestations primaires
appartenant aux diathèses chroniques, ni les troubles secondaires
résultant de leur développement.
Quand les unes ou les autres se produisent, l'homéopathe
s'attache uniquement à détruire l'agent causal infectieux de ces
trois grandes diathèses par une médication interne appropriée. De
cette manière les accidents primaires, comme du reste les symptômes
secondaires (sauf dans quelques cas de sycose invétérée)
disparaissent d'eux-mêmes.
Mais comme cette méthode n'est pour ainsi dire jamais
celle suivie, et que malheureusement de nos jours l'homéopathe
trouve la plupart du temps les accidents primaires (b) déjà détruits par des moyens externes qu'ont employés les médecins
qui l'ont précédé, il n'a le plus souvent à traiter que les
symptômes secondaires, c'est-à-dire des affections provoquées par
l'irruption et le développement interne de ces diathèses; et dans la
pratique ce seront surtout des maladies chroniques résultant de
l'éclosion de la psore interne.
Consultez sur cette question mon Traité des Maladies
chroniques dans lequel je me suis efforcé, travaillant seul et
isolé, d'indiquer la marche à suivre pour le traitement interne de
ces affections, fruit de longues années d'expériences,
d'observations et de méditations.
(a)
En toute conscience je ne puis
conseiller, par exemple, la destruction locale de ce qu'on appelle
épithélioma des lèvres ou de la face (résultat d'une psore très
avancée et même souvent combinée à la syphilis) simplement par la
pommade arsenicale du frère Côme. Cela non seulement parce
que ce traitement est extrêmement douloureux et échoue fréquemment,
mais encore et surtout parce qu'un tel procédé, bien qu'il arrive à
supprimer cette ulcération maligne loco dolenti, ne
diminue pas le moins du monde la maladie fondamentale.
Les forces
conservatrices de la vie sont alors poussées à provoquer une autre
localisation des graves altérations qui occupent l'intérieur de
l'organisme, sur un organe plus vital et plus noble (comme c'est le
cas de toutes métastases) et c'est ainsi que se produisent la
cécité, la surdité, l'asthme suffocant, l'hydropisie, l'apoplexie,
la démence, etc... Tout au plus cette libération équivoque par la
pommade arsenicale parvient-elle à détruire ces localisations
malignes à condition toutefois que l'ulcération ne soit qu'au début
de son évolution, que le diagnostic ait été bien établi et qu'il ne
s'agisse pas d'une affection vénérienne, enfin que l'énergie vitale
possède encore une puissance manifeste.
Or, dans un tel état
de chose, il est encore possible avec la médication homéopathique
constitutionnelle, par voie uniquement interne, de parvenir à une
guérison totale, c'est-à-dire à la fois des manifestations externes
et de l'état dyscrasique qui en est la cause fondamentale.
La simple exérèse
d'affections malignes soit à la face, soit au sein, ou l'énucléation
de tumeurs enkystées, opérées sans la guérison préalable d'un tel
état dyscrasique, provoquent les mêmes suites néfastes. De pareilles
manouvres au début paraissent magnifiques, mais très vite le tableau
change, de nouveaux troubles pires que les précédents apparaissent,
à moins que le malade ne soit précipité vers une fin prématurée.
Malgré la fréquence répétée d'aussi funestes effets, l'école
allopathique n'en persiste pas moins toujours dans son aveuglement.
(b) Dermatose scabiéique,
chancres syphilitiques (bubon), condylomes.
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